Auteur : Selsynn
Bêta : Eladora
Commentaire de l'auteur : Hum... Je suis impardonnable ? Cela vous va ? J'avais fini l'histoire depuis quelques mois, mais je voulais la relire pour vérifier deux trois choses avant de la rendre à ma bêta... Résultat, ça a trainé sur ma liste de choses à faire. J'espère que vous voudrais tout de même lire la suite...
Prochain chapitre dimanche prochain, c'est promis !
CHAPITRE 10 : le rituel magique
Sous l'œil de son père et de l'infirmière, elle avala les potions dès que Severus eut disparu. Lilliane résista à l'appel du sommeil à peine le temps de demander ce qui allait se passer maintenant. Devait-elle retourner en cours ? Qui l'avait attaqué ? Qu'avaient-ils reçu en punition ? Et elle ?
L'infirmière lui laissa comprendre qu'elle connaîtrait les réponses quand elle sortirait de l'infirmerie et pas avant. Mark n'ajouta rien et se contenta de lui tenir la main, sachant que cette épreuve serait très dure pour elle. Il ne se rappelait que trop bien de la dernière fois où il avait assisté à une bagarre. Son air d'enfant perdu, d'ange abandonné sur la place publique. Cela lui avait fendu le cœur.
Il voulait la rassurer de son amour impérissable.
Elle s'endormit, finalement vaincue par les drogues de l'infirmière. Quand elle se réveilla, Severus était repassé et repartit, mais elle ne s'en rendit pas compte. Tout ce qu'elle comprit, c'est que l'heure de midi avait passé, car l'infirmière s'assura qu'elle mange dès qu'elle nota son réveil. Lilliane n'avait pas faim, comme souvent après une période de stress intense. Elle serra la main de son père, qui était non loin d'elle, puis elle se força à avaler deux bouchées. Sitôt sa soupe infâme ingérée, elle s'endormit, serrant toujours plus fort la main de son père adoptif.
Près d'eux, la femme poussa un glapissement de surprise, quand un faisceau de lumière entoura l'enfant et le vieil homme. Elle s'assit brutalement le plus rapidement possible. Mark comme Lilliane avait les yeux fermés. L'infirmière était l'unique témoin.
Sous l'action de la lumière magique, les traits de l'enfant devinrent brumeux, et la femme muette de stupeur vit le visage de l'enfant changer. Cela lui rappelait quelque chose, sans qu'elle ne parvienne à mettre de nom sur le phénomène. Voir cette clarté, cette pureté lui réchauffait le cœur, comme si elle n'était qu'une enfant, encore, qui prenait la chaleur d'une bonne flambée alors que l'hiver redouble de violence à l'extérieur. De ce mélange de sentiments de bonheur, de famille, et même au-delà, sauf que Madame Pomfresh ne savait pas exactement lui donner ses consonances exactes.
En tout cas, elle continua d'observer l'enfant et son père interagir, c'était… magique, et elle ne parvenait tout simplement pas à s'arrêter de les regarder. Elle comprit que la magie de l'enfant réagissait à la présence sécurisante de son père, ce qui prouvait qu'elle n'avait pas confiance dans le château, mais qui la blâmerait pour cela ? Elle venait de se faire « accueillir » localement par les petits monstres du château. Mais son père semblait avoir un pouvoir très fort si elle lui accordait une telle confiance.
La vieille infirmière avait vu passer beaucoup de monde dans son infirmerie. Beaucoup plus que ne pensait le directeur, ou même leurs directeurs de maison. Certains venaient chercher un refuge, d'autres simplement une potion pour atténuer leurs chutes inévitables. Tandis qu'elle y repensait, à ses pensionnaires qu'elle avait appris à aimer au fil des années.
Nymphadora Tonks et sa manie de tomber de la pire manière qui soit, de se prendre toujours une tuile sur le coin de la tête. Elle s'était longtemps demandé si elle avait un moyen d'aider la jeune sorcière, elle avait finalement abandonné et s'était bornée à lui apprendre un sort pour guérir les petits bobos.
Severus Rogue, qu'elle avait rapidement aimé comme si c'était son fils, et qu'elle essayait d'aider malgré lui, malgré sa mauvaise humeur et son envie d'être toujours libre de tout. Elle avait appris très vite dans quel genre de maison il grandissait. La vie des enfants maltraités laisse toujours des traces même s'il préférait ne pas paraitre aussi faible.
