Warning : Violence, non-con/viol/incest, Crossover avec Harry Potter
Disclaimer : Les seuls personnages qui m'appartiennent sont Seigneur Johas Holdworth, Dame Kathereen Holdworth et leurs enfants Henry, Thomas, Malory, Lucy Holdworth. Ainsi que Erwin et Oris Serpentard, Gendric, Clamaens Oakenburgh l'Inébranlable et Elidas Merdoc. Je vous prie de ne pas utiliser mes personnages dans vos fictions. Tous les autres personnages sont issus du monde de Merlin par BBC et du monde Harry Potter par J.K Rowling.
Partie 3
La Survie
Chapitre 2
Attaquer.
Morgane ouvrit les yeux sur la toile beige de sa tente. Il faisait une chaleur douce, semblable à celle des fins d'été à Cornwall. Elle tourna délicatement le visage sur le côté et petit à petit se rappela où elle était. Elle était dans sa tente dans le campement de Cendred.
Elle cligna des yeux. Tout doucement le bruit ambiant se fit entendre à l'extérieur. Elle fronça les sourcils. Il y avait de l'agitation dehors. Des cris et des armes tirées de leur fourreau.
Morgane sortit de son lit ne prenant pas le temps d'enfiler ses pantoufles avant d'aller à l'extérieur de sa tante. Elle se retrouva dehors en étant seulement couverte de sa robe de chambre. Le tissu de satin se souleva de sa poitrine et le vent caressa sa peau. Elle passa une main devant ses yeux pour cacher le soleil couchant qui l'éblouissait.
C'était la cohue, les soldats courraient dans tous les sens et criaient s'armant de leurs épées et se couvrant de leurs casques.
Une attaque ?
Morgane chercha du regard un de ses cousins. Elle fit un pas de plus, pieds nus dans la boue. Et soudain les soldats devant elle s'accroupirent en regardant le ciel avec terreur. Morgana se décrocha la nuque pour regarder en l'air.
Au-dessus du campement, flottant dans les airs comme un cétacé dans l'eau, passait une masse gigantesque. Dans le soir tombant, son ombre assombrit encore plus le campement sur son passage. La créature majestueuse aux mouvements amples, battaient des ailes lentement, ses pattes aux griffes acérées repliées sur son ventre.
« Un dragon ?! » Souffla Morgane se retournant pour le voir s'éloigner de Camelot et partir dans le nord. Dans un dernier battement d'aile, le dragon envoya un courant d'air qui vint frôler son visage. Morgane sourit, émerveillée par la puissante créature magique.
« Magnifique, n'est-ce pas ? » Remarqua une voix sombre à ses côtés. Morgane se retourna pour voir son cousin Cendred.
Cendred était un beau jeune homme. Il avait dans son regard sombre une maturité froide qu'elle n'avait jamais vue encore chez les hommes de son âge, pas même chez Thor. Dans son regard se dessinait de la dureté, de la sévérité, aucun sentiment n'apparaissait jamais sur son visage. Et Morgane dû bien reconnaitre que derrière ses longs cheveux et sa barbe, il était difficile d'y voir une quelconque expression. Elle doutait par moment que Cendred eusse des sentiments.
Elle hocha doucement de la tête en réponse.
« Ce n'est pas la première fois que vous en voyez un, Majesté. » Remarqua Morgane alors qu'ils regardaient toujours en direction du dragon. Elle sentit soudain l'air chaud de quelqu'un qui est prêt à vous chuchoter un secret. Morgane se tendit en sentant son cousin penché sur son épaule.
« Apparemment, Essetir est sur le chemin de Castle-de-Shimmerhost, le royaume des Dragons. »
Morgane plissa doucement des yeux avant de se tourner vers son cousin et de le regarder dans les yeux, le nez à quelques centimètres du sien.
« Apparemment ? »
Cendred s'éloigna d'elle, aucune expression sur le visage. « Ça localisation est secrète. Elle n'apparait sur aucune carte. La magie fait des merveilles. »
« Retournez donc vous coucher, cousine. Nous reprenons la marche dans quelques heures. »
Morgane retourna alors dans sa tante où les gardes se remettaient en place devant sa porte après les émois de fin de journée. Elle s'assit sur son lit et utilisa un sort de nettoyage pour ses pieds avant de se recoucher. Elle ne s'endormit pas tout de suite. Un sentiment de légèreté l'avait envahi et s'avoir le monde plus grand et plus magique qu'elle ne l'avait pensé, lui donnait la sensation que tout était possible.
