Hello all !

Voici le nouveau chapitre !

Il est l'heure du bilan : C'est la fin du premier acte !

En espérant que ça plaise !

Bonne lecture :D


Chap 9 : Repos

C'est une sensation de chaleur étouffante qui me sort de ma torpeur. J'ai l'impression que mon corps tout entier est prisonnier d'une espèce de cocon à la douceur appréciable. Surtout après tout ce qu'il vient de se passer. J'entends alors une voix distante que je ne parviens pas à identifier. En me concentrant dessus je réussi à la reconnaître malgré mon état léthargique. C'est celle de Fiora.

La situation dans laquelle je me trouve me revient subitement à l'esprit et je relève d'un bond... Que je regrette aussitôt...

Une vive douleur au niveau de la poitrine me fait pousser un gémissement et me coupe le souffle. Faisant abstraction momentanément de ma douleur, je regarde dans tous les sens pour voir où je me trouve.

C'est une chambre aux murs uniformément blanc, sans aucune décoration. Une fenêtre laisse entrer la lumière du soleil. J'aperçois alors le toit du palais royal dont les plaques de cuivres, teintes en bleues, du toit projettent des reflets sur le mur en face de moi. Je suis au dispensaire de la garde de Demacia.

J'arrive à me détendre quelque peu... Je suis enfin en sécurité. Je prends de grandes respirations pour calmer mon rythme cardiaque. Mon cœur bat tellement vite que cela me fait mal à la poitrine. On dirait que quelqu'un m'a empalé avec un tisonnier chauffé à blanc. La dernière image que j'ai vue avant de perdre connaissance me revient soudain... J'ai bien été empalé contre le mur de cet entrepôt par Vayne... Mais comment je suis arrivé là ?... Et Surtout... Comment je peux encore être vivant ?

J'appelle d'une voix faible. Le simple fait de respirer est vraiment douloureux. On dirait pourtant que l'on m'a entendu. Fiora s'arrête de parler et je la vois ouvrir la porte de ma chambre avec empressement. Elle me voit réveillé, légèrement redressé avec probablement une expression de douleur passablement ridicule au vu du sourire moqueur qu'elle se met à afficher au bout de quelques secondes.

« Enfin ! Déclara-t-elle. Tu es encore plus lent à te réveiller qu'à te mettre en action. »

Il y a encore peu de temps une telle remarque m'aurait probablement énervé mais je sais maintenant que Fiora est comme ça. Ni plus, ni moins. D'autant plus si je compte la pointe d'inquiétude que j'ai cru entendre lorsqu'elle m'a parlée. Je lance un soupir théâtrale avant de m'allonger de nouveau pour me soulager. Un nouvel élancement m'arrache une grimace.

« Reposes toi, Alarion. Tu ne risques rien ici. »

Le tutoiement est ce qui sonne le plus étrange à mes oreilles, encore plus que le sentiment de quiétude qui s'empare de moi et qui m'attire dans un sommeil profond et réparateur.

4 jours plus tard

Je suis accoudé à ma fenêtre, profitant du soleil. La guérisseuse sort de ma chambre après m'avoir annoncée que mon état est stable et que je suis hors de danger. Je garderais de cette histoire une profonde cicatrice sur ma poitrine et dans le dos. Le fait que je n'ai aucune séquelle même après avoir été empalé contre un mur par un carreau en argent qui a sectionné, pour ne pas dire cassé en deux ma colonne vertébrale a laissé mes soigneurs plus qu'étonnés. J'ignore moi-même ce qui à pu se passer, ma mémoire est comme emplie de brume. Fiora m'a promit de tout me raconter lorsqu'elle viendrait aujourd'hui mais je ne suis pas sur d'aimer ce qu'elle va me dire.

Quant on parle du loup...

La porte s'ouvre de nouveau et la Sublime Bretteuse entre d'un pas souple et assuré... Trop assuré... Qu'est ce qui se passe ?

Je remarque qu'elle ne porte pas sa tenue habituelle de duel mais une beaucoup plus formelle et stricte. Elle ne semble pas vraiment à l'aise et je m'arrête très vite de regarder ses habits. Nos regards se croisent et nous restons à nous fixer pendants plusieurs secondes. Jusqu'à que Fiora rompe le silence.

