Chapitre 10 : Où l'amour ne compte pas pour des cacahuètes.

Je tournai la clé dans la serrure, d'abord en m'acharnant de toutes mes forces sur le côté droit, puis enfin dans le bon sens comme finit par me le suggérer Lucy entre deux éclats de rire. On se traîna ensuite jusqu'au canapé, qui s'affaissa dangereusement en recevant brutalement le poids de nos deux corps secoués par le même fou rire.

Non, non, détrompez-vous, ce n'étaient pas là les affres de l'alcool mais ceux d'une séance intensive de «visionnage à l'œil ». Je vous en explique le principe : on entre d'abord dans un cinéma quelconque comme le commun des mortels (c'est-à-dire en passant par le guichet puis la cafete pour les inévitables pop-corn) puis on profite du film en essayant de mâchouiller le plus discrètement possible. Ce n'est que par la suite que Lucy et moi différons du bas peuple, nous transformant pour l'occasion en déesses de la fraude subtiles et ingénieuses, car, au lieu de suivre pépère la file qui s'évacue doucement par les côtés, nous nous laissons glisser le long de nos sièges afin d'échapper au regard inquisiteur de l'ouvreur. Quand les lumières s'éteignent à nouveau, nos têtes émergent alors tels deux champignons des fauteuils rouges sang et nous sommes parées pour la séance suivante. Dégoulinant d'habileté, dix ans d'expérience, système breveté, le « visionnage à l'œil », y avait que ça de vrai…CQFD

-Cinq en une seule journée, j'y crois pas ! Lançai-je en comptant sur le bout de mes doigts

-Record battu, non ?

-Eh oui, camarade, avec l'âge on s'améliore, qu'y voulez-vous…

-Et must du must, on n'a même pas payé le prix plein à l'entrée.

-C'est rassurant de voir qu'on peut encore nous donner quinze ans.

-Faut dire que nos gloussements idiots aidaient un peu.

Je baillai lentement et profondément, genre hippopotame dans sa flaque de vase, sans même prendre la peine de foutre ma main devant. C'était en effet terriblement physique de passer toute sa journée sur une banquette de cinéma. Pour ma défense, j'évoquerai le film de la troisième séance qui ne s'adressait qu'à un public relativement restreint. Ben oui, un vieux coréen noir et blanc sous-titré en chinois, ça ne pouvait pas forcément parler à tout le monde.

Ca faisait à peu près un mois que Lucy et Remus avaient débarqué dans mon salon. Depuis, ce dernier était déjà passé quelquefois en coup de vent pour saluer sa femme et nous rapporter les dernières nouvelles du front. Lucy s'était très vite remise du déshonneur de sa « désertion forcée » et jusqu'ici, on pouvait résumer la situation par trois mots : bouffe, cinoche et bidonnage. Autant dire que j'avais profité de la présence de Lucy en France pour la cultiver et la sensibiliser aux principes moraux du digne et fier hexagone.

Ce qu'il y avait de pas mal dans cette cohabitation, à part bien sûr le fait de me fêler les côtes à force de rire et de me rapprocher à nouveau de Luce, c'était que je ne pensais plus jamais à Sirius. Enfin, oui bon, peut-être bien encore un tout petit peu. Mais uniquement par micro-flashs, hein. Par exemple aujourd'hui, quand j'avais pensé que l'acteur principal d'un de nos cinq films lui ressemblait vachement et que je m'étais demandée si l'actrice, avec laquelle il partageait l'affiche, ressemblait, quant à elle, à la greluche avec qui Sirius devait à présent partager son lit. En tout cas, elle ne me ressemblait pas, à moi. Et pas uniquement à cause de la couleur des cheveux si vous voyez ce que je veux dire…

Un stupide bruit de je ne sais pas trop quoi vint bêtement m'interrompre dans mes réflexions physionomistes. Je tournai la tête un peu dans tous les sens pour voir d'où ça venait mais Lucy, dont les traits s'étaient subitement figés, regardait déjà fixement par la fenêtre.

