Beckett arriva à LaGuardia à 13h30. Elle devait se dépêcher si elle voulait retrouver Josh. Elle sortit l'enveloppe de sa poche afin de vérifier le numéro du vol. Elle remarqua de suite la feuille supplémentaire qui ne s'y trouvait pas la veille. Lorsqu'elle la déplia, elle comprit immédiatement le problème. Castle avait signé en bas. « Merde, il a vu le billet, pensa-t-elle, pourquoi a-t-il fouillé mon bureau ? Pour y placer son mot, en déduit-elle, et il est tombé sur l'enveloppe de Josh ».
Kate s'en voulut, elle aurait du reprendre l'enveloppe avec elle, hier soir. Voilà la raison de l'absence de Castle. Elle hésita à rebrousser chemin pour retrouver l'écrivain mais elle était là pour Josh, il fallait qu'elle le voit.
L'embarquement du vol se trouvait porte 32 vers l'ouest. Elle suivit cette direction. Elle regarda la feuille de Castle mais elle ne comprit pas tout à fait ce qui y était inscrit. Dans gens allaient et venaient et elle devait sans cesse regarder où elle allait. Elle regarda sa montre. 13h40. « Et si Castle a fait une bêtise ? » Elle remarqua l'adresse internet. Devant elle, elle avisa un ordinateur qui venait de se libérer.
Afin de faire patienter les voyageurs en des endroits stratégiques plutôt que de les laisser s'éparpiller, la direction de l'aéroport avait décidé de placer des PC à disposition du public. Beckett inséra sa carte de banque dans le boitier adéquat et l'ordinateur démarra de suite. Elle tapa le lien. 13h42. « Une chanson ? Aïe qu'est-ce que c'est encore que cela ? » Elle agrippa un casque placé au-dessus de la console. Et démarra l'écoute. La chanson était en français mais la page de Castle en était la traduction anglaise. La voix chaude du chanteur raisonna dans ses oreilles.
D'avoir passé des nuits blanches à rêver
Ce que les contes de fées vous laissent imaginer
D'avoir perdu son enfance dans la rue
Des illusions déçues passer inaperçu…
Beckett fronça les sourcils. Elle sentait monter l'émotion, tout en se demandant si Castle envisageait vraiment de lui faire croire qu'il avait passé son enfance ailleurs que dans des collèges huppés.
D'être tombé plus bas que la poussière
et à la terre entière
En vouloir puis se taire
D'avoir laissé jusqu'à sa dignité
Sans plus rien demander
qu'on vienne vous achever…
Quoiqu'elle en dise, elle devait avouer que Castle avait trouvé les bonnes paroles, même si elle n'était de lui. Avec ces mots, il lui disait combien il était à terre avant de la rencontrer. Même s'il n'en était pas encore au point de se faire achever à l'époque…
Et un jour une femme
dont le regard vous frôle
Vous porte sur ses épaules
Comme elle porte le monde
Et jusqu'à bout de force
Recouvre de son écorce
Vos plaies les plus profondes
Puis un jour une femme
Met sa main dans la votre
Pour vous parler d'un autre
Parce qu'elle porte le monde
Et jusqu'au bout d'elle même
Vous prouve qu'elle vous aime
Par l'amour qu'elle inonde…
Beckett retint sa respiration. Elle agrippa le siège derrière elle et s'y effondra. Une boule se forma dans sa gorge.
Jour après jour vous redonne confiance
De toute sa patience
Vous remet debout
Trouver en soi un avenir peut-être
Et surtout l'envie d'être
ce qu'elle attend de vous
Beckett aspira l'air qui lui manquait, des larmes coulaient sur ses joues. Elle n'avait pu les retenir. Elle continua de fixer la feuille de Castle. Le refrain reprit. Beckett renifla. Castle… Elle était incapable de produire une idée cohérente. Elle était ici pour autre chose, pour quelqu'un d'autre. Mais Kate se tenait là, sans pouvoir bouger, à pleurer sur les paroles d'une chanson choisie pour elle. Ne pouvant s'en empêcher, elle cliqua à nouveau sur le bouton écoute.13h45.
L'annonce du vol pour Los Angeles vint interrompre l'audition de Beckett. Elle appuya sur Esc. Et récupéra sa carte de banque. Josh ! Kate se mit à courir.
« … D'avoir passé des nuits blanches à rêver, Ce que les contes de fées vous laissent imaginer… »
-Dernier appel pour le vol à destination pour Los Angeles. Prière de vous présenter à la porte d'embarquement.
