Hello à ceux qui suivent. Pour des raisons personnelles, je n'arrive pas à avancer cette fic aussi vite et aussi bien que je le voudrais.

Pour que le scénario tienne de bout (et je dois dire qu'il se complique un peu), j'ai besoin d'avoir plusieurs chapitres d'avance (et accessoirement d'être un peu tranquille) et j'ai pris du retard. Tout ça pour dire que ceux qui me connaissent savent que je publie normalement tous les soirs (enfin, sur mon fuseau horaire) et dans les jours à venir, il est probable que je skippe un ou deux soirs.

Je remercie ceux qui m'encouragent par leurs commentaires (en fait missclo et vegtaap) et donc pas d'inquiétude si je lève le pied, ça devrait pas être trop méchant.

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Chapitre 10

Gohan n'avait pas trouvé de meilleure idée dans l'immédiat que de ramener sa prisonnière dans son ancienne maison. Ce n'était pas vraiment une planque fiable dans la mesure où la rébellion avait découvert la première mais il avait besoin de temps pour réfléchir à ce qu'il ferait par la suite et il ne pouvait voyager très loin, de nuit, avec Videl comme fardeau.

Revenir ici lui fut instantanément pénible. Il y avait vécu les premières années de sa vie, les plus heureuses aussi. Et c'est aussi ici que Goten avait été enlevé.

L'endroit était inhabité, poussiéreux et humide. Pourtant, dès qu'il entra, l'odeur de ses souvenirs le submergea. Il avait presque encore l'impression de sentir la cuisine de sa mère. Un poids tomba sur son cœur. Il déposa Videl sur le canapé sans ménagement. Elle grogna avec réprobation mais il ne fit pas attention.

Elle s'assit le moins inconfortablement possible, les mains toujours liée dans le dos.

- Où est-on ? demanda-t-elle avec méfiance.

T'occupe, répondit-il durement en s'agenouillant devant elle.

Avant qu'elle comprenne, il lui saisit les chevilles et les ligota fermement.

- Tu serres trop ! siffla-t-elle, tu me fais mal !

- C'est les risques du métier, maugréa-t-il avec sarcasme.

Assurée qu'elle resterait où elle était pour les dix prochaines minutes, il la laissa, râlant et gigotant, pour aller mettre le groupe électrogène en route. Il résista un peu mais se mit finalement à ronronner. Après une hésitation, il alluma les lampes du salon. Les lumières rendaient l'endroit repérable depuis le ciel mais ils ne resteraient que quelques heures, trop peu pour que C-17 reprenne suffisamment ses esprits et aient le temps d'envoyer quelqu'un à leurs trousses. Le Mont Paozu était si isolé de tout qu'il fallait plusieurs heures pour y venir depuis le monde civilisé.

- C'est chez toi, n'est-ce pas ? demanda Videl qui fixait une photo encore suspendue au mur en face d'elle.

Gohan ne répondit pas mais s'approcha du cadre qui avait attiré son attention. Toute la famille posait alors qu'il devait avoir tout juste 5 ans. Avant les saïyens, avant Freezer, avant Goten, avant toute cette merde. Au moment où le cliché avait été tiré, pas un d'entre eux n'auraient pensé que leur vie prendrait la direction qu'elle avait prise. Il serra les dents et chassa tout ça de son esprit, ce n'était pas le moment de se morfondre. Il retourna abruptement le cadre contre le mur.

- Chez moi, c'est la Cité Saïyajinn, grogna-t-il avec amertume.

Videl le regardait avec un peu d'étonnement.

- Pourquoi ? insista-t-elle.

- Parce que c'est le Pacte. Tu poses beaucoup de questions pour quelqu'un qui ne veut jamais donner de réponse, répliqua-t-il avec irritation.

Videl se renfrogna.

- Tu pourrais au moins me détacher les jambes maintenant, non ? Ou je vais rester saucissonnée toute la nuit ?