-Quoi ? Demandai-je, juste pour voir si elle n'avait pas été changée en statue de sel.

-C'est un hibou.

-Ah…oui, tiens. Dis, depuis quand au juste t'as peur des oiseaux, toi ?

-C'est sûrement Remus, murmura-t-elle horrifiée.

-Ah non, je ne pense pas qu'ils se ressembl…oh…

Je venais de me souvenir de l'étrange moyen de communication de mes copains sorciers. C'était pas un simple hibou, c'était un hibou messager avec un message –sans blague…

-Vas voir ce que c'est, moi j'ose pas, souffla-t-elle en remontant ses jambes contre son menton.

-Mais, je ne sais pas comment ça marche moi, un hibou, et si je le froisse en ne chipotant pas là où il faut ?

Bon, d'après l'expression de Lucy, ce n'était pas le genre de situation que l'on pouvait détendre avec une petite feinte pourrie.

J'ouvris la fenêtre et finis par trouver la lettre qu'il transportait. En fait, j'aurais eu du mal de ne pas la voir vu que le hibou n'était pas beaucoup plus grand qu'elle, mais bon. Les doigts tremblants, je la décachetai rapidement, Lucy m'ayant évidemment communiqué son angoisse.

-Elle est de Remus, dis-je précipitamment afin de lui permettre de respirer à nouveau.

Le fait qu'elle soit écrite par Remus n'excluant pas la mort tragique de Sirius, je la parcourus nerveusement d'un bout à l'autre. (Mais je n'étais, à part ça, plus du tout censée penser à lui bien sûr.)

-Il nous invite toi et moi à une soirée au QG, lançai-je soulagée.

-Au QG de l'ordre du phoenix, je suppose ? Demanda Lucy en aspirant de grandes bouffées d'air.

-Ouais, mais il précise pas où c'est. Ce qui risque d'ailleurs d'être assez problématique ajouté au fait que ni toi, ni moi n'avons le droit de le savoir.

-Attends, file-moi ça, il a dû forcément rajouter quelque chose…

Je lui tendis la lettre, légèrement désappointée vu la confiance limitée que Lucy plaçait en mes aptitudes à lire une lettre de cinq lignes.

-Ah, fit-elle triomphante, regarde, il y a un code dans le PS : « L'écriture vous porte au loin »

Ah ouais bien sûr…dans le PS. Moi qui avais cru que c'était une figure de style pour dire qu'il se rapprochait de nous en écrivant… Je devais être trop littéraire ou trop romantique, l'un n'excluant pas l'autre. Pauvre fille, va. Mais bon, il fallait aussi avouer que même si Lucy y avait vu un code dès la première seconde, moi, pour ma part, je n'avais toujours pas percuté.

-La lettre fait office de porte-au-loin, il suffira que je l'active avant de partir, précisa-t-elle, dans le but sans doute de m'éclairer un peu.

-Euh…oui bien sûr, un porte-au…euh…chose…. Très ingénieux, vraiment.


Une fois remise du trajet et après avoir vérifié trois fois qu'aucun crochet ne s'était fiché dans mon nombril, je me fis entraîner par Lucy à travers la pièce bondée, afin de me présenter à tout ce qui croisait notre chemin et accessoirement, de trouver son mari.

J'avais lu qu'il s'agissait d'une petite fête en l'honneur d'une bagarre qui avait bien tourné pour les aurors et forcément très mal pour les autres. Les épouses avaient été invitées à se joindre à leur mari et vice-versa, pour célébrer l'évènement. Personnellement, je ne voyais pas bien de qui j'étais censée être l'épouse, mais bon, Remus avait tenu à ce que je vienne et puis, les zakouskis avaient l'air vraiment sympas.

