Il me semble que j'ai oublié de publier la semaine dernière. Je m'en excuse. Normalement, je devrais avoir un mois d'août plus cool que le mois de juillet.

La gardienne de la vertu


Drabbles de départ :

« Matthew ? Hé ! Matthew ? L'awesome moi est là !

- Oh ! J'étais perdu dans une rêverie.

- J'espère que tu rêvais de moi. »

Matthew eut un petit rire vraiment agréable avant de parler :

« Non ! En fait ! Pas trop déçu ?

- Avec qui tu me trompes dans tes fantasmes ?

- Je ne fantasmais pas. Tout le monde n'a pas l'esprit aussi mal tourné que toi.

- Tu avais les yeux qui brillaient… »

Les joues de Matthew se colorèrent d'un joli rosé tout à fait charmant.

« Alors ? Tu pensais à quoi…

- Au sirop d'érable sur mon pancake.

- Goinfre. Hé ! Tu sais Matthew ! Il y a tout un tas de manière awesome de consommer ton sirop. Tu veux essayer avec mon awesome personne ?

- Tu es sûr de vouloir devenir tout gluant ?

- Je ferais n'importe quoi pour toi. »

Matthew eut un sourire gourmand en saisissant son pot de sirop.


Arthur accompagna ses filles dans sa chambre. Se faire traiter de menteur devant Francis par ses enfants avait le don de l'énerver. Il laissait ainsi une opportunité à ce stupid frog de s'en aller, avant de provoquer des dégâts supplémentaires, tout en s'octroyant le droit de discuter avec ses enfants tranquillement. Arthur avait son corps de femme particulièrement excité par la proximité de Francis. Il n'avait jamais eu autant envie de faire l'amour avec cet idiot qui s'y connaissait trop en bagatelles. Il avait fallu que les petites interrompent ce moment entre eux.

Il essayait d'oublier les baisers de Francis pour se concentrer sur l'essentiel : à savoir, les deux petites nations effondrées sur son lit.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? »

Ses filles se mirent à pleurer encore plus fort tout en le traitant de menteur.

« Si vous ne me dîtes pas sur quel sujet j'aurais peut-être menti, je ne pourrais pas vous aider. »

Adélie lui montra un mail sur son téléphone portable.

« Vous savez que je n'y comprends rien à vos expériences », grommela-t-il, avant de faire un effort pour ses petites chéries.

Apparemment, il était question d'un sujet 0 qui avait réussi un test de maternité et non de paternité. Il vit les deux XX sur le chromosome sexuel. D'après ce qu'on lui avait dit, c'était XY pour un homme. Apparemment, les petites avaient pris une femme pour un homme. Cela avait l'air de sacrément les perturber.

« Vous êtes un peu petites pour comprendre cela, mais il arrive que le sexe de certaines personnes ne soit pas facilement identifiable.

- Menteuse ! C'est toi, le sujet 0 !, s'énerva Élisa en tapant du poing sur le lit.

- Non, mais ça va pas la tête de faire des expériences sur moi ! »

Ses filles se mirent à crier de concert. De rage, d'énervement, de plein de choses…

« D'accord ! Je vous ai menti ! Je suis votre mère ! Je vous l'aurais dit quand vous auriez été plus grandes… »

La porte s'ouvrit sur le dernier des Kirkland à ne pas être au courant : Peter.

Oh ! Non ! Il avait tout entendu ! Il n'avait pas deux, mais trois furies à contrôler.

Gilbert et Antonio s'étaient installé sur une couverture alors que Francis arpentait les bords du toit une cigarette au bec.

« Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu fumer, dit Gilbert qui retardait de plus en plus l'échéance de son Action.

- Ça a du mal se passer avec Arthur.

- Il l'a embrassé, sinon il serait la tête à l'envers.

- À mon avis, Arthur l'a giflé.

- Non. Il serait furieux.

- Il est furieux, statua Antonio.

- Ouais, mais à l'intérieur.

- On dirait qu'il est frustré. Arthur a dû le mettre à la porte.

- Je vous entends d'où je suis ! Eh oui, il m'a mis dehors…, dit-il en revenant. À cause des petites !

- Oh ! Tu aurais pu conclure…

- Pas avec les petits dans la chambre d'à côté. Je vais demander à Carwin de garder les enfants demain soir. »

Ses deux amis ricanèrent avant de la charrier.

« Tu crois qu'Arthur sera toujours d'humeur à se laisser faire !

- Ne me cassez pas mes espoirs ! C'est méchant ! Arthur m'a embrassé en retour, alors il doit en payer les conséquences !

- Je sens qu'une main va se faire encore plus baladeuse que d'habitude, sourit Gilbert.

- Ça se voit ?

