Disclaimer : Pour faire simple, tout appartient à Kurumada.
Previoulsy in Numen Inest :
Eaque s'est réveillé. Minos est content. Hadès et Perséphone préviennent leurs alliés. Pandore investit le lit de Poséidon et Kanon fait ses aveux à Athéna.
NdA :
Un épisode plus court que le précédent… D'un côté, il faut avouer que ce n'était pas trop difficile. Mais vous serez ravis (ou pas) d'apprendre qu'il a failli être très, très long. En fait, ce qui couvre chapitre ne devait pas dépasser, à la base, la longueur de la conversation téléphonique entre Rune et Shura… Et voilà le résultat. Mais c'est exactement ce que je cherchais en commençant N.I., donc je suis très contente.
Le générique de cet épisode est Just the two of us de Bill Withers. Mais vous pouvez choisir la version de Will Smith ou de Sarah Bettens, ou n'importe quelle autre cover.
Ariesnomu : sert au lieu de serre… définitivement ma marque de fabrique. Le pire c'est que je ne sais absolument pas d'où cela peut venir. Non le pire, c'est que « serre » me choque, quand je tape. Et il faut vraiment que je fasse un effort pour me corriger. Pour Eaque et les clés, j'avoue que là, je me suis contentée de ma vision du Garuda et du rôle que je veux lui donner ici. Mais je suis bien contente d'apprendre que ça s'inscrit dans une perspective correcte :)
Shirley : le lycée avant tout, le lycée avant tout ! Tu n'as pas à être désolée, je t'assure. Eaque est très fort oui. Je le répète un peu tout le temps dans cette fic, mais c'est parce qu'il l'est vraiment beaucoup. Je ne sais pas si vous vous souvenez de ce passage avec Pandore qui lui dit « nan mais d'où est-ce que t'es Juge d'abord ! » -la citation est approximative. Eaque lui avait jeté en retour un regard « à faire pâlir d'envie Minos et Rhadamanthe ». C'est tout à fait comme ça que je le perçois, mon Eaque. Comme un méta-bourrin. Un peu dans le même genre que Poséidon. Mais en pas tout à fait pareil non plus.
Niacy : Oui, des retrouvailles plutôt hots… et merci, pour l'intrigue. Ça me fait toujours bizarre de me faire appeler Madame… même si ça va bientôt faire un an et demi que je suis mariée… Je suis ravie de savoir que mon explication des actions de Kanon et Saga te plait (à toi, et aux autres, d'ailleurs). J'essaie de faire quelque chose de cohérent et… bah c'est toujours agréable de savoir qu'on y parvient.
Yatsuko : J'ai le sentiment que tes intuitions sont souvent justes… je crois me souvenir que c'était déjà le cas dans Rés. Donc si tu as une petite idée, c'est peut-être la bonne. Mais comme je ne dirais rien… :p Merci, un grand merci, pour ton soutien et ton intérêt, en tout cas !
Cylla : contente de voir que les retrouvailles entre Eaque et Minos t'ont plues à toi aussi. Je suis toujours un peu angoissée en écrivant ce genre de scènes… Peur d'en faire trop et de tomber dans le graveleux, peur d'en faire « pas assez » et de tomber dans le gnangnan. C'est toujours délicat. Mais en fait, je me rends compte que c'est le même problème avec toutes les scènes chargées émotionnellement. Quand j'ai écrit la déclaration de Milo, la dépression d'Eaque… il y a toujours cette peur de tomber dans un cliché facile. Je rencontre la même difficulté avec les lemons. Faire passer l'émotion sans avoir le sentiment que j'ai sorti les panneaux indicateurs clignotants. J'y arrive parfois. D'autre fois, c'est loupé… mais j'apprends. Et ça, c'est cool.
Et maintenant, la suite.
Le temple des Gémeaux. Kanon n'allume pas la lumière. A quoi cela servirait-il ? Saga est chez Mû. Tout ce qu'il y a à voir, c'est le vide. C'est la solitude. Il s'effondre contre la porte et se roule en boule, appuyant sa tête contre ses genoux, enserrant ses jambes de ses bras. La douleur ne l'a pas quitté. C'est idiot. Complètement idiot. Saga est vivant, et heureux, deux temples plus bas. Il doit dormir, enlaçant tendrement Mû. Bordel ! Se reprendre, se reprendre. C'est tout à fait ridicule d'avoir envie de pleurer… Saga l'aime. Il est vivant. Calme-toi, Kanon… calme-toi. N'y pense plus, n'y pense plus. Ne pense plus à ce que tu as ressenti… quand il est mort. Quand tu as cru l'avoir perdu, à jamais… N'y pense plus. C'est cela, ne plus penser. Kanon soupire. Ça marche moyen… Non, pour être franc, ça ne marche pas du tout. Bordel ! Bordel ! Bordel ! Et ces foutus yeux qui ne veulent pas s'arrêter ! Heureusement qu'il a réussi à se contrôler un minimum devant Athéna et les deux centenaires… Ouais ! Il a été très, très fort, sur ce coup. Très impressionnant. Très bien. Rhadamanthe serait fier de lui. Rhadamanthe… Avec un tout petit peu de chance, le Juge doit être allé dormir. Mouais. Autant espérer un miracle… Bordel !
