Salut mes petits macarons ! Ça fait un moment que j'ai pas posté mais je vous avoue qu'en ce moment c'est compliqué pour moi -'. J'essaye vraiment mais comme l'histoire est finie dans ma tête l'écrire me prend beaucoup de temps et vu que ça va plus lentement que dans mon petit cerveau ça me désespère. J'espère (enfin) la finir dans 5 chapitre environs (en fait j'en sais trop rien ahaha!) mais voilà voilà. En attendant profitez bien !

Bonne lecture !

Chapitre 9

Livaï lui avait dit de prendre une douche et de se reposer un peu par la suite. Il ne voulait pas enchainer avec le reste des épreuves si elle était dans cet état. Elle l'en remerciait intérieurement. Bon, il ne lui avait pas dit directement. Il s'agissait de Livaï tout de même. Il lui avait lancé un : « Ce ne serait pas juste que je t'étale dans cet état. » Charmant n'est-ce pas ? Elle avait mangé un reste de curry avant de sortir. Elle errait dans les couloirs de la grande demeure. Elle n'avait pas le cœur à dormir. Pour l'instant, l'incompréhension l'envahissait. Elle était perdue. Tout ce qu'elle pensait savoir sur elle s'effondrait et ses sentiments étaient paradoxaux. Elle aimait Livaï. Elle s'était fait une raison et pourtant, il restait un brin d'amertume en elle. Elle n'acceptait toujours pas qu'il l'ait traité de pute inutile…

« Luna ? » Elle sortit de ses pensées et releva vivement la tête. Il n'y avait personne. Elle fit demi-tour et tomba sur Petra. Elle l'interrogea du regard. Le sourire sur le visage de la rousse s'atténua et elle lui lança un regard compatissant. « Tu vas mieux ? » Luna se mordit la lèvre.

« Je n'aime pas trop qu'on me prenne en pitié » dit-elle en croisant les bras sur le grand pull qu'elle avait. Elle s'était changé dans des vêtements plus agréables à porter. Petra écarquilla les yeux.

« Ce n'est pas de la pitié ! » s'exclama-t-elle. « Je suis juste inquiétée de ton état. C'est normal en tant qu'amie. » Luna haussa un sourcil.

« Amie ? » Depuis quand étaient-elles amies ? Elles ne s'étaient jamais vraiment parlé. Petra hocha la tête.

« Bien sûr, n'est-ce pas normal de prendre soin de ses amies ? » Luna abandonna. Si elle voulait être amie elle ne l'empêcherait pas. Ça ne lui ferait pas de mal non plus.

« Rien, je suis juste un peu sur les nerfs tu vois. Je me pose beaucoup de questions et je n'ai pas beaucoup de réponses. En plus, certaines choses sont confuses dans ma tête donc… » expliqua-t-elle. Petra sourit.

« Si jamais tu veux parler, ma porte est ouverte. Je suis une tombe. Si tu sens le besoin de te confier, pense à moi, ça me ferait plaisir. Tu sais Luna, parfois il faut parler, juste dire les choses. Ça fait du bien, ça ordonne les idées et on voit plus clair après. Les solutions sont souvent moins compliqué que ce que l'on pense. Il faut juste que notre esprit se pose et fasse le tri. » Luna écouta attentivement chaque mot de Petra mais ne répondit pas. La rousse vit qu'elle n'aurait pas de réponse. « Enfin, je voulais juste te le dire. N'hésite pas avec moi ou quelqu'un d'autre en qui tu as plus confiance. Ce qui compte c'est que tu saches que tu n'es pas seule. » Elle fit demi-tour et recommença à marcher.

« Je pense que ce n'est pas une mauvaise idée » dit Luna tout bas. Petra se figea et se retourna. « Tu aurais du temps maintenant ? » Le regard gêné de la blanche rencontra les yeux pétillants de l'autre femme.