« Qu'est ce que tu regardes comme ça ? »

« Euh... Rien... Je pense que ça te va bien... »

Je me maudit moi-même à l'instant où cette phrase sort de ma bouche. A trop vouloir éviter le sujet je fonce dedans. L'expression de Fiora me dit que je viens de percuter un mur.

« Une importante affaire m'appelle juste après. » Répondit-elle d'un ton peu avenant.

Je ne sais vraiment pas comment reprendre la conversation et je regarde dans tous les sens sauf dans sa direction. Au bout d'un moment elle finit par en avoir marre et m'invective sans ménagement.

« Si tu veux regarder le paysage c'est de l'autre coté. »

« Non. Non. Je ne suis pas... » Je réponds mal assuré.

« Pas quoi ? Répliqua-t-elle en me coupant la parole. Pas à l'aise ? Moi non plus ! Pas sur de comment poser la question qui fâche ? Moi aussi figure toi ! »

En la voyant s'énerver sur moi je ne peux m'empêcher de penser que je dois être ridicule à agir comme je le fais. Mon malaise s'évanouit vite et à la place un rire nerveux incontrôlable me fait trembler comme une feuille. Fiora prend un air indigné.

« Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle ! Cesse donc de rire ! »

« Désolé Fiora. J'arrive à peine à contrôler mon fou rire. C'est juste que quand je me souviens de comment tu étais infecte avec moi avant, comparé à maintenant... »

« Et tu te permets de m'insulter en plus ! »

Elle est tellement outrée que je la vois faire un geste très rapide vers sa taille. Sa main se referme alors sur du vide et ses yeux s'écarquillent de surprise. L'espace d'un instant je crois avoir en face de moi une jeune fille nue devant public. L'absence d'une arme à sa ceinture la perturbe plus que tout. Mon fou rire redouble d'intensité. Je prends alors un coup dans l'estomac qui me coupe le souffle.

Je m'écroule à quatre pattes. Je tousse à plusieurs reprises pour reprendre mon souffle. En levant la tête je remarque que Fiora arbore son petit sourire victorieux et narquois... Elle a encore eu le dernier mot. Je souris à mon tour. Je l'ai cherché quelque part.

J'avais presque oublié la tranquillité apaisante de ce genre de moment d'insouciance. Avec une sérénité retrouvée, je me redresse et je prends appui sur un de mes genoux. Fiora me tends alors la main avec un visage sévère. Je la saisis et elle me remet debout sans ménagement.

« Peu s'en sont sorti aussi bien. » Conclue -t-elle.

Nous échangeons un autre sourire, plus complice. Jamais je n'aurais pensé tisser un lien de confiance d'une telle force avec quelqu'un de si différent de moi, surtout aussi vite. Un court silence s'ensuivit avant que vienne enfin le moment des fatidiques des explications.

Une heure plus tard Fiora quitta la pièce, soulagée d'un fardeau. Quand à moi je suis encore plus perdu qu'avant. Je fixe l'horizon, le regard vide en repensant tout ce qu'elle vient de m'expliquer.

Épuisée et à court de solutions face à Vayne elle a récupérée la lame gravée qui m'a transformé en cet espèce de monstre et me la plantée dans le cœur. Le flash de lumière a rendu la chasseuse nocturne aveugle tout comme Fiora mais ce coup-ci je n'étais pas en mesure de soigner qui que ce soit. Même si je ne pense pas que cet autre ''moi'' aurait été à ce point ''compatissant''.

Je me demande bien à quoi rime toute cette histoire... Le rituel dont j'ai servi de cobaye nécessite-t-il un invocateur ? Où alors... Est-ce spécifique à moi ? Un frisson me parcourt des pieds à la tête. Je chasse cet idée de mon esprit. Rien ne m'indique que c'est le cas. Je vais attendre les résultats de l'enquête avant de tirer des conclusions hâtives. Je regarde sur la table, unique meuble de la pièce excepté le lit, la lettre de l'Institut de la Guerre qui me demande revenir au plus vite des que mon état le permettra.