-Rhadamanthe, va te coucher ! Tu as besoin de dormir ! T'es pas un surhomme !, s'énerve-t-il tout seul, dans le noir.
Si. Techniquement parlant, Rhadamanthe est un surhomme, hein. Mais ce n'est pas une raison ! Il a besoin de se reposer, comme tout le monde ! Il a intérêt à être frais et dispo quand Kanon remettra un pied aux Enfers, sinon l'Anglais entendra parler du pays. Et il ferait bien d'aller dormir lui aussi… ça lui évitera de trop penser… à Saga. Qui dort, lui. A Saga. Qui est mort… Et qui revit ! Pensée positive ! Pensée positive ! Bordel !
-Tu pourrais m'aider, sur ce coup !
C'est à la petite voix qu'il s'adresse. C'est bien ridicule comme nom d'ailleurs « petite voix ». Bon, en même temps, il devait avoir trois ou quatre ans quand il l'a baptisée comme ça. Kanon soupire. C'est à ce moment-là qu'il a compris que Saga et lui étaient deux êtres distincts. Saga ne l'entendait pas, lui. Kanon avait mis un moment à l'admettre d'ailleurs. Qu'il puisse exister quelque chose qu'il ne partage pas avec son jumeau. Son autre lui. La petite voix et lui avaient décidé de garder leur relation secrète. Pour ne pas inquiéter Saga. Parce que les deux ou trois fois où Kanon y avait fait allusion, son Jumeau l'avait regardé avec de grands yeux, pour froncer ses sourcils, juste après. Il se ressemblait déjà, à l'époque. Saint Saga. Avec son charisme et sa noblesse. Et sa capacité à se sentir concerné. Saga… bon sang… Ce que ça fait mal… Saga…
Blom. Aie. La porte vient de s'ouvrir et Kanon de s'éclater lamentablement sur le sol. Il grimace. Il ouvre les yeux. Au-dessus de lui, tenant encore la poignée… Saga.
-Ça va ?, demande l'ancien Pope.
Ce qu'il se sent mieux…
-Non, je me suis explosé la tête sur le carrelage par ta faute.
-Ma faute ? Ma faute ?! Ça va être de ma faute ?!, hallucine son frère.
-Bah évidemment ! De qui d'autre sinon ?, rétorque Kanon en se massant le crâne.
-Attends… Laisse-moi réfléchir… Au hasard, euh… La tienne ?!
-Tsss… Aide-moi plutôt à me relever au lieu de dire n'importe quoi….
Et le cadet de tendre une main vers son aîné. Qui l'accepte aussitôt. Une fois sur pied, Kanon allume la lumière et son frère le suit dans le salon.
-Je peux savoir ce que tu faisais assis, tout seul, dans le noir ?, s'inquiète l'ancien Pope.
Kanon soupire et prend appui sur le dossier d'une chaise.
-Je réfléchissais.
-Assis, tout seul, dans le noir ?, répète l'aîné.
-Oui… Je réfléchissais au fait que je t'aime.
-Pardon ?
-Quoi ? Quoi, pardon ? Je t'aime, Saga… je ne vois pas ce que ça a de si extraordinaire…, fait Kanon en levant les yeux au ciel.
-Et ça te prend souvent ? De déprimer parce que tu m'aimes, je veux dire…
-Ouais…, avoue le cadet dans un souffle.
-Et bah ça fait plaisir…, constate Saga, vexé pour le coup.
Kanon prend une grande respiration. Ça y est, son frère le gonfle. Il se retourne.
-Oui, Saga, ça m'arrive souvent de déprimer parce que je t'aime. Quand je pense au fait que tu es mort ! Que j'ai failli te perdre ! Quand je repense à ma douleur à ce moment-là ! Ça fait mal, bordel !
-Kanon…
Saga s'est approché et le prend dans ses bras.
-Pardon. Je suis désolé… Je suis là, Kanon… Je t'aime… tout va bien aller…
-Je sais…, gémit le cadet, la tête enfouie dans le cou de son frère. Mais ça fait quand même mal…
-Chut… calme-toi…
Et ils restent un moment tous les deux, enlacés, au milieu du salon.
-Et je peux savoir pourquoi tu repenses à ça, ce soir ? Et ce que tu fais là ? Et pourquoi tu as disparu, hier, sans donner la moindre explication ?, finit par demande l'aîné.
Kanon sourit à la question de son Jumeau. Aux questions.
-Tu vois, l'avantage c'est que tout ça, c'est lié. Mais ça risque de prendre du temps si tu veux que je t'explique tout en détail.
-On a toute la nuit…, fait l'aîné en haussant les épaules.
