Beta : Grealyl

Note : Tout d'abord, je tenais à remercier Lou, Phnix, Eden (même si tu ne liras pas ce chapitre puisque tu as arrêté ta lecture) et Dom (pour tes deux reviews) pour leurs reviews anonymes. Un grand merci à Didine Halliwell qui est ma 100ème revieweuse. Et merci aux autres qui m'ont laissé des reviews signées, qui m'ont mis en alerte, en favoris,... ça me touche beaucoup. J'espère avoir répondu à toutes les reviews signées. Si ce n'est pas le cas, faites-le moi savoir, je tâcherai de réparer cette erreur.

Ensuite, si vous êtes passés sur le chapitre précédent, vous avez sans doute remarquer l'avertissement que j'ai rajouté. Drago a dépassé certaines limites (je parle de violences physiques) que son côté élémental n'excuse pas du tout. Mais, l'argument que je vais avancer ne va pas plaire mais je m'en fiche royalement, Harry a fait une connerie, il l'a payé, un peu durement certes et Drago n'aurait pas dû agir comme il l'a fait, mais il ne l'a jamais cogné ni battu comme plâtre.

Cela dit, Drago va se montrer dominateur (dans le sens où il va imposer certaines choses à Harry), excessif, possessif, jaloux, etc... avec tout ce que ça implique comme conséquences négatives. Certains vont penser qu'il s'agit d'une forme de torture mentale pour Harry. C'est votre point de vue. D'autres vont me dire que Harry pourrait se défendre, c'est aussi votre point de vue. Sur ce point, j'ai juste envie de vous dire que, d'un, Harry a la trouille et de deux, chacun ne réagit pas de la même manière. Vous êtes prévenus, libre à vous de lire ou non.

Enfin, je répète ce que j'ai dit dans le chapitre précédent : il n'y aura pas de viol, pas de suicide, pas de meurtre et la fin est une happy end (dans le sens "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants") ! Je suis une incurable romantique qui adore faire souffrir ses personnages avant de les rendre heureux.


Chapitre 10

« Nous avons vu précédemment que les élémentaires agissaient comme leur élément. Dans ce chapitre, j'aborderai donc les élémentaires de feu. Une flamme, en elle-même, n'a pas l'air dangereux et diffuse une douce chaleur, pour peu que l'on reste éloigné de quelques centimètres. Si l'on s'approche et qu'on touche cette flamme, elle nous brûlera. Le feu est l'élément le plus possessif et le plus destructeur. Un élémental de feu est exactement comme son élément et ne prendra pas la peine de se contrôler si sa compagne ou son compagnon ne répond pas à ses désirs . »

Extrait de la vie d'un élémental, par Ophiucus Caeli, élémental d'air.

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Septembre laissa sa place à octobre et l'été à l'automne. Dehors, le ciel était constamment gris et ne semblait pas déterminé à laisser place aux rayons du soleil.

Au collège, les cours continuaient et les élèves se voyaient accablés de devoirs. Les Septième Année étaient les derniers à se coucher. Ils avaient moins de cours que les autres mais davantage de devoirs et les professeurs étaient déterminés à leur faire passer au moins un examen par semaine.

Harry était épuisé. Entre son mari qui devenait de plus en plus tyrannique, ses devoirs et le Quidditch, le jeune homme n'arrivait pas à suivre. Il lui arrivait souvent de s'endormir sur le canapé et de se réveiller au beau milieu de la nuit, dans le lit qu'il partageait avec Drago. Il finissait généralement sa nuit dans le salon, penché sur ses cours. Des cernes noires commençaient à manger ses joues et la fatigue se lisait sur son visage mais Harry était à nouveau incapable de dormir plus de trois heures. Il en ignorait les raisons. Peut-être était-ce la peur d'échouer sa Septième Année.

Ce n'était pas son mari, pas totalement. Ce dernier n'avait plus porté la main sur lui. Il serrait les poings mais ne le frappait pas. Depuis qu'il avait été obligé de soigner Harry, il veillait à ne pas le toucher, sauf pour lui prendre le bras, comme avant. C'était comme s'il s'en voulait d'avoir eu un comportement violent. Il s'était excusé en étalant le baume sur le dos de son mari, avec délicatesse.

Ce n'était pas non plus le Quidditch qui Harry rendait nerveux, les entraînements étaient devenus son seul moment de liberté.

Henry avait été clair avec lui comme avec les anciens membres de l'équipe. Chacun devait repasser les sélections, pas de favoritisme. Harry avait accepté, c'était normal. Il était peut-être le frère du capitaine mais il n'était qu'un joueur.

Heureusement pour lui, aucun des candidats pour le poste d'attrapeur n'avait été à la hauteur. Harry avait donc été repris.

Olivier Dubois avait quitté l'équipe et Poudlard à la fin de la Troisième Année des jumeaux. Angelina Johnson avait repris le poste mais avait quitté Poudlard, l'année précédente. Henry reprenait donc, pour un an, le poste de capitaine. Et les anciens membres purent voir la différence. Le nouveau capitaine était intransigeant et exigeait beaucoup de son équipe. Il les faisait s'entraîner encore et encore et utilisait également la manière moldue, obligeant les sept joueurs, lui inclus, à courir autour du terrain.

