Disclamer : Un jour je serai Square Enix à la place de Square Enix et ils seront tous à moi. (niark, niark, niark !) En attendant je me contente juste de les emprunter en essayant de ne pas trop les user pour que les autres fanficeuses puissent les utiliser. Seul Drace est à moi !

Notes :
- J'espère que le chapitre vous plaira. J'ai adoré l'écrire en tout cas ! ( Seifer : Saaaaadiqueuh ! ) Le perso de Drace est vraiment excellent à faire agir et parler, même si ce type est un véritable c******.
- On ne voit que Drace et Seifer. Et on apprend un peu plus sur eux deux. Alors, quelqu'un saura-t-il devenir quelle est cette fameuse "affaire" ? On y voit aussi une Seifer un peu différente de d'habitude. Alors qu'en pensez-vous ?
- Le prochain chapitre sera sur Squall. (du moins le début...) Le pauvre... Il va souffrir ! (rire démoniaque.)

Remerciements :
- à ma bêta, flammula, pour tout le mal qu'elle se donne pour corriger ma fic ! Merci beaucoup à toi. (oui, flammulinette, moi aussi je le hais ce type, mais paradoxalement, j'adore le faire agir. xD ). À Redfoxline, à squallyboy et à Kaname-chan pour leurs commentaires. Voici la suite !

Voilà, je peux vous relâcher ! Bonne lecture !


Lourdes... Ses paupières étaient si lourdes qu'elle avait du mal à les soulever. Et sa tête lui faisait tellement mal. Était-elle tombée malade ? Elle n'arrivait pas à se souvenir. Dans un effort qui lui parut considérable et nécessita la mobilisation de toutes ses forces, elle entrouvrit les yeux... Pour les refermer presque immédiatement après, la ténue lumière du jour régnant dans la pièce suffisant à l'aveugler. Elle avait l'impression que l'intérieur de ses orbites la brûlait. Elle sentit brusquement une main fraiche se poser sur son front et caresser doucement sa peau moite de sueur tandis qu'un discret parfum de fleurs à moitié oublié emplissait l'atmosphère près d'elle. Elle sourit en devinant la personne qui se tenait à ses côtés. Malgré sa fièvre, elle se força à ouvrir les yeux et regarda avec gratitude la jeune femme à l'allure maternelle qui la veillait, assise sur une chaise à proximité du lit sur lequel elle était étendue.

« Gouvernante... » Hyne ! Que sa voix paraissait rauque à ses propres oreilles ! Et que sa gorge la brûlait ! « Gouvernante... Qu'est ce qu'il y a ?
- Chut, murmura tendrement la femme en se penchant sur elle pour vérifier sa température. Repose-toi, Seifer. Tu es tombée malade. Ta fièvre n'est redescendue qu'hier. Tu dois rester au lit et dormir. »

L'adulte sourit tendrement à la blonde, l'embrassa sur le front, la borda avant de partir. Seifer suivit des yeux la fragile silhouette jusqu'à ce que cette dernière quitte la pièce puis sa tête redevint extrêmement lourde et la jeune fille se rendormit... Pour se réveiller ce qui lui sembla être quelques minutes plus tard, dans ce qui était une vieille maison en ruine, ayant subit les outrages du temps. Elle fronça les sourcils en reconnaissant l'endroit malgré les années qui s'étaient écoulées et la dégradation matérielle qui s'en était suivie. L'orphelinat ? Mais comment ? Une femme à la lourde chevelure brune retenue en chignon la dévisageait, quelques pas plus loin, d'un air désolé avant de tourner les talons et de s'enfuir. Bien que sa tête lui fût encore douloureuse sans qu'elle ne sache pourquoi, Seifer se releva péniblement et la suivit tant bien que mal.

« Gouvernante ! Attendez-moi ! »

La jeune fille se mit à courir pour rattraper l'élégante forme qui s'éloignait. Son coeur battait à tout rompre et elle sentait le sang pulser à ses oreilles mais rien à faire, elle ne parvenait pas à rejoindre la femme qui partait toujours plus loin d'elle. Mais comment la gouvernante faisait-elle ? Seifer était une mercenaire surentraînée... Rattraper une femme qui n'avait jamais réellement suivi un quelconque programme militaire ou même sportif ne devrait lui poser aucun problème. Et elle se faisait sans problème distancer par la plus âgée ! Épuisée par sa course, la blonde s'effondra à terre et s'assit sur ses talons.

