Disclaimer : l'univers, les personnages, lieux etc ne m'appartiennent pas mais sont à J. K. Rowling. Seuls certains personnages, qui ne font pas partit du canon sont à moi. Les personnages sont un peu OOC sur les bords, désolé à ceux que ça ne plaît pas. Oh et oubliez tout ce qui s'est passé pendant la sixième année, considérez qu'il ne s'est rien passé de spécial.

Rating : T

Publication : une fois par semaine, le vendredi, normalement.

Pairing : je n'en sais pour l'instant rien du tout non plus. Je pense que cela se fera au fil des choses.

Chapitre IX : Disputes

Harry quitta sa table et rejoignit Haziel qui l'attendait devant la grande porte.

- Tu vas mieux ? demanda le blond alors qu'ils marchaient tout deux dans le parc. Tu n'avais pas l'air bien, hier, quand je t'ai ramené au dortoir.

- Ça peut aller. Tu as lu les journaux ?

- Oui. Alors... tu rêves souvent de ce genre de chose ?

- Ça arrive, parfois, mais je n'ai pas vraiment envie d'en parler. Tu avais quelque chose à me dire ?

- Oui, c'est à propos de la jeune fille qui a disparu. Tu te souviens de... hum, ce qui m'était arrivé, il y a quelques jours ?

- Le truc sur lequel tu ne veux rien me dire ? Oui, je m'en souviens.

- Voilà, je n'étais pas vraiment dans mon état normal et... enfin, je voulais que tu saches ce qui s'est vraiment passé à ce propos.

Haziel semblait gêné sans qu'Harry ne comprenne trop pourquoi. Le sorcier blond savait qu'il allait devoir briser sa carapace tôt ou tard, c'était le seul moyen qu'il avait de les lier. Tant qu'Harry n'avait pas complètement confiance en lui et vis versa, cela ne marcherait pas. Mais lui qui avait l'habitude de tout garder pour lui avait plus de mal qu'il ne l'aurait cru à lui parler. Et puis franchement, ce n'était pas si facile d'annoncer à quelqu'un que dans son état de folie, il avait déchiqueté une pauvre jeune fille qui n'avait rien demandé. L'image de son corps méconnaissable, du sang tachant les murs, de l'odeur écœurante et des morceaux de chairs éparses ne le quittaient pas.

Arrivé au bord du lac, il s'arrêta et fit face à son camarade, hésitant :

- C'est moi qui ai fait ça. Je ne me contrôlais pas, je ne me souviens même plus vraiment de ce qui s'est passé. Tout ce que je sais, c'est que ce n'était vraiment pas beau à voir. Je suis vraiment désolé, tu sais, je n'ai jamais voulu... enfin, tu vois.

Harry le regardait ne sachant pas s'il avait compris ce qu'il était censé comprendre.

- Tu veux dire que... tu l'as tué ?

- Potter...

- Tu as tué cette fille ? répéta-t-il plus fort, un air dégoûté sur le visage, faisant un pas en arrière.

- Non... enfin si. Oui, je l'ai tué, mais ce n'était pas moi... pas vraiment.

Haziel vit du dégoût dans son regard tandis qu'il reculait doucement. Du dégoût, du mépris, et même une pointe de déception. Le brun tourna les talons et retourna vers le château laissant un Haziel désemparé derrière lui. Ce dernier se renfrogna, furieux. Pour qui se prenait ce crétin, hein ? Ce n'était pas lui qui devait supporter un satané démon dans son corps ! Ce n'était pas lui qui devait subir ses humeurs et ses crises d'hystérie qui le rendait chèvre depuis qu'il était tout petit ! Alors son regard déçut, il pouvait bien se le mettre là où il pensait !

