Bonjour !
Je tiens à remercier toutes celles qui m'ont laissé une review, et plus particulièrement Elinae pour sa gentillesse et son coup de pouce très sympathique (et inespéré !)
Merci aussi aux anonymes : Nana10 et Sandry, mes fidèles lectrices qui ne manquent jamais de me laisser un commentaire, vous êtes toujours aussi formidables.
Je vous laisse à votre lecture et je vous retrouve plus bas.
Chapitre 9
Au milieu d'une foule dense, je faisais la queue devant les grilles du Yankee Stadium quand une voix familière m'interpella. Je me retournai, alors qu'un sourire naissait sur mes lèvres bien malgré moi.
— Bella ! Pourquoi fais-tu la queue alors que nous avons des Pass VIP ? me demanda Edward qui affichait un large sourire, bien loin de l'expression torturée et coupable qu'il arborait ce matin quand je m'étais sauvée de chez lui.
— Oh ! Je ne savais pas qu'on pouvait passer devant tout le monde.
— C'est tout l'intérêt des Pass VIP…
Il me saisit la main et me tira hors de la queue alors que je me demandais encore comment il s'y prenait pour passer du rire aux larmes. Peut-être avait-il un dédoublement de personnalité ou un frère jumeau. En tout cas, il était divinement beau, comme à son habitude, et j'eus un petit pincement au cœur.
— Viens, il y a une entrée spécialement réservée aux invités, rigola-t-il en m'entraînant derrière lui, sa main toujours refermée sur la mienne.
— Ce n'est pas très démocratique tout ça, marmonnai-je sous le regard amusé d'Edward.
Nous rentrâmes effectivement par une porte où personne ne faisait la queue et fûmes conduits dans une sorte de loge aménagée en salon style baisodrome, donnant sur un balcon privé, meublé de deux rangées de sièges en plastique.
Ma mère nous y attendait, brushing gonflé et flûte de champagne à la main.
— Oh ! Tu es là ma chérie ! s'exclama-t-elle, comme si elle ne s'attendait pas à ma venue alors qu'elle m'aurait écorchée vive si j'avais décommandé son invitation.
— Il y a des mini-canapés au saumon et des casquettes parasols que tu as le droit de ramener chez toi ! me dit-elle sur le ton de la confidence.
— Ah ! Super ! répondis-je en feignant une joie intense.
Edward pouffa et me lâcha la main pour serrer celle de ma mère.
— Bonjour Renée, comment allez-vous ?
— Très bien Edward. Je suis ravie que ma fille t'ait trouvé. Tu es parfait ! s'extasia ma mère en lui donnant une petite tape sur les fesses.
— Euh… merci, balbutia-t-il en la regardant comme si elle était un serpent venimeux.
Je roulai des yeux et soufflai silencieusement.
— Mais venez vous installer, le match ne commencera que d'ici vingt minutes. Voulez-vous une flûte de champagne ? demanda Renée en virevoltant dans la pièce comme si c'était son salon.
— Avec plaisir, répondit Edward d'une voix veloutée.
— Pas pour moi Maman, grimaçai-je en me frottant le front.
— Mais il est offert ma chérie ! insista-t-elle avec une mine offusquée.
— Très bien, alors juste un fond.
Une voix venant du fond de la pièce se fit entendre suivie d'un grand sifflement.
— Oh ! Mon Dieu ! Renée, vient voir tous ces beaux gars baraqués qui courent dans leurs petits pantalons moulants !
— J'arrive tout de suite ! cria Maman avec excitation.
Edward me regarda avec des yeux ronds tandis que je soufflais d'exaspération en fusillant ma mère du regard.
— Pourquoi tu ne m'as pas dit qu'oncle Garrett était là ? la réprimandai-je en passant devant elle rapidement pour rejoindre la terrasse où je le trouvai appuyé contre la rambarde, admirant les postérieurs des joueurs s'entraînant sur le gazon.
Quand il me vit, il hurla de joie comme une vieille folle hystérique avant de me serrer dans ses bras à m'étouffer. Puis il me pinça la joue comme quand j'avais 5 ans en arborant un sourire ému.
— Dieu du ciel Bella, comme tu es devenue belle ! Regarde-moi ces seins bien fermes et ses cuisses fuselées ! Tu es superbe ma chérie !
— Hum, euh… merci Garrett, répondis-je gênée en jetant des coups d'œil furtifs à Edward qui se mordait la lèvre pour ne pas rire. Toi tu es toujours aussi… euh… élégant, continuai-je en avisant son pantalon jaune canari et sa chemise en satin vert pomme largement ouverte sur son torse poilu et outrageusement bronzé.
— Merci ma douce colombe en sucre, j'y travaille. Oh ! Mais qui est ce charmant jeune homme qui t'accompagne ?
— Euh, je te présente Edward, mon… ami, hésitai-je.
C'est vrai que j'aurai pu dire mon fantasme ou encore mon patron car il était tout ça à la fois.
— Bonjour jeune homme… minauda Garrett de sa voix sirupeuse en se trémoussant.
— Doucement ! s'indigna ma mère. C'est le petit-ami de Bella.
— Non ! Maman, je t'ai déjà dit qu'Edw…
— Bonjour, c'est un plaisir de rencontrer la famille de Bella, fit Edward en me coupant dans mes protestations et en tendant une main à Garrett.
— Pas de ça chez nous mon grand ! protesta-t-il et il attira Edward dans ses bras et l'étreignit en lui tapotant le dos.
— Désolée… soufflai-je à l'intention d'Edward quand mon oncle l'eut relâché, non sans lui avoir pincé la joue.
