Chapitre 10
Ce fut deux jours après le retour du professeur qu'Harry vint le voir avec une demande surprenante.
- J'aimerais faire un tour dans le monde magique américain. Je dois passer à la banque et je pensais ramener quelques livres sur les potions pour Jean et peut être des livres de contes ou sur les créatures magiques pour les enfants.
- Harry, tu n'es pas prisonnier ici, tu peux aller où tu veux, temps que tu nous préviens, tu n'as pas à me demander la permission.
- Vos élèves… commença Harry avant de s'arrêter en voyant la main levée du professeur.
- Mes élèves n'ont pas fait face à une guerre et n'ont pas risqué leurs vies aussi souvent que toi. Je sais qu'en cas de besoin tu pourras te protéger.
Harry se détendit légèrement.
- Mais, si tu le permets, j'aimerais t'accompagner.
Harry se figea un instant incertain. Etait-ce bien prudent de l'emmener avec lui ? Peut-être qu'il devrait amener Logan aussi ?
- Harry ? J'ai en toi une confiance absolue, je sais que tu t'inquiètes de ma sécurité, mais tout ira bien, je serais avec toi. J'aimerais connaitre un peu plus ton monde, si tu me le permets.
Le jeune homme acquiesça alors doucement, le professeur avait raison, il ne laisserait rien lui arriver et puis le vieil homme pourrait sans doute l'aider à la banque, lui n'y connaissait pas grand-chose, alors avoir un adulte avec lui serait utile.
- Quand souhaites-tu partir ? demanda alors Charles.
- J'aimerais y aller aujourd'hui, répondit Harry. Si c'est bon pour vous.
Charles acquiesça doucement avec un léger sourire. La vérité était qu'il avait parfaitement vu la tension chez son protégé et qu'il ne voulait pas qu'Harry affronte seul son "retour" dans le monde de la magie. L'incident de la dernière fois ne comptant pas vraiment.
Ainsi se retrouvèrent-ils une heure plus tard devant un magasin d'antiquité que les papiers du ministère qu'Harry avait reçu indiquaient comme l'entrée de la rue commerçante magique de New York. Harry observa la porte avant de prendre une profonde inspiration, puis d'entrer dans le magasin, rapidement suivi par le professeur.
Le vendeur s'approcha aussitôt et Harry lui demanda s'il n'avait pas une autre sortie. Le vendeur, un homme assez jeune, les observa un instant et il s'apprêtait à leur répondre non, les sorts placés sur la porte n'avait détecté aucun noyau magique chez ces visiteurs, lorsqu'Harry releva ses cheveux dévoilant son front. Aussitôt le vendeur palit avant de bafouiller.
- Monsieur Potter… c'est un honneur… enfin, je…
- J'ai vraiment besoin d'utiliser votre autre sortie, coupa doucement Harry.
- Oui, bien sûr, c'est par là.
Il les guida vers une autre porte et ils débouchèrent assez rapidement sur une allée marchande des plus magiques. Ici le moderne de l'acier et du verre côtoyait les plumes, le parchemin et les bougies.
- Bienvenue dans mon monde, professeur, fit Harry en se penchant vers lui doucement.
Puis, il agrippa les poignées du fauteuil.
- Je peux… commença Charles.
- Non, pas ici, la batterie a du complètement se décharger dès que nous sommes entrés à cause de la magie. Désolé, j'aurais dû vous prévenir.
- Ca ne fait rien.
Ils continuèrent leur avancée, Harry prenant son temps pour permettre au professeur d'observer autour de lui à loisir. Jusqu'à ce qu'ils arrivent devant un bâtiment à colonnade blanc.
- Où sommes-nous ? demanda Charles en jetant un coup d'œil curieux aux gobelins.
- Gringotts, la banque des sorciers. J'ai certaines choses à faire, j'espère que ça ne sera pas trop long.
Le professeur savait qu'Harry ne pensait qu'à son confort en disant cela et il en fut touché. Harry arriva rapidement à un guichet.
- Oui ? demanda le gobelin de manière sèche.
- Je voudrais avoir accès à mon coffre et également voir le gobelin qui s'occupe de mes comptes, demanda poliment Harry en posant sa clé sur le comptoir.