- Et comment que ça se voit ! Arthur devint rouge puis blanc de colère.

- Ça le gêne trop. Je ne vais pas gâcher mes chances.

- Sage résolution, conclut Antonio. C'est à toi Gilbert !

- On peut attendre. Vous ne croyez pas ? On pourrait profiter du bon air et se raconter de petites anecdotes.

- Tu sais où est Matthew. Où est le problème ?, demanda Antonio avec mesquinerie.

- Parce que son frère et sa belle-sœur enceinte sont dans la même chambre que lui !, s'exclama Gilbert.

- Oh ! Il est chez America, le petit cachottier, minauda Francis.

- Il a l'air de changer de chambre tous les soirs ! Je suis définitivement jaloux, se plaint Prusse.

- Oh ! ça va. Il est dans la famille Kirkland.

- Non, mais j'ai du mal à croire que Matthew est le fils d'Arthur. Ils n'ont pas du tout le même caractère. Physiquement, il est juste aussi blond que lui !

- Oh ! Tu oublies qu'il a son joli petit nez.

- Francis, il n'y a que toi qui fantasmes sur le nez des Kirkland !

- Mais je ne fantasme pas là-dessus… Sur les yeux d'Arthur peut-être, mais pas sur son nez !

- Bon, Gilbert. Tu ne pourras pas retarder plus longtemps l'échéance. Tu as 48 heures pour faire ton action. Ça ne va pas te tuer !, dit Antonio pour accélérer le processus.

- Mais Matthew n'a pas l'air de vouloir me voir !

- Arrête de paniquer…

- C'est celui qui n'a pas osé dire Action qui me dit ça.

- C'est bon, awesome Gilbert, tu l'as dit !

- Non ! »

Francis regarda la carte écrire son Action délicatement. Il ne put s'empêcher de rire devant ce que devrait réaliser Gilbert.

« Entrez dans la chambre de votre aimé et découvrez ce qu'il vous cache depuis deux jours.

- Quoi ? Matthew dort dans la chambre d'America et de Natalya. Cette boîte veut ma mort !

- Tu entres par effraction à l'intérieur très discrètement…

- Je ne suis pas Matthew. Je n'ai aucune chance de le trouver…

- …et tu lui mets un petit mot pour qu'il te retrouve. Il faut savoir contourner la logique anglaise. Je suis un expert là-dedans, se vanta Francis.

- Le problème, c'est que je ne sais pas s'il voudra se montrer à nouveau.

- Il y a cet excellent restaurant italien…

- Je ne mangerai pas italien, statua Gilbert. Est-ce que tu sais à quel point ça peut être rageant d'avoir Feliciano aux fourneaux ?

- Oh ! Oh… Il y en a un qui n'aime pas son beau-frère. Feliciano fait pourtant de l'excellente cuisine, affirma Antonio.

- C'est surtout le jumeau du beau-frère dont je me serais bien passé !

- Le temps tourne Gilbert, rappela Francis.

- Je pourrais rentrer par effraction dans la chambre quand Alfred et sa chérie n'y sont pas.

- Gilbert, on a dit qu'on terminait ce soir, insista Antonio.

- Je croyais qu'il n'y avait que la boîte qui était contre moi… Ah ! Je sais. Vous voulez savoir le secret de Matthew. Seulement, je ne vous le dirai pas !

- Oh, mais pourquoi ?

- Parce que c'est mon mec ! »

Ses deux amis avaient l'air terriblement déçus par sa décision.

« N'empêche. Je vais montrer à quel point je suis awesome ! Je vais réussir cette mission, quitte à me fâcher avec Matthew !

- Tu sais. Tu n'es pas obligé… »

Francis et Antonio regardèrent leur ami partir au front, sans réagir.

« Je rêve ou il y va ?, demanda Francis à Antonio.

- Il y va, Monsieur Awesome ! »

Francis soupira de concert avec Antonio.

« J'ai la flemme de l'empêcher de faire une connerie…

- Moi aussi. Natalya l'en empêchera. »

Gilbert revint vers la chambre de Matthew avec la ferme intention de le voir. Cela faisait deux jours ! D'habitude, ils profitaient d'être réunis à une même conférence pour passer du temps ensemble. Matthew lui cachait quelque chose d'important. Gilbert espérait que Matthew ne se lassait pas de leur relation. Soixante ans. C'était long pour une personne aussi jeune que Matthew… Gilbert ne savait pas trop à quoi s'attendre en entrant dans la chambre.

Il avait de grandes chances de se faire menacer ou même charcuter par Natalya. Alfred le mettrait derechef dehors et Matthew resterait forcément dans son coin. C'était le scénario le plus probable s'il n'était pas discret. Il allait devoir faire preuve de prudence pour approcher Matthew. Il ne connaissait pas la géographie des lieux, ce qui le désavantageait fortement. Il allait se baser sur la disposition standard des chambres.

