Merci pour les reviews ! Et vous savez quoi ? j'ai un compteur de visite par fic ! (enfin, je crois) Et si c'est bien ce que je pense, je suis totalement sidérée par le nombre. Limite, j'en aurais pleuré tellement ça m'a fait plaisir. Alors merci à tous, revieweurs et lecteurs anonymes ! Je vous aime (et pour les lecteurs anonymes, sachez que je vous aimerais encore plus si vous sortiez de l'anonymat ^^)

Bonne lecture !

(et cessez de me traiter de sadique : la fin du dernier chapitre était gentillette comparé à ce que j'ai écris la semaine dernière et que je vous promets pour la fin xD)

CHAP 5 PART 2

Avalant sa salive avec difficulté, Merlin constata que si Arthur avait l'air ensommeillé, une partie de son anatomie ne dormait pas du tout, elle. D'ailleurs, il n'y avait guère plus que les yeux d'Arthur et son cerveau qui étaient en veille. Tout le reste fonctionnait avec avidité. Des mains d'Arthur qui parcouraient son torse, à sa langue humide qui traçait des sillons brûlants sur son épaule en passant par ses murmures étouffés de plaisir, tout paraissait parfaitement fonctionner chez le roi.

Il doit penser que je suis Gwen, pensa tristement Merlin. Il était logique qu'il pense à sa femme loin de lui, non ? Pourtant, les mains qui le caressaient ne pouvaient pas ignorer qu'il lui manquait quelque chose sur la poitrine, quelque chose dont Guenièvre était fort bien pourvue. Tout comme il était dur d'ignorer qu'il avait un truc dressé contre leurs cuisses qu'il serait surpris d'apprendre que la reine possédait.

Sa résolution de ne pas agir disparut comme par enchantement lorsque la bouche d'Arthur se posa contre la sienne. Et l'embrassa dans un baiser qui était tout sauf sage. Puis il murmura dans un souffle, au creux de son oreille « Merlin... » Alors il se laissa aller à la tentation, une nouvelle fois.

...

Lorsque leurs murmures erratiques se furent calmés, Arthur se lova contre lui en ramenant sur leurs corps nus et encore en sueur une couverture. Merlin savait qu'il ne s'était pas rendormi. Ils s'étaient regardés, et sans un mot, le roi lui avait donné son accord pour cette étreinte délicieuse et interdite. Les mains rugueuses de Merlin remontèrent le long des hanches de son seigneur, et repoussèrent doucement le bras qui le tenait, tandis qu'il se levait et se rhabillait prestement, subitement gêné par sa nudité.

– Merlin... Il faut qu'on parle, dit Arthur.

Il avait l'air d'un gamin pris en faute qui refuse de reconnaître l'évidence. Ce qu'il était, à la réflexion. Ce qu'ils faisaient était mal. Ils le savaient tous deux. Et pourtant ils cédaient à ce fruit défendu, parce que c'était si bon. Comme deux enfants piquant en douce dans le pot de confiture. En sachant pertinemment que leurs babines écarlates et leurs mains collantes les trahiraient à coup sûr. Mais qui le faisaient quand même, autant par amour de la confiture que par goût du risque. Comparer mentalement leur relation bancale à du chapardage d'enfant dans un pot de gelée fit un instant sourire Merlin. Puis il se reprit et répondit à Arthur.

– Je ne vois absolument pas de quoi vous voulez discuter Sire. Vous m'avez explicitement demandé d'accepter la situation. C'est ce que je vais faire.

Le visage grave et résolu, Merlin osa finalement regarder Arthur dans les yeux. Le visage du roi offrait un reflet de ses propres sentiments. Cette résolution sans faille de mettre fin à ces écarts. Et l'assurance d'y céder de nouveau si l'occasion se présentait. Parce que c'était trop fort, beaucoup plus qu'eux. Et ce qu'ils partageaient dans ces étreintes les dépassaient, les consumaient. Ils n'avaient pas d'autre alternative que de capituler.