Elle se retourna dans sa couche. Et en même temps elle eut la sensation d'être minuscule face à ce grand monde. Elle ferma les paupières. Dans quelque jours, le sort de Camelot et le sien seront sellés.
Le lendemain elle fut réveillée par Gauvain qui s'asseyait au bord de son lit tout en croquant dans une pomme. Morgane se frotta les yeux pour se libérer du sommeille qui lui voilait la vue. Son cousin était baigné d'une lumière qui s'était faufilée par une fente de la toile de la tente. Il avait ce regard espiègle de chaque moment et cet air nonchalant qui lui allait si bien. Morgane fronça les sourcils et le bouscula pour la faire descendre de son lit.
« Dehors, Gauvain ! Dehors que je me change ! » Son cousin lui lança un rictus avant de quitter la tente pour la laisser tranquille. Morgane enfila sa tenue de combat. Un pantalon noir et un haut en maille sur une chemise noire. Elle s'attacha les cheveux de façon à ce qu'ils ne viennent pas la gêner et elle s'arma de son épée à sa hanche et d'un poignard dans sa botte.
Elle sortit de la tente se dirigeant tout de suite vers la tente de commandement suivit de près part Gauvain qui l'avait attendue à sa porte.
Elle entra de la tente bien décidé à récupérer son royaume. Dans la tente se trouvés Cendred, ses généraux, les seigneurs de ses bannerets, ses plus proches chevaliers et sa mère Morgause. Morgane remarqua tout de suite l'effet que sa tante avait sur les hommes autour d'eux. Elle intimait le respect, la peur et l'admiration.
Morgane elle-même ne pouvait pas ignorait le pouvoir qui émettait de sa tante. C'était une grande magicienne, bien que beaucoup l'appelait sorcière. Ce terme ayant obtenue une connotation négative et quelque peu démoniaque. Que les gens pouvaient être stupides ! Toutes les sorcières n'étaient pas démoniaques, mais cette magicienne-là, lui faisait froid dans le dos. Etait-ce ses dons de voyance qui lui permettaient de voir au-delàs et enfin de se rendre compte des sombres désirs de sa tante ou ouvrait-elle seulement les yeux après plusieurs mois de naïveté enfantine ?
Morgause lui fit un petit sourire et Morgana répondit de la tête, bien décidée à ne pas se laisser rabaisser à l'état de petite fille par sa tente. Aujourd'hui, elle était une guerrière. Aujourd'hui elle était une conquérante. Morgause posa une coupe sur la table.
« Voici l'arme qui nous amènera à la victoire. » Tous regardèrent la coupe avec appréhension.
« Chers amis du royaume d'Essetir. Voici, la Coupe de la Vie. Une goutte de sang dans la coupe et vous serez immortels. » Morgause se coupa le doigt d'une simple griffe avec un poignard et laissa une goutte de sang tomber dans la coupe. Elle donna le poignard à Cendred qui en fit de même. Voyant leur leader le faire, tous les généraux le firent à leur tour, suivit des seigneurs et chevaliers.
Morgause prit Morgane par le bras et la guida près de la coupe. Elle alla pour lui couper le doigt quand Morgane décida de le faire elle-même. Une fois son sang tombé dans la coupe, Morgause se tourna vers les hommes présents sous la tente.
« Demandez une goutte de sang à chacun de vos hommes et plus personne ne pourra arrêter cette armée. » Son regard se fit machiavélique et tous lui répondirent avec le sourire. La victoire était proche. Elle était certaine.
Morgane fut la seule à ne pas sourire à l'esprit stratégique de sa tante. Cette femme était trop plein de surprises. Elle était dangereuse. Mais elle avait besoin d'elle, d'elle et de son fils, de son fils et de son armée, et de sa coupe. Alors elle se tairait, jusqu'à ce qu'elle soit assise sur son trône.
Il fallut une journée pour que tous les hommes présents sur le campement passe les uns après les autres mettre une goutte de sang dans la coupe qui se remplissait lentement. Morgane regardait la douzaine d'hommes alignés devant la coupe posée sur une table à l'extérieur qui attendait leur tour pour y mettre une goutte de leur sang. Les douze derniers hommes : des palefreniers et des cuisiniers. Toute personne dans le campement y mettait une goutte de leur sang.