«… D'être tombé plus bas que la poussière, et à la terre entière, En vouloir puis se taire… »
Kate voulait dire à Josh qu'elle comptait venir, qu'elle allait clôturer son enquête et qu'elle viendrait le rejoindre ensuite.
« … Et un jour une femme, dont le regard vous frôle… »
Elle pensa à sa mère. Celle-ci aurait compris le choix de Kate. « On ne vit pas avec un fantôme, aurait-elle dit ». Kate continua de courir entre les voyageurs. Porte 30 ! 13h49.
« … Et jusqu'à bout de force, recouvre de son écorce, vos plaies les plus profondes… »
Comment avait-il pu lui faire cela, maintenant ! Lui dire tout cela, tout ce qu'elle voulait entendre presqu'un an auparavant ! La colère monta.
« … Jour après jour vous redonne confiance, de toute sa patience… »
Porte 32. 13h52. Haletante, Kate vit le numéro de la porte et bifurqua vers celle-ci.
« … Trouver en soi un avenir peut-être, et surtout l'envie d'être, ce qu'elle attend de vous… »
Kate s'arrêta, Josh se tenait devant elle. Seule à côté de l'hôtesse qui attendait qu'il embarque.
-Kate, tu es venue… Il sourit.
Elle secoua la tête. Les larmes montaient. Elles allaient s'écouler très rapidement. Elle respira. Elle devait lui dire.
« … Trouver en soi un avenir peut-être, et surtout l'envie d'être, ce qu'elle attend de vous… »
« Oh, Castle ! » Les larmes perlèrent puis lentement, elles dévalèrent sur les joues de Beckett. Josh posa sa main sur son visage. Il l'attira à lui. Il n'aimait pas la voir triste. Lorsqu'elle se recula et lui déposa, dans les mains, l'enveloppe contenant le billet. Il la regarda et hocha la tête.
-Je suis désolée, dit-elle tout bas.
-Pas autant que moi, prends soin de toi Kate… Au revoir.
-Au revoir, Josh.
Il se retourna et tendit son « aller simple » à l'hôtesse. Kate recula, elle ne voulait pas être la première à partir. Avant d'entrer dans le couloir, il se tourna vers elle, lui sourit et disparut.
Kate prit son visage dans ses mains et se laissa tomber sur une banquette, le mot de Castle sur les genoux.
En quittant son équipier, Javier Esposito étudia ses possibilités. Il pouvait chercher l'écrivain à l'aveuglette ou utiliser des méthodes de flic. Il descendit à la section de recherche informatique.
-Yo ! J'ai un numéro à localiser.
Après un instant, le technicien se retourna sur Esposito.
-Ton numéro, je peux te le localiser dans un rayon de deux pâtés de maison. Comme il n'est pas en communication, je ne peux pas faire plus.
-Il est dans cette zone pour l'instant ?
-En tout cas, la dernière fois qu'il a émis, il était dans ce coin là.
-Ok, s'il bouge, tu m'appelles.
-Eh tu n'as même pas regardé la carte de la ville !
-T'inquiète, j'ai ma petite idée lança le latino avec un clin d'œil.
Lorsqu'il pénétra au Old Haunt, Esposito se dirigea de suite vers le bar.
-Votre patron est là ?
-Lequel ? Le gérant ou l'écrivain ?
-L'écrivain.
-Je crois qu'il doit encore cuver en bas.
Esposito fit la moue.
-Hm, préparez moi un grand café très, très fort.
Castle sursauta lorsqu'il entendit la trappe s'ouvrir. Il avait repris conscience un peu plutôt mais n'avait pas vraiment voulu se lever. Il s'était trainé près du canapé sans réellement y prendre place. Il était plutôt avachi, de travers, les fesses en l'air.
-Yo ! Castle… Alors on picole tout seul ?
- Aïe, laissez-moi tranquille Esposito et ne parlez pas si fort !
-Tenez, buvez ça !
-Qu'est-ce que c'est ?
-Du café, qu'est-ce que vous voulez que ce soit ?
Castle se redressa lentement. Il sentait la Terre tourner. Il posa ses lèvres sur l'amer breuvage. Celui-ci ruissela en brulant au fond de sa gorge.
-Ouch !
-C'est chaud, dit platement Esposito. Dites, vous savez que nous avons une enquête en cours là ?
Castle haussa les épaules.