« Gouvernante, murmura-t-elle douloureusement. Gouvernante, s'il vous plait, attendez-moi... »

Entraînée par sa course, Seifer était sortie de la maison et se tenait sur le porche, contemplant la prairie qui s'étendait à perte de vue sous ses yeux. Mais aucun signe de la figure maternelle qui l'avait élevée puis abandonnée, fut un temps. Elle s'était déjà évanouie au loin, dans les ombres de l'horizon où le soleil se couchait, teintant le ciel et la terre de milles teintes mauves et mordorées. La jeune femme regarda autour d'elle, complètement perdue par le départ subit de la Gouvernante. Elle baissa doucement la tête avec découragement, la cruelle douleur de l'abandon au cœur.

« Gouvernante, tenta-t-elle une dernière fois. S'il te plait, ne m'abandonne pas... Pas encore, s'il te plait... »

Et comme si elle avait entendu la supplique presque imperceptiblement chuchotée, la jeune femme brune se matérialisa à quelques pas de Seifer, le dos tourné et regardant au loin. La blonde se releva immédiatement en voyant l'apparition et se précipita vers elle, en l'appelant d'une voix hésitante puisque apparemment, la plus âgée ne semblait pas se rendre compte de sa présence.

« Gouvernante... ? Gouvernante, est-ce vous qui êtes là ? »

Seifer se trouvait à moins d'un mètre de la femme devant elle lorsque cette dernière se retourna. Mais au lieu de voir le doux sourire maternel qu'elle aimait tant, elle se retrouva face au masque dédaigneux de la prêtresse Édéa. La sorcière leva un bras menaçant, provoquant un mouvement de recul de la part de la blonde qui s'attendait à ce que cette femme lui jette un sort. Cependant la plus âgée se contenta de laisser sa main effleurer doucement la joue de la jeune fille en face d'elle. Dans ses yeux brillait une lueur intéressée … et cruelle. Puis elle parla, d'une voix doucereuse et envoutante, et les mots énigmatiques qu'elle prononça paralysèrent Seifer.

« Douleur... Trahison... Haine... Colère... Quel mélange intéressant ai-je devant moi... Impressionnant, ronronna-t-elle en se rapprochant encore un peu plus de la blonde et en laissant sa main reposer sur la joue pâle de sa vis-à-vis. Toi qui utilises le mal pour devenir forte, que dirais-tu de me rejoindre ? À mes côtés, plus rien de douloureux ne t'arrivera. Juste la satisfaction absolue d'être la plus forte. Tous plieront devant toi. Je peux t'offrir tout ce que tu espères et bien plus encore. Tu pourras obtenir des choses dont tu n'aurais même pas osé rêver... Mon offre te tente-t-elle, enfant ?
- Fer... Fermez-la ! » cria Seifer d'une voix tremblante, luttant difficilement contre l'envoûtement dans lequel la voix de la sorcière la plongeait. Elle recula en hochant la tête pour dissiper les dernières brumes obscures du sortilège qui affaiblissait sa volonté. Lorsque la main de la prêtresse quitta sa joue, le coton qui remplissait son crâne sembla se disperser et ses pensées redevinrent plus claires tandis que ses maux de tête se réveillèrent. Mais, au moins, la douleur la maintenait plus alerte et elle put se concentrer efficacement sur la femme devant elle. « Jamais je ne vous rejoindrai ! Jamais !
- Jamais ? C'est une durée de vie bien longue, liber fatali, que l'éternité, susurra la nécromancienne d'une voix sucrée. Nul homme ne devrait avoir le droit de dire jamais. »

Seifer secoua la tête en signe de dénégation tout en continuant de reculer afin d'éviter le contact venimeux de la sorcière. Soudain, le sol se déroba sous ses pieds et elle chuta du haut de la falaise qui s'était brusquement ouverte sous elle. Elle tendit une main vers le ciel tout en sentant le vent siffler à ses oreilles et son cri se perdit dans le vide.

