Voici le dernier chapitre de la partie 2. Il ne reste plus qu'une partie. Merci pour vos commentaires :) : zib (Les choses se précisent enfin...) viahana : (j'espère que le chapitre te plaira :D) ChamalloW (*grand sourire* je suis contente que tu aimes ! Enjoy !)
Partie II
Damage Corporated
09
« I've got you »
Justin pleurait, pleurait, pleurait, et Brian ne savait pas quoi faire. Il pouvait juste le prendre dans ses bras, chuchoter à son oreille que cela allait s'arranger, et que non, il n'était pas une mauviette, un pédé larmoyant. La voix tremblante, Justin expliqua qu'il avait tout essayé, mais que rien n'y avait fait. Il était toujours là, toujours dans son ombre, toujours trop près. Brian aurait voulu demander de qui parlait Justin, mais il sentait qu'il fallait laisser le garçon s'exprimer, trouver les mots pour dire ce qui le harassait depuis des semaines. Des mois, peut-être, se dit Brian.
Justin sortit des enveloppes d'un tiroir. De grandes enveloppes marron. Il y en avait plus d'une quinzaine, et elles étaient toute pleines. Brian caressa les cheveux de Justin et l'embrassa, lécha sa bouche salée par les larmes.
Justin le laissa ouvrir une enveloppe au hasard et en tirer les clichés qu'elle contenait.
Qu'est-ce que…
C'était juste des photos de Justin. Six photos, prises par un amateur, nota Brian, imprimées sur un mauvais papier que n'importe qui aurait pu acheter. Des photos de Justin, dans la rue, souriant, à un café, dans un bar. Dans cette enveloppe là, il y avait même une photo de Justin en train de baiser un mec.
Et sur l'une des photos, manquait la bouche de Justin.
Toujours en silence, Brian ouvrit l'enveloppe suivante, en sortit six autres clichés. Il les regarda, Justin toujours blotti contre lui, le visage enfoui contre sa poitrine. Il avait du mal à déglutir lorsqu'il passa à l'enveloppe suivante. Il regarda les photos de chacun des enveloppes, commençant à comprendre à quel point Justin avait dû se sentir seul et terrifié ces derniers mois, se demandant pourquoi il lui avait fallu tant de temps pour réussir à en parler.
La réponse se trouvait dans les dernières enveloppes – les plus récentes, comprit Brian. Elles ne contenaient pas des clichés de justin.
Les trois dernières enveloppes contenaient des photos des proches de Justin. Des photos de Brian (plusieurs photos de Brian, et sur deux d'entre elles, il était en train de baiser ou d'être sucé par un mec) de Jennifer Taylor, de Gus, Linds et Mel, d'Emmett et Ted. Une photo de Daphné, une autre d'Emily.
Et une photo de Hobbes.
Un putain d'harceleur.
Un putain d'obsédé.
Un putain de mec qui avait fait de Justin son monde, sa raison de vivre.
Un putain de malade.
- Eh, ça va aller, dit Brian.
Il ne savait pas bien pourquoi il prononçait ses mots. Honnêtement il ne savait pas comment les choses pouvaient aller. Il savait peu de choses sur les obsédés, mais il savait que les choses ne se terminaient jamais bien pour les victimes de harcèlement. Il pouvait simplement être soulagé que Justin ait fini par surmonter sa peur de l'homme qui le suivait pour lui en parler.
- Ca va aller.
Il pouvait juste essayer de croire assez à ses mots pour rassurer Justin. La première chose serait de le ramener avec lui à Pittsburgh, et tant pis l'expo et les galeries d'art. Il ne pouvait pas laisser Justin seul à New York avec un malade sur ses traces.
Tu l'as déjà fait pendant des mois, lui rappela un coin de son cerveau qu'il aurait bien voulu ignorer. Il repoussa l'idée loin de son esprit. Justin devait rester à New York pour s'épanouir, devenir l'artiste qu'il devait être. Jamais de regrets. Et Brian savait que le garçon en aurait s'il revenait à Pittsburgh. Tôt ou tard les opportunités manquées reviendraient le hanter, le boufferaient de l'intérieur. Brian n'allait pas laisser cela arriver.
Les larmes se tarirent d'elles-mêmes et Brian embrassa de nouveau les lèvres du blond. Justin répondit au baiser avec un désespoir qui surprit son amant. Il s'accrocha à ses épaules et s'installa sur ses jambes sans quitter ses lèvres un seul instant. Il respirait vite, et ses doigts se faufilèrent sous la chemise de Brian.
