Voici un chapitre un peu "enquête-gavant" mais il faut bien...

Dites-moi ce que vous en pensez, bonne lecture!


Telles furent les dernières pensées de l'Agent DiNozzo alors qu'il glissait le long d'un mur, observant de son regard trouble ses mains couvertes de son propre sang, jusqu'à ce que celles-ci ne tombent et ses paupière ne se closent, son esprit partant vers le lointain et son corps s'affalant sur le sol dur et ensanglanté d'un "quelque part".


Il était petit, mais ça ferait bien l'affaire. Après tout ce n'était que "temporaire". Et puis, le matériel y était, c'est tout ce qui compte. Une fois la musique à s'en décrocher les tympans allumée, Bert l'hippo' posé à côté de nombreux gobelets de Caf'pow pour la plupart entamés et vides, il n'y eut aucun doute sur le fait que l'on avait bien atterri dans le labo d'Abby.

Et à la voir, on pouvait être sûr qu'il y avait du pain sur la planche.

Les machines ronflaient, les recherches tournaient à plein, et la laborantine ne cessait de naviguer dans toute la pièce, vérifiant, cherchant, revérifiant, recherchant…

Elle s'accorda une demi seconde de pause, le temps de siroter sa boisson, même si elle savait qu'elle n'avait pas le temps, ou plutôt qu'il n'avait pas le temps… Pourtant elle n'avait cessé de travailler depuis son arrivée quelques heures plus tôt, et la jeune femme n'arrêtait pas de se dire qu'elle devait être plus rapide, plus performante, plus…

Un bip répétitif et strident provenant de son ordinateur interrompit ses pensées.

-Alors, qu'est-ce que tu as pour moi, mon bébé ? » l'interrogea-t-elle.

Le résultat des analyses s'afficha sur l'écran.

Et le visage d'Abby s'illumina.


Dans la lune, lui ? Non ! Son esprit était juste… resté dans l'avion… ? Reparti à vagabonder de pensées en pensées jusqu'à tomber sur ce souvenir désagréable qui revenait sans cesse.

Cette dernière conversation déplaisante où Tony ne cessait de le tourmenter à propos de "Seigneur des Elfes" lui paressait à présent si lointaine… Et il trouvait tellement idiot d'avoir trouver ça "désagréable", alors qu'il donnerait tout maintenant pour se faire appeler – ne serait-ce qu'une fois – "le bleu"…

Et voilà, il se remettait à divaguer, ce qui lui valut en outre une belle tape derrière le crâne de la part d'un Gibbs sur les nerfs.

« McGee, réveillez-vous, vous n'êtes plus dans l'avion, au boulot !

-Euh, oui, tout de suite, patron. » bégaya McGee.

Alors que Gibbs s'en allait, une once d'énervement sur le visage, Ziva l'interpella en se levant de son bureau, une télécommande à la main.

« Gibbs, attendez. On a peut être une piste intéressante pour notre serial killer.

-Allez-y, l'incita-t-il en se plaçant devant l'écran ou de jeunes victimes s'alignaient.

-J'ai fait des recherches sur ces femmes. Dans chacun des deux groupes il s'agissait de femmes marines qui se connaissaient par le travail et qui étaient amies. Aucune relation cependant entre les deux massacres si ce n'est que toutes avaient le même boulot et le même âge, entre 20 et 25 ans.

Je me suis alors intéressée aux deux torturées puis tuées à bout portant. Et ça a donné ça. »

En accord avec ses paroles, Ziva actionna le bouton et le visage de deux rousses emplit l'écran.

Elles se ressemblaient tant qu'on aurait pu croire à des sœurs… et que McGee en restait bouche bée.

« Leur ressemblance est assez frappante, avoua Gibbs, plissant les yeux.

-Oui mais le plus frappant, c'est qu'elles n'ont aucun rapport entre elles. Elles ne travaillent pas ensemble, n'ont pas d'amis communs, elles ne se connaissent même pas, rien. Le seul lien entre ces deux femmes, c'est… lui. » dit-elle en appuyant une nouvelle fois sur sa télécommande.

L'image changea à nouveau et laissa place à un homme blond, aux yeux noisettes, plutôt jeune et l'air peu locace.

-Larry Brooklys. Célibataire, la trentaine, pas d'enfants. Il dirige sa propre compagnie d'assurance à Seattle, plutôt florissante, son casier est vide, bref, le bon petit citoyen rêvé !

-Son mobile ? questionna Gibbs.