« Gouvernante ! »

L'appel résonna dans la petite cellule où Seifer sortit violemment de son cauchemar. Encore un peu sonnée par la brutalité de sa terrifiante rêverie, la jeune fille regarda autour d'elle pour s'assurer qu'elle était bien dans le monde réel et pas dans un autre songe. Etait-il possible de faire un rêve dans un rêve ? Il y en avait une qui avait trop regardé Inception pendant ses heures de temps libre. Mais malheureusement, force était de constater que sa véritable situation n'était pas réellement meilleure que celle de son dernière cauchemar. De toute évidence, elle était enfermée dans une cellule de prison, étroite, sale et mal éclairée. De plus, elle se retrouvait désarmée et complètement à la merci de ses geôliers. Elle serra les poings de rage. Elle ne se laisserait pas faire. Pour ça, ils pouvaient toujours courir. Elle ne plierait jamais le genou devant quelqu'un. Jamais. Elle n'était pas comme les autres, eux qui courbaient l'échine et qui acceptaient d'obéir bêtement aux ordres. Soudainement, par associations d'idées, une pensée angoissante l'envahit. Elle sentit venir les prémices d'une crise de panique, le sang battait furieusement à ses oreilles et sa respiration devint haletante tandis qu'une simple question, mais à la portée terrifiante, tournait en boucle dans son crâne. Où étaient les autres ? Qu'était-il advenu d'eux ? Linoa et Irvine... La sorcière les avaient-elle épargnés ? Où s'étaient-ils fait tuer ? Et l'équipe Arche... Elle avait dû se faire capturer, elle aussi. Elle n'avait certainement pas pu s'enfuir à temps. Et Leonheart... Bordel, Leonheart... Elle l'avait vu chuter du haut du char, la poitrine transpercée par un pic de glace... Est-ce qu'il était... mort ? Seifer inspira profondément pour se calmer. Si elle paniquait maintenant, c'était fichu pour elle. Surtout si elle se mettait à faire de l'hyperventilation sous le coup de la panique. Mais rien qu'à l'idée que Leonheart puisse être mort, son cœur se serrait si douloureusement qu'elle en avait du mal à respirer. Malheureusement, ses maux de tête ne l'aidaient pas non plus à réfléchir calmement.

« Calme-toi, calme-toi ma vieille. Les autres vont bien. Ils ne les ont pas tués, ils leur sont beaucoup plus utiles en vie, se murmura-t-elle en un mantra lancinant et continu qui n'avait pas d'autre but que celui de la rassurer. Les autres vont bien. Leonheart va bien. Il est en vie. »

Elle chuchota plusieurs fois ces mots dans le silence oppressant de la cellule, ravalant l'âcre goût de bile qui lui brûlait la gorge et pressant une main contre sa poitrine qui continuait de s'élever et de s'abaisser à un rythme frénétique et désordonné. Peu à peu, au fur et à mesure que sa crise d'angoisse s'atténuait, ses tremblements s'arrêtèrent, sa respiration reprit un cours normal et ses pensées redevinrent nettes. Seifer inspira profondément pour éloigner les derniers restes de sa panique et commença à étudier la situation dans laquelle elle se trouvait. Bon, elle était probablement enfermée dans une quelconque prison galbadienne. Logique, vu que la sorcière avait pris le pouvoir dans ce pays. Par contre, elle n'avait aucune idée d'où se trouvaient les autres. Certainement emprisonnés dans des cellules proches de la sienne mais comment en être sûre ? Elle tendit l'oreille en entendant brusquement des bruits de pas qui devenaient de plus en plus forts et la porte s'ouvrit sur son geôlier. Seifer se figea. Devant elle se tenait Drace et il lui souriait d'un air aimable, presque doux. Mais elle avait appris à se méfier et à voir sous le masque. Elle l'observa avec dégoût - et haine. En un an, il n'avait pas réellement changé. Oh, bien sûr, sa chevelure d'un blond argenté (couleur qui, contre toute attente, était parfaitement naturelle) avait pris quelques centimètres depuis leur dernière rencontre et était désormais retenue en une lâche queue de cheval. Ses traits aristocrates arboraient toujours ce fameux air hautain de condescendance qui n'enlevait cependant rien à la beauté élégante du jeune homme. La gunbladiste constata pourtant avec satisfaction que le nez de l'adolescent devant elle était toujours légèrement tordu, cassé l'année dernière par un coup de poing parfaitement judicieux de Leonheart. Pour une fois que ce glaçon faisait quelque chose de convenable ! L'argenté s'avança souplement jusqu'à la couche d'où la jeune fille s'était levée à son arrivée, ses vêtements noir et argent de belle facture bruissant doucement à chacun de ses pas. Il s'arrêta à quelques dizaines de centimètres de la blonde et lui sourit de manière engageante avant de lui parler d'une voix amicale, non dénuée toutefois de sa pointe de mépris habituelle. On avait toujours l'impression, à juste titre, qu'il regardait toujours les gens de haut et les vieilles habitudes avaient la vie dure.