Il enfonça ses mains dans ses poches, contrarié et décida que le mieux était de rester dehors, prendre l'air lui ferait le plus grand bien. Il alla s'installer dans le coin isolé du parc, près de la forêt interdite. Endroit où il avait pris l'habitude d'aller lorsqu'il ne se sentait pas très bien. Il s'adossa à un arbre et releva la tête vers le ciel où s'amoncelaient de lourds nuages. Ses yeux se fermèrent et il tenta de faire le vide dans sa tête, faisant des exercices de respiration. Il plongea ses mains dans l'herbe et sentit doucement la magie picoter ses doigts, si douce et familière. Il se souvint du livre qu'il avait récupéré à la bibliothèque et qui se trouvait encore bien au chaud dans le dortoir de Gryffondor. Une fois qu'il se sentit bien détendu, il rouvrit les yeux.

~~ oOo ~~

- Dis, tu n'aurais pas vu Haziel ?

- Je crois qu'il est sorti, répondit Blaise, allongé sur son lit, les bras croisés derrière la tête, les yeux clos et les jambes droites.

- Dans le parc ?

- Ouais, je les ai vus, Potter et lui il y a quelques minutes.

- Potter ? Qu'est-ce qu'ils feraient ensemble, tous les deux ?

- Qu'est-ce que j'en sais, moi ?

Draco le fixa un moment avant de lui poser la question qui lui brûlait les lèvres :

- Tu peux me dire ce que tu fiches, là, Blaise ?

- Je me détends et tente de rentrer en communion avec les éléments.

N'obtenant aucune réponse, Blaise finit par ouvrir les yeux au bout d'un moment, tombant sur un Draco qui se forçait visiblement à ne pas rire.

- Tu te fiches de moi là ou je rêve ?

- Non c'est juste que... t'as l'air idiot, comme ça. Enfin, bon, je vais chercher Haziel, à plus.

Draco attrapa sa cape, quitta le dortoir puis la salle commune de Serpentard, se retrouva dehors. Resserrant les pans de son vêtement contre lui, il grimaça face au vent qui faisait voleter ses cheveux dans tous les sens. Les yeux plissés, le Serpentard se mit à la recherche de son frère, se disant que s'il se risquait à rester immobile où il était, il finirait par se transformer en glace. Au bout de quelques minutes de recherches infructueuses, il sortit sa baguette et murmura un sort. Instantanément, ses oreilles et le bout de son nez se réchauffèrent. Son souffle transformait l'air près de son visage en de gros nuages de vapeur. Se passant une main dans ses mèches blondes, Draco les retira de ses yeux qui se plissaient de plus en plus sous les assauts des fréquentes bourrasques. Il inspecta un moment les abords du lac avant de se diriger vers la forêt interdite. Un frisson le parcouru au souvenir de sa première année. Il s'était promis, après cette affreuse expérience, que, punition ou pas, il ne retournerait jamais là-dedans. Il tenait à sa vie !

Il lui fallut un moment pour finalement retrouver Haziel. Il le trouva dans un espace assez retiré. Il avait bien failli passer devant sans s'arrêter, mais ses longues mèches blondes scintillantes malgré le soleil capricieusement caché derrière de lourds nuages avaient trahi sa position. Il le trouva adossé à un arbre près d'un petit muret ressemblant aux restes d'une ruine, brisant de petites brindilles entre ses doigts en marmonnant des choses incompréhensibles dans sa barbe inexistante. Il vint s'asseoir à ses côtés collant son épaule contre la sienne. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il remarqua qu'Haziel ne portait que l'uniforme, sans rien au-dessus. Cela ne l'étonna pas.

- C'est la première fois que je viens ici, dit-il en détaillant le décor, se demandant un instant de quel genre de ruine il pouvait s'agir. J'allais faire demi-tour, mais je me suis arrêté en voyant l'éclat de tes cheveux.

Les lèvres d'Haziel s'étirèrent dans un sourire amusé.

- Ouais, moi qui pensais avoir trouvé la meilleure cachette. Je me suis fait trahir par mes propres cheveux.

- D'ailleurs, je me demande pourquoi tu les gardes aussi long.

