Hey ! Un nouveau chapitre rien que pour vous ! Comme vous pourrez le remarquer, la fic est passée en rating M, suite au conseil de l'une d'entre vous qui se reconnaîtra (au passage, merci, je ne voulais pas traumatiser les jeunes qui se baladent sur ce fandom Oo').
Bref j'ai eu du mal à écrire de façon dépressive, parce que mon IRL du moment ne s'y prête guère. J'espère que je n'en ai pas fait trop ou pas assez ^^
Et merci pour le vingt reviews, ça me fait hyper plaisir !
Disclaimer : J'aimerais bien dire que Hetalia est à moi :')
Chapitre 10 : Courir plus vite que le temps.
Gilbert contemplait le Führer, ce minuscule homme, vulgaire mortel, pitoyable vivant. Mais tellement chanceux. Chanceux de pouvoir finir quand il le voulait, comme il le voulait, d'une balle dans la cervelle. Ce petit être teigneux, qui avait relevé l'Allemagne, qui avait rendu sa fierté à Luddy, et par conséquent à l'albinos, gisait sur le sol du bunker, à ses pieds. Loin du champ de bataille. Cet homme, ce fou tant adulé par son frère se donnait la mort pour ne pas voir la défaite, caché, enterré comme un rat, éloigné de la bataille, du danger. « Les rats quittent le navire », pensa-t-il. Ils en avaient de la chance. Le prussien aurait aimé faire comme eux, fermer les yeux pour toujours et mourir. Au lieu de cela, il allait devoir faire face à la haine, au mépris, à l'esprit de revanche des autres nations. Mais, surtout, il allait ressentir. Tout ce qu'il avait éloigné de lui, grisé par les victoires et la grandeur éphémère. Il allait le ressentir au centuple, ce mal qu'il avait causé aux hommes. Ludwig était jeune, il y survivrait. Il se referait une vie. Mais Gilbert ? Gilbert était usé, comme un automate rouillé. Que lui restait-il ? De la rancœur ? Non. Il n'y en avait plus. De l'ambition ? A quoi bon être ambitieux ? Il avait tout perdu. Son frère ? Son frère le mépriserait, comme les autres. Il ne lui restait plus que les apparences, la fierté apparente, le courage apparent. Ces choses fausses qu'il allait falloir afficher face aux autres, à ceux qu'il avait fait souffrir.
Des pas résonnaient derrière la porte du bunker. Des voix rauques aux accents slaves. L'albinos pouffa d'un rire amer. De tous ceux qu'il avait blessé, il fallait que ce soit lui.
-Prusse. Ouvres cette porte.
La voix du russe fit tressaillir Gilbert, même s'il s'était à peu près préparé. Il allait devoir affronter le regard narquois et jubilant du pire de ses adversaires et, à présent, vainqueurs. D'un pas mécanique, digne de l'automate rouillé qu'il était, il s'avança vers la porte blindée. A l'instant où ses doigts se refermèrent sur la poignée, il étira ses lèvres en un sourire bravache et carnassier pour accueillir l'autre et dissimiler la honte et la colère lasse qui envahissaient déjà ses entrailles.
La porte s'ouvrit.
Gilbert ouvrit les yeux. Il faisait encore noir dans leur petite chambre. Qu'est-ce qui avait bien pu le réveiller ? Il ne s'en plaignait pas, n'étant pas sûr que sa santé mentale aurait survécu au reste du souvenir, mais connaître la cause de son réveil était déjà bien. Et ladite cause se tenait juste devant lui, sous la forme d'une petite fille en pyjama qui lui lançait un regard qu'il devinait plein de larmes, et ce, malgré l'obscurité partout autour d'eux.
-Princesse ?
-Gil... la petite voix sonnait étranglée. Quelque chose clochait. Il y a des trucs... Je peux pas dormir.
L'albinos s'étonna :
-Des cauchemars ?
-Des trucs qui viennent quand je dors.
Un sourire triste étira les lèvres de l'ex-Prussien. Encore une chose que sa protégée et lui partageaient, les cauchemars. Cependant... De quoi une fillette amnésique pouvait-elle cauchemarder ? Il s'écarta un peu, faisant à l'enfant une petite place à ses côtés sur l'étroit matelas. La petite s'empressa de grimper et de se glisser sous la couverture. Sans un mot, il la serra contre lui et la gamine enfouit son visage contre son cou, comme pour se cacher. Il sentait contre lui les tremblements légers de son corps, et les larmes qui avaient trempé ses joues roulaient dans le cou de l'albinos. Hésitant, il ouvrit la bouche.