Le gobelin y jeta un coup d'œil avant de faire sonner une clochette, aussitôt un autre gobelin sans doute moins gradé s'approcha et demanda à Harry de le suivre. Il fut alors mené dans un bureau richement meublé, un gobelin l'observait d'un air indéchiffrable. Harry s'avança jusqu'au bureau, poussant le fauteuil du professeur.
- Maître Gobelin, salua le jeune homme.
- Monsieur Potter.
- Je suis désolé d'arriver sans rendez-vous…
Le gobelin secoua doucement la main.
- Nous allions vous convoquer, il y a certains choses dont la banque doit discuter avec vous. En particulier de l'incident de la branche de Gringotts l'année dernière.
- Je rembourserais les dégâts, assura aussitôt Harry.
Le gobelin haussa un sourcil, lui qui s'attendait à devoir se battre et menacer pour que la banque soit remboursée.
- Un incident à la banque ? demanda alors le professeur.
- Je vous ai parlé des horcruxes. Et bien l'un d'entre eux se trouvait dans la banque de Londres. Alors, mes amis et moi avons dû cambrioler la banque, nous avons récupéré l'Horcruxe, mais nous étions piégé, alors…
- Alors …
- On a libéré l'un des dragons qui gardait le coffre et on s'est enfuits sur son dos, avoua Harry dans un murmure coupable.
Le professeur l'observa un instant avant de soupirer.
- Nous en reparlerons une fois à la maison, annonça le vieil homme.
Harry acquiesça doucement. Le gobelin reprit alors le cours de la conversation et indiqua à Harry le montant des travaux effectués à la branche de Londres, il lui fournit également un relevé de compte ainsi que son portefeuille d'action et un registre de tous ses biens. Harry examina tout avec attention, essayant de comprendre les choses et demandant mentalement au professeur lorsqu'il ne comprenait pas. Il rendit également au gobelin tous les bijoux et les objets que sa famille avait "acheté" à la nation gobeline. Et cela plus la signature pour le remboursement des dégâts de Londres rendit le maître Gobelin Ragnarok particulièrement aimable envers son client. Harry fit également ouvrir un compte pour Hermione et s'assura qu'un montant de 5000 galions soit versé dessus. Il donna également procuration de ses comptes au professeur Xavier (juste au cas où).
- Bien, il ne nous reste plus qu'une chose à voir, j'aimerais mettre en place un don annuel. Est-ce possible ?
- pour une institution moldue ou sorcière?
- Moldue, répondit Harry.
- Tu n'as pas à faire ça, remarqua soudainement Charles en comprenant ce que Harry voulait faire.
- J'ai les moyens et je le veux. Je sais que l'institut a besoin de beaucoup de fond chaque année pour les réparations ou pour la nourriture. Laissez-moi prendre soit de notre famille professeur. Je veux qu'un don annuel soit mis en place pour l'institut Xavier dans l'état de New York.
- Bien sûr, répondit le gobelin en prenant notre, pour quel montant ?
- 5 millions de Dollars.
- Harry, non… commença le professeur, c'est beaucoup trop.
- Vous avez bien vu l'état de mes comptes, je n'ai plus aucune famille de sang et je suis seul. Vous êtes tout ce que j'ai, vous et l'institut, s'il vous plait.
Les deux hommes s'observèrent un instant avant que Charles n'acquiesce. Harry était bien trop borné lorsque cela concernait le bien être de l'institut qu'il était inutile de discuter. Ils signèrent les derniers papiers et Harry repartit avec un peu d'argent sorcier dans une bourse et une carte de crédit qu'il pourrait utiliser dans le monde normal. Lorsqu'ils sortirent de la banque, l'après-midi était déjà bien avancé. Ils s'arrêtèrent dans un petit restaurant où ils prirent un repas rapide, puis ils repartirent dans l'allée.
Le professeur garda son regard devant lui, repensant aux derniers évènements. Les dons à son école n'étaient pas aussi rare que cela, mais tout de même avoir un tel montant sous la main. L'arrêt de son fauteuil fut ce qui le sortit de ses pensées.
- Qu'en dite vous professeur ? demanda Harry.
