Quand nous rentrons au Quartier Général Benjy et moi, le professeur Dumbledore est là. Il nous attend debout au milieu de la pièce, comme s'il savait que nous allions arriver. Son regard est dur. Celui de James est pire. Il est fuyant.

« Les consignes étaient claires.
_ C'est de ma faute, professeur, commence Benjy, j'ai...
_ Tu ne dois pas sortir d'ici, Lily, le coupe-t-il. »

Je déglutis et j'avance lentement dans la pièce, m'approchant du fauteuil sur lequel est assit Sirius Black qui ne semble pas vouloir prendre part à l'altercation. Un magasine de Quidditch est déplié sur ses jambes, et il a les yeux rivés dessus.

« J'ai besoin de sortir. Je ne suis pas un animal, je ne suis pas une bête sauvage. »

Il ne me répond pas, mais ses yeux s'écarquillent légèrement comme s'il doutait clairement de cette affirmation. Il a raison, c'est faux. J'en suis une. Je suis une stupide bête sauvage.

« Ce que tu as vécu était traumatisant.
_ Non. N'essayez pas de me faire croire que vous m'enfermez pour me protéger, je réplique avec une pointe de colère dans la voix.
_ C'est pourtant la vérité, Lily, me dit-il d'une voix calme. »

Je m'arrête à côté du fauteuil de Sirius, et je vois sa baguette posée à côté de lui. Les yeux du professeur Dumbledore me sondent mais je sais qu'il ne peut pas savoir ce que je cache dans ma tête cette fois-ci. Personne ne peut comprendre un esprit tourmenté comme le mien. Je suis seule, à l'intérieur.

« Vous allez me garder ici ? Vous allez m'enfermer ?
_ J'en ai bien peur. Pour ton bien, Lily, uniquement pour ton bien.
_ Quel bien ? Je l'interroge les larmes aux yeux. »

Il soupire et détourne le regard un instant. J'en profite pour attraper la baguette de Sirius d'un geste vif, et je la pointe contre ma tempe avant de faire un bond de côté pour m'éloigner du maraudeur et de Benjy qui se trouvait derrière moi depuis le début de la conversation.

« Qu'est-ce que tu fais ?! S'exclame t-il en se rapprochant rapidement de moi. »

Je le décourage d'un simple coup d'oeil. James et Sirius se sont levés d'un bond des fauteuils sur lesquels ils étaient assis. Ils me fixent tous, paniqués, abasourdis.

« Lily, tu peux changer ta vie. Tu peux faire les choses autrement, je t'ai dit que je t'aiderai, m'explique posément le professeur Dumbledore.
_ Vous ne comprenez pas. Vous ne savez pas comme ça brûle, à l'intérieur. Il faut que je vous montre. »

Je déglutis et je ferme les yeux. Un simple murmure sort de ma bouche, mais il est clair. C'est un « doloris ». Je ne savais même pas que c'était possible avant, de se l'infliger à soi même, mais ça l'est, et ça ne m'étonne pas. Je le veux vraiment, je veux vraiment me faire mal, je veux me punir pour tout ce que j'ai fait subir à James.

Dumbledore ne réalise pas ce que c'est, il ne sait pas ce que j'endure, il ne sait pas le fardeau que je porte sur mes épaules depuis que j'ai vu mon mari mourir devant mes yeux, depuis que j'ai tourné ce sablier dans mes mains et que j'ai vu le visage de mon fils disparaître devant moi. J'ai tout perdu, et je me déteste d'avoir laissé une chose pareille arriver. Alors voilà, voilà la souffrance.

Ce sont des décharges électriques, des brûlures, des coups, des écorchures invisibles... Tout à la fois m'oblige à serrer les dents, mais je ne hurle pas. Je pleure certainement parce que je sens que je me noie dans mon océan de douleur. Ma peine est un doloris. Elle ne laisse aucune marque sur mon corps, mais elle me tue à petit feu, et je crois que quelque part, j'aime ça parce que je me sens vivante. Il n'y a que quand je souffre que j'ai l'impression d'avoir le droit de vivre.