-Et… Mû ? Tu ne comptes pas aller le rejoindre ?
-En fait, c'est lui qui m'a viré du lit. Je tournais tellement à force de me poser des questions sur la raison de ton retour qu'il m'a mis à la porte. Je l'empêchais de dormir.
Kanon sourit et entraine son frère sur le canapé. Saga s'assoit et le cadet vient poser sa tête sur ses genoux, regardant le plafond. L'ancien Pope lui caresse tendrement les cheveux. L'ancien Dragon des Mers ferme les yeux. Ce qu'il est bien… Il ne lui manque que Rhadamanthe. Détail… Soupir. Ah ! si seulement… Si seulement c'était Rhadamanthe qui lui caressait les cheveux en ce moment. Oui… Rhadamanthe et lui, sur le canapé. Saga qui apporte le café… et qui s'installe dans un des fauteuils… Son Juge aurait préféré du thé. Et puis la discussion au sujet du film… évidemment Saga et Rhadamanthe ne peuvent se mettre d'accord. Sourire. Soupir. Retour à la réalité.
-Les Enfers sont attaqués.
-Quoi ?! Par qui ?!
-Personne n'en sait rien. On pense qu'il y a au moins deux entités distinctes, si ce n'est trois. Et qu'elles sont très puissantes. Suffisamment puissantes pour amener Eaque à tenter de se suicider, et pour atteindre Minos à Elysion, avec Hadès et Perséphone juste à côté.
-C'est pour ça que Rhadamanthe t'a rappelé, hier ?
L'ex-Marina acquiesce. L'aîné s'est toujours douté que le Juge n'était pas étranger au départ précipité de son frère. Qui d'autre ?
-Il avait besoin de quelqu'un pour prendre soin de Minos… c'est un peu compliqué, et ça n'a pas grande importance de toute façon.
Saga hausse un sourcil. Pas grande importance ? Il suffit d'un appel de la Wyverne pour que Kanon plaque tout, d'un coup, comme ça, et ça n'a pas d'importance ? Le pouvoir, le contrôle de Rhadamanthe sur son petit frère l'inquiète tout de même beaucoup…
-Et quel est le rapport avec toi et moi ?
-Eaque entend des voix. Et Rhadamanthe aussi.
-Et merde.
-Comme tu dis, oui…
Kanon ferme les yeux et soupire.
-Pour Rhadamanthe, je pensais qu'on arriverait à gérer ça, tous les deux. On s'en sortait plutôt bien même, je trouve. Mais là… Enfin, Athéna a prévu une réunion demain, pour vous expliquer tout ça. Saga ?
-Oui ?
-Tu veux bien qu'on déplie le canapé et qu'on dorme tous les deux ?
-Bien sûr. Allez, debout… Je vais chercher les oreillers et la couette.
Durant le mois qu'ils ont passé ensemble, juste après leur résurrection et avant que Kanon ne parte aux Enfers rejoindre Rhadamanthe, il leur est très régulièrement arrivé de dormir ensemble. Pour se rassurer, sur tout un tas de choses. Leur présence à l'un et l'autre, leur réalité, pour commencer. Les premiers temps, leurs nuits étaient peuplées de cauchemars où Kanon revivait la mort de Saga, où Saga se revoyait enfermant son frère au Cap Sounion… Le seul moyen qu'ils avaient trouvé pour résoudre ces problèmes avait été ce canapé. Leur canapé... Dormir ensemble pour se prouver que l'autre est là. Saga vient se caler contre Kanon, et l'entoure de ses bras.
-Je t'aime, lui murmure-t-il à l'oreille. Et je te protègerai.
Oui. Saga veut protéger Kanon. Parce qu'il n'a pas su le faire avant. Ces voix ont détruit la vie de son petit frère. Qu'il n'ait pas réussi, de son côté, à les gérer lorsqu'elles s'en sont prises à lui, ce n'est qu'accessoire à ses yeux, maintenant qu'il sait qu'il a été pardonné, absous. Non, ce pourquoi il culpabilise encore à l'heure actuelle, c'est d'avoir failli dans son rôle d'aîné. Même s'il n'avait qu'une dizaine d'années lorsqu'il s'est rendu compte du problème… même s'il n'était guère plus vieux lorsqu'il a pris la décision d'emprisonner Kanon. Cette décision, c'était un aveu d'impuissance. Il n'arrivait plus à gérer les délires de grandeur de son jumeau. Il aurait pu essayer d'aller voir Shion, évidemment, pour lui demander son aide afin de sauver son frère mais… Mais il avait pris peur. Oh, il pouvait toujours essayer de croire qu'il avait eu peur de la réaction du Pope, qu'il avait eu peur pour son frère… Mais il en avait parlé avec Mû. Et il ne pouvait pas mentir à Mû. La vérité était beaucoup plus sordide. Beaucoup moins noble. Il avait été égoïste. Il n'avait pensé qu'à lui. Il avait eu peur, oui… mais que le péché de Kanon rejaillisse sur lui. Les prémisses de son mauvais côté. Peut-être les premiers mots des voix… peut-être. Toujours est-il que, maintenant, il ne laissera plus rien de ce genre arriver. Il protègera son frère. Son frère qui se blottit contre lui, et se met à trembler.