Draco crut voir, l'espace d'un instant une ombre passer sur le visage du Gryffondor avant que son sourire ne revienne. Ce fut si fugace qu'il pensa un instant avoir rêvé.

- Tu me cherchais ?

Le Serpentard hésita un instant, se demandant s'il devait poursuivre ou laisser tomber et suivre son frère dans son changement de sujet tout sauf subtile. Il choisit finalement la deuxième option.

- Je voulais juste passer un moment avec toi.

Haziel entoura ses épaules de son bras et le tira contre lui, Draco posant sa tête sur son épaule. Ils restèrent un moment silencieux, le vent environnant comme seul bruit. Le ciel se couvrait de plus en plus et Draco ramena ses genoux contre sa poitrine. Il sentait que la pluie ne tarderait pas à tomber et il ne l'aimait pas particulièrement. En plus de le tremper, elle ferait à coup sûr friser ses cheveux et il était absolument hors de question que qui que ce soit soit témoin d'un tel état. Haziel sourit en voyant les regards méfiants que son frère jetait à la voûte céleste. Il lui passa une main rassurante dans les cheveux.

- Tu as toujours cette sainte horreur de la pluie, à ce que je vois.

- Je n'ai pas vraiment envie d'avoir l'air d'un mouton frisé.

Haziel rit et ébouriffa les cheveux clairs sous les protestations bruyantes de Draco qui se tortillait pour tenter d'échapper à sa poigne ferme.

- J'avais oublié que tu avais hérité des cheveux de mère. Je ne me lassais pas de la voir friser et tous les prétextes étaient bons pour lui arroser la tête.

Son ton était nostalgique et son regard vague.

- Je peux te poser une question ? demanda Draco, posant sa tête sur les cuisses de l'autre.

Son regard ne quitta son visage un seul instant à la recherche de la moindre expression qu'il pourrait décortiquer pour enfin obtenir ses si précieuses réponses.

- Je t'écoute. Tu peux me poser les questions que tu veux, mais je ne te promets pas de répondre.

- D'accord, fit-il après un court moment de réflexion. A quel âge es-tu partie ? J'ai beau savoir que tu n'as pas longtemps fait partie de ma vie, il y a certaines choses dont je ne me souviens plus.

- A cinq ans. Quelques jours après, en fait.

- J'imagine que je ne peux pas te demander pourquoi.

- Tu peux, mais je ne répondrais pas.

Draco plongea ses yeux dans ceux de son interlocuteur cherchant à voir s'il pouvait y déceler quelques indices. Il renonça finalement au bout d'un moment.

- Je n'arrive pas à comprendre ce qui a bien pu te pousser à quitter le manoir si jeune. Tu ne peux pas savoir à quel point ça me perturbe. J'ai beau me faire des dizaines et des dizaines de scénarios... j'ai l'impression que rien ne colle vraiment avec ce qui a pu se passer. Et puis, avec qui as-tu vécu tout ce temps ? Où as-tu grandi ? Comment ? J'ai beau essayer... je ne comprends pas...

- Il y a beaucoup trop de choses et... Draco, il y a des choses que tu n'es pas encore prêt à entendre.

Draco se redressa, s'asseyant juste en face d'Haziel, l'affrontant du regard, soudain furieux.

- Je ne suis plus un gamin, Haziel. Il s'est passé des choses étranges entre père et toi et j'ai besoin de savoir quoi. Je suis prêt. Je suis même plus que prêt à tout entendre. Maintenant.

Son regard assombrit dans celui de son frère, il ne cilla pas, le défiant durement du regard. Il voulait des réponses et il les aurait, même s'il fallait pour cela qu'il se dispute avec son frère, même s'ils devaient tout deux en venir aux poings ou même aux sorts. Il les aurait et ne lâcherait pas avant.

Haziel détourna le premier le regard, les traits crispés.

- Draco...

- Dis-moi.