Quelqu'un se jette sur moi pour me désarmer, c'est Sirius. Je reconnais son odeur, et aussi son manque de douceur quand il me plaque au sol et balance sa baguette loin de moi. Ses bras m'immobilisent sur le parquet, et quand je reprends mes esprits, je vois qu'il me fixe avec compassion. J'ai l'impression qu'il comprend. C'est troublant.

Pendant de longues minutes, personne ne parle. Ils se contentent tous de me dévisager avec effroi. Merlin, je viens d'aggraver mon cas. Je suis plus folle qu'ils ne le pensaient tous. Au bout d'un moment, Sirius me lâche et m'attrape par le bras avant de m'enfermer dans ma chambre, claquant la porte et restant dans le salon. Je l'entends hurler à la fois sur le professeur Dumbledore et sur James.

« Vous avez une idée de ce qu'elle a subi là bas ?! Merlin mais qu'est-ce qu'il se passe dans votre tête ? James, je ne te reconnais pas ! Cet endroit n'est qu'une prison pour elle tant que nous l'obligeons à y rester. Ce n'est pas de cette manière qu'elle remontra la pente. Il faut qu'elle veuille être ici, il ne faut pas l'y contraindre. Si nous continuons comme ça, nous ne valons pas mieux que Voldemort et son armée d'abrutis ! Peste t-il. »

Un grand silence plane sur la pièce. Je ne sais pas quoi penser. Je ne sais pas ce qu'il se passe. J'ai envie de remercier Sirius, mais là, maintenant, je suis bien dans cette chambre. J'ai un peu peur d'en sortir, et je sais que c'est très paradoxal, mais c'est comme ça. Ils le disent eux-mêmes, je suis instable.

« Patmol... Nous ne connaissons rien d'elle. On ne peut pas la laisser vaquer à ses occupations quand tout ce qu'elle nous a montré ce sont ses facultés à tuer ou à se faire du mal, dit calmement James.
_ Le professeur Dumbledore la connaît ! Réplique Sirius.
_ La Lily Evans que je connaissais n'est pas la Lily Evans qui se trouve parmi nous, malheureusement, commente le vieil homme.
_ Tout est bancal dans son histoire. C'était une élève modèle, sérieuse et qui ne faisait pas de vagues, puis elle a disparu pendant un mois, personne ne sait où elle est allée, et maintenant elle est devenue une machine à tuer. Elle prétend avoir un mari, personne ne sait de qui il s'agit, personne ne sait s'il a même existé étant donné qu'elle porte toujours son nom de jeune fille. Ça ne semble étrange à personne, ça ? Poursuit James. »

Je soupire et secoue la tête. Je ne peux pas sortir d'ici et tout lui raconter, tout comme Dumbledore ne peut pas le faire, alors ses justifications ne valent rien aux yeux de James. Il pourrait dire qu'il sait où j'étais pendant ce mois d'absence, mais il faudrait également qu'il explique pourquoi il m'y a envoyé, et ce n'est pas possible. Ils ne peuvent pas savoir.

« Elle est ici pour quelque chose de précis, et je mets ma main à couper que ce quelque chose a affaire avec les meurtres qu'elle a commis jusqu'ici, continue t-il.
_ Elle a tué un mangemort pour te sauver, et deux autres pour se sauver elle-même. Est-ce que ça ressemble à un plan, ça, pour toi ? Lui rétorque Sirus.
_ Demandons-lui, tranche James en ouvrant brusquement la porte de ma chambre. »

Plantée au milieu de la pièce, je le fixe avec de grands yeux ronds. Des yeux troublés. Pas vraiment effrayés, mais pas vraiment rassurés non plus. Les siens me défient. Il ne comprend pas que je n'ai pas envie de me battre contre lui. Merlin, est-ce que j'arrive si bien à les cacher, tous ces sentiments qui pèsent une tonne ?

