Disclaimer : tout appartient à J. K. Rowlings

Pairing : HP/DM

Bonne lecture à tous !


Chapitre 8 : Trahison ?

Dimanche 22 avril 2018

Harry tournait en rond dans son salon, l'inquiétude le rongeant. Draco était en retard, et un Malefoy n'était jamais en retard. Les deux hommes avaient convenus de se réunir avec les enfants en ce premier dimanche des vacances de printemps. Ils avaient voulu leur faire la surprise de vacances dans le Sud de la France, dans l'une des résidences secondaires des Malefoy. Ils devaient partir par cheminette en fin d'après-midi.

Il était déjà 15h alors que Draco et Scorpius auraient dû arriver en fin de matinée.

Un frémissement dans les protections du Cottage l'avertit de l'arrivée de visiteurs. Il se précipita sur la porte pour découvrir derrière un petit garçon souriant et un homme qui semblait avoir rencontré un Détraqueur.

Scorpius salua Harry avec enjouement et celui-ci l'envoya rejoindre ses enfants à l'étage tandis qu'il tirait Draco dans le bureau.

- Draco ?

-...

- Draco ? Ça va ?

- Je ... Astoria ...

- Que se passe-t-il ?

- Astoria est morte, souffla le blond. Je reviens juste de Sainte-Mangouste.

- Morte ? Mais comment ?

- Je ... Je ne sais pas. Elle était enceinte.

- Qu ... Pardon ?

- Astoria était enceinte et elle est morte.

-...

- Le médicomage a dit que j'étais le père, murmura Draco.

- Tu es ... quoi ? Mais ... tu ... tu as couché ... Mais quand ?

- Je ... Je ne sais pas.

- TU NE SAIS PAS ? MAIS TU TE FOUS DE MOI OU QUOI ?

- Non ! Le ... Je ... Le médicomage m'a dit que la date de conception notée dans le dossier mentionnait le 24 ou 25 décembre.

- Ben tiens ! Voilà pourquoi tu m'as laissé prendre Scorpius ce soir-là ! La bonne excuse hein ? J'ESPERE AU MOINS QUE CA T'A PLU DE LA FOURRER CETTE GARCE !

- MAIS NON ! JE TE JURE ... JE ... La seule chose dont je me rappelle de cette nuit, ce sont les rêves que j'ai fait. Et d'ailleurs, les draps s'en souviennent.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? siffla Harry furieux.

- Ce que j'ai dit. Je me suis réveillé complètement vaseux, du sperme maculant les draps. Sinon, c'est le trou noir, sauf des images ... érotiques, finit Draco sur un murmure.

- OUAIS ! EN FAIT T'ÉTAIS TELLEMENT BEURRÉ QUE TU T'ES RENDU COMPTE DE RIEN ET QUE TU AS FORNIQUÉ COMME UN PORC AVEC CETTE SALOPE !

- Non, Harry, non, je te jure ... Je n'ai vu que toi dans ...

- Et en plus tu t'es servi de moi ! T'es qu'un salopard !

- Non, je t'en prie, je ...

- NE M'APPROCHE PAS ! NE ME TOUCHE PAS ! hurla Harry avant de transplaner sans un mot de plus.

Draco resta tétanisé par le départ soudain de son amant. Les souvenirs tournaient désespérément dans son esprit lui remontrant les images de cette nuit de débauche, il n'y avait pas d'autres mots. Il cherchait à déterminer si c'était vrai ou faux, fantasme ou réalité.

Depuis que le médicomage lui avait appris sa paternité et la date de conception, il se sentait perdu, dépassé. Chaque fois qu'il se concentrait sur cette nuit, un détail lui revenait. Détail humide qui ne pouvait absolument pas cadrer avec les sensations qu'il ressentait lors de ses relations avec Harry.

Il ne savait pas ce qu'il devait penser de la grossesse d'Astoria. Il avait failli être père pour la seconde fois et ce bonheur possible lui avait été retiré avant même qu'il n'en prenne conscience. Avec un gémissement de désespoir, il s'assit dans un fauteuil et enfouit la tête dans ses mains.

OoOoOoOoOoO

Harry réapparut en pleine nature, loin de toutes habitations. En entendant les confessions hésitantes de Draco, il avait vu rouge. Il avait senti sa magie s'agiter et avait préféré s'éloigner avant de provoquer des dégâts.