Après des protestations bruyantes et des courbatures, chacun avait ployé l'échine et exécutait ses tours de piste sans plus rechigner. Les entraînements se déroulaient trois fois par semaine, le lundi, le mercredi, le vendredi, une heure par jour et trois heures le samedi matin.

Le soir, après l'entraînement, Harry remontait dans ses appartements, se changeait et se glissait sous la couette. C'étaient les rares fois où il dormait un peu plus. Les autres soirs, il s'arrangeait pour s'avancer et bénissait les plannings de révision de Hermione, sans lesquels Harry se sentirait incapable de réussir. Il avait en effet l'impression d'être accablé de travail – comme tous les Septième Année – et de ne pas avoir assez de temps pour travailler correctement.

Ses notes étaient bonnes dans toutes les matières. Il était ex æquo avec son frère mais ils étaient loin derrière Hermione. Mais Harry ignorait s'il allait pouvoir continuer sur cette lancée très longtemps. Sans Drago, cela n'aurait pas été un problème, il l'avait fait durant cinq ans.

Mais voilà, cette année, il était marié, et Drago était infernal et étrange. Harry ne comprenait pas ce qui animait le Serpentard. Il était resté sur le fait que Drago ne voulait pas de lui. C'était réciproque alors Harry faisait son possible pour rester loin de l'héritier Malefoy.

Ça n'avait duré qu'une semaine. Une semaine avant que Drago ne décide que ça ne lui convenait pas et qu'il commence à imposer des règles à son conjoint. Règles que Harry n'avait pas cherché à contredire, de toute manière il savait parfaitement que son époux se fichait royalement de ses états d'âme et ferait comme il l'avait dit et non comme le souhaitait Harry.

Harry s'était vu traîné jusqu'à la table des Serpentard un matin et depuis, il était obligé d'y prendre ses repas. Il avait interdiction de sortir d'une salle ou même de leurs appartements sans Drago. La liste s'allongeait de plus en plus chaque jour. Maintenant, Harry n'avait même plus le droit de se rendre au thé du samedi organisé par Severus dans ses appartements. Les années précédentes, c'était le vendredi mais depuis la rentrée, Harry et Henry étaient en cours à l'habituelle heure du thé. Ces rendez-vous hebdomadaires perduraient mais le blond avait décidé que Harry ne s'y rendrait plus.

Harry avait essayé de parler avec son mari, malgré sa promesse de ne plus rien dire, mais l'élémental était sourd à toute négociation.

Peu à peu, Harry voyait le nombre de ses libertés se réduire comme peau de chagrin et il redoutait le jour où Drago irait jusqu'à l'enfermer. Il ne comprenait pas les raisons d'un tel comportement et ça l'effrayait. Et le pire, c'était qu'il ne pouvait en parler à personne, Drago était toujours tout près de lui. Personne ne semblait non plus s'en apercevoir ou, si quelqu'un s'en rendait compte, personne ne l'aidait.

Le jeune homme soupira alors que Peter leur expliquait la différence entre deux plantes très similaires mais aux propriétés complètement opposées, et qu'il était donc important de savoir différencier.

- Monsieur Malefoy, tonna Peter mécontent d'avoir été interrompu, si mon cours vous déplaît, vous pouvez toujours prendre la porte !

- Pardon professeur.

Peter reprit son explication. Il était passionné par la botanique et ce, depuis des années. Le professeur Chourave l'avait accepté comme assistant et lui confiait l'enseignement des classes de Sixième et Septième Année. Les élèves l'ayant comme professeur ne tarissaient pas d'éloge sur son compte. Il était patient et pédagogue mais il y avait une chose qu'il ne supportait pas, c'était le bruit. Il avait prévenu ses étudiants : au moindre bruit qui n'avait rien à voir avec le cours, le coupable était sévèrement réprimandé. Ça pouvait paraître stupide aux yeux de certains mais ça avait fait ses preuves.

Harry repartit dans ses pensées, exclusivement tournées vers son avenir avec son mari, ou plutôt vers leur absence de véritable avenir en tant que couple.

- Bien, monsieur Malefoy, vos soupirs m'énervent, alors sortez ! Vous pourrez soupirer à loisir une fois dehors.

- Mais..., tenta Harry surpris.

Il ne se souvenait pas avoir soupiré.

- Dehors. Et vous viendrez me voir à la fin du cours.

C'était clair et précis, Harry était viré. Ça ne lui était jamais arrivé jusque là. Il se sentait misérable mais obéit néanmoins. Au moment où il prit ses affaires, il vit Henry lui faire un signe de tête, lui faisant comprendre par là qu'il lui prendrait le cours. Le jeune Malefoy se traîna hors de la serre et se laissa glisser contre le mur. Il venait de faire un pas de plus au fond du trou. Il avait cru être au fond mais s'apercevait qu'il pouvait toujours creuser encore.

Harry patienta quarante minutes à l'entrée de la salle. Une chance pour lui, il avait été viré durant la deuxième heure et après, il n'avait pas cours. Pas avant quatorze heures où il avait Soin Aux créatures Magiques.