Finalement, Arthur hocha la tête et se détourna de Merlin. Par ce geste, ce dernier comprit à la fois qu'il était congédié et qu'Arthur agréait à ce qu'il disait.

Dehors, il fut surpris de trouver les deux chevaliers. Tout à leurs ébats, il les avait complètement oubliés. Et il rougit en songeant à ce qu'ils avaient pu entendre. Arthur et lui n'étaient pas spécialement du genre discret. Fort heureusement, à cause du froid et de la fatigue, les deux jeunes hommes ne semblaient pas être en mesure d'avoir remarqué quoi que ce soit. Merlin s'en trouva immédiatement soulagé. Tant que le problème se cantonnait à lui et à son ami, c'était gênant et compliqué, mais pas insurmontable. Mais si d'autres l'apprenaient, les conséquences désastreuses n'étaient même pas envisageables.

Merlin commença à ranger les affaires pour lever le camp. Arthur sortit finalement de la tente, habillé.

Ils n'échangèrent pas un mot de la matinée. Et lorsqu'enfin ils arrivèrent au château où les dirigeants du royaume avaient pris leurs quartiers, Arthur ordonna d'un ton sans appel, et après les salutations protocolaires de rigueur, que Merlin pouvait disposer jusqu'au soir.

La journée du jeune homme fut donc bien vide. Pour s'empêcher de penser, il partit se promener dans les alentours. A pied, car son cheval était déjà épuisé, et il devait reprendre la route ce soir.

...

Son errance le conduisit près d'un lac. Il pensa alors à Freya. Il n'avait jamais douté de son amour pour elle, même s'ils n'avaient pas où le temps de consommer leur attirance. Même encore aujourd'hui, il avait conscience que s'il lui était offert le bonheur de retrouver la jeune femme, il en serait heureux. Mais ce qu'il ressentait pour Arthur... n'avait rien en commun avec ces chastes sentiments. C'était déraisonné, totalement fou, incontrôlable. Il aimait Arthur. Il le voulait, pour lui et exclusivement pour lui. Il n'était pas d'un naturel jaloux. Mais il n'avait jamais aimé qu'un autre touche le roi. Son roi. Bien sûr, il avait toléré Guenièvre. Il avait sacrifié son propre bonheur pour elle. Parce qu'il n'imaginait rien de possible entre lui et Arthur. Gwen méritait de connaître le plaisir d'être aimée en retour, et Arthur le lui avait offert.

Non, il ne regrettait pas d'avoir permis à ces deux là de se trouver. Guenièvre était la reine que Camelot méritait. Lui n'aurait jamais pu remplir ce rôle. Et il avait beau savoir cela, il savait aussi que si le roi lui offrait un rôle d'amant, il l'accepterait sans hésitation. Même s'il devait en souffrir en silence, seul. Parce que c'était Arthur. Et parce qu'il était Merlin.

Ses pensées l'avaient fait se perdre dans la contemplation de la lagune. En voyant le pâle soleil d'hiver scintiller si bas sur l'eau, il constata avec surprise qu'il était déjà tard. Il se hâta pour rentrer.

Il aurait d'ailleurs été à l'heure si sa route n'avait pas croisé celle de trois ou quatre brigands de grand chemin, à la recherche d'un peu d'or. Ils étaient bien mal tombés avec Merlin. Non seulement ne possédait-il rien de valeur, mais en plus les fit-il voler à travers bois d'un seul regard. Ils n'avaient pas eu le temps de dire ouf qu'ils étaient déjà assommés et que le sorcier reprenait sa course effréné vers le château.

Lorsqu'il arriva enfin, Arthur saluait les nobles, les chevaux étaient prêts et les chevaliers déjà en selle. Arthur lui lança un regard courroucé. Mais aussi noir que soit ce regard, Merlin en fut ravi. C'était un air habituel. Un qu'Arthur avait souvent à son égard. Un qui disait « Tu me désoles, de n'être jamais là quand il le faut, mais en même temps, je m'ennuierais si tu étais à l'heure ». Un regard, dans ce cas précis, qui sous tendait l'acceptation d'Arthur. Leurs relations resteraient à l'identique.