- A quoi est-ce que cela servirait ? C'est du passé, tout ça. Le plus important n'est pas ce que l'on va vivre ensuite ? Je t'ai promis que je passerais pus de temps avec toi parce que je voulais rattraper le temps perdu, pas parce que je voulais m'étendre sur des choses que je préférerais de loin oublier.

- Tu n'as pas oublié. Quel que soit ce qui s'est passé, tu ne l'as pas oublié. Je le vois dans tes gestes, dans tes yeux, dans tes mots. Il y a quelque chose, Haziel, et je veux savoir quoi.

Voyant de l'hésitation se refléter dans les prunelles bleues de son vis-à-vis, Draco décida de s'infiltrer dans la brèche, lui prenant le menton pour le forcer à se tourner vers lui. C'est d'un ton plus doux qu'il reprit :

- Je ne peux pas compter le nombre de fois que j'ai vu mère sangloter en prononçant ton nom. Je ne peux pas compter le nombre de fois où j'ai simplement désiré te serrer contre moi et te garder pour toujours lorsque je me réveillais à tes côtés. Je ne peux pas compter le nombre de fois que j'ai passé à fixer la fenêtre des heures en espérant te voir alors que tu ne venais plus. Je ne peux pas compter le nombre de fois où je me suis dit que tu me détestais et que c'était l'unique raison pour laquelle tu étais parti. Tu ne peux pas savoir à quel point j'ai besoin de savoir ce qui s'est passé.

Il y eut un long moment de silence, le Gryffondor évitant son regard.

- Est-ce que cela a un rapport avec Tu-Sais-Qui ?

- Indirectement.

- Qu'à-t-il fait ?

- Rien.

- Haziel !

- J'ai dit que je répondrais à tes questions, pas que je te raconterais quoi que ce soit.

- Alors tu es d'accord pour répondre ? s'étonna le Serpentard.

- Contente-toi de me demander ce que tu veux savoir.

Draco réfléchit un instant avant de reposer son regard sur son camarade.

- Pourquoi as-tu quitté le manoir ?

- C'est ce que Lucius voulait.

- Pourquoi ?

- Il ne voulait plus de moi chez lui.

- Haziel ! s'écria-t-il, contrarié. Tu avais promis de répondre à mes questions !

- Et c'est ce que je fais.

Draco le fixa un moment sans rien dire avant de hocher doucement la tête et de s'adosser au tronc. Il attrapa un brin d'herbe entre ses doigts et commença à le découper en petits morceaux. Il n'arrivait pas à croire qu'Haziel refusait encore de lui parler ! Il pensait que ce serait une bonne chose que son frère passe l'année avec lui. C'est avec joie qu'il l'avait retrouvé dans le train et là en début d'année, mais là... il était déçu. Pas en colère, juste déçu. Il pensait que le fait qu'ils soient ensemble les aurait rapprochés, il pensait qu'ils auraient enfin l'occasion de tout se dire. Mais manifestement, Haziel ne voulait pas. Ils étaient trop différents. Il était prêt à raconter à son frère tout ce qu'il voulait entendre, il était prêt à lui raconter tous les moindres détails de sa vie, même les choses dont il n'était pas très fier... mais ce n'était décidément pas réciproque.

- Draco...

- Ce n'est pas grave, tu sais. Je m'en fiche en fait, tu fais ce que tu veux.

- Ne le prends pas comme ça.

- Comment ? Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.

- Ce n'est pas... si simple.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de compliqué à me parler. Mais tu as décidé que tu n'en avais pas envie, alors c'est bon, je laisse tomber.

- Ne fais pas l'enfant, Draco.

- Je ne fais pas l'enfant ! se récria-t-il, vexé.

Il se redressa, s'épousseta rapidement et resserrant sa cape autour de lui, commença à l'éloigner. Haziel le rattrapa d'un bras autour de la taille avant de le retourner vers lui.

- Arrête ça.

- Arrêter quoi ?!