-C'est là que McGee entre en jeu !

-Oui, j'ai épluché ses relevés téléphoniques, rien d'inhabituel jusqu'à ce qu'il se mette à téléphoner régulièrement chacune des deux femmes à peu près en même temps il y a environ deux semaines, démontra-t-il en exhibant des documents que Gibbs survolait. J'ai donc élargi mes recherches aux e-mails et j'ai trouvé quelques messages qui prouvent qu'il avait bien une relation avec les deux filles en même temps.

-Malheureusement, les seuls témoins des relations de chaque femme avec cet homme sont toutes les marines qui ont été tuées.

-Et de jour en jour, notre ami Larry s'est montré de plus en plus dépendant de ses compagnes.

-Il leur soutirait de l'argent ? demanda Gibbs.

-Oui, et plutôt deux fois qu'une, affirma McGee en montrant plusieurs retraits de grosses sommes au téléviseur.

-Lorsque les deux maîtresses de Brooklys ont compris la supercherie, elles ont sans doute tenté de porter plainte avec les témoignages de leurs amies mais à leurs risques et périls.

-Trouvez-moi où vit ce fumier, ordonna Gibbs.

-C'est fait, il réside au 3, Union street à Seattle, c'est à environ ½ heure d'ici, répondit McGee.

-Ziva sortez la voiture, attendez-moi, je vous rejoins.

-Où est-ce que vous allez? lui cria Ziva alors qu'il partait.

-Voir Abby! » lança-t-il en s'éloignant.


Elle sautait dans tous les sens, sans trop savoir sur quel pied danser, au sens propre comme au figuré. Elle était partagée entre le sentiment de joie et celui d'incertitude. La joie d'avoir enfin un espoir auquel se raccrocher et l'incertitude qu'il s'agisse bien d'une piste solide.

Jusqu'à ce qu'une chose claire lui vint à l'esprit: prévenir Gibbs. Alors elle s'arrêta d'un coup.

"Gibbs! s'écria-t-elle en composant fébrilement son numéro. Vite, réponds, réponds, dépèche-toi...

-Je ne fais que ça, me dépêcher ! retentit une voix dans son dos.

-Ah! Gibbs! C'est bien toi! s'exclama-t-elle en se jetant dans ses bras.

-Oui, c'est bien moi, Abby, sourit-il tandis qu'elle s'empara du soda qu'il lui avait apporté. Tu as des nouvelles pour moi?

-Oh oui, et de très bonnes nouvelles! J'ai analysé les vêtements de l'agent Lewis, et tu sais comment je m'y prends, c'est pas à la légère, j'y vais du moindre cheveu jusqu'à la plus petite particule en passant par...

-Abby... J'ai pas le temps, l'interrompit-il.

-D'accord, je suis tombée sur ça, dit-elle en montrant un petit bout de bois ensaché.

-Une branche? examina Gibbs.

-Cachée dans sa capuche! Et pas n'importe laquelle! C'est une branche d'un merveilleux conifère nommé "Abies lowiana" ... Et il n'y en a dans aucun site ou espace naturels dans les coins. Par contre, il y a une forêt privée qui n'est pas fréquentée à deux pas d'ici! Je t'ai écrit l'adresse. Bon je ne sais pas si ça signifie que...

-Ca signifie que tu es un génie, Abby! » dit-il en l'embrassant furtivement sur la joue tout en emportant le papier où la fameuse adresse était notée...

Ainsi donc, il avait une chance de retrouver Tony et son équipe.

De longues années étaient passées devant Gibbs et l'expérience lui avait montré à plusieurs reprises que l'espoir était la chose la plus garce sur Terre. Il vous prend subitement, grandit en vous presque jusqu'à vous faire sourire, puis au moment où vous vous y attendait le moins, s'évapore en une seule seconde, vous laissant seul, face à vous même, pris au dépourvu.

Et ces moments passés seul, Gibbs n'en avait eu que trop.

Alors aujourd'hui, il n'osait pas. Espérer que son agent soit en vie pour découvrir à coup sûr que ce n'était pas le cas... Non, il n'osait même pas y penser.

Et pourtant, il ne pouvait empêcher une petite part de lui-même croire que Tony était en vie.


Je vais essayer quelque chose pour poster la suite plus rapidement.

Me tenir à une date: le 21 au plus tard.

J'espère pouvoir tenir cet engagement.

Merci de votre fidélité!! Vous êtes géniaux!!