Merlin s'excusa platement, se prit un coup dans les côtes, et retint un rire en voyant Arthur lever les yeux au ciel dans un geste incontrôlé.

En se mettant à route, Merlin était content. Ce soir, il verrait sa mère. Lorsqu'il avait demandé à Arthur l'autorisation de faire un détour pour visiter Hunith, celui-ci avait accepté. A condition qu'elle les héberge tous pour la nuit. Merlin était sûr qu'elle ne refuserait pas.

...

Ce fut effectivement ce qui se passa. Ils arrivèrent à la tombée de la nuit. Hunith fut ravie de voir son fils, et le serra longuement dans ses bras. Puis elle s'inclina respectueusement devant Arthur, et l'informa qu'elle ne saurait refuser à un roi l'accès à sa modeste demeure.

– Je vous en prie Hunith, je n'ai pas changé. Je suis toujours l'homme qui emploie votre fils pour lui faire exécuter toutes les tâches ingrates qui me passent par l'esprit.

Hunith sourit.

– Oui, mais il est consentant. Je suis heureuse de voir Arthur. Continuez de prendre bien soin de lui. Et lui de vous.

– Ne vous inquiétez pas pour ça. Je suis content de vous retrouver aussi.

Et le jeune roi prouva une fois de plus son anti conformisme. Il se pencha pour serrer la femme dans ses bras. Elle lui rendit son étreinte avec chaleur. Derrière eux, les chevaliers détournèrent le regard tandis que Merlin se moquait doucement du comportement de fillette du roi.

– Vous allez enlacer tout le village comme ça ? Qu'est-ce que vont dire vos hommes lorsqu'ils sauront que vous êtes un sentimental ?

– Tais-toi Merlin. Range les affaires, et sors le diner.

Merlin leva les yeux au ciel, et obéit. Arthur avait abattu des faisans sur le chemin, et les ramenait en guise de repas. Hunith accepta le présent avec joie. Elle était trop pauvre pour nourrir quatre bouches de plus, même ponctuellement. Surtout que trois d'entre elles étaient habituées au luxe de la chair, à des tables plus garnies que la sienne.

Lorsque les chevaliers furent installés dans la grange, et Arthur chez elle, Hunith partit se coucher en souhaitant une excellente nuit à son fils. Ce dernier s'allongea sur un matelas auprès d'Arthur, à quelques mètres de sa mère, mais séparés par un rideau. Au moins était-il sûr qu'il ne se passerait rien cette nuit là. Avec sa mère à coté, ce serait impossible. Il lui était inconcevable de s'adonner aux plaisirs de la chair quand votre génitrice se trouvait à quelques pas.

Fort de cette résolution, il engagea la conversation avec Arthur. Une conversation sérieuse. Ils n'avaient échangés que des banalités que le trajet.

– Alors... qu'en est-il ressorti de votre entrevue des nobles de Cenred ?

– Si ça t'intéresse, pourquoi n'as-tu pas posé la question avant ?

– J'ignorais si vous souhaitiez mettre vos chevaliers inexpérimentés dans la confidence de certains secrets du royaume. Je n'ai donc rien demandé jusqu'à maintenant par tact. Je sais bien que vous en êtes dépourvu, mais tout de même...

Il se prit un coup de pied gentillet.

– Je ne suis pas totalement dépourvu de tact. Et si je ne dis rien à mes chevaliers, tu crois que je vais te livrer des secrets du royaume à toi ?

– Ils sont jeunes, ils avoueraient tout sous la torture. Moi, en revanche...

– Tu es à peine plus âgé qu'eux.

– Mais je mourais pour vous sans l'ombre d'une hésitation, dit-il d'une voix douce. Et vous le savez. Et vous m'avez gratifié plus d'une fois de votre confiance dans les affaires de régence. Alors ?