-Kanon ?
Aucune réponse.
-Kanon ? Qu'est-ce qu'il y a ?
-Rhadamanthe…
-Quoi Rhadamanthe ?
-J'ai peur…
Le sang de Saga ne fait qu'un tour.
-Quoi ? Tu as peur de lui ? Il t'a fait mal ? Il s'en est pris à toi ? Ecoute, Kanon, je suis le premier à reconnaître que ces voix peuvent rendre les gens dangereux… Avec son caractère…
-Hein ?
-Tu sais que tu peux tout me dire. Je serais toujours là pour toi. S'il t'a blessé, on trouvera une solution. Je sais que tu tiens à lui, mais tu ne peux pas tolérer qu'il lève la main sur toi…
-Non mais… ça va pas la tête ?
Kanon se retourne vers son frère, éberlué.
-Quoi ? Tu me dis que tu as peur de lui…, se justifie Saga.
-Mais je n'ai pas peur de lui… j'ai peur de le perdre ! Sérieusement, tu as vu des traces de coups sur mon corps ?
-Non mais…
-Mais t'es un grand malade. C'est ça en fait… Les deux hommes de ma vie sont des tarés.
-Ah ! Tu vois ! Tu reconnais que c'est un psychopathe.
-Déesse… Saga… Tu t'écoutes, là ?
-Kanon. Je ne laisserai jamais personne te faire du mal. Juge des Enfers ou pas.
-Et je t'en remercie, mon grand frère adoré, et je t'en remercie. Non, sincèrement, que tu m'aimes à ce point, je trouve ça génial, ça me transporte de joie. Pour de vrai. Mais il faut quand même que tu comprennes un truc, avant de te lancer dans ta croisade fraternelle : Rhadamanthe ne me maltraite pas.
-Oui, et bien tu m'excuseras, mais tout le monde sait parfaitement que c'est un homme violent. Donc je me fais du souci…
Soupir. Long soupir. L'ancien Dragon des Mers regarde son jumeau.
-Je ne risque absolument rien avec lui, Saga. Il préfèrerait s'en prendre à Perséphone plutôt que de me faire le moindre mal. Quand il s'énerve pour elle, quand ils se hurlent dessus –ce qui arrive de temps en temps quand même-, il finit toujours par prendre sur lui et par se calmer… mais avec moi, il s'apaise. Tu vois la différence ? Je… Je l'aime… et il a besoin de moi.
-Besoin ?
-Oui. Et il le sait.
-C'est ça ! Il a besoin de toi. Il ne t'aime pas vraiment, il t'utilise !
Mais ce n'est pas possible d'être aussi bouché ! Mais ce n'est pas… Deux minutes. Il a déjà entendu ça quelque part…
-STOP ! Pause ! Tu ne dis plus rien !
Kanon s'est levé et a allumé la lumière. Il regarde son frère. Saga a l'air parfaitement sérieux et même légèrement en colère.
-Répète ce que tu viens de dire, lui intime son cadet.
-Mais pourquoi…
-Fais ce que je te dis.
-Rhadamanthe se sert de toi. Il ne t'aime pas. Il t'utilise.
Réfléchir. Réfléchir. Faire le tour de ses souvenirs… Rhaa, s'il pouvait avoir la mémoire des Juges, ce que ce serait pratique… Se souvenir, se souvenir…
-Kanon ?, s'inquiète Saga.
-Tais-toi, tais-toi,… je réfléchis, fait le second Gémeau en se pinçant l'arête du nez.
Et d'un coup, l'illumination. Il pointe son frère du doigt.
-Camus !
-Quoi ?
-C'est exactement ce que Camus a dit à Milo !
-Hein ? De quoi tu parles… ?
Mais Kanon n'entend plus rien. Kanon est dans son délire : il s'énerve tout seul.
-Et moi qui me disais que c'était sa faute! Mais pas du tout en fait ! Enfin pas que, quoi… Il y a au moins une petite partie du problème qui vient de toi ! Enfin pas vraiment de toi, non plus… Bordel !
-Est-ce que tu veux bien te calmer et m'expliquer de quoi il est question ?
-De toi et de Rhadamanthe !
-Il n'y a rien entre moi et Rhadamanthe…
Kanon lève les yeux au ciel.
-Dis pas n'importe quoi. Vous ne pouvez pas vous voir. Et… Oh non ! Ne me dis pas que si tu cherches toujours à ce qu'il ne t'en veuille pas trop, c'est parce que tu as peur qu'il s'en prenne à moi après !
L'aîné baisse la tête… et bien c'est-à-dire que…
-Bordel ! Saga !