Après avoir lancé plusieurs sortilèges de repousse-moldu et d'intimité, il hurla à s'en casser la voix. A bout de souffle, il tomba à genoux et planta ses mains dans la terre, agrippant l'herbe tendre. Se forçant à se détendre, il laissa sa magie se déployer autour de lui.

Au bout d'un temps indéterminé, il rouvrit les yeux, essoufflé, épuisé.

La nature environnante était ravivée. Les fleurs avaient déployé leurs corolles, les bourgeons sur les arbres semblaient gorgés de sève. Toutes les couleurs étaient plus intenses. Même les animaux, oiseaux et petit gibier, semblaient bénéficier d'un regain d'énergie.

Lentement, Harry remit de l'ordre dans ses pensées. Avec un pincement au cœur, il reconnut que sa réaction avait été excessive. Il s'était énervé immédiatement, préférant d'emblée croire à une trahison de son amant. Un vieux dicton moldu disait « Chat échaudé craint l'eau froide. » et c'est exactement de cette manière qu'il avait réagi. Suite aux trahisons de sa femme et de son ex-beau-frère, il avait d'abord pensé le pire. Et il avait foncé tête baissée, sans réfléchir, comme d'habitude.

Il revit la conversation qui les avait opposés, les hésitations de Draco, son irritation grandissante. Son professionnalisme reprit alors le dessus. Méthodiquement, il isola les divers éléments, analysa les informations.

Et il trouva des discordances.

Le premier point, celui qui aurait dû l'interpeller lors même de la discussion, était la certitude de sa paternité.

Il était bien placé pour savoir que la véritable identité du géniteur ne pouvait être confirmée qu'après la naissance d'un enfant. Dès l'annonce de la première grossesse de Ginny, il avait été lui-même en proie au doute. Sachant parfaitement que sa femme était une nymphomane, le fait d'être le père n'avait rien d'une certitude. Il s'était alors discrètement renseigné auprès de médicomages experts, mais tous avaient eu la même réponse, il fallait attendre la naissance.

Le nom du père n'était indiqué sur les documents officiels qu'après la venue au monde de l'enfant. On complétait ainsi en même temps le dossier médical et le certificat de naissance. Cette méthode confinait à l'hypocrisie la plus pure puisque dans le monde sorcier, le mari était toujours reconnu comme le père légitime de l'enfant, quel que soit le géniteur réel.

La procédure l'avait fortement étonnée. Pour avoir été élevé chez les moldus, il connaissait l'importance de connaître son patrimoine génétique. A priori, chez les sorciers, cette donnée semblait inutile.

Dans le cas de Draco, cette information aurait dû rester vierge. Il était plus qu'anormal qu'un obstétricomage ait ainsi compléter le dossier.

Le second point concernait la probabilité que son amant ait pu coucher avec sa femme. Avec un sourire narquois, il se rappela les péripéties que Draco lui avait confiées. Il avait dû déployer des moyens inimaginables pour réussir à enfin honorer correctement Astoria et concevoir Scorpius. D'ailleurs, il se remémora d'une conversation sur la façon dont Draco percevait l'acte avec les femmes.

Flash Back

Non mais franchement Harry, avait bafouillé un Draco légèrement éméché, comment peut-on aimer se fourrer là-dedans. C'est mouillé.

- Mouillé ? Mais ... et comment tu fais pour les mecs ? Tu ... Tu fais quand même pas ça à sec.

- Non mais t'es pas bien Potty ! répliqua le blond horrifié par cette idée.

- Ben quoi, j'y connais rien moi.

- Ouais, tu prèfères les « floush floush », ricana l'autre.

- Flou ou oush ... Flou ou oush ? Hoqueta un Potter rougissant.

- Ben ouais... T'as déjà bien écouté le bruit que ça fait tes va-et-vient ? Floush floush !

- Beuh ... c'est dégeu !

- Ah tu vois que j'ai raison !

- Ben et toi alors, ils font quoi tes va-et-vient ? C'est pas mouillé le lubrifiant ?

- Pas la même chose. Avec les mecs, c'est plus élégant. C'est le lubrifiant justement ... Flitch flitch

Fin de Flash Back

Avec un sourire nostalgique, Harry se souvint qu'ils avaient tous les deux finis écroulés sur la table, morts de rire et complètement décomplexés par l'alcool.