Comment ne pas penser à Severus sans penser à Remus Lupin, le jeune loup-garou ? Si l'infirmière avait été horrifiée d'apprendre que l'école ouvrirait ses portes à un loup-garou, elle avait vite changé d'idée en croisant mensuellement sa bouille d'ange blessé. Comme Severus, il avait été marqué à vie, non pas par son père, mais par un monstre plus effrayant.
D'autres noms et d'autres visages lui traversèrent l'esprit. Des enfants qui avaient simplement un passage difficile, d'autres avec qui elle avait forgé une amitié au-delà du temps. Oui, elle avait vu du monde passer dans sa boutique, mais jamais, non, jamais, elle avait assisté à un tel déballage de magie. Dans un sursaut de curiosité, elle lança un sort de diagnostic, elle fut assommée devant les notions qui passaient devant elle : à chaque seconde qui passait, l'enfant brulait ce qui aurait composé la magie d'un adulte pas très doué en magie, la dose que l'on attribuait généralement à un enfant de dix ans.
Cette petite la gaspillait comme si elle avait d'immenses réserves, comme si ce n'était qu'une minuscule partie de sa magie.
Un frisson d'anticipation parcourut la vieille dame. Assister à cette forme de magie l'étonnait déjà, mais essayer de comprendre l'approche à la magie de l'enfant eut raisons de sa conscience, et elle sombra dans un état de choc dont elle ne ressortit qu'un moment plus tard, quand la petite fille montra des signes de réveils. L'homme n'avait pas bougé un seul instant, mais dorénavant, l'infirmière n'oserait jamais mettre en doute son traitement de l'enfant.
Elle les regarda encore, comme une voyeuse, interagir ensemble. Puis l'homme s'approcha d'elle.
« Madame ? Quand ma fille pourra-t-elle retourner en cours ? Les professeurs ne risquent pas de se poser des questions de son absence. »
L'infirmière prit le temps de rassembler ses pensées avant de lui répondre aimablement : « Ne vous inquiétez pas pour cela, les professeurs savent ce qui lui est arrivé, et aucun ne songerait ne serait-ce qu'une seule seconde à lui reprocher un quelconque retard. Quant à la durée de son séjour à l'infirmerie, soyez assuré que je ne la laisserais pas sortir tant qu'elle ne sera pas entièrement rétablie. »
Il inclina légèrement la tête puis sortit de la pièce après un dernier regard à sa fille.
L'enfant commença à s'agiter plus intensément, et l'infirmière qui ne voulait pas de problème commença à lui proposer une potion calmante, mais elle refusait de la prendre, ayant probablement peur d'être droguée à nouveau.
« Sais-tu ce qui s'est passé après que ton père t'ait emmené dans la pièce ? »
Les sourcils de la petite fille se froncèrent, visiblement, elle ne voyait pas de quoi l'infirmière voulait parler.
« Tu as fait un acte de magie qui m'a étonnée, c'est tout. »
À l'entente de ses mots, Lilliane se recroquevilla et murmura comme une litanie : « Je suis normale, je suis normale »
L'infirmière s'approcha d'elle, jusqu'à s'assoir sur le lit d'à côté. La petite ne broncha pas plus comme si elle était partie dans un autre monde, où elle voulait être normale.
Elle dit encore quelques mots. À leurs ententes, la vieille femme devint furieuse.
« Non, je ne ferais plus, Oncle. Plus… Plus jamais… »
Elle voulait presser l'enfant de question, savoir de quoi il était question, mais elle n'en fit rien. Elle avait suffisamment appris au contact des enfants battus, et Lilliane en faisait partie sans aucun doute.
Elle n'avait pas autorité, ni la confiance de la petite pour faire ce travail. Par contre, si elle revoyait le père de la petite, peut-être lui accepterait de le faire.
Elle se retint de faire un geste, mais l'enfant commença à parler d'une voix douce, des mots sans suite, des mots sans signification, mais elle espérait que le son de sa voix suffirait pour sortir la petite de sa léthargie.
« Petite, calme-toi, ce n'est rien, cela va passer. Ton papa va revenir, il est juste en dehors de l'infirmerie parce qu'il a besoin de prendre l'air. Ne t'en fais pas, il va revenir. Tu pourras retourner dans la salle commune de Serpentard quand tu seras suffisamment reposée. Chut… Petite, tout va bien se passer. C'est terminé… »
D'un geste de la baguette, elle approcha des carreaux de chocolat qu'elle présenta devant l'enfant au regard sauvage.
Si cela sembla calmer l'enfant, l'infirmière préféra ne rien tenter de plus. Et elle garda simplement l'enfant en observation. Son père ne revint pas avant que l'enfant ne s'endorme, trop de fatigue accumulée dans son corps d'enfant.
