Danse avec moi.
Chapitre 10.
Flack opina silencieusement, tout en fixant la scientifique d'un air grave.
Mac intervint sèchement:
- Pourquoi le policier de surveillance n'a pas fait correctement son travail ?
- Il s'est absenté le temps d'aller chercher un café. L'assassin devait le surveiller et attendre l'occasion.
Mac secoua la tête d'agacement et ils se dirigèrent vers la chambre cernée d'un ruban jaune. Le médecin était là et les attendait. Il leur expliqua la cause du décès dans les moindres détails et attendit leurs instructions.
- Bien je veux tous les relevés de l'électrocardiogramme ainsi que les noms du personnel de garde ce soir.
Le médecin hocha la tête et fila. Flack partit interroger le personnel.
Mac se tourna vers Stella :
- Je vais questionner le policier. Tu commences seule ?
Elle acquiesça et sortit l'appareil photo de son étui.
Oh qu'il avait bien fait d'attendre ! Il se doutait qu'elle reviendrait enquêter !
Il l'avait vue entrer dans le hall, entourée de ses collègues. Ils avaient un visage atterré.
Surtout elle. Il la devinait d'une grande bonté et cette qualité allait lui être bien utile !
Il l'observa photographier Vicky sous tous les angles puis prendre des objets et les glisser délicatement dans des pochettes marrons.
Il ne pouvait voir ce qu'elle prenait, il était trop loin. Il avait fait vite et espérait ne rien avoir laissé derrière lui de compromettant.
Elle remit une de ses boucles derrière son oreille.
Ce simple geste le fit chavirer.... Il la voulait si fort que s'en était douloureux...
Il la vit ranger ses affaires. Elle avait terminé.
A lui de jouer maintenant....
Stella jeta un dernier regard à Vicky et la couvrit de son drap blanc.
Elle soupira, ne pouvant s'empêcher de culpabiliser.
Elle aurait dû rester.
Elle ferma sa mallette et sortit de la chambre.
Elle traversait le couloir lorsqu'elle vit un homme s'approcher, les mains sur son visage, légèrement titubant. Il se laissa choir sur la fontaine à eau, en pleurs.
Stella hésita un instant puis se dirigea vers lui. Elle posa une main sur son épaule et lui demanda gentiment :
- Monsieur, ça ne va pas ? Vous voulez que j'appelle un médecin ?
L'homme leva son visage tourmenté et humide et balbutia :
- Non.. Je...Je viens de perdre ma très chère mère....
- Je suis désolée. Toutes mes condoléances...
Il hocha la tête en reniflant et se redressa, plongeant dans le regard vert.
- Votre visage m'est familier mais je ne sais pas où....
- Je vous ai malencontreusement bousculé hier soir.
- Oh oui, je me souviens...j'allais voir ma mère...
Il redoubla ses pleurs et Stella lui sourit compatissante.
Elle s'apprêtait à le laisser, lorsqu'il enchaîna d'une voix faible :
- Est-ce que... vous aimeriez venir avec moi prendre un café ?
Stella le regarda hésitante. Il venait de perdre sa mère, il était perdu, complètement effondré. Il lui faisait pitié.
Elle ne savait que répondre, ne voulant l'accabler davantage.
Mac la sauva de cette situation inconfortable. Il arriva près d'elle et posa une main dans son dos.
- Tu as fini ? On y va ?
Elle acquiesça et salua l'homme devant elle, renouvelant ses condoléances.
Elle s'éloigna avec Mac.
Bon dieu ! Il y était presque ! Elle avait marché...
Il avait perçu son hésitation, il aurait pu facilement la convaincre avant que le flic ne vienne tout gâcher !
Il les observa partir. Il avait laissé sa main dans son dos...
Ce simple contact le révulsait ! Il y était presque !
Elle ne reviendrai pas de sitôt à l'hôpital maintenant, il allait devoir trouver autre chose !
Il tapa avec rage dans la fontaine à eau qui explosa à ses pieds.
Il fila en courant vers la sortie...
Mac et Stella arrivèrent au labo pour analyser immédiatement les pièces à convictions trouvées.
Stella s'arrêta à son bureau pour y déposer son manteau. Elle y vit de suite l'enveloppe blanche matelassée volumineuse.
Le cœur battant, elle l'ouvrit avec précaution et y découvrit une cassette vidéo. Sans la sortir, elle courut jusqu'au bureau de Mac.
- Mac ! On a une nouvelle cassette !
Le scientifique fronça les sourcils en lisant le nom écrit sur l'enveloppe :
- Pourquoi te l'envoie-t-il à toi cette fois-ci ? Comment connaît-il ton nom ?
Elle haussa les épaules et enfila un gant. Elle sortit doucement la cassette et lut à haute voix l'étiquette :
- Lauren DICK. Le Lac des Cygnes.
Elle leva les yeux et croisa le regard inquiet de Mac :
- On n'a pas retrouvé le corps; Peut-être est-elle toujours en vie ?
- Je l'espère même si je doute. Visionnons la cassette.
Ils marchèrent silencieusement vers la salle de conférence, appréhendant le visionnage.
Mac glissa la vidéo dans le lecteur et vint s'asseoir aux côtés de Stella.
Quelques instants plus tard, les notes de Tchaïkovski s'élevaient, douces et torturées, comme la danseuse à l'écran.
Le scénario était le même que pour Leïla. Danser jusqu'à s'épuiser.
Sauf que Lauren n'avait pas la même endurance et surtout se rebellait sans cesse, ce qui lui valait de nombreux coups en retour, aussi brutaux les uns que les autres.
La scène devint vite insoutenable et Stella ne put s'empêcher de passer une main sur son visage.
- Le salaud...
Mac la caressa longuement dans le dos tandis que la vidéo défilait. L'assassin s'appuya enfin sur la phobie de la victime, l'enfermant dans un cagibi étriqué et noir.
Ils virent Lauren en sortir plus tard, en pleurs, livide et complètement soumise à son ravisseur.
Elle dansa, dansa et comme Leïla, s'éteignit sous leurs yeux.
L'écran devint noir mais aucun des deux scientifiques ne bougea, ne parla, complètement chamboulés par ce qu'ils venaient de voir.
L'assassin avait pris de l'assurance, ils se montrait plus violent, plus sadique aussi.
Mac croisa le regard troublé de sa compagne.
Ils avaient la même conclusion en tête : ils étaient face à un tueur en série, sans pitié aucune pour ses victimes.
Tbc...
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