Je retourne précipitamment dans le salon pour voir s'il s'est réveillé mais il dort toujours. Mélanie m'envoie un message pour me demander si tout se passe bien alors je lui réponds qu'il se repose et que je n'ai pas encore eu le temps de lui parler.
Je décide de passer la nuit chez lui pour être sûre qu'il ne se réveille pas tout seul le lendemain. Il est évident qu'il s'est saoulé parce que quelque chose l'attristait et il a sûrement besoin d'une amie pour le soutenir.
Je pose donc une couverture sur lui et mets un seau à côté du divan, près de sa tête au cas où.
Je cherche dans sa pharmacie une aspirine et j'en dépose une sur la table basse avec un verre d'eau.
Une fois que l'essentiel a été fait, j'enlève mes vêtements et lui emprunte un de ses t-shirts comme blouse de nuit. Je me faufile enfin dans son lit et je m'assoupis.
Lorsque la lumière du soleil surgit dans sa chambre, je finis par ouvrir les yeux et me retourne dans le lit pour essayer de me reposer encore un peu.
C'est alors que je vois le dos d'une personne que je ne reconnais pas qui dort juste à côté de moi. Il me faut un moment pour me rappeler que je ne suis pas chez moi mais chez Edward et que c'est lui qui s'est déplacé du salon jusque dans son lit, ne s'étant probablement pas aperçu de ma présence avant de se coucher.
Je me remue pour sortir du lit discrètement et me rhabiller vite fait, cependant, mes mouvements le réveille et il pivote pour me faire face. Il se frotte les yeux et me contemple avant de m'interroger:
- Qu'est-ce que tu fais ici?
- J'étais venue te voir car tu n'allais pas bien d'après Damien
- Ce n'est pas une raison pour squatter mon lit! s'agace-t-il
- Je voulais juste être sûre que tout allait bien pour toi, rétorqué-je vexée
- Depuis quand ça t'intéresse ce qu'il m'arrive?
Je ne réponds plus et je tente de descendre du lit mais sa main attrape mon bras et me retient. Je m'arrête dans mon élan et on se regarde dans les yeux, tous les deux hésitant.
Soudain, il se rapproche de moi et pose ses lèvres sur les miennes tendrement. Je me sers alors contre lui pour goûter à ses baisers qui sont plus doux que sauvages.
Il m'enlace, une main posée sur ma nuque et l'autre parcourant mon échine. Je me presse contre son torse tandis que mes mains s'aventurent dans ses cheveux.
On continue ainsi pendant un bon moment jusqu'à ce qu'il soulève son t-shirt que je porte et remonte ses doigts le long de ma colonne vertébrale avant de les redescendre sur mes hanches. Je décide de prendre du recul tandis que lui tente de continuer à m'embrasser. Je pose une main sur sa bouche et il saisit aussitôt le geste.
Il plonge ses yeux dans les miens tout en me caressant les cheveux.
On veut des choses différentes, alors je crois qu'il vaut mieux s'arrêter là…
Il roule des yeux sans répondre et enlève son bras qui m'enlaçait, se préparant à se lever.
- Cela ne sert à rien de me faire la tête et de m'en vouloir, argué-je, je ne tiens pas à souffrir alors que toi, tu te moques de moi…
- Je n'ai jamais dit que je voulais me moquer de toi, se défend-il
- Excuse-moi de ne pas apprécier le fait que tu essayes toujours de me séduire dans le but de simplement coucher avec moi.
- Toujours? Comment ça, toujours? s'offusque-t-il, il me semble que je t'ai foutu la paix dernièrement et que tu es venue toute seule dans mon lit…
Je suis choquée par ce qu'il vient de me dire, je me lève brusquement et vais m'enfermer dans la salle de bain. Je n'étais pas ici pour l'allumer à la base, c'était pour le soutenir.
Il tente de s'excuser de l'autre côté de la porte mais j'en ai vraiment marre de sa méchanceté. Il faut toujours qu'il soit blessant. A croire qu'il lâche sans le vouloir ce qu'il pense vraiment.