« Bien sûr, avec plaisir. Passons à la cuisine te allons dans ma chambre. » Luna se laissa guider par Petra. Elles arpentèrent les couloirs et débouchèrent dans la cuisine. Elle était grande et plusieurs personnes s'affairaient dedans. Elles ne leur jetèrent pas un regard. La rousse se fraya un chemin tandis que Luna l'attendit contre la porte. Elle fouilla dans un tiroir et revint avec des tablettes de chocolat dans les mains. « Ça aide toujours, rien de mieux que le chocolat pour oublier ses problèmes. »

« L'alcool peut-être ? » proposa Luna. Petra passa son bras à côté de Luna pour ouvrir la porte. Elle rit légèrement en même temps et quitta la cuisine. Luna ferma le battant derrière elle et rattrapa la rousse.

« Certes mais pour l'instant je veux juste te parler, pas te torcher, sinon tu vas me raconter n'importe quoi et avec un peu de chance je vais finir par te prendre dans mes bras alors que tu fondras en larmes. » Elle rit à l'idée de voir la jeune femme en pleure et désespérée. Ce n'était pas gentil mais la scène était comique. « J'ai juste envie que tu te vides le cœur. »

« Hum… » fut la seule réponse de Luna. Elle suivit Petra vers le salon et elles sortirent dans le jardin. Après quelques minutes de traversée, elles arrivèrent à la dépendance cachée derrière une haie de thuyas.

« Faut être discrète sinon toutes les filles vont nous envahir et on ne pourra pas être seules. » Elle hâta le pas et ouvrit la porte tout doucement. Le couloir était vide. Elle ferma doucement la porte après que Luna soit entrée et se remit devant. Elle se dirigea vers l'une des chambres. Luna faillit rire, la rousse allégeait ses pas pour éviter de faire craquer le parquet. Les autres étaient-elles des fouines à ce point ? Elle voyait mal toutes les portes s'ouvrir d'un coup à cause d'un grincement. Elles finirent par entrer dans la chambre de Petra qui se précipita pour fermer la porte. « Mission accomplie ! » soupira-t-elle. Elle jeta les tablettes de chocolat sur le lit. Luna fit le tour de la chambre. Elle n'avait rien de spécial, une fenêtre avec des rideaux opaques pour l'intimité, un lit d'une personne avec une table de chevet, une commode au pied et un bureau de l'autre côté. Le tout en bois, la chambre ne donnait pas trop une impression de modernité. Ça la changeait comparé au loft de Livaï qui était très épuré. Elle se sentait plus tranquille ici.

« Merci » dit Luna. Le rire de Petra la coupa.

« Ne me remercie pas, je n'ai encore rien fait. » Les lèvres de la blanche s'étirèrent. « Fais comme chez toi » dit la rousse en s'asseyant sur son bureau. Luna choisit de s'asseoir sur le lit. Elle serra son pull contre elle et attendit. Elle ne savait pas quoi dire pour commencer. Petra ne dit rien, elle resta silencieuse et immobile. Elle laissait le temps à la blanche de rassembler ses idées.

« Je… Mon problème principal est Livaï… » chuchota Luna. « Je… ne le comprends pas, il change tout le temps de caractère et je ne parviens pas à savoir ce qu'il veut. Il peut être très gentil et l'instant d'après très tranchant… » Elle parlait du bout des lèvres.

« Le chef a toujours été comme ça, peu de gens arrivent à comprendre pourquoi il agit de cette façon. Il faut que tu saches qu'il y a toujours une raison derrière ses actions. » Luna se mordit la lèvre et tira ses manches pour recouvrir ses mains.

« Pourquoi est-ce qu'il ne fait pas comme tout le monde ! » demanda-t-elle en haussant le ton. « Pourquoi est-ce qu'il rend tout compliqué ! Pourquoi est-ce qu'il ne peut pas dire les choses comme elles sont ?! » Elle s'était levée et fixa Petra. « Je lui en veux affreusement, il a été horrible avec moi la dernière fois ! Il m'a traité de pute inutile ! Est-ce vraiment ce que je représente à ses yeux ?! Alors pourquoi est-ce qu'il m'embrasse ? » finit-elle au bord des larmes. « Pourquoi est-ce qu'il me fait souffrir… » Petra cacha son étonnement. Elle savait que Livaï appréciait Luna mais pas à ce point. Elle décida de passer outre.

« Tu ne penses pas que Livaï souffre aussi ? » Cette simple phrase bouleversa Luna.