C'est en repensant à la soirée des faits qu'un troisième élément lui sauta au visage. Draco avait dit que le médicomage avait daté la conception et lui avait donné une date précise. Mais là encore, même si la magie était ... magique, elle ne pouvait être précise à ce point. Un seul élément pouvait permettre une telle précision et seulement si ... !

Choqué par l'idée qu'il venait d'avoir, Harry se releva rapidement et transplana !

OoOoOoOoOoO

Draco sursauta violemment au bruit d'un craquement sec annonçant un transplanage. Bondissant sur ses pieds, la baguette fermement tenue, il vit apparaitre Harry devant lui.

- Harry, je suis désolé ...

- Je te demande pardon Draco ...

- Les deux hommes parlèrent en même temps avant de s'arrêter simultanément.

- Je t'ai trompé Harry. Je n'ai jamais voulu ...

L'Auror fit taire son amant en posant un doigt sur ses lèvres.

- Chut je sais. Et moi je n'aurai jamais dû m'énerver comme ça.

- Mais non, tu ...

- Draco ! S'il te plait écoute-moi. Il y a des éléments discordants dans ce que tu m'as rapporté.

Et le brun fit part à Draco des différentes déductions qu'il avait faites et les conclusions auxquelles il était parvenu.

- Tu veux dire que cette salope m'a manipulé ? Ce n'est pas possible ! Les Malefoy ne sont pas des ...

- ... victimes ! Je sais. Mais réfléchis. C'est la seule explication logique.

- ...

- Tu dis toi-même que tu n'as aucun souvenir de cette nuit-là. Que tu n'as, rougit Harry, rêvé que de moi.

- Mmmm, musa le blond, le regard perdu dans le vide.

- Draco, réclama-t-il mi amusé, mi frustré, concentre-toi !

- Tu disais ?

- Rien, je voulais juste te poser une question. Toi qui t'y connais en potion, y a-t-il un moyen de détecter des traces plus de cinq mois après l'absorption.

- Tout dépend du type de concoctions. Mais si tu penses à une potion de luxure, non.

- Mmmm ... Dommage.

- Dommage ? Pourquoi ?

- Eh bien ... Mais attend, c'est toi qui me demande ça ?

- De quoi est-ce que tu parles ?

- Mais enfin, c'est toi le Sang-Pur !

- Par Merlin Potter, explique !

- Oh ça va calme-toi ! L'usage de certaines potions est soumis à des restrictions, des surveillances.

- Oui, mais pas les potions de luxure.

- Sauf en cas de viol. Leur utilisation s'apparente alors à de la coercition.

- Tu dis que j'ai été ... violé !

- Eh bien techniquement en tout cas. Si elle t'a vraiment fait avaler une potion de luxure, on peut dire qu'elle t'a forcé.

- LA SALOPE ! JE VAIS LA TU...

Draco s'arrêta net en réaliser ce qu'il allait dire. Son regard divagua un instant avant de se poser sur ses mains crispées. Avisant son alliance, il eut une grimace de dégoût. Avec un air de défi, il pinça l'anneau entre son pouce et son index et tira. Son annulaire devint rouge sous la pression, mais subitement, la résistance céda et la bague lui échappa, allant rouler plus loin sur le parquet. Avec un sourire satisfait, il lança un regard victorieux à Harry avant de reprendre.

- Bon pourquoi tu as dit dommage ? Tu aurais voulu ... ouvrir une enquête ?

- Oui, mais la question ne se pose plus. Parce que si on ne peut pas détecter la potion de luxure, on ne peut rien prouver. Mais je n'aurai rien fait sans ton accord.

- Juste pour une potion de luxure ?

- Si tu ajoutes à ça les informations qui auraient été notées dans le dossier médical, tout pointe une fraude.

Draco s'abima dans une intense réflexion. Après un moment, il reprit :

- Ton raisonnement pourrait se justifier, mais je te rappelle que pour la société sorcière, l'enfant est toujours considéré comme légitime.

- Oui, je sais, mais c'est justement là que se situe la nuance. Le statut d'un enfant est confirmé après sa naissance, pas durant la gestation. J'ai toujours trouvé ça étrange d'ailleurs.

- Donc tu soupçonnes des malversations de la part de professionnels.

- Mmmm ... C'est une possibilité mais je n'ai aucune base pour démarrer une enquête.