Je vais attendre encore. Les derniers événements sont encore trop fraîs dans ma mémoire. Je veux déjà tirer cette affaire au clair... Et puis je dois encore aller voir Lux. Je ne sais pas trop comment m'y prendre mais je dois le faire. Pour moi. Et surtout pour elle. Je pousse un soupir. De ma fenêtre je peux voir la demeure des Spiritmight en train d'être rasée.

Lorsque le soir tombe je me suis allongé dans mon lit complètement habillé. La lumière du crépuscule colore ma chambre d'un agréable couleur orangée. Je me pose tellement de questions que je n'ai pas le temps de me pencher sur la première qu'une autre l'a déjà remplacée. En fait pour être totalement honnête je dirais que je laisse mes pensées vagabonder plutôt que d'être vraiment en train de réfléchir.

On frappe à ma porte. C'est étrange. Les guérisseuses ne frappent pas avant d'entrer et je n'attends pas de visite. Je me redresse et signale que mon invité inattendu peut entrer. La porte s'ouvre doucement et un homme en costume noir impeccablement mit en pli entra. Son visage ne m'est pas inconnu mais je n'arrive à me souvenir où j'ai bien pu le voir.

« Bonjour à vous Invocateur Alarion. J'espère ne pas vous déranger. » Demanda-t-il très poliment en s'inclinant.

Je me souviens maintenant grâce à sa voix.

« Pas le moins du monde. Vous êtes Esador, l'intendant de la famille Spiritmight, n'est ce pas ? »

« C'est exact Monsieur. Il s'incline de nouveau. Je vous apporte un message de mon maître, le seigneur Spiritmight. »

Je suis très surpris et j'ai du mal à le cacher. Pourquoi un des grand nom de la haute noblesse demacienne enverrait son propre intendant pour délivrer un simple message ?

« Je vous écoute. » Je réponds simplement.

« Il vous souhaite un bon rétablissement et désire vous remercier en personne pour votre ardeur à défendre sa maisonnée. L'intendant marque une pause avant de reprendre. Il vous fera parvenir les détails de cette nouvelle entrevue des qu'il sera libéré de l'audience de Mme Laurent. »

La dernière phrase me fait tilter.

« Attendez... L'audience de Mme Laurent ? Vous parlez de Fiora ? »

« Oui monsieur. » Il semble vraiment surpris de ma réaction.

« Pour quelle raison est-elle convoquée ? Ce n'est pas pour ce qu'il s'est passé il y a 10 jours j'espère ? » Je parle d'une manière empressée qui cache mal une certaine panique.

« Non monsieur, rassurez-vous. »

« Pour quelle raison alors ? » J'en deviens presque agressif.

« Mme Laurent a demandée une réunion au sommet entre toutes les maisonnées de la haute noblesse de notre nation pour récupérer le propre titre de sa maisonnée. »

« Oh... Ce n'est que ça. Je pousse un soupir de soulagement. J'espère qu'ils accepteront. Elle l'a méritée. »

Esador eu du mal a cacher sa gène. Le voyant mal à l'aise je me demande ce qui se passe.

« Qu'est ce qu'il y a ? »

Il semble hésitant mais finit par me donner plus de détails.

Quelques minutes plus tard je quitte le dispensaire en trombe pour me diriger vers le Hall des Affaires. Le bâtiment qui sert de tribunal et de lieu de réunion des hauts dignitaires demaciens. Je comprends mieux la raison du choix de Fiora pour sa tenue. Pourtant on m'a toujours dit et elle me l'a confirmée que l'étiquette la dépasse. Est-ce que c'est moi qui l'aurait influencé de la même manière qu'elle m'a transmit un peu de son assurance ?

J'arrive devant le bâtiment à colonnes de marbre blanches, qui ressemble à un temple, en nage et à bout de souffle. Je m'arrête quelques minutes pour reprendre mon souffle et baisser en température. Heureusement la nuit qui tombe me facilite la tâche.

Je me dirige vers l'entrée et les deux gardes en factions s'approche de moi pour probablement me dire de faire demi-tour. Ils se figent sur place puis me saluent lorsqu'ils voient mon visage. J'ai oublié que les Professeurs Honorifiques ont tout droit de passage à cet endroit. Voilà qui m'arrange encore davantage.