Je ne pouvais pas être plus mortifiée. Je crois que ça battait la fois où Garrett était venu me chercher à l'école avec ce tailleur pantalon en satin rose fuchsia et les talons bobines assortis. Mais pourquoi avais-je une famille aussi déjantée ?
Je laissai ma mère et Garrett s'extasier devant les fesses des joueurs et entraînai Edward avec moi dans le petit salon.
— Je t'avais prévenu que c'était une mauvaise idée de venir ! Mais tu ne m'as pas écoutée ! râlai-je à voix basse.
— Calme-toi Bella, tout va bien se passer. Ton oncle et ta mère ont l'air très gentil.
— Oui, en apparence. Méfies-toi, ma mère est capable de te gaver de petits fours au saumon tout en t'assommant avec des histoires incongrues et humiliantes sur mon enfance, ou carrément déplacées sur ses parties de jambes en l'air avec ses innombrables maris, pendant qu'oncle Garrett tentera de te peloter les fesses, si ce n'est pas autre chose ! Crois-moi, le mieux c'est de se tirer d'ici !
Edward posa doucement ses mains sur mes épaules et plongea ses yeux au fond des miens.
— Tout va très bien se passer. Ok ?
— Ok, soufflai-je vaincue par ses iris envoûtants.
Ma mère nous appela de sa voix stridente pour nous informer que la partie était sur le point de commencer et nous nous installâmes tous sur la petite terrasse avec nos verres de champagne et nos petits fours.
Maman devint limite hystérique quand Phil débarqua sur la pelouse, sa batte à la main. Elle lui envoya des baisers et sourit comme une adolescente amoureuse. Ca me rendit toute chose.
Le match s'étira en longueur et je remarquai Edward discutant tantôt avec Garrett, tantôt avec ma mère. Parfois il riait de son rire si profond, basculant sa tête en arrière. Il avait l'air si détendu, si heureux que je ne pus empêcher un sourire de fleurir sur mes lèvres.
Nous passâmes un bon moment. Excellent même. Néanmoins je voulais parler à Edward de ce qui s'était passé le matin et je savais que j'allais casser l'ambiance, mais il le fallait. Cette histoire me triturait le cerveau.
Edward s'était comporté comme le parfait petit-ami, et peut-être l'était-il, mais je ne pouvais pas le laisser connaître ma famille et s'en faire apprécier, je ne pouvais pas le laisser m'embrasser, me toucher si je ne savais pas un minimum de choses sur lui. Il fallait qu'il me parle, qu'il se livre. Je voulais savoir qui était cette fille pour lui. Je voulais savoir à quoi m'en tenir avec lui.
Ma mère et Garrett sortirent de la loge pour rejoindre Phil à la fin du match, me laissant seule avec Edward.
Il s'installa confortablement dans un fauteuil, une flûte de champagne à la main tandis que je le regardais.
— Alors, tu vois Bella. Ce n'était pas si terrible finalement ! Pas de main aux fesses ni d'anecdotes croustillantes ! sourit-il en buvant une gorgée de champagne.
— Non, en effet, répondis-je d'une voix plate.
— Tu as une chouette famille, dit-il, les yeux dans le vague.
Puis il reporta son regard sur moi et constata mon air préoccupé.
— Bella, qu'est-ce qui ne va pas?
— Rien, c'est juste que j'ai besoin de savoir certaines choses sur toi.
Son regard perdit son éclat rieur. Il grimaça et se mordit la lèvre.
— Que veux-tu savoir ? dit-il d'une voix dure mais résignée.
— Tu connais presque tout de moi. Tu sais d'où je viens, pourquoi je travaille dans cette boîte, tu connais ma famille, mes amis. Et moi je ne sais pratiquement rien sur toi à part quelques détails. Je veux savoir ce qu'on est l'un pour l'autre et pourquoi on dort toutes les nuits ensemble depuis qu'on se connait. Je veux savoir qui est Tanya et je veux savoir ce qui c'est passé l'autre soir quand tu es venu chez moi. Pourquoi tu ne me parles jamais de toi, de ta famille ? dis-je d'une traite, à bout de souffle.
Il tourna la tête vers la baie vitrée et son regard se perdit un instant dans la contemplation du ciel, puis il me regarda bien en face et je fus décontenancée par ses yeux tristes.
— Parce que je n'ai pas de famille Bella.
— Oh ! Je… je ne voulais pas… j'ignorais… enfin je… je suis désolée Edward, m'excusai-je avec empressement.
Quelle idiote ! Si j'avais imaginé qu'Edward était orphelin, jamais je ne me serais permise une telle indiscrétion. Qu'est-ce que je pouvais être gourde !
Mon téléphone sonna et je m'empressai de fouiller dans le fourbi de mon sac pour me redonner une contenance. Je mis enfin la main sur mon I phone et décrochai fébrilement.
— Allô ?
— Bella, c'est Rosalie.
—Ah, salut Rose, ça va ? dis-je d'une voix enjouée, heureuse de pouvoir changer de sujet.
— Oui. Je suis réveillée depuis peu. Ma garde de cette nuit a été un peu mouvementée, répondit-elle sombrement.
Quelque chose dans sa voix m'inquiéta.
— Ah oui ?
— En fait, c'est pour ça que je t'appelle. J'ai essayé de te joindre plus tôt ce matin mais tu devais encore dormir.
— Euh oui. Qu'est-ce qui se passe ? demandai-je de plus en plus anxieuse.
— Ton Edward, c'est Cullen son nom de famille c'est ça ?
Je regardai Edward qui avait posé son verre et qui se tenait très droit dans son fauteuil, la tête baissée, les mâchoires crispées et les poings serrés sur ses cuisses.