- Toi peut-être pas, mais moi je peux essayer quelque chose !

- Comment ?

- En tant que mari, je peux demander des comptes à l'hôpital. Comment se fait-il que ma femme ait pu décéder alors qu'elle était en bonne santé ? Et en plus, mon ... enfant est mort ! Tu te rends compte, je ne savais même pas qu'il existait !

- Donc, tu veux attaquer Sainte-Mangouste ?

- Je fais partie du comité de direction. Si je veux des réponses, je les aurai. Et j'aurai les coupables aussi !

OoOoOoOoOoO

En début de soirée, Draco prit Scorpius à part pour lui annoncer le décès de sa maman. Le jeune garçon resta un moment sans réaction. Contrairement à son père, Astoria ne s'était jamais beaucoup impliquée avec l'enfant. Comme elle le disait ouvertement, elle avait accompli ce que l'on attendait d'elle, à savoir mettre au monde le précieux héritier des Malefoy. Après cela, elle était en droit de profiter de sa vie. Mais pour Scorpius, elle était sa maman et cela seul comptait.

Peu à peu, ses yeux s'humidifièrent et il se laissa tomber dans les bras de son père. Draco câlina un long moment son garçon, le rassurant sur la suite des évènements.

Ils dinèrent ensuite tous les six et partagèrent une soirée-jeu. Comme plusieurs semaines auparavant, Draco se fit laminer au Quizzard. Il ronchonnait dans son coin, pestant d'être bon dernier quand ce fut le tour de Harry et que celui-ci pêcha une question sur les potions.

Le blond se redressa d'un bond, un air goguenard. Enfin, il ne serait pas le grand perdant de la session.

- Dans quelles potions utilise-t-on l'aconit ? lut consciencieusement James.

- Déclare forfait tout de suite Potty ! ricana Draco.

- Ne vend pas la peau du Sombral trop vite Malefoy ! L'aconit, aussi appelée Napel ou Tue-Loup est utilisée dans la potion tue-loup ou celle d'Œil Vif !

- C'est juste, claironna Lily qui était penchée sur le bras de son frère pour lire la réponse.

- Mais ... mais, bégaya Draco. Comment tu sais ça ? T'as toujours été lamentable en potions.

- Tu remercieras Rogue, fanfaronna l'Auror. C'est la première question qu'il m'a posée en première année.

- Pour la Tue-loup d'accord, mais l'autre.

- J'en ai pris suffisamment pour savoir ce qui la compose. L'Œil Vif te remet peut-être les idées en place après un coup sur la tête ou une anesthésie, mais elle te barbouille l'estomac pour plusieurs jours.

OoOoOoOoOoO

Lundi 23 avril 2018

Le lendemain matin, quatre hiboux firent irruption dans la cuisine juste après le petit déjeuner, alors que les enfants étaient repartis jouer dans leurs chambres. Les trois premiers amenaient les exemplaires de la Gazette du Sorcier. Le quatrième déposa un courrier scellé devant Draco. Le cachet était marqué des armoiries de Sainte-Mangouste, une baguette et un os croisés.

Le blond décacheta lentement la missive. Au fur et à mesure de sa lecture, son visage pâlit. Quand il eut fini, il replia le parchemin et le glissa dans sa poche. En relevant la tête, il vit Harry lire attentivement la Une du journal, une expression étrange sur le visage.

Il attrapa un autre exemplaire.

« SAINTE-MANGOUSTE PREVIENT CONTRE UNE EPIDEMIE !

Hier soir, une réunion extraordinaire du Conseil des Guérisseurs a abouti à une mise en garde de l'Hôpital Sainte-Mangouste.

Suite à la découverte de plusieurs cas déclarés d'une nouvelle forme de Dragoncelle, nous avons préféré prendre des précautions et appliquer une stricte surveillance des patients, visiteurs et soignants. Chacun sera examiné et traité de manière préventive dans les plus brefs délais. Un traitement prophylactique sera administré à tous. Nous invitons toute personne s'étant rendue dans nos services endéans les quinze derniers jours, en tant que patient ou visiteur, à se faire connaître le plus rapidement possible auprès d'un médicomage afin d'éviter tout risque d'épidémie.

La déclaration de Ambroise Vésale a été suivie par la surveillance immédiate du bâtiment, pour la plus grande colère des citoyens. Les Aurors ont dû intervenir pour calmer la foule en colère, des parents craignant de laisser des membres de leur famille exposés à un risque de contagion dans les murs de l'hôpital.

