Chapitre 10 : Révélations en tout genre
Sora s'installa sur sa chaise avec impatience, curieux de ce qu'allait annoncer Xehanort. Celui-ci observa attentivement les deux adolescents, réfléchissant à la manière dont il pouvait amener toutes les informations qu'ils détenaient, et surtout pour qu'elles soient les plus claires et les plus compréhensibles possibles. Au bout d'un court moment, il se lança.
- Vous savez qu'Aleya est malade, n'est-ce pas ?
- En effet, confirma Sora.
- Et que savez-vous de cette maladie ?
Riku et son meilleur ami échangèrent quelques mots pour essayer de se souvenir de ce qu'ils savaient à ce sujet. Mais visiblement, ils ignoraient tout de ce mal. Xehanort soupira, sentant l'obligation d'explications longues et futiles, incluant donc une perte de temps. Mais il devait passer par là… Il joignit ses mains à hauteur du visage et posa son menton sur ses doigts avant de poursuivre.
- Cette maladie se nomme « Irim ». De ce que je sais, aucun remède n'existe et elle se transmet essentiellement de façon génétique. Cependant, elle peut également frapper plus aléatoirement. Le premier symptôme de cette maladie est un infarctus du myocarde dont le sujet ressort généralement vivant, même sans assistance médicale. Mais le Irim, via cet infarctus, « brise » en quelque sorte le cœur.
- Le cœur est… brisé ? répéta Sora avec étonnement.
- C'est cela. On peut considérer qu'il est fracturé en deux. Ceci a pour effet d'attiser la part de Ténèbres chez le malade, qui peut alors s'en servir s'il le désire. Toutefois, à chaque utilisation, les Ténèbres ravivent la brisure, créant une douleur souvent atroce… Vous en avez eu un exemple tout à l'heure.
Les deux adolescents comprirent alors ce que voulait dire Aleya quand elle affirmait avoir souffert plus qu'eux. Bien que d'une certaine façon, ils pensaient être à peu près au même niveau, les deux amis reconnaissaient que ce que devait ressentir la rouquine n'était absolument pas une expérience que l'on souhaite réitérer. À la limite, il était même peut-être préférable qu'ils revivent leurs aventures et les douleurs liées plutôt que de connaître à de nombreuse reprises ce qu'endurait la jeune femme à chaque fois qu'elle devait se défendre de la même manière que contre Kerl et Christelra.
Cette histoire donnait beaucoup à réfléchir, nécessitant d'émettre des hypothèses tout en tentant de relier entre eux les différents évènements qui s'étaient produits jusque là pour comprendre toute l'étendue de l'affaire dans laquelle ils étaient embarqués. Ceci mit à mal le crâne du Possesseur de Chaîne Royale, qui voyait de plus en plus d'ennuis se profiler devant lui, aussi Sora demanda à Xehanort s'il pouvait prendre une aspirine. Le métis acquiesça, et tandis qu'il s'absenta un instant pour chercher la boîte de médicaments à l'étage, l'Élu de la Lumière alla préparer un verre d'eau. Il vit le regard désapprobateur de Riku, qui se méfiait comme la peste du frère d'Aleya. Mais Sora choisit de l'ignorer. Lui aussi s'en méfiait, mais il pressentait qu'il aurait besoin de lui faire confiance tôt ou tard s'ils désiraient que tout ça se résolve au mieux.
Après réflexions, le jeune maître de la Keyblade prit un second verre pour son meilleur ami, au cas où… mais aussi avec un brin de moquerie pour titiller l'ego de Riku, qui préféra ne faire aucune commentaire. Xehanort revint, la boîte sauveuse en main, et il attendit patiemment que les garçons soient prêts. Sora laissa tomber un cachet dans chaque verre, et à peine le médicament entra-t-il en contact avec la surface que des bulles d'effervescence troublèrent l'eau jusqu'à ce qu'elle devienne de plus en plus opaque. Ce fut Riku qui posa une question pour relancer la conversation.
- Ceux atteints par cette maladie ne prennent-ils pas le risque de perdre leur cœur, et ainsi devenir un Sans-cœur ?
- D'après ce que m'a dit Aleya, non. Mais j'ignore pourquoi. Et soit ma sœur ne désire pas me le dire, soit elle-même ne le sait pas.
- Hmm…
- Quel est le rapport avec l'état actuel d'Aleya ? s'enquit Sora.
- Il faut que vous sachiez qu'en général, les malades se sont résignés à leur mal. Mais il existe un groupe qui refuse ce fatalisme.
- La bande de Kerl ? supposa le jeune châtain.
- Exactement. Si j'ai bien compris les propos d'Aleya, ils se sont abandonnés entièrement aux Ténèbres afin d'espérer trouver un remède en dépit de l'impossibilité de la tâche. Et pour cela, ils auraient besoin de ma sœur.
- Pourquoi ne va-t-elle pas les rejoindre si elle a une chance de guérir ? s'étonna Riku.
- Parce que cela entraînerait des complications, affirma le métis en poussant un soupir fatigué, comme lassé des incessantes questions auxquelles il était presque contraint de répondre. Notamment l'expansion du Irim, qui jusque là touchait uniquement un peuple en particulier : celui d'Aleya.
Sora but une gorgée d'eau troublée par le cachet effervescent. Toute cette histoire se compliquait de plus en plus, même avec les nouvelles réponses qu'apportait Xehanort. Et en jetant un coup d'œil à son meilleur ami, il sut que ce dernier pensait comme lui vu l'air à la fois sérieux et ennuyé qu'il affichait. Mais en fait, le jeune argenté réfléchissait surtout au lien entre les termes qu'il avait pu entendre en espionnant un peu la conversation tenue entre le frère et la sœur. Il avait eu la définition du Irim, et avait deviné que « maladie des ténèbres » était un synonyme. Mais qu'en était-il du dernier terme, « Irimshtar » ? Il était évident que cela avait un lien avec la maladie. Seulement, plusieurs interprétations étaient possibles, et Riku n'arrivait pas à déterminer laquelle était juste. Mais soudain, une question relativement importante s'imposa dans l'esprit du jeune argenté. Si le Irim permettait d'utiliser les Ténèbres, il était probable que cela arrange certaines personnes pour recouvrir leurs pouvoirs…
- Si cette maladie est génétique, peux-tu l'avoir ? demanda Riku à Xehanort, presque accusateur.