« On court droit au massacre. » Dit Gauvain la mine sombre à son ami Perceval. Morgane qui était à ses côtés fronça les sourcils. Il n'y aura pas de quartier, et les derniers à tomber seront les membres de la famille royale. Uther, Arthur et sa femme et Merlin… Son petit frère. Ils ne savaient pas ce qu'elle savait. Ils ne pouvaient pas savoir et Morgause aveuglé par un dégout certain pour le garçon ne la croirait jamais. Merlin était prisonnier. Il était une victime. Il fallait le libéré et non pas le tuer. Mais cela ne faisait pas partie du plan de Morgause qui voulait s'assurer la légitimité du trône pour Morgane.
Morgane se dirigea d'un coup dans la tente de Commandement. Cendred était attablé avec quelques-uns de ses conseillers et généraux devant un plan de bataille.
Cendred ignora son entrée et continua de discuter stratégie et rapport d'espionnage.
Morgane contourna la table et vint auprès de son cousin. Elle se pencha doucement pour lui chuchoter à l'oreille.
« Aucun mal ne sera fait à mon frère. » Ordonna-t-elle froidement.
Cendred s'arrêta de parler un instant et sans la regarder lui répondit à voix haute.
« S'il se bat, je ne peux rien te promettre. »
Morgane lui attrapa doucement l'épaule pour la serrer dans une poigne doucement forte.
« Si un de tes soldats touche ne serait-ce qu'à un de ses cheveux, je t'étoufferais avant que tu n'aies le temps de crier victoire. Je n'aurais même pas besoin de te toucher. »
Cendred ne répondit pas et Morgause entra dans la tente. Morgane se redressa légèrement, le regard sombre. Morgause fronça les sourcils à son approche. Morgane lui répondit avec un sourire innocent et sortit de la tente.
Gauvain, accompagné de Perceval, qui l'attendait à la sortie, lui attrapa le bras avant qu'elle ne parte en trombe.
« Je trouverai Arthur avant qu'il ne lui arrive quoi que ce soit. »
Morgane s'adoucit et lança un regard reconnaissant à son cousin.
« Arthur a son épée. Merlin n'a pas sa magie. »
Elle posa une main sur celle qui lui tenait le bras.
« S'il-te-plais, trouve Merlin. »
Sa voix vacilla et ces yeux se mirent à briller. Perceval vint poser une main sur l'épaule de son ami.
« Nous le trouverons, princesse, aucun mal ne sera fait au jeune prince en notre présence. »
Rassurée parce que Perceval était le plus noble des chevaliers qu'elle connaissait et parce qu'elle avait confiance en Gauvain, elle leur sourit et partit dans sa tente pour se coucher.
Dans sa robe de chambre, Morgane pensa tout de même à cacher son poignard sous son oreiller pour dormir. Eu-t-elle seulement pensé à ça que sa tante entra dans sa tente.
Morgause avait les joues rouges de colère et les sourcils sombres d'être froncés. Elle vint prendre sa nièce par le bras et la retourna d'un coup.
« Ne menace jamais plus mon fils. » Lui ordonna Morgause pleine de colère.
« Vous n'avez aucun droit légitime au trône de Camelot. Si vous voulez que les grandes familles camelotiennes acceptent votre victoire, vous avez besoin de moi. »
Morgause resserra son emprise sur la jeune fille. « Mais je n'aurais bientôt plus besoin de Thor Woden. »
Les yeux de Morgane s'écarquillèrent à l'entende du nom de son fiancé. « Je te marierai à Cendred et il deviendra roi de Camelot. Et toi… Alors, je n'aurais plus besoin de toi non-plu. Je pourrais me débarrasser de toi quand je voudrais. »
Morgane fronça les sourcils et se retira de l'emprise de sa tante. Elle allait avoir des bleus le lendemain. Le visage de Morgause s'adoucit et elle vint doucement caresser les cheveux de sa nièce. « Ce serait tellement dommage de perdre la fille de ma sœur bien aimée. » Morgane se retira sa caresse et lui lança un regard noir.
« Ne parlez pas de ma mère. » Morgause ricana à sa réaction. Elle posa de nouveau une main sur l'épaule de la jeune fille. « Demain, tu t'excuseras auprès de Cendred, tu lui expliqueras que tu es très désolée d'avoir parlé hors de propos et que bien évidement tu le soutiens pour la bataille. Si tu ne le fais pas, je ne te garantis pas que tu revoies ton cher Thor en un seul morceau. »
Le visage de Morgane se défigura dans une expression de dégout. Comment avait-elle pu faire confiance à Morgause ? Elle ne la connaissait pas. Elle ne l'avait jamais connu. C'était un monstre. Tout comme son père.