Il se releva au moment où les portes de la serre s'ouvraient, et regarda les élèves sortir. Henry et Neville étaient en queue de file et hochèrent la tête en direction de Harry, l'air un peu inquiet pour lui. Le jeune homme savait que Peter ne l'appellerait qu'une fois qu'ils seraient seuls et là, il allait se faire incendier. Cinq minutes plus tard, un élève de Poufsouffle sortit à son tour, suivi de Peter. L'ancien Maraudeur, sous ses airs gentils, pouvait être pire que Severus lorsqu'il se mettait en colère.

- Entre.

Harry hésita. Il sentait qu'il allait se faire sermonner et il n'avait vraiment pas besoin de ça. Pas aujourd'hui. Mais, son sac sur l'épaule, il entra dans la serre et suivit son oncle jusqu'au bureau situé au fond de la serre.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Peter. Tu sembles ailleurs à chaque cours. Tu es plus pâle encore à chaque fois que je te vois. Et tu soupires toutes les dix secondes. C'est ton mari ?

- Pitié, ne dis pas ça. À chaque fois que quelqu'un prononce le terme mari, conjoint ou époux, j'ai les poils qui se dressent.

- Harry, il faut appeler un chat un chat. Drago Malefoy est ton mari, que tu le veuilles ou non.

- Peu importe, l'association de Drago Malefoy et de mari ou autre me donne des frissons d'angoisse.

- Je vois. Pourquoi tu ne vas pas lui parler ?

Harry fixa son oncle comme s'il venait de sortir la pire énormité ou qu'une seconde tête venait de pousser à côté de la première.

- Ça ne va pas non ? !

- Harry, je veux bien être un oncle sympa mais ne me parle pas sur ce ton !

Harry fit mine de partir, énervé par la tournure de la conversation. Personne ne voulait le comprendre et tout le monde lui demandait de garder son calme. À croire qu'il n'avait pas le droit de se mettre en colère.

- Reste-là ! Je n'ai pas fini !

- Moi si !

- HARRY JAMES POTTER ! beugla Peter. Tu ramènes tes fesses ici et plus vite que ça ! Et tu cesses de faire l'enfant pourri gâté qui n'a pas eu ce qu'il voulait !

Le jeune homme n'avait jamais entendu Peter l'appeler par son nom entier – même s'il l'avait nommé Potter. Son oncle était clairement furieux.

- Je peux savoir ce qui te prend de te comporter comme ça ? ! Je peux comprendre que tu sois énervé mais n'en fais pas profiter tout le monde !

- Mais tout le monde s'en fout !

- Détrompe-toi, Henry s'inquiète. Tout comme Severus, Sirius, Remus, et moi aussi.

- Mais vous ne faites rien pour m'aider !

- Tu veux qu'on fasse quoi ? Aller parler à ton mari ? Et arrête de grimacer ! Enfin Harry, ce n'est pas à nous d'aller le voir pour lui dire ce que tu ressens.

Peter cacha le fait que la moindre personne, autre que Harry, qui oserait parler avec Drago, risquait sa vie. L'avouer à son neveu était le plus sûr moyen de le terroriser et de le faire taire.

- Pourquoi pas ? couina Harry, les yeux humides. Je ne me sens pas capable de le faire.

- Assieds-toi. Je vais te raconter quelque chose.

Harry obtempéra.

- Quand j'étais élève ici avec ton père, Remus et Sirius, j'avais peur de tout et de tout le monde. Severus ne faisait pas parti de la bande. Comme tu le sais, il se livrait une guerre avec ton père et Sirius, ils se détestaient. Mais peu importe. J'avais peur des autres et surtout de Severus. Il était doué dans bien des domaines et très intelligent – il l'est toujours. Je suivais ton père, Sirius et Remus comme leur ombre et subissait leurs moqueries sans rétorquer quoique ce soit. Je ne m'en sentais pas capable. J'étais un trouillard, n'ayons pas peur des mots. Je me demandais souvent ce que je faisais à Gryffondor. Sirius disait toujours que j'aurais dû aller à Poufsouffle. Pendant longtemps, j'ai cru comme lui. Au moindre problème tu pouvais être sûr que je détalais comme un rat. Je ne dis pas que c'est ton cas, Harry. Je te parle juste de moi. J'avais peur de perdre leur amitié si je ne me laissais pas faire. C'était les seuls qui m'avaient accepté comme j'étais. Plus jeune, j'étais un peu rond et bien joufflu. À l'école, mes camarades se moquaient de moi.

- Pourtant, commença Harry lorsque Peter prit un instant de silence pour reprendre son souffle.

- Pourtant, maintenant, je suis différent. Oui. Mon comportement a changé un peu avant le mariage de Lily et James. C'était l'année précédente. Je n'avais aucune confiance en moi mais il se trouve que Voldemort recrutait des adeptes et, j'ignore par qui, il avait entendu parler de moi. J'aurais fait un Mangemort idéal puisque j'étais l'ami de ses ennemis. J'étais faible et craintif.

- Tu veux dire que... ? s'écria Harry, horrifié par ce que Peter insinuait.

- Laisse-moi finir avant de tirer des conclusions erronées. Voldemort, à cause d'une prophétie, voulait détruire les Potter et...

- Attends, je croyais que c'était Neville celui qui devait détruire Voldemort.

- Vas-tu me laisser finir ? !

- Pardon.