- Non, répondit le métis en secouant négligemment la tête de droite à gauche. Dans l'état actuel des choses, il est impossible que je sois un jour infecté.
- Pourquoi ?
- Aleya et moi n'avons aucun lien de sang. Elle est ma sœur suite à son adoption par mes parents.
Les mâchoires des garçons s'affaissèrent de quelques centimètres suite à cette révélation, ainsi que leurs yeux qui s'arrondirent comme des soucoupes, arrachant une mimique amusée à Xehanort. Sora vida son verre d'une traite. Riku demanda le sien et imita son ami, tous deux abasourdis
- Est-ce si surprenant que ça ? interrogea le métis, un peu surpris tout de même de leur réaction.
- Ben… faut avouer que… bafouilla Sora en reposant son verre sur la table.
- Pourtant, il n'y a aucune ressemblance entre elle et moi.
- C'est vrai…
Effectivement, en comparant Aleya et son « frère », ils n'avaient aucun point commun en dehors de leur affection réciproque. Mais tout de même, de là à penser qu'Aleya était adoptée… Riku demanda si la rouquine était au courant, et Xehanort affirma que oui, ses origines inconnues ne lui ayant jamais été cachées. Mais il refusa d'évoquer les conditions ainsi que les évènements précédant l'adoption. Toutefois, il restait une interrogation crucial qui restait encore sans réponse : que s'était-il passé pour qu'Aleya soit dans un tel état ? Sora posa cette question, et le métis hésita à répondre.
- Elle m'a dit que le chef du groupe, un certain Samaël, est venu la voir. Il lui a fait une proposition pour l'encourager à le rejoindre…
- Qui est ? insista Riku.
- Vous n'êtes pas sans savoir que ma sœur a vécu un temps au sein de l'Organisation XIII. Mais vous ignorez sans doute qu'elle s'est fortement attachée aux membres. Samaël le sait parfaitement. Il lui a donc proposé de ramener à la vie un Simili de son choix.
- Quoi ?!! s'exclamèrent les garçons, presque indignés.
Ils n'en croyaient pas leurs oreilles. Déjà que le retour de Xehanort n'était pas une bonne nouvelle, si en plus un Simili du Treizième Ordre était également relâché dans la nature, là il ne leur restait plus qu'à prier ! Bon, ils n'auraient sans doute aucun mal à le trucider une bonne fois pour toute (du moins le souhaitaient-ils), mais les morts ne pouvaient pas le rester ?! Le métis tenta de les apaiser en leur annonçant qu'Aleya n'avait encore rien dit concernant sa réponse, d'autant qu'elle avait quelques jours devant elle, mais cela ne fit qu'accentuer la méfiance et l'inquiétude des guerriers de la Keyblade.
Cependant, ils ne purent qu'oublier un instant ce soucis en entendant un cri de pure terreur venir de l'étage. Xehanort reconnut la voix de sa sœur et se précipita dans l'escalier, les garçons sur les talons. Il ouvrit la porte de la chambre à la volée pour voir qu'Aleya se tenait debout sur son lit, collée contre le mur, regardant fixement quelque chose sur le sol. Elle jeta à son frère un regard affolé, mais empreint de la lueur d'espoir du naufragé qui voit arriver les secours.
- Xehny ! Aide-moi s'il te plait ! Tue-la !
Elle désigna alors une petite araignée avec de longues et fines pattes qui se dirigeait tranquillement vers le bureau au fond de la pièce, inconsciente de la frayeur qu'elle causait. Xehanort poussa un soupir mi-soulagé mi-désespéré. Soulagé que ce ne soit que « ça », désespéré de constater que « ça » ne s'était pas arrangé avec le temps. Il signala à Sora et Riku, qui retenaient avec peine leur rire empreint d'étonnement, qu'Aleya était arachnophobe depuis sa naissance avant de se pencher sur l'aranéide, toute de noir velue, mettant sa main devant elle.
- Qu'est-ce que tu fais ? s'inquiéta la rouquine. Tu ne l'écrase pas ?
- Si je faisais cela, tu te retrouverais avec une trace de cette araignée écrasée dans ta chambre. Est-ce vraiment ce que tu désires ?
Aleya réfléchit un instant, les yeux fixés sur son frère, puis frémit d'horreur. La bestiole source des cauchemars de la jeune femme finit par monter sur les doigts basanés. Une fois sûr qu'elle ne tomberait pas, Xehanort s'approcha de la fenêtre (forçant Aleya à se décaler, se tenant juste à côté de l'ouverture) pour y jeter l'innocente importune qui fit son premier et dernier baptême de l'air. Sauvée d'une mort certaine, la rouquine se jeta dans les bras de son frère pour s'assurer que tout était bien fini. Xehanort dut supporter entièrement le poids soudain de sa sœur qui ne semblait pas décidée à le lâcher, la jeune femme ayant passé ses jambes autour de la taille du métis et les bras derrière le cou de celui-ci.
- Merci frangin !
- De rien Aleya. Par contre, si tu pouvais éviter de m'étrangler…
La jeune femme desserra un peu son étreinte sous la surprise de la demande, mais comme s'en doutait Xehanort, elle raffermit sa prise et enfouit son visage dans le cou de son frère qui, vaincu, se mit à lui caresser tendrement le dos pour la rassurer, non sans avoir lâché un soupir las et résigné. Sora et Riku, momentanément occultés, assistaient sans un mot à cette scène qu'ils jugeaient pour le moins irréaliste quand on connaissait un peu le caractère et les méfaits de l'ancien assistant d'Ansem le Sage. Le métis tenta de faire lâcher prise à Aleya, mais celle-ci refusait obstinément, craignant qu'il n'y ait d'autres « créatures mutantes immondes et absolument cauchemardesques » comme elle disait dans sa chambre. Xehanort avait beau tenter de la convaincre de le laisser respirer en lui proposant de vérifier, mais que pour cela, elle devait le lâcher, la rouquine ne posa toujours pas pied à terre.