« Qu'il souffre ? De quoi ? » demanda-t-elle la voix éteinte.

« Dis-toi qu'il n'a jamais été aussi proche de quelqu'un et que du jour au lendemain, cette personne unique se retrouve menacée et peut mourir » expliqua Petra en plongeant son regard dans celui améthyste de Luna.

« Je ne mourrais pas ! Je l'ai déjà dit à la folle ! Pourquoi vous voulez que je crève ?! » s'énerva-t-elle. Petra secoua la tête.

« Pas du tout, c'est juste que… on pense au pire, comme Livaï. Il faudrait peut-être que tu prennes ça en compte. Tu ne le connais pas encore très bien. » Luna se laissa retomber sur le matelas.

« Peut-être mais… je suis perdue… dans mes émotions et mes sentiments » avoua-t-elle.

« Le vrai problème est là. Le problème ce n'est pas tellement Livaï et ce qu'il dit. Le problème c'est toi Luna, c'est parce que tu luttes que tu as mal. » La concernée contracta sa mâchoire.

« Qu'est-ce que tu entends par là ? »

« Tu sais très bien que tu as des sentiments pour lui, avoue-le toi. Tu le sais mais tu te refuses à le dire. »

« Je n'ai pas de sentiments pour lui ! » se rebella-t-elle. Petra laissa un petit sourire étirer ses lèvres.

« Tu le sais et pourtant tu te bloques parce que tu as peur d'être laissé sur le côté. Tu as peur qu'il ne retourne pas tes sentiments puisque tu sais qu'il est quasiment inatteignable. Tu es au courant de tout et tu as peur. » Petra descendit du bureau et s'avança vers la jeune femme. Elle s'accroupit pour lui faire face et posa ses bras sur ses genoux pour maintenir son équilibre. « Dis-le, dis ce que tu ressens. »

« Je… Je peux pas… » Petra ne dit rien. Elle attendrait le temps qu'il faudrait. Un blanc s'en suivit. Luna finit par soupirer. « Je suis amoureuse de lui, folle amoureuse… Mais je ne peux pas en être sûre parce que je n'ai jamais aimé comme ça… C'est le premier à m'avoir porté de l'affection. N'est-ce pas parce que je ne suis pas habituée que ça me fait bizarre ? »

« Le fait même que tu te le demandes veut dire l'inverse. Je suis contente que tu l'ais dit, mettre des mots sur ses sentiments c'est important. Tu peux dire ce que tu ressens vraiment maintenant. »

« Je suis terrifiée. J'ai peur qu'il ne me voit que comme une gamine inutile à peine bonne à lui ramener des emmerdes. J'ai peur qu'il me brise… Je ne suis pas à la hauteur, je vaux tellement moins que toutes celles qui lui tournent autour… » A peine eut-elle finit sa phrase qu'une claque magistrale lui brûla la joue. Sa tête avait tournée et ses yeux étaient écarquillés. Petra s'était relevé et la toisait du regard.

« Je t'interdis de dire ça, tu es bien mieux et plus fiable que le dixième des filles qui lui court après. Il ne voudra jamais de filles comme elles. »

« Comment peux-tu en être sûre ? » demanda Luna. Elle frottait sa joue et fronçait les sourcils. Elle ne répliqua pas. Elle n'en avait pas l'envie.

« Je le sais, c'est tout » trancha-t-elle. Luna soupira. « Pour en revenir à tes problèmes. Je pense que tu devrais passer l'éponge une bonne fois pour tout de n'importe qu'elle manière et repartir de zéro. Tu devrais regarder vraiment qui est Livaï et tu verras que les choses sont plus simples que ce que tu penses. » Luna prit la tablette et mangea une rangée de chocolat.

« Peut-être… »

« Fais-le pour moi, essaye » supplia-t-elle du regard. Luna mangea une autre rangée en un clin d'œil.

« J'essayerai… » Elle ne savait pas pourquoi elle avait parlé aussi facilement à Petra. Pourtant elle ne le regrettait pas. Elle se sentait plus légère. C'était étrange qu'elle soit soulagée seulement après avoir parlé à la rousse. « Par contre, tu me promets de garder le secret ? » Petra sourit.