- Je disais donc que Voldemort voulait détruire tes parents. Parce qu'il pensait que celui qui parviendrait à le tuer naîtrait dans cette famille. Je t'assure que tu m'interromps encore une fois et je n'hésiterai pas à te flanquer une fessée déculottée ! Bien. Voldemort me voulait parce qu'il voulait une personne proche de tes parents. Bien sûr, il ne me l'a pas dit comme ça. Il m'a fait miroiter ce que je voulais le plus. Je ne vais pas te cacher que j'ai été tenté d'accepter. Après tout, à cette époque, je voulais une certaine reconnaissance, être accepté et ne plus subir les moqueries. J'ai refusé après une discussion avec ton père et Sirius. Ce fut houleux entre nous. Durant cette conversation, enfin cette dispute, j'avais sous-entendu que Voldemort n'était peut-être pas si terrible que ça. J'admets, avec le recul, que c'était faux. C'était un tyran mais j'étais jeune. James s'est énervé, suivi par Sirius. Ils m'ont traité de tous les noms. Ça m'a fait mal mais ça m'a aidé. Leur comportement m'a ouvert les yeux quand je me suis rendu compte que je n'avais rien dit, que je servais de paillasson. J'en ai eu marre. Je me souviens m'être levé, avoir gueulé sur James et Sirius et être parti.

Harry digéra ce qu'il venait d'entendre. Jamais il n'aurait pensé que Peter avait été un trouillard, attiré par un mégalomane tyrannique et complètement fou.

- Je suis resté en froid avec eux pendant une semaine avant qu'ils de débarquent, traînés par Remus. Ils m'en voulaient d'avoir osé dire toutes ces choses, d'avoir osé dire que Voldemort n'était pas un monstre sanguinaire, après tous les meurtres atroces qu'il avait commis sur des hommes, des femmes et même des enfants innocants. Je dois dire que c'est grâce à Remus que je ne suis pas devenu Mangemort. Sans lui, je serais peut-être mort ou à Azkaban et j'aurai regretté mes actes toute ma vie. Nous avons discuté tous les quatre, Remus passait son temps à frapper Sirius lorsqu'il s'énervait. Je leur ai tout raconté. Et ils m'ont conseillé d'arrêter d'avoir peur, qu'il fallait que je m'affirme. Ils m'ont aidé et surtout, ils m'ont protégé parce que j'ai refusé la proposition de Voldemort.

Peter se tut un instant et Harry ne pensa même pas à prendre la parole. Il sentait que l'histoire n'était pas tout à fait finie.

- Deux ans plus tard, Voldemort s'en prenait aux Londubat. Il avait appris que Lily et James allaient mettre au monde des jumeaux. Ils n'étaient donc pas les bonnes cibles. J'ai regretté longtemps d'avoir pu penser que Voldemort n'était pas la personne qu'il était. Je me suis toujours senti coupable de la mort de tes parents et de ceux de Neville même si ce n'est pas le cas.

Harry contourna le bureau et étreignit son oncle, attristé par sa peine.

- Ne laisse personne te marcher sur les pieds Harry, murmura Peter en s'écartant. Si tu ne dis pas à Drago ce que tu ressens vraiment, tu seras malheureux toute ta vie. Tout le monde pourra aller lui parler mais il n'écoutera que toi.

- Non, il...

- Harry, je sais exactement ce que tu ressens en ce moment. Tu as peur de lui, tu n'as aucune confiance en toi. Tu préfères laisser passer et attendre qu'il se calme de lui-même et qu'il découvre tout seul qu'il te fait du mal. N'est-ce pas ?

Malgré lui, Harry hocha la tête. C'était exactement ça.

- Tu sais comme moi que ça ne marchera pas. Drago n'est pas dans ta tête. Il ne va pas arrêter parce que tu le penses très fort. Ça ne marche pas comme ça.

- Je ne veux pas lui parler. Tu n'as pas idée de quoi il est capable.

- Très bien, soupira Peter. Mais pense à ce que je t'ai dit. Ne te laisse pas faire parce que c'est plus sécurisant. Je ne dis pas que c'est facile de s'affirmer. Loin de là. Mais ça aide beaucoup. Je ne dis pas que tu dois sans cesse écraser les autres ou quoique ce soit, mais il faut que tu puisses te défendre et avoir foi en toi. Tu n'es pas un perdant Harry, et encore moins un paillasson. Montre-le. Allez file maintenant.

Harry serra de nouveau Peter dans ses bras. Une façon pour lui de dire merci. En quittant la serre, il songea que la discussion lui avait fait du bien : il se sentait mieux, même s'il savait qu'il n'était pas prêt à affronter Drago. Il retrouva Henry qui l'attendait près de la grande porte. Son mari n'était pas en vue. À cette heure-ci, il était en cours de Runes jusqu'à midi.

Les garçons n'avaient rien jusqu'à quatorze heures et comptaient profiter de ces heures de liberté – nombreuses certes mais en général, ils travaillaient tout le temps – pour se détendre un peu.

Ils parlèrent de tout et de rien jusqu'au déjeuner. Là, ils rejoignirent la Grande Salle. Harry se raidit en voyant Drago l'attendre devant la porte, avec son air furieux qui ne le quittait plus depuis des semaines.

- Tu étais où ? grogna ce dernier lorsque Harry passa à sa hauteur.

Mais Harry ne répondit pas, il s'arrêta juste et regarda Henry continuer son chemin.

- Répond !

- Avec Henry, dans le parc, soupira Harry malgré lui.