- Aleya, cesse tes enfantillages ! s'impatienta le frère. Tu sais très bien qu'il n'y a pas d'autres araignées dans cette pièce !
- Mais…
- Et puis de toute façon, ce n'est pas la petite bête qui va manger la grosse.
- Tu me traites de grosse ?! s'indigna la jeune femme.
- Ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire… mais si tu me lâches, alors oui !
Vexée, Aleya se laissa lourdement retomber sur le sol, quittant son perchoir qui put enfin respirer convenablement. Le frère et la sœur se chamaillèrent ainsi pendant quelques minutes, mais chacune de leurs paroles trahissait la complicité qui ne s'était jamais détériorée au fil des ans, et ce en dépit de leur séparation. De leurs côtés, Sora et Riku se tinrent coi. Où était la Aleya au bord du gouffre vingt minutes auparavant ? À moins qu'elle ne cache son humeur assombrie par un masque de jovialité… C'était l'explication la plus plausible. Même un caractère lunatique ne pouvait justifier un changement d'humeur aussi radical, surtout en ayant conscience de ce qui avait engendré la déprime de la jeune femme. De plus, Sora avait la certitude (provoquée par son lien avec Roxas ? Il l'ignorait) qu'Aleya n'était pas le genre de personne à se remettre si facilement d'une baisse de moral.
Un piétinement sourd coupa court aux chamailleries, et avant même qu'ils ne puissent faire un mouvement, Xehanort se retrouva douloureusement plaqué au sol par… une créature bleue ? Non, il n'y avait pas d'erreur. Pas plus grande qu'un bras, la créature était pourtant d'une force et surtout d'un poids suffisant pour empêcher quiconque de bouger, ses trois paires de pattes maintenant sa victime au sol, les yeux noirs plissés et les crocs à découvert en un signe de menace.
Aleya, surprise et effrayée, n'osait pas bouger, ne sachant que faire par crainte que cet étrange animal ne se mette à blesser son frère, chose qui lui serait aisée de faire en voyant les griffes qui ornaient ses mains. Elle ne se le pardonnerait pas si un mouvement de sa part entraînait une réaction offensive chez la créature bleue. Elle jeta un œil aux deux adolescents, espérant trouver une aide improbable de leur part. Car bien qu'ils paraissent relativement surpris, Sora et Riku ne semblaient aucunement inquiets.
- Stitch ? interpella le jeune châtain. Que fais-tu là ?
- C'est moi qui lui ai demandé de venir ! Sora, tout va bien ?
Cette voix si atypique ne pouvait appartenir qu'à une seule personne, qui apparut dans l'encadrement de la porte de la chambre. Le mage royal, vraisemblablement remonté à bloc, avait son sceptre magique en main, prêt à en découdre. Derrière lui, Dingo tenait son bouclier de manière défensive, se préparant à un combat.
- Arrêtez s'il vous plait ! Ne lui faites pas de mal ! fit Aleya, paniquée de voir les serviteurs du roi ainsi armés.
- On se calme ici ! tempéra Riku. Donald, Dingo, que faites-vous là ? Je croyais que vous deviez rester avec Lilo.
- Elle est à l'abri, chez elle, affirma le canard. Quand Stitch est venu nous dire que vous étiez restés là-bas alors que cet individu était dans les parages, ajouta-t-il en désignant vaguement Xehanort de son sceptre, on a foncé vous rejoindre ! Mais nous avons été retardés…
- Par quoi ? fit Sora, intrigué
- Le Comité de Restauration du Jardin Radieux nous a contacté, cependant nous ignorons encore le contenu exact du message.
Donald se tut, permettant à chacun de réfléchir à ce qu'ils allaient devoir faire. Empêcher le frère et la sœur de bouger pour éviter qu'ils ne s'échappent et ne nuisent, les surveiller de près et donc les emmener, ou bien diviser encore le groupe en deux, rendant les opérations plus longues mais surtout plus risquées ? Ils hésitaient. Aleya, elle, était totalement en dehors de ces réflexions, ne cessant de fixer son frère avec angoisse. Stitch le maintenait toujours au sol, et Xehanort avait compris que le moindre mouvement pourrait lui être fatal. Sur le coup, il avait bien tenté de se débattre pour se débarrasser de cette soudaine menace, mais il avait très vite compris où était son intérêt. Il trouvait cette position plus que déplaisante et humiliante, mais il n'avait guère le choix s'il voulait éviter que les crocs ou les griffes de cette étrange créature (Comment s'appelait-t-elle déjà ? Stitch ?) ne découpe sa chair.
La rouquine tenta alors le tout pour le tout dans l'espoir d'aider son frère. Apparemment, la créature bleue était capable de comprendre leur langue et pouvait même parler puisque Sora s'était adressé à elle. Alors il fallait essayer. N'étant pas violente par nature contrairement à ce qu'on pourrait croire, elle fit preuve d'une autre approche : la discussion.
- Stitch ? interpella-t-elle doucement sans parvenir à atténuer la crainte de sa voix.
L'animal détourna son attention du métis pour la concentrer sur la jeune femme, qui reçut également l'écoute de toutes les personnes présentes. Mais pour plus d'assurance, elle préféra l'oublier un instant. Elle vint s'accroupir afin d'être à la hauteur de Stitch, qui l'observait de ses grands yeux noirs avec curiosité, toute agressivité disparue par cette soudaine et tranquille intervention.
- S'il te plait, libère mon frère, supplia-t-elle. Contrairement à ce qu'on peut dire sur lui, il n'est pas si méchant.
- J'aurai tout entendu ! s'emporta Donald, tandis que Riku levait les yeux au plafond, narquois.
- Il a certes commis des erreurs, poursuivit Aleya sans tenir compte des paroles du mage, mais je suis certaine que si tu le relâche, il ne fera rien de mal. J'ignore ce que tu sais de lui, mais si tu lui laisses une chance, je le connais suffisamment pour savoir qu'il fera tout ce qui est possible pour éviter de causer du tord.