Quand la Reine mère eut quitté la pièce, Morgane s'assit les épaules lourdes sur son lit. Elle était toujours autant prisonnière, ici aussi. Elle ne pouvait pas encore menacer. Elle n'en avait pas le pouvoir. Il fallait qu'elle joue le jeu jusqu'à ce qu'elle l'obtienne.
Quand la couronne de Camelot sera sur sa tête, Morgause payera cher pour avoir menacé ses frères et Thor. Elle payera cher pour l'avoir prise pour un simple pion sur son échiquier. Morgane n'était pas un Pion. C'était une Dame. Elle sortirait le moment venu.
Le lendemain le bruit de la préparation à la bataille retentissaient dans tout le campement et une fois habillée pour la bataille et armée jusqu'au dans, Morgane sortie, les cheveux attachés dans une belles tresse solide. Cendred était sur son cheval gris et Gauvain et Perceval montaient les leurs non-loin de leur roi. Morgane vit sa tante attendre patiemment de l'autre côté de la rangée d'hommes, la princesse sourit innocemment à sa tante et s'approcha de Cendred.
Ce dernier la regarda de haut, un air blasé sur le visage. Morgane lui offrit un mouchoir en soi, gage de son affection pour le prince et de son souhait qu'il revienne vivant. Morgause parut fière de la voir faire et Cendred attacha le mouchoir à son armure avant de remercier Morgane par un baisé sur la main.
Morgane s'éloigna et fit une tapette sincère sur la cuisse de Gauvain, lui souhaitant d'un simple regard qu'il revienne en un seul morceau.
« Bonne chance, cousin. »
Gauvain lui répondit avec son sourire espiègle et l'armée de Cendred se mit en marche.
Morgane les regarda partir aux côtés de Morgause. Elle évita de regarder sa tante dont elle pouvait sentir le regard calculateur poser sur elle. Morgane empoigna le pommeau de son épée.
Elle ne pouvait pas rester en arrière. Si elle voulait proclamer son trône, il lui fallait le prendre d'elle-même. Comment pouvait-elle savoir que Morgause la placerait réellement sur le trône. Comment savoir si Cendred n'allait pas tout simplement s'approprier le trône ? Il fallait qu'elle prenne les devant. C'était elle la Reine Sorcière, c'était elle la Reine Morgane. C'était elle que son peuple attendait. C'était son père sur le trône, c'était son frère enchainé. C'était son combat.
Une dame ne pouvait pas combattre, une dame ne pouvait pas hériter du trône si un héritier homme existé. Mais Morgane allait changer ça. Morgane deviendrait guerrière et elle prendrait le trône elle serait Reine et ses filles à leur tours. Ce combat était le sien.
Elle partit dans sa tante faisant mine de faire la tête à sa tante. Les deux gardes à l'entrée lui firent un salut de la tête. Elle traversa la tante et souleva la toile par derrière pour filer à l'anglaise. Elle rampa peut dans la boue avant de rejoindre sa jument blanche toujours attachée avec deux autres bruns.
Elle lui mit sa scelle le plus discrètement possible et la monta avant de l'intimer à partir en silence. En quelques minutes, elle s'était fait la malle.
Dans un peu plus d'une demi-heure, elle serait à Camelot, il lui faudrait alors passer inaperçu. Pour entrer dans le château, elle passerait par les évacuations dans les douves. Elle avait longtemps étudié les plans de Camelot étant petite, enfermée dans sa chambre, elle saurait remonter et rejoindre le grand hall en même temps que Cendred. Et peut-être trouverait-elle Merlin avant les soldats d'Essetir ?
Elle contourna le champ de bataille à sens-unique. Les armes de Camelot ne servaient à rien contre l'armée invincible de Morgause. Les flèches touchaient des cibles qui ne tombaient pas, l'huile bouillante balancée des remparts brulaient sans faire tomber et les soldats d'Essetir mutilés, brulés, troués et ensanglantés ne mourraient pas, il continuait d'avancer telle une armée de revenants.
Elle attacha son cheval à l'orée de la forêt et se glissa dans l'ombre vers la muraille. Les gardes qui faisaient habituellement des rondes sur le mur, n'étaient pas là. Ils étaient surement au combat. Très bien, ce serait plus facile pour elle.