J'ouvre la porte en grand et vocifère:
Tu me traites comme si je n'étais qu'une trainée alors que moi, je tiens sérieusement à avoir une vraie relation. Tu te fiches totalement de ce que je ressens. Et si je suis restée hier soir, c'était pour veiller à ce que tu ailles bien et non pour coucher avec toi. Je voulais être une amie pour toi, je ne comprends pas pourquoi tu tiens tant à me faire souffrir, m'écrié-je
- Je…Je suis désolé, tente-il
- J'en ai assez de tes excuses, ce que je veux c'est… c'est être simplement avec toi.
Ma voix se brise à ces mots et il me prend dans ses bras, me serrant contre lui. Je me sens si bien dans ces moments-là mais je sais qu'ils ne dureront pas. Ils ne durent jamais malheureusement.
- Je ne peux pas te donner ce que tu veux… m'avoue-t-il, je ne peux pas te faire de promesse que je sais très bien que je ne pourrais pas tenir…
- Tu ne peux pas ou tu ne veux pas? m'enquiers-je, car lorsque je te l'ai demandé après ce qu'il m'est arrivé, tu t'es empressé de sortir avec Ariane…
- Tu m'as aussi dit que tu n'étais plus prête pour ça… se défend-il
- Alors maintenant, c'est de ma faute? m'interloqué-je
- Non, je veux dire que ce n'était pas le bon timing…
- Tu ne veux pas sortir avec moi car tu ne me considères pas comme une fille bien, voilà la vérité!
Je le repousse et sors de la salle de bain en trombe pour aller me rhabiller. Je l'entends qu'il me suit pour me rattraper et tenter encore de se justifier.
Je trouve mes affaires mais il prend mon bras pour me retenir, je le fusille du regard pour qu'il me lâche mais il n'en fait rien.
- Crois-moi, tu regretterais de sortir avec moi… relance-t-il
- Alors, arrête d'essayer s'il te plaît, ça me fait mal... ça me fait mal quand tu me traites comme ça, ça me fait mal de te voir avec elle… ça me fait mal de te voir tout simplement
- Tu m'aimes? m'interroge-t-il d'une voix douce.
Soudain, je repense à la photo que j'ai trouvée. Avec tous ces nouveaux événements, j'avais oublié de lui en parler:
-En cherchant après une couverture pour toi, je suis tombée sur une photo hier soir. De toi dans un camp de vacances il y a des années…
-C'est moi ou tu tentes de changer de sujet? s'impatiente-t-il
-Non, regarde plutôt.
Je lui tends la photo que j'avais laissée sur son bureau et il la regarde perplexe:
-Oui et alors? balance-t-il sans ménagement
- Et alors, regarde là plus attentivement, la rangée du devant. Il n'y a pas une gamine qui te rappelle quelqu'un?
Il scrute la photo avec plus d'attention et ses yeux finissent par s'écarquiller d'un seul coup. Il me fixe ensuite toujours avec cet air sidéré:
- Attends, « Isa », c'était toi? me demande-t-il abasourdi
- Tu ne m'as pas reconnue non plus alors?
- Non… Je t'avoue que j'avais totalement oublié cet été là
- Ah…sortis-je le souffle coupé, moi je n'avais pas oublié, balbutié-je, je ne t'ai juste pas reconnu
- Oui, enfin ça n'a plus d'importance. Je me souviens même que j'étais amoureux d'une Daphné cet été là, annonce-t-il sans sourciller en me tendant la photo, si tu veux tu peux la garder.
Je lui arrache des mains et la déchire. Les yeux humides, je me retourne toute tremblante et me rhabille en vitesse, n'en revenant pas à quel point il vient de jeter à rien l'amour que j'avais ressenti pour lui à cet âge là. Quand je pense que j'ai espéré toutes ces années le retrouver … C'était stupide, évidemment. Comme s'il allait se souvenir de moi…
- Pour en revenir à ce que je disais, je voulais juste savoir si tu m'aimais, insiste-il d'un ton calme
- NON! lui lancé-je sèchement avant de le pousser pour me diriger vers la sortie.
Je m'en veux d'avoir espéré quelque chose de lui. Il n'y a vraiment rien à en tirer. Ce type est un con fini. Je le déteste tellement. Pourtant, j'aurais du savoir à quoi m'en tenir avec lui. C'est toujours la même rengaine, toujours le même numéro.