Le vieil homme leva les yeux et remarqua qu'ils s'étaient arrêtés devant une librairie. Par la suite, Charles mit de côté le don d'Harry et parcourut les rayons emplis de livres, essayant de voir lesquels ils pourraient prendre pour les enfants et surtout lesquels il pourrait prendre pour lui, pour mieux comprendre le monde de son protégé. Une petite heure plus tard, ils ressortirent du magasin avec un unique sac extensible contenant pas moins d'une cinquantaine de livres traitant de nombreux sujets. Puis, Harry fit un détour par l'animalerie pour acheter des friandises à la chouette que le gouvernement lui avait prêtée. Il s'arrêta également devant une confiserie où ils passèrent une bonne heure à gouter à tout ou presque. A la fin, le professeur tenait sur ses genoux un autre sac extensible avec un charme dessus pour que seul un adulte puisse prendre ce qu'il y avait à l'intérieur. Ils passèrent devant un magasin de Quidditch, Harry en profitant pour lui parler un peu de ce sport et du poste qu'il occupait, puis ils reprirent lentement le chemin en direction du magasin d'antiquité.
Harry ralentit un instant devant le tatoueur magique, à la surprise du professeur, et observa un instant la vitrine.
- Je ne te voyais pas porter un tatouage, remarqua le professeur avec amusement.
Harry rougit doucement.
- C'est juste que j'ai beaucoup de cicatrices… Et puis les tatouages magiques sont faits pour correspondre parfaitement à leur porteur. Et si je veux me faire un tatouage plus classique et qu'il ne me plait plus, il existe une pommade pour l'effacer. C'était juste une idée, marmonna le jeune homme.
- Un tatouage, même temporaire n'est pas une décision à prendre à la légère, je ne dis pas que je suis contre, c'est ton corps, c'est à toi de décider. Je te demande juste de prendre le temps de réfléchir.
Harry acquiesça doucement, poussant le fauteuil en direction de la sortie de l'allée marchande.
X
Lorsqu'ils rentrèrent ce soir-là, Harry rejoignit aussitôt Hermione. Cette dernière avait trouvé refuge dans la chambre que se partageaient Kitty et Malicia. Il frappa doucement à la porte et offrit un sourire à Marie qui était venu lui ouvrir.
- Je viens voir Hermione, annonça le jeune homme.
Il entra ensuite à l'invitation de la jeune femme. Hermione était assise sur le lit de Kitty et les filles semblaient être en train de parler vêtements au vu du tas qui trainait sur le sol.
- Harry, tout s'est bien passé ? demanda Hermione.
Son ami l'avait prévenu de sa visite dans le monde magique avant son départ.
- Oui, j'ai aussi pris la liberté de te faire ouvrir un compte à la banque.
Il lui tendit ensuite un papier portant l'entête de Gringotts. La jeune femme y jeta un coup d'œil.
- Harry, je… tenta la jeune femme.
- Cet argent est à toi maintenant, tu peux faire ce que tu veux avec sauf me le rendre.
La jeune femme fronça les sourcils mais se contenta de soupirer. Elle savait qu'Harry pouvait se montrer plus têtu qu'elle. Et puis, elle pourrait aider sa mère à s'installer ici comme ça. Elle remercia alors son ami et l'observa partir sans doute pour rejoindre le professeur. Harry passait beaucoup de temps avec le vieil homme. Hermione en avait été la première surprise, elle qui connaissait Harry depuis si longtemps. Elle l'avait très rarement vu, pour ne pas dire jamais, chercher la compagnie des autres, les adultes encore moins, mais il semblait très proche de Charles Xavier. Cela l'intriguait et il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu un mystère à résoudre.
Harry, inconscient du nouveau passe-temps de son amie, rejoignit le bureau du professeur. La porte était ouverte et Harry remarqua que le professeur avait déjà ouvert l'un des livres qu'ils avaient achetés. Le jeune homme l'observa avec un léger sourire depuis le pas de la porte.
- Ton monde est fascinant, remarqua Charles en levant les yeux vers son protégé.