— Oui c'est ça, pourquoi ?
— On a admis aux urgences une femme cette nuit. Elle a été retrouvée dans la rue sans sac à main, sans papiers d'identité. Il faut qu'on prévienne un proche mais ses empreintes ne sont pas répertoriées dans le fichier de la police. Elle dit s'appeler Cullen. Esmée Cullen. Peut-être est-ce une parente d'Edward ?
— Ca m'étonnerais Rosalie, mais je vais le lui demander, il est devant moi.
Je baissai le téléphone de mon oreille et m'adressai à Edward d'une voix mal assurée.
— Rosalie a admis une femme s'appelant Esmée Cullen aux urgences cette nuit, tu la connais ?
Edward releva brusquement la tête et une lueur de panique passa dans son regard de jade mêlé d'azur d'ordinaire si lumineux. Il se leva d'un bond et me rejoignit pour m'empoigner par les épaules.
— Qu'est-ce qu'elle a ? Où est-elle ? cria-t-il avec des accents désespérés, le front plissé et les traits déformés par l'angoisse.
Je mis une seconde pour réagir et il me secoua doucement.
— Bella réponds ! C'est ma mère ! glapit-il d'une voix étranglée.
— Allô, Bella ? Tu es là ? appela Rosalie d'une voix soucieuse à l'autre bout du fil.
Je secouai la tête comme pour me sortir d'un cauchemar alors qu'un tas de pensées contradictoires se télescopaient dans ma tête. Mais une seule plus forte, plus présente que les autres ne me lâchait pas et me tordait les tripes : Edward m'avait menti.
— Oui, je suis là. Rosalie, qu'est-ce qu'elle a ? finis-je par demander d'une voix blanche.
— Tentative de suicide.
— Oh mon Dieu ! murmurai-je en me couvrant la bouche de ma main.
oxOxo
Nos pas précipités résonnèrent dans le long couloir désert et déprimant de l'hôpital Mount Sinaï. Je suivais Edward qui marchait aussi vite qu'il le pouvait jusqu'à l'accueil des urgences où sa mère avait été admise hier dans la nuit.
Tout en patientant que quelqu'un vienne nous renseigner, je me demandai encore pourquoi il avait tant insisté pour que je l'accompagne, et surtout pourquoi j'avais accepté. Non, en fin de compte je savais pourquoi je l'avais accompagné. Il m'était tout simplement impossible de le laisser affronter ça tout seul, et même si c'était un sombre crétin, je ne pouvais pas me résoudre à l'abandonner dans un moment pareil, c'aurait été vraiment cruel et inhumain.
Une grosse dame en blouse verte finit par apparaître derrière le bureau et nous renseigna enfin. Nous fûmes autorisés à nous rendre dans l'unité de soins intensifs où la mère d'Edward occupait la chambre n°22. Nous nous stoppâmes devant la porte et je croisai les bras sur ma poitrine d'un air résolu.
— Tu devrais y aller seul, dis-je d'une voix sans chaleur. Je vais t'attendre là, continuai-je en désignant une rangée de sièges métalliques à l'allure plus qu'inconfortable.
Edward ne dit rien, il se contenta d'hocher la tête d'un air grave. J'eus envie de le prendre dans mes bras tellement il paraissait fragile mais je me retins en mordant fortement ma lèvre, puis je fis demi-tour avant de changer d'avis en me rappelant, comme un mantra, à quel point c'était un crétin. Crétin, crétin, crétin !
Je m'assis sur un fauteuil et commençai à battre nerveusement du pied. Oui, j'étais furieuse contre lui de m'avoir menti et j'avais envie de le massacrer lentement, mais je voulais également lui laisser une chance de pouvoir s'expliquer, enfin s'il daignait s'y résoudre.
Non ! Il ne fallait pas que je m'installe dans cette relation malsaine et bancale. J'attendrai qu'il soit rassuré sur l'état de santé de sa mère pour couper définitivement le contact entre nous. Amicalement ou amoureusement parlant en tout cas, le reste étant impossible étant donné qu'il était encore mon patron. A moins qu'il ne me supplie de lui pardonner de m'avoir menti… Bordel ! Je ne savais plus où j'en étais !
Un brancard passa avec une dame branchée à tout un tas de tuyaux et de machines. Je suivis des yeux le convoi tourner le coin du couloir et disparaître de ma vue. Je me pris la tête à deux mains en appuyant mes coudes sur mes cuisses. J'avais du mal à réfléchir à la situation dans laquelle j'étais. J'avais besoin d'un café.
Je me levai d'un bond et arpentai le couloir à la recherche d'un distributeur sans en trouver la moindre trace. Je soufflai furieusement et fis demi-tour en grommelant. Finalement, je dénichai le distributeur de café, planqué dans un recoin et j'y insérai une pièce.
L'engin se mit à ronfler et à trembler et finit par expulser un gobelet rempli à moitié d'une substance maronnasse et épaisse qu'ils osaient qualifier de café. Je portai quand même le breuvage brûlant à mes lèvres quand une voix me sortit de mes pensées.
— Hey ! Salut !
Je me retournai et reconnu tout de suite Bud, le type de l'entretien du Yankee Stadium, celui qui m'avait si gentiment dégoté un tee-shirt pour m'éviter de faire mon interview seins nus.
— Bud ! Tiens, mais quelle surprise de vous trouver ici ! m'exclamai-je, puis je me souvins que l'on était dans un hôpital. Est-ce que tout va bien ? le questionnai-je, la mine préoccupée.
— Oh ! Moi oui. C'est ma femme. Elle a fait une chute de vélo hier soir. Fracture du poignet. Ils sont en train de l'opérer au moment où je vous parle.