Elle glissa dans les douves et entra dans l'eau. Elle arriva devant les grilles qui bloquées l'entrée aux tunnels d'évacuation. Elle leva une main vers la grille
« Expulso ! »
Une explosion se fit et la grille sauta pour tomber dans le tunnel laissant la voie libre. Morgane entra dans le tunnel sombre et leva sa main devant elle. « Forbearnan ». Une douce flamme apparut dans le creux de sa main et Morgane avança dans le tunnel.
L'horrible odeur d'humidité et la noirceur du tunnel ne la repoussèrent pas à l'extérieur. Aujourd'hui elle n'était pas une de ces dames de la cours, les joues roses et les mains propres, aujourd'hui elle était une conquérante. Elle posa le regard sur la flamme qui brulait dans le creux de sa main. Elle en avait le pouvoir. Elle le savait.
Elle ne se perdit effectivement pas et arriva à une entrée qui l'amena dans un couloir secondaire du château, apparemment les soldats immortels étaient déjà entrés dans l'enceinte. Elle pouvait entendre les bruits de combat juste à l'extérieur des murs, dans la cour.
Morgane entendit des pas en armure et se colla contre le mur du tunnel pour ne pas être vue.
« Il faut monter, Gauvain ! Il n'y pas un chien ici, le prince est peut-être dans ses chambres ! » Morgane retint son souffle. Que faire ? Les suivre ? Si elle se montrait, Gauvain l'emmènerait en « lieu sur », il l'a ramènerait peut-être au campement. Ou pire, il l'amènerait à Cendred. Non, ce n'était pas le genre de Gauvain. Gauvain était un homme bien et il aimait sa cousine comme la sœur qu'il n'avait jamais eue. Morgane posa une main sur sa poitrine pour calmer son cœur qui tambouriner contre son torse.
Il eut soudain un petit cri de femme et le bruit d'un geste brusque.
« Où est Merlin ? » Demanda Gauvain énervé.
Il n'eut pas de réponse à sa question.
« Si les hommes de mon frère le trouve en premier je ne garantis pas qu'il en sortira en un seul morceau. Où est Merlin ? » S'énerva-t-il vraiment.
« Il n'est plus au château. » Répondit la douce voix de son amie et ex-servante Guenièvre.
Merlin était surement parti avec les femmes, enfants, vieillards et malades. Devançant la question des deux chevaliers et les pensées de Morgane la jeune servante ajouta un peu effrayée.
« Il est parti, il n'est plus à Camelot. »
Morgane fronça les sourcils. Il n'était plus à Camelot. Qu'était-t-il arrivé à son petit frère ?
Uther l'avait-il caché quelque part pour qu'il ne s'enfuie pas ou qu'on ne puisse pas le secourir ? Sa jalousie l'avait-il pris d'assaut et avait-il caché le jeune prince des yeux de tous, ou ses pulsions de violence avait-elles eu de Merlin et ce dernier était peut-être déjà mort des coups et viols de son père ? Peut-être Uther avait-il déjà caché la mort du Prince ? Peut-être que si elle était resté à Camelot elle aurait l'en empêcher.
Un bruit de chaine et de pas lourds se fit entendre.
Morgane agrippa ses mailles d'une poigne douloureuse et tenta de reprendre son souffle. Merlin était en vie. Il devait.
« Qu'est-ce que… ? GWEN ! » Cria la voix d'un jeune homme que Morgane ne reconnaissait pas. Des cris de guerre se firent dans la cour et Gauvain se retourna d'un coup.
« Mon frère est dans la citadelle, allons-y. » Annonça Gauvain à Perceval laissant la servante et le jeune homme.
« Oh… Lancelot… » Lâcha la petite voix de Guenièvre effrayée alors qu'elle se jetait dans ses bras.
« Viens, je t'amène à Gaius. »
Morgane attendit qu'ils aient quitté le couloir pour remonter à la surface. Elle utilisa un sort pour sécher ses vêtements et ne pas faire de goute sur son passage.
Le souffle lourds et le cœur battant dans ses tempes, elle se dirigea vers la salle du trône.
A travers les fenêtres elle put voir le combat qui faisait rage dans la cour, elle s'arrêta les membres encore tremblants quelque peu. Elle s'agrippa aux bords de la fenêtre et pris une grande inspiration pour se calmer. Elle garda les yeux rivés sur ce qui se passait dehors.