-Et... En quoi ils consistent, ces « trucs » ?
La petite hoqueta contre lui et il s'attendit presque à ce qu'elle se remette à pleurer. Au lieu de cela, elle sourit. Un mini, un embryon de sourire.
-Je te dis mais après tu me dis.
Il se sentit sursauter.
-Comment tu sais que j'en ai aussi ?
-Avant que je te réveille, tu marmonnais des trucs et tu tremblais.
C'était si évident que ça ? Arg. Il devenait faible.
-Marché conclu. Tu me racontes et après c'est mon tour.
Il était tard. Son esprit était embrouillé et il se sentait le besoin de partager ses cauchemars avec quelqu'un. Quelqu'un qui ne le jugerait pas et qui lui vouait un amour inconditionnel.
Le sourire de l'enfant mourut et elle commença, d'une petite voix
-Tu te souviens de ce qui t'es arrivé à la fête foraine, avec la barbe-à-papa ?
Il hocha la tête.
-Et bien, quand j'essaie de dormir, ça recommence. Sauf que c'est pire. Tu te relèves pas. Tu craches des trucs pareils mais tu t'arrêtes pas... Et... E-Et après je s-suis t-toute seule. D-dans le parc. Et t-tout ce que j-j'entends, c'est tes bruits qui font peur et mes bruits parce que je suis triste.
Elle s'était remise à pleurer. Gilbert se sentait horriblement touché. Elle cauchemardait de sa mort. Elle cauchemardait du futur, en somme. D'une main hésitante, il tapota le dos de la fillette. Avec plus de douceur qu'il ne l'avait jamais fait. C'était vrai. S'il lui arrivait quelque chose, ce qui semblait se rapprocher à grands pas, Mädel serait seule. Personne ne la remarquerait, et elle retournerait à la rue. Il devait faire quelque chose.
-Gilbert ?
La question tremblante l'extirpa de ses pensées morbides.
-Oui ?
-Promets moi que je serai plus jamais toute seule.
Commet promettre un mensonge ? Les autres hommes ne s'intéresseraient pas à elle, il ne serait pas toujours là, et les nations n'avaient que faire d'un minuscule parasite orphelin et amnésique. Pourtant, il s'entendit murmurer :
-Je te le promet Mädel.
Je ferai tout pour que ça n'arrive pas, en tout cas.
-Alors ? C'est quoi tes trucs à toi ?
Gilbert hésita, puis se décida :
-Je suis dans un petit espace tout fermé, et un monsieur est couché par terre.
-C'est qui le monsieur ?
-Un ordure, grince-t-il. Donc. J'ai perdu à un jeu, tu comprends. J'ai perdu tout ce que j'avais parié. Et tout ce que je n'avais pas parié, aussi. Alors, on est venu me chercher pour bien me montrer que j'ai perdu.
-C'est qui qui est venu ?
-Personne.
Ils se tairent, Gilbert écoutait la respiration fragile de la petite fille contre son cou. Elle s'endormait. Il ferma les yeux. Il fallait tenir. Pour Mädel.
Un rayon de soleil vint taper en plein dans l'oeil fermé de l'albinos endormi, l'arrachant du doux sommeil de l'oubli dans lequel il avait réussi à s'enfuir. Contre lui, une petite silhouette d'enfant était lovée, encore endormie.
Tout doucement, pour ne pas réveiller la petite fille, il se leva. Il avait envie de sortir, de faire quelque chose.
Faire quelque chose, c'était ce qu'il se répétait dans la salle de bains, alors qu'il prenait une bonne douche d'eau glacée et enfilait sa traditionnelle veste rouge, un jean noir et un tee-shirt assorti.
Faire quelque chose.
Il sortit de la salle de bains pour se retrouver face à une petite fille en pantalon gris et pull mauve qui le fixait, sourire aux lèvres.
-J'ai faim, fit-elle.
Faire quelque chose.
-Ça te dirait d'aller acheter des croissants ? Et des chocolatines ?
-C'est quoi ?
-C'est bon.
-D'accord alors !
