Chapitre 9 : Quand tout dérape

Coucou !

Je suis de retour. Je suis impardonnable j'avais promis de poster rapidement et je n'ai pas tenu parole mais je suis partie très loin ^^

Je voudrais d'abord vous dire mille mercis pour toutes vos reviews que vous m'avez laissés. Ça m'a fait vraiment fait très plaisir !

Je voudrais aussi remercier Choupiechou qui a corriger le chapitre.

Bon je me tais et je vous laisse lire


Chapitre 9 : Quand tout dérape

PDV Bella

Je mis un moment à comprendre que c'était Edward qui était en train de m'embrasser.

J'aurais voulu le repousser, mais quand je mis mes mains sur son torse, au lieu de le pousser pour l'écarter, je m'accrochais littéralement à lui et tentais de le rapprocher.

J'étais parfaitement consciente que j'aurais dû tout faire pour me dégager. Je ne savais même pas pourquoi il avait réagi comme ça, toute cette histoire n'avait aucun sens à mes yeux.

Mais franchement, à ce moment précis, j'étais en train de tout oublier.

C'était Edward, c'était lui qui m'embrassait, ses lèvres contre les miennes.

Je voulais ce moment, je l'avais toujours voulu … depuis des années.

Je ne voulais même pas réfléchir aux conséquences, je voulais seulement vivre ce moment.

Peu importe que l'on dise que je n'ai pas de volonté, personne ne pouvait comprendre.

C'était Edward, c'était lui.

Il m'embrassait vraiment. J'ouvris les yeux et tombais dans les siens, d'un incroyable vert qui avait hanté bien de mes jours et de mes nuits. Ils étincelaient de mille feux.

Il n'avait pas l'air de savoir ce qu'il faisait lui non plus. Ses yeux étaient injectés de sang. On avait presque l'impression qu'il avait bu lui aussi. Il se détacha légèrement de moi et posa son front contre le mien.

- Bella, murmura-t-il comme pris d'ivresse.

Ses mains se posèrent délicatement sur mes joues et descendirent lentement dans mon cou. Ses doigts étaient tellement chauds contre ma peau. Son touché était une délicieuse brûlure que je n'aurais voulu troquer pour rien au monde.

J'étais bien. Pour la première fois de ma vie, je savais que je me trouvais à l'endroit où je devais être, le seul endroit où j'avais envie d'être.

- Bella, chuchota-t-il une deuxième fois.

Il poussa un soupir et respira très fort en fermant les yeux avant de reposer ses lèvres sur les miennes. Je ne pouvais plus rien dire, toute volonté de résistance m'avait abandonnée depuis longtemps.

Je ne luttais plus, ses mains parcouraient mon visage et son odeur particulière m'enveloppait complétement. Quand ses mains se posèrent sur mes clavicules, non loin de ma poitrine, je gémis et je le senti retenir son souffle, comme si lui aussi était dans l'attente de ce qui allait se passer.

Je n'allais pas l'arrêter. Je n'étais même pas certaine d'en avoir la force.

PDV Edward

Je ne savais pas vraiment ce que j'étais en train de faire. La seule chose dont je me rendais compte c'est que pour la première fois de ma vie, je me sentais à ma place.

J'avais eu un certain nombre de femmes dans ma vie, mais jamais auparavant je n'avais eu cette sensation de plénitude que je ressentais à cet instant précis.

Je n'avais plus aucun repère, plus aucune idée de l'endroit où je me trouvais. La seule chose dont j'étais certain, c'est que je ne voulais pas m'arrêter, pour rien au monde.

Mes lèvres contre les siennes, je savourais littéralement la douceur de la langue de Bella contre la mienne. Mes mains étaient sur ses clavicules et je ressentais déjà toute la chaleur que dégageait son corps. Elle poussait des gémissements érotiques, ce qui me fit me tendre encore plus.

Je n'osai pas coller le bas de mon corps au sien, tellement je sentais que ma virilité était totalement éveillée, je ne voulais surtout pas qu'elle prenne peur. Pourtant je me trouvais aussi proche d'elle que je le pouvais.

Quand nous dûmes tous les deux reprendre notre souffle, je m'écartais légèrement et je pus observer pleinement l'expression de son visage. Elle avait les paupières closes, la bouche gonflée et tendue vers moi. Ses mains, qui, jusque là étaient restées le long de son corps, se posèrent délicatement sur ma taille, tout en douceur, avant de remonter tout aussi doucement le long de mon dos et de s'enrouler autour de mon cou auquel elle s'accrocha. Ses doigts sur ma nuque provoquèrent mille frissons, et je ne pus m'empêcher de déposer des baisers un peu partout sur son visage, sur son front, ses tempes, ses joues, son nez et puis bien entendu sur sa bouche.

- Edward ... souffla Bella en cherchant de nouveau mes lèvres.

Je ne me fis pas prier et de nouveau je l'embrassais à en perdre le souffle. Mais cette fois j'ajoutais mes mains dans la manœuvre.

Sans geste brusque, je fis descendre ma paume droite le long de son flanc jusqu'à sa taille avant de remonter et d'englober son sein.

Bien qu'elle porte encore sa robe de soirée, je pouvais très bien sentir qu'elle ne portait absolument pas de soutien-gorge. Mon autre main passa dans son dos où elle fit des vas et viens de haut en bas, touchant sa peau nue.

Jamais auparavant je n'avais touché quelque chose d'aussi doux, j'avais presque l'impression que sa peau était un tissu rare qu'il fallait protéger et garder bien en sécurité non loin de soi.