« Je suis content de voir que tu t'es enfin réveillée, Seifer. J'ai craint un moment d'avoir malheureusement frappé trop fort. » Devant l'incompréhension évidente de la jeune fille, il se fit un plaisir de la renseigner. « Tu es restée inconsciente pendant plus d'une journée, avec une fièvre importante les premières heures. Ça m'aurait vraiment chagriné que tu meures, nous avons tellement de choses à nous raconter. Surtout que tu intéresses énormément ma maîtresse. Je te ferai part de tout cela plus tard. Oui, comme tu peux le voir, je suis devenu le chevalier de la sorcière. Un rang digne de moi, tu ne penses pas ? » lui demanda-t-il en haussant la voix, voyant que la blonde ne l'écoutait plus.

En effet, Seifer s'était plongée dans ses pensées, triant les dernières informations reçues. Ses rêves étaient-ils dus à sa fièvre ? C'était fort possible pour le premier, surtout qu'elle avait rêvé qu'elle était malade. Mais son deuxième songe, ou plutôt son cauchemar avec la sorcière, était-il dû lui aussi à la fièvre ? Drace avait dit que la sorcière s'intéressait à elle. Que voulait-il dire par là ? Était-il possible que son cauchemar soit dû à la sorcière ? Cette malade était-elle allée dans sa tête pour tenter de la contrôler ? Elle frissonna en pensant à la sensation qu'elle avait eue quand la prêtresse Édéa avait touché sa joue. À ce moment-là, elle avait eu l'impression que quelque chose parcourait tout son être, que les paroles de la nécromancienne étaient pleines de sagesse et que cette femme ne voulait que son bien. Seifer trembla en comprenant qu'il s'en était fallu de peu pour qu'elle bascule du côté de la sorcière, tant ses paroles étaient envoutantes. Et pas étonnant qu'elle soit si faible si elle n'avait pas mangé depuis plus d'un jour ! La question que lui posa Drace à la fin de son petit discours la tira de ses réflexions.

« Un rang digne de toi, en effet, acquiesça la jeune fille avec ironie. Même le plus minable des cadets des trois Gardens réunis ne voudrait pas de ce poste. Mais de ta part, rien d'étonnant. Tu es un malade, un vrai cinglé et un bâtard, cracha-t-elle.
- Tu m'en veux encore pour l'année dernière ? s'étonna-t-il faussement. Mais après tout, tu as peut-être raison. N'oublie juste pas qu'une fois encore, tu ne peux pas te défendre, » lui fit-il remarquer alors que les traits de la blonde se mirent à exprimer du dégoût et de la haine, mêlés cependant à une certaine appréhension que l'argenté découvrit avec délice. Il éprouvait un plaisir sadique à dominer les autres. « Oh, rassure-toi, je ne vais même pas te toucher. Tu es mon invitée ici et je veillerai soigneusement à ce que ton intégrité physique soit respectée.
- Une invitée qu'on enferme dans une cellule de prison, le coupa Seifer avec hargne. Tu penses pas qu'il y a un petit problème quelque part, connard ?
- Tu es peut-être d'une intelligence remarquable mais ta façon de t'exprimer laisse encore fortement à désirer, déplora Drace.
- Oh bordel, la ferme ! Arrête de parler comme si t'étais de la haute alors que t'es qu'un sale bâtard ! lui jeta d'un ton rageur son interlocutrice en pleine face.
-Quel langage ! Vraiment, je te le redis mais aucune fille ne devrait parler ainsi. Tu manques totalement de distinction, regretta-t-il encore puis, voyant que sa vis-à-vis allait l'interrompre, il enchaîna. Quel dommage que tu ne veuilles pas discuter. Je pensais que connaître le sort de tes équipiers t'intéresserait. Ils vont bien, rassure-toi. Ah, je vois que tu commences à prêter un peu plus d'attention à ce que je dis, c'est agréable. Ils vont bien, vraiment. Squall s'est réveillé il y a quelques heures mais je voulais te voir avant d'aller lui parler...
- Il est en vie ? » Pleine d'espoir, la question fusa avant que Seifer n'ait pu réprimer son soulagement. Leonheart n'était pas mort.

