Note de l'auteur : Bon aujourd'hui je ne suis pas en retard ! C'est une sorte de petit miracle personnel vous savez ? xD Bref on a laissé mon pauvre Colin en mauvaise posture la dernière fois alors on espère que ça va s'arranger hein ? :o) Et aujourd'hui surtout on va enfin savoir ! (Bon je m'inclus mais je sais déjà tout moi xD) Allez...

Bonne lecture !


Réponse aux reviews :
Au passage : Aucun problème, ça me fait plaisir de recevoir des reviews mais je n'ai rien à reprocher à ceux qui n'en poste pas :o)
Merci c'est gentil ^^
Paprika Star : Tu utilises la même expression que moi ! Allez je te fais un cœur pour la peine
Ouais ils sont super mignons hot ensembles, j'aurais jamais cru avant de commencer cette fic xD
Drarry-en-force/Lili :Désolée pour le bonus ! Je ne voulais pas faire ça !
Ouch, j'espère que ton épreuve de TPE s'est bien passée ^^ C'est quoi ton sujet ? Je me souviens avec mon groupe on travaillait sur le mythe du Graal, on s'était fait un délire comme quoi en cherchant pleins d'infos on avait fini par le trouver (c'était une petite mise en scène qui devait arriver à la fin de l'oral) mais ça a été avorté parce que dès les 5 premières minutes les profs nous ont sortit « Rassurez-nous, vous savez que le Graal n'existe pas ? » On s'était regardé d'un air gêné avec mes potes... Bref dans l'ensemble ça s'était bien passé à part ça, j'espère que pour toi aussi :o)
Sinon j'espère que ce chapitre viendra te remonter le moral !


Chapitre 9 : Le pire scoop de l'année

- Atchoum !

Un éternuement déchira le silence du dortoir où dormait paisiblement Kurt, dans la tour de Gryfondor. Il se retourna dans son lit pour jeter un œil à son réveil mais son regard rencontra le lit de Colin avant d'atteindre les chiffres marquant l'heure matinale.

Il se leva d'un bond pour rejoindre son meilleur ami et lui colla une main sur le front. Il grelottait enroulé dans sa couverture. Et voilà, il était tombé malade.

- Bordel Bro, t'as de la fièvre.

- J'dois aller en cours, répondit le blond en reniflant.
Son ton était plutôt froid mais si Kurt prenait en compte son récit de la veille ce n'était pas étonnant, il le considérait comme un traître. Heureusement la fièvre devrait suffire à le rendre plus ou moins facile à gérer, pour le moment.

- Sûrement pas, tu vas rester là... sinon je te stupéfixie, ajouta-t-il face au regard chargé de reproches de son ami. Sombre idiot.

- Je ne te permet pas.

- Tu es un idiot alors la ramène pas. Je passerais voir Pomfresh pour avoir des médocs après le cours de Flitwick. J't'apporterais ça avec de la bouffe à midi. T'as pas intérêt à bouger d'ici là.

- Mais...

- Fais gaffe ou je t'attache.

- Tu passes aux méthodes moldues ? Souffla-t-il sur un ton sarcastique.

- J'm'adapte au client.

Colin ouvrit des grands yeux indignés mais Kurt était trop occupés à retourner voir l'heure sur son réveil.

- Bon mec, j'vais prendre une douche, je file déjeuner et j'essaye de t'apporter un p'tit truc avant d'aller en cours.

Le temps que Kurt prenne une douche bien chaude et enfile des habits propres Colin s'était rendormi. Kurt descendit rapidement les escaliers retrouvant Ginny dans la salle commune.

- Colin n'est pas là.

- Il est tombé malade.

- Tu m'étonnes si il a passé la soirée dehors avec des habits trempés.

- Et il m'en veut.

- Fallait pas t'attendre à un traitement de faveur.

Un instant passa pendant qu'ils marchaient en silence vers la Grande Salle avant que Luna ne surgisse de nulle part attrapant la main du brun au vol. S'incluant avec eux comme si elle avait été là dès les premiers pas. Ce fut d'ailleurs elle qui brisa le silence difficile du duo de sa voix rêveuse qui semblait pourtant légèrement trop sérieuse.

- Qu'est ce que tu comptes faire Kurt ?

- Colin a demandé à parler à Théo.