Les yeux gris d'Aleya trahissait son désespoir, se doutant que sa demande n'avait que peu de chance d'être acceptée. Mais elle avait voulu essayer, se prouver qu'elle n'était pas inutile à Xehanort comme elle avait si souvent eu l'impression de l'être. Il avait tant fait pour elle qu'elle voulait lui montrer qu'elle méritait toutes ces attentions. Stitch, déconcerté, se tourna vers le groupe d'amis pour savoir ce qu'il devait faire. Mais ils ne l'aidèrent en rien. Donald et Riku faisait un non ferme de la tête, tandis que Dingo et Sora optait plutôt vers un oui. Mais le choix fut rapidement pris. Sora étant celui avec qui il était le plus lié, il se plia à son avis et s'écarta donc de l'homme métissé.
À peine s'était-il décalé qu'Aleya se précipita pour aider Xehanort à se relever, ce dernier remerciant sa sœur grâce à un murmure et une furtive bise sur ses tempes, sachant que cela la rassurerai.
- Bien, et que fait-on maintenant ? demanda Riku.
Sa question amena un nouveau blanc, personne ne s'étant toujours pas décidé quant à l'attitude à adopter. Peu désireux de laisser tout cela traîner en longueur, ce fut Xehanort qui trancha.
- Je me doute que ma parole n'a que peu de valeur à vos yeux, mais vous pouvez y aller. Nous ne bougerons pas d'ici.
- Ben voyons ! s'exclama Donald.
- C'est la vérité. Je n'ai pas accepté votre aide pour ensuite me défiler, ajouta le métis en se tournant vers les deux guerriers de la Keyblade.
- Comment ça ? s'étonna Aleya. Une aide pour quoi ?
- Leur soutien permettra de mettre fin aux agissements de ce Samaël et de son groupe. Ils t'ont assez fait souffrir.
- Peut-être, mais je ne veux pas que Sora et Riku se mêlent de cette affaire ! Ça pourrait être dangereux, et je m'en voudrais s'il leur arrivait quelque chose par ma faute !
- Ils sont en mesure de se défendre, et crois-moi, ils peuvent aisément battre ces malades !
Le ton qu'employa Xehanort n'admettait aucune réplique. Seulement, la rouquine voulait avoir le dernier mot dans cette histoire. Elle était consciente que le concours des deux adolescents lui serait très profitable, mais la crainte d'être responsable de nouveaux ennuis l'emportait sur le bon sens. Et tandis que le frère tentait de raisonner la jeune femme, Sora et Riku racontèrent rapidement ce qu'ils avaient appris aux serviteurs du roi, mentionnant également le fait qu'ils avaient affirmé qu'ils apporteraient leur appui. Cela ne manqua pas de choquer Donald, mais les arguments de ses amis finirent par le convaincre du bienfait de la chose. Stitch, lui, assistait à tout cela sans mot dire, sachant qu'il n'avait sa place dans cette discussion.
Finalement, Xehanort parvint à faire fléchir sa sœur, qui accepta le soutien que lui apporterait deux maîtres de la Keyblade. Cette arme redoutable serait non négligeable pour mener à terme cette histoire. Aleya restait inquiète, mais elle s'était faite une raison. Après tout, son frère devait être convaincu de ce qu'il disait pour être aussi persuasif. Sentant la crainte de la rouquine, Sora tenta de la rassurer.
- Il ne faut pas t'en faire pour nous Aleya, assura-t-il avec un sourire franc. Je connais nos capacités, et je ne crois pas qu'on ait vraiment du mourrons à se faire !
- Vous ne connaissais même pas vos adversaires… rappela la jeune femme dans un soupir. Mais soit. Si vous avez remporté vos précédentes épreuves, j'imagine que celle-ci ne devrait pas non plus être insurmontable.
- On devrait peut-être retourner au vaisseau, non ? proposa Dingo, satisfait que tout se termine bien.
- Je suis bien d'accord, approuva Donald, préparant sa magie pour les téléporter à l'intérieur de l'appareil.
- Qu'allez-vous faire en attendant ? s'enquit Sora en se tournant vers Aleya et Xehanort.
- Je ne sais pas trop, avoua la rouquine, observant furtivement de temps à autre son frère comme s'il allait lui donner une réponse. On avait prévu de quitter ce monde, donc on va peut-être commencer à ranger, mais j'ignore où on ira après…
- Nous réfléchirons à tout cela à leur retour, dit Xehanort. Je vais commencer par nos chambres.
Aleya émit son accord par un hochement de tête, tandis que le métis quittait la pièce sans un regard pour le groupe d'amis. Ces derniers se concertèrent une seconde, et remercièrent Stitch de son aide, lui disant qu'il pouvait désormais retrouver Lilo, ce qu'il fit avec joie mais après avoir hésité une seconde à partir. Ne restant plus que la groupe de héros, la rouquine leur fit un signe de main pour saluer leur départ et les assura une nouvelle fois qu'elle et son frère ne bougeraient pas d'ici. Un halo blanc enveloppa les quatre amis, et ils disparurent ensuite sans laisser de traces. Désormais seule dans la pièce, la jeune femme se hâta d'aller donner un coup de main à Xehanort.
Le quatuor était réuni devant l'écran du vaisseau Gummi en attendant que la connexion se stabilise. Ils ne savaient pas pourquoi le Comité de Restauration du Jardin Radieux désirait s'entretenir avec eux, et une certaine appréhension naissait au fond de leur cœur. Quelque chose leur disait que les nouvelles n'allaient pas forcément être plaisantes, d'autant que les membres du Comité avaient insisté en leur disant qu'il était assez urgent qu'ils se parlent. Et finalement, une image apparut, dévoilant les traits d'un Ansem anxieux, ce qui ne fut guère pour les rassurer. L'ancien roi était visiblement dans la maison de Merlin, celui-ci se tenant dans le fond de la pièce à côté de Léon, qui n'avait pas l'air en grande forme, d'autant qu'Aerith semblait le soigner en appliquant quelques sorts de Soin. Kairi apparut en coup de vent pour apporter un verre d'eau à Léon avant de repartir, n'ayant pas fait attention à l'apparition de ses amis sur l'écran.