- Au premier abord, oui, il peut l'être. Mais mon monde ne vaut pas mieux que le vôtre, il est même pire. Le pouvoir corrompt les cœurs et la magie est un pouvoir que tous possèdent dans mon monde ou presque. Mon ancien gouvernement était corrompu jusqu'à l'os. Oui le monde magique est merveilleux, mais il n'est pas que ça.
Le professeur acquiesça d'un air grave alors qu'il reposait le livre qu'il lisait.
- Harry concernant le don que tu fais à l'institut.
- Je ne reviendrais pas dessus, prévint le jeune homme.
- Je sais, je voulais te remercier et aussi que tu saches que ce n'est pas le don que tu nous fais qui garantit ta place ici. Tu es ici chez toi, avec ou sans don.
- Je sais et vous ne savez pas à quel point c'est précieux pour moi.
Le professeur l'observa alors avec tendresse et un léger sourire.
- Pourquoi n'irais-tu pas profiter un peu du soleil, offrit le vieil homme, l'hiver tombe vite par ici.
- Et vous ? demanda doucement Harry.
- J'ai encore du travail, soupira Charles en désignant la pile de papiers qu'il avait mis de côté.
- Est-ce que je peux vous aider ?
- Non, c'est gentil, Harry, mais se sont pour la plupart des copies à corriger.
Le jeune homme acquiesça doucement.
- Je vais vous laisser alors, je pourrais venir vous chercher pour le diner ?
Charles acquiesça avec un léger sourire avant de placer la pile de copies devant lui. Harry sortit du bureau et du manoir, profitant du calme de la journée. Ce fut un bruit fort et un juron qui attira son attention en direction du garage. Logan y était en train s'occuper de sa moto. Justement, il n'avait pas encore eu le temps de lui parler de ce qu'il s'était passé à Poudlard. S'approchant de l'autre homme, Harry prit appui sur l'une des voitures, faisant attention à ne pas la rayer.
- Qu'est-ce que tu veux, gamin ? demanda Logan sans lever les yeux de ce qu'il faisait.
- Parler de ce qui est arrivé dans l'infirmerie de Poudlard.
- Il ne s'est rien passé, bougonna le canadien.
- Le coté sauvage a pris le dessus sur le côté humain et Wolverine a failli tuer quelqu'un. A part ça, vous avez raison, il ne s'est rien passé.
Logan continua pendant encore quelques secondes à réparer sa moto puis il soupira lourdement.
- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, gamin. C'est la première fois que cela m'arrive depuis aussi loin que je m'en souvienne.
Harry fronça les sourcils, il savait que Logan était amnésique et il savait aussi que Charles faisait ce qu'il pouvait pour l'aider au mieux.
- Je pense que j'ai peut être une explication à donner, mais je ne suis pas sûr qu'elle vous plaise.
- Dit toujours, grommela le mutant.
- Dans mon monde, il existe des êtres sauvages comme vous, des loups garou. Des vrais. Il est bien connu chez nous que les loups garou n'ont que très peu de compagnons voire un seul avec un peu de chance et qu'une fois qu'ils l'ont trouvé, ils feront tout pour le protéger. Je pense que vous êtes un peu comme ça et lorsqu'Hermione a été frappée…
- Donc tu dis que moi et ta copine, nous devrions sortir ensemble ?
- Non, je dis que le coté sauvage en vous semble avoir reconnu Hermione comme votre compagne et qu'il a réagi lorsqu'elle a été blessée.
- Et qu'est-ce que je dois faire, selon toi gamin ? Je ne suis pas sûr que laisser mon côté sauvage ressortir soit une bonne idée.
- C'est à vous de décider, cependant je dois vous dire une chose. Si vous lui faite le moindre mal vous aurez affaire à moi.
Puis sur ces paroles, Harry se décolla de la voiture, salua le canadien et quitta le garage pour se diriger vers le lac. Logan l'observa partir avec un grondement sourd qui se formait au fond de sa gorge. Mais il n'était pas sûr que le professeur soit content de lui s'il attaquait son jeune protégé. Avec un nouveau soupir et l'impression d'avoir plus de questions sans réponse qu'il n'en avait avant, Logan enfourcha sa moto qu'il venait de finir de réparer, il mit le moteur en route et s'éloigna du manoir. Il avait besoin de temps pour réfléchir.