Un accord tacite flotta un instant dans l'air entre les trois amis avant qu'ils n'entrent dans la Grande Salle pour prendre leur petit déjeuner. Comme à son habitude Luna s'assit à la table des Gryffondor, ce n'était pas comme si les élèves de Serdaigle l'appréciait particulièrement. Ils avaient passé plusieurs années à cacher ses affaires et ne se dérangeaient pas pour l'appeler Loufoca malgré l'idée de famille que pouvait contenir le mot « maison ». Elle n'avait rien à faire avec les Serdaigles. Elle avait sa place à cette table.

Hermione, Ron et Harry discutaient à voix basse dans leur coin, toujours en train de comploter selon la vision du reste de l'école. Ils inclurent immédiatement les trois arrivants à leur conversation.

- Où est Colin ? Interrogea Hermione.

- Il est malade.

- Draco n'est pas là non plus, fit remarquer Luna.

Cinq regards se tournèrent vers la table de Serpentard pour observer en silence le vide entre Blaise et Théodore. Ce dernier fit une grimace avant de désigner la porte du regard. Les Gryffondors finirent rapidement leur déjeuner avant de sortir d'un bloc de la Grande Salle. Leur plan était en train de se noyer, il était temps de faire quelque chose.

+++++C.Ɔ+++++

Ils retrouvèrent les Serpentards dans la salle derrière le tableau aux licornes. L'ambiance était assez tendue. Kurt ne prit pas la peine d'un préambule.

- Colin veut te voir Théo.

- Comment ça ?

- Il a découvert l'existence de ce groupe.

- Qu'est-ce que tu as bien pu faire...

- Hey je ne te permets pas de mettre en doute ma capacité à être discret !

Kurt lança un long regard noir au Serpentard, les poings serrés collés au bois de la table. Une main vient alors se poser doucement dans ses cheveux détournant son attention. Il orienta son regard vers Luna qui commençait calmement à glisser des pinces dans sa tignasse rebelle. Un sourire se dessina sur son visage, lorsqu'elle vit qu'il l'observait, lui faisant totalement oublier la remarque que venait de lui envoyer Théo.

- J'organiserai une rencontre sur la pause déjeuner, reprit le Serpentard. De toutes façons il était temps de tout lui révéler si nous voulons que l'article paraisse dans le journal de demain.

- Colin est malade, je doute qu'il puisse être là lors de la pause, lui apprit Ginny.

- Eh bien débrouillez-vous pour trouver de quoi le soigner avant.

- Franchement, déclara soudainement Hermione, cette histoire commence à devenir n'importe quoi. Non, excusez-moi, ça l'a toujours été. Si Harry et Ron n'étaient pas mêlés à cette affaire je ne vous aurais sûrement pas aidé à atteindre un but aussi futile.

- 'Mione, on en a déjà parlé. C'est vrai que les moyens sont ridiculement grand par rapport à ce que l'on veut obtenir mais ça n'aurait jamais marché de demander l'aide de Colin de but en blanc.

- Il nous aurait ri au nez et aurait arraché quelques scoops au passage, confirma Ron.

- Il n'était pas prévu qu'autant de monde soit mêlé à ce projet, intervint Blaise.

- Je n'aurais jamais participé à ces conneries si la vie sentimentale de Colin n'avait pas été concernée, se renfrogna Kurt.

- Est-ce que c'est un concours à celui qui réussira le mieux à assurer ses arrières, les interrompit brutalement Ginny. On s'en fiche si à l'origine vous agissez pour Colin, pour Draco, pour votre maison ou pour vous même. Au final on est tous embarqués et il va juste falloir assumer toute la merde qu'on a fait. Manipuler Colin était une mauvaise idée. Notre fin ne justifie aucunement les moyens grandiloquents que nous utilisons. Alors on a pas le choix maintenant, on continue !

Un long silence accueillit sa déclaration, la rousse prenait rarement la parole mais lorsqu'elle le faisait, elle ne mâchait pas ses mots. Un échange de regards honteux s'accorda entre les jeunes gens, la culpabilité d'avoir voulu sauter du navire en perdition en abandonnant femmes et enfants était largement partagée.

- Je crois que j'ai vu passer un lutin de Cornouailles, s'exclama subitement Luna.

Un éclat de rire surpris monta dans la salle. La réunion se termina sur cette note joyeuse qui sonna le début des heures de cours. Les membres du groupe se séparèrent rapidement pour rejoindre leur salle de classe respective. Ginny et Kurt se présentèrent pile à l'heure à leur place, après avoir fait un détour pour déposer la Serdaigle.