« Oui évidemment, acquiesça le sbire de la sorcière, surpris toutefois par la façon dont la jeune fille avait réagi. Édéa et moi sommes sûrs qu'il a beaucoup à nous apprendre sur les projets du Seed. En tant que chef de mission, il doit savoir beaucoup de choses très intéressantes.
- Parce que tu crois peut-être qu'il va te les donner ? releva la gunbladiste, narquoise. Arrête de rêver, imbécile.
- Oh, ne crains rien. Il parlera... De gré ou de force, susurra l'argenté d'un ton doucereux et ravi. Cela tombe justement à pic, nous avons tous les deux une petite affaire à régler, ajouta-t-il en caressant d'un geste distrait l'arrête cassée de son nez.
- Ne le touche pas, bâtard ! » La voix de la gunbladiste, remplie de désespoir et de colère, se cassa sur la fin de son cri. Drace eut un sourire cruel.

« Je n'y crois pas ! Seifer la forte, l'arrogante, l'intouchable Seifer Almasy est tombée amoureuse de ce pathétique, minable et glacial Squall Leonheart ? C'est vraiment trop drôle !
- Il vaut mille fois plus que toi, bâtard ! cracha-t-elle, furieuse. Lui au moins, il ne s'amuse pas à harceler les autres !
- Intéressant, tu ne démens pas. Mais depuis quand arrives-tu à éprouver de l'amour ? lui demanda-t-il, narquois. Tu es incapable d'aimer qui que ce soit, ni même d'éprouver de l'amitié. Et tu es aussi dure que la lame de sa Gunblade... En fait, la seule chose que tu aimes est ton arme. Tu considères Fujin et Raijin comme des larbins si mes souvenirs sont bons, n'est-ce pas ? Ce n'est pas pour rien si personne ne veut avoir à faire avec toi, à la BGU. Personne n'a envie d'être blessé... Par une fille incapable d'aimer ses semblables...
- Ferme-la ! cria-t-elle. Ta gueule, connard !
- Très bien, parlons d'autres choses, accepta plaisamment l'élégant jeune homme. De quoi pourrais-je t'entretenir ? Voyons voir... Ah oui, c'est vrai, ma maîtresse veut que je te rapporte son offre.
- Va crever, répondit fort poliment la blonde. Et emmène ta maîtresse avec toi, comme le bon clebs que tu es.
- Tss, quelle façon de parler. Pour couper court à cette échange d'amabilité, je vais t'annoncer tout de suite le souhait d'Édéa : elle veut que tu la rejoignes...
- Pardon ? s'écria Seifer, les yeux écarquillés. Pourquoi la salope voudrait-elle de moi ? J'ai juste essayé de la trucider et toi avec, au cas où elle ne s'en souviendrait pas.
- Mais tu l'intéresses énormément quand même. Crois-moi. Tu es forte...
- Leonheart aussi est fort, le coupa-t-elle en reniflant.
- Mais beaucoup moins que toi, susurra l'autre d'un ton enjôleur. C'est pourquoi ma maîtresse veut que ce soit toi à ses côtés et non lui. Elle n'a pas confiance en lui.
- Dis plus clairement, je suis plus susceptible que lui de trahir les Seeds et de me rallier à elle...
- Cela peut en effet être interpréter comme cela. Mais personne ne te demande de trahir les Seeds... Puisque tu n'as jamais fait serment de leur être fidèle.
- Excuse foireuse.
- Et elle a beaucoup plus à t'offrir, il faut avouer. Alors que Squall... Rien ne l'intéresse. Un vrai glaçon... Et totalement inutile pour ses projets.
- J'ai besoin de rien. Et ce n'est pas intéressant que d'autres me donnent ce que je veux. Ça enlève tout intérêt à la chose.
- Elle peut te rendre beaucoup plus forte.
- Pas intéressée.
- Elle peut faire de toi une des plus puissantes personnes au monde. Tu seras la fille la plus belle, la plus forte, la plus admirée... Tu seras une reine parmi les humains qui se presseront à tes pieds comme des cloportes.
- Si je veux être adorée, je n'ai qu'à adopter un chien, répliqua-t-elle, ironique.
- Tu peux être crainte, dans ce cas-là. Tu aimes cela, pas vrai ? lui demanda-t-il, satisfait d'obtenir un froncement de sourcil intrigué chez sa vis-à-vis. Tu adorais faire peur aux cadets plus jeunes que toi. Et tu aimes le pouvoir que tu as sur les autres. Rien n'est meilleur au fait que les gens te craignent et s'écartent de ton chemin, pas vrai ? Au fond, toi et moi nous nous ressemblons beaucoup...
- Je. Ne. Suis. Pas. Comme. Toi ! scanda-t-elle, écœurée.