La paume que j'avais enroulée autour de son sein remonta et je la fis passer sous le tissu aussi doucement que possible et enfin j'englobais à même la peau, ma paume contre sa peau, l'un des objets les plus précieux que je n'avais jamais touché. J'effleurais son globe plus fermement, effleurant son téton que je finis par pincer doucement.

De ma deuxième main, je remontais une nouvelle fois le long de son flan avant de tomber sur une minuscule fermeture éclair. Je pris une profonde inspiration, attrapais le minuscule bout de fer et le fit descendre vers le bas, la robe ne tenait plus que grâce à la bande noire enroulée autour de son buste. Je m'approchais de cet endroit et d'un geste rapide, je dégrafais l'attache et le haut de la robe tomba juste au-dessus de sa poitrine.

Je relevais les yeux vers Bella qui me fixait intensément, attendant que j'agisse. Elle me laissait prendre les commandes et voulait bien entendu que je la guide.

Je plongeais mes yeux dans la profondeur de son regard chocolat et m'y noyais littéralement. Elle posa ses mains sur les miennes qui étaient de part et d'autre de son corps, tenant le tissu de sa robe. Ses doigts étaient enroulés autour des miens, si fins par rapport aux miens beaucoup plus gros.

C'est elle qui me fit descendre le vêtement, il tomba sur sa taille et ses seins furent complètement découverts. Ses tétons étaient épanouis et tendus vers moi, comme si ils appelaient à mes caresses, et cela me tendit encore plus si c'était possible.

Je remontais mes mains une nouvelle fois le long de ses courbes, et cette fois se furent mes deux mains qui englobèrent ses deux seins. Sans que je pu m'en empêcher, j'approchais mon visage et attrapais un téton entre mes lèvres, que je suçais avant de donner un coup de langue. Je fis de même avec le deuxième.

Quand Bella me rapprocha encore d'elle à l'aide de ses mains enroulés autour de ma nuque, je m'enhardis et la débarrassais complètement de sa tenue avant d'entreprendre de dénouer ses cheveux qui au fur et à mesure de la manœuvre tombèrent sur son corps et cachèrent des parties d'elle.

Bientôt, il ne lui restait plus qu'un petit triangle entre ses cuisses qui cachait la dernière partie d'elle que je n'avais pas encore vu.

Je lâchais ensuite ses seins et descendait jusque ses cuisses avant de la soulever. Instinctivement, elle enroula ses jambes autour de ma taille en fichant ses talons au bas de mes reins.

Je voulais l'emmener dans sa chambre et la coucher sur son lit avant de me coucher sur elle et de m'unir avec elle pour qu'ainsi nous ne formions plus qu'un.

Elle me subjuguait complétement, je ne savais même plus comment nous en étions arrivé-là, ni même pourquoi je me devais d'arrêter.

Mais soudain, les choses changèrent aux mots de Bella.

- Edward, fais … fais-moi l'amour !

D'un coup, je sortis de l'état second dans lequel j'étais.

Bella était littéralement entouré autour de moi à demi-nu alors que j'étais encore habillé de pied en cape. Bien sûr elle sentit immédiatement que je venais de me raidir et laissa retomber ses jambes. Je ne pus l'empêcher de s'écarter vivement. Elle avait l'air complétement perdue en ramenant ses bras contre sa poitrine, tentant de cacher sa nudité. Elle regardait autour d'elle, cherchant visiblement quelque chose qui lui permettrait de se couvrir. Je repérais vite une veste qui était posée sur le dossier d'une chaise du salon. Visiblement ça devait être celle soit de Charlie, soit de Jasper.

En songeant à mon ami, une boule se forma dans ma gorge. Qu'est-ce que j'avais fait ?

J'attrapai le vêtement et le tendis à Bella qui l'enfila sans me regarder. Elle remonta la fermeture éclair jusqu'à son menton et serra ses bras autour d'elle. Un minable, j'avais été un véritable minable qui ne méritait même pas de vivre.

- Bella …

- Va-t'en Edward ! murmura-t-elle d'une voix faible en me tournant le dos.

J'aurais voulu ajouter quelque chose, mais je crois que plus que des cris, ses murmures me déchirèrent les entrailles.

- Pars, je t'en prie.

Je hochai la tête et sans rien ajouter, je filais littéralement vers ma Volvo.

Mais qu'est-ce que j'avais fait ? Que s'était-il donc passé pour que j'en arrive là ?

Quand je fus arrivé chez moi, je refermais la porte de l'entrée et m'y adossai avant de glisser sur le sol et de me prendre la tête entre les mains. Je fermais les yeux en tentant de chasser la réalité.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? Me mis-je à parler tout haut.

Je revoyais encore l'expression de Bella quand elle m'avait supplié de m'en aller … la honte qui se lisait sur son visage. J'avais abusé d'elle. J'étais plus vieux qu'elle, c'était donc à moi de me contrôler et d'agir en adulte responsable, mais ce n'était pas ce que j'avais fait ce soir.

Bien au contraire, c'est moi qui avais commencé. Je m'étais jeté sur elle, pourtant à ce moment-là j'avais été certain que c'était la seule chose juste à faire.

Jamais je n'aurais dû agir comme je l'avais fait.

Mais j'étais seul dans cet appartement, je pouvais donc être honnête.

- J'ai voulu ce qui est arrivé, murmurai-je tout bas comme une révélation.

Certains coins sombres s'éclairaient dans mon subconscient alors que je décidai de m'y pencher réellement.

- Je l'ai voulu, ça fait des semaines que je le veux.

C'était dur de l'admettre mais pourtant c'était la stricte vérité … je voulais mettre Isabella Swan dans mon lit, et ce désir était en train de devenir plus fort que moi.