Il fait un rapide signe de main vers le salon pour me signaler de passer devant lui. J'hésite. Je ne sais pas ce que je peux leur dire, mais je commence à redouter qu'ils me virent définitivement de leur tanière. Je sais que mon plan était d'être discrète, que j'avais prévu de surveiller James de loin, mais tout ne s'est simplement pas déroulé comme je m'y attendais, et maintenant que je suis là, je ne peux pas me permettre de me les mettre à dos. Je pourrais terminer à Azkaban, et comme me l'a très justement fait remarquer Dumbledore, je ne leur serais d'aucune aide là bas.

James se poste dans un coin de la pièce, les bras croisés sur sa poitrine, le dos appuyé sur un mur, il me toise avec hostilité. Merlin, même avec cette teinte grise et menaçante dans ses yeux, il est divin. Je suis persuadée que la meilleure manière de lui faire comprendre que je ne lui veux pas de mal serait que je lui fasse du bien, mais je doute clairement de la pertinence de ma pensée à ce moment précis. Surtout quand je me force à me rappeler que Dumbledore, Benjy et Sirius sont également dans la pièce.

« Qu'est-ce que tu veux ? Me demande finalement James. »

Ma réponse pourrait tenir en trois lettres mais elle ne sera pas prononcée. Je m'étonne qu'il ne le devine pas, pourtant, lui qui est si intelligent, si douée avec la gente féminine. Il sait que quand on le regarde avec insistance, ce n'est pas parce qu'on veut faire une partie de petits hippogriffes avec lui.

« Qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi es-tu revenue à Londres ? Où étais-tu ? Combien de bobards nous as-tu raconté sur ta vie ? Poursuit-il, agacé par mon silence. »

Je jette un coup d'oeil vers Sirius, à la recherche d'un peu de soutient, mais il gratte frénétiquement le bras du fauteuil sur lequel il a retrouvé sa place, comme s'il ne me faisait pas totalement confiance, et je ne peux que le comprendre. Je réalise à ce moment là que si je veux garder au moins un allié, il faut que je parle. Il faut que je mette cartes sur table, même si je ne le fais pas totalement, il faut au moins que je me livre un peu.

Je ne peux pas laisser le professeur Dumbledore se mouiller à ma place, même s'il aurait clairement pu leur expliquer une partie de mon histoire sans en dévoiler les traits principaux. C'est mon problème après tout, pas le sien, et je crois que je préfère qu'il me laisse me débrouiller avec les explications.

« Je devrais d'abord commencer par dire que tout est vrai, et que la raison pour laquelle vous n'avez pas eu de détail sur mon mari, c'est parce qu'il est mort.
_ Mort ? Reprend James, suspicieux.
_ De la main de Voldemort lui-même. Je n'ai rien pu faire. »

Les deux maraudeurs échangent un regard, et je n'arrive pas à savoir s'ils me croient ou non. Je pense qu'ils attendent de plus amples explications, mais je ne sais pas si je suis en mesure d'en fournir. Parler du décès de James alors qu'il se trouve en face de moi me glace le sang.

« Je ne peux pas en dire beaucoup. J'ai juste... C'était... Il me manque. Ce que j'ai vécu avec lui, c'était difficile. Il a beaucoup enduré pour moi, et on a souffert ensemble. Je l'aimais comme je n'ai jamais aimé qui que ce soit de toute ma vie, et je sais que ça paraît insignifiant quand on a dix-sept ans, mais je me permets de l'affirmer parce que je suis convaincue que je pourrai dire la même chose lorsque j'en aurais soixante de plus. Il faisait attention à moi, plus que je ne faisais attention à lui, c'est sûrement ce qui l'a tué, et c'est aussi la raison pour laquelle je m'en veux autant. Et puis il me faisait rire. Tout le temps. Et quand ça arrivait, il avait ce sourire... »

Je m'interromps et j'essuie hâtivement une larme au coin de mon oeil. Je ne peux pas croire que je parle de James devant lui et qu'il ne peut même pas le savoir. Je ne peux même pas terminer ma phrase. J'ai mal, j'ai mal à l'intérieur et ils ne savent pas comme c'est dur de me tenir devant eux, à me souvenir de toute notre relation sans même le vouloir.