Il sentait son mari furieux et il commençait à avoir peur pour lui-même mais aussi pour les autres. Qui sait comment un élémental de feu peut réagir lorsqu'il est hors de lui.

- Menteur !

C'était la première fois que Drago le traitait de menteur. Au cours des dernières semaines, Harry avait souvent eu la sensation que son époux devenait paranoïaque, un peu comme feu Balthazar Donewood sur les dernières années de sa vie. Mais jamais il ne l'avait traité de menteur.

- C'est...

- Tu mens !

- Non ! Je...

Le jeune homme n'eut pas le temps de finir sa phrase, ni même de la commencer vraiment. Drago l'attrapa comme à chaque fois, par le bras et le traîna à sa suite.

- Je veux la vérité et tout de suite, exigea Drago une fois qu'ils furent seuls au beau milieu d'un couloir tout près de la Grande Salle.

- Je t'ai dit la vérité.

- Vous faisiez quoi ? !

Ça aussi, c'était nouveau. D'ordinaire, Drago le fusillait du regard mais ne lui demandait pas de comptes. Parce qu'en général, se dit Harry, il le surveillait, apparaissant aux moments les plus inattendus, comme s'il voulait piéger son mari.

- On parlait.

- De quoi ? !

- En quoi ça te regarde ? siffla Harry excédé par l'interrogatoire.

Il regretta ses mots quand il vit le poing de Drago se serrer. À chaque fois, il n'avait qu'une peur, c'était que son époux le frappe. Mais le blond s'obligea à prendre une profonde inspiration, sans doute pour se calmer. Il s'était laissé aller une fois à la violence et il ne recommencerait pas. Il n'avait pas envie d'abîmer la peau du Gryffondor ou pire, de passer pour une personne violente qui battait son mari.

- De quoi vous parliez ? ! répéta Drago plus lentement.

Mais Harry ne répondit pas. Ça ne regardait pas Drago et il le lui fit comprendre d'un regard.

- Bien, puisque tu refuses de dire quoique ce soit. Je vais chercher l'information moi-même.

Légilimancie. Harry vit Drago tirer sa baguette et la pointer sur lui. Il s'empressa de mettre en place ses barrières occlumentiques. Il les savait impénétrables pour Drago. Severus testait son neveu de temps en temps, en général au pire moment, au réveil ou quand Harry était malade. Son oncle était l'un des meilleurs Occlumens du pays et un redoutable Légilimens mais les garçons parvenaient de temps en temps à l'empêcher de s'introduire dans leur esprit.

- Legilimens.

Harry serra les dents en maintenant ses barrières mentales. L'irruption familière dans son esprit était plus brutale, comme si Drago ne se retenait pas. Mais c'était plus simple avec lui qu'avec Severus. Le blond fut éjecté violemment et son corps percuta le mur opposé tandis que Harry tentait de remettre un peu d'ordre dans son esprit.

Drago se releva avec difficulté mais Harry s'en moqua éperdument. Il rattrapa son sac qui était tombé dans le feu de l'action et s'éloigna de quelques pas.

Cinq minutes plus tard, ils étaient assis à la table des Serpentard, Harry n'ayant pas eu le choix. Drago avait cessé de le harceler à propos de ce qu'ils avaient fait lui et Henry avant de rentrer, au grand soulagement de son époux qui se concentrait désormais sur le contenu de son assiette.

Durant le reste de la journée, Harry redouta un peu le fait de rentrer dans ses appartements. Il avait toujours le choix de fuir dans la salle commune des Gryffondor mais il était à peu près certain que Drago irait défoncer le portrait pour entrer et ramener son mari par la peau des fesses s'il le fallait. Et puis, il savait qu'il n'avait pas le choix, son mari ne le lâchait pas d'une semelle. Il l'avait accompagné à son cours de Soins Aux Créatures Magiques.

Harry sortit, fourbu, de son entraînement. Henry n'avait ménagé aucun des joueurs et il était lui-même sur les genoux en descendant de son balai. L'attrapeur avait cru à un moment foncer sur son capitaine et l'étrangler tant il en demandait trop à son équipe. Il était certain qu'il aurait été remercié par les cinq autres.

Alors qu'il suivait son équipe jusqu'au vestiaire pour prendre une douche et se changer avant d'aller manger, Drago en décida autrement – Harry ne put s'empêcher de penser « comme d'habitude ». Le blond attrapa le bras de son mari et le força à le suivre. Ça ne lui disait qui vaille.

- Tu ne dis rien, l'exhorta Drago avant que Harry n'ait le temps d'ouvrir la bouche pour protester. Tu te tais et tu me suis !

Drago, une fois arrivé devant le portrait gardant les appartements du couple, prononça le mot de passe et fit entrer son époux.

- Va te laver. Et pas un mot ! Je ne veux pas t'entendre.

Stupéfait, Harry ne bougea pas d'un iota. Il avait toujours son balai à la main et sa tenue de Quidditch sur le dos. Drago, excédé, le poussa sans ménagement dans la salle de bain, lui retirant au passage l'Éclair de Feu que le jeune homme avait reçu en cadeau d'anniversaire pour ses quatorze ans de la part de Sirius, Severus ayant fait la même chose pour Henry.