Il l'aida à enfiler son manteau et l'entraîna dans la rue, vers la petite boulangerie qu'il avait repéré quelques jours auparavant. La matinée était déjà bien avancée et le froid rougissait les joues et le bout du nez de la petite, pour le plus grand amusement de Gilbert. L'enfant ne disait rien, mais sautillait dans la rue vide, partait devant pour ensuite s'arrêter et attendre l'albinos en tapant du pied, comme si elle était agacée. Mais, dès qu'il arrivait à côté d'elle, elle filait comme le vent. Gilbert se prit au jeu et ralentit exagérément sa marche, pour énerver sa protégée. La ruse fonctionna au delà de ses espérances cas la fillette vint jusqu'à lui pour le pousser dans le dos. Il profita de cet instant de faiblesse pour la saisir solidement et la jeter en travers de son épaule.
-Gilbeeeeeeeeert ! Lâches moi !
Elle hurlait en essayant d'avoir l'air en colère mais ses éclats de rire contredisaient totalement ce qu'elle disait.
-Kesesesese. Hors de question. Tu sais même pas où on va, tu pourrais nous perdre, gamine.
-Même pas vrai ! Je t'ai retrouvé quand tu me cherchais !
-C'était du hasard, rigola l'albinos.
Ils arrivaient en vue de la petite boulangerie. Gilbert reposa l'enfant et entra en souriant. C'était vide, et la vendeuse mâchait un chewing-gum tout en écoutant de la musique. Elle retira son casque à leur entrée.
-Hallo ! Salua l'allemand. On voudrait deux croissants, deux chocolatines, deux pains aux raisins, deux chaussons aux pommes et deux muffins s'il vous plaît.
Les yeux de la serveuse s'arrondirent, et le sourire de Gilbert s'élargit. Il voulait tout faire découvrir à sa protégée. Et, même si les muffins ne faisaient pas partie de ce qu'il avait prévu, il avait bien vu la manière dont Mädel louchait dessus. C'était vraiment awsomement mignon.
Leurs achats terminés, ils se remirent en route.
-On les mange où, tous ces trucs, demanda-t-il, en remarquant le regard glouton de la petite fille sur le sac de viennoiseries.
Elle balaya les alentours du regard et son visage s'éclaira, comme si elle avait une idée géniale.
-Là bas ! Là où il y a plein de drapeaux !
Gilbert plissa les yeux. Elle désignait l'espace vert face au grand hôtel national. Le genre d'hôtel cinq étoiles où pouvait très bien se dérouler un meeting.
-Ok on va là.
A peine cinq minutes plus tard, il admirait sa petite Mädel qui dévorait un muffin alors qu'il grignotait distraitement un chausson aux pommes. C'était rassurant, en quelque sorte, il savait que ce genre de moments ne durerait pas, mais ce n'était qu'une raison pour plus les apprécier. Fourbement, il engloutit les deux chaussons aux pommes en un temps record, sous les yeux ahuris de la petite.
-Et si j'avais voulu en manger, moi ?
-Bah tu t'en passeras, fit-il en haussant les épaules.
Pour se venger, l'enfant enfourna le second muffin dans son minuscule orifice buccal.
Pendant qu'elle bataillait pour refermer sa boche et mâcher le malheureux gâteau, l'albinos laissa son regard glisser sur les drapeaux qui claquaient fièrement au vent, en face d'eux. Américain. Français. Allemand. Espagnol. Chinois. Japonais. Russe.
Bienvenue en Russie, Prusse. Fais comme chez toi. Après tout, tu vas rester longtemps parmi nous, n'est-ce pas camarade ?
L'albinos secoua la tête. Ne. Pas. Se. Souvenir.
C'était bizarre, tous ces drapeaux. Il ne s'attendait qu'à voir celui de l'Amérique, de l'Europe, et, peut être, de deux ou trois autres. Et bien non. Il y en avait beaucoup. Beaucoup beaucoup. Comme si...
-Go away bloody fucking stupid bro ! Leave me Alone !
-Voyons Arty... tu sais bien que je ne te lâcherai pas avant de savoir comment se déroule ta vie de couple. Alors ? Mouvementée ?
-Mais lâââââââches moi ! Ou je vais chercher Francis !
-La princesse veut aller chercher son prince ?
-ALISTAIR SHUT UP !
Immédiatement, le Prussien se raidit et rabattit la capuche de sa veste pour dissimuler ses cheveux blancs un peu trop visibles.
-Mädel, siffla-t-il.
-Mnoui ? Répliqua la fillette, la bouche encore pleine de muffin.
-On s'en va. En vitesse. Il y a des gens que je connais.
L'enfant se tourna pour mieux voir les deux anglais qui approchaient. Gilbert se leva prestement et mit sa main dans celle de la gamine qui se laissa entraîner sans trop de résistance.