« Je... Je ne sais si... Merlin je ne peux plus parler de lui maintenant, je dis en forçant un rire sans joie qui n'est pas accompagné par les leurs.
_ Qu'est-ce que tu fais là, alors ? Reprend James, abruptement. »

Sirius lui lance un regard d'incompréhension, et James, réalisant qu'il a probablement été un peu sec, s'adoucit légèrement.

« N'est-ce pas évident ? Je demande en haussant les épaules.
_ Elle le venge, déclare Sirius. »

J'acquiesce silencieusement, baissant les yeux sur mes doigts que je frotte nerveusement, attitude qui ne ressemble pourtant pas à la Lily que je suis devenue depuis que James est mort. Je ne peux pas leur avouer que ma mission est en fait de le protéger. C'est trop tôt, il ne comprendrait pas, et je ne suis pas certaine que Dumbledore m'aiderait à lui faire avaler une version plausible de l'histoire sans la révéler entièrement.

« Je suis partie en France pour m'entraîner, et aussi parce que je ne pouvais plus respirer ici, sans lui.
_ Qu'est-ce qui fait que maintenant, tu peux ? Comment tu justifies ton retour ? M'interroge James.
_ Parce qu'il est toujours là, je lui réponds en soutenant son regard. »

Ma main s'est posée sur mon coeur. Je me refrène de faire un pas vers James, même si je dois mobiliser toutes mes forces pour rester parfaitement immobile. Il est toujours là. Là, devant moi. Il respire. Il ne sait pas que je suis là pour lui, pour le protéger, pour le venger, pour me débarrasser de tous ceux qui lui ont fait du mal.

« Tu ne peux pas continuer à tuer les gens comme ça. On ne va pas nettoyer derrière toi à chaque fois. Si tu veux rester dans l'Ordre, il va falloir faire à notre façon, pas à la façon Fenwick, parce que j'imagine que c'est lui qui t'a appris ces trucs, en France. N'était-ce pas là, qu'il était affecté ? Demande James en se tournant vers le professeur Dumbledore qui acquiesce simplement.
_ Benjy a été d'un grand soutient pour moi.
_ Benjy est souvent d'un grand soutient pour les filles qu'il trouve à son goût, réplique James. »

Je ne réponds pas, mais j'ai envie de lui mettre une gifle. Quel abruti. Sérieusement, j'ai du mal à reconnaître la personne avec qui je me suis engagée à passer ma vie et que je me suis jurée d'aimer jusqu'à ce que la mort nous sépare. Peut-être que je dois considérer qu'elle nous a réellement séparé, parce que l'homme qui est devant moi est juste le reflet de celui que j'ai vu débarquer dans la salle de classe de Défense contre les forces du mal le premier jour de ma septième année. Un homme détestable, et je l'aime.

« Je t'ai déjà proposé une vie normale, Lily. Tu peux signer le contrat que je t'ai proposé et rester ici. Ou ne pas le signer, et je serai obligé de faire en sorte de t'envoyer loin d'ici, mais nous savons tous les deux aussi bien l'un que l'autre que ce n'est pas ce que tu veux, reprend Dumbledore. »

Je reste immobile quelques secondes, puis je me rends dans ma chambre et fouille dans mon tiroir à chaussettes avant d'en sortir le contrat en question. Je le relis une énième fois et me dirige dans le salon, songeuse. J'envisage pour la première fois depuis que je suis arrivée dans cette nouvelle vie de tout recommencer à zéro.