Lucy trouva rapidement Remus et se jeta à son cou, toute pudeur envolée. S'en suivit par après une discussion animée sur le côté obscur de la sorcellerie avec trois ou quatre autres chapeaux pointus (turlututu). Après avoir refoulé par trois fois un énorme bâillement particulièrement déplacé, je renonçai finalement à jamais comprendre une conversation technique entre sorciers et m'esquivai discrètement avant de leur rejouer la scène de l'hippopotame dans sa flaque vaseuse.

C'était pas du tout que leurs problèmes ne m'intéressaient pas, loin de là. J'y aurais même prêté une oreille attentive s'ils ne s'étaient pas obstinés à employer savamment des mots dont je ne comprenais pas le sens. Une phrase épurée de toutes ces expressions barbares donnait quelque chose comme : « Et c'est là que le "..." est arrivé à pénétrer dans le "..." juste avant qu'un "..." lui fasse une "..." très bien exécutée ». Je ne doutais en aucun cas du sérieux de cette phrase mais remplacez respectivement chaque trou par les mots « curé ; cardinal ; enfant de coeur ; petite gâterie »… Scabreux non ? Evidemment, j'avais quand même compris qu'on parlait de quelqu'un (gentil ou méchant, allez savoir…) qui avait réussi à entrer dans un endroit top secret et qu'un autre quelqu'un l'avait brutalement immobilisé. Mais bon, vous conviendrez quand même que ce n'était pas franchement évident, si ?

Je me laissai tomber lourdement sur une chaise, à proximité d'un bol de cacahuètes judicieusement oublié sur une table. Prise de pitié pour ces pauvres petites bêtes dont plus personne ne voulait, je m'emparai du ravier et me mis en tête de me faire un gentil re-make de « la grande bouffe » en les dévorant toutes, sans exception et sans pitié. Un suicide aux cacahuètes…Hum, l'idée était plutôt plaisante…

Je balayai un instant la pièce du regard mais mis à part Lucy, Remus et Peter, que je venais d'apercevoir un peu plus loin, je ne connaissais absolument personne. Avec un soupir désespéré, je rabaissai la tête et cherchai un quelconque réconfort auprès de ma colonie de cacahuètes légèrement décimée. Malheureusement, elles étaient plutôt du genre rancunier.

Mais où était Sirius, bordel ?

Oops…Je n'arrivais pas à croire ce que je venais de m'entendre dire dans ma tête (bizarre, je sais). Alors comme ça, j'avais définitivement rayé Sirius de ma vie, hein ? Intéressant comme théorie mais assez peu convainquant si j'arrêtais une seconde de me mentir à moi-même (ça y est, cette fois c'est sûr, c'est un début de schizophrénie…). Il suffisait de regarder le temps que j'avais passé à choisir ma tenue, à me coiffer, à me maquiller et à me parfumer. Trois heures. Et encore, en arrondissant par défaut. Un comble, non, pour quelqu'un qui ne se coiffe ni ne se maquille jamais ? Et tout ça pour rien en plus puisque cet empaffé n'avait même pas daigné nous honorer de sa présence, à moins bien sûr qu'il ne soit à l'étage avec l'autre allumeuse…Pétasse, va.

Pffff, chienne de vie…et en plus ces maudites cacahuètes me restaient sur l'estomac. Sans pouvoir m'en empêcher plus longtemps, je scrutai à nouveau la foule dans l'espoir crétin que Sirius soit enfin arrivé (ou redescendu). Je crois en fait que ce que j'appréhendais le plus, c'était de rencontrer sa nouvelle nana. Etant donné qu'il s'agissait d'une soirée où l'on devait s'afficher en couple, il était d'une logique implacable que ce perfide se pointe accompagné de la femme qu'il allait (ou qu'il avait) épouser(ée) -Biffez la mention inutile-. Moment qui allait s'avérer particulièrement cruel et douloureux…Vite, vite des cacahuètes….