Gauvain et Perceval rejoignirent Cendred au combat. Le Roi d'Essetir croisait le fer avec le Prince de Camelot. Un chevalier tomba sous le coup d'épée de Gauvain qui se retourna. Il avait deux choix possible : Soit il pouvait aider Perceval à tuer le chevalier Léon, bien que Perceval puisse surement le faire seul, soit il rejoignait le combat entre Cendred et Arthur. Il ne se fait pas prier plus longtemps et reconnu le combat le plus important, celui qu'il fallait terminer au plus vite.
Un coup bien placé de Gauvain dans la jambe d'Arthur est celui-ci tomba à terre.
Le blond essoufflé tenta de se relever mais Cendred donna un coup dans son épée qui lui échappa des mains.
« ARTHUR ! » Cria Léon avant de Perceval ne lui mette un douloureux coup dans la tête. Cendred leva son épée et Morgane retint son souffle.
SLING
Cendred leva les yeux sur la personne qui tenait l'épée qui venait d'arrêter son coup. Gauvain.
« Il est à terre. Il s'est rendu. Il n'y a aucun honneur à le tuer. Fais le prisonnier. » Annonça Gauvain, sûr de lui.
Cendred ne répondit pas mais hocha de la tête. Deux hommes attrapèrent Arthur par les épaules pour l'emmener dans le château et Perceval balança le meilleur chevalier du Roi sur son épaule comme un vulgaire sac à pomme de terre.
Morgane repris une grande inspiration et remarqua qu'elle ne tremblait plus et qu'elle n'entendait plus son cœur battre dans ses oreilles. Elle se reprit vite. Elle n'était pas encore sur le trône. Elle lâcha la fenêtre et se remit en route en courant vers l'entrée du grand hall.
Elle arriva devant la porte et alla pour poser ses doigts fins sur la poignée.
« Morgane ? Qu'est-ce que tu fais là ?! » S'exclama Gauvain. Arthur toujours maintenu par des soldats d'Essetir releva la tête à l'entente de son prénom.
Morgane les ignora tous les deux et se tourna vers Cendred. Levant légèrement le menton, lui intimant de dire quoi que ce soit. Celui-ci plissa légèrement les yeux avant de reprendre une expression impassible.
« Ton frère n'est pas mort. » Lui-dit-il. Elle hocha de la tête en signe de reconnaissance, bien qu'elle eût parlé de Merlin et que Cendred eût été près à tuer Arthur. Cendred mit la main sur la poignée de porte.
« Au tour de ton père maintenant. »
Morgane posa une main sur la porte et ils l'ouvrirent ensemble.
Sur son trône entouré de deux de ses hommes les plus fidèles, Seigneur Agravaine et Seigneur Godwyn, le Roi Fou se tenait debout. « Dehors ! Dehors ! Tuez-les ! Tuez-les ! » Seigneur Godwyn lança un regard à son vieil ami et monarque. Ils ne pouvaient pas se battre. C'était fini. Il fallait qu'ils se rendent.
« TUEZ-LES JE VOUS DIS ! TUEZ CETTE PETITE PESTE ! CETTE PUTE ! CE N'EST PLUS MA FILLE ! TU N'ES PLUS MA FILLE ! TU M'ENTENDS MORGANE ! JE VAIS TE BRULER AU BUCHER ! QU'ON ME LA BRULE ! QU'ON LES BRULE TOUS ! »
Voyant Agravaine brandir son épée, Gadwyn en fit de même se préparant à se lancer dans un combat perdu d'avance. Il n'eut pas le temps de charger, qu'il sentit une douleur au ventre. Il baissa les yeux sur son torse pour y voir la pointe d'une épée ensanglantée. Il tomba aussitôt à terre.
Il eut un silence pendant lequel Agravaine récupéra son épée pour l'essuyer avant de la rangée dans son fourreau.
« TRAITRE ! » Cria d'un seul coup Uther.
« Tu es pathétique, Uther. »
Et le silence se fit.
« Croyais-tu vraiment que j'allais combattre ma sœur ? Croyais-tu que je resterai à tes côtés après ce que tu as fait à Ygraine ? Après que tu l'as violé tant et tant qu'elle en soit morte à la naissance d'Arthur ? Croyais-tu que tu pouvais tuer mon frère Tristan alors que j'étais en patrouille et ne pas recevoir de reprisailles, Uther ?! Pour qui nous prends-tu ? Une brindille sur laquelle tu peux marcher ? Saches que les Du Bois ne se laissent pas marcher dessus… »
Le Roi Fou se rendit compte qu'il avait perdu. Son visage se décomposa avant de reprendre cette couleur rouge folle qui baignait ses joues et ses yeux depuis tant d'années. Les hommes de Cendred le firent prisonnier. Morgane prit un malin plaisir à observer son père pleurer et gémir comme un enfant à qui on venait de retirer son jouet. Comment pouvait-elle être la fille de cet homme ? Il était pathétique et monstrueux à la fois. Son visage se défigurait sous ses pleurs et ses cris incessants. On aurait d'une vile créature venue des enfers.