Le cours s'avéra particulièrement ennuyeux pour Kurt comme depuis plusieurs jours. Colin séchait beaucoup trop en ce moment et la présence de son ami lui manquait. Même si Ginny était là, elle avait bien trop tendance à jouer l'élève modèle pour qu'ils puissent discuter lorsqu'il s'ennuyait. Il tapotait nerveusement le bout de ses ongles sur son bureau en observant les gestes de Flitwick d'un œil distrait. Théo voulait que Colin soit rétabli pour midi. Il ne pouvait pas nier qu'il en avait grandement envie lui aussi mais il doutait de réussir cet exploit. La plupart des potions anti-grippales prenaient plusieurs heures à agir. Et l'état de Colin méritait sûrement une bonne dose de repos en plus.

Quand il put enfin quitter son siège il avait des fourmis dans les jambes. Il lui restait à peine deux heures avant le repas. Il courut rapidement jusqu'à l'infirmerie, abandonnant Ginny qui devait retrouver Luna. Il toqua avant d'entrer dans la grande salle et trouva Pomfresh s'affairant à ranger des fioles dans un placard. Elle examina rapidement le garçon du regard et sembla décider qu'il ne s'agissait pas d'un cas urgent.

- Un instant, demanda-t-elle en terminant de ranger ses fioles.

Lorsqu'elle se tourna enfin vers lui pour lui signaler qu'elle était à l'écoute Pomfresh fut assaillit de répliques confuses précipitamment dispensées par un Gryffondor au débit de parole un peu trop rapide. Elle lui intima de se calmer et de reprendre la cohérence de ses propos.

- Colin a attrapé un coup de froid, un gros coup de froid. Il me faudrait quelque chose pour le soigner. Vite.

- Pourquoi être aussi pressé ? Ce n'est qu'un coup de froid, même sans potion il sera sur pied d'ici quelques jours.

Les neurones de Kurt se désagrégèrent bruyamment alors qu'il tentait de trouver une excuse.

- Il a déjà manqué beaucoup de cours vous savez ? A cause de sa main qui lui faisait mal...

- Parlons-en de sa main, si il avait pu m'expliquer cette blessure, je l'aurais soignée. Ce jeune homme est bien trop maladroit et inconscient ! Il a du traîner dehors à peine couvert pour tomber malade. Passer quelques jours alités lui fera peut-être comprendre que je ne suis pas ici pour réparer son insouciance.

- Madame, s'il vous plaît ! Je m'inquiète vraiment pour lui, il ne va vraiment pas bien ! Il avait de la fièvre ce matin et c'est à peine s'il n'était pas en train de délirer.

A force d'exagération et de supplications Kurt finit par obtenir une fiole pour soigner son meilleur ami. Pomfresh lui signala calmement que la prochaine fois elle ne serait pas aussi gentille après lui avoir expliqué que Colin serait sur pied dans l'après-midi s'il buvait le remède dans l'heure. Elle conseilla tout de même qu'il se repose jusqu'au lendemain matin et qu'il passe la voir une fois debout. Kurt promit de tout dire à Colin avant de se sauver en courant pour retrouver son ami. Il escalada rapidement les escaliers et arriva essoufflé devant le portrait de la Grosse Dame. Il l'écouta à peine alors qu'elle commençait à raconter une nouvelle de ses longues histoires anecdotiques et dû s'y reprendre à trois fois pour qu'elle accepte d'ouvrir. Il reprit sa course jusqu'au dortoir et entra d'un pas triomphant, bien que le plus discret possible, dans la salle.

Longeant les lits il atteignit rapidement celui de Colin, qu'il trouva... vide. Il vérifia dans la salle de bain et redescendit dans la salle commune vérifier qu'il n'était pas passé devant sans le voir mais il ne le trouva nul part. Où avait fui cet espèce de blond ?!

- Colin ? Tenta-t-il dans un dernier espoir.

- Si tu ne m'avais pas ignoré, tu saurais qu'il est sorti d'ici dans un état pitoyable il y a un peu plus d'une heure, malgré que j'aie tenté de l'en dissuader, lui déclara sèchement la Grosse Dame.