J'avais bien tenté de lutter contre cette folle impulsion, ça ne pouvait décemment être qu'une envie passagère. J'étais un homme et elle une adolescente, la fille d'un de mes ami, que je venais littéralement de trahir ce soir. Comment allais-je pouvoir de nouveau faire face à Charlie sans songer au moment où je tenais sa propre fille unique, à moitié nue, dans mes bras ? Où je l'embrassais et la caressais avec une ardeur telle, que c'était presque devenu un besoin véritable ?

- Qu'est-ce qui m'arrive ?

C'était sans aucun doute l'abstinence qui m'avait fait réagir ainsi. Je n'avais couché avec personne depuis des semaines, et puis ces derniers temps je ne me sentais pas très bien, j'avais l'impression d'être tendu comme un fil et prêt à exploser à tout moment. Peut-être ce soir avais-je atteins mon point de rupture dans cette ruelle, et que les choses s'étaient enchaînées sans que je puisse y mettre un frein ?

Oui, une folie m'avait envahi à partir du moment où j'avais aperçus Bella dans cette robe, illuminée et à mille lieux de l'image qu'elle renvoyait quotidiennement.

Ce soir, c'était une femme que j'avais vue, une femme que j'avais embrassée. Elle n'avait rien eu de l'adolescente, et surtout de la gamine que je pensais qu'elle était encore.

Je venais de prendre une gifle en songeant que Bella n'était plus cette gamine que naguère j'avais connue. Je m'étais caché derrière cet argument pour ne pas m'avouer, même à moi-même, que je désirais Bella comme on pouvait désirer une femme.

C'était tous ces éléments combinés entre eux qui m'avaient poussé à agir. Mais je ne devais pas envenimer plus les choses. Le risque était beaucoup trop grand pour moi, mais également pour elle.

Je me devais d'enfouir toutes ces choses au fond de moi et d'oublier cet épisode, pour ainsi faire comme si il n'avait jamais existé.

Je parlerais à Bella pour m'excuser, puis j'oublierais tout.

Il le fallait pour elle … et pour moi.

PDV Bella

C'est le soleil qui filtrait à travers les volets de ma chambre qui me réveilla au matin. J'avais l'impression de ne quasiment pas avoir fermé l'œil de la nuit. J'enfouis ma tête sous l'oreiller pour tenter d'échapper à la clarté mais c'était peine perdu.

Je finis par repousser les couvertures et me lever. Je filais droit dans la salle de bain avec l'intention de me faire couler un bain et de me détendre. Il fallait vraiment que je me débarrasse de cette sensation d'avoir le corps noué et littéralement affaissé par le poids imaginaire qui pesait sur moi.

En passant devant le miroir après m'être déshabillée entièrement, je stoppais quand j'aperçus une marque violacée au-dessus de mon sein droit.

Edward.

Il avait laissé une marque sur moi. Je fermais les yeux avant de glisser sur le sol. Ce qui s'était passé la vieille n'était donc pas un rêve qui s'était transformé en cauchemar, exactement comme le premier ?

Cette fois-ci cela avait été bien réel.

Tout ceci avait eu lieu.

Je n'allais pas pleurer, je l'avais déjà trop fait pour lui à en juger par l'état de mes yeux gonflés et rouges. La veille, j'avais presque cru que le sol s'était ouvert sous mes pieds. Pourquoi m'étais-je à ce point-là abandonné à lui sans avoir la moindre retenue ni même décence ?

Une demi-heure avant j'étais dans les bras de Jacob, puis un temps après dans ceux d'Edward, comme une de ces traînées qui étaient dans ma classe et qui couchaient avec tout ce qui avait un pénis entre les jambes.

Merde, ce n'était pas mon genre, je ne voulais pas être une fille facile comme je l'avais été moins de douze heures plus tôt avec Edward.

Je voulais me venger de lui, c'est d'ailleurs ce que j'avais commencé à faire, mais les choses avaient dérapés et je n'avais plus rien contrôlé du tout. C'est mon corps et mon cœur qui avaient pris le relais, et à ce moment je n'avais pu rien faire d'autre que d'abdiquer, tout en sachant que cette histoire ne pouvait que mal finir.

Et c'est ce qui s'était passé. Quand j'avais senti Edward se raidir, j'avais immédiatement su qu'il allait me repousser. Je n'avais pas voulu qu'il m'insulte et me rabaisse une nouvelle fois comme il l'avait fait auparavant, alors je lui avais demandé de partir.

Et à mon plus grand étonnement il l'avait fait.

Sans doute avait-il eu honte de s'être abaissé à toucher une fille qu'il traitait ouvertement de prostitué ?

Je secouai la tête, décidée à chasser ces pensées de mon cerveau. Je voulais simplement mettre cette histoire dans un coin de ma tête pour l'instant, j'avais tout le temps d'y réfléchir, mais plus tard, le plus tard possible en fait. Ou même jamais, c'était sans doute encore mieux !

Je plongeais avec délice dans le bain remplit de mousse que je m'étais préparée. L'eau chaude, ajouté à la douceur et à l'odeur des essences que j'avais rajoutées, je me détendis vraiment et une heure plus tard, quand je sortis de l'eau, j'étais vraiment apaisée. Du moins autant qu'il m'en fut possible dans ma situation.

Je rangeais ensuite ma chambre et m'appliquais à rendre aussi propre que possible ma robe. Je fis du mieux que je pus pour ne pas songer à aucun moment de la façon dont le vêtement confectionné par ma meilleure amie s'était retrouvé en tas sur le sol.

Il aurait fallu que je mange quelque chose, mais je n'arrivais même pas à l'envisager. Je restais donc l'estomac vide et essayait tant bien que mal de m'occuper. Ce n'est que vers 17 heures que mon portable se mit à sonner.