-Quoi ?!, se plaint l'Ancien Pope. C'est un homme violent, il t'enlève, il te séquestre aux Enfers, où tu ne peux plus voir tes amis… En plus, il bosse comme un forcené pour une femme qu'il aime de toute son âme ! Je suis sûr qu'il ne s'occupe pas de toi !
Kanon se prend la tête à deux mains. Ce qu'il faut se dire c'est que ce n'est pas vraiment son frère qui parle, là, hein. Il subit une influence… C'est ça. Comme Camus. Bon. Méthode simple. Efficace. Qui a déjà fait ses preuves. Tout reprendre à la base. Kanon vient s'accroupir aux pieds du lit et regarde son frère, avec tout l'amour et toute la tendresse qu'il éprouve à son égard.
-Je ne te mentirai pas. Il y a des moments où, plutôt que de le voir lire les derniers rapports de Sylphide, je préfèrerai qu'il vienne me rejoindre sur le canapé de son bureau, qu'il me prenne dans ses bras et qu'il m'embrasse, qu'il… moui, on va éviter les détails. Ce sera aussi bien vu qu'il n'est pas là et que penser à sa merveilleuse façon de… Gniiiiii !
-Quoi ?
-C'est rien, gémit l'ancien Marina, j'arrive à me frustrer tout seul…Sérieusement, c'est un Dieu au lit. Si tu savais ce que…
-Non, mais c'est bon !, le coupe aussitôt Saga, qui commence à virer au pivoine. On a dit : pas de détails ! Est-ce que je te raconte ma vie sexuelle, moi ?
-Ça pourrait être drôle, pourtant…, fait le cadet, amusé.
-Et pourquoi je te prie ? Mû est un amant formidable !, proteste l'ancien Pope.
-Vraiment ?, demande Kanon, retenant un fou-rire devant la tête de son frère.
-Tout à fait ! Je n'ai jamais vu quelqu'un qui sache aussi bien… ! Non ! Arrête avec tes questions, je ne te dirai rien !
Kanon explose de rire et bondit sur son frère, qui est maintenant écarlate. Il le serre dans ses bras, aussi fort qu'il le peut et vient se blottir tendrement contre lui.
-Je t'aime, Saga.
-Moi aussi, je t'aime, Kanon. Pour Rhadamanthe… c'est juste que je n'aime pas te savoir loin de moi. Je m'inquiète. Je veux te protéger. Je sais que tu es capable de te défendre, mais… c'est plus fort que moi. Ça irait mieux si vous étiez au Sanctuaire, je crois…
-Tu sais bien que Rhadamanthe ne peut pas quitter les Enfers. C'est l'un des Juges, il est le protecteur de Perséphone…
-C'est un peu facile comme excuse…
-Saga…
-Tu me manques, Kanon. Par ma faute, on a passé des années loin l'un de l'autre et…
-Ce n'était pas ta faute.
-Ça doit bien être la faute de quelqu'un !
-Oui. La mienne.
-Kanon…
-Hé ! Y a pas de soucis. C'était ma faute, c'est tout. J'ai peut-être des circonstances atténuantes, je n'en sais rien, mais c'était moi. Ça n'a rien de catastrophique. J'ai fait des erreurs, je les ai comprises, j'ai changé… c'est bon, c'est réglé. Mais surtout, surtout, je ne veux pas que tu culpabilises. Tu n'y es pour rien. Tu as fait ce qu'il fallait.
-Non… j'aurais dû trouver un autre moyen, pour t'aider…
-Saga. Arrête. Sérieusement. Quand on se présentera pour être jugé, personne ne retiendra quoique ce soit contre toi pour cette histoire. J'en suis persuadé… Ce que j'ai fait, qui j'étais, c'est à moi qu'on le reprochera.
-M'étonnerait que Rhadamanthe te reproche grand-chose…
-J'en suis moins sûr que toi, tu vois.
-Il ne te condamnerait pas, tout de même ?! Je le savais ! Je le savais qu'on ne pouvait pas compter sur lui ! Qu'il ne t'aime pas vraiment !
-Putain de merde ! Tu ne vas pas recommencer, bordel !
-Kanon ! Surveille ton langage ! Il est déplorable ! Je suis certain que c'est lui qui a une mauvaise influence sur toi !
-Mais il t'emmerde, mon langage !
Une nouvelle fois, Kanon s'est levé. Il est hors de lui.
-T'aimes pas ma façon de parler ? Et bien, tu vas être servi ! Tu me fais chier, Saga ! Tu es peut-être pas totalement maître de tes pensées en ce moment, mais j'en ai rien à foutre ! Je l'aime, merde ! Tu peux pas le comprendre ça ?! Je l'aime ! Ce serait trop te demander que de l'accepter ?! Lui, il ne peut pas te blairer, mais au moins il ne cherche pas à me persuader que t'es un connard !
-Un connard ?!