+++++C.Ɔ+++++

Colin s'était rendormi écrasé par la fatigue et la fièvre peu après le départ de Kurt. Il avait dormi très difficilement comme durant toute la nuit réveillé par des quintes de toux, des bouffées de chaleurs ou l'air glacial de la pièce. C'est avec la bouche pâteuse et un mal de crâne prometteur qu'il se réveilla à nouveau une heure plus tard. Il avait l'impression diffuse d'être encore plus fatigué que lors de son couché. Il se souvenait vaguement avoir parlé un peu plus tôt avec Kurt. Il s'assit et la salle se mit dangereusement à tanguer. Laissant quelques minutes à son esprit pour se remettre à l'endroit il réussit à se lever pour rejoindre la salle de bain. Il se passa un peu d'eau sur le visage et grimaça devant son reflet pâle couvert de sueur. Il retourna à son lit afin de trouver de quoi s'habiller et parvint miraculeusement à boutonner son pantalon et à enfiler ses chaussures dont il délaissa rapidement la tâche complexe du laçage. Il s'approcha du haut de l'escalier et plaça toute sa concentration, du moins toute celle qu'il pouvait fournir, à placer son pied sur la première marche. La tête baissée vers ses pieds, clignant souvent des yeux pour écarter le voile que la fièvre y avait fait tomber. Il descendit les escaliers vers la salle commune en se servant du mur comme appui. La Grosse Dame sembla surprise de le voir passer par là et s'écria rapidement qu'il devrait retourner se coucher. Il l'ignora superbement, plus à cause de sa maladie que par véritable dédain.

Il n'arriverait jamais à atteindre le parc dans cet état. Il avait besoin d'air et il n'y avait pas trente huit mille endroit où prendre l'air dans les étages de Poudlard. Il se dirigea d'un pas indéterminé et légèrement vacillant vers la tour d'astronomie. Peu importe qu'elle soit interdite en dehors des cours qui étaient prodigués plusieurs nuit de la semaine par Aurora Sinistra, ce n'était pas comme si tout le monde y allait tout le temps... Il était même arrivé que des élèves se retrouvent embrigadés dans une classe en s'y baladant de nuit sans avoir pensé à vérifier les horaires de cours. Colin réussit finalement à atteindre le bas de l'escalier qui menait dans la tour. Il commença l'escalade pour atteindre le toit, obligé de faire de nombreuses pauses pour calmer sa respiration brûlante. Après un temps qui lui parut une éternité, il se retrouva enfin à l'air libre et se laissa tomber à terre après avoir inspiré une grande bouffée d'air.

Il était vraiment dans une condition pitoyable. Ses pensées formaient un brouillard flou et épais qui l'empêchait de réfléchir. Il baissa le regard sur ses mains tremblantes, avant de se rendre compte que ce n'étaient pas ses mains mais son corps entier qui tremblait. Ses paupières étaient lourdes et brûlantes. La Grosse Dame n'avait pas tort, il aurait dû rester couché. Un éclair de conscience lui indiqua qu'il devrait se rendre à l'infirmerie. Le visage de Pomfresh lui expliquant par A+B qu'en dormant plus il serait moins facilement tombé malade vint se faire une place dans son cerveau. Il hésita un moment mais décida finalement qu'il n'avait pas la force, il se sentait bien trop mal pour se faire disputer.

Le sol de pierre était douloureusement inconfortable mais sa fraîcheur lui donnait envie de rester là sans bouger. Ses paupières se faisaient terriblement lourdes et, même s'il se disait qu'il ne devrait pas s'endormir là, il n'avait pas la force de se relever pour rentrer. Il voulait voir Draco, il avait été tellement bête la veille. Il fallait qu'il aille voir Draco pour s'excuser. Cette idée absurde lui donna la force d'essayer de se relever. Mais son corps refusait de le laisser faire. Draco adorait venir ici, il lui suffisait de l'attendre.

+++++C.Ɔ+++++

Les premières gouttes de pluie qu'il sentit s'écraser sur son visage avaient du être précédées de millier d'autres. Colin ouvrit brusquement les yeux en comprenant qu'il s'était endormi sur le toit de la tour. Ses habits étaient détrempés pour la deuxième fois en deux jour, ce qui n'allait sûrement pas arranger son coup de froid. Il avait au moins l'impression que sa fièvre était tombée, ce devait être l'œil du cyclone avant la rechute. Il se releva afin de descendre consciencieusement les escaliers, s'appuyant au mur pour ne pas trébucher avec ses chaussures glissantes. Il finit par rejoindre la salle commune des Gryffondors laissant une longue traînée d'eau derrière lui. Son entrée dans la salle commune aurait plus être plus discrète. La Grosse Dame commença par hurler d'affolement et s'inquiéter pour sa santé en le voyant revenir trempé mais elle semblait rassurée qu'il soit entier. Puis elle lui passa un savon. Dire qu'il avait tenté d'éviter celui de Pomfresh. Il eut du mal à lui faire ouvrir le passage. La quinte de toux qui l'étouffa presque sur le pas de la porte amena tout les regards vers lui. Il jura à voix basse avant de rejoindre le dortoir qui se présenta désespérément vide. Il attrapa des vêtements secs dans sa malle, laissant traîner les autres sur la moquette où s'étendit rapidement une tache humide. Il finissait de se changeait lorsqu'il avisa quelque chose posé sur son lit. Il s'approcha pour trouver une fiole et un mot qui lui disait de prendre ce médicament et de le rejoindre au tableau aux licornes à dix-neuf heures. Il se souvint immédiatement de son rendez-vous avec Théo et de la conspiration.