Quand il estima qu'ils étaient assez loin de l'Angleterre et de l'Ecosse, il s'arrêta et déclara, soudain très sérieux :
-On ne reviendra pas devant cet hôtel, d'accord ? Il y a sûrement plein de gens que je connais à l'intérieur.
-Et tu ne veux plus les voir ?
-Ouais. Et ils ne veulent plus me voir non plus, alors on fait comme ça et tout le monde est content.
La petite fille ne répondit rien. Elle avait compris que c'était quelque chose contre lequel elle ne pouvait rien.
Plus tard, elle tenta quand même.
-Et Mattie ? Tu veux plus le voir non plus ?
-Je veux pas qu'il me voie comme ça.
Ils rentrèrent à la chambre, et Gilbert décida qu'ils y passeraient la journée avant d'oser sortir, pour une sortie prévue depuis Noël mais dont il n'avait pas touché un mot à la petite fille.
Cher Luddy.
Je t'écris pas une lettre pour m'excuser, évidemment. J'avais raison. Mais en fait il faudrait que tu gardes Mädel.
Mauvais.
Gilbert déchira violemment la feuille, ignorant la brûlure qui dévorait ses entrailles. Derrière lui, sa petite protégée s'entraînait à lire son livre à voix haute, il la corrigeait parfois. Elle avait fait d'énormes progrès, et il en était très fier. Avec un soupir, l'albinos prit une autre feuille et entama une autre lettre.
Mein klein bruder,
En fait il faudrait que tu adoptes Mädel. Mais inities là à la culture allemande hein ! Evites de commencer par les nouilles.
Nul.
Poubelle.
Lulu,
Je te confie la petite fille qui est à côté de toi (si elle ne s'est pas enfuie). Elle s'appelle Mädel et elle est trop mignonne. Laisses pas Russie la voir, par contre. Elle ferait un crise cardiaque.
Le papier fit un gracieux plongeon dans la poubelle.
-Gil ?
-Ouais ?
-C'est quoi des sucres d'orge ?
-C'est des bonbons.
-Je veux une maison comme dans Hansel et Gretel !
Franny,
Mauvaise idée. Poubelle.
Ludwig.
Prends soin de Mädel, qu'elle se brosse bien les dents tous les jours.
Poubelle.
Cher Aristo,
Comme tu t'es relativement bien occupé de Feliciano (en l'éduquant comme une fille mais on s'en fout parce que Mädel est une fille), je te confie ma protégée
…
Corbeille.
Ru
Arg.
Non.
Lud,
Bah tu vois il faut que je te demande un truc. Feli et toi vois pouvez pas avoir de bébés (ouais parce que Feli c'est pas une fille haha) et je suis sûr que t'as plein d'instinct paretnel très bien caché. Tu voudrais pas adopter ma petite Mädel ?
Poubelle.
Au bous d'une bonne vingtaine d'essais infructueux, l'albinos abandonna. Il était tard, Mädel était allée chercher son repas à la réception toute seule, comme une grande, et le regardait en mangeant des nouilles. A la vue de la nourriture, son estomac se contracta douloureusement et il sentit quelque chose d'atrocement acide remonter dans sa gorge.
Se concentrer sur autre chose.
-Mädel ?
-Oui ?
-T'es déjà allée au cinéma ? Si tu veux, on peut aller y faire un tour ce soir.
-On peut essayer !
Gilbert avait soigneusement choisi le film, pour que la petite fille puisse comprendre et apprécier. Ils étaient donc assis devant un quelconque film d'animation, où des héros super badass défonçaient des méchants. La gamine dévorait l'écran des yeux, et il se concentrait pour ne pas s'endormir. C'était un moment tranquille avec la petite fille. Il fallait profiter.
-Psst, Gil.
-Quoi ?
L'enfant lui glissa quelque chose de petit dans la main.
-C'est Gianna qui m'a aidée à choisir. Joyeux Noël.
L'albinos regarda la fillette, toujours absorbée par les images défilant à l'écran, et déballa lentement le petit paquet, en faisant des efforts pour être le plus silencieux possible. Dans ses mains se trouvait à présent un minuscule téléphone. Antique. Fonctionnel. Un vrai silex, tout juste bon à envoyer des messages et à passer des appels. La petite demanda :
-Tu es content ?
-Regardes le film, on va déranger les voisins.