Tandis que j'en grignotai avec ardeur toute une poignée, une constatation cruelle me sauta aux yeux : toute le monde dans la pièce s'était rassemblé en petits groupes. Il n'y en avait pas un pour rester comme un clampin seul sur sa chaise. Enfin si, moi évidemment…Ah, et Peter, tiens. Apparemment, ce dernier était lui aussi devenu le cruel despote d'un banc de crevettes grises. Contre toute attente, lui et moi avions finalement pas mal de points communs. En fait si l'on y réfléchissait bien, ce serait parfaitement dans l'ordre des choses que j'en tombe éperdument amoureuse à cet instant précis, vu le petit faible que j'entretenais pour les maraudeurs. Je le regardai encore un instant s'empiffrer de crustacés avant de me dire que, non, finalement, mère nature ne nous avait pas tous doté des mêmes atouts.

Sans vraiment l'avoir décidé au préalable, je me levai de ma chaise avec l'intention de visiter un peu le QG de l'ordre ; à moins bien sûr qu'un "..." ne m'en empêche avec une "..." très bien exécutée. J'eus néanmoins un regard de regret pour ma petite colonie de cacahuètes (largement dépeuplée à présent), puis, je me dis que la séparation allait décidément être beaucoup trop pénible et j'en fourrai précipitamment une bonne poignée dans ma poche.

J'empruntai un escalier légèrement bancal qui me mena dans un étroit couloir tout délabré. Je n'arrivais pas à comprendre par quelles lois étranges de la physique le plancher pourri ne craquait pas sous le poids de l'effroyable couche de poussière qui le recouvrait. Comme je n'avais pas vraiment envie de me promener, je restai sur le palier, accoudée à la rambarde, à contempler le vide en dessous de moi et à grignoter mon précieux encas.

Alors que je savourais le silence de ma solitude, une planche du parquet grinça bruyamment sur ma droite. Je me retournai et c'est presque sans surprise que j'aperçus Sirius par derrière mon épaule.

-Salut, finit-il par lancer, de toute évidence beaucoup plus surpris que moi.

-Salut, répondis-je, cacahuète à la main.

-Qu'est-ce que tu fais… ?

-Je suis venue avec Lucy, Remus m'a invitée.

Oula, je m'épatais sur ce coup-là. Où avais-je été chercher ce ton froid de l'imperturbable Reine des Glaces ? Peut-être que je l'avais puisé dans ma colère de savoir que derrière la porte qu'il venait de refermer se trouvait plus que probablement sa chère et tendre dulcinée. Et puis, repensant soudain à un de ces grands films italiens où la femme trompée et humiliée ouvre grand la porte de la salle de bain où trône, de préférence nue, la superbe maîtresse de son grand benêt de mari, je demandai innocemment :

-Il y a quoi derrière la porte ?

-Du silence.

-Ah.

Mauvaise réponse mon cher. Oh et puis merde, je m'en foutais de ce dont j'aurais l'air une fois la porte ouverte, je voulais voir à quoi elle ressemblait, c'était tout ce qui m'importait. Je mis la main sur la clinche, attendant une injonction tonitruante de la part de Sirius, mais, comme rien ne sortit de sa bouche, j'ouvris la porte d'un coup sec.

Et puis là, surprise, du silence, rien que du silence. Sirius n'aurait pu mieux qualifier cette pièce étant donné qu'elle était vide. Mais alors là, complètement vide, pas le moindre petit recoin où la donzelle aurait pu se dissimuler. Il était donc bien seul.

Je revins sur mes pas et posai mes mains sur la rampe, juste à côté de lui.

-Du silence, en effet.

Il sourit.

-Une cacahuète ?

-Oui merci.

Je n'avais pas pensé du tout qu'au moment où il se servirait dans ma main, sa peau rentrerait en contact avec la mienne. Fait peut-être insignifiant comme ça mais qui était loin d'être négligeable avec quelqu'un dans un état d'obsession tel que le mien. Comme de bien entendu, mes yeux rencontrèrent par la même occasion les siens et je m'y perdis complètement. Quand il porta la cacahuète à sa bouche, je m'obligeai à les en déloger de peur de faire quelque chose de complètement insensé comme de l'embrasser par exemple.