— Oh ! Bud, je suis désolée.
— C'est rien ma p'tite. Ca nous vaut rien de vieillir !
— Oui, comme vous dites ! fis-je d'un air sombre. Voulez-vous un de ces affreux breuvages ?
— Volontiers.
Je glissai une pièce dans la fente et Bud appuya sur Capuccino très sucré. De nouveau, la machine vrombit mais cette fois, ce fut un liquide presque blanc qui sortit de ses entrailles dans un gobelet en plastique.
— Ca va peut-être vous étonner, mais moi j'adore les boissons de ces distributeurs. C'est bizarre non ? me confia Bud en me poussant du coude.
— Non. Je vous assure que question bizarrerie, vous n'avez rien à m'envier, soupirai-je en remuant mon café d'un air absent avec une touillette en plastique transparent. Vous n'avez qu'à voir ce qu'il m'est arrivé au Stade hier après-midi. Je suis poursuivie par la malchance.
— Oui, c'est vrai que ça n'était pas de chance de tomber dans cette flaque d'eau.
— A ce propos, je ne vous ai pas remercié pour votre aide. Sans vous, je ne sais pas comment j'aurais fait !
— Vous vous seriez débrouillée, j'en suis sûr. Et puis vous avez fait une forte impression à tous les gars de l'équipe des Yankees.
— J'imagine… soupirai-je sombrement.
— Mais au fait, pourquoi vous êtes là ma p'tite ?
— J'accompagne un ami qui vient voir sa mère. Enfin ce n'est pas vraiment un ami c'est mon patron, mais on s'entend bien. Trop bien même… grimaçai-je avec un rictus de dépit.
— Et vous voudriez qu'il soit plus que votre patron ou votre ami ?
— C'est ça. Malheureusement c'est très compliqué, constatai-je. Ce ne serait pas drôle sinon n'est-ce pas ?
Il me fit un sourire aimable et ses yeux se plissèrent, creusant une multitude de fines rides au coin de ses paupières.
— Pourquoi ne pas lui avouer vos sentiments ? me demanda-t-il très sérieusement.
Je soupirai et avalai une gorgée de café en grimaçant. Pourquoi étais-je en train de parler de ma vie amoureuse avec un type que je n'avais vu que deux fois ? Oh et puis après tout pourquoi pas ?
— Parce qu'il me ment. Et je n'arrive pas à choisir si je dois lui donner une autre chance ou si je dois tirer un trait sur lui, répondis-je d'une voix morne.
Il réfléchit quelques instants en se grattant son crâne dégarni et il me regarda de ses petits yeux rieurs.
Comment vous vous appelez ma p'tite ?
— Bella.
— Venez Bella, me dit-il en m'entraînant par le coude. Je voudrais vous montrer quelque chose.
Je le suivis sans discuter et nous pénétrâmes dans une chambre attenante à celle de la mère d'Edward. Bud m'expliqua que c'était la chambre que sa femme occuperait quand elle redescendrait du bloc, puis il s'assit sur le lit pour me faire face.
— Vous savez ce que je fais quand j'hésite entre deux choses ? me demanda-t-il avec un petit sourire.
— Vous vous saoulez ? fis-je en haussant les épaules.
— Je tire à pile ou face.
— Bud ! Ce n'est pas raisonnable ! Vous ne prenez pas toutes vos décisions ainsi ? m'étonnai-je.
— Si. La plupart.
Je le regardai en écarquillant les yeux.
— Mais j'ai une pièce fétiche qui m'a toujours fait prendre la bonne décision, expliqua-t-il en sortant une pièce de monnaie de sa poche.
C'était un penny anglais, assez ancien si j'en jugeais à son aspect patiné.
— Je peux vous la prêter si vous voulez.
— Quoi ? Je… vous voulez que je décide si je laisse une seconde chance à Edward en tirant à pile ou face ? m'insurgeai-je, l'air incrédule. C'est… c'est… c'est génial ! m'écriai-je avec un sourire lumineux.
— N'est-ce pas ?
— Et complètement inconscient ! continuai-je plus sombrement.
— Je vous assure que vous prendrez la bonne décision. Alors, on y va ?
— Ok. Allons-y ! abdiquai-je.
Après tout, qu'est-ce que je risquais ?
— Alors pile, je donne une chance à Edward, face je tire un trait sur lui, dis-je en saisissant la pièce que Bud me tendait.
Je fermai les yeux et lançai la pièce en l'air avec détermination, y mettant sûrement plus de force que nécessaire. Rouvrant les yeux, je la vis s'élever dans les airs en tourbillonnant sur elle-même et la regardai avec effroi s'introduire avec un petit cliquetis dans une grille de ventilation fixée au plafond.
Nous restâmes interdits, Bud et moi, le nez en l'air, attendant que la pièce retombe. Ce qu'elle ne fit évidemment pas.
— Non ! criai-je. Pourquoi n'est-elle pas retombée ?
— Elle doit être restée dans la gaine, constata Bud, l'air ahuri par ma maladresse.
— Oh ! Mon Dieu Bud ! C'est votre pièce fétiche ! Je suis vraiment désolée ! Comment allez-vous faire maintenant ? m'écriai-je complètement dépitée.
Il se rassit sur le lit, les mains entre les genoux.
— Je ne sais pas, fit-il d'une voix éteinte.
Je me pris la tête à deux mains en arpentant la pièce d'un pas furieux. C'était tout moi ça ! Combien y avait-il de chance pour que cette foutue pièce se faufile entre les grilles ? Une sur un million peut-être ? Eh bien moi j'avais réussi du premier coup ! Quelle poisse !