Rappelons que l'affection commune, dont les symptômes sont un teint verdâtre et grêlé, est bénigne pour les enfants mais peut se révéler mortelle lorsqu'elle est contractée par un adulte. Nous ne savons rien pour le moment de cette nouvelle variante et nous vous tiendrons informés dès que possible. »

- A quoi penses-tu Harry ? interpella Draco.

- Mmm ... Pardon ?

- Tu as l'air plongé en pleine réflexion ? Que se passe-t-il ?

- Eh bien, je m'interrogeais sur cette soudaine épidémie et sur les causes du décès de ta ... Draco ! tu dois retourner à Sainte-Mangouste tout de suite, tu as été exposé ! Il faut que...

- Du calme ! J'ai eu la Dragoncelle quand j'étais petit. Mon grand-père l'a contractée et m'a contaminé. Il en est mort et depuis je suis immunisé.

- Mais ils parlent d'une nouvelle variante, d'une mutation.

- Ne t'inquiète pas. J'irai chercher leur traitement s'il le faut. Mais je ne comprends pas comment tu peux faire le lien entre le décès d'Astoria et cette épidémie.

- Oh euh... je ne sais pas trop. Une association d'idée, si tu veux.

- Tu sais que t'es tordu ?

- Pourquoi ?

- Parce que j'ai reçu un courrier du médicomage légiste. D'après les examens, Astoria est morte de la Dragoncelle.

-... Mais alors tu as pu être contaminé !

- Je te l'ai dit, je vais aller à Sainte-Mangouste pour être certain que tout va bien et surtout pour avoir plus d'information.

- Quelles informations ?

- Eh bien, quand est-ce qu'elle a été contaminée ? Comment ? Par qui ?

- Je vais venir avec toi.

- Pas question ! s'écria le blond.

- Mais ... Pourquoi ? demanda Harry légèrement vexé.

- Tu es un sang-mêlé !

- Oui et alors ! s'énerva l'auror.

- Ne te méprends pas ! C'est juste que la Dragoncelle est beaucoup plus virulente chez les sang-mêlés et les nés-moldus. Je ne voudrais pas que tu l'attrape. D'ailleurs, je crois que tu devrais toi aussi aller voir un médicomage pour t'assurer que tu ne risques rien.

- Tu as vu l'article. Je ne suis plus allé à Sainte-Mangouste depuis deux mois.

- Oui, mais je sais que la période d'incubation de cette maladie est variable. Et puis, c'est une nouvelle forme. Je... S'il te plait, finit-il sur un murmure.

- Je ... si ça peut te rassurer, concéda Harry avec un sourire tendre.

- Je vais me dépêcher. Essayer de régler rapidement les formalités pour que l'on puisse quand même profiter de quelques jours au soleil.

Après un langoureux baiser, les deux hommes se séparèrent et Draco sortit pour transplaner.

OoOoOoOoOoO

Draco réapparut sur l'aire de transplanage de l'Hôpital. Elle avait été séparée du reste du Hall par un puissant bouclier médical. Il fut autorisé à le franchir après avoir décliné son identité et qu'une employée ai vérifié son immunité à la Dragoncelle classique.

On le dirigea rapidement vers une antenne du département des maladies magiques où il dut absorber une immonde potion. Le potionniste lui expliqua rapidement qu'il s'agissait d'une combinaison de la potion classique de soins couplée à une Pimentine extra-forte.

En jetant un œil autour de lui, Draco remarqua effectivement que de nombreuses personnes avaient de la fumée qui leur sortait des oreilles.

Il prit rapidement le chemin des sous-sols pour y retrouver le médicomage légiste Azraël Quirinus. L'homme était penché sur un dossier. Au premier regard, il semblait disproportionné. Il était étiré tout en longueur. Ses longs doits faisaient plus penser à des pattes d'insecte en raison de leur finesse. Ses yeux sombres étaient profondément enfoncés dans leurs orbites, de très larges cernes bleutés les entourant. Et son teint était atrocement pâle. Et il arborait une expression suffisante qui déplut immédiatement au blond.

- Monsieur Malefoy, chuinta une voix caverneuse tandis que l'homme se redressait de toute sa hauteur, tentant d'impressionner son visiteur.