Alors qu'il était à genoux, Cendred attrapa la couronne d'Uther posée sur sa tête.
« Vous n'aurez plus besoin de cela je suppose.
- Vous n'avez pas le droit… Gémit le Roi avant d'hurler. C'EST ILLEGAL ! VOUS N'AVEZ AUCUN DROIT AU TRONE. »
Morgane s'avança vers son père. Elle s'abaissa et leur nez se frôlant elle le regarda droit dans les yeux. « Non, il n'y a aucun droit. Mais moi, j'y ai droit. »
« AAAAAARGGG ! » S'énerva Uther essayant de se retirer des bras qui le maintenait voulant sauter à la gorge de sa fille.
Morgane ne sursauta pas et se retira lentement. Les hommes de Cendred firent venir le Prêtre. A qui Cendred remit la couronne. Morgane monta sur les marches du trône avant de s'assoir. Une épée fut placée dans le dos de l'homme de religion qui leva en retour la couronne.
Il tremblait de haut en bas. Et Morgane aurait pu le prendre en pitié si elle n'avait pas été sir heureuse d'être enfin couronné. Arthur ne serait pas Roi, elle serait Reine.
L'un de ses plus vieux désirs se réalisé enfin et elle sourit devant l'horreur qu'elle pouvait lire sur le visage de son frère.
« En vertu des pouvoirs qui me sont conférés Morgane Pendragon, je vous couronne Reine de Camelot et Protectrice du Royaume. » Le prêtre posa la couronne sur sa tête et Morgane sentit le poids d'une forte responsabilité se poser avec elle mais aussi une liberté soudaine et un pouvoir sur toutes les personnes présente dans la cours, un pouvoir de vie ou de mort. Elle regarda Uther qui gémissait à genoux sur le sol. Un pouvoir de mort.
Elle releva le regard pour le poser sur Cendred.
Il fit un petit hochement de tête à sa cousine et elle ne put s'empêcher de lui sourire. Son cousin l'avait laissé prendre le trône. Morgause était peut-être une horrible femme, mais elle avait fait des fils décents. Elle sourit à Gauvain, qui lui répondit peiné. Morgane posa de nouveau les yeux sur les membres de la famille Pendragon. Elle se leva et descendit les marches. Elle attrapa violement le col d'Uther dans les mains.
« Où est Merlin ? Où est mon frère ? »
Uther sourit méchamment. « Cette petite putain s'est barrée, c'est tellement dommage n'est-ce pas ? Je suis sure qu'entre petites putains vous vous serez tellement amusées ! »
SLAP
Uther garda le visage tourné, sentant la terrible brulure sur sa joue. Tous regardèrent surpris la reine tremblante de rage, le regard hanté. Chacun pouvait entendre l'écho des paroles du roi rebondirent sur les parois de la grande salle. Arthur sembla s'écrouler un peu plus.
Soudain la porte du grand hall s'ouvrit pour laisser entrer un groupe de soldats qui tenaient prisonniers, deux femmes et un garde. L'une des femmes était Guenièvre, la deuxième était habillée d'une riche robe en soie dorée. Elle portait sur sa tête un diadème. Un princesse. Surement la femme d'Arthur, Princesse Mithian.
Morgane se détourna d'Uther pour s'approcher des jeunes femmes.
« NE LA TOUCHE PAS ! JE T'INTERDIS ! » S'exclama soudain Arthur. Morgane surprise par sa réaction sourit à son frère méchamment.
« Oh ? Mais de qui parles-tu très cher frère ? De ta bien-aimée femme ? Ou de ton amante ? »
Arthur ne répondit pas à la question et lui lança un regard noir. Mithian se tenait droit et digne comme une princesse de son rang et Guenièvre quant à elle était recroquevillée sur elle-même du mieux qu'elle pouvait avec ses bras maintenu par les hommes de Cendred, tentant vainement de protéger son ventre.
« Lâchez-là… » En faisant signe au garde qui la tenait. Guenièvre posa les mains sur son ventre inconsciemment. Morgane lança un regard à son frère qui parut soulagé mais aussi au garde qui se détendit en voyant la jeune fille libérée.