Oui, il était content. Très, même. La gamine avait dû voir qu'il n'avait plus de téléphone, depuis l'appel désastreux de Ludwig. Avec ce nouvel... ce nouveau... fossile, il allait pouvoir faire plein de choses ! Envoyer un message a Mattie, pour commencer. Il ne s'en était pas rendu compte, mais il crevait d'envie de discuter avec son ami/fantasme/chéri. Et, même si ce n'était que par messages, ça le rendrait extrêmement heureux.
Mais il fallait se retenir jusqu'au lendemain, le temps de faire tout ce qu'il avait prévu pour la soirée. A savoir ? Rentrer, coucher la gamine et aller s'éclater en boîte. Parce qu'il voulait en profiter une derni… en profiter.
Ah. Tiens. Les lumières se rallumaient. Le film était déjà terminé ?
Sur le chemin du retour, la petite s'extasia sur les attaques trop géniales des héros. Il n'en avait retenu qu'une, les « boules roses qui explosent et qui font des explosions trop belles ! ».
Quant à lui, il écoutait d'une seule oreille, absorbé par ses pensées, tournées vers un pays froid pas très loin de là où ils se trouvaient.
-Bon maintenant tu dors. Soupira-t-il en jetant l'enfant sur son lit.
-Nan !
…
-Si.
-Nan !
-Si.
-Nan !
-Mädel, s'il te plaît !
-Nan ! Et pourquoi tu veux autant de je fasse dodo ? Hein ?
-Parce que je veux sortir, moi !
-Alors je viens avec toi.
Mädel, en boîte ? Ha. Ha. Ha. Hors de question.
-Non.
Gilbert soupira et interpela la serveuse. Une demoiselle plutôt jolie, avec de soyeuses boucles aubrun et une plastique très appréciable. Elle lui sourit et il entama, légèrement gêné.
-Bonjour mademoiselle. Voilà en fait j'ai dû amener ma… ma… ma fille ici. Elle a sept ans… Est-ce que vous pourriez la surveiller, au cas où je m'absenterais ?
La jeune femme fronça les sourcils.
-Et pourquoi amenez vous votre « fille » dans un endroit pareil ?
De toute évidence, elle le prenait pour un pédophile. Pas awesome, mais logique. Il soupira et opta pour la vérité.
-Je n'arrive pas à la mettre au lit, et comme j'avais promis à quelqu'un d'important de le retrouver ici, je ne pouvais pas la laisser seule à la maison vous comprenez ?
-Je vois, répondit-elle, toujours soupçonneuse. C'est d'accord, je garde un œil sur elle.
-Merci infiniment.
Et l'albinos s'éloigna, se promettant de ne pas abuser sur la bière.
La fête battait son plein. Il ignorait délibérément les signaux de détresse envoyés par son corps, les mains qui tremblent, le mal de crâne, les douleurs abdominales, pour se lâcher, oublier, se fondre dans une foule d'anonymes. Remuer comme un dément, oublier. Et encore oublier. Oublier son corps, oublier le futur, ou plutôt l'absence de futur, oublier les autres, oublier les amours sans espoir, tout oublier. Tout. Tout.
Il devait être tard.
Il faisait nuit dehors.
MERDE
MÄDEL
Il se précipita vers le bar pour vérifier que sa petite protégée s'y trouvait toujours, mais se figea en entendant deux voix, elles aussi bien trop connues, qui s'adressaient à la gamine.
-Mais qu'est-ce que tu fais là toute seule ?
-A mon avis elle attend son grand frère en train de faire son affaire ~
-Tais toi pervers ! Tu vas lui faire peur ! Elle est tellement mignonne ~
… Tonio et Francis. Ses deux amis totalement gagas devant Mädel. Pourvu qu'elle ne parle pas de lui. Pourvu qu'elle ne leur parle pas tout court. Putain. Il voulait juste rentrer, lui.
-Mon grand frère il m'a dit qu'il fallait pas parler aux pédophiles.
HA. HA.
Elle se rappelait de ses recommandations. C'était déjà bien.
-Mais on n'est pas des pédophiles, petite fleur.
-Que linda ~
-On est juste inquiets. Il est où ton frère ? Il s'appelle comment ?
Et voilà que Franny jouait les sauveurs du monde. Ce n'était pas. Du. Tout. Le bon moment.
-Et toi tu t'appelles comment ? interrogea l'enfant, méfiante.