Colin attrapa la fiole et la leva au niveau de ses yeux pour observer son contenu de plus près. Qu'est-ce que c'était que ça ? Un remède pour son rhume ? Il se demandait si il en avait vraiment besoin, après tout sa fièvre était tombée. Même s'il n'était pas sûr qu'elle ne réapparaisse pas plus tard. Il savait surtout qu'avec la puissance des potions de Pomfresh il risquait d'avoir très sommeil après avoir bu ça. Il la rangea dans sa poche, il préférait être entièrement concentré pour retrouver les autres. Il jeta un œil à sa montre... Il avait dix minutes pour retrouver le tableau. Il ressortit en trombe de la salle et passa en coup de vent dans la salle commune. Les dix minutes lui furent largement nécessaire pour retrouver le lieu de rendez-vous. Kurt l'attendait appuyé contre le mur, discutant avec Luna. Il s'avança silencieusement dans leur direction, Luna lui envoya un énorme sourire rayonnant. Franchement, comment pouvait-on imaginer cette fille faire du mal intentionnellement ?

- T'as l'air d'aller mieux Bro.

- Une journée de repos ça aide, répliqua-t-il,
Il se dit qu'une bonne dose devait courir dans ses veines et masquer son état maladif.

- Je t'ai cherché partout.

Colin fronça les sourcils, et rejeta en arrière les mèches qui coulaient sur son visage.

- Hum, passons, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

- Maintenant tu vas obtenir des réponses.

Kurt ouvrit le passage secret derrière le tableau et lui fit signe de le suivre. Il traversèrent le couloir pour arriver à la salle circulaire toujours plongée dans une pénombre incertaine. L'autre Gryffondor se poussa permettant à Colin de voir qui trônait ce soir à la table. Mais ce soir la table avait disparu. Il n'y avait que des fauteuil, au fond contre les colonnades, plongés dans l'obscurité. Millicent, Ron et Blaise se trouvait debout à droite tandis que Ginny, Harry et Hermione occupaientt la gauche. Colin sentit plus qu'il ne vit la présence de Crabbe et Goyle derrière lui de chaque côté de la porte. Il y avait deux sièges occupés par des ombres. Entre les deux, appuyé d'un coude sur le dossier de gauche se devinait une ombre.
- Bienvenue Colin, commença la voix de Nott provenant du fauteuil de droite.

- Jolie mise en scène, complimenta Colin sur un ton légèrement narquois. Dommage que vous sembliez manquer de chaises.
- Chez moi on commence par dire bonjour, grommela Harry.

- Tu veux peut-être t'asseoir ? S'intéressa Kurt. Vu que tu étais malade aujour...

- Non, ça ira, le coupa le blond.

- Colin, nous t'avons fait venir ici pour t'expliquer notre démarche, reprit Nott.

- Il serait de bon ton de commencer par vous excuser pour vos méthodes.

Il entendit vaguement un « Je vous l'avais dis » provenant de la gauche. Mais il était trop occupé à scruter les ombres pour apercevoir l'occupant de l'autre fauteuil pour s'en occuper.

- Je ne vois pas pourquoi nous nous excuserions.

- Ah bon ? Tu ne crois pas que jouer avec les sentiments des gens c'est peut-être pousser votre jeu un peu loin ?

- Ce n'est pas un jeu ! S'écria d'un ton vexé une voix féminine.

- Bien Milli, qu'est-ce que c'est dans ce cas ?

- La quête puérile d'un groupe de Serpentard déchus, lui répondit Hermione d'un ton très serein.

- Oh les Serpentard sont déchus ?

- Ne fais pas l'innocent Colin, l'interpella Blaise. Tu sais très bien que depuis la guerre les Serpentard sont encore plus isolés qu'ils ne l'étaient avant.

- Ça n'a jamais eu l'air de vous déranger.

- Aujourd'hui nous sommes rabaissés et haïs !