- Médicomage Quirinus, salua le blond avec sa morgue habituelle.

- Je voulais vous poser quelques questions au sujet du décès de votre épouse, dit-il avec condescendance.

- Je n'aurai malheureusement que peu de réponse à vous apporter.

- Il s'agit pourtant de votre femme ! asséna le praticien.

- Et ? demanda Draco avec un dédain apparent.

- Euh ... Eh bien ... Je ...

- Vous aviez des questions, je crois, insista-t-il, s'étonnant que son interlocuteur ait perdu si rapidement de son assurance.

- Ou ... Oui. Je voulais vérifier certaines informations concernant le dossier de votre épouse. Le dossier précise que la fécondation date du 24 décembre. Avez-vous utilisé une potion de fertilité pour pouvoir être si précis ? Selon mes examens, la gestation aurait débuté plusieurs semaines auparavant et ...

- Je n'ai jamais eu recours à une telle potion et si vos examens sont exacts, je ne suis même pas concerné par cette grossesse.

- Mais ... votre nom est clairement noté dans le dossier ! rétorqua vivement Quirinus.

- Ce qui est hautement irrégulier, dois-je vous l'apprendre ?

...

- Médicomage Quirinus, ignorez-vous donc que le nom du père ne peut être indiqué sur le dossier médical de la parturiente et sur l'acte de naissance qu'après la naissance. La mention de mon nom dans ces documents est donc illégale. Je peux déjà vous dire que je vais me renseigner sur cette irrégularité. Maintenant, pourriez-vous me donner quelques renseignements sur la cause de sa mort.

- Euh ... Je ...

- Médicomage !

- Je ... Votre femme a contracté la nouvelle variante de la Dragoncelle. Le mode de contamination est très spécifique, le temps d'incubation est beaucoup plus long, entre six à huit semaines, et les symptômes sont différents.

- C'est-à-dire ? En quoi est-ce différent ?

- Cette forme ne touche que des personnes ... des personnes ...

- Quoi ? s'énerva Draco qui ne s'attendait pas du tout à tomber sur un homme si peu sûr de lui.

- Sexuellement actives, murmura-t-il si bas que le blond faillit ne pas entendre.

- Vous voulez dire que cette Dragoncelle ne se transmet que par les relations sexuelles, insista-t-il, ricanant intérieurement en voyant le guérisseur rougir.

- C'est ce que nous pensons, oui.

- Bien. Avez-vous effectué un test de paternité sur l'enfant ?

- Quoi ? Mais non ! De toute façon, le père est déjà identifié !

- Et je vous ai déjà dit qu'il ne pouvait pas s'agir de moi. Par contre, il se pourrait que le géniteur soit le porteur de votre nouvelle Dragoncelle et qu'il contamine toujours plus de personne à l'heure où nous parlons.

A ces mots, Quirinus devint complètement livide.

- Et je crois que vous devriez également rechercher toutes les traces de sperme pour également en identifier les émetteurs. Ils auraient pu être contaminés.

- Monsieur Malefoy ! s'écria Azraël clairement choqué.

- Quoi ? Vous n'allez pas prétendre que vous n'êtes pas au courant des mœurs des Sang-Purs ? Vous savez parfaitement qu'une fois l'obligation d'un héritier remplie, les adultères sont monnaie courante. Personne ne s'intéresse au géniteur des cadets puisque de toute façon, ils sont intégrés à la famille par une adoption de sang.

- Mais ... mais ...

- Faites vos examens !

- Vous n'avez pas à me donner d'ordres, Monsieur Malefoy. Il est hors de question que je ...

- Très bien ! coupa Draco. En tant que mari, je suis en droit d'obtenir toutes les informations concernant le décès de mon épouse et de son enfant à naître. Je vais donc en référer à Ambroise Vésale. Il est hors de question qu'un petit employé de morgue s'oppose à ma demande somme toute légitime. Et puis, il me semble qu'il serait peut-être utile de signaler votre comportement auprès des autorités. Ne pourrait-on pas assimiler votre attitude à de la non-assistance à personne en danger ? Ne devez-vous pas tout faire pour enrayer cette épidémie ?

- Mais non, je ... je ... Attendez, je vais ... faire les tests tout de suite, répondit l'homme en se précipitant vers sa paillasse.