Jacob était affiché sur l'écran. Je fermais les yeux et reposais l'objet. Je n'étais vraiment pas prête à parler à qui que ce soit, et surtout pas lui.

J'aurais voulu trouver quelqu'un à qui parler, mais qui n'était pas rattaché ni aux Cullen, ni même à Jacob, ou encore à ma famille. Je voulais me confier à quelqu'un de neutre dans cette histoire. Mais je ne savais absolument pas qui pouvait jouer ce rôle.

La sonnerie de la porte d'entrée retentit une heure plus tard, alors que j'étais littéralement plongée dans mes devoirs qui étaient de toute façon pratiquement finis.

Je trainais les pieds jusqu'à la porte, j'avais un peu peur de découvrir qui se trouvait derrière. Je pris une profonde inspiration avant de l'ouvrir.

Le soulagement fut intense quand je constatais que c'était Esmée. Son doux sourire me fit monter les larmes aux yeux et je me précipitais vers elle. J'avais besoin de la chaleur d'une mère, de l'amour d'une femme qui se préoccupait de moi.

D'aussi loin que je me souvienne, elle avait toujours représenté une figure maternelle. Si j'avais eu une mère, j'aurais voulu que ce soit elle. Mais, même si je n'étais pas sa fille biologique, Esmée avait toujours joué ce rôle envers moi, et j'avais l'impression que cela faisait des années que j'en avais été privée. Elle m'avait manqué, plus que je l'avais imaginé.

Je sentis sa main dans mes cheveux, et les douces paroles qu'elle prononçait finirent par m'apaiser.

- Là Bella, qu'est-ce qui t'arrive ?

- C'est rien Esmée je suis désolée.

J'essuyais mes yeux et me détournais.

- Tu sais que je suis là Bella. Je serais toujours là quoi qu'il puisse t'arriver ?

Je hochai la tête et l'embrassais sur la joue.

J'avais un peu honte de l'avoir oubliée ces derniers temps. Parce que s'il y avait bien une personne à ne m'avoir jamais oublié, c'était bien Esmée Cullen et son grand cœur.

- Merci Esmée.

Je m'approchais d'elle et ouvrit grand les bras en la serrant de nouveau contre moi.

Après un moment je la lâchais un peu à contre cœur et lui fis face.

Elle m'adressa un sourire bienveillant.

- Je faisais des courses au supermarché quand j'ai pensé que je pourrais passer te voir. Les filles ainsi que ton frère et Emmett sont à la maison … tu veux venir passer la soirée avec nous? Quoi qui te tracasse, ce problème sera toujours là demain ma chérie, mais au moins tu auras oublié l'espace d'un instant.

C'est ce que j'appréciais le plus chez cette femme. Elle savait parfaitement que quelque chose n'allait pas, elle le voyait à mon visage et surtout à ma réaction quand je m'étais écroulée contre elle, mais elle ne me demanderait jamais d'en parler si je ne le voulais pas. Pour elle, si j'abordais le sujet, c'est que j'en éprouvais le besoin. Dans le cas contraire, elle me laissait en décider par moi-même.

- Viens, Bella.

Au départ ma première réaction fut de dire non, je ne voulais pas croiser Edward, et étant donné que je me trouvais chez ses parents, il serait forcément là. Mais apparemment ce n'était pas le cas puisqu'Esmée ne l'avait mentionné à aucun moment.

Je pesais le pour et le contre quand je surpris le regard suppliant de celle qui dans mon cœur était comme ma mère. Je ne pu dire que oui et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, je me retrouvais assise sur le siège passager de sa Mercedes.

Le trajet fut très rapide et bientôt elle se garait devant la villa blanche. Même après toutes ces années et en connaissant cette maison pratiquement aussi bien que la mienne, je crois qu'elle m'impressionnait toujours.

Mais quand on pénétrait à l'intérieur, on sentait tout l'amour qui avait habité les murs. Ne serais-ce par les photos, mais aussi par l'ambiance chaleureuse et les couleurs chaudes qui y étaient dispersé un peu partout.

Dans le salon, seul Emmett était présent, installé devant l'écran de la télévision à regarder un match de football. Mais dès qu'il me vit il fit un bon.

- Ah la beauté fatale, s'exclama le gros ours en sautant sur ses pieds et en ouvrant grand les bras vers moi pour m'accueillir… un peu moins fatal aujourd'hui, ajouta-t-il en s'arrêtant à quelque pas de moi et en me dévisageant de la tête au pied … et parmi nous.

Je devais bien avouer que je n'avais plus rien à voir avec la fille de la veille. Aujourd'hui pas de robe sexy, ni de décolleté, ni de talons vertigineux et de cheveux savamment noués. Non, je ne portais qu'un simple jean et un débardeur blanc avec des converses et mes cheveux étaient noués en un chignon informe. Rien de bien attrayant je devais bien le lui accorder.

- Bonjour, Emmett !

Il partit d'un rire tonitruant. Il m'attrapa ensuite par le bras et me poussa vers le fauteuil pour m'installer à côté de lui.

- Aaaalors ? me demanda-t-il avec un drôle de regard et un sourire de pervers.

Ce mec attendait que je lui dise quelque chose. Je ne savais pas pourquoi mais je ne le sentais absolument pas.

- Tu veux savoir quoi ?

Il leva les yeux au ciel avant de laisser son sourire ridicule réapparaître.

- Tu as fait tomber les mecs comme des mouches à ce que j'ai entendu dire.

Je rougis et me sentis tout d'un coup un peu mal à l'aise. Si seulement il savait combien il avait raison.

- Même toi apparemment, répliquai-je du tac au tac ne voulant pas penser à son beau-frère.