- Vraiment ? fit-il semblant de s'étonner. Voyons voir... Combien de fois as-tu envoyé un cadet à l'infirmerie parce qu'il te déplaisait ? On ne compte plus le nombre de fois où quelqu'un est venu demander au docteur Kadowaki de le soigner parce que tu l'avais blessé, parfois même gravement. La plupart du temps, pour rien. Ou juste parce qu'ils n'exécutaient pas tes ordres assez rapidement. Tu as toujours adoré houspiller les plus jeunes, les terroriser. Tu aimes qu'on te craigne, n'est-ce pas ? Et pour celui qui te contredisait... Malheur à lui. Et quand tu es énervée... Tu préfères passer tes nerfs sur quelqu'un. Le plus souvent, c'est sur Squall que cela tombe. Parfois Zell... Quand je pense à ce que tu as pu leur faire endurer pendant toutes ses années, je me dis qu'ils doivent vraiment te détester. Tu aimes le pouvoir que tu as sur les autres. J'avoue que c'est très agréable de voir les autres te craindre. C'est une sensation grisante, n'est-ce pas ? Tellement enivrante. Tu aimes blesser les autres... Et tu prends plaisir à le faire. Oui, on se ressemble vraiment, tous les deux.
- Je ne suis plus comme ça ! J'ai changé depuis l'année dernière !
- Tu dis avoir changé...On s'est toujours demandé comment tu te débrouillais pour ne pas te faire exclure... Ah oui, c'est vrai, tu es la chef du comité de discipline de la BGU. Une position bien pratique pour toi, n'est-ce pas ? Tu peux faire tout ce que tu veux sans rien risquer. J'avoue, je suis admiratif. Et puis, tu peux ainsi éliminer discrètement ceux qui te déplaisent... Ta dernière victime en date, c'est Quistis Trèpe, non ? Tu as réussi à la faire renvoyer de son poste d'enseignante ce qui n'a pas dû être facile par ailleurs, vu que c'est une excellente professeur. Mais tu es douée, très douée. Aussi dure et blessante que ta Gunblade. Tu n'as pas changé, au fond. Sauf si tu considères comme un changement le fait d'être devenue encore plus insupportable. Les autres doivent vraiment te haïr.
- Arrête ça et viens-en aux faits.
- Tu ne supportes pas d'entendre la liste de tes méfaits, on dirait. Je te disais juste que, contrairement à ce que tu racontais, tu n'as pas tellement changé et que tu aimes toujours autant dominer les autres. Édéa t'offre la possibilité d'asseoir à jamais ton pouvoir. Ne me dis pas que cela ne t'intéresse pas.
- Et bien si, justement. Si je veux être forte, je veux l'être par moi-même et non pas le devoir à quelqu'un.
- Bel orgueil. Tu as toujours été une fille extrêmement orgueilleuse. Et égoïste. C'est une partie de tes qualités.
- Si tu n'as que ça à me dire, va crever, on gagnera tous les deux du temps.
- Tu me dis avoir changé... Prouve-le, dans ce cas. As-tu envie que tes équipiers meurent ? Que Squall meure ? Ils sont un danger pour la prêtresse. Tu veux donc qu'ils soient mis à mort ? Il suffit d'un mot de sa part ou de la mienne pour que cela soit. Si tu nous rejoins, Édéa épargnera tes... amis. Je te le promets.
- Va cr... » Elle hésita quand le visage de ses équipiers lui revinrent en mémoire. Elle ne voulait pas qu'ils meurent. Parce qu'ils étaient... importants pour elle. D'une certaine manière. Mais... Drace ne tiendrait pas sa promesse.