- Bonjour jeunes gens, fit Ansem.
- Bonjour, firent les quatre en chœur.
- Il y a un problème ? s'inquiéta Dingo.
- En effet, répondit le blond. Mais avant toute chose, j'aimerai savoir si vous avez retrouvé Aleya et Xehanort.
- Ce ne fut pas sans mal, mais oui, assura tranquillement Sora.
Ils résumèrent le parcours qui les conduisit jusqu'à ces deux là, et ils virent alors Ansem se tourner vers Merlin et sa bande pour leur dire qu'il y avait peu de chance pour que ce soit son ancien apprenti qui ait fait ça. Le groupe de héros se jeta des regards interloqués. L'ancien souverain se décala pour laisser place à Yuffie, dont l'air grave ne correspondait pas à son humeur habituelle.
- Qu'est-ce qu'il y a ? insista Donald.
- Léon s'est fait attaquer il y a une vingtaine de minutes, fit savoir la ninja.
- Quoi ?? s'exclamèrent les amis une nouvelle fois dans un ensemble parfait.
Sous les questions qu'on lui posa, la jeune fille raconta ce qu'elle savait. Alors qu'elle et Léon faisait un tour en ville comme à l'accoutumée, le jeune homme avait déclaré vouloir s'arrêter deux minutes chez lui, afin de vérifier quelque chose. Dix minutes après, s'étonnant de ne pas le voir revenir, Yuffie était allée le chercher. Seulement, l'appartement était sens dessus dessous, avec quelques traces de combat. Et surtout, Léon était évanoui, du sang tâchant ses vêtements ainsi que sa Gunblade dégainée. La ninja avait immédiatement appelé le reste du Comité pour qu'ils élucident cette affaire. Ramené à la demeure de l'enchanteur, le balafré s'était réveillé et leur indiqua ce qu'il s'était passé.
Alors qu'il s'apprêtait à sortir, le jeune homme fut sauvagement attaqué, bien que cette mesure sembla plus être une manœuvre d'intimidation que réellement meurtrière. Il se défendit, mais finit par être assommé. Il n'avait pas pu voir son assaillant, mais se rappelait nettement que des plantes se mouvaient comme des êtres vivants, et que c'était surtout ces végétaux qui l'attaquait. D'ailleurs, il avait dû à certaines reprises se blesser lui-même pour se débarrasser de lianes qui l'entravaient, expliquant le sang qu'il avait sur lui. Il n'avait en aucun cas touché son adversaire, du moins le pensait-il.
- C'est vraiment étrange, murmura Riku, cherchant à se rappeler qui pouvait manipuler de la sorte les plantes.
- En effet… approuva son ami. Mais au fait, pourquoi avez-vous pensé à Xehanort et sa sœur ?
- Le collier d'Aleya a disparu depuis, répondit la ninja.
Dans la forêt bordant Hawaï, une petite fille trottinait gaiement, dodelinant de la tête en rythme. Elle tenait dans sa main un collier, dont les maillons étaient fais d'or blanc et le pendentif d'ambre. Elle murmurait une chanson sur un air de comptine pour enfant, mais ne semblait se rappeler uniquement que du refrain, qu'elle prononçait donc en boucle et qui disait ceci :
« Un Béhémoth tout gentil,
Perdu au milieu des plaines de miel,
Monte toujours plus haut vers le ciel
Pour retrouver sa maman à jamais endormi.
Une rivière rouge coule de son cœur
Des étoiles liquides roulent de ses yeux
Mais il sent une douce chaleur
Qui le rend tout heureux. »
Elle s'arrêta net en apercevant le toit d'une maison de bois. Mayu sourit et hâta le pas, tout aussi heureuse que le Béhémot de sa triste chanson. Désormais silencieuse, elle s'approcha de la demeure et l'observa quelques instants, cherchant quelque chose. Ses yeux s'attardèrent sur la terrasse. Aleya s'y tenait, empilant trois chaises avant de les transporter dans une petite cabane cachée derrière la maison. Elle rangeait le mobilier en vue de son départ pour éviter d'éventuels dégradations ou vols.
La petite fille s'avança pour qu'Aleya la voit lorsqu'elle reviendrait, les mains dans le dos pour cacher le collier qu'elle avait facilement chapardé au garçon à la cicatrice après lui avoir joué quelques mauvais tours. Elle se tint ainsi à mi-chemin entre la terrasse et la forêt, guettant l'apparition de la rouquine. Il y eut un bruit de chute ainsi qu'un cri de surprise. Bien qu'intriguée, Mayu ne bougea pas, devinant que quelque chose s'était cassé la figure, causant quelques frayeurs à Aleya. Celle-ci, sans un mot mais n'en pensant pas moins, remit tout en place avant d'aller chercher la grande table qui restait. Elle revint donc, et se figea net en voyant la gamine de douze ans qui se tenait devant elle.
- M… Mayu ? fit-elle à la fois déconcertée et méfiante.
- Bonjour Aleya ! salua la petite, radieuse, un sourire ravi partant presque d'une oreille à l'autre. Je suis contente de te voir.
- Que viens-tu faire ici ? demanda Aleya, sur la défensive et observant autour d'elle, comme pour déceler un traquenard.
- J'avais envie de jouer avec toi, comme on le faisait avant.
- C'est Samaël qui t'envoie ?
- Non. Il ne sait même pas que je suis ici.
Cette réponse ne manqua pas de surprendre Aleya, qui ne s'attendait pas à ça. Elle savait que Mayu avait un fort caractère et n'en faisait qu'à sa tête, il était cependant rare qu'elle bouge sans en avoir parlé à Samaël avant. Mais il planait une dernière menace sur cette situation.
- Et Christelra ?
- Elle dort, son cristal avec. Alooooors, on joue ? s'impatienta la petite châtaine.
- Non, répondit Aleya avec toute la détermination qu'elle put trouver en elle.