Voilà maintenant que la seule petite histoire d'amour que j'avais soigneusement conservée dans mon coeur vient d'être réduite à néant… J'en suis mortifiée.
Je fonce dehors pour aller chercher un bus et retourner à l'appartement.
Mélanie est assise dans le divan alors que je reviens encore totalement bouleversée.
Elle me demande ce qu'il vient de se passer mais il me faut un temps avant que je n'arrive à lui raconter. J'évite de lui parler de l'épisode du camp de vacances, j'ai trop honte d'avouer à quel point je peux être vraiment ridicule.
Soudain, Damien apparaît dans le salon, revenant des toilettes et constatant encore mon désarroi.
Mélanie me prépare un thé et à manger pour me détendre. Damien semble pensif avant de déclarer:
- Ecoute, ce que je vais te dire sur Edward, c'est vraiment un sujet tabou donc je ne tiens pas à ce que tu t'en serves contre lui car ce ne serait vraiment pas cool, ni pour lui ni pour moi. Après ça, je te conseille vivement de ne plus rien espérer de lui car d'après ce que j'ai compris, il n'est sincèrement pas prêt à se recaser pour le moment alors ça ne sert à rien que tu continues à souffrir inutilement pour lui…
- Vas-y raconte, s'impatiente Mélanie qui revient s'installer près de nous.
- J'insiste sur le fait que ce n'est pas pour le raconter à n'importe qui, reprend-il. En fait, il y a environ 3 ans, Edward sortait avec une fille, Chelsea qu'il l'aimait tellement que c'en était agaçant. Il la mettait sans cesse sur un piédestal. C'est vrai qu'elle était belle mais elle était prétentieuse et elle ne paraissait pas autant amoureuse de lui. Même si ses potes essayaient de tempérer ses ardeurs, il n'y avait rien à faire, elle était tout pour lui. Au point qu'il avait prévu de la demander en mariage après l'obtention de son diplôme. Il avait tout préparé pour lui faire la surprise, un truc de dingue, je crois bien. Et puis un jour, il n'a plus eu de nouvelles d'elle! Plus rien, Nada! Elle l'avait bloqué sur Facebook et aussi son numéro. Personne ne savait ce qu'elle était devenue. Alors, je ne vous raconte pas son état, c'était épouvantable! Au début, il croyait qu'il lui était arrivé quelque chose. Alors, il est allé voir ses parents qui ne voulaient absolument rien lui dire. Pour finir, on a appris qu'elle avait obtenu un job de rêve à New-York et qu'elle a juste décidé de le larguer sans prévenir. Aucun mot, aucun au revoir. Elle voulait juste éviter la confrontation avec lui. Cette histoire a vraiment brisé quelque chose en lui. C'est pour ça que depuis cette rupture, il n'a plus voulu de personne. Je le comprends dans un sens car c'est vraiment atroce ce qu'elle lui a fait…
Je suis effondrée d'apprendre cela. J'ignorais totalement qu'une fille lui a fait subir un truc pareil. Effectivement, c'est atroce. Mais malgré tout, il n'avait pas à me faire ça. C'est vraiment horrible ce qu'il m'a dit tout à l'heure. Il m'a blessée aussi. Sans compter que je ne suis pas Chelsea. Je ne lui ferai pas subir cela.
En outre, Damien a raison, c'est une cause perdue. Peut-être un jour il sortira de nouveau avec quelqu'un mais il lui faudra combien d'années avant qu'il ne refasse confiance? Il lui faudra aussi retomber amoureux pour cela, ce qui n'est pas encore son cas. Le forcer à être dans une relation stable alors qu'il ne se sent pas prêt risque de me retomber dessus malheureusement. C'est pourquoi il me faut désormais accepter les choses telles qu'elles sont et ne plus rien attendre de lui…
Le soir venu, je réalise que j'ai manqué le cours de l'après-midi. Les derniers évènements m'ont tellement chamboulés que ça m'est complètement sorti de la tête.