Harry, après une légère hésitation, voulut tenter de se noyer sous la douche mais il faut croire que son instinct de survie était trop développé puisqu'il n'y parvint pas. Il était préoccupé par la teneur de la discussion. Il sentait que ça allait porter une nouvelle fois sur ce qu'il aurait le droit de faire ou de ne pas faire dans le futur. C'était toujours comme ça. Drago semblait trouver amusant d'utiliser les entraînements de Quidditch pour imposer ses règles à son mari. Celui-ci était tellement fatigué qu'il n'écoutait qu'un mot sur deux et s'endormait la plupart du temps. Dans ces cas-là, Drago devait prendre son silence pour un oui et Harry découvrait le lendemain les nouvelles règles. La première fois, il avait osé demander des explications, Drago avait ricané et rétorqué qu'il n'avait qu'à écouter au lieu de ronfler.

Une fois propre et changé et surtout épuisé, Harry sortit de la salle de bain et allait se diriger vers le lit quand il percuta Drago de plein fouet. Son époux lui désigna le salon sans un mot et le regard furieux qu'il lui lança le convainquit d'obtempérer. Le jeune homme s'écroula dans le fauteuil et il remonta ses genoux contre sa poitrine. Son entraînement et sa douche faisaient qu'il dormait assis et il espérait que Drago n'allait pas s'éterniser.

- Tu pourrais au moins faire semblant de m'écouter ! s'emporta Drago en voyant que Harry avait fermé les yeux et semblait sur le point de s'endormir.

Harry voulut rétorquer que peu importe le degré d'attention qu'il portait à l'affaire, Drago ne lui laisserait pas donner son avis. Mais, encore une fois, la force et surtout le courage lui manquèrent. Il était tellement épuisé qu'ouvrir la bouche aurait été un effort qu'il se savait incapable de fournir.

- Le comportement que tu as eu aujourd'hui m'a été insupportable ! À croire que tu es incapable de te retenir ! Et je ne te parle pas du début de la semaine.

À entendre Drago, Harry avait dragué une fille ou un garçon ou s'était mal comporté.

- Tu ne vois pas de quoi je parle ? Étonnant. Laisse-moi te rafraîchir la mémoire. Lundi, tu as laissé Daphné te draguer ouvertement, j'étais à côté. Et ne tente pas de te justifier, ça ne servira à rien !

Là, Harry en était sûr, Drago avait abusé de quelque chose. La seule discussion, si on pouvait employer ce terme dans ce cas-là, avec Daphné Greengrass, une magnifique Serpentard de leur année, avait porté sur le fait que la jeune femme avait fait comprendre au Gryffondor que Drago était à elle et non à lui. Harry avait juste souri hypocritement en rétorquant qu'elle allait devoir en parler avec le principal concerné.

- J'ai laissé passer. Mais tu as recommencé hier. Tu as laissé ce petit avorton de photographe de pacotille t'approcher et te faire du gringue !

- Colin ? Colin Crivey ? Mais...

- Tais-toi ! hurla Drago. Ce comportement est inadmissible ! Tu me dois le respect et non te comporter comme une pute !

Le terme acheva Harry. Une pute ? Il se comportait vraiment comme ça ? Non. Lui-même pouvait l'affirmer. Il n'aguichait personne.

- Je vais te poser une question et tu as intérêt à me dire la vérité, siffla Drago, l'empêchant de répliquer. Tu as couché avec l'un d'eux ? !

La question surpris tellement l'intéressé qu'il en oublia de répondre. Et ça mit Drago hors de lui.

- RÉPOND ! hurla-t-il, les yeux révulsés et le souffle court.

- Non, bafouilla Harry, stupéfait qu'on puisse lui prêter de telles intentions.

Même s'ils ne s'entendaient pas, Harry était fidèle et l'idée d'aller voir ailleurs ne lui serait jamais venue.

- Je te laisse le bénéfice du doute, fit Drago d'une voix calme dans laquelle Harry perçut une menace. Mais à l'avenir, je t'interdis de parler avec une autre personne quand je ne suis pas là. Si tu le fais, je le saurais. Je doute que tu veuilles savoir ce qui risque d'arriver si tu désobéis. Maintenant, va au lit.

Tremblant et encore sous le choc, Harry se releva et fila. Il était de moins en moins rassuré. Drago était capable de mettre ses menaces à exécution si jamais son époux s'avisait de lui désobéir. Le brun avait besoin d'aide. La seule personne qui lui apparaissait capable de lui apporter cette aide était Henry. Aucun des deux n'avait vraiment besoin de se parler pour se comprendre. Il suffisait d'un regard.

Harry se coucha, docile, dans le lit conjugal. Il eut une pensée fugace. À part l'union, il n'avait pas eu de rapports avec Drago. Il avait été son premier amant. Comment pouvait-il soupçonner Harry d'infidélité ?

Tourné vers le mur, les couvertures remontées jusqu'aux oreilles et la tête enfouie dans les oreillers, Harry cherchait des explications. Il était fatigué, tout son corps le criait mais son esprit était en ébullition et tournait à plein régime.

0o0

Henry avait réglé son réveil pour six heures trente. Il avait l'intuition qu'il devait se lever plus tôt que d'habitude.

Depuis que Harry était marié avec Drago, ils étaient debout et présents dans la Grande Salle dès l'ouverture à sept heures. Henry devait être là aussi, car il sentait que son frère avait besoin de lui.