« A une condition ! » dit-elle en s'éloignant de la blanche. Cette dernière haussa un sourcil. « Je veux que tu acceptes tes sentiments et que tu fasses tout pour qu'ils se réalisent. » Luna se leva et approcha de la porte.

« Je ne peux pas forcer Livaï. Je resterais moi-même, c'est tout ce que je peux te promettre… » répondit-elle en mettant la main sur la poignée. Elle ne vit pas Petra sourire dans son dos en la couvant du regard. Luna ferma la porte et fit demi-tour pour repartir avant de s'immobiliser. De l'autre côté du couloir, Mikasa sortait de sa chambre. Elle avait changé de vêtements et portait un bandage autour du cou. Luna tirailla les manches de son pull.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda Mikasa la voix froide.

« Euh… Je » Ses yeux faisaient des allers-retours entre la blessure de la brune et le sol. Elle se sentait affreusement coupable. Elle n'avait pas su se contrôler et le résultat était devant ses yeux. « Petra m'avait demandé de venir la voir. » Elle ne donnerait jamais la vraie cause. Fierté quand tu nous tiens… Mikasa ne dit rien d'autre et commença à partir vers la porte de sortie. Luna ouvrit la bouche pour la retenir mais rien n'en sortit. L'écart entre elles se creusait. Par réflexe, elle s'élança et posa sa main sur l'épaule de la jeune fille pour la retenir.

« Quoi ? » Le sang de Luna se glaça dans ses veines. Qu'allait-elle dire ? Que pouvait-elle dire ? Elle ne pouvait pas s'excuser, le mal était fait. Son pardon ne réparerait pas son erreur. Elle ne ferait que calmer sa conscience. C'était égoïste. Les humains sont égoïstes.

« Je suis désolée pour tout à l'heure ! Je n'ai pas su me contrôler et par ma faute tu es blessée ! » lâcha Luna en dernier recours. Elle avait fermé les yeux.

« Je ne te reconnais pas là » répliqua Mikasa. La blanche fut étonnée et ouvrit les yeux. Elle ne la reconnaissait pas ?

« Comment ça ? » La main de Luna glissa de l'épaule de Mikasa qui se retourna pour lui faire face en croisant les bras. Elle haussa les épaules pour toute réponse. L'élocution de Mikasa avait toujours été légendaire.

« J'ai vu pire. » Luna prit cela comme une acceptation d'excuses. « M'entrainer avec toi serait utile. » Elle fit une pose. « Un autre jour » ajouta-t-elle. Les yeux de Luna se mirent à pétiller. La brune ne l'avouerait jamais mais c'était sa manière de lui dire qu'elle l'estimait. Elle en était persuadée. « Ah et le chef te cherchait. » Luna s'éloigna de Mikasa.

« Ah euh… merci et je serais ravie de m'entrainer avec toi. Je suis sûre que tu peux m'apprendre pleins de choses, nous n'avons pas du tout la même technique. » Elle lui fit un signe de tête et partit en trottinant vers la maison principale. Livaï la cherchait ? Mais pourquoi donc ? Elle finit par tomber sur lui au détour d'un couloir. « Livaï ? »

« Luna ? » répondit-il de la même manière.

« Euh… Mikasa m'a dit que tu me cherchais. » Il croisa les bras en s'appuyant contre le mur. Elle resta debout au milieu du couloir.

« Mikasa ? Tu lui as reparlé ? » La jeune fille tira les manches de son pull. « Oui, je me suis excusée pour ce que je lui avais fait… J'étais un peu… hors de contrôle » souffla-t-elle. Elle se dandinait d'une jambe à l'autre.

« J'ai bien vu… et laisse ton pull. Tu vas l'abimer. » Elle lâcha subitement les morceaux de tissus qu'elle martyrisait depuis le début sans s'en rendre compte. « Je te cherchais pour te demander si tu te sentais prête à te battre contre moi cette après-midi. Je sais que ça fait vite mais de toute façon, je dois trancher si tu viens avec nous ou non avant que les missions soient lancées. » Luna hocha la tête.

« Je peux, ce n'était qu'un petit contre temps. » Livaï fit un rictus.