Tant pis. Je me connecte donc sur Facebook pour demander à une copine qu'elle me refile ses notes. Au même moment, je reçois un message d'Edward qui s'excuse. Encore.
Je lui dis que je ne lui en tiens plus rigueur mais lui explique malgré tout que je n'ai jamais été respectée par un garçon, que même ma première fois a été un vrai désastre et que désormais, je préfère attendre quelqu'un de sérieux. Si ce n'est pas lui, ce sera un autre, voilà. Il dit qu'il comprend et qu'il ne m'ennuiera plus à essayer de me séduire.
Je ne lui dis pas mais je reste déçue qu'il ait détruit mon plus beau souvenir d'enfance. Cependant, cette « claque » m'aidera, je l'espère à tourner la page.
Le dimanche suivant, je ne m'attends pas à ce qu'il vienne à l'heure du cours alors, je m'en vais faire un tour dans le petit bois près de chez moi pour m'installer au pied de l'arbre à côté du ruisseau.
Il fait meilleur ces jours-ci. C'est le printemps et le thermomètre affiche une température beaucoup plus agréable à vivre.
Appuyée contre l'arbre en question, j'entame la lecture d'un livre intéressant. Lorsque soudain, j'entends la vibration de mon smartphone dans mon sac.
Je le sors et je constate que c'est Edward qui me propose de venir me chercher vers 20h pour m'emmener vers une destination inconnue.
Je me méfie en premier lieu et puis je repense à ce qu'il m'a dit l'autre jour alors, je tente le coup et accepte de le laisser m'emmener.
Je profite autant que je peux de ce temps magnifique avant que le ciel ne se couvre et qu'il soit préférable que je retourne à l'appartement. Je mange alors un sandwich pour ne pas me casser la tête à faire tout un repas et j'attends avec une certaine forme d'excitation le moment où Edward va venir me chercher.
Lorsqu'enfin il sonne à la porte d'en bas, je me précipite pour descendre le rejoindre et au moment où je tombe sur lui, je ressens comme un malaise car je ne sais pas comment lui dire bonjour de façon polie et amical. On ne s'est jamais vraiment retrouvé dans une telle situation… Et c'est peut-être finalement pour cela qu'il organise cette sortie afin de détendre l'atmosphère pesante entre nous. Etant donné que Mélanie est ma meilleure amie et qu'elle sort avec l'un de ses meilleurs potes, il a sûrement jugé nécessaire de trouver une solution pour briser la glace.
Cependant, il m'invite directement à monter dans sa voiture mais il ne compte toujours pas me révéler notre destination.
Après plus d'une heure de route, on arrive devant un grillage où il lui faut appuyer sur un parlophone avant que les grilles ne s'ouvrent pour laisser passer sa voiture.
Je vois défiler sous mes yeux un parc somptueux avant qu'il ne gare sa voiture devant un bungalow. Il me fait descendre et me conduit vers une prolongation du parc et où j'aperçois une immense tente drapée de rideaux blancs ouverts sur un lit d'où on distingue des petites bougies placées stratégiquement à l'intérieur pour illuminer l'ensemble. La nuit est tombée et le ciel est rempli d'étoiles. J'imagine la vue que l'on doit avoir de ce lit à baldaquin d'extérieur… Soudain, une angoisse me prend. Qu'essaye-t-il de faire en me charmant avec ce décor idyllique? Edward remarque mon expression et me renvoie un sourire sans aucune méchanceté:
- Ne t'en fais pas, dit-il, je voulais juste que tu puisses voir le ciel d'ici le soir, c'est tellement beau. J'ai été courir cet après-midi et je t'ai encore aperçue en train de bouquiner contre un arbre. Je me suis dit que ce genre de spectacle te plairait, m'avoue-t-il avec un air gêné.
Je décide donc de lui faire confiance et de m'allonger sur ce lit fabuleux. Les yeux levés vers le haut, j'ai une vue imprenable sur le ciel étoilé.
A une distance respectable, Edward s'étend aussi sur ce grand lit et fait de même.
On reste là à contempler les étoiles jusqu'à ce que je me demande pourquoi il fait tout ça pour moi? S'il voulait ressouder notre amitié, un verre dans un bar aurait largement suffit, non?