Allez ! Crocheter une serrure était dans ses cordes !

Sauf qu'une serrure à code magnétique, c'était pas évident du tout.

Il tenta la chance avec la carte de sa chambre. Et oh ! Miracle ! ça fonctionnait ! La sécurité de cet hôtel était vraiment à revoir. Si n'importe quel client pouvait entrer dans la chambre des autres, où allait le monde !

Il fit lentement glisser la porte.

Apparemment, c'était extinction des feux à l'intérieur. Il se déplaça tout doucement vers le lit simple avec l'intention de bâillonner son amant pour le kidnapper. Il ne voyait pas d'autres solutions pour avoir un tête-à-tête avec lui.

Gilbert s'arrêta en entendant Alfred remuer dans son sommeil, ce qui entraîna un grognement de Natalya. Quand Natalya râlait, il fallait faire vraiment attention à ne pas l'embêter.

Il se baissa pour passer sous un rayon de lumière et se retrouva à demi accroupi à côté du lit de Matthew. Quand il releva sa tête, il vit brièvement deux yeux améthyste vraiment furieux.

Matthew l'avait capté, était en colère et allait sûrement se débattre ou le mettre K.O. au bon moment.

Donc, il fallait jouer la carte de la surprise. Faire un truc complètement awesome et insensé ! De toute façon, il devait découvrir si Matthew était vraiment malade ou non…

Gilbert alluma la lumière de la lampe de chevet et se jeta au cou de Matthew en murmurant son prénom.

De surprise, Matthew cria.

« J'étais sûr que tu n'étais pas aphone, vilain cachottier !

- Qui a osé me réveiller !, s'écria Natalya dont le sommeil semblait plus léger que celui d'Alfred, puisque celui-ci continuait à roupiller. Gilbert, sors d'ici !

- Pas avant que Matthew m'ait donné des explications valables ! Tu ne voulais plus me voir ? Qu'est-ce qui se passe ? Tu vas bien ? »

Matthew ramena sa couette sur son corps, mais Gilbert eut le temps de capter quelque chose de bizarre. Il ne savait pas quoi, mais ça suffisait à éveiller sa curiosité.

Le Prussien réussit à éviter un coup de Natalya, visant à l'assommer, et se mit en quête de sortir Matthew de ses couvertures, malgré ses cris de protestation. Il attrapa Matthew sous les épaules et se dirigea vers la salle de bain pour échapper à la furie biélorusse.

« Gilbert, lâche-moi ! Tout de suite ! Et ferme les yeux !

- Ta voix est étrange. »

Gilbert sentit le corps de Matthew se tendre contre lui. Il ne le voyait que de dos et était un peu décontenancé qu'il ne se rebelle pas plus.

« Matthew, s'il y a un problème, je préfère qu'on en parle.

- Tu ne pouvais vraiment pas attendre que je me sente mieux.

- Je suis trop attaché à toi, Mattie. Pour une fois qu'on peut se voir…

- Je n'avais pas envie de te voir. Pars maintenant ! »

Gilbert se sentait blessé. Ce qu'il se demandait se faisait plus pressant à son esprit. Est-ce que Matthew envisageait de le quitter ? Il détestait attendre ce genre de décisions de la part de ses aimés. Ça le faisait toujours souffrir.

« Tu n'es plus amoureux de moi ?

- Qu'est-ce que tu dis ?, s'étonna Matthew en retournant son visage vers lui.

- Tu me fuis, tu ne veux pas me parler, tu ne veux même pas dire pourquoi… Tu ne m'as jamais fait ça ! Je me pose beaucoup de questions… Et je tiens à toi. »

Il vit Matthew hésiter à se coller contre lui, puis le vit chercher ses mots.

« Ça n'a rien à voir avec nous… Je t'aime toujours. S'il te plaît, n'insiste pas quand je te demande quelque chose.

- J'ai eu plus l'impression que tu me repoussais plutôt que tu me demandais de te laisser tranquille. »

Matthew sembla réfléchir intensément, avant de réaliser à quel point il avait été incorrect.

« Pardon… J'étais dépassé par les évènements…

- Tu as un problème interne ? »

Matthew eut un petit rire, comme s'il trouvait cette question très amusante.

« Je te demande de ne pas chercher plus loin, malgré ton inquiétude. Tout le monde a ses petits secrets. »

Gilbert prit son petit ami dans ses bras pour un gros câlin. Tous les deux se figèrent. Gilbert, à cause de la grosse surprise sur la jolie poitrine de Matthew… Et Matthew sûrement pour avoir été plus qu'effleuré de cette manière.

« Il t'est arrivé quoi, Mattie !