-Oui ! Parfaitement ! Un connard ! Et pourtant, il pourrait vu que c'est exactement ce que tu es en ce moment ! Tout ce que tu as fait depuis que tu es là, c'est essayer de me convaincre de le quitter ! Parce qu'il pourrait se mettre à me battre ! Parce qu'il s'occuperait mal de moi ! Parce qu'il aurait une mauvaise influence ! Et parce qu'à cause de lui, on ne se voit plus… ! Merde, Saga ! Merde ! Je l'aime ! Je ne peux pas vivre sans lui ! Il est tout ce que je veux ! Avec lui, je me sens à ma place ! Je me sens utile, heureux, complet ! Je… sens qu'il m'aime. Pour moi. Pour tout. Pour mon passé, mon présent, mon futur… Voir dans ses yeux… pouvoir y lire qu'il n'a jamais cherché à me pardonner mes erreurs… qu'il ne cherche pas à oublier que j'ai manipulé Poséidon et trahi Athéna… Qu'il voit quelque chose au-delà de ça… et que c'est ce quelque chose qui lui plait… qui lui plait suffisamment… pour qu'il soit heureux de voir que, toi et moi, on s'aime, même s'il a une mauvaise opinion de toi… parce qu'il sait que c'est important pour moi, que tu es important pour moi… Il m'aime, Saga. Il m'aime suffisamment pour prendre le temps de m'expliquer ses décisions à chaque fois que je le lui demande, lui qui n'a jamais été habitué à donner autre chose que des ordres, et pour tenir compte de mes avis dans ses Jugements… pour s'opposer à sa Reine lorsqu'elle m'a ouvert son cosmos pour la première fois, et qu'il a vu sa douleur s'attaquer à moi… pour quitter son poste alors que Perséphone lui a confié le Royaume et partir à ma recherche, parce que j'ai claqué la porte de notre chambre… Personne ne pourra jamais m'aimer autant que lui. Personne. Et je ne pourrai jamais aimer personne d'autre. J'ai besoin de lui... j'ai tellement besoin de lui… et maintenant… si les voix s'en prennent à lui… je risque de le perdre…. Comme je t'ai perdu… j'ai peur, Saga… j'ai peur… je ne veux pas le perdre… je ne pourrais pas vivre sans lui… je ne peux plus… rien que de savoir que je suis bloqué ici, et que lui, il est là-bas… j'ai l'impression de devenir fou…
Kanon s'est recroquevillé dans un recoin du salon. Saga se lève et vient s'installer à côté de lui, pour le bercer tendrement. Saga soupire. Rhadamanthe a définitivement et totalement emprisonné son jumeau. Ce qui est positif, c'est que cela semble réciproque, aux dires de Kanon. En espérant que cela soit vrai…
-Calme-toi… tu vas le retrouver, bientôt…
Kanon a un petit rire fatigué.
-Bientôt… bientôt… Est-ce que ça sera seulement suffisant ? Est-ce que je ne vais pas rentrer pour le trouver mort ? Parce que, lui, je suis sûr qu'il serait foutu de la réussir sa tentative de suicide… !
-Ne dis pas n'importe quoi… Perséphone, Hadès, ils ne laisseront rien lui arriver.
-Mais évidemment ! Et puis c'est vrai qu'ils ont tellement bien réussi avec Eaque ! Je suis le seul à pouvoir le protéger, Saga ! Le seul ! Il n'y a que moi ! Il n'a que moi ! Et regarde ! Athéna me force à rester ici ! à croire qu'elle veut qu'il tombe ! pour affaiblir les Enfers ! à croire qu'elle veut leur chute, elle aussi !
-Ne dis pas n'importe quoi, s'il-te-plait…
-N'importe quoi ? N'importe quoi ? Je ne dis pas n'importe quoi ! Et lâche-moi, d'abord !
D'un geste, Kanon s'est dégagé de Saga et s'est remis debout.
-Vous êtes tous de mèche ! Vous voulez tous me voler Rhadamanthe ! Vous êtes jaloux ! Jaloux ! De moi ! Parce que c'est moi qu'il aime ! Parce que je suis le plus grand homme que la Terre n'ait jamais porté ! Mais je ne vous laisserai pas faire, tu m'entends ?! Je ne vous laisserai pas me…
Kanon ne termine pas sa phrase. Saga ne veut pas y croire. Cette lueur, dans les yeux de son jumeau, il la connait bien. Trop bien. L'ancien Pope se précipite sur lui, et le fait basculer sur le lit.
-Kanon ! Calme-toi ! Kanon ! Arrête ! Elle ment, Kanon ! ELLE MENT ! Ne l'écoute pas !
Il fait exploser son cosmos, et maintient son cadet sur le lit. Personne ne fera de mal à son frère… personne.
-Kanon ! Je t'en prie ! Kanon ! Tu es plus fort qu'elle ! Elle te ment ! Tout ira bien ! Tout ira bien ! Fais-moi confiance !
-Confiance, Saga ?