Le jeune homme sourit. Il avait l'impression de retrouver la Mädel qu'il avait trouvée dans la rue, méfiante et craignant qu'on ne lui veuille du mal. Discrètement, il s'approcha. Ses deux meilleurs amis étaient accoudés au ber, à côté de sa protégée, et lui parlaient, un air gaga sur le visage pour l'espagnol, un air inquiet pour le français. Et oui. On pouvait dire que Francis était un bloody pervert, une petite fille abandonnée au bar dans une boîte de nuit, ça ne pouvait qu'inquiéter le papa gâteau qu'il était au fond de lui (Birdie lui en avait raconté des belles mais il n'en avait jamais parlé, attendant le meilleur moment pour faire chanter son ami).
Gilbert se surprit à espérer que la barmaid vienne, chasse les deux importuns et qu'il puisse ramener Mädel à l'hôtel. Seulement ça n'arriva pas.
-Francis. Ton frère alors ?
Une lueur de crainte dans les yeux, la petite répondit :
-De toute façon il est là.
MERDE. ELLE L'AVAIT VU.
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Ses amis allaient le repérer !
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Et non. Fallait croire que sa petite princesse était bien trop maligne pour ces gros benêts de France et Espagne car, dès qu'ils se tournèrent vers l'endroit qu'elle avait désigné, à l'opposé de l'albinos, elle sauta de son siège et courut dans sa direction. Il la saisit et s'éloigna. Tout ce qu'il entendit en sortant fut :
-Lequel ? Eh ? Chérie ? Mince, Tonio, on l'a kidnappé.
-Gil ?
-Oui ?
-Ils me voulaient du mal tu crois ?
-Sûrement pas. Pas eux.
-Tu les connais ?
-Ce sont mes meilleurs amis.
-Désolée d'avoir été méchante alors.
-Pas grave. Je ne voulais pas qu'on se voie, de toute façon.
-Bonne nuit Gilbert.
-Bonne nuit princesse.
Le jeune homme déposa un baiser papillon sur le front de l'enfant en train de s'endormir et murmura :
-Si tu as un cauchemar, n'hésites pas à me réveiller. D'accord ?
La gamine dormait déjà.
Le prussien se coucha enfin sous ses draps, et se retrouva immédiatement assailli par la douleur. Partout. Dans tout son corps. La douleur circulait dans ses veines, dans ses os, de ses ongles de pieds jusqu'à la pointe de ses cheveux. Il gémit silencieusement et se recroquevilla dans le lit. Des larmes de peine lui montaient aux yeux. Tout ce qu'il avait plus ou moins oublié en une journée lui revenait en mémoire, dans sa tête comme dans son corps.
-Gilbert. Tu étais parfaitement conscient de ce que l'Allemagne devenait, au cours de la guerre, n'est-ce pas ?
-Oui.
L'américain le dévisageait avec haine, comme il s'y attendait. Ils le regardaient tous avec haine. Même Francis. Normal, aussi.
-Tu reconnais le génocide commis par les nazis ?
-Oui.
-Tu reconnais n'avoir rien fait pour arrêter ça ?
-Oui.
-Bien. Les alliés déclarent la Prusse comme nation disparue. Maintenant, tu seras sous la garde de Russie. Quelque chose à ajouter ?
Allait-il ajouter quelque chose ? Rien ne changerait quoi que ce soit. Il n'allait pas s'excuser, comme l'avaient fait Autriche, Italie, Japon. Il se contenta de relever le menton et de dire :
-Non, rien.
Et ce fut fini. Il n'était plus la Prusse.
Voilà ! Nous terminons donc sur cette note particulièrement HEUREUSE ET POSITIVE !
Vous trouvez mes persos OOC ? Vous détestez le tour que prend l'histoire ? Vous a-do-rez ce que je fais ? Vous voulez juste que j'écrive plus vite ? Laissez moi des reviews !
(ps : Melly, je sais que tu ne reviewes pas, mais je t'ai collé Alistair, comme tu le voulais (stalker !) alors fait un effort ma chérie je t'en supplie *yeux de chat potté*)
Tooran : Oui, ça ne fait qu'empirer, et c'est pas fini D' : Il faut être fortes ! Merci pour ta review, en tout cas
Raphi-San : Mister Awesome x) Ca lui va tellement bien ^^ Merci pur la review et le conseil. Sûrement plus de gore a venir, tu as raison. Mais pas trop, quand même D :
Ore-sama : J'aime lire tes reviews ! Pas la peine de remercier (d'ailleurs merci pour cette vingtième review, tiens : un chocolat). Ouais, je suis tellement triste qu'il soit en train de mourir :'(
Merci à ceux qui followent et favoritent, même s'ils ne disent rien !
A plus les gens ! Je me mets direct à la suite 8D (moi ? masochiste ? noooooooooooooooooon 8))