- Pourquoi ? gémit Mayu, toute gaieté disparue et ayant laissé place à l'incompréhension et au désarroi.
- Tu sais très bien pourquoi.
- C'est pas juste ! s'indigna la petite, l'émotion faisant vibrer sa voix et comprenant enfin le retient de la rouquine. Ce n'est pas de ma faute si j'ai préféré aller avec les autres !
- Tu avais le choix, rétorqua Aleya en évitant au possible de faire transparaître sa compassion pour Mayu. Des gens auraient pu t'aider.
- Sauf qu'ils mettaient trop de temps ! J'étais terrorisée dans le noir ! J'étais entourée par les Ténèbres elles-mêmes… C'est Samaël qui est venu me sortir de là, et personne d'autre ! Nous sommes un peuple de…
- … de la Lumière, et nous ne sommes pas fait pour les Ténèbres, coupa la rouquine, agacée. Ce n'est pas parce que j'ai grandi sur un autre monde que j'ignore ma leçon.
- Très bien ! Puisque tu veux pas jouer avec moi, je te rends pas ton collier !
Les larmes aux yeux, Mayu tendit le bras qu'elle avait conservé dans son dos pour brandir soudainement le bijou, qu'elle tenait entre ses doigts dont les jointures étaient blanches tant elle serrait de colère. Effarée, Aleya scruta le miroitement des maillons et de l'ambre dont elle connaissait les moindres entailles, les moindres reflets. Elle n'eut aucun mal à adhérer au fait que la petite fille avait bel et bien le collier qui lui était si cher. Mais comment avait-elle pu l'obtenir ? La rouquine était persuadée d'avoir perdu cet ornement peu après sa discussion avec Ramtiash, au pied du château du Jardin Radieux. L'orage qui éclatait à ce moment là ne lui avait, pensait-elle, pas permis d'entendre la chute du collier, sa colère sourde ne l'aidant pas. Et lorsqu'elle était revenue sur les lieux, elle ne l'avait pas trouvé. Mayu l'avait-elle espionnée pour récupérer la chaîne d'or blanc ? Ramtiash étant parti avant elle, il n'avait pas pu le prendre. Un changement de plan était à prévoir…
- Où l'as-tu trouvé ? demanda Aleya, légèrement hésitante.
- Un type du Comité de Restauration le conservait dans son salon. Je lui ai repris.
- Bon… d'accord… Si j'accepte de jouer avec toi, tu me rends mon collier ?
Mayu s'apprêta à répondre un non tranchant lorsqu'un vortex noir s'ouvrit non loin d'elle, pour la surprise des deux filles. Aleya se mit immédiatement sur la défensive, par crainte et angoisse, car ce n'était autre que Samaël qui franchit la porte immatérielle qui se désagrégea. Et l'homme ne paraissait guère enchanté. La fillette n'eut aucune peine à comprendre les raisons de l'irritation du brun, aussi préféra-t-elle se faire toute petite, d'autant qu'il dardait sur elle des yeux féroces. Il s'approcha d'elle, l'obligeant à reculer par peur, mais il lui attrapa fermement le col de sa veste.
- Mayu, j'avais dis quelque chose ! explosa-t-il.
- Je…
- Je ne veux rien savoir ! J'avais ordonné de laisser Aleya tranquille, et comme d'habitude, tu n'en fais qu'à ta tête !
- Je suis désolée, couina la petite fille, larmoyante tout en s'accrochant à la taille de l'homme en espérant inconsciemment l'attendrir. Mais je voulais tant qu'Aleya et moi on s'amuse comme avant.
- Samaël, interpella doucement la rouquine. Ne lui fais rien s'il te plait, ce n'est qu'une enfant.
Une enfant trop capricieuse voulut compléter le brun aux yeux noirs. Cependant, voir Aleya si calme en dépit des évènements l'apaisa, lui faisant oublier l'irritabilité qui l'avait submergé lorsqu'il avait vu, grâce au cristal de la Clairvoyante (qu'il avait réveillé en constatant l'absence de la plus jeune d'entre eux), ce que mijotait la gamine qui pleurait cette fois à chaudes larmes. Samaël soupira, las. Il posa une main douce sur le crâne de Mayu, en train de mouiller sa chemise par ses pleurs. Cela parut la consoler un peu car elle releva la tête vers lui, plongeant le vert feuille enfantin de ses yeux dans les prunelles sombres de son aîné.
Mais ils furent tous attirés par la porte de la maison qui s'ouvrait, dévoilant Xehanort qui découvrait la scène avec un mélange d'incompréhension et de stupeur. Il se trouvait dans le vaisseau de sa sœur pour y régler quelques détails, et lorsqu'il revint directement dans le salon grâce à la téléportation de l'appareil, il avait entendu une discussion vive au dehors, sans pour autant comprendre les mots échangés. Il était donc venu pour savoir ce qu'il se passait et découvrait un homme accompagné d'une petite fille.
Mais si Xehanort marqua un temps d'arrêt, ce n'était pas vraiment pour la scène avec ces deux personnes. Non, en fait, il avait l'impression d'avoir déjà vu le visage de l'homme…
Aleya vint immédiatement à ses côtés pour lui expliquer brièvement la situation. En entendant le nom de Samaël, qui s'inquiéta de la lueur mauvaise qui brillait dans les yeux fauves, le métis fit mine de vouloir le massacrer mais sa sœur le retint, lui assurant que l'autre homme n'était pas venu pour lui faire du mal, car au contraire, il venait la sauver d'une situation délicate. Cela convainquit Xehanort de ne rien faire, sans pour autant l'empêcher de fusiller l'autre homme du regard. Samaël fit un signe reconnaissant à Aleya, qui le vit à peine, avant de se détacher de la gamine toujours agrippée à ses vêtements.
- Mayu, on rentre immédiatement. Aleya, interpella-t-il en se tournant vers elle, je suis désolé pour ce qu'a fait la petite. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle outrepasse mes consignes.