Arthur rendit les armes.

– Ils acceptent de se soumettre. Ces gens sont désormais mes gens. Avec quelques petites différences. Par exemple, le décret qui abroge la magie à Camelot ne sera pas étendu. Je n'ai pas un pouvoir direct sur les villageois, mais seulement par le biais du conseil des nobles. Et si un jour se présente un héritier légitime à Cenred, je devrais m'incliner. Mais de cela je doute. Il est de notoriété publique que c'était un guerrier, pas un homme à femmes. Je serais surpris d'apprendre qu'il ait engrossé une quelconque femme, sans en avoir informé quiconque. Ça restait un homme d'honneur. Il aurait assumé ses responsabilités.

– Qui sait ? Si ça se trouve, il a aimé désespérément une femme qui ne lui a jamais rendu et il a fait vœu de chasteté tant que ce n'était pas elle.

Arthur rit.

– J'imagine mal Cenred faire ça. Et puis, c'était un homme de pouvoir. Les femmes ne résistent pas à ça. Je crois plutôt qu'il se désintéressait de la question.

– Au risque de vous décevoir, je me dois de vous informer que toutes les femmes ne sont pas attirées exclusivement par le pouvoir. Sinon, vous auriez eu beaucoup trop de prétendantes, et votre royaume se serait dépeuplé. Et j'attire votre attention sur le fait que certaines femmes n'en ont cure du pouvoir. Gwen ne vous a pas épousé pour ça. Et vous aurait repoussé, tout prince que vous étiez, si elle ne vous avait pas aimé.

Le rire d'Arthur retentit de nouveau, encore plus fort que précédemment. Il tenta de se maîtriser dans ses couvertures, craignant de réveiller Hunith. Merlin pouffa avec lui de concert.

– Ton analyse des femmes est très pertinente, Merlin. Je ne veux même pas savoir d'où tu tiens tout ça. Maintenant, dors. Tu racontes des bêtises, et une longue journée nous attend demain.

Merlin acquiesça, puis se souvenant qu'Arthur ne pouvant le voir dans le noir, murmura à l'obscurité :

– Bonne nuit Arthur.

– Bonne nuit Merlin, lui répondit la voix rauque d'Arthur.

Puis le silence et le sommeil s'abattirent sur eux.

Le lendemain, ils firent leurs adieux à Hunith et reprirent la route. Le trajet se passa sans incident notable. Une fois en vue de Camelot, Arthur fit perversement remarquer que personne ne les avait attaqués, comme Merlin l'avait craint. Outré, celui-ci relata l'épisode des bandits au royaume voisin. Ne pouvant expliquer qu'il s'était débrouillé magiquement, il narra une fuite désespéré, d'où son air épuisé en retrouvant le roi.

Arthur, loin de compatir, se moqua de lui et de sa faiblesse.

– Tu es un aimant à ennuis, Merlin. Il suffit que tu craignes quelque chose pour qu'elle se produise.

Merlin se vexa et débuta ainsi une gentille dispute entre les deux hommes. Elle durait toujours lorsque la petite troupe entra dans la cour du château.

Guenièvre les accueillit avec bonheur, enlaçant Merlin avec plaisir, puis embrassant passionnément son époux. Merlin détourna les yeux. Il avait encore tout le rangement des affaires à s'occuper, et il faisait presque nuit. Il se mit donc au travail tandis qu'Arthur regagnait sa chambre, sans un regard pour son serviteur.

Quant aux deux jeunes chevaliers, lorsque leurs condisciples leur demandèrent de raconter cette première mission officielle, ils répondirent « plus jamais avec ces deux là, ils sont insupportables, toujours en train de se chamailler ». C'a eu le mérite de faire exploser de rire Gwaine, Leon, Percival et Elyan, qui connaissaient le mieux les relations explosives du roi et de Merlin.

...