En entrant je demande où se trouve la salle occupée par la noblesse pour leurs affaires privées. Je met pas mal de temps à la trouver tant les couloirs se ressemblent quand la, effectivement, très ostensible porte en chêne sombre d'une hauteur de près de quatre mètres gardés par trois hommes, dont au moins un officier, se détache du reste. Je m'avance vers eux.

Pendant ce temps dans la salle organisée en hémicycle où s'étale six grand autels, un pour chaque maison noble de Demacia, taillés dans le marbre. Au centre se trouve Fiora sur une estrade d'ébène. Cette réunion rendue caduc par l'absence de trois des cinq membres actuels, seuls Acturus Crownguard et Arthur Sipirtmight sont là, énerve au plus haut point la duelliste qui à l'impression de perdre son temps.

« Par conséquent nous ne pouvons accepter votre requête, Mme Laurent. » Déclara le chef de la famille Spiritmight.

« Je ne comprends pas votre décision. Répliqua Fiora. Vous avez des preuves que j'ai lavé le nom de ma famille. »

« Votre duel avec votre père a effectivement rendu l'honneur que votre famille avait perdu mais rien ne nous prouve que vous êtes différente de lui. » Objecta Arthur Spiritmight.

« Avec tout le respect que je vous dois, vous avez des témoignages Seigneur Spiritmight. »

Fiora garde en bouche une sensation huileuse très désagréable de toutes ces flagorneries qu'est elle obligée d'utiliser pour ne serait-ce que pour garder l'attention de son auditoire.

« Certes. Concéda Acturus Crownguard. Mais malheureusement ce ne sont pour la plupart que des ouï-dires. Cela ne suffit pas, je le crains. »

Fiora voulu intervenir mais elle n'eut pas le temps. Arthur Spiritmight reprit la parole d'un ton ferme qui se veut être la fin du débat.

« Tant que vous n'aurez pas une personne importante et digne de confiance prête à témoigner en votre faveur vos demandes resteront lettres mortes. »

La Sublime Bretteuse crispa les poings de rage. Combien de fois faudra-t-elle qu'elle prouve son engagement avant de pouvoir être reconnue comme digne de regagner sa place, sa maisonnée et elle, comme membres à part entière de la haute noblesse demacienne.

Lorsque la porte s'ouvrit tout le monde se figea. Un jeune homme aux cheveux bruns et aux yeux verts entre d'un pas calme et contrôlé comme s'il répète une pièce de théâtre.

« Alarion... ? » Demanda Fiora qui fut très surprise de le voir.

« Bonjour Seigneur Spiritmight, seigneur Crownguard. Je m'incline poliment devant eux, chacun à leur tour. Désolé de faire irruption ainsi. »

A peine décontenancé, le patriarche Spiritmight salua l'invocateur avec courtoisie.

« Bonjour à vous, Invocateur Alarion. Je suis content de constater que vous vous êtes rétabli. »

Artcurus Crownguard me salua lui aussi. Fiora, elle, me fixe d'une manière relativement bête. Si c'est ça la figure que je faisais quand elle venue me voir au dispensaire je comprends qu'elle m'aie mit un coup par la suite.

« Êtes-vous parti avant que mon intendant ne vous délivre mon message Invocateur ? »

« Non, seigneur. Je réponds poliment. Votre message m'a bien été transmit. Je vous remercie par ailleurs pour votre sollicitude. »

« Quelle est alors la raison de votre visite Invocateur ? » Demanda alors Arcturus Crownguard, curieux.

Je m'attendais à cette question... Mais ça ne m'aide pas beaucoup à gérer mon stress. Ne sachant pas comment tourner ma phrase d'une manière douce et soutenue. Je décide donc d'être honnête et franc.

« Je suis venu appuyer Fiora dans sa demande de réintégration au statut de membre de la haute noblesse demacienne. »

J'ai réussi à ne pas bafouiller et à être suffisamment assuré. C'est maintenant que les choses compliquées vont probablement commencer.

En effet un long silence de surprise envahit la pièce avant que Arcturus Crownguard ne reprenne la parole.

« Vous souhaitez donc témoigner en faveur de Fiora ? » Demanda-t-il pour clarifier le plus possible la situation.