- Justin…
Justin lui retira sa chemise et sa main glissa sous la ceinture de son pantalon. Brian inspira et attira Justin près de lui. Leurs sexes se touchaient presque à travers les vêtements. Et soudain, l'un comme l'autre ne pouvait penser à rien 'autre qu'à leur proximité. Il n'y avait plus que ce désir vorace qui les animait, comme chaque fois qu'ils étaient l'un en présence de l'autre, seuls. Un désir qui prenait sa source dans leurs ventres, faisait durcir leurs bites, agitait leurs langues et faisait battre leurs cœurs.
Le blond le plaqua sur le canapé, lécha son cou, le creux de son épaule, tandis que ses mains jouaient avec la ceinture du pantalon de Brian et faisait descendre le vêtement le long de ses jambes. Puis Justin se désintéressa du visage et du cou de Brian et descendit jusqu'à son sexe qu'il avala, sans la moindre hésitation. Brian grogna et sa main glissa dans les cheveux de Justin, un geste qu'il avait répété des milliers de fois, un geste qu'ils connaissaient par cœur. Un cri rauque, et Brian vint dans la bouche de son amant.
Justin sourit, releva la tête et attrapa un préservatif, sous le canapé. Brian décida de ne pas se demander pourquoi Justin avait une réserve de préservatifs sous son canapé mais trouvait cette idée très bonne au demeurant. Il aurait détesté que Justin doive se lever pour aller chercher une capote. Le blond déchira l'emballage. Brian crut un instant qu'il allait l'enfiler sur sa propre queue, mais Justin le détrompa en moins de dix secondes.
Grognant de plaisir, Justin s'installa sur les hanches de Brian et s'empala lui-même. Brian rejeta la tête en arrière.
Putain Justin.
Il n'existait rien d'autre dans cette pièce à part eux.
Et Justin ne pensait pas qu'il pourrait aimer davantage Brian à cet instant là. Simplement parce qu'il était là, au moment où il avait le plus besoin de lui. Simplement parce qu'il était Brian Kinney et que Justin ne savait plus comment se passer de lui.
Je t'aime.
L'orgasme le renversa et le laissa sans force.
Brian garda Justin contre lui. Justin ferma les yeux et posa sa tête sur la poitrine de son amant qui reprenait son souffle. Il pouvait entendre le cœur de Brian battre dans sa poitrine. Et il s'endormit dans les bras de Brian, se sentant vraiment en sécurité pour la première fois depuis une éternité. .
Je suis là.
*~*~*~*~*
- On va appeler les flics.
- Pourquoi ? Que veux-tu qu'ils fassent ? Pourquoi veux tu qu'ils s'en soucient ? Ils se diront que je l'ai bien mérité, que je n'avais pas à –
- Tu n'as rien mérité du tout, justin. Cette putain de merde qui t'arrive encore… Je peux pas… rester là et ne rien faire.
Encore.
- Je n'aurais pas dû t'appeler… Encore une fois, je me suis enfui, j'ai pas été capable de…
- Conneries, souffla Brian contre son front en l'attirant plus près. Arrête le soap immédiatement, Sunshine, je ne suis pas d'humeur.
- Je ne fais pas de soap !
- C'est exactement ce que tu fais. On va appeler les flics. Et tu vas retourner chez Emily.
- Je veux rentrer avec toi, Brian, dit Justin, doucement.
Brian se figea. Il eut l'impression que tout son sang se gelait dans ses veines. Sa main se posa sur la joue de Justin et Brian imagina, rien qu'une seconde le retour du blond à Pittsburgh, le vide qui ne serait plus, Justin, Justin, de nouveau là. Putain, tout ce à quoi il avait pensé, tout ce qu'il avait espéré durant l'année passée. C'était ce qu'il voulait, merde.
Mais il était encore trop tôt.
Pas de regrets.
- Sunshine, tu ne vas pas laisser cet enfoiré guider ta manière de vivre. Tu as des choses en cours, ici… Des choses comme ton exposition, tu te rappelles ?
Brian l'embrassa.
- Tu ne peux pas foutre cela en l'air.