- Ça ne sert à rien de t'énerver. Regarde-moi, Draco, regarde-moi ! Tu avais dit que tu me faisais confiance, tu avais dit que... Écoute, je ne te demande qu'une chose, de la patience.

- T'en sens-tu capable ?

- Non.

Son regard était dur et son ton, sec.

- Je veux des réponses Haziel, et je les veux maintenant. Pas plus tard. Maintenant. Si tu ne veux pas me les donner, d'accord, je n'insisterais pas.

Il tenta de se retourner, mais le Gryffondor attrapa ses épaules, les maintenant fermement pour l'empêcher de bouger, son regard dans le sien. Pourquoi Draco refusait-il de comprendre qu'il n'était pas prêt ? Pourquoi ne pouvait-il simplement pas comprendre que remuer ses souvenirs le ferait souffrir ? Il hésita un instant, se demandant s'il devait ou non parler. Il décida finalement que non. C'était son histoire, et s'il n'était pas prêt à la conter, alors Draco devait l'accepter et arrêter de se comporter de façon aussi puérile.

Il le relâcha en soupirant et se dirigea vers le château d'un pas lourd. Il n'était pas venu ici pour se prendre la tête avec Draco.

~~ oOo ~~

Dimanche 19 Octobre 1997.

Harry fut réveillé par une énergumène sautant sur son lit, un peu trop joyeux.

- Debout !

Harry balança vaguement son bras. Mouvement qui fut rapidement suivi par un bruit sourd, faisant sursauter le brun. Il s'assit pour se rendre compte qu'il avait jeté à terre un Daniel hilare. Contrarié, il se glissa de nouveau sous ses couvertures.

- Mais Harry ! Tu m'avais dit qu'on irait tous les deux ! geignit le blond, assis sur ses talons, une moue boudeuse.

Il y eut un moment de silence avant qu'Harry ne rejette sa couette, tombant face à la moue diaboliquement adorable de son ami. Non, Harry ! Tu ne craqueras pas, tu ne craqueras pas, tu ne craqu... merde, ce qu'il est mignon !

- Bon, OK, laisse-moi cinq minutes et je suis à toi.

Daniel lui offrit son plus beau sourire avant de se précipiter vers la sortie. Il fallut en fait une bonne vingtaine de minutes pour qu'Harry descende dans la salle commune. Il n'avait pas très bien dormi. Haziel et lui ne s'étaient pas vu la nuit dernière et il avait dû affronter ses cauchemars seul. Il n'arrivait toujours pas à se faire à l'idée que c'était Haziel qui avait tué la jeune Serdaigle. Il avait bien sûr compris qu'il n'était pas dans son état normal à ce moment-là, mais les faits étaient là... Haziel avait tué cette fille. Tué. Comment avait-il pu faire une chose pareille ? Il secoua la tête, tentant d'arrêter de s'imaginer le corps mutilé au milieu d'un des couloirs du château.

- Un problème ? demanda doucement son ami, la mine inquiète.

- Non, je... je pensais à autre chose. Ce n'est rien.

- Oh... Alors on y va, ajouta-t-il en le prenant par la manche pour le tirer.

- Attends, Ron va arriver.

- Mais je pensais qu'on irait que tous les deux, bouda l'adolescent.

- Je sais mais ce ne sera pas pour longtemps. Je vais juste l'enfermer quelque part avec Hermione et ensuite, je suis tout à toi. D'accord ?... Et s'il te plaît, arrête de bouder.

Daniel croisa les bras sur sa poitrine et se laissa tomber sur le canapé. Harry lui passa une main amusée dans les cheveux et s'installa à ses côtés, attendant que Ron et Hermione ne descendent. La préfète fut la première à descendre.

- Bonjour, Harry. Daniel. Bon, on y va ?

- Ron est toujours...

- Je suis là, répondit le rouquin en dévalant rapidement les marches.