« Oui Seigneur Crownguard. J'avale ma salive d'angoisse. Le seigneur Spiritmight a déclaré que si ''une personne importante et digne de confiance'' témoigne en sa faveur cela permettrait à sa demande d'être examinée avec attention. »

Un autre silence avant que cette fois ce ne soit Arthur Spiritmight qui réponde.

« Ne croyez pas que je dénigre vos actions, Invocateur. Vous nous avez prouvé il y a peu que vous êtes digne de votre rang mais nous ne pouvons recevoir votre témoignage. »

Je ne m'attendais pas à une telle réponse et je reste coi. Ce n'est pas le cas de Fiora qui s'emporte ausitôt.

« C'est ridicule ! Si vous balayez d'un revers de main l'avis d'un Invocateur de l'Institut de la Guerre ce n'est plus une audience, c'est une mauvaise farce ! »

« N'oubliez pas où vous êtes Mme Laurent. Déclara sévèrement Arcturus. Nous ne pouvons pas accepter le témoignage de votre bienfaiteur puisqu'il n'est pas possible de savoir s'il témoigne en temps que ''Alarion'' ou comme membre de l'Institut de la Guerre soucieux de préserver l'un de ses champions. »

Je devine à l'expression de Fiora qu'elle se retient de toutes ses forces de ne pas les insulter copieusement... Quant à moi j'avoue être complètement pris au dépourvu... Je pensais que mon titre suffirait à faire pencher la balance... Tout ruiné par une simple pirouette... Je sens un amer arrière goût au fond de ma gorge. Il y a des fois où je me demande si ma naïveté à des limites. J'ouvre la bouche pour relancer le débat. J'ignore ce que je vais dire mais il ne faut pas rester sur la défensive. Je n'ai pas le temps de dire un mot qu'une voix de femme rompt le silence.

« Je souhaite appuyer à mon tour la demande de Mme Laurent. »

Je me retourne instantanément mais je ne suis pas aussi rapide que Fiora qui est déjà retournée. C'est à mon tour d'afficher une expression de surprise béate. La personne qui vient d'arriver à notre rescousse n'est autre que... Lestara Buvelle.

« Je vous demande pardon... ? » Arthur Spiritmight est si troublé qu'il en oublie ses formules de politesses.

« Je souhaite témoigner en faveur de Mme Laurent en tant que chef de la maison Buvelle, membre de la haute noblesse demacienne. » Répéta-t-elle lentement, sans forcer le ton et le plus naturellement du monde.

Tout le monde reste silencieux. Je ne suis pas doué pour le théâtre mais je dois avouer que son entrée et son discours me laisse subjugué. Fiora et moi reconnaissons une maîtresse en matière de prose. Je souris un peu stupidement à cause de mon soulagement. On dirait que ma chance ne m'a pas encore abandonnée.

« Je suis étonné d'une telle prise de position, Lestara. » Répondit Arcturus.

« Il n'y a pas de raison Arcturus. Vous connaissez mon opinion sur cette question et si l'invocateur Alarion souhaite aussi appuyer cette demande il n'y a pas de place pour l'hésitation de ma part. »

« Je pense que votre décision est précipitée Lestara. Affirma Arthur Spiritmight. Réunissons-nous et prenons le temps de réfléchir. »

La température vient de chuter dans la pièce. Le patriache Spiritmight n'a pas haussé la voix mais son ton est devenu tellement glacial que j'en ai des frissons. Son discours envers Fiora à la réception est toujours dans ma mémoire mais je ne pensais pas que s'en était à ce point là... Je sur peut-être un peu paranoïaque mais j'ai l'impression que cette demande à des allures de menace.

« Ma décision est mûrement réfléchie Arthur. Répondit Lestara fermement. Je ne changerais pas d'avis. »

Je le vois, les yeux brillants de fureur, se préparant à avancer un autre argument contre nous. Mais cette fois c'est n'est pas nous qui lui coupons l'herbe sous le pied.