« Tu fais une promesse que tu n'as aucune intention de tenir. Pourquoi accorderais-je donc du crédit aux mots d'un menteur et d'un parjure ? Tu n'as aucun honneur.
- Étonnant... Tu as hésité un instant, même si cela a duré moins d'une seconde. Je dois admettre que tu n'es plus aussi dure qu'avant... Et c'est lamentable. Tu comptes t'abaisser jusqu'où comme ça ?
- Va crever !
- Sinon, des soldats ont trouvé une étrange boite noire dans la poche de ton manteau. Quelle surprise ce fut pour moi de trouver à l'intérieur ce magnifique bijou... » De sa poche, il sortit le pendentif que Seifer avait acheté à Deling City. « Il faut avouer que c'est une véritable oeuvre d'art. Mais depuis quand portes-tu des bijoux ? Je ne t'ai jamais vu qu'avec ton tour de cou.
- Rends-le moi, bâtard ! Il est pour Fujin !
- Vraiment, grimaça-t-il avec dégoût, je ne pensais pas que tu t'abaisserais autant. Depuis quand es-tu devenu molle au point d'offrir des cadeaux à tes prétendus... amis. Tu es devenu lamentable... Est-ce l'influence de ton cher Squall ? siffla-t-il.
- Rends-le moi !
- Bien sûr, je n'en ai rien à faire, de toute façon. Alors, tu n'auras qu'à en ramasser les morceaux, » lui annonça-t-il en jetant le pendentif contre le mur de la cellule. Le bijou se brisa en deux sous le choc et les yeux de Seifer prirent la couleur de la mer en plein hiver.
« Tu me le payeras !
- Si tu le dis, concéda-t-il plaisamment. Mais avant, veux-tu bien m'écouter ?
- Va crever !
- Tiens, étrangement je l'attendais, celle-là.
- T'as que ça à me dire ? Si c'est ça, tu peux te casser.
- Vraiment, soupira-t-il en secouant la tête d'un air navré, il n'y a vraiment que toi pour oser parler ainsi à ton ennemi alors que tu es désarmée. Tu n'as pas peur ?
- Je ne crains pas la mort et encore moins les minables dans ton genre. Et il me semble que tu avais dit que tu ne me toucherais pas.
- Oui, en effet. Je suis là pour te convaincre de rejoindre les rangs d'Édéa. Je ne voulais pas avoir à venir à ces arguments car ils me déplaisent, mais puisque tu m'y obliges... Si tu rejoins la prêtresse, elle pourra ramener tes parents à la vie. Tes parents et tes frères et sœurs. Alors, qu'en dis-tu ? lui demanda-t-il en la voyant se figer et pâlir.
- Je... Je... » La voix lui manquait. Elle aurait voulu répondre quelque chose de dur, de blessant mais elle n'arrivait pas à former une phrase cohérente dans son esprit. Comment pouvait-il savoir ?

« Et tu pourras te venger. Ne me dis pas que tu n'as pas envie de punir les coupables, les meurtriers de toute ta famille ? lui chuchota-t-il, tentateur, à l'oreille. Penses-y. Et tu pourras faire connaître au monde ta haine et ta douleur. C'est ce que tu fais un peu à la BGU, non ? Tu blesses les autres pour qu'ils comprennent à quel point on peut souffrir. Tu veux la vengeance ? Édéa te l'offre sur un plateau d'argent. Pense à ta famille massacrée sans aucune raison. Pense à ta mère dont tu ne verras plus jamais le sourire. Pense à ton père, qui ne pourra plus jamais te serrer dans ses bras. Pense à tes frères et sœurs, que tu ne verras pas grandir et qui ne pourront plus jamais rire. Pense à toutes ces vies, si pleines d'avenirs divers, heureux, remplis d'amour et injustement prises. Pense à tous ces enfants qui ne grandiront jamais. Pense à toi et à ta souffrance. À toi qui ne pourras plus jamais connaître la douceur d'une famille aimante. Ne ressens-tu pas de la haine ? Ne penses-tu pas que tous ceux qui ont détruit ton avenir doivent payer ? Tu ne veux pas les punir ? Les tuer ? Ne veux-tu pas qu'Édéa fasse revenir tous ceux que tu aimes ? Ne veux-tu pas pouvoir les prendre à nouveau dans tes bras ? Sèche tes larmes et rejoins-nous. Nous pouvons t'offrir tout cela.
- C'est impossible, murmura alors doucement Seifer, les larmes coulant librement sur ses joues. Personne ne peut faire revenir ce qui n'est plus. Et même s'ils revenaient, plus rien ne serait comme avant. Parce que j'ai changé et que ce ne seraient que de pâles imitations des jours heureux passés. Ce qui est perdu l'est à jamais. » Son ton se fit plus dur en même temps qu'elle reprenait contrôle d'elle-même et qu'elle voyait à quel point le fait de se servir de sa famille contre elle était minable.