Quelques jours s'écoulèrent normalement. La neige avait bel et bien fondu, et même la terre gelée semblait s'éveiller. Un froid soleil de fin d'hiver s'élevait chaque matin et dardait ses doux rayons vers la terre pour la réchauffer. Merlin avait beau adorer la neige, le soleil lui faisait plaisir, et lorsqu'Arthur l'avait trouvé en train d'offrir son visage au soleil à la fenêtre, il s'était moqué de lui. Gwen l'avait défendu.

Bref, c'étaient des jours normaux à Camelot. Même les relations entre roi et serviteur allaient pour le mieux. Ils ne se cachaient plus qu'ils frémissaient lorsque l'un touchait l'autre. Mais ils ne faisaient rien. Ils étaient amis. Aussi ami qu'on pouvait l'être lorsque l'un des deux dirigeait un état et édictait des lois qui mettrait à mort l'autre, si le premier savait le secret du deuxième.

Dans la mesure où cela avait toujours été, mais ne serai pas toujours, Merlin s'accommodait fort bien de la situation. Même avec Guenièvre. Il subsistait continuellement un élan de culpabilité lorsqu'elle citait des problèmes de couples, ou le peu de considération qu'avait pu avoir le roi à son égard lors d'un sujet particulier. Mais dans l'ensemble, elle était heureuse avec son roi. Alors Merlin était sincèrement heureux pour ses deux amis.

...

Quelque temps passa, une ou deux semaines de normalité, jusqu'au jour où les premiers bourgeons apparurent. C'était un peu trop tôt pour la saison, mais les fermiers en furent ravis. C'était le signe qu'ils pouvaient recommencer à ensemencer. Les cultures allaient pouvoir reprendre. Et Arthur recommença à respirer. Il avait passé l'hiver.

Il décida alors de faire de Morgana sa priorité. Il devait se lancer à sa poursuite. Mais une affaire plus pressante s'imposa à lui.

Des rapports lui parvinrent d'au delà des frontières du Nord. Une bête magique sévissait sur le royaume qu'il venait d'annexer et selon les édits qu'il avait signé, la protection des terres de Cenred était sous sa responsabilité.

En entendant le rapport, Merlin soupira de désespoir par avance. Arthur allait vouloir y aller. Il allait emmener Merlin, et ce dernier se retrouverait obligé de sauver tout le monde en passant pour un idiot. Non vraiment, les créatures magiques, si elles n'étaient pas occupées à lui sauver la vie comme cela avait pu se produire, il s'en serait bien passé.

A sa grande surprise pourtant, Arthur décida de ne rien faire. La bête se trouvait sur les terres de Cenred il y a de cela cinq jours. Or, des rapports plus récents la signalaient se dirigeant vers le château. Il n'y avait donc aucune urgence. Ils attendraient que l'animal paraisse près du château, et se posteraient en embuscade. Ce serait rapide, facile, et efficace, conclut Arthur. Puis il congédia la cour réunie dans la salle du trône pour discuter du problème. Il retint Leon un instant pendant que tous sortaient pour lui signaler qu'ils voulaient ses meilleurs chevaliers prêts à partir au combat dès qu'il le faudrait.

Resté seul avec son roi dans la grande salle, Merlin posa la question qui lui brûlait les lèvres, et dont il s'étonnait que personne n'ait soulevée :

– Vous n'avez pas l'intention d'agir au plus tôt ? Vous vous moquez des gens terrassés par le monstre sur son passage ? Rappelez-moi, ce n'est pas vous qui m'avez dit « ces gens sont désormais mes gens » ?

Arthur leva les yeux au ciel, en songeant qu'avec Merlin, ce geste allait bientôt se transformer en tic.

– Je sais bien que tu n'as aucune marge de décision dans cette affaire, et donc que fondamentalement, ces réunions t'ennuient, mais vu que tu t'y intéresses, as-tu simplement écouté le moindre mot de ce que nous avons raconté ? demanda-t-il en se repenchant vers les papiers divers qu'ils observaient sur la table.