-Eh mon gars, vos personnages sont plus teigneux que vous ! Vous croyez que votre Rook se serait laissé emporter dans la bouteille pendant le boulot ?
Castle le fixa.
-Que Jameson Rook aille se faire voir, rétorqua-t-il méchamment. De toute façon, sans Nikki, Rook n'est rien…
Esposito soupira. Il observa la pièce et avisa une chaise. Il la retourna et s'assit à califourchon dessus.
-Vous avez trouvé quelque chose qui ne vous était pas destiné. Vous ne pouvez vous en vouloir qu'à vous même d'être dans cet état là.
-Il veut la prendre, cria Castle dont la voix résonna en écho dans le crâne ! Son visage se contracta sous l'effet de la douleur, il inspira longuement afin de dissiper les spasmes.
-Vous savez ce qu'il y avait dans cette enveloppe, Javier, demanda-t-il un ton plus bas ?
Celui-ci fit non de la tête.
-Un billet d'avion pour Los Angeles, un aller-simple. Il veut que Beckett parte avec lui !
-Je sais, Lanie me l'a dit.
-Vous saviez ! Vous saviez et vous ne m'avez rien dit !
-Castle, ce n'était pas à moi de vous prévenir. Vous imaginez la tête de Beckett et surtout sa vengeance si elle l'avait appris ? Je bosse vraiment avec elle, moi !
-Et moi, je fais quoi, du tourisme ?
-Beckett n'est pas votre supérieure hiérarchique, Castle. Vous, vous êtes son… son « jenesaispasquoi ».
La tête de Castle le faisait atrocement souffrir. Il avait l'impression que son cerveau voulait sortir par ses oreilles.
-Je ne sais pas non plus ce qui je suis pour elle, dit-il dans un murmure. De toute façon, elle est partie à cette heure.
-Comment ça partie ?
-L'avion décollait à 14 h.
-Castle, malgré vos innombrables recherches, il semble que vous ayez oublié certains points de détails très importants ! L'administration et ses kyrielles de formulaires, par exemple.
Castle le regarda sans comprendre. Esposito jeta ses bras en l'air.
-Non mais regardez-vous, vous êtes là avachi comme une moule au lieu de vous battre. Le vrai Castle serait déjà dans un autre avion… Bref, Javier balaya la tentative de justification de Castle d'un geste de la main, Beckett ne peut pas partir, du moins pas aujourd'hui.
Une étincelle naquit dans l'œil de Castle.
-Premièrement, elle a une affaire en cours et à moins que bicycletteboy ne l'ai lobotomisée, elle ne lâchera pas le morceau. Deuxièmement, si elle veut être mutée à LA, elle devra en faire la demande, attendre qu'une place se libère… Ca peut prendre beaucoup de temps et enfin, il y a toujours le cas irrésolu de sa mère. Donc Beckett sera bientôt de retour au Central et pas nous, si vous ne vous dépêchez pas.
Castle se hissa sur ses jambes.
-C'est très étrange, vous avez beaucoup d'imagination, une bonne dose de logique et de réflexion. Toujours le bon mot au bon moment, etc.… sauf quand il s'agit de Beckett. Esposito secoua la tête. Mon gars, si vous ne vous améliorez pas, vous êtes foutu !
-Je sais, je sais… Mais là pour l'instant ce qui est foutu, c'est ma chemise ! Je pue l'alcool, dit-il.
-Y' a pas que la chemise, mon pote ! Je vous ramène chez vous. Vous aurez dix minutes pour vous refaire le portrait et on retourne bosser, compris ? Oh et la prochaine fois que vous vous mettrez la tête en dedans, pensez aux copains…
Castle fixa un instant l'hispanique puis il s'avança vers lui.
-Merci, dit-il en lui serrant la main.
Castle ne tenait plus en place, la discussion avec Esposito et sa douche l'avait reboosté. Il était tellement surexcité qu'il donnait le mal de mer à Esposito.
-Castle si vous n'arrêtez pas de vous trémousser comme ça, je vous largue sur le trottoir !
Ils étaient à deux rues du commissariat mais la circulation était dense et Castle jouait son rôle de copilote à fond.
-Là, là, là s'énerva-t-il en pointant un espace entre deux voitures.
-Castle, c'est une bagnole de flic ! Je n'ai pas une Ferrari, moi ! Comment voulez-vous que je passe là dedans ?