Justin voulut répondre que si, il pouvait, et que c'est ce qu'il ferait. Il ne pouvait pas penser à l'art, il avait bien trop peur pour cela, tout ce qu'il voulait c'était Brian, Pittsburgh, le Dîner, le Babylon. Les choses familières qu'il connaissait par cœur et qu'il aimait. Les choses rassurantes qui pouvaient effacer les enveloppes sordides et l'atmosphère malsaine aux relents de terreur dans laquelle il baignait depuis des mois – malgré le déménagement, malgré les codes en bas qui barraient l'accès de l'immeuble aux intrus.
Brian l'embrassa encore une fois.
- Tu ne veux pas foutre cela en l'air.
C'était comme si une main glacée s'était emparée de ses tripes pour les enlever de son corps. Justin avait envie de vomir, de pleurer, tout cela à la fois. Il recula d'un pas, Brian ne comprenait pas.
- Va te faire foutre, Brian. Je ne peux pas. J'ai essayé. J'ai vraiment essayé de faire comme si ce cinglé n'existait pas, comme s'il ne pouvait pas mettre chaque détail de ma vie sur une putain de photo. Mais je peux pas. Je veux juste me tirer d'ici et oublier tout ça. Je veux… je veux juste oublier.
Brian secoua la tête.
- Sunshine…
- Ce n'est pas juste pour toi que je veux rentrer, dit Justin. C'est…
- A cause de lui, et c'est une raison encore plus mauvaise. Sunshine…
- Tu ne peux pas m'obliger à rester à New York.
Brian passa une main dans ses cheveux.
- Mais je peux te garder loin du loft, dit-il. Sa voix était tendre, chargée d'affection et d'inquiétude, tout ce que Brian n'était pas. Elle contrastait avec la dureté des mots qu'elle usait, et Justin se laissa aller dans ses bras.
- Va te faire foutre, enfoiré, dit-il.
Un moment passa, et ils restèrent collés l'un contre l'autre.
-Je reste ici.
Brian n'insista pas, prenant note de faire poser une alarme dès que possible. Là maintenant, il voulait juste garder Justin dans ses bras. Leurs lèvres se joignirent et Justin se laissa pousser sur le canapé. Il s'allongea, sans cesser d'embrasser Brian et encercla la taille de Brian de ses jambes. Son sexe était déjà dur et il ne pouvait pas attendre que l'homme vienne et lui fasse l'amour, encore.
~*~
Brian reprit l'avion le lendemain matin. Il avait fait jurer à Justin de ne pas tarder à appeler les flics. Justin avait promis de le faire, les yeux dans le vague. Brian pouvait voir tout le mal qu'il lui avait fait en lui refusant de le laisser revenir à Pittsburgh, alors que c'était ce qu'ils voulaient, tous les deux.
Pas de regrets.
Il s'était trop répété cela ces derniers temps. Peut-être dans le but d'y croire.
Brian rabattit la tablette devant lui, y posa son ordinateur qu'il alluma. Il se plongea dans l'étude d'un projet de publicité et réussit à oublier, au moins un peu, l'inquiétude et la culpabilité qui le submergeaient.
Sunshine avait bien insisté sur le fait qu'il était un grand garçon et qu'il pouvait prendre soin de lui tout seul et Brian savait mieux que personne à quel point, en effet, c'était le cas. Le blond saurait s'occuper de lui-même, faire ce qui devait être fait. Brian lui faisait confiance.
Pourtant une appréhension lui broyait le ventre.
Comme s'il pouvait sentir une tempête s'approchant, sur le point de tout dévaster.
*~*~*~*~*
Justin fit tourner sa clef dans la serrure de sa porte. Il avait ses écouteurs sur les oreilles, et écoutait Ben Jovi hurler dans ses oreilles.
It's my life, it's now or never, I ain't gonna live forever, I just want to live while I'm alive
Et elle arriva sans prévenir.
La douleur.
Il sentit qu'on le poussait violemment en avant. Il trébucha sur le seuil de la porte et tomba sur le tapis, renversant la table basse.
Putain.
- T'aurais pas dû prévenir ce putain de Kinney. C'était quoi la prochaine étape ? Les flics ? Je croyais que t'avais compris !
Cette voix, Justin connaissait cette voix, mais il ne pouvait juste pas la replacer.
Il se releva en vitesse et ne tarda pas à voir son agresseur, appuyé sur le chambranle de la porte. Il tenait un pistolet à la main, il avait un sourire sur le visage. Justin laissa échapper un son, mais l'autre se rua vers lui. Le blond sentit une vive piqûre dans son cou, et tout devint noir.
Fin de la partie II
A suivre...