Le rictus sardonique sur les lèvres de l'ancien Marina… cette lueur sadique qui enflamme ses prunelles… Non. Même aux pires moments de ses crises de folie, Kanon ne lui a jamais donné l'impression d'être aussi maléfique.
-Tu veux qu'il te fasse confiance ?
Kanon murmure d'une voix langoureuse, sa tête reposant lascivement sur son oreiller. Il fait glisser ses doigts le long du visage de son frère, presque sensuellement, pour finir par caresser ses lèvres.
-Alors que tu l'as enfermé ? Il y a une part de toi à qui, moi, j'accorderai un semblant de confiance. Mais elle a les cheveux moins bleus… plus… gris. Il parait que cela te va bien…
Kanon se redresse légèrement, s'appuyant sur ses avant-bras. Saga est horrifié et a mouvement de recul. Mais Kanon sourit et l'aura maléfique a disparu. En lieu et place maintenant, il y a de l'amusement et une étrange satisfaction.
-Rendez-moi mon frère ! Je ne vous laisserai pas lui faire du mal !, hurle l'ancien Pope.
Kanon explose de rire
-Du mal ? Je ne lui ferai jamais de mal, voyons. Pour être même tout à fait exact, je le protège en ce moment.
-Vous le protégez ? De quoi ? Et qui êtes-vous, d'abord ?!
-Mon nom, je ne te le dirai pas. Quant à savoir de quoi je le protège… je ne dirai rien, non plus. Mais il y a tout de même une chose que je vais te dire, Saga.
Le sourire disparait. Et Kanon plante un regard dur dans les yeux de son frère. Une dureté minérale.
-Kanon est le seul à avoir le droit de dire que je mens.
Et le visage s'adoucit de nouveau. Kanon reste muet un instant. Il penche la tête, comme s'il écoutait quelque chose.
-Voilà. Il est calmé. Sur ce, ce n'est pas tout ça, mais j'ai des choses à faire, moi. Bonne fin de soirée !
Kanon s'effondre sur son oreiller. Saga se précipite sur lui, lui tient le visage à deux mains.
-Kanon… Kanon ! Kanon, parle-moi !
Le soulagement qui étreint son cœur au moment où son petit frère ouvre les yeux est indescriptible. Ses yeux. Des yeux bleus magnifiques, doux et espiègles… Saga le serre dans ses bras.
-Kanon… ! Par tous les Dieux, c'est bien toi…
-Oui… Je… Ça va, ne t'inquiète pas.
-Que je ne m'inquiète pas ? C'est une blague, j'espère…
-Je vais bien, je t'assure, fait le cadet, tout bas. Il t'a dit la vérité. Il m'a… aidé.
-Prouve-le. Trouve un truc… je ne sais pas… mais prouve-le.
Kanon sourit.
-Je m'appelle Kanon. Je suis le Second Chevalier d'Or des Gémeaux. Je suis au service d'Athéna, et en son nom, j'occupe le poste d'Ambassadeur aux Enfers. Poste qu'elle m'a gentiment octroyé pour que je puisse rester auprès de l'amour de ma vie, Rhadamanthe de la Wyverne. Athéna est ma Déesse. Je l'aime et lui suis entièrement dévoué. Nous sommes en ce moment dans le temple des Gémeaux. Notre maison. Toi, tu es Saga, mon grand frère à moi que j'aime et qui m'étouffe.
-Tu me trouves trop protecteur ?
-Non, je dis juste que tu m'écrases, là. T'aurais pas pris du poids, ces derniers temps ?
Saga sourit et bascule sur le côté. C'est bien son jumeau, pas de doute possible.
-C'était quoi ça ?
-La petite voix. Bizarre de l'appeler comme ça alors que c'est plutôt une présence masculine. Mais il m'a dit qu'il trouvait que ce nom lui allait bien… Il le trouve… mignon.
-Je me moque éperdument de savoir ce qu'il pense de son surnom, Kanon… Ce qui m'inquiète c'est de savoir qu'il peut… te posséder. Il faut prévenir Athéna.
-Je suis d'accord… mais demain.
-Kanon !
-S'il-te-plait…, supplie le cadet.
Saga soupire. Comment voulez-vous dire non à ces yeux… ? et à cette voix ?
-Je t'accorde trois minutes pour me convaincre de ne pas courir au Palais.
-J'ai sommeil, tu as sommeil, nous avons tous les deux eu des journées difficiles ces derniers temps, nous avons besoin de nous reposer… J'ai envie de passer cette nuit avec toi, dans tes bras, et pas à parler à Shion, ou à Dohko… et surtout, j'ai besoin de faire le point sur ce qu'il vient de se passer.
-Comment ça faire le point ? Il te reste deux minutes trente.