- Dommage que je préfère les blondes, me lança-t-il avec un clin d'œil en se réinstallant dans le fauteuil.

- Une chance en effet !

Il me regarda d'un œil mauvais avant de s'adosser au fauteuil et de poser l'une de ses chevilles sur un genou. Il adoptait la pose nonchalante, je le sentais mal cette affaire.

- Dis beauté fatal, je te rappelle que ma petite amie est une bombe atomique …

Je fronçais les sourcils, pas certaine de comprendre où il voulait en venir.

- Et bin si une bombe veut de moi c'est que je suis un bon parti …

- Ou alors un bon coup, répliqua la voix chargée de colère de Rosalie.

Je vis le visage d'Emmett se figer littéralement, et il perdit d'un coup son attitude nonchalante.

Si j'étais d'humeur à rire, je crois que je serais écroulé sur le sol. On aurait vraiment dit un petit garçon qui allait se faire disputer par sa maman.

De son côté Rosalie avait l'air d'apprécier cette emprise qu'elle avait sur son homme à en juger par le petit sourire en coin qui se dessinait au coin de ses lèvres.

- Peut être que je te garde que pour ça …

Le gros nounours se renfrogna et croisa les bras sur son torse imposant.

Franchement il avait vraiment tout de l'armoire à glace ce mec.

- Au moins je sais qu'après toi je pourrais retrouver des filles.

Je crois que j'allais les laisser seuls, je ne tenais pas vraiment à assister à leurs joutes verbales. Mais bien entendu au moment où je m'apprêtais à m'éclipser, ce fut Alice et mon frère qui apparurent au sommet des escaliers.

- Dis l'ours mal léché tu ne pourrais pas te tenir un peu tranquille, on ne fait pas dans la garde d'animaux ici et fais attention je pourrais très bien t'emmener au zoo !

Je crois que c'est à ce moment-là que Emmett vira au rouge vif et qu'il se leva pour faire face à la cadette des Cullen, qui, les mains sur les hanches n'avait pas l'air de se démonter le moins du monde.

- M'emmener où exactement ? Au zoo ? Est-ce que tu t'es regardé le lutin givré ?

Il avança de plusieurs pas quand Rosalie le tira littéralement par le bras pour le faire reculer.

- On se calme Rocky Balboa !

Emmett se retourna cette fois-ci vers sa petite amie.

- Parce que toi aussi tu vas t'y mettre ?

Je portais ma main à ma bouche pour m'éviter de rire.

- Tu sais qu'Alice est ma sœur …

- Et moi je suis ton mec je te rappelle !

- Les liens fraternels, le nounours, souffla Alice en passant un bras autour de la taille de sa sœur.

Je crois qu'elles s'étaient littéralement ligué contre lui toutes les deux et que ce bon vieux Emmett n'allait pas réussir à sortir vainqueur de cette joute verbale qu'il avait engagé avec les sœurs Cullen.

- Bella tu ne peux m'aider ?

Je le regardais surprise et levant un sourcil comme pour signifier qu'il n'avait pas toute sa tête.

- Quoi ? Même toi la beauté fatal tu m'abandonne littéralement aux mains de ces horribles personnes.

Dans un geste théâtrale, il se laissa tomber sur le canapé derrière lui.

- Je suis perdu !

Il poussa un soupir à fendre l'âme mais aucune d'entre nous ne se laissa embobiner, d'ailleurs Alice et Rosalie éclatèrent de rire.

- Bon nous n'avons pas toute la soirée pour nous occuper de toi, finit par dire Rosalie. Jasper, tu pourrais emmener ce nounours dans la cuisine le temps que nous parlions à Bella.

Je perdis immédiatement mon sourire et me retournais vers ma soit disant meilleure amie. Elle avait parlé avec Rosalie. C'était la seule explication au fait que cette dernière était au courant. Je me renfrognais immédiatement. C'était bien la première fois qu'Alice vendait la mèche à mon sujet.

Quelques minutes plus tard nous nous retrouvâmes dans la chambre de Rosalie qui n'avait pratiquement rien à voir avec celle de sa sœur. On voyait parfaitement que l'occupante habituelle n'était pas beaucoup là et contrairement à sa cadette, un certain ordre régnait ici.

Une fois la porte refermée, je m'installais sur le lit les bras croisés et attendit qu'elles attaquent, parce que je savais très bien qu'elles allaient le faire.

- Alors ce bal Bella ? me demanda Rosalie en s'installant en chien de fusil sur le sol.

Elle avait un sourire bienveillant sur les lèvres. Ce n'était pas la question que je m'attendais à ce qu'elle me pose. Je regardais Alice qui elle avait le visage fermé. Elle me fixait durement. Elle avait parfaitement compris ce qui m'avait traversé l'esprit et à en juger par son visage, elle m'en voulait d'avoir cru ne serais-ce qu'un instant qu'elle avait pu me trahir.

Une honte soudaine m'envahie. Je baissais la tête et me concentrais sur Rosalie pour éviter de lire ce qui se passait dans la tête de ma meilleure amie.

- C'était super, me forçais-je à dire avec un tant soit peu d'enthousiasme, bien que je n'étais absolument pas dans une humeur à sourire.

- Rien que ça.

Rosalie avait un air suspicieux sur le visage, ce qui chez elle était un signe qu'elle était en train de comprendre quelque chose qui lui fallait à tout prit analyser.

Cette fille avait beau être blonde, elle ne correspondait en rien à tous les stéréotypes qui étaient en général attribué aux filles qui avaient cette couleur de cheveux.

- Est-ce que vous avez un problème toutes les deux ? Finit-elle par dire du tac au tac sans s'embarrasser de préambule.

Elle était aussi le genre de fille à ne pas prendre de gants pour dire ce qu'elle pensait.