« De toute façon si tu avais dit non je t'aurais écartée immédiatement. »

« Immédiatement ! Sans me le dire ? C'est injuste ! » s'énerva-t-elle. Il haussa les épaules.

« Je m'en fou. Si tu n'es pas capable de te battre après un choc émotionnel tu n'es pas digne de venir avec nous. » Elle fronça les sourcils. « D'ailleurs, Hanji m'a demandé de te passer un message. Si tu le désires, après notre combat tu pourras aller la voir. Elle pourrait te donner des renseignements sur ce que tu as appris ce matin. » Luna se figea. Elle allait enfin avoir accès à une source d'informations. Elle allait pouvoir avoir des réponses à toutes les hypothèses qui trottaient dans sa tête. Ce ne serait plus le néant total… « Va te changer, je t'attends en bas. » L'homme se décolla du mur en donnant un coup d'épaule vers l'avant et la dépassa. Elle le suivit du regard. Il tourna la tête et leurs yeux se rencontrèrent. « Je peux savoir ce que tu fixes ? » Elle rougit.

« Rien ! » Elle se remit droite et marcha activement vers l'étage. Elle se changea prestement et redescendit au niveau de la salle au sous-sol. Elle avança et vit Livaï debout au centre. « Il n'y a personne ? » demanda-t-elle en première. Il se tourna vers elle et la dévisagea. Elle portait un short cycliste gris avec une brassière de sport violette et une paire de basket.

« Non, je préfère ne pas t'humilier publiquement. » Elle arrêta ses pas.

« M'humilier publiquement ? Laisse-moi rire ! N'as-tu pas plutôt peur que ce soit l'inverse qui se passe surtout ? » rit-elle. Il haussa un sourcil.

« Ça ne risque pas d'arriver fais-moi confiance. » Elle soupira. Quelle suffisance ! Mais bon, elle l'aimait comme ça. C'était étrange qu'elle le pense aussi ouverte envers elle-même. Elle allait rougir…

« Alors qui gagne comment ? » demanda-t-elle pour changer ses idées.

« Tu le sauras quand tu auras perdu. » Elle fronça les sourcils. Quand elle aurait perdu ? C'était quoi ce bordel ? Il était vraiment prétentieux. Il pensait la battre comme ça et ne lui laissait même pas le bénéfice du doute. Elle grimaça intérieurement. Elle était sûre qu'il n'allait pas rigoler. Tout ce qu'il voulait c'était l'empêcher de se mêler de leurs affaires. Il avait juste à la battre pour ça. Elle serra ses poings. Il l'avait énervé. On lui avait dit une fois que lorsque l'on était énervé, la colère faisait remonter tous les points négatifs. C'est pour cela que lors d'une prise de tête on se rappellait toujours des mauvaises choses qui nous sont arrivées. Peut-être était-ce la raison qui faisait que les mots de Livaï tournaient dans sa tête… Une pute inutile bien sûr… Une personne sans valeur… Un accident au final. Elle n'était qu'un problème au milieu de son monde. Une fille qui n'aurait jamais dû être là et pourtant. Pourquoi restait-il avec elle alors ? Pourquoi lui permettait-il de tenter sa chance ? Pourquoi Hanji lui donnait-elle de l'espoir ? Pourquoi Petra l'encourageait ? Pourquoi ? Pourquoi ! Pourquoi ! Elle contracta sa mâchoire et ses poings devinrent blancs. « Tu peux commencer. »

Elle se précipita sur lui, le regard noir. Il la regarda arriver mais elle ne le voyait pas. Elle était aveuglée par sa colère. Comment pouvait-il dire des choses comme celle-là ? Sa mère n'avait-elle pas vécue ça ? Sa propre mère était une pute de luxe et lui se permettait de la critiquer ! Il se décala et attrapa son bras pour la repousser. Elle recula de plusieurs pas en cherchant son équilibre, des cheveux devant ses yeux, elle respirait bruyamment. Ce n'était pas dû à son combat mais à sa colère. Une fois bien postée sur ses deux jambes, elle rejeta sa tête en arrière pour chasser les mèches gênantes. Son regard était noir et vide, elle était en proie à ses propres pensées. Elle fonça de nouveau sur lui avec un cri. Il se décala à nouveau en agrippant son épaule et poussa dessus. Elle s'éclata au sol.