-Je t'ai toujours dit que je ne le sentais pas malveillant à mon égard… c'était juste une vague impression. Maintenant, j'en suis certain. Il me protège. J'allais devenir complètement fou. J'étais à deux doigts de lancer une Galaxian Explosion pour détruire ce temple et pouvoir sortir d'ici… Mais il m'a calmé. Il m'a promis de veiller sur Rhadamanthe. De faire en sorte que les voix le laissent tranquille. Qu'il ne fallait pas que je m'inquiète… qu'il ne laisserait plus rien se mettre en lui et moi…
-Il t'a dit pourquoi ?
-Ça t'inquiète ?
Saga va pour répondre mais se reprend et hausse un sourcil.
-Non… Je n'aime toujours pas Rhadamanthe, je continue à préférer te savoir avec moi, ici, plutôt qu'avec lui, mais…
-Mais quoi ?
-Mais je ne veux plus que tu le quittes… ni que vous soyez séparés… Pas si ça ne vient pas de toi, en tout cas… je suis presque content de savoir que ton ami s'en occupe…
-C'est vrai ?, demande Kanon, dubitatif.
-Oui…
Les jumeaux se regardent. Aussi perplexes l'un que l'autre.
-On fait le point, décrète le cadet. D'abord, le truc, qui a influencé Camus pour qu'il s'attaque à Rhadamanthe, a changé de cheval et a décidé de t'influencer toi. Mais toujours en visant Rhadamanthe.
-Hein ?
-C'est ce que j'ai compris tout à l'heure… Tu as utilisé exactement les mêmes mots que lui. Sérieusement, c'était flippant. En fait, et si j'en crois ce que je sais des expériences de Rhadamanthe et d'Eaque, les voix ne font qu'amplifier certaines pensées. Par exemple, de « ce mec est trop bien » on passe à « il est trop bien pour moi », puis à « comparé à lui, je suis nul », en évolue vers « je suis un gros naze », pour finir en gros sur « je suis une sous-merde, d'ailleurs il va me quitter ». Donc où en étais-je ? Oui… le fait que Rhadamanthe soit toujours visé, me fait dire que ce qui s'est attaqué à Eaque et ce qui s'en prend à toi et à Camus… doivent jouer dans le même camp.
-Tu avoueras que c'est tiré par les cheveux.
-Oui… peut-être un peu… mais…
-Mais je suis de ton avis. Je voulais juste souligner le fait qu'il n'était pas nécessaire de chercher des explications farfelues à tes intuitions. Tu n'es plus obligé d'argumenter, Kanon. Tu veux qu'on attende demain pour en parler avec Athéna, très bien. Tu m'as convaincu que tu étais… conscient. Donc je veux bien te faire confiance. Dis-moi juste ce que tu ressens, ce que tu veux me dire. Après, on dort. La nuit, ou ce qu'il en reste, nous portera conseil.
-Entendu. Merci, Saga.
Le cadet se blottit contre son frère.
-Je crois que si tu ne veux plus que Rhadamanthe et moi on se sépare, c'est parce qu'Il est allé voir les voix pour leur dire de ne plus intervenir dans notre couple.
-Pourquoi ferait-il ça ?
-Il m'a promis qu'il règlerait le problème. Et je lui fais confiance, même si je ne sais pas pourquoi.
Confiance… Saga se crispe.
-Ça ne va pas ?, demande Kanon.
-Si, si…
-Tu es sûr ?
-Oui… Revenons-en à nos moutons…
Kanon sourit.
-Tu es complètement dingue de Mû, toi…
-Kanon… Toujours est-il que cela veut dire qu'Il à de l'influence sur Elles. S'il t'aide… ce serait un allié ?
Un allié qui placerait sa confiance en Saga gris ? À moins que cela n'ait été qu'une mauvaise plaisanterie de sa part…
-C'est bien là le problème. Je ne pense pas que ce soit un allié. Pas d'Athéna. Ni des Enfers. Il ne me donne pas du tout cette impression…
-Mais ce n'est pas un ennemi s'il te protège et qu'il se met à défendre Rhadamanthe…
-J'en sais rien… déjà que j'ai du mal à me faire à l'idée que c'est vraiment une entité différente de moi…
C'est vrai que cette petite voix, son frère l'a toujours considérée comme une extension de sa propre conscience. Saga ne sait pas ce qu'il s'est passé dans la tête de son jumeau quand Il a pris sa place, mais il imagine que ça a dû être perturbant. Et très différent de sa propre expérience avec son double maléfique.
-Si tu veux en parler…
-Si je savais quoi dire…
Kanon soupire.
-Saga ?
-Oui ?
-On éteint la lumière ?
-Oui. Il est tard, et demain, il faudra être aux arènes à dix heures.
-Hein ?, proteste Kanon qui s'est levé pour aller fermer l'interrupteur.
-On est samedi. Présence obligatoire, fait son frère en haussant les épaules.
- … pourquoi est-ce qu'il a fallu que je revienne un samedi ?
Clic. Le noir complet. Kanon regagne le canapé et se blottit contre son frère. Au moins, Rhadamanthe ne devrait plus rien risquer, à présent. Et cela le comble de joie.