Alice et moi secouâmes la tête en même temps. Bien entendu ni l'une ni l'autre nous ne paraissions très crédible, mais Rosalie après nous avoir fixé un bon moment fini par se lever et par gagner la porte.

- Je suis de trop dans cette pièce … je pense que vous avez des choses à vous dire et que vous ne tenez absolument pas à ce que je les partage.

Sur ces mots elle quitta la pièce sans rien ajouter. Tout d'un coup la chambre tomba dans un silence de mort qui dura plusieurs minutes avant que je finisse par craquer et par parler.

- Dis ce que tu as à dire Alice, qu'on en finisse une bonne fois pour toute !?

Je devais bien avouer que mon ton n'était en rien engageant bien au contraire. Je crois que jamais auparavant je n'avais employé ce ton en face d'Alice. C'était donc une première ce que confirma l'expression encore plus fermé de celle qui était en train de devenir mon ex-meilleure amie.

- Je n'arrive plus à te comprendre Bella ... je ne sais même plus quel jeu tu es en train de jouer …

- Je fais ma vie Alice … je croyais que tu me soutenais ?

Un ange passa avant que son regard plonge dans le mien. Elle avait un air lasse sur le visage comme si elle était fatigué et à bout de force. C'était bien la première fois qu'elle n'était pas montée sur pile électrique.

- Je croyais te connaître, finit-elle par murmurer en se tournant vers moi avec un air résolu. Je pensais que nous étions amie, que rien ni personne ne pourrait nous enlever ça … je croyais que tu me faisais confiance … jamais je n'ai pensé que tu agirais comme tu es en train de le faire … je ….

Je la regardais méprisante avant de prendre une profonde inspiration. Je ne voulais pas me disputer avec Alice pourtant vu le tour que prenait la conversation c'est ce qui était en train de se passer.

- Tu penses qu'Edward avait raison n'est-ce pas ?

Elle n'acquiesça pas mais elle ne démentit pas non plus ce qui me fit serrer les poings. Je me levai du lit et me dirigeai vers la porte, pourtant avant de l'ouvrir je ne pus m'empêcher de rajouter quelque chose.

- Au moins ça a le mérite d'être clair …

- Je n'ai pas dit que j'approuvais toutes ses paroles mais tu ne peux pas nier qu'il y a un fond de vérité … à force de jouer les rebelles … tu vas finir par te brûler Bella parce que tu vas trop loin … c'est même en train de devenir ridicule. Tu te serais vu hier à ce bal … te coller à lui comme tu l'as fait …

C'était à son tour de devenir méprisante quand elle asséna les mots « coller » et « lui ». Elle les avait presque crachés.

J'aurais voulu lui répondre du tac au tac mais nous étions dans sa maison, chez les Cullen, et puis c'était Alice … nous étions meilleures amies et même si nous étions en train de nous éloigner … je ne voulais pas la perdre alors avant de dire quelque chose de malencontreux il valait mieux que je parte.

- Si tu le dis …

Sur ces mots je quittais la pièce. Ce n'est que dans l'escalier que je dus m'arrêter pour essuyer les larmes qui perlaient aux coins de mes yeux.

Il me fallut plusieurs minutes pour me reprendre. Quand je fus sûre d'être assez calme pour les affronter tous, je descendis dans le salon où Esmée était en train de servir le repas.

Quand elle me vit apparaître, elle m'adressa un sourire bienveillant mais qui se fana très vite quand elle porta son regard derrière moi. Je savais parfaitement qui elle voyait mais je ne voulais pas m'attarder plus que nécessaire alors je tirai la chaise près d'Emmett.

Il m'adressa un sourire goguenard et avait l'air de vouloir dire quelque chose mais quand ses yeux se posèrent sur sa petite amie en face de lui, il se ravisa aussitôt et se concentra sur son assiette encore vide. Je me pinçais les lèvres et reportais mon attention sur Esmée qui apportait une casserole sur la table.

Nous étions tous installés autour de la table, mis à part Carlisle qui était de garde de nuit, et qui donc était toujours à l'hôpital, et bien entendu le fils aîné des Cullen qui lui n'habitait plus ici.

- Bella, donne-moi ton assiette pour que je te serve.

J'obtempérais en silence et elle me servit une généreuse portion avant de faire le tour de la table. Bien entendu, quand ce fut le tour d'Emmett assis juste à côté de moi, son assiette débordait littéralement.

- Ah, c'est que j'ai faim moi ! S'exclama-t-il avec un couvert dans chaque main et l'air complétement affamé.

Je fronçais les sourcils tout en lui jetant un regard peu amène. On aurait vraiment dit un gosse dans sa manière de se tenir. D'ailleurs je n'étais pas la seule à penser cela vu la tête que tirait Rosalie en observant l'homme avec lequel elle était censé former un couple.

C'est avec un regard indulgent vers son beau-fils qu'Esmée reposa la casserole désormais vide sur la table. Avant de s'asseoir, elle fit un rapide tour de la tablée afin de vérifier que personne ne manquait de rien.

Cette attention si maternelle envers toutes les personnes assises autour de la table, me toucha au plus profond de mon cœur. Elle veillait au bien être de tout le monde avant le sien.

Une femme comme elle ne pouvait concevoir que quelqu'un manque de quelque chose surtout pas les personne qu'elle considérait comme ses propres enfants.

Il me fallut plusieurs minutes avant de pouvoir ne serais-ce que porter la fourchette à ma bouche, non pas parce que ce qui était dans mon assiette ne me plaisait, c'était d'ailleurs loin d'être le cas, mais seulement parce que j'avais le ventre noué.