Je sais pertinemment que j'aurais du mal à refréner mes pulsions meurtrières si je me retrouve une nouvelle fois devant un mangemort, mais peut-être qu'il me faut quelque chose, une couverture. Un travail serait parfait. J'aurais une vie normale en surface. Personne ne saurait ce que j'ai vécu, et personne ne verrait toute la haine qu'il y a au fond de moi.

« C'est un travail au Ministère ?
_ Dans le service moldu, répond très posément Dumbledore.
_ Vous devez vous moquer de moi ! S'exclame bruyamment James en m'arrachant le contrat des mains pour le parcourir rapidement des yeux. »

Je fronce les sourcils, sceptique, jusqu'à ce que je me souvienne de la discussion que nous avions eu au Refuge quand ses parents sont décédés. Ce jour là, il m'avait expliqué pourquoi Voldemort le prenait pour cible. Il m'avait également appris que sa mère travaillait au ministère, dans le département consacré au service des moldus. Décidément, le professeur Dumbledore a plus d'un tour dans son sac.

« Héléna avait besoin d'engager quelqu'un, et Lily se trouve être parfaite pour le poste. Elle vient d'une famille de moldus, et ses notes aux ASPICs lui permettraient d'entrer dans n'importe quelle branche du Ministère, reprend le directeur de Poudlard.
_ Avez-vous mentionné à ma mère que son passe-temps favori est de commettre des meurtres ? Poursuit James avec ironie.
_ Je lui ai expliqué que Lily avait eu... Quelques difficultés...
_ Quelques difficultés ?! Non mais vous vous fichez vraiment du mon...
_ Ta maman doit avoir quelques soucis avec les mangemorts, vue la branche dans laquelle elle travaille, je le coupe. »

Il se tourne subitement vers moi comme s'il venait de se souvenir que j'existais, et il me fixe un instant avec incompréhension.

« Je pourrais la protéger, je poursuis avec assurance.
_ Pourquoi tu ferais une chose pareille ?
_ Parce que j'en suis capable, je réponds en haussant les épaules. »

Il me regarde comme si j'étais déguisée en hippopotame et que je dansais un rock acrobatique au milieu du salon, puis il déglutit, et se met à considérer ma proposition pendant un instant. Cependant, je vois qu'il est gêné par quelque chose, et je réalise qu'il a presque autant peur que je tue sa mère que de me devoir sa vie.

« Si ça peut te rassurer, je ne tue que des mangemorts, je lui dis sur un ton neutre, avec une pointe d'ironie dans la voix.
_ Peu importe. Si ma mère a un seul problème avec toi, je le saurai, et crois-moi, tu le regretteras.
_ Tu me menaces ? Je l'interroge en pouffant légèrement devant l'absurdité de ses propos.
_ Je ne te menace pas, je te préviens, me répond il en me rendant le contrat. »

Je suis presque obligée de le lui arracher des mains pour pouvoir le signer. Je me retiens de lever les yeux au ciel face à son comportement. Ce n'est vraiment pas le James que je connaissais. Il n'a rien à voir avec celui que j'ai rencontré à Poudlard, mais peut-être que c'est normal. Je dois m'y attendre. Il est celui que ses amis m'avaient dépeint. Le James imbu de lui-même que j'ai rencontré à Poudlard. Que dois-je en conclure ? Est-ce que c'est moi qui l'ai changé ? Est-ce que c'est notre relation compliquée qui l'a rendu un peu plus humble ?

Ce qui est certain, c'est que dans cette nouvelle vie, James ne veut pas avoir affaire avec moi, et je le comprends. Si nous étions dans une mauvaise posture il y a deux ans, quand j'étais son élève, nous sommes maintenant dans un bourbier. Je tue des gens pour le protéger, mais selon lui, je ne suis qu'un espèce de robot à éviter au maximum et plus j'essayerais de lui venir en aide, plus son opinion de moi se dégradera. Peut-être que c'est le fardeau que je suis supposée porter dans cette vie. Le savoir sain et sauf, mais être méprisée en retour.