À six heures trente-deux, il était sous la douche et à six heures quarante-neuf, il était habillé et en route, sac sur l'épaule, pour la Grande Salle. Il n'avait pas vu son frère depuis la fin de l'entraînement. Drago avait entraîné Harry à sa suite et vu l'air qu'il avait arboré, nul doute qu'ils allaient se disputer.

À sept heures pile, les portes s'ouvrirent. Harry et Drago n'étaient pas encore là. Henry s'installa à la table des Gryffondor, face à celle des Serpentard à l'autre bout de la salle. Il voulait voir son frère qui s'installait toujours dos au mur, à côté de Drago. Ce dernier voulait tout voir et être au centre de tout.

La clique des Serpentard arriva enfin, avec, à leur tête, Drago. Harry suivait son mari, tête baissée. Cette vision de son frère attrista Henry, comme à chaque fois qu'il le voyait. Il avait l'impression de revoir Orion Donewood, quand Harry venait juste d'être libéré du joug de Balthazar Donewood.

Harry n'était pas heureux et il avait trop peur de son mari pour le contrarier. À juste titre quand on savait de quoi Drago était capable. C'était un élémental de feu, il maîtrisait donc le feu et une flamme pouvait se montrer affreusement dangereuse. Henry savait parfaitement que son jumeau n'aurait pas assez de force pour affronter l'élémental et qu'il en souffrirait. Pourtant, il était le seul à pouvoir débloquer la situation. Personne ne pouvait rien faire pour lui. Narcissa et Lucius avaient été clairs sur le sujet, personne ne devait se mettre entre l'élémental et son compagnon.

Dans son fort intérieur, Henry espérait de tout cœur qu'il n'allait pas apprendre tôt ou tard que son frère venait de mourir. Il n'était pas sûr de pouvoir le supporter. Surtout qu'il voyait son jumeau dépérir lentement. Harry mangeait mais moins qu'avant – déjà qu'il n'était pas un gros mangeur – son teint était pâle, presque maladif et des cernes lui mangeaient le visage. Dormait-il ? En tout cas, son sommeil n'était pas réparateur.

Henry termina son toast et prit un croissant. L'avantage de se lever tôt, c'était qu'il n'avait pas à se battre pour avoir un croissant ou toute autre viennoiserie avec Ron. Cet estomac sur pattes mangeait comme quatre et ne prenait pas un gramme. De quoi rendre jalouses toutes les filles qui faisaient attention à leur ligne. Ça devait être de famille car Ginny, même si elle était loin de manger autant que son frère, gardait la taille svelte.

Henry reporta un instant son attention sur son frère entouré par Drago et deux autres garçons de Serpentard. Théo Nott et un certain Blaise Zabini. Grégory Goyle et Vincent Crabbe n'étaient nulle part, c'était étrange d'ailleurs car les deux brutes épaisses ne quittaient normalement pas leur chef d'une semelle. Finalement, ils apparurent et se placèrent de part et d'autre de Théo et Blaise.

Cette image fit presque sourire Henry. Ça lui faisait penser à ces films de gangster qu'affectionnait Peter. Le chef de la bande avait toujours une jolie femme à son bras et des gardes du corps. Drago était le chef, Harry la jolie potiche et les quatre autres, les toutous.

Henry replongea dans son café et ses viennoiseries avant de relever brusquement la tête. Harry le fixait sans ciller, la tête légèrement penchée sur le côté. Par réflexe, le jeune Potter regarda les doigts de son frère. Il les vit clairement pianoter sur la table.

Ces signaux, les garçons les avaient mis au point en Deuxième Année pendant les cours en étant éloignés l'un de l'autre ou à la bibliothèque où le silence était de rigueur.

Harry lui demandait de l'aider.

Il avait dû se passer quelque chose la veille pour que Harry lui demande une telle chose. Ils avaient trois heures de Potions, Henry pensait qu'il allait pouvoir tout lui demander pendant le cours.

Ce fut impossible. Severus avait décidé aujourd'hui de coller à ses élèves un devoir surprise qui dura trois heures.

Maudissant mentalement son parrain, Henry se résigna à attendre encore avant de parler avec Harry. Il savait qu'il n'aurait aucune opportunité avant le cours de Soins Aux Créatures Magiques qu'ils avaient de seize heures à dix huit heures. Avant cela, il ne pourrait pas approcher son frère car Drago n'allait pas cesser de le coller.

C'était étrange d'ailleurs de voir Drago suivre Harry partout et de se poster à ses côtés dès que l'occasion se présentait. Le blond donnait cette impression d'être un amant jaloux et possessif qui refusait de s'éloigner de son mari et que, s'il le pouvait, il irait l'enfermer pour ne l'avoir rien qu'à lui.

Henry s'était fait cette réflexion à plusieurs reprises mais, après ce que Harry lui avait raconté, il avait des doutes. Et ces doutes s'étaient confirmés avec les semaines. Drago était peut-être un amant jaloux et possessif mais il était surtout castrateur, dominateur et excessif. Et le pire, c'est que Harry se laissait faire. Mais avait-il vraiment le choix ?

Comme il l'avait prévu, Henry ne put approcher son frère avant le cours de Soins Aux Créatures Magiques, mais maintenant que Harry était libéré de la surveillance constante de Drago, Henry allait pouvoir lui parler.