« Va rapporter à ta maîtresse que tu as échoué. Je ne la servirai jamais.
- Très bien, fit soudainement Drace d'un ton sec, vide de toute la douceur précédente et démentant toutes ses paroles de sympathie. Tu es vraiment aussi insensible que cela ? Tu es à ce point dénuée d'amour même pour tes parents ? N'importe qui aurait sauté sur l'occasion pour revoir ceux qui l'aiment. Mais on dirait que même cela t'es indifférent.
- Tu as oublié que je ne suis pas n'importe qui, répliqua Seifer. Et cela ne m'est pas indifférent. Je sais juste que c'est impossible. Mais ça, tu es incapable de le comprendre. Tu as échoué à me convaincre, même avec cet argument minable et indigne même de toi. Je n'aimerais pas être à ta place quand tu vas devoir annoncer ça à la sorcière. Et il suffit que les choses ne tournent pas comme il faut pour que le masque de fausse douceur et compassion tombe. Je t'avais dit que je voyais clair à travers ton masque. Je ne te suivrai pas, sale connard. Et je te promets que la prochaine fois que je te vois, je te bute pour avoir osé tenter de me manipuler de cette façon. Et moi, je tiens mes promesses, insista-t-elle avec un sourire mauvais et la haine au fond des yeux.
- Dommage pour toi, riposta Drace d'un air pincé, voire vexé. Enfin, surtout dommage pour Squall. Je serai beaucoup moins gentil avec lui. Lui nous donnera ce que nous voulons... De gré ou de force, comme je te l'ai déjà dit, commença-t-il avant de se faire couper par Seifer.
- Espèce d'immonde salaud ! » cria-t-elle en se jetant sur lui. L'argenté la tint en respect en tirant une de ses épées et en la plaçant sous le cou de la jeune fille. De l'autre côté du fer qui la séparait de son bourreau, elle bouillonnait de rage. Lui, c'était sûr, elle le tuerait... En prenant tout son temps.

« Je t'ai dit que je ne te toucherai pas... Mais je me défendrai si tu me menaces. Enfin, je vais te montrer que je sais quand même tenir une promesse. Mais la prochaine fois que tu te tiendras devant moi... Cette promesse ne tiendra plus, alors prépare-toi. Surtout que tu es devenue bien plus belle, Seifer. Vraiment, dommage que tu n'aies jamais voulu entendre raison. Ne me regarde pas comme ça quand je te dis ça, vraiment. On dirait que tu vas m'arracher les yeux à la petite cuillère. Enfin, je dois te laisser. Il faut que j'aille parler un peu avec Squall. J'espère qu'il en restera quelque chose une fois que j'en aurai fini avec lui. Après tout, que feras-tu sans ton lion bien-aimé ? demanda-t-il moqueur, mais avec une certaine pointe de jalousie dans sa voix.
- Ne le touche pas, connard, cracha-t-elle une nouvelle fois.
- Oh, tu l'aimes à ce point ? Dommage pour vous deux, mais il est trop tard maintenant. Si tu avais accepté de nous rejoindre, les choses seraient maintenant différentes. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi.
- Je te hais ! cria-t-elle dans son dos alors qu'il sortait. Sois maudit ! rajouta-t-elle en frappant de ses poings la porte fermée, les pupilles dilatées par la rage mais aucune larme n'en sortait. Sois maudit, sois maudit, sois maudit, » fit-elle de moins en moins fort jusqu'à ce que cela ne soit plus qu'un murmure. Elle lutta contre un brusque retour des larmes, puis la fatigue due aux derniers éléments et aux privations la rattrapa et elle s'endormit, roulée en boule dans un coin de sa cellule, tenant dans son poing serré le pendentif brisé qu'elle avait compté offrir à Fujin pour ses dix-huit ans.


À suivre... Mouhahahaha !

Seifer (grince) : Tu aimes me coller des traumatismes sur le dos, pas vrai ?
Nied (essaye de faire de grands yeux innocents) : Pourquoi tu dis ça ?
Seifer : arrête avec cette tronche, ça fait plus peur qu'autre chose (oups, grillée !). J'ai déjà deux traumatismes et là, t'essaye juste de m'en coller un troisième.
Nied : Je n'avouerai rien sans la présence de mon avocat... Redfoxliiiine, j'ai besoin de toi, là.
Seifer (grommelle) : Nan, c'est bon, j'me casse avant que l'autre rapplique.
Nied (grand sourire satisfait et cache derrière son dos son parapluie vert pomme) : Tu veux plus te défendre ? Dommage... Bon, prochaine victime : Squall. (grand sourire de psychopathe que n'aurait pas démenti Jack l'Éventreur.)

PS : (pour les plus tatillons.) un moment, la sorcière dit "liber fatali" à Seifer. Il n'y a pas de faute. "liber" signifie "enfant" au singulier tandis que "liberi" signifie "enfants" au pluriel. Pour une fois que toutes mes années de latin au collège et au lycée me servent à quelque chose... xD

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