Je crus naïvement qu'en poursuivant la conversation, mon mal de ventre disparaîtrait mais plus les minutes passaient, moins mon envie irrépressible de me jeter dans ses bras diminuait. N'importe quelle fille voyant Sirius avait envie de l'embrasser, ça, c'était immanquable, mais si en plus la fille en était follement et désespérément amoureuse, je ne vous racontais pas les dégâts…C'est donc justement dans l'intention d'éviter ces dégâts-là que je m'arrangeai pour redescendre rapidement, sans pour autant que cela ne paraisse louche. J'alignai encore quelques petites phrases toutes bêtes qui le firent sourire puis je pris congé.

En me rasseyant sur ma chaise, je me dis que m'être éloignée de lui me faisait encore bien plus de mal que si j'étais restée à ses côtés. En plus, on avait tous les deux atomisé ma brave colonie de cacahuètes…A ce moment-là, je perdis toute notion du temps, bien trop occupée à ressasser mes noires pensées.

Je fus donc très surprise quand Lucy vint me trouver pour me dire qu'il était temps de rentrer. Elle avait d'ailleurs l'air un peu éméchée. Je saluai Remus et les deux ou trois autres personnes alentours que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam puis nous nous agrippâmes de nouveau à la lettre et le décor fut engloutit dans une spirale infernale qui me donna envie de vomir.

De retour à l'appartement, Lucy s'affala dans un fauteuil, très déprimée, comme à chaque fois qu'elle quittait son mari. En rencontrant son regard, je compris qu'elle avait dû boire beaucoup plus que ce qui m'avait semblé au départ.

-Bonne soirée ? Eut-elle le culot de me demander.

-Oui, géniale. J'ai revu Sirius.

-Ah…Pas trop dur ?

-Si évidemment. Sa future femme n'était même pas avec lui.

-Future femme ?

-Ben oui, la vraie femme de sa vie quoi.

-Ah oui, celle-là.

Soudain, une idée jaillit dans mon esprit. Lucy avait toujours fui toutes discussions se rapportant à cette mystérieuse gourdasse. C'était le moment ou jamais de la cuisiner, étant donné qu'elle n'était saoule qu'à peu près une fois l'an.

-Tu l'as déjà vue ?

-Non.

-Elle est belle ?

-Ch'ais pas.

-Ils vont se marier quand ?

-Oh, Jule, steplaît…J'ai mal à la tête. Arrête ou je vais parler.

Parler ? Alors comme ça on me cachait quelque chose. C'était l'occasion d'essayer ce bon vieux truc de navet policier.

-Ne t'inquiète pas, je n'écoute pas, tu peux dire tout ce que je ne dois pas savoir…

Ouais, c'est nul je sais.

-Bon d'accord, finit-elle par dire en ronchonnant. Elle n'existe même pas, en fait.

-Pardon ?

-Il a inventé ça pour te protéger. Mignon, non ?

Les yeux grands écarquillés je fixais Lucy, incrédule. Non seulement, ma méthode d'interrogation pourrie marchait du tonnerre de Dieu le père mais en plus, ce que je n'avais jamais osé imaginer s'avérait être vrai. La gourdasse n'existait pas.

Je redemandai quand même pour confirmation :

-Tu veux dire que Sirius a inventé toute cette histoire juste pour ne pas que Voldemort s'en prenne à moi ? C'est parce que je suis moldue, c'est ça ?

-Mmh, mmh.

-Sûre ?

-Mais oui, puisque j'te l'dis. Il est tout malheureux, t'as pas r'marqué ?

-Lucy ?

-Mm ?

-Tu peux réactiver le porte-au-loin ?