Je regardai Bud qui paraissait tellement démoralisé qu'il me fit mal au cœur. Bon Dieu ! Fallait que je fasse quelque chose !
— Attendez ! Je vais la chercher ! m'écriai-je en retirant ma veste et mes chaussures que je jetai à même le sol. Faites moi la courte échelle, je suis sûre de pouvoir parvenir à faufiler ma main dans la grille.
— Vous croyez ? demanda-t-il plein d'espoir.
J'opinai fermement du chef en lui faisant signe d'approcher et Bud se remit debout vivement. Il ôta lui aussi sa veste qu'il laissa tomber à terre, puis il me hissa tant bien que mal. Je m'accrochai aux rebords de la grille en essayant d'ignorer la main de Bud cramponné à mon postérieur et me reconcentrai sur ma tâche.
Je réussis à mettre un genou sur son épaule, puis l'autre et il se retrouva avec son visage pratiquement collé à mon entrejambe. Mais finalement, je fus assez haute pour introduire ma main entre les grilles. Mes doigts tapotèrent alentours pendant un court moment, suffisant pour que j'entendisse Bud souffler comme une bête de somme.
— Vite Bella, je commence à fatiguer… gémit-il d'une voix d'asthmatique.
— Encore quelques instants Bud, tenez bon ! l'encourageai-je en coinçant ma langue entre mes dents.
— Humpf ! souffla-t-il, à bout de force.
— Je l'ai ! criai-je alors que les bras de Bud me lâchaient.
Je tombai lourdement en l'entraînant dans ma chute et nous atterrîmes sur le lit. Bud, allongé sous moi, sa tête dans mes seins, mais je n'y pris pas garde, tout occupée à regarder dans quel sens la pièce était retombée.
Pile !
Je me redressai d'un coup, assise sur les cuisses de Bud
— Oui ! Bud, c'est bon ! hurlai-je tandis qu'un infirmier entrait dans la chambre avec la femme de Bud et son bras dans le plâtre dans un brancard.
Elle nous regarda comme si nous venions d'une autre planète et s'étrangla presque quand elle voulut ouvrir la bouche pour parler.
Derrière elle, Edward se tenait debout dans le couloir, les mains dans les poches, et il n'avait visiblement rien loupé de la scène. Je vis son regard balayer le sol et remarquer ma veste ainsi que celle de Bud et mes chaussures jetées à la va-vite, comme si nous nous étions déshabillés dans l'urgence. Ce que nous avions effectivement fait, mais pas pour les raisons auxquelles Edward pensait. Je surpris une lueur de douleur dans son regard avant qu'il ne secoue la tête et disparaisse dans le couloir.
Après m'être longuement expliquée et excusée auprès de la femme de Bud, qui s'appelait Martha et qui était aussi adorable que lui, je récupérai mes affaires et sortis tandis qu'il m'accompagnait dans le couloir.
— Merci, dis-je en lui rendant sa pièce.
— Mais de rien ma p'tite, répondit-il en me tapotant l'épaule. Vous avez fait le bon choix, Bella. Allez, courrez vite le retrouver.
Je lui fis un grand sourire et détalai à toutes jambes vers la sortie. Le temps s'était obscurci et une rafale de vent souleva mes cheveux.
Je le retrouvai adossé à un pilier, en train de fumer une cigarette. Mon souffle se coupa tellement la vision d'Edward me bouleversa. Là, négligemment appuyé contre la pierre, dans son tee-shirt aux manches longues remontées sur ses avant-bras, le regard grave fixant un point invisible devant lui, il était d'une beauté et d'une classe époustouflante.
Je m'avançai lentement, encore essoufflée par ma course, et me plantai devant lui. Il resta encore un moment silencieux, fumant sa cigarette.
— Edward, je n'avais pas vu que tu étais sorti. Bud et moi…
— Alors c'est lui le fameux Bud de l'entretien du Yankee Stadium ? Je me l'imaginais plus jeune ! finit-il par dire d'un ton acide sans me regarder.
— Edward… commençai-je.
— T'as raison, ça a vraiment l'air d'être un type chouette, continua-t-il toujours aussi aigrement.
— C'est pas…
— Ce que je crois ? C'est ça ? Tu me l'as déjà servie celle-là ! cracha-t-il en me jetant un regard presque méprisant.
J'écarquillai les yeux de surprise. Non mais pour qui se prenait-il ce petit crétin ! Comment osait-il simplement penser que je m'envoyais en l'air avec un type marié dans la chambre de sa femme ? Je fis trois pas décidés vers lui, la mine renfrognée.
— Mais enfin qu'est-ce qui te prends ?
— Rien ! Tout va très bien ! aboya-t-il. J'espère juste que tu ne m'en veux pas de t'avoir dérangée dans tes activités avec…Bud !
— Edward, arrête ça tout de suite ! le menaçai-je, alors qu'une douleur sourde s'infiltrait dans mon cœur.
— Arrêter quoi Bella ?
— De me reprocher des choses dont je ne suis pas responsable !
— Oh, pardonne-moi si je ne crois que ce que je vois, mais la façon dont tu avais enfourché ce type était plus qu'équivoque ! cria-t-il en levant les paumes avec énervement.
Je reculai d'un pas, blessée par ses accusations. Un instant, je sentis mes yeux picoter, mais je refusais de lui accorder le plaisir de me voir en larmes par sa faute, alors je serrai les dents et ravalai ma peine. Puis je me décidai à attaquer.
— Tu m'as menti Edward, lui assénai-je durement.