« Aïe ! » cria-t-elle en sentant ses dents heurter sa lèvre. Elle redressa un peu la tête et porta sa main à sa bouche. Elle saignait, le choc avait fendu la peau. Elle se mit sur ses genoux afin de se relever mais avant qu'elle ne puisse le faire, une main se posa sur sa tête.

« Je peux savoir ce que tu fous ? » Elle leva la tête. Livaï appuyait fermement dessus, elle se rompit le cou en essayant de lutter contre.

« Ce que je fous ? J'essaye de te mettre à terre. » Il souffla.

« Tu ne risques pas d'y arriver comme ça, tu ne fais que me foncer dessus comme une folle. Même un gosse de 3 ans t'éviterait. » Les épaules de Luna tombèrent d'un coup. Elle savait mais elle avait tellement mal qu'elle s'en fichait.

« C'est pas ma faute… » chuchota-t-elle. Il ne dit rien. Elle commença à trembler de rage. « C'est pas ma faute bordel ! » Elle saisit vivement le poignet de Livaï à deux mains et souleva ses jambes pour lui faire une balayette. Comme elle le retenait, il ne put l'esquiver et tomba à terre. Elle garda sa main et la tourna pour tordre son bras à l'envers. Elle força jusqu'à ce qu'il ne bouge plus. Encore quelques centimètres et il aurait mal. Elle se mit à califourchon sur lui et se tut. Elle le fixa dans les yeux.

« Tu vois quand tu veux » se moqua-t-il.

« Ferme-la ! » Il fronça les sourcils. Elle n'avait jamais osé lui parler comme ça.

« Je pense que tu as oublié à qui tu parlais là. Tu ferais mieux de faire attention parce qu'on est en plein combat. Tu pourrais malencontreusement rencontrer l'un de mes poings » gronda-t-il. Elle tremblait sur lui et ses lèvres qui étaient résolument fermées s'entrouvrirent.

« Tu me menaces maintenant ! M'insulter, me ridiculiser, me faire tourner en bourrique ne t'a pas suffi ?! Tu veux me faire peur aussi ! Si tu m'as emmené juste pour ça tu devrais plutôt m'utiliser comme appât ! On irait plus vite ! » cracha-t-elle. Il se contenta de la regarder sans rien dire. « Et en plus tu ne dis rien ? Tu t'en fous ! Tu n'en as rien à faire que je souffre ! Hanji avait faux sur toute la ligne ! A aucun moment tu ne m'as considérée comme quelqu'un d'important ! Petra se foutait de ma gueule en disant que tu étais plus proche de moi que des autres ! Rien de tout ça n'est vrai ! Et moi je suis là comme une conne à essayer de t'atteindre ! Tu ne me considères que comme un accident, un dommage collatéral alors que tu l'es toi-même, ton toi entier est un accident ! » Elle s'arrêta net. Elle sentit la main lui échapper et le poing s'écraser contre sa joue. Elle ferma les yeux sous le choc et vola un peu plus loin. Quelques secondes après, une main empoigna son tee-shirt et la souleva. Elle sentit un mur dans son dos. Elle n'ouvrit que l'œil opposé à sa joue meurtrie. Elle croisa le regard noir de Livaï.