- Oh oui, c'est vrai que les Serpentard ne règnent plus sur Poudlard, disons que c'est Poudlard qui règne sur vous. En quoi est-ce mon problème ?

- Tu dois changer ça ! Reprit Nott. Tu dois parler en notre faveur. Si nous sommes encore ici aujourd'hui c'est bien parce que nous n'avons rien eu à nous reprocher durant la guerre. Certains d'entre nous ont même aidé à la victoire !

- Demandez au directeur de faire un petit discours en votre faveur, je suis sûre qu'il en serait très heureux.

- Colin il l'a déjà fait je te rappelle, les journaux ont déjà montré notre mérite mais ici rien n'atteint la haine que nous porte les autres maisons.

- La haine ? Si tu veux mon avis Nott, je dirais que ça dépend pour qui. Y'a qu'à voir Blaise et Ron roucouler comme des inséparables. C'est juste un satané problème d'ego... Vous voulez que je lave votre image. J'y crois pas d'avoir eu à subir tout ça pour une raison aussi... Je n'ai même pas de mot. C'est puéril, narcissique et entièrement inutile ! Merlin, comment avez-vous fait pour rallier tant de monde à une telle cause ?

Colin roula des yeux avant de soupirer. Il avait un peu de mal à enregistrer qu'il venait de passer une semaine purement stressante rien que pour un problème de réputation. Il avait l'impression de se retrouver dans une espèce d'univers mondain aristocratique dépassé. Un univers Serpentard en somme.

- Colin on ne te demande pas de comprendre. On demande juste ton aide.

- Je me demande bien pourquoi vous ne l'avez pas fait dès le début.

- Tu aurais refusé, intervint Ginny. Ce n'est pas un scoop scandaleux.

- C'est donc un article que vous voulez, un long article expliquant combien les Serpentard sont des gens extraordinaires et vraiment fréquentables ? Je n'en reviens vraiment pas. Ne comptez pas sur moi.

Il parcourut des yeux les visages qu'il pouvait observer. Tout le monde paraissait extrêmement gêné comme un enfant prit sur le fait. Il se détourna pour rejoindre la porte.

- Tu te défiles ?

- Ce n'est pas un défi Harry, c'est juste une espèce de mascarade carnavalesque.

- Colin, commença Hermione, je suis de ton avis...

Le blond se stoppa attendant le « mais » pour se retourner lentement vers la brune.

- Mais il s'agit ici de rétablir la vérité. Nous t'offrons toute la vérité sur le rôle des Serpentard pendant la guerre et en échange...

- En échange je leur permet de pouvoir montrer leur amour au grand jour. C'est donc là que Draco venait jouer son rôle. En sortant avec un Serpentard je me retrouve obligé de rétablir votre réputation pour éviter de me prendre des pierres si je révèle ma relation. C'était bien joué. Malheureusement Draco et moi ne sortons pas ensemble.

Du moins plus pour le moment, si espoir il y avait que Draco lui pardonne un jour.

- Tu es à Gryffondor !

- Et alors Ron ? Toi aussi que je sache...

- Comment peux-tu te montrer aussi fuyant lorsqu'on te demande ton aide ? Cette mascarade, comme tu dis, permettra à plusieurs couples de pouvoir se montrer sans peur.

- Je ne suis pas une espèce de messager de l'amour. Vous êtes grands, vous savez manier une baguette.

- Tu veux donc que nous fassions régner la terreur.

- J'ai fondé tellement d'espoirs en toi...

Colin sortit sa baguette d'un geste vif envoyant un sort pour allumer les lanternes de la pièce, révélant de façon plus claire les visages des personnes présentes.

- ….Et te voilà mêlée à toutes ces fadaises Pansy...

La jeune femme soupira en levant le regard vers Neville qui observait le blond qui leur faisait face d'un air suppliant.

- Colin, je...

- Je vois.

Le jeune homme repoussa à nouveau les cheveux mouillés qui tombaient sur son visage.

- J'vais écrire votre putain d'article. Demain matin, ici.

Et il s'enfonça dans l'ombre du couloir pour quitter la salle. Il poussa le tableau d'une main alors qu'une voix s'écriait soudainement « Mais le journal doit sortir demain ! ». Il l'ignora complètement repoussant la porte derrière lui. Il avait un peu la tête qui tournait, il rangea dans sa poche la fiole de médicament qu'il avait avalé en avançant mais il faudrait au moins une vingtaine de minutes avant qu'il fasse effet.
- Tu leur as dis oui.

- J'avais promis à Neville.

- Malgré tout tu restes un Gryffondor.

- Ça te pose problème ?