Son regard perdit l'éclat de colère qui l'animait juste avant et ses bras retombèrent mollement le long de son corps.
— Tu ne me dois aucune explication, mais je vais néanmoins te donner les miennes, continuai-je. Si j'ai atterri sur ce lit avec Bud c'est parce que j'ai chuté alors qu'il me faisait la courte échelle pour que je puisse récupérer sa pièce fétiche dans la gaine de ventilation !
— Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? s'étonna-t-il en fronçant les sourcils d'un air déconcerté.
— C'est la vérité.
— Bella…
Je levai un doigt menaçant vers lui pour le forcer à se taire. Il m'avait vexée et clairement, il ne me faisait pas du tout confiance, je n'allais pas le laisser s'en sortir comme ça.
— Tu réagis comme si nous étions ensemble. Mais nous ne le sommes pas Edward ! Pas du tout ! fulminai-je en le pointant du doigt alors qu'il me regardait, comme choqué par mes paroles.
Je soupirai bruyamment et me passai une main dans les cheveux. A quoi bon lui raconter toute cette histoire puisque de toute façon il ne me croirait pas.
Comment lui aurais-je expliqué que je décidais du sort de notre « relation » à pile ou face ? Et puis de toute façon, lui il ne prenait même pas le peine de m'expliquer quoi que ce soit alors pourquoi le ferais-je ? Non, il fallait se rendre à l'évidence, cette situation devenait trop compliquée et au bout du compte c'est encore moi qui souffrirais, alors il valait mieux que je laisse tomber.
— Tout cela n'a plus d'importance de toute façon, repris-je d'un air sombre.
Je me retournai et hélai un taxi. L'un deux s'arrêta et j'ouvris la portière mais avant de grimper à l'intérieur, je me retournai une dernière fois vers Edward qui n'avait pas bougé d'un millimètre. Je l'observai un instant. Toujours aussi sublime, il semblait complètement absorbé par ses réflexions. Le son de ma voix le fit presque sursauter.
— J'espère que ta mère va mieux, lançai-je avant de m'engouffrer dans le taxi.
Je claquai la portière sans un regard en arrière. La voiture démarra et après avoir donné l'adresse du restaurant où je devais retrouver Garrett, Phil et ma mère, je réalisai que je n'avais pas donné de deuxième chance à Edward, enfin, c'était plutôt lui qui ne m'en avait pas laissé.
Je sortis la trousse de première urgence qu'Alice avait fourré dans mon sac et m'observai un instant dans le miroir de poche. Mon maquillage avait tenu bon, mais mon visage semblait avoir perdu toutes ses couleurs. Je farfouillai dans la trousse à la recherche d'un pinceau et d'un peu de blush quand je tombai sur une minuscule flasque dorée, style vaporisateur de parfum.
Intriguée, je la débouchai et mis mon nez dessus. Du Whisky ! Alice avait vraiment tout prévu ! Je jetai un œil furtif dans le rétroviseur pour m'assurer que le chauffeur ne me voyait pas et je m'enfilai une petite rasade d'alcool que j'avalai en grimaçant. Cela me rasséréna quelque peu.
En la rangeant dans mon sac, je me répétai encore mes résolutions. J'étais une femme forte, indépendante et sûre de moi. Je n'avais pas besoin d'homme dans ma vie et encore moins d'Edward.
Dès lundi, j'écrirai au New York Times pour leur proposer ma candidature et je me tirerai de ce boulot pourri. Oui, je donnerai ma démission à Edward et je dirai à Parker que c'est un macho doublé d'un abruti répugnant et reluqueur de nichons.
C'est donc d'un pas décidé que je pénétrai dans le restaurant. Je n'eus pas de mal à repérer notre table tellement Garrett attirait l'attention avec sa veste jaune. Ma mère me fit un grand signe accompagné d'un « hou hou, ma chérie ! » si sonore que toute la salle arrêta sa conversation pour me regarder.
Sans me démonter, j'avançai vers ma chaise et y pris place, non sans avoir salué Phil avant.
— Bravo pour votre match. Je suis Bella, la fille de Renée. Enchantée de vous connaître Phil.
— Oh ! Je t'en prie Bella, dis-moi tu.
— Ok.
Je dépliai la serviette sur mes genoux et saisis le menu qu'un serveur me tendait.
— Alors, comment va la mère d'Edward ? s'enquit Maman.
— Je n'en sais rien, marmonnai-je, les yeux rivés sur le menu.
— Ah oui ? Où est-il d'ailleurs ? Tu n'étais pas avec lui ? s'étonna-t-elle comme si elle débarquait de la planète Mars.
— Si mais… c'est compliqué. De toute façon tu ne reverras plus Edward de sitôt.
— Pourquoi ma minette en guimauve ? Tu l'as laissé pour mort après l'avoir épuisé sexuellement ? dit Garrett avec un regard en biais.
— Non ! m'écriai-je outrée. Bien sûr que non !
— Ah, quel dommage… soupira-t-il.
— Que s'est-il passé Bella ? insista ma mère. Vous aviez l'air de tellement bien vous entendre cet après-midi…
— Rien, il ne s'est rien passé. Parlons d'autre chose, veux-tu ? éludai-je en tripotant ma fourchette. Alors Garrett, quoi de neuf ? lançai-je sur un ton faussement joyeux.
Garrett ouvrit la bouche pour répondre, mais fut interrompu par ma mère qui se pencha vers moi pour me chuchoter quelque chose.
— Chérie, es-tu vraiment sûre que tu ne veux plus le revoir ?
— Parfaitement sûre, affirmai-je avec assurance.
— Ah. Parce que je crois que c'est lui là-bas, fit-elle avec un mouvement de tête.