Bien que la rouquine fuyait le regard du brun, elle ne put que le remercier pour ses excuses. Elle n'avait jamais réussi à leur en vouloir bien longtemps, et ce malgré la rancœur qu'elle pouvait conserver et la méfiance qu'elle éprouvait à leur égard. Samaël ouvrit un portail de ténèbres avant d'y disparaître, attendant Mayu de l'autre côté. Xehanort se tourna vers sa sœur, furibond.
- Et tu les laisses partir de cette manière ? grinça-t-il d'une voix glacial.
- S'il te plait Xehanort, ne commence pas… souffla Aleya. Je n'ai pas envie de me battre avec eux, encore moins avec toi.
- Te souviens-tu au moins de ce qu'il t'a fait il y a une heure ?
- Je ne risque pas de l'oublier. Seulement, là, c'est un évènement indépendant. Je sais que tu veux m'aider, mais pour cette fois, reste en dehors de ça.
La voix de Samaël retentissant une nouvelle fois coupa net leur discussion. En se tournant vers l'endroit où il se trouvait quelques instants auparavant, le frère et la sœur eurent la surprise de constater que la porte noire était toujours ouverte car Mayu, que son aîné venait d'appeler vivement, se trouvait toujours là. De ses deux mains, elle tenait le collier d'or blanc et d'ambre qu'Aleya avait momentanément occulté avec l'arrivée de Samaël. Le petite fille regardait la jeune femme avec des yeux pleins de haine. Elle n'avait toujours pas digéré le refus de la rouquine, et comptait bien le lui faire payer chèrement ! On ne lui refusait rien, et surtout pas de cette façon !
Avant qu'Aleya ne puisse faire un geste, Mayu tira fortement sur la chaîne, aidée par d'épaisses lianes qu'elle fit apparaître rapidement pour compenser son manque de force. Des maillons cédèrent, brisant le collier qu'elle jeta à terre sous le cri de stupeur et de rage de la rouquine. Tandis que celle-ci s'approcha à grandes enjambées, remontée, la petite fille prit la fuite par le portail de ténèbres qui se referma tout de suite après son passage, pour le désespoir d'Aleya.
La rouquine ramassa le bijou de ses mains tremblante, presque choquée par ce qu'elle venait de vivre. Ce collier était tellement précieux pour elle… C'était Xehanort qui le lui avait offert. L'un des derniers cadeaux qu'il lui avait fait ! Elle ne l'avait jamais quitté pendant des années, bien qu'un incident l'avait forcé à le retirer de temps en temps pour éviter qu'elle ne le perde. Une boule se noua dans sa gorge en repensant à cela… Une main se posa sur son épaule, mais Aleya n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qu'il s'agissait de son frère.
- J'ignorais que tu avais encore ce collier. J'en suis flatté, ajouta-t-il tout en passant ses bras autour de sa sœur pour la réconforter des dommages.
- Il m'a bien servi. Me réconfortant et me rassurant quand ça n'allait pas rien qu'en sentant les maillons contre ma peau. Et puis surtout…
Elle ouvrit en deux le morceau d'ambre qui dévoila la photo de Xehanort, conservée depuis des années à l'intérieur. Le métis parut surpris, puis comprit qu'Aleya avait dû illustrer ses recherches grâce à cette image.
- C'est étrange, je ne me rappelle pas quand elle a été prise, avoua l'homme.
- Vraiment ? Souviens-toi, le combat de Tiamat et de son écrevisse !
Xehanort réfléchit quelques instants. Puis il explosa de rire. Comment avait-il pu oublier un tel moment ?
- Vas-y Tiamat, tu l'as presque !
- Je te remercie de tes encouragements Aleya, mais viens plutôt me donner un coup de main, ça m'arrangerais ! … Et dis à ton frangin de se ramener également !
Pouffant de rire, la jeune rouquine s'élança vers Tiamat pour l'aider. Revenant d'une partie de pêche à l'écrevisse typiquement diurne (qui devenait envahissante dans la région) dans un ruisseau non loin, ils avaient mis toutes leurs prises dans un seau que le garçon devait porter. Mais à la sortie de la forêt dans laquelle le filet d'eau coulait, Tiamat avait trébuché contre une pierre et renversé le seau, laissant filer tous les crustacés qu'il s'acharnait à récupérer avec le soutien de la rouquine.
Légèrement à l'écart, Xehanort et sa mère observaient tout ceci avec amusement, laissant croire à leur indifférence quant aux déboires des jeunes gens. La femme avait accompagné ses enfants pour vérifier que tout se déroulait bien, mais également pour avoir l'occasion de prendre quelques photos grâce à l'appareil numérique qu'elle tenait en main. Ce n'était pas souvent qu'elle pouvait sortir avec ses enfants, aussi désirait-elle immortaliser ce moment.
- Ça va Xehny, tu t'ennuis pas trop ? lança Tiamat avec humeur. Tu me dis si jamais t'as besoin de quelque chose hein.
- Assume ta bêtise, rétorqua le métis avec un sourire moqueur.
- Merci, je retiens !
- Tiamat, y en a une qui s'éloigne ! s'alarma Aleya en désignant l'écrevisse fugueuse.
- Ah non ! Viens là toi… Voiiiilà, laisse-toi faire ma belle…Mais... ? Aïe !
Aleya ne put contenir un fou rire en voyant son ami se faire pincer par le crustacé qui défendait chèrement sa carapace. La mère de la rouquine et de Xehanort se dit qu'il fallait absolument qu'elle prenne cette scène en photo, aussi cadra-t-elle l'objectif en direction de sa fille et de Tiamat avant de prendre un premier cliché. Elle se tourna ensuite vers l'aîné, et fut surprise de l'expression qu'elle lut sur son visage. Il avait troqué sa froideur habituelle contre un minimum de tendresse pour Aleya. Elle le voyait tellement rarement ainsi… Là encore, elle ne devait pas rater sa chance. Profitant que l'attention de Xehanort soit concentrée sur sa sœur, veillant à ce qu'elle ne se fasse pas mal à son tour en attrapant un animal, la femme prit une nouvelle photo. Juste à temps.