– Euh…

– Non, évidemment. Rappelle-moi à quoi te sert ta tête ? Ce monstre s'attaque aux cultures et au bétail. Il ne devient agressif envers les humains que lorsqu'il s'est senti menacé. Mes gens ne craignent rien.

– Jusqu'au moment où ils attaqueront la créature parce qu'elle détruira leurs possessions. Là, elle les tuera.

– Tu as vraiment dormi tout du long ou quoi ? Mes messagers sont en route pour faire parvenir à tous les nouvelles : personne ne doit s'opposer au passage de cette bête, même si elle ravage tout. Ils seront dédommagés des préjudices subis. Et lorsqu'elle arrivera à Camelot, elle sera abattue et tout rentrera dans l'ordre.

– Si elle n'est pas dangereuse pour l'homme, pourquoi la tuer ?

– Merlin, ton amour envers les animaux est touchant, mais il ne s'agit pas d'un lapin ! Elle est plus grande que toi, a des griffes aussi acérées qu'un rapace ! C'est une menace potentielle. Et nous sortons à peine de l'hiver, nous ne pouvons nous permettre de laisser quoi que ce soit abîmer nos futures récoltes ou notre bétail.

Vexé que les arguments d'Arthur soient convaincants, Merlin croisa les mains sur sa poitrine en boudant.

– Et quand partez-vous ?

– Nous, Merlin, nous. Tu viens avec moi, jusqu'à preuve du contraire. D'ici deux jours.

– Non.

Arthur releva finalement les yeux vers son serviteur.

– Quoi non ?

– Je ne viens pas.

Il eut l'air surpris. Bien sûr, ce n'était pas un ordre direct. Il ne venait pas de lui ordonner de le faire. Ce n'était pas non plus la première fois qu'il s'opposait à ses décisions. Mais tout trouillard qu'il était, Merlin n'avait jusqu'à maintenant jamais refusé de le suivre dans ces périlleuses missions. Ce qui prouvait qu'il était moins lâche que tout ce que pouvait dire Arthur. Ce dernier en avait bien conscience, mais aimait simplement taquiner Merlin.

– Pourquoi ? demanda-t-il stupidement.

– Vous avez dit que cette bête venait du nord. Je veux m'assurer que ma mère va bien.

– Tu as vu ta mère il y a peu de temps !

– Avant le passage de ce monstre !

– Mais puisque je te dis qu'il n'attaque pas les gens !

– Sait-on jamais !

Arthur était médusé. L'inquiétude de Merlin pour sa mère n'était clairement qu'un prétexte. Le jeune homme avait beau adorer sa mère – ce dont Arthur était jaloux – il avait toujours eu la première place dans l'ordre des priorités de Merlin. Et il était évident qu'il était plus en danger qu'Hunith. Merlin ne cherchait qu'à se dérober du combat. Pour une raison qui lui échappait. Ce n'était pas de la couardise.

– Qu'y-a-t-il Merlin ? Tu es fâché après moi, mais je ne sais pas pourquoi.

– Bien sûr que non, vous ne savez pas ! Vous ne voyez jamais rien hein ?

Et il quitta la pièce en courant, furieux. La porte claqua lourdement et manqua de se décrocher de ses gonds lorsqu'il la referma violemment. Resté seul avec l'écho de ce son, Arthur était perdu. Merlin ne s'énervait pas après lui, d'habitude. Il se sentait très bête aussi, de ne pas comprendre les pensées de son valet. Il songea à aller trouver Merlin et lui dire « je t'ordonne de venir » ordre auquel Merlin ne pourrait se soustraire. Mais il avait l'intuition que cela n'arrangerait rien à leur relation.

Gwen, pensa-t-il soudain. Elle était proche du jeune homme. Peut être pourrait-elle l'informer de ce qui se cachait derrière les yeux bleus en furie.

...

Reviews ?

Il s'énerve pour un rien not' pov' Merlin hein ? Et ça va pas s'arranger…

Suite mercredi matin (très tot. Comprenez, une heure du mat'). Après, je ne sais pas du tout l'état de ma connexion.