- Non, c'est plutôt appréciable la plupart du temps.

Colin se retourna, une lueur d'espoir dans les yeux, vers Draco appuyé contre le mur.

- Tu n'étais pas à la réunion.

- Tu avais besoin d'un chaperon ?

- Je me débrouille parfaitement sans toi.

- Je n'en doute pas.

- Arrête de sourire de cette façon !

- De quelle façon ? S'amusa Draco.

- Avec moquerie, s'énerva Colin

- Je ne me moque pas, le ton de Draco devint sec.

Colin fronça les sourcils, serrant les poings. Bien sûr que si, il se moquait, ça s'entendait dans sa voix, ça se voyait dans son sourire, ça se lisait dans ses yeux ! Il se moquait tout autant qu'il l'ait quitté la veille, il semblait se moquer de tout ! Le Gryffondor grinça des dents.

- Je vois que tu vas bien.

- Pourquoi irais-je mal ? Sourcilla le Serpentard.

- En effet, on se demande bien pourquoi tu pourrais aller mal.

- Je ne vois pas pourquoi je devrais souffrir parce que tu t'es barré comme un connard hier.

Colin tiqua, Draco avait immédiatement compris ce à quoi il voulait faire mention et même s'il disait aller parfaitement bien il venait de le traiter de connard. Il sourit narquoisement.

- Je ne parlais pas de ça.

- Tu ne pouvais parler que de ça.

Colin jura mentalement, en effet il n'aurait pu parler de rien d'autre, il venait de se faire prendre à son propre piège !

- Va te faire Draco.

- Avec plaisir, je n'ai pas besoin de toi pour ça.

Le sang de Colin ne fit qu'un tour.

- Espèce d'enfoiré ! Si tu pouvais aussi facilement me remplacer pourquoi est-ce que tu t'es amusé à me faire tourner la tête toute la semaine ! C'était une putain d'erreur de te faire confiance ne serait-ce qu'une seule seconde ! Tu n'as qu'à retourner sauter sur tout ce qui bouge, dire que j'allais m'excuser !

Les larmes aux yeux Colin commença à se détourner lorsque Draco attrapa brutalement son poignet pour le plaquer contre le mur.

- Espèce de petit con, siffla-t-il. Je n'ai sûrement pas besoin d'un mec à peine dépucelé pour m'offrir une partie de jambes en l'air. Et si tu crois vraiment que j'ai pu jouer avec toi rien que pour ça tu te trompes. Le sexe je peux le trouver n'importe où, mais toi je t'aime imbécile !

Colin cligna plusieurs fois des yeux, légèrement abasourdi avant de finalement réussir à ouvrir la bouche.

- Je ne me sens pas très bien.

- Je te fais tant d'effet ? Se moqua Draco qui reprenait déjà un ton normal.

- Je pense que j'ai à nouveau de la fièvre.

Draco lui lança un regard légèrement surpris puis totalement inquiet lorsque le petit blond se raccrocha à lui pour ne pas glisser le long du mur.

- J'ai sommeil.

- Très bien, tu peux marcher ?

Draco s'écarta pour vérifier mais la réponse s'effondra dans ses bras.

Colin releva la tête vers lui, les yeux dans le vague. Ses pieds quittèrent le sol, son esprit décida rapidement que la situation lui donnait le droit de repartir en mode off et ses yeux ne tardèrent pas à faire l'impasse.

+++++C.Ɔ+++++

Lorsqu'il rouvrit les yeux, Colin aurait bien été incapable de dire qu'elle heure il était et où il se trouvait. Une sensation humide sur son front lui indiqua que sa fièvre n'avait pas baissée miraculeusement comme la fois précédente. Il attrapa le gant tiède, qui venait de s'écraser sur la couette lorsqu'il s'était assis et le repoussa plus loin avant de comprendre où il se trouvait d'un rapide coup d'œil autour de lui. Il remercia la salle de ne pas bouger indépendamment de sa volonté et posa la deuxième question qui l'intéressait.

- Quelle heure est-il ? S'enquit-il d'une voix éraillé auprès de la forme qui occupait le fauteuil dans la périphérie de sa vision.

- Deux heures du matin.

- Je dors depuis longtemps ?

- Depuis hier soir.

Un long moment de silence suivit ce cours échange purement factuel.

- Je voudrais...

- J'ai l'impression que tu vas mieux, le coupa l'occupant du fauteuil.

- Pas vraiment, soupira Colin.

La forme se releva du siège pour glisser jusqu'à lui posant une main glaciale sur son front. Colin fut secouer d'un frisson.