« Il n'y a nulle raison de tergiverser Arthur. Objecta Arcturus Spiritmight. Nous avons tous les éléments nécessaire pour accepter le retour de la maison Laurent à nos cotés. »

Les deux hommes se regardèrent dans les yeux mais notre détracteur finit par se résigner et prononça alors le verdict :

« Au vu des éléments apportés et devant le soutien apporté par l'invocateur Alarion ainsi que part la maîtresse de la maison Buvelle, Lestara Buvelle, nous déclarons, la maison Laurent et par conséquent sa maîtresse, Fiora Laurent, à nouveau membre de cette assemblée. »

Son ton est terriblement amère. On sent sans équivoque que tous les mots qu'ils vient de prononcer lui ont coûtés.

Arthur Sipitmight descendit de son piédestal et nous salua austèrement avant de prendre congé. Arcturus Crownguard fut plus avenant mais partit lui aussi relativement vite à la poursuite de son homologue, nous laissant seuls tous les trois. Je vois Fiora se retourner et fixer le fond de la pièce. Je veux aller lui parler mais je sens la main de Lestara Buvelle qui se pose sur mon épaule. Je me retourne et elle m'intime le silence d'un geste avant de m'attirer dehors. Nous refermons la porte derrière nous.

Je sens une grande fatigue m'envahir mais je me sens bien. Je suis un peu frustré de ne pas avoir pu obtenir cette victoire tout seul mais j'imagine que l'on ne peut pas tout avoir. L'intervention de Lestara Buvelle était totalement imprévue. Sans elle ça n'aura jamais pu fonctionner. Voilà deux fois qu'elle vient à mon secours.

« Je vous remercie pour tout Mme Buvelle.»

« Je vous en prie Invocateur. Répondit-elle. Vous m'avez sauvée la vie, à moi et à beaucoup d'autres l'autre soir. Ce n'est qu'un juste retour des choses. Elle sourie. De plus je souhaitait depuis longtemps aider Mme Laurent. Votre contribution a permit de faire pencher la balance en sa faveur. »

« Vous m'attribuez trop de mérite Mme Buvelle ! » Je réplique mal à l'aise.

Elle laisse échapper un petit rire amusé qui détend l'atmosphère. Décidément je voudrais pouvoir un jour avoir ce genre de charisme qui subrepticement, sans être oppressant, donne l'impression d'être toujours juste assez en retrait pour pouvoir évaluer une situation et permettre de voir toutes les solutions possibles.

« Vous avez joué un plus grand rôle que vous ne voulez l'admettre Invocateur. Je n'ai pas le temps de dire quelque chose qu'elle reprend la parole. La modestie est une vertu mais il ne faut pas vous rabaisser à ce point. »

Je ne sais pas quoi répondre à cette remarque. Voyant mon malaise elle change de sujet.

« Je souhaite vous demander un service Invocateur. Elle saisit une lettre, cachetée à la cire, placée dans son dos et me la tend. Pourriez-vous remettre cela à ma fille Sona quand vous retournez à l'Institut de la Guerre ? »

« Bien sur Mme Buvelle ! Je n'y manqu... »

Mon attention est soudainement accaparée par un détail singulier alors que je saisis la lettre dans sa main. L'avant bras droit de Lestara Buvelle est constellé de cicatrices anciennes. Comme si elle avait été lacérée plusieurs fois par des lames ou qu'un pluie de verre brisé s'était abattu sur elle. En voyant mon regard fixé sur cette partie de son corps elle tira sa robe dans geste élégant.

« Mme Buvelle, qu'est ce que... »

« Vous avez le béguin pour Luxanna Invocateur ? » Coupa Lestara Buvelle.

Totalement prit par surprise je sens mes joues s'empourprer et je cafouille une réponse vaguement cohérente.

« Quoi ? C'est que... Oui... Non... Enfin... Je veux dire... Comment vous le savez !? »

« Nous avons tous nos petits secrets Invocateur. Elle eu un petit rire plus moqueur qu'amusé. Et vous venez de me demander quelque chose de très personnel. »

Réalisant la raison de la question de la matriarche Buvelle. Je deviens encore plus rouge qu'avant. Cette fois d'embarras. Ma question était vraiment déplacée. Je m'excuse platement.