De toute façon l'ogre que j'avais à côté de moi était très efficace quand il s'agissait de vider mon assiette.

Une note à moi-même pour l'avenir, ne jamais inviter Emmett à notre table ! Surtout pas pour un repas autre qu'une soirée pizza, il nous détruirait le frigo !

Nous étions au milieu du repas, quand la sonnerie de la porte d'entrée se fit entendre. Ce fut Alice qui réagit comme un ressort sous nos yeux ébahis et qui se précipita presque vers l'entrée.

Elle revint quelques secondes plus tard en compagnie du seul homme que je voulais éviter durant les prochaines décennies.

- Mon chéri ! S'exclama Esmée en repoussant sa chaise et s'élançant vers son fils aîné.

Elle l'enlaça chaleureusement et le serra contre elle avant de la relâcher et de la regarder fixement.

- Tu as l'air de manquer de sommeil Edward … tu devrais dormir plus, tu ne vas pas tenir à ce tarif-là !

Affectueusement, elle lui passa la main dans les cheveux. Pour ma part, je tentais de ne pas regarder dans leur direction mais c'était peine perdu. Je ne pouvais m'empêcher de revenir inlassablement vers lui.

Des souvenirs bien trop vivaces me revenaient à l'esprit. Ses mains qui en cet instant étaient le long de son corps s'étaient posés sur moi, son corps s'était collé au mien, ses lèvres si douce …

Je secouai la tête. Ce n'était pas le moment !

Je fermais les yeux et pris une profonde inspiration dans l'espoir de me calmer. Quand je fus à peu près certaine que je ne risquais pas de me trahir, je ré-ouvris les paupières pour tomber presque instantanément dans les yeux si scrutateur d'Alice.

Elle avait le visage fermé comme depuis que j'étais arrivée mais pourtant un léger sourire étirait ses lèvres. Elle avait l'air de se réjouir du spectacle qui s'offrait sous ses yeux.

Elle ne savait peut être pas toute l'histoire mais elle me connaissait assez pour savoir ce qui était en train de me traverser et elle jubilait apparemment.

Une colère intense m'envahit sans que je puisse la réprimer. Comment pouvait-elle se réjouir de la situation dans laquelle je me trouvais ? C'était presque comme si elle s'en délectait alors que je voyais son frère s'asseoir de l'autre côté d'Emmett pour partager notre repas.

A partir de ce moment-là le repas devint un vrai supplice pour moi, et je ne voulais qu'une chose, que cela se termine pour que je puisse rentrer chez moi.

Bien entendu mon vœu ne fut pas exaucé et j'avais l'impression désolante que cela ne se terminerait jamais et que j'allais vraiment finir par craquer.

Edward pourtant n'avait pas l'air plus versatile que moi. Il ne parlait pas beaucoup, se contentant de hocher la tête et d'écouter sa mère qui décidemment ne se remettait pas de l'arrivée impromptue de son fils.

Il était plus de 22 heures quand les assiettes du déssert furent portées dans la cuisine. Je restai dans un coin de la pièce en me demandant quand allait réapparaître Jasper pour que je puisse rentrer.

- Bella chérie ?

C'était Esmée qui s'approchait de moi avec son éternel sourire bienveillant.

- Ton frère reste de nouveau dormir avec Alice, m'annonça-t-elle avec un sourire hésitant. Ça te dérangerait d'attendre quelques minutes que j'ai le temps de faire un peu d'ordre avant que je te ramène ?

Elle avait l'air désolé de devoir me faire attendre ainsi. Je voulais rentrer chez moi mais je ne voulais surtout pas qu'Esmée se sente coupable alors qu'elle avait déjà tant fait pour moi.

- Ne t'inquiète pas Esmée je vais attendre, finis donc ce que tu as à faire.

Avant que la maîtresse de maison n'ai pu ajouter quoi que ce soit, Edward accompagné de Rosalie et d'Alice entrèrent dans la salle à manger.

Apparemment l'aîné des Cullen était aussi glacial que sa benjamine. Il avait l'air sculpté dans de la glace.

- Maman, Edward rentre chez lui, commença ma soit disant meilleure amie, il peut tout à fait ramener Bella.

Je me retournais d'un seul coup vers elle en serrant les poings. Ce que je lis sur son visage était quelque chose d'inédit. Jamais auparavant je ne l'avais vu m'adresser un tel regard, et c'est à ce moment-là que je compris qu'elle m'en voulait vraiment, et qu'elle était en train de me le faire payer.

Elle me mettait carrément au défi de répondre, et elle savait pertinemment que je ne pouvais pas le faire, puisque je ne pouvais pas donner de réponse valable au fait que je refusais de me faire raccompagner par Edward.

D'ailleurs à en juger par l'expression fermé de ce dernier il n'avait pas l'air plus ravie que moi.

C'est à ce moment-là que je me rendis compte que tout le monde nous regardait, nous étions le centre de l'attention, si je ne disais pas quelque chose très rapidement les autres allaient soupçonner quelque chose, et ce serait une véritable catastrophe, pas seulement pour moi d'ailleurs.

- Je n'avais pas pensé à ça, m'exclamai-je en me forçant à sourire.

Je pris une profonde inspiration avant de me tourner vers l'aîné des Cullen.

- Sa ne te dérange pas de me ramener ?

- Non.

Clair, net et précis.

Le silence autour de nous était pesant.

- Merci, maman de m'avoir invité je n'avais vraiment pas envie de cuisiner, finit par dire Edward en se tournant vers sa mère qui avait l'air complétement perdue.

Apparemment pas plus que les autres – mis à part Alice – elle ne comprenait ce qui se passait. A n'en pas douter, ça allait parler ce soir chez les Cullen.

- Allons-y.