Castle ne l'écoutait pas, Esposito se dit alors qu'il avait bien fait de ne pas lui donner le volant, il tenait à sa vie et il ne voulait surtout pas remplir la paperasse inévitable en cas d'accrochage non justifié.
Castle continuait ses singeries. Il indiquait des emplacements, faisait des oooh quand la manœuvre était réussie et des aaarrrgghhh quand elle devenait impossible.
Esposito se demandait comment Beckett pouvait supporter Castle comme passager. Il serra le volant. Il décida de ne plus écouter l'écrivain mais celui-ci se rappela à lui en s'accrochant à sa veste et en lui secouant le bras.
-Là, là, là, làààà !
-Castle, je suis plutôt du genre tranquille comme mec mais si vous ne me lâchez pas de suite, je vous colle à l'arrière sur la banquette qui pue, c'est clair ?
Alors qu'ils s'approchaient du central, Castle aperçut Beckett qui entrait dans l'immeuble.
« Elle est là, elle est là ! »
-STOP, hurla-t-il !
Esposito écrasa le frein et pila net avec la voiture. Castle sortit en trombe et courut comme un forcené vers le commissariat, ignorant en même temps, les hurlements hargneux du Latino.
Lorsqu'il pénétra dans le hall, Beckett et quatre autres flics montaient dans un ascenseur. Castle se précipita à leur suite.
-Eh ! EH ! cria-t-il presque. Beckett et ses quatre collègues se retournèrent tous avec le même geste, la main sur le holster.
Si Castle n'avait pas été aussi proche de l'hystérie, il aurait sûrement apprécié la symétrie du geste.
Beckett fronça les sourcils en le voyant arriver. Elle regarda derrière lui en tentant d'évaluer la menace.
-Là dehors ! Le type, il a une …
Instinctivement, les quatre flics bondirent et se précipitèrent à l'extérieur en entrainant avec eux un certain nombre de collègues.
Les portes de l'ascenseur étaient toujours ouvertes.
Beckett voulut suivre le mouvement, un peu d'action lui ferait du bien mais Castle lui attrapa le bras et d'un grand mouvement tournant, ils valsèrent dans la cabine.
-Castle, qu'est-ce que vous…
Elle ne put continuer sa phrase. Castle s'empara de ses lèvres. Surprise, elle voulut le repousser mais la fraction de seconde suivante elle lui rendait son baiser. Trois étages plus haut, en manque d'oxygène, Kate s'écarta mais Castle l'emprisonna dans ses bras.
-Vous êtes là, vous êtes là, murmurait-il à son oreille.
Beckett ne put s'empêcher de trouver cette attitude particulièrement attendrissante.
-Ca va aller, Castle, je suis là… je… reste. Alors s'il vous plaît, lâchez-moi, les portes vont s'ouvrir ! Que vont penser les autres, hein ?
Elle parvint à le repousser, non sans mal. Castle était très heureux. Il avait eu un baiser, une accolade et il n'était pas mort !
-Vous avez eu mon mot ?
-Oui, merci, c'était très beau. Mais il va falloir que l'on discute… Castle la regardait, un sourire enjôleur plaqué sur le visage à quelques centimètres du sien. Qu'on parle de l'alerte que vous avez lancé en bas, Castle !
-Oh ! Euh, j'invoque la légitime défense, euh non, le cas de force majeur !
Un immense sourire se peignit sur le visage de l'écrivain, Kate leva les yeux au ciel. Castle avait vraiment le don de lui changer les idées. Une heure plutôt, elle pleurait, désorientée sur un banc de l'aéroport et maintenant, les nuages s'étaient dissipés. Castle avait chassé les larmes. Non seulement, elle n'arrivait pas à lui en vouloir mais elle prit conscience qu'elle n'en avait plus envie.
-Au fait, ça fait 2 à 4, dit-il en faisant face aux portes.
-Comment ça 2 à 4 ?
-Le mot, ça fait un et le baiser, ça fait deux. 2 à 4.
-Le baiser ne compte pas Castle ! Il était partagé !
-Mmmmh, je sais, lui lança-t-il en récupérant ouvertement le goût de Kate qui trainait encore sur ses lèvres.
-Castle ! Kate fit la fausse choquée mais cependant ses yeux riaient. 3 à 4 !
-Mauvaise joueuse, lui souffla-t-il à l'oreille.
-Et vous, vous avez juste peur de perdre !
Les portes s'ouvrirent.
Elle sortit la première.