Sans un mot, Draco le suivit, un sourire narquois aux lèvres. Il connaissait bien ce genre de personnage. L'homme se croyait supérieur, jouait les durs mais s'agenouillait dès qu'il avait peur.

Azraël sortit un certain nombre de fioles qu'il mélangea, secoua, agita en tous sens avant de les laisser reposer. Il se dirigea ensuite vers une table couverte d'un drap. Le corps d'Astoria y reposait.

A l'aide de sa baguette, il effectua une longue entaille dans l'abdomen pour mettre à nu l'utérus gonflé. Une nouvelle incision dévoila le fœtus.

A cette vue, Draco s'éloigna vivement, un peu plus pâle. Quirinus commença à ricaner face à cette réaction, mais son rire s'étrangla violemment lorsqu'il croisa les yeux d'orage. Se détournant, il procéda à un prélèvement de tissu, de sang et de magie sur l'enfant.

Il se pencha ensuite sur le corps avec une grimace de révulsion qui fit ricaner Malefoy à son tour. Il se retourna vivement mais n'osa pas faire de remarque. Pointant sa baguette vers l'intimité de la femme, il préleva une nouvelle fois divers éléments puis revint à sa paillasse.

Il disposa chaque prélèvement sur une coupelle puis les imbiba des différentes potions. Il lança ensuite les sortilèges d'identification en commençant sur les ponctions effectuées sur le fœtus.

Lentement, des particules s'élevèrent. Azraël saisit un morceau de parchemin qu'il glissa par-dessous. En se déposant, les poussières formèrent un nom : Zacharias Smith.

- Smith ! Comme par hasard ! s'exclama Draco qui s'était approché, faisant sursauter Quirinus.

- Qu...Quoi ? hoqueta le médicomage qui évitait clairement le regard de Malefoy.

- Je vous avais bien dit que je n'avais rien à voir avec cette grossesse, répliqua le blond. En voici la preuve !

- Mais... mais ...

- Mais quoi ? s'énerva Draco. Par Merlin, d'où est-ce que vous sortez ? Continuez vos examens ! Identifiez les amants de feue mon épouse !

Quirinus prit le deuxième jeu d'échantillons en tremblant de tous ses membres. En le constatant, Draco commença à se demander si l'homme ne savait pas certaines choses qu'il ne voulait pas faire connaître.

Sa réaction à la possibilité d'une contamination lui avait semblé incongrue. Un médecin digne de ce nom aurait dû lancer cette investigation aussitôt que la cause de la mort avait été identifiée. Ensuite, son regard fuyant à la lecture du nom de Smith avait renforcé ses soupçons. Enfin, sa répugnance à poursuivre les examens était suspicieuse.

Draco se rapprocha de la table, surveillant attentivement la manipulation des fioles. Lorsque Quirinus se saisit d'une potion de distillation, il toussota exagérément. Il n'avait pas eu Severus Rogue pour parrain sans en retirer une grande connaissance des potions. Il savait pertinemment que le processus de distillation ne pouvait intervenir avant que les spécimens n'aient été imprégnés d'une concoction de fixation, sous peine de déstructuration.

- Etes-vous sûr qu'il s'agit de la procédure correcte ? demanda-t-il froidement.

Azraël eut un sursaut coupable et fit mine d'examiner son flacon. Il déposa la fiole pour prendre celle contenant la bonne solution et reprit le cours de la procédure. Ses gestes étaient très hésitants et il lançait des regards furtifs à Draco qui ne lâchait pas ses mains du regard.

Enfin, le même phénomène que pour le test de paternité se déclencha. Des particules lumineuses, beaucoup plus nombreuses cette fois, s'élevèrent pour se déposer sur le parchemin préparé à cet effet.

D'un mouvement vif, Draco s'empara de la feuille et étudia la dizaine de noms présents. Avec un sourire mauvais, il toisa Quirinus :

- C'est dans de tels moments qu'il faut maudire la magie, n'est-ce-pas médicomage ? Avez-vous donc oublié que l'ensemble des fluides d'un sorcier, que ce soit le sang, la sueur, la salive ou dans notre cas, le sperme, contiennent des traces de sa magie. Et que cette magie reste identifiable à très long terme ! A votre place, je courrai me faire dépister. Pour ma part, je vais faire part de cette liste très instructive au Comité de Direction de l'Hôpital.

Sans autre mot, il dupliqua le parchemin et sortit à grand pas.

TBC...