Je suivis son regard et aperçu Edward en train de scanner la salle à notre recherche. Ses yeux s'arrêtèrent sur moi et un petit sourire naquit sur ses lèvres tandis qu'il s'avançait vers notre table.
— Oh non… soupirai-je en me massant le front.
— Puis-je ? interrogea-t-il courtoisement en posant sa main sur le dossier de sa chaise.
— Bien sûr Edward. Nous t'attendions pour commencer. Oh ! Je te présente Phil, mon fiancé, carillonna ma mère de sa voix flutée.
Je m'étranglai presque. Fiancé ? Quand est-ce que ma mère avait l'intention de me dire qu'elle allait se remarier ? Après l'avoir annoncé à tout New York ? Oui, peut-être l'avait-elle hurlé au micro devant tout le Stade à la fin du match... Je me grattai le sourcil en serrant fortement les paupières. Seigneur ! Quelle journée !
— Bonjour, Phil, vous avez fait un match formidable !
— Merci Ed ! dit-il en lui serrant la main.
Edward grimaça un sourire et s'installa sur la chaise à côté de moi.
— Eh bien Edward, je suis heureuse que tu sois là, minauda ma mère en lui lançant un regard en biais.
— Je n'aurai manqué cela pour rien au monde, sourit-il en dépliant sa serviette.
— Comment va ta mère ? Cette petite idiote de Bella n'est pas fichue de nous le dire alors que vous étiez ensemble ! piala-t-elle d'une voix aigüe avec un sourire désolé, puis ses yeux firent la navette entre Edward et moi et son sourire disparu. Vous étiez bien ensemble à l'hôpital, n'est-ce pas ? continua-t-elle d'une voix inquiète.
— Bien entendu. Mais Bella a eu un léger contretemps inattendu et très surprenant, répondit Edward. Et ma mère va beaucoup mieux, je vous remercie de vous en préoccuper. Elle sort lundi.
— Oh ! Mais voilà qui est parfait ! Tout s'arrange n'est-ce pas Bella ?
— Si tu le dis, marmonnai-je d'un air sombre.
Un serveur en chemise blanche et pantalon noir apparut pour prendre la commande de nos apéritifs et ma mère commanda du champagne pour tout le monde.
— Alors Edward, t'es-tu déjà fait sodomiser ? lança soudainement mon oncle sur un ton badin, comme celui qu'il prendrait pour vous demander si vous aviez déjà joué au golf.
— Garrett ! criai-je, rouge de honte, sous le regard halluciné du serveur qui s'empressa de rejoindre les cuisines.
— Quoi ? Je dis ça pour ton bien mon poussin en sucre ! Il ne peut pas savoir s'il est 100% hétéro sans avoir essayé de coucher avec un homme !
— Je suis désolé de vous décevoir Garrett, mais je ne suis attiré que par les femmes. Enfin, une en particulier, répondit Edward avec son petit sourire en coin en me fixant intensément.
Je sentis le rouge me monter aux joues et je me raclai la gorge en me cachant derrière mon menu pour échapper à ses prunelles enflammées.
— Bon, vous avez choisi ? demandai-je soudainement alors que le serveur nous ramenait nos boissons.
— Voyons, dit Phil. Je vais prendre du saumon.
— Oui, moi aussi, ajouta Maman en bouffant Phil des yeux.
— Pour moi ce sera un émincé de poulet, mon grand, fit Garrett au serveur en lui faisant un clin d'œil.
— Un filet de bœuf cuit à point, demanda Edward au serveur effaré qui griffonna rapidement sur son carnet.
— Et pour vous Mademoiselle ? me demanda-t-il alors que je m'attardais sur le menu.
J'étais tellement déstabilisée par la remarque d'Edward et le regard qui s'en était suivi que je n'avais pas encore choisis. Je pris un truc au hasard sur la carte.
— Je vais prendre un steak tartare, mais pas trop cuit, déclarai-je d'un ton sûr.
Le serveur me regarda avec des yeux ronds, puis il fit une espèce de grimace bizarre et je devinai qu'il essayait de ne pas rire.
— Bella ! Le steak tartare se mange cru ! me glissa Edward à l'oreille.
— Ah ? Euh…oui bien sûr. Je voulais dire, un steak tartare pas cuit, bégayai-je en essayant lamentablement de me rattraper.
Beurk ! Voilà maintenant qu'il fallait que j'avale de la viande crue !
— Oh ! Mon Dieu ! C'est répugnant ! Mais quel genre d'établissement êtes-vous pour servir à vos clients de la viande même pas cuite ! C'est scandaleux ! s'écria ma mère complètement outrée.
— Mais Madame… commença le serveur, plus du tout amusé.
— Renée, je vous assure que c'est délicieux, intervint Edward en posant sa longue main sur l'avant-bras de ma mère.
— Bien, si tu le dis Edward, je ne peux que te croire. Mais je n'en saurais jamais rien puisque je suis végétarienne, se radoucit-elle en lui souriant comme une collégienne.
— Bella, je te suggère de prendre le filet de bœuf, dit Edward avec un regard appuyé.
— Oui tu as raison. Alors allons-y pour un filet de bœuf cuit comme Edward. Enfin, je veux dire la même cuisson que le sien… annonçai-je au serveur en montrant Edward du doigt, soulagée d'échapper à la torture que j'allais m'infliger par orgueil.
— Portons un toast s'écria Renée en levant son verre. A nos fiançailles !
Nous fîmes tinter nos verres et nous en bûmes une gorgée. Je reposais ma flûte sur la table quand je sentis la main d'Edward se poser sur ma cuisse sous la nappe. Je sursautai comme si on m'avait brûlée et je fis un sourire crispé à Garrett qui me dévisageait d'un air soupçonneux.