- Tu n'as plus de fièvre.

- J'ai mal à la gorge et à la tête, protesta le petit blond.

- Tu es malade, dormir ne peut pas suffire à te soigner.

Colin ne répondit que par un grognement. L'autre commença à repartir vers son fauteuil mais il l'attrapa par la main pour la reposer sur son front.

- Ta main est froide. J'ai moins mal comme ça.

- Je ne vais pas rester comme ça toute...

- S'il te plaît, le coupa Colin.

C'est en levant les yeux au ciel et d'un geste un peu raide que Draco s'assit sur le bord du lit aussi loin que lui permettait sa main collée au front de Colin.

- Je t'ai ramené ici simplement car sinon on m'aurait fait un procès pour non assistance à personne en danger, justifia-t-il.

Colin lui aurait bien répliqué qu'il aurait pu l'emmener à l'infirmerie mais il voyait bien l'effort que faisait le Serpentard pour se montrer avenant et lui sourit timidement. Il se recoucha tirant sur le bras de Draco qui fut bien obligé de se rapprocher et finit même par suivre le mouvement.

- J'espère que tu n'es pas contagieux.

Colin laissa échapper un filet de musique coupé par une quinte de toux qu'il tenta d'étouffer dans sa main. Il se remit à trembler.

- Je peux me servir de toi comme bouillotte quand même ?

- On pourrait me reprocher de t'avoir laissé grelotter de froid.

- Merci, je vais essayer de ne pas te contaminer.

Draco ne répondit rien et se contenta de prendre un air lointain en haussant les épaules comme s'il s'en fichait. Colin se blottit contre lui en soupirant d'aise. Ses mains étaient froides, son attitude était froide mais son corps était chaud et confortable. Il prit le temps de profiter de la situation avant de soupirer.

- Je suis désolé pour avant-hier...

- Nous en avons déjà parlé hier.

Le ton de Draco était peu engageant. Même s'il avait été détaché mais poli jusqu'à ce moment, son humeur semblait avoir virée. Colin baissa la tête d'un air affligé, il s'en voulait vraiment pour ce qu'il avait dit dans les vestiaires. Quand à hier, pour le moment il avait un peu de mal à s'en souvenir mais ils s'étaient disputés. Si Draco décidait de couper court à leur relation définitivement il ne pourrait protester. Il avait agi comme un sombre idiot aveuglé par son désir de connaître le secret au sujet du groupe qui le manipulait. Et maintenant qu'il savait, il se sentait tellement nul.

- Je suis vraiment désolé.

- Arrête de t'excuser, soupira le Serpentard.

- Je pourrais m'excuser toute la nuit, contra Colin sur un ton joueur.

- J'ai les moyens de te faire taire, Mister Crivey.

- Serait-ce une menace ?

- Ça pourrait devenir une réalité...

Colin haussa un sourcil devant le ton sensuel de Draco. A quel moment avaient-ils fait la paix, il se souvenait seulement d'une dispute hier, vaguement d'avoir voulu partir et de s'être prit un mur.

- Comment s'est finie notre dispute hier ?

Draco lui lança un regard surpris avant de hausser les épaules.

- Tu t'es excusé d'avoir été une sale petite enflure en me quittant brutalement totalement nu dans un vestiaire, on s'est réconciliés, tu es tombé dans les pommes parce que tu avais de la fièvre, sûrement depuis un moment pour te retrouver dans cet état.

- Tu ne m'en veux plus alors ?

- J'aurais pu jouer, te raconter des bobards mais non je ne t'en veux plus. Et je ne t'en voulais pas, tu as juste paniqué à cause de la pression. En fait tu es une petite chose fragile...

- C'est totalement faux ! Je suis absolument pas fragile !

- Bien entendu, répliqua Draco sur un ton moqueur. Qui est malade depuis ce matin ? Qui s'était blessé à la main il y a peu ?

- C'est pas marrant, bougonna Colin.

Draco sourit avant de l'embrasser.

- J'vais te filer mon rhume, s'écria le petit blond en le repoussant.

- T'es vraiment une espèce de petit con mais je crois que je ne pourrais plus me passer de toi...

- Dixit le plus gros connard de Poudlard ?

Draco lui écrasa un coussin sur le visage avant de lui intimer de dormir vu l'heure qu'il était et son état.


Comme quoi tout finit bien... Enfin c'est pas encore finit hein ! Revenez la semaine prochaine et en attendant n'hésitez pas, j'adore papoter !