L'argenté se décida finalement à aller apporter son aide en voyant Tiamat perdre patience, menaçant de brûler toutes les écrevisses qu'il trouvait, en particulier celle qui l'avait pincé. La jeune rouquine, peu à l'aise avec les crustacés, laissa faire les deux garçons et alla rejoindre sa mère.
- Ah, Aleya. Regarde un peu la photo que je viens de prendre, dit-elle tout en montrant sa prise grâce à l'écran numérique de l'appareil.
- Whoua ! Elle est splendide ! Je pourrais l'avoir dans ma chambre ?
- Bien sûr.
- Qu'est-ce qui est splendide ? s'enquit Xehanort, un crustacé dans les mains.
- Rien du tout. Retourne donc à tes écrevisses mon fils, et laisse une mère et sa fille discuter entre femmes.
Le métis arqua un sourcil, puis haussa les épaules, laissant en paix sa génitrice et sa sœur, qui s'extasiait devant l'image. Xehanort détestait être pris en photo. Il allait être bien surpris.
- Tu n'as pas été très content quand tu as vu ça, se remémora Aleya, un sourire attendri et amusé étirant la commissures de ses lèvres.
- Non en effet. Mais tu la voulais, alors je n'ai rien dit.
Cette séance de nostalgie fut interrompue par l'arrivée brusque du groupe de héros, en arme et sur le qui-vive, observant les alentours comme si une menace persistait. Xehanort se décala de sa sœur, trouvant l'attitude des quatre amis plus que suspecte.
- Puis-je savoir ce qu'il vous prend ?
- On a entendu un cri en venant, répondit Riku, dardant sur l'autre argenté des yeux froids. On s'est dit que vous aviez peut-être des problèmes.
- C'est gentil à vous de vous inquiéter, mais tout est réglé.
- Tu as retrouvé ton collier Aleya ? demanda soudainement Donald, suspicieux.
- Euh… oui, hésita la jeune femme. On vient de me le ramener…
- Qui ça « on » ?
- Mayu, une fille qui fait partie de l'entourage de Samaël et qui a le pouvoir de manipuler les plantes.
La déclaration fut suivie de quelques échanges au sein du quatuor, qui s'accorda pour dire que cela correspondait aux propos de Léon. Constatant l'état du collier, Dingo demanda ce qui s'était passé, et Aleya raconta brièvement l'altercation qu'elle avait eu avec la petite fille. Elle évita néanmoins de parler de Samaël, ne sachant pas comment ses interlocuteurs réagiraient à la mention de ce nom. Ne quittant pas le bijou des yeux, Donald paraissait réfléchir. Lorsqu'Aleya eut terminé, il prit à son tour la parole.
- On pourrait demander à Merlin de faire quelque chose, finit-il par dire.
- Pardon ? lâcha la rouquine, ne comprenant pas.
- Merlin est un enchanteur qui a déjà réparé l'attache de ton collier.
Un instant abasourdi par ce qu'elle venait d'entendre, la jeune femme se hâta de vérifier ces dires. Le bijou n'ayant pas été fermé lorsque Mayu s'était acharné sur lui, la fermeture n'avait normalement pas dû en pâtir. Et effectivement, l'attache était en parfait état. Elle n'avait jamais voulu la changer alors qu'elle était défectueuse, considérant que cela serait une atteinte à la mémoire de son frère, désireuse de conserver absolument tous les composants d'origine. Or, on le lui avait bien dit : pour réparer, il fallait changer. Elle savait que cette réflexion était sans doute stupide, mais c'était ainsi. Elle n'avait pas accepté que l'on modifie ce collier.
Et pourtant, la fermeture était comme neuve, et la rouquine était certaine que rien n'avait changé. Elle pouvait encore sentir une fine éraflure qu'elle avait causée en tombant dans des rochers. Ce magicien s'était donc juste contenté de remettre en état le clip pour qu'il puisse à nouveau fermer, rien de plus… Où était ce Merlin ? Il fallait qu'elle lui parle tout de suite !! Face à l'expression pressée et reconnaissante qu'affichait Aleya, Sora réengagea la conversation.
- Sur le chemin, on s'est dit que ce serait pas mal si vous veniez avec nous.
- Où ça ? Au Jardin Radieux ? demanda Xehanort.
Le jeune châtain fit un oui de la tête. Aleya se tourna vers son frère pour savoir ce qu'il en pensait, mais il se contenta de hausser les épaules. Retourner là-bas ne l'enchantait guère, cependant, si cela permettait à la rouquine d'avoir une aide plus efficace, soit. Aleya refit face au groupe d'amis, un sourire peint sur son visage.
- On est prêt dans dix minutes !
Note de fin de chapitre : Bien…voici le nouveau chapitre de cette histoire haute en joyeusetés et autres réjouissances en tout genre XD Ce chapitre a été assez bordélique dans l'ensemble, surtout que la moitié des évènements me sont subitement venus durant la rédaction (du style la venue de Stitch ou encore le flash-back avec Tiamat... Oui, je sais, j'adore créer des OCs XD)
Sinon, j'ai vraiment besoin de votre avis sur l'identité du Simili dont Aleya est amoureuse… J'vais pas pouvoir trancher seule sur ce coup XD J'ai bien quelques pistes, j'ai du mal à me décider...
PS : la partie avec l'Organisation arrivera, au mieux, après le prochain chapitre ^^
Musiques à écouter durant ce chapitre :
- Les révélations de Xehanort (du début jusqu'au passage dans le vaisseau -non inclut) : Seal & Epitaph de Yuki Kajiura. Il s'agit en réalité de deux chansons, mais je n'ai trouvé Seal que sur une vidéo regroupant ces deux là... et ça m'arrange bien en fait XD
- Les nouvelles du CRV (passage dans le vaisseau ^^) : Labyrinth de Yuki Kajiura (notez que cette musique risque d'être provisoire... En vérité, j'avais une chanson pour ce moment, mais je ne me souviens plus du tout de laquelle c'était XD Il me semble que c'est Labyrinth, mais j'ai un doute...)
Vous trouverez un lien vers ces musiques dans mon profil ^^ Portez-vous bien =)