« Je t'interdis de parler comme ça de moi, tu ne sais rien de moi, tu crois tout savoir parce que j'ai été un peu gentil mais tu ne sais rien. Alors maintenant tu vas la fermer définitivement. » Elle regarda le poing se lever devant elle. Elle ferma les yeux en attendant le coup mais elle ne sentit qu'une chute. Elle s'écroula au sol, les yeux écarquillés. Livaï était dos à elle un peu plus loin. Elle se rendit compte de ce qu'elle venait de dire et des larmes se formèrent dans ses yeux. « Dégage immédiatement avant que je ne change d'avis. » Elle se releva difficilement et partit en courant. Elle traversa toute la demeure sans regarder devant elle. Elle eut la chance de ne rencontrer personne ou elle ne les vit pas du moins... Elle monta jusqu'à l'étage et s'y arrêta une fois au beau milieu du salon blanc. Elle pleurait. Elle pleurait énormément. Son corps entier était secoué par ses pleurs. Elle essuya ses yeux comme elle le pu mais immédiatement, des centaines d'autres larmes vinrent remouiller son visage. Elle sanglotait et s'étouffait avec sa propre salive. Elle tremblait à cause de ses remords. Son nez commença à couler et elle s'essuya sommairement avec le bas de son tee-shirt. C'était sale et elle s'en fichait. Elle était seule et ne donnait pas un seul brin d'importance à ce que les autres en pensaient. En voulant redescendre son habit, elle s'emmêla dedans ce qui fit monter de la rage en elle tout en redoublant ses pleurs. Elle fit de grands gestes rageurs accompagnés de cris plaintifs avant de passer le tee-shirt par-dessus sa tête et de la jeter au sol de toute sa force. Elle donna un coup de pied dedans et il partit s'accrocher quelque part. Elle n'y fit pas attention.

Sa tête la lançait affreusement et servait de caisse de résonance pour ses pleurs. Elle se tenait les cheveux et les tirait dans tous les sens, sa coupe ne ressemblait plus à rien… Elle renifla bruyamment et avala sa salive sous peine de se baver dessus. Ce tableau était triste et miteux mais qui était beau et élégant même lorsqu'il pleurait seul ? Personne… Nous sommes déjà tous passé par cette tristesse panique qui nous fait perdre la tête et nous la vide autant qu'elle nous la remplie… Luna finit par retirer son pantalon aussi, elle s'en prenait à tout ce qui entravait ses mouvements, sa rage se dirigeait vers le moindre objet qui la contrariait. Elle se rendait malade et un de ses sanglots lui donna un haut les cœurs. Elle se précipita vers la cuisine et vomit dans le lavabo. Elle sentit ses tripes sortirent par sa gorge en la brûlant au passage. Un de ses sanglots la fit respirer par réflexe et elle faillit s'étouffer dans son propre vomissement. Elle regarda le dernier filet de bave tomber dans l'évier puis fit couler de l'eau pour rincer le fond en inox. Elle s'éclaboussa le visage au passage et se redressa. Elle ne pleurait plus. Elle n'était plus qu'un amas de tremblement.

Son regard se dirigea vers l'extérieur. Elle vacilla jusqu'à la baie vitrée et ouvrit l'un des panneaux. Le vomissement avait coupé court à ses pleurs. Elle mit un pied dehors ? La terrasse était entourée de panneaux opaques et une petite piscine prenait la place à gauche. Elle avança et regarda l'eau à ses pieds. Inconsciemment elle prit une inspiration et se laissa tomber dedans. Elle heurta la surface froide et libéra l'air de ses poumons pour couler au fond. Elle y resta aussi longtemps qu'elle put, les yeux clos. Son corps semblait flotter dans du vide réconfortant. Un vide auquel elle voulait s'abandonner, un vide exempt de tout problème… Elle dû remonter après quelque secondes. Elle refit surface en respirant fortement. Elle haletait et sa tête tournait à cause de l'apnée. Ses sous-vêtements, ses cheveux et tout son corps étaient trempés. Elle s'en foutait. Elle rejoint le bord et s'y posa, les bras croisés et la tête posée dessus. Ça blessure à la joue la piqua quand elle s'appuya contre. Elle devait avoir un hématome. Elle ferma les yeux et laissa son corps flotter dans l'eau qui dissolvait tous ses tracas. Ses tremblements finirent par s'apaiser mais finir vite par être remplacé par des frissons réguliers. Elle ne bougea pas. Son esprit était vide, il ne se fixait sur aucune idée. Elle était vide. Sa tête lui faisait mal et ses yeux la brûlaient mais la douleur s'amenuisait avec le temps. Elle resta là.

« Luna ! »

Elle a enfin avoué ses vrais sentiments (mais pas à Lili malheureusement...) Alalalala, les mots blessent... Luna a dit des choses qu'elle n'aurait pas dû dire et notre cher LivaÏ l'a étalé... A votre avis, qui l'appelle à la fin? Qui viendra la voir ?

Luna ^^