Je saluai tout le monde rapidement avant de suivre Edward jusqu'à sa voiture.

Sans un mot je m'installais sur le siège passager et attendit qu'il démarre.

Dix minutes plus tard, il se garait devant la maison de mon père. Tout était plongé dans le noir le plus total.

Edward à mes côtés immobilisa la voiture et coupa le moteur. Seul le silence le plus complet nous entourait.

J'aurais dû sortir et rejoindre la maison sans rien dire, mais quelque chose m'en empêcha.

Après avoir pris une profonde inspiration je me tournais vers Edward qui avait les yeux fixés droit devant lui comme si il faisait un face à face avec la nuit noire.

- Jamais personne ne doit savoir ce qu'il s'est passé entre toi et moi Bella. Jamais.

Un rire sans joie me parcourut alors que je me détournais de lui.

- Je ne comptais pas le crier sur les toits si c'est cela que tu insinue.

Du coin de l'œil je le vis se pincer l'arête du nez comme si il tentait de rassembler ses idées.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, murmura-t-il si bas que j'avais du mal à percevoir ses paroles.

- Je sais.

Le silence de nouveau emplis l'habitacle de la voiture. Cette fois j'attrapais mes affaires et m'apprêtais à sortir pour rejoindre ma chambre et mon lit, mais il me retint en posant une main sur mon bras.

Je me dégageais aussitôt comme si il m'avait brûlé, ce qui était le cas vu le courant électrique qui était passé entre nous à ce simple contact. Vu les mâchoires de ce cher Edward il avait aussi ressenti cela et ça n'avait pas l'air de l'enchanter.

- Il vaut mieux qu'on évite de se voir à l'avenir Bella.

Ses mots me firent à la fois mal mais ravivèrent ma colère qui était jusque là au point mort.

- Tu as peur de quoi ? Que je te saute dessus ?

- Bella ! S'exclama-t-il hors de lui de nouveau.

Tiens ça change de son humeur habituelle, pensais-je avec dérision.

- Tu ne comprends donc pas que ce que j'ai fait hier soir est passible de prison? La prison Bella ! Je suis un homme de 30 ans, tu es une ado ! Tu ne peux pas ne pas comprendre. C'est dangereux autant pour toi que pour moi ! Toute ma vie serait en jeu. Si ça se savait je perdrais tout. Mon métier en premier, ma liberté ensuite, puis tout ce à quoi je tiens … Tout, Bella, parce qu'aux yeux de tous je serais un pédophile.

Il se prit la tête entre les mains et gémit.

Les larmes me piquaient les yeux mais je ne les laisserais couler pour rien au monde, je ne lui ferais pas ce plaisir.

Sans rien ajouter, je sortis de la voiture et claquais la portière derrière moi. Je me dirigeai droit vers la porte d'entrée, mais je ne parvins pas jusque-là. Un bras s'enroula autour de moi et me força à me retourner.

Edward me dominait de toute sa hauteur et j'avais vraiment l'impression d'être une naine mais pourtant je n'allais pas baisser les yeux. Je n'avais plus de robe qui me faisait paraître plus veille, ni qui me donnait cette confiance en moi qui me manquait cruellement au quotidien, mais je n'allais pas lui donner la satisfaction de m'abaisser à lui.

Il n'avait qu'à se rendre compte de quoi la gamine était capable quand elle le voulait.

- Qu'est-ce que tu veux ? M'écriai-je en lui arrachant littéralement mon bras.

- T'expliquer Bella, te faire comprendre pourquoi ce qui s'est passé ne doit jamais se reproduire.

- Tu n'as pas besoin d'user ta salive, j'ai compris.

De nouveau je tentais de fuir mais il me rattrapa au bout d'un demi pas.

- Bella … je n'ai jamais voulu ça.

Ces mots me labourèrent le cœur. Etonnant qu'après tout ce qu'il m'avait déjà dit, il arrive encore à me faire mal. Je devrais pourtant être anesthésiée mais ce n'était absolument pas le cas.

- Non tu préfères les filles faciles … d'ailleurs hier soir tu devais vraiment aimer ça. J'étais totalement consentante … et si mes souvenirs sont bons toi aussi si je ne m'abuse.

- C'est justement ça le problème, Bella, je ne suis pas prêt à risquer ma liberté … ma vie … pour une histoire de sexe.

Ma main partit toute seule et elle s'abattit violemment sur sa joue, de toute la force dont j'étais capable. Le bruit de la gifle retentit sourdement dans la nuit noire alors que je reculais d'un pas pour m'éloigner de lui.

La stupéfaction que je lis sur son visage était immense. Il me regardait littéralement hébété.

Je profitais de ce moment pour m'enfuir et me réfugiais dans la maison aussi vite que je le pus.

Par cette gifle, je venais de signer la fin de l'entente que nous partagions tous les deux depuis des années.

J'étais en train de peu à peu perdre tous les Cullen qui avaient comptés pour moi et je ne pouvais rien y faire.

De toute façon ils n'en avaient rien à faire.

J'avais besoin de me réfugier quelque part et de parler à quelqu'un qui pouvait m'écouter et me comprendre.

Je courus dans l'escalier jusque dans ma chambre et attrapai mon téléphone.

Sans perdre une seule seconde, je cherchais frénétiquement le numéro que je voulais et appuyais sur la touche appel.

Deux sonneries retentirent puis une voix grave se fit entendre dans le combiné.

- Jacob ? Murmurai-je tout bas. C'est moi … on peut parler ?


Alors vos avis ? Pas trop frustré ?

Comme d'habitude le petit bouton est plus bas !

Pour le prochain chapitre …. les choses dérapent …. des deux côtés …

A bientôt !