Ils quittèrent la salle commune, suivit de quelques autres. Alors qu'ils allaient entrer, ils croisèrent Haziel qui attendait devant les portes, les bras croisés. Harry tenta de l'ignorer, mais le garçon se plaça devant lui, requérant son attention. Le brun le contourna, mais son camarade le prit par les épaules, plantant durement son regard dans le sien. Ron voulu intervenir, mais Hermione le tira avec elle dans la grande salle, prenant au passage le poignet de Daniel qui ne tenta pas de résister.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Tu as fait des cauchemars, cette nuit.

- Qu'est-ce qui te fais croire ça ?!

- Je l'ai senti. Je l'ai vu.

- Et puis, qu'est-ce que ça peut bien te faire ? répliqua Harry, en colère.

- Pendant combien de temps comptes-tu encore bouder.

- Je ne...

- Au cas où tu ne l'aurais pas encore compris, tu as autant besoin de moi que j'ai besoin de toi. Je perds mon équilibre et tu perds le tien. Nous ne sommes pas encore liés, je te rappelle.

Harry fixa un moment son camarade, se demandant de quoi pouvait-il bien être en train de parler. Se rendant compte qu'Harry ne comprenait pas ce dont il parlait, il soupira et se pinça l'arête du nez.

- Il faut qu'on parle, que je t'explique certaines choses.

- Tu as tué une fille, murmura le brun en faisant un pas en arrière.

- Et alors ? s'énerva Haziel. Parce que tu penses que tu peux y changer quelque chose ? Parce que tu penses qu'elle sera moins morte si tu le répètes ? Tu ne sais rien de rien ! Tu ne sais rien de moi et je t'interdis de me juger ! Tu n'as pas l'air de te rendre compte que tu ne pourras pas m'éviter encore longtemps, je suis peut-être le premier à en ressentir les effets, mais ça commence déjà pour toi. Mais peut-être le grand Harry Potter pense-t-il pouvoir se débrouiller seul, eh bien soit. Mais tu ne viendras pas pleurnicher quand tu te sentiras vraiment mal !

Les traits crispés par la colère et les poings serrés, Haziel tourna les talons et s'éloigna dans l'un des couloirs. Potter ne veut pas comprendre ? Eh bien tant pis pour lui !

Harry resta planté là un moment, surpris avant de rejoindre ses amis, se glissant entre Daniel et Ron.

- Qu'est-ce qu'il te voulait ? demanda ce dernier.

- Rien.

Ses trois camarades lui lancèrent des regards suspicieux.

- Rien ? répéta Hermione. Il avait l'air plutôt insistant pour quelqu'un qui ne voulait rien.

- Rien qui ne vous regarde ! s'exclama-t-il avant de se lever de table et quitter la Grande Salle.

Ils lui avaient coupé l'appétit, tiens. Harry avait bien conscience que sa colère n'était absolument pas justifiée et que ses amis n'avaient rien fait, mais voilà, il était en colère et quelque chose lui disait que cette colère n'était pas... la sienne. Il lui fallait des réponses avant qu'il ne fasse une bêtise. Il soupira en pensant qu'il avait sans doute blessé Hermione. Il irait s'excuser plus tard. En espérant qu'elle ne se montre pas trop têtue.

Il prit la direction de la bibliothèque, seul endroit où il pouvait espérer trouver des réponses à ses interrogations. Il passa sous le regard soupçonneux de Mme Pince et se faufila rapidement entre les rayons. Ses doigts caressaient la tranche des livres qui défilaient sous ses yeux, à la recherche de quelque chose susceptible de l'intéresser. Ce n'est qu'une demi-heure plus tard qu'il trouva son bonheur. Un livre pas très épais avec une couverture azurée, le titre gravé sur l'épais support. Il le prit et s'installa sur l'une des tables du fond de la salle, veillant à être loin du regard de la bibliothécaire et des rares élèves qui se trouvaient là, si tôt - à savoir un Serpentard et une Serdaigle installés à la même table.

Il le posa devant lui, relisant son titre : Vie et comportement des âmes-sœurs.