- Heu... Arrête de toucher ! C'est privé, ça !

- Tu t'es fait opérer en Belgique ! Tu aurais pu m'en parler que tu avais ce genre de tendance !

- C'est pas ce que tu crois », cria Matthew en se retournant complètement vers lui.

Là, Gilbert put voir que son petit ami avait tout d'une femme. Il n'avait jamais autant dérouté que la fois où il avait découvert le sexe réel d'Elizabeta. Il était intimement persuadé que Matthew était un homme. Il n'avait jamais eu de doute sur le sujet après avoir couché avec lui.

Natalya tapa à la porte.

« Il y a un problème, Mattie ?

- Non. Tout va bien. Je gère !

- Ne faites pas de petits awesomes ! »

De gêne, les deux amoureux rougirent de concert.

Gilbert se gratta la tête en cherchant ses mots, puis détailla le nouveau corps de Matthew. Ses vêtements lui collaient un peu, ce qui donnait une idée des courbes de son corps. Ses seins tendaient le tissu tandis que la rondeur de ses hanches lui apparaissait des plus appétissantes.

Gilbert aimait bien cette apparence.

« C'est permanent ?

- Non… C'est un sort familial. »

OK. Les Kirkland avaient un sens de l'humour très pourri. Il comprenait mieux le règlement de compte de tout à l'heure. Kirkland, petites vengeances et compagnie… Ils pourraient ouvrir un commerce.

« Tu n'as pas envie d'en profiter ?

- Ça peut revenir. J'ai le temps, bouda Matthew. Je n'aime vraiment pas ce corps.

- Tu sais, je pourrais te le faire aimer !

- Pas question ! Tu as entendu Natalya… »

Devant le peu de conviction de Matthew, Gilbert se permit de lui attraper les hanches, puis de glisser ses mains sur la peau douce de son ventre, avant de remonter vers le velouté de ses seins. Il l'embrassa avec le bonheur de retrouver ses lèvres. Il y avait un petit goût féminin qui lui plaisait bien. Matthew gémit dans sa bouche quand il vint titiller la pointe de ses mamelons.

« Tu vois ?

- Gilbert, arrête immédiatement. Je ne me le sens vraiment pas. »

Malgré le désir qui se faisait fort, Gilbert retira ses mains tendancieuses, avant de lui demander pourquoi.

« Ce corps m'est trop étranger. Je ne me sens pas assez à l'aise pour faire quoi que ce soit. J'arrive pas à m'y habituer… C'est trop difficile. »

Gilbert le serra contre lui, pour le réconforter.

« Ils sont timbrés dans ta famille !

- En fait, ce n'est pas vraiment de leur faute. Ne va pas les embêter avec ça.

- C'est un sort familial ou non ?

- C'est une malédiction sur tous les Kirkland. Il arrive, quand certaines conditions sont réunies, qu'on se transforme en femme. Je ne te dirais pas comment. Je te vois arriver. C'est ma première fois, alors ça les amuse…

- Ils se transforment régulièrement. Comment que je n'ai jamais rien vu ?

- Ça se voit moins que moi. Un petit indice, demain, il y en a qui vont se raser la barbe. »

Gilbert ricana à l'idée de voir les frères Kirkland sans leur pilosité habituelle.

« Et il se pourrait qu'Alex sèche aussi la réunion, rajouta avec amusement Matthew.

- Oh ! Si Alfred pouvait rater des réunions.

- Tu as bien vu. Il est présent quand même !

- Ne me dîtes pas que vous êtes tous transformés en bonne femme.

- À quelques exceptions, près… Certainement. Ne ricane pas dans ton coin, demain !

- Mais non !

- Je te connais. Tu ne vas pas arrêter de te marrer en écoutant la voix girly d'America, le taquina Matthew.

- Oh ! Ce sera trop drôle.

- J'espère que tu auras une bonne excuse pour excuser ton hilarité !

- L'absence de barbe de tes oncles !

- Ou peut-être la présence de poil au menton de ma tante !

- Ça se fait aussi dans le sens inverse !

- Oui. On est pour la parité dans la famille !

- Trop awesome !

- C'est un secret très secret ! Tu ne dois le dire à personne, même pas à tes meilleurs amis.

- Je sais garder les secrets. Ça veut dire que je fais partie de la famille. C'est awesome comme tout ! »

Il fut décidé quand il devint évident que Gilbert ne pouvait pas garder ses mains pour lui qu'il passerait la nuit ailleurs. Natalya veillait au grain : pas de petits Kirkland supplémentaires, la même année. Non. Même avec un préservatif, il ne fallait pas prendre de risque. Tu parles qu'il ne se passera rien, même avec un couple à côté. Trois d'un coup, la même année, c'était amplement suffisant.