- Pourquoi m'as-tu amenée jusqu'ici? l'interrogé-je
- Parce que... Tu m'as dit l'autre jour que… aucun garçon n'a accepté de te respecter durant une seule nuit… Je ne sais pas, je voulais que… pour une fois… Tu puisses avoir une belle soirée… Enfin, c'était peut-être ridicule, ça me semblait une bonne idée sur le moment, s'embrouille-t-il dans ses explications
- Ne t'en fais pas, je trouve que c'est vraiment super de ta part. Cela me fait plaisir que tu aies eu envie de faire ça pour moi, le rassuré-je.
Il me sourit et tourne de nouveau son visage vers le ciel. Au bout d'un moment, on tente de déterminer quelle étoile correspond à quoi. On va même surfer sur notre 4G pour être sûrs de ne pas nous tromper. Cela nous prend pas mal de temps avant que j'aie de nouveau le courage de lui reparler de ce camp de vacances. Cela me fait tant de peine qu'il ne se souvienne pas et qu'il en ait rien à faire alors, je retentes le coup, malgré tout:
- Donc, tu ne te souviens vraiment pas de moi dans le camp de vacances où on a été enfin?
Il hausse les épaules avant de répondre:
- En quoi est-ce important? s'étonne-t-il
- Pour rien… soupiré-je
C'est idiot mais ça me fend le coeur de réaliser après tant d'années que ce que je croyais être un moment important ne l'a été que pour moi et pas pour lui… Tout à coup, on dirait qu'il essaye de dire quelque chose qu'il n'arrive pas à exprimer. Heureusement, il finit par se lancer:
- Je…Je crois que lorsque je t'ai vue la première fois, m'avoue-t-il, tu me rappelais quelqu'un… Enfin, j'étais sûre de t'avoir déjà vue avant sans savoir dire où et quand…D'après ce que je me souviens de cet été là, je m'étais bien amusé
- Tu m'avais embrassée, lui rappelé-je
Il se retourne et me fixe avant de baisser les yeux et de reprendre:
- Oui, je pense bien… admet-il.
- De toute façon, t'étais amoureux d'une autre, ricané-je le coeur blessé
- Oui, il y a aussi le fait que tous les garçons étaient amoureux de Daphné. Mais elle ne savait même pas parler le flamand, alors…
- Alors, t'as du te contenter de la fille dont personne ne voulait …bredouillé-je la voix tremblante
- Euh…je… Non, c'est juste que…
- N'essaye pas de te justifier, ce n'est pas la peine. C'était ridicule d'imaginer que « ce garçon » s'intéressait vraiment à moi, conclus-je les yeux humides.
- Tu te trompes, rétorque-t-il
- Ah oui? Alors pourquoi ne te souviens-tu même pas de moi alors que tu te rappelles parfaitement d'une gamine qui n'avait aucun égard pour toi? surenchéris-je
- Je suis désolé, je ne pensais pas que ça avait tant d'importance pour toi?
- Pfff, c'était ridicule de toute façon, t'avais raison. Ce n'est pas comme si c'était la seule véritable histoire que j'ai vécue avec quelqu'un. Ce serait pathétique, pas vrai? débité-je les larmes coulant sur mes joues.
J'essaie de me retenir d'éclater en sanglot devant lui mais je n'y parviens pas. Je le vois immobile, fixer un point devant lui, rougissant, ne sachant ni que dire ni que faire. Je préfère qu'il s'abstienne de toute façon. Cependant, il finit par se rapprocher de moi et me prend dans ses bras. Je me blottie alors contre lui essayant de me calmer:
- Peut-être, ajoute-t-il enfin, que « ce garçon » était effectivement amoureux de Daphné en premier lieu et peut-être qu'il a par la suite rencontré une fille avec qu'il a passé de bons moments et lorsqu'il se sont séparés, il a sûrement préféré tout oublier parce qu'il pensait ne plus jamais la revoir et qu'il avait peur de souffrir pour ça…
A ces mots, je cesse de pleurer et on contemple de nouveau le ciel.
Face à tant de sollicitudes, je plonge dans un sommeil paisible...