Le jeune homme se rendit compte, en regardant Harry, que quelque chose clochait. Ce dernier semblait tendu et nerveux au possible. Pourtant, Drago n'était pas là, c'était lui qui rendait Harry dans cet état en temps normal. Henry se plaça à côté de son frère mais si Harry avait remarqué que son jumeau était là, il ne dit rien.

- Ça va ? murmura Henry sans quitter la professeur du regard.

Le cours portait sur les fées, ce n'était que la théorie, la pratique ne viendrait que la semaine suivante.

Là encore, Harry ne répondit pas, gardant le silence. Mais, alors que Henry allait poser une nouvelle fois la question, il sentit un morceau de parchemin plié être glissé dans sa main et les doigts de Harry vinrent presser fortement son poing fermé.

C'était important.

Comme à l'accoutumée, à la fin du cours, Drago vint chercher Harry et comme à l'accoutumée, Harry le suivit sans rien dire. Henry retrouva la salle commune, pensif. Il était inquiet pour son frère. Très inquiet mais il n'était pas le seul. Tous les Septième Année de Gryffondor l'étaient car ils voyaient peu leur condisciple qui était également leur ami.

Ron fondit sur lui dès qu'il le vit. Lui plus que les autres, était mort d'inquiétude parce qu'il considérait Harry comme l'un de ses frères. Neville et Hermione travaillaient à la bibliothèque, le Survivant avait besoin de faire des recherches qui n'avaient que trop tarder, pour un devoir, et Hermione également.

- Comment il va ? demanda Ron.

- Je te dis ça dans une seconde, répondit Henry en se laissant tomber dans le canapé.

Il tira de la poche de sa robe le morceau de parchemin plié.

« Henry,

Je me doute que tu t'inquiètes mais je ne peux pas te parler. Drago m'a lancé ce matin un sortilège d'enregistrement vocal qui s'enclenche dès que j'ouvre la bouche. Tu penses bien que je redoute sa sentence s'il découvre que j'ai parlé alors qu'il n'était pas là. Ce matin, je t'ai demandé de l'aide. J'ai vraiment besoin de toi. Drago semble vouloir tout diriger dans ma vie et chaque jour qui passe, je me demande ce qu'il va inventer. Il n'est pas violent avec moi, plus depuis ma rencontre avec ce mur mais j'ai toujours peur qu'il se mette à me frapper. Oui, j'ai la trouille et je ne me sens pas capable de lui parler pour lui dire d'arrêter. Tu crois que tu pourrais lui parler ? Il a l'air de t'aimer plus qu'il ne m'aime, il t'écoutera peut-être.

Malgré tout ça, je vais aussi bien que possible.

Je t'embrasse,

Harry »

- Ça répond à ta question ? fit Henry, le regard fixé sur le parchemin.

- Un sortilège d'enregistrement vocal ? Il joue à quoi Mal... Drago ? On dirait un amant jaloux.

- C'est exactement ce que je me disais aussi.

- Mais ?

- Mais je ne sais pas.

- Tu vas aider Harry ?

- Je voudrais bien mais je ne peux pas. M'interposer, ce serait risquer ma vie. Et crois-moi, ce n'est pas une métaphore. Madame Malefoy nous a bien recommandé de ne pas nous mettre entre Drago et Harry. Jamais. Imagine, Harry a déjà la trouille de son mari mais dis-toi que Drago peut être bien pire avec la moindre personne qui se dressera entre son mari et lui.

- Oh, fit Ron surpris.

- Oui, comme tu dis. Je tiens à mon frère, énormément. D'habitude, je ferais tout pour lui mais là, le seul qui peut l'aider, c'est lui-même.

- Alors pourquoi tu ne lui fais pas comprendre ?

- Ron, on parle de Harry. Il est adorable mais plus buté qu'une tête de mule. Tant qu'il ne le comprendra pas par lui-même, tu pourras lui dire dans n'importe quelle langue, il n'écoutera pas.

- Pourtant, il t'écoute.

- Oui, quand ça lui chante, soupira Henry. Figure-toi que je lui en ai déjà parlé et ça n'a pas eu l'air de faire grand-chose.

- Mets-toi à sa place deux secondes Henry. Son mari lui fiche la trouille et il y a de quoi. Ton beau-frère c'est un bloc de glace. Paradoxal si tu veux avis puisque c'est un élémental de feu.

- Comment tu le sais ?

- C'était dans la Gazette, Henry. Juste après l'annonce du mariage de ton frère. Mais vu comme tu étais énervé rien qu'en lisant le titre, je doute que tu aies lu l'article.

Ce n'était pas faux. Henry avait juste lu le titre de l'article et les premières lignes qui se trouvaient être l'annonce et après, il avait chiffonné le journal et était monté dans son dortoir.

- Ce que je veux dire c'est que Harry n'aime pas Drago, il en a peur et en plus il... surtout ne le prend pas mal mais... Harry est timide et il n'aime pas les conflits.

- Je sais. Il n'a pas confiance en lui et tant qu'il n'aura pas confiance en lui, il n'osera pas affronter Drago. Cela dit, moi non plus, je n'oserai pas.

- Pourtant, il devra bien.

Ron avait raison et Henry le savait parfaitement.


À suivre