Morgane lança un regard peiné et perdu à sa vieille amie et confidente. Quelque chose de douloureux tirait dans sa poitrine comme-ci elle pouvait sentir l'amitié qu'elle ressentait pour la jeune fille se déchirer devant elle. Elle pouvait ressentir un sentiment de trahison et de honte et elle ne savait que trop pourquoi. Qui avait trahit qui ici ? Guenièvre connaissait tout d'elle, elle savait ce qu'elle ressentait à l'encontre d'Arthur. Morgane avait trahit le royaume. Brisant tout lien qui l'a rattachée à sa vie d'avant. Tout ce qui était avant n'était plus aujourd'hui. Et Guenièvre n'était plus sa confidente, n'était plus son amie.
« Qu'on me mette tout ça au cachot ! Excepté le Garde et la servante ! Il ne faudrait pas qu'on me prive de personnel. » Annonça Morgane la voix chancelante quelque peu.
Arthur lança un regard inquiet en arrière à Guenièvre, Mithian garda la tête haute et Uther se débattu comme un forcené en sortant.
Morgane s'avança vers son ancienne amie et servante. La jeune fille à la peau basanée lui répondit avec un regard effrayé et curieux. Morgane tendit une main vers elle et la posa sur son ventre, le caressant du pouce. Guenièvre sursauta surprise et regarda son ventre avant de lancer un regard d'incompréhension à la nouvelle reine.
« Tu as changée. » Remarqua cette dernière.
Les sourcils de la servante se haussèrent de surprise et elle lâcha une exclamation dans un souffle chaud. « Oh. » Dit-elle éloquemment.
« Il n'est pas d'Arthur. » Réagit soudain Guenièvre en protégeant son ventre les larmes aux yeux. Lancelot s'avança et posa une main sur l'épaule de Guenièvre.
« Il est de moi. » Annonça-t-il.
« Vraiment ? » Demanda Morgane sceptique à l'incompréhension puis au soulagement qui passa dans le regard de Guenièvre.
« Tu es mon amie Guenièvre et cela depuis mon retour à Camelot. Je ne te ferais aucun mal, ni à ton bébé. Je veux que tu redeviennes ma servante, je prendrais de toi et de l'enfant. Il sera mis au monde dans les meilleurs conditions et tu pourras t'occuper de lui à son arriver, je subviendrai à tous ses besoins.
- Vôtre Altesse… Commença Guenièvre.
- Vôtre Majesté. Rectifia Lancelot en resserrant son étreinte sur Guenièvre. C'est un honneur. »
Morgane plissa les yeux avant de déclarer le regard vide ne croyant pas ses propres dires. « Si il s'avère qu'il est d'Arthur… » Elle laissa la phrase en suspense. Ne sachant pas elle-même ce qu'elle ferait. Elle ne tuerait pas un enfant tout juste né, n'est-ce pas ? Elle n'était pas ce genre de monstre. Elle n'était pas comme son père.
Elle se détourna du supposé couple et posa le regard sur son trône au côté duquel se tenait debout Cendred. Son cousin avait la mine sombre. Il raconterait tout à sa mère le soir-même. Mais elle ne tuerait pas un bébé ? Elle ne tuerait pas le bébé de Guenièvre ?
Pourtant il fallait qu'elle renforce son droit au trône. Aucun autre héritier mâle ne pouvait exister. Arthur, Merlin ou cet enfant dans le ventre de Guenièvre.
Elle se tendit. En réalité, ce jour serait le véritable début de tous ses problèmes.
Elle fronça les sourcils en observant ce trône qu'elle avait tant convoité, en sentant ce pouvoir sur ses épaules qu'elle avait tant espérées, en ressentant cette liberté tant attendu. Et voilà que tout cela prenait une autre tournure et un goût âcre se forma dans sa bouche et sa gorge se serra comme pour l'étrangler.
« Bienvenue à la maison. » Dit-elle amèrement.
A suivre...
Bonjour à tous, alors voila, TADAM! Ce chapitre était très dur à écrire, je me suis battue longtemps avec, car c'était une bataille mais je voulais garder Morgane en personnage principale malheureusement Morgane est considérée comme une dame et les dames de partent pas au combat à moins de s'appeler Brien de Torth :p Et puis Morgause commence à voir Morgane comme un danger possible pour Cendred et sa réussite, alors il fallait que l'on voit que quelque chose se trame avec cette femme :)