— Alors Bella, parle-nous un peu de ton travail, me demanda-t-il en sirotant son champagne, tenant sa flûte à deux doigts comme le ferait une vielle tante.
— Oh ! C'est super… glapis-je en avalant une grosse gorgée d'alcool.
Les doigts d'Edward descendirent vers mon genou avant de remonter vers l'intérieur de ma cuisse en grattant mon jean de ses ongles. Bon Dieu ! Que c'était bon ! Je reconnus la brûlure du désir dans mon ventre et je déglutis difficilement, tentant de garder l'esprit clair pour faire bonne figure mais Edward remonta encore sa main qu'il fit glisser dans le pli de l'aine, massant ma cuisse avec fermeté. Il était si proche d'où je voulais vraiment qu'il soit !
— Vraiment ? insista Garrett.
— Hum, hum, dis-je en me mordant la lèvre férocement pour réprimer un soupir de plaisir.
Je gigotai discrètement et essayai de déloger la main d'Edward de ma cuisse, mais il résista et secoua la tête imperceptiblement pendant que je le fusillai du regard.
— Et toi Edward, j'espère que tu n'es pas trop dur avec ma nièce, demanda Garrett d'une voix faussement menaçante.
— Dur ? Si, je suis toujours très dur avec votre nièce, mais rassurez-vous, c'est pour son bien ! N'ayez aucune inquiétude Garrett, je peux vous promettre que je la traite particulièrement bien, n'est-ce pas Bella ? répondit-il en me faisant un sourire craquant pendant que ses doigts glissaient lentement le long de mon sexe que je devinai complètement humide.
— Oui, assurément, articulai-je d'une voix hachée en imaginant Edward complètement dur à cet instant précis.
— Et tu côtoie des stars je suppose, m'interrogea ma mère avec un regard pétillant.
— Oh ! Ouui ! gémis-je alors que les doigts d'Edward se faisaient plus pressant sur un point très sensible de mon anatomie.
S'il continuait comme ça, j'allais avoir un orgasme dans ce restaurant, devant ma mère, son fiancé et mon oncle homosexuel.
— Oh ! Comme ça doit être excitant ! continua-t-elle en tapant des mains.
— Rhaaa ! Tu n'as pas idée ! criai-je, presque au bord du point de non retour.
Je tournai la tête vers Edward et surpris dans son regard amusé une lueur d'intense désir qui acheva mes dernières réserves. En tentant de garder les yeux ouverts et l'air digne, j'ouvris les cuisses comme la petite dévergondée que j'étais, et me laissai aller aux caresses exquises et expertes d'Edward. Je mordillai ma lèvre, étouffant un gémissement de plaisir quand je sentis ses doigts s'affairer plus intensément.
— Oh ! Ma chérie, ca te dirait de faire les magasins avec moi lundi soir ? demanda soudainement Renée.
— Oui ! m'écriai-je dans un râle étranglé pendant que les doigts d'Edward s'activaient toujours sur moi.
— Ah bon ? s'étonna-t-elle en écarquillant les yeux. J'aurai cru mettre un peu plus de temps à te convaincre, mais c'est parfait. Nous irons chez Bloomingdale's et puis je t'offrirais une de ces glaces multicolores. Je sais à quel point tu adores les sucer ! pérora-t-elle avec un large sourire.
A ces paroles, les yeux d'Edward s'allumèrent et il se mordit la lèvre avant de fermer les yeux. J'étais certaine qu'il m'imaginait en train de sucer autre chose… Rien que cette vision d'Edward, éperdu de désir me fit presque lâcher prise. Mon poing s'abattit sur la table, faisant sursauter tout le monde et j'agrippai la nappe en serrant les dents.
— Oh ! Oui ! hurlai-je au bord de l'orgasme.
— Ma chérie, est-ce que tu vas bien ? Tu es toute rouge, s'inquiéta ma mère.
— Tout va bien. Très bien, soufflai-je en me levant précipitamment. Simple spasmes musculaires, me justifiai-je en avisant quelques personnes sûrement choquées qui me regardaient de travers.
Puis je lançai un regard noir à Edward qui me souriait fièrement tout en portant son verre de champagne à ses lèvres.
— Tu m'accompagnes aux toilettes Maman ?
— Mais bien sûr ma chérie.
Je me baissai pour ramasser mon sac à main et Edward se pencha vers mon oreille.
— Je t'avais dit que j'étais très doué… murmura-t-il d'une voix rauque.
Bon Dieu oui il l'était ! J'avais rarement ressentis autant de plaisir avec mes amants d'un soir, même si je n'avais pas laissé Edward aller jusqu'au bout. Mais il n'allait pas s'en tirer comme ça !
A mon tour je me penchai vers lui et posai discrètement une main sur son entrejambe plus que réveillée. Il sursauta au contact de ma main chaude sur sa virilité et retint difficilement un gémissement. Souplement mais fermement, je remontai mes doigts sur son sexe et les fit redescendre avant de le relâcher.
— A charge de revanche Cullen… lui chuchotai-je à l'oreille d'une voix sensuelle.
Je le vis déglutir en regardant droit devant lui, puis j'ôtai ma veste, dévoilant mon dos nu et rejoignis ma mère sous le regard brûlant d'Edward.
J'espère que cela vous a plu…
Dans le prochain chapitre : les confessions d'Edward…
Je vous donne rendez-vous mercredi prochain pour la suite !
Merci de me laisser une petite review pour me motiver !
Passez une bonne semaine !
Biz,
Sophie