-Bien, bien, vous ne perdez rien pour attendre, monsieur l'écrivain, susurra Kate et elle s'éloigna en se déhanchant.
Castle, qui ne perdit pas une miette de ses formes, fourra son poing dans sa bouche. Il se rappela soudain, que cette même vision avait donné naissance à Nikki Heat.
Ryan s'approcha d'eux. Il scrutait leur visage, essayait de trouver des indices pour voir s'il avait gagné ou pas son pari. L'écran plasma flottait devant ses yeux.
-Du nouveau Ryan ?
Kate était redevenue Beckett et elle observait son collègue d'un air perplexe devant son attitude.
-Oh, oui enfin non, pas grand-chose. On a réussi à le suivre sur trois blocs avant de le perdre. On le recherche encore. Aucune image utilisable.
Esposito arriva en nage.
-Castle, espèce de dingue ! La prochaine fois que vous semez la panique dans le commissariat, je vous coffre. Beckett ou pas Beckett ! Et je vous interdis de monter seul avec moi en voiture ! Il se tourna vers Beckett. Je ne sais pas comment tu fais pour le supporter dans ton véhicule mais si tu as des calmants, tu devrais lui en donner plus. Vous avez de la chance que je sois allé vous chercher.
-Tiens, c'est vrai ça ! Où étiez-vous ?
Castle ouvrit grand la bouche, il n'avait pas prévu cette question. Pas aussi rapidement. Esposito fulminait toujours. Il darda un regard mauvais sur Castle puis se tourna vers sa supérieure.
-Il y a eu un petit souci, au Old Haunt. J'ai aidé Castle à le régler et je l'ai ramené…pour la dernière fois.
Ryan était retourné s'asseoir, il visionnait une nouvelle bande. Beckett se dirigea vers la télévision où s'écoulait le flux continu et monotone de la circulation new-yorkaise. Castle se tourna vers Esposito et serra ses deux mains à hauteur de son visage. Il articula en silence un « Merci » plein de soulagement.
-Quelle heure était-il la dernière fois que vous l'avez vu ?
-17h35.
-Ca lui laisse peu de temps. Il a du trouver un endroit pour se planquer. Repasse-moi l'itinéraire.
-Il a descendu St-John Streets, a tourné à droite sur Water Street et la remontée jusqu'au croisement de Pearl et Fulton. Où on le perd, c'était l'heure de pointe dans ce coin.
-Le salopard, s'exclama Beckett !
-Il est repassé devant chez elle, poursuivit Castle.
-Là ! A côté de la galerie, il y a un parking !
-Ryan, Esposito, lâchez ses images pour l'instant ! Prenez une équipe scientifique et rendez-vous dans ce parking.
Les deux hommes prirent leur veste et quittèrent le commissariat.
-Il a poussé le vice, en la tuant en bas de chez elle, dit Castle.
-C'était une façon de la maîtriser. Elle reconnaît le chemin, elle rentrait chez elle en compagnie d'un ami, expliqua Beckett dont la mâchoire venait de se contracter. Elle ne s'est doutée de rien. Il lui a peut-être même dit qu'il allait se garer pour l'aider à porter son fardeau !
-Il avait vraiment tout prévu, reconnu Castle, minutieusement tout prévu.
-Et surtout, il l'a connaissait et elle aussi. Elle l'avait déjà vu.
-Peut-être pourrions-nous demander à Keegan ?
-Je ne pense pas que cela soit très utile. La rencontre a dû être correcte, aimable. Suffisamment, pour qu'elle se souvienne de lui mais pas assez pour marquer les esprits. Il a quand même eu le culot de se déplacer dans le sud-est de Manhattan dans un véhicule volé. Un seul grain de sable et son plan volait en éclat.
-Ce type ne cherche pas à être pris ou à éviter la police. Il s'est fixé un objectif. Tuer Angèle Faure. Lorsqu'il en a eu la possibilité, il est passé à l'action. Il est plus dans l'idée d'une mission. Surtout que ce n'est pas elle, je crois, qu'il visait mais ce qu'elle symbolisait.
-La muse, murmura Beckett.
Leur regard se croisa, Kate ressentit une violente poussée de chaleur dans le bas de son ventre.
Montgomery sortit alors de son bureau.
-Beckett, on vient de recevoir un appel. Il semble qu'un autre meurtre, assez en rapport avec l'affaire Faure, ait eu lieu au 268, 47e rue est. Filez là-bas.