« Veuillez m'excuser Mme Buvelle. Je m'incline. Je ne voulais pas être indiscret. »

« Je le sais. Elle se mit à frotter son avant-bras droit semblant être prise d'un soudain malaise. Si vous voulez tant le savoir... Disons que c'est une punition pour avoir voulue tromper ma fille. Devant mon incompréhension elle ajouta. Demandez à Sona si vous voulez plus de détails Invocateur. C'est elle qui reçue la blessure la plus profonde ce jour là. C'est donc à elle de décider si elle désire vous en raconter davantage. »

Je quitte le Hall des Affaires quelques minutes plus tard. La nuit est déjà tombée et les foyers éclairent les rues où un grand nombres de patrouilles circulent depuis plusieurs jours. Je regarde les étoiles fixement pendant plusieurs secondes, l'esprit vide. Ma tête est encore trop remplie de ce qui vient de se passer et je vais avoir besoin de temps pour faire le tri. Penser aux conséquences.

Quand je ressort de ma rêverie je me hâte de me diriger vers ma dernière destination. Probablement la plus importante... Lux.

Il ne me faut pas longtemps pour m'y rendre. Les Crownguard sont l'une des familles les plus célèbres de Demacia pour plusieurs raisons : leur dévouement sans failles au Roi et au royaume, leur loyauté absolument inébranlable et ils sont souvent cités comme exemple pour l'éducation des recrues. Des parangons de l'éthique demacienne dans leurs formes la plus pure.

Mais pour l'instant la seule chose qui occupe mes pensées est le dernier souvenir que je porte de Lux. Celui d'une fille en larmes, accablée et dégoûtée. J'ignore encore pourquoi mais je me dois de le découvrir. J'ai peur à cause de ce que je pourrais faire ou ne pas faire devant elle. Je saisis mon courage à deux main et je m'élance à l'assaut des marches quand je suis interrompu par une voix familière.

« Vous voilà enfin Alarion. »

Je regarde dans la direction d'une artère principale et je vois apparaître un homme vêtu d'une tenue d'invocateur, le capuchon sur le dos. Son visage est émacié, ses cheveux et ses sourcils ont blanchi avec l'âge. Sa stature n'a rien d'imposante mais il avance avec assurance. Je le reconnais immédiatement. Jamais je n'aurais pu oublier l'un de mes instructeur : l'Invocateur Senior Ezekiel Montrose.

« Professeur Montrose !? » Je demande très surpris.

« Il semblerait que vous vous soyez remit de votre mésaventure. Annonça-t-il en observant ma tenue. Pourquoi n'êtes vous pas déjà en route vers L'Institut de la Guerre ? »

J'ai toujours beaucoup aimé le professeur Montrose. C'est quelqu'un de très compétent et de très instruit. Il est cependant aussi intransigeant envers les manquements au devoir que peut l'être Panthéon envers un adversaire durant un combat. Pourtant il ne me met quasiment jamais mal à l'aise en sa présence.

« J'avais des affaires personnelles à régler en priorité professeur. »

« Elle vont devoir attendre Alarion. Cette convocation est de la plus haute importance. » Répliqua-t-il avec sévérité.

« Je dois vraiment rendre visite a... »

« Certainement pas ! Son ton vient de monter d'un rang. Vous allez me suivre immédiatement. »

Je me prépare à protester mais le regard que me jette Montrose me coupe la voix. Je me résigne. Il ne changera pas d'avis. De plus si l'Institut a envoyé un invocateur senior me chercher c'est que la situation doit vraiment être grave. Je regarde l'entrée de la demeure. Je veux vraiment y aller. Je ne suis qu'à quelques pas.

« Alarion ! »

Je m'incline et je me dirige vers lui. Mes devoirs m'appellent.

Désolé Lux, je suis sur que tu comprends.

Pendant ce temps, sur un balcon du deuxième étage, camouflée par l'obscurité, une jeune fille blonde avait tout entendu de la conversation entre les deux invocateurs. Alors qu'elle les voit s'éloigner, la lumière de la lune vient éclairer, l'espace d'un instant, son visage...

Des larmes roulent sur ses joues...


FIN ! (De la première partie :D )

Il va avoir un où deux chapitres de transition avant le prochain acte, vous êtes prévenu :)

A la prochaine !