Il baissa les yeux sur ses chevilles impitoyablement enserrées dans ses liens. Il avait eu si peur qu'elle s'envole. Il ne répondit pas et traversa la pièce jusqu'à la cuisine pour allumer le fourneau et mettre de l'eau à chauffer. Il soupira. Il ne savait absolument pas ce qu'il devait faire maintenant il aurait voulu parler à son père mais s'il appelait sa mère en plein milieu de la nuit, il savait qu'elle tomberait dans une panique totale. Il manquait de sommeil.

Il finit de se préparer un café douteux avec un fond de pot retrouvé dans un placard. Il avait laissé la plupart de ses affaires et ses provisions à la cabane de Grand-Père Gohan.

Il revint au salon avec deux tasses fumantes. Videl se tortillait péniblement sur le canapé. Il posa son chargement et, saisissant un couteau qu'il portait à la ceinture, défit les liens de ses pieds. Il s'aperçut qu'il avait effectivement beaucoup trop serré et eut l'ombre d'un remord. Elle soupira d'aise quand il lui libéra les chevilles. Il se pencha derrière elle et entreprit de couper également le filin qui entravait ses poignets. Il manqua son coup la première fois et fut obligé de s'appuyer sur son épaule pour avoir une meilleure prise.

Quand il se releva, il fut surpris de lui trouver une mine confuse.

- Merci murmura-t-elle, les yeux rivés au sol.

C'était bien la première fois qu'il l'entendait parler sans rancœur et sans vindicte. C'était aussi la première fois qu'il l'entendait utiliser une formule de politesse. Il ne put s'empêcher de le relever.

- Tu connais ce mot ?

Elle releva la tête et il remarqua qu'elle avait bizarrement rosi.

- Qu'est-ce que tu crois ? Que je suis un monstre sauvage sans éducation ? grommela-t-elle.

- Ca m'a traversé l'esprit, admit-il, café ?

Videl ne se fit pas prier et attrapa la tasse qu'il avait posée devant elle. L'humidité de la nuit l'avait transpercée durant tout le trajet et la maison inhabitée ne la réchauffait pas plus. Elle enroula ses doigts autour du mug pour profiter de la chaleur du liquide infect qu'elle s'apprêtait à ingurgiter.

Gohan prit place dans l'un des fauteuils en face d'elle et gouta le résultat de son expérimentation. A n'en pas douter, la caféine avait fui depuis longtemps la poudre qu'il avait utilisée. Il grimaça.

Videl ne sembla pas dérangée par le goût. Elle laissa ses yeux naviguer sur le décor avec curiosité avant de les laisser retomber sur son geôlier.

- Tu l'aurais tué ? demanda-t-elle subitement.

- Le cyborg ? Je t'ai dit que je ne l'aurai pas tué. A quoi ça sert de poser la question si tu n'écoutes pas la réponse ?

- Pourquoi m'avoir dit le contraire ?

- Parce que je savais que tu me croirais, tu es tellement prévisible… Je ne peux pas me permettre de te laisser t'enfuir.

Videl se raidit un peu, vexée d'entendre ces explications.

- Je ne parlerai pas. Végéta peux me tuer, je ne dirai rien, affirma-t-elle avec défi.

Il sourit avec amusement. Elle ne connaissait pas Végéta. Elle avait du cran mais, comme toujours, elle croyait savoir et ne savait rien.

- Je sais que tu ne parleras pas et Végéta ne te tuera pas, répondit-il avec un haussement d'épaule.

- Alors pourquoi tu me caches ?

- Justement, pour que Végéta ne te tue pas, je pensais que tu avais compris ça.

Subitement le regard de Videl s'alluma.

- Vous voulez m'échanger ? s'exclama-t-elle.

Gohan haussa un sourcil. Videl se mit à rire comme si l'idée lui paraissait tout à fait farfelue.

- Videl Satan contre la Princesse saïyajinn ! Quel honneur ! Ca ne marchera jamais ! gloussa-t-elle.

Gohan ne se décontenança pas et trempa à nouveau ses lèvres dans son ersatz de café.

- Pas exactement, coupa-t-il, ce serait plutôt Videl Satan contre la Princesse saïyajinn et Son Goten, précisa-t-il.

Videl cessa de rire instantanément. Sa bonne humeur se dissipa aussitôt.

- Alors ça, même pas en rêve ! grogna-t-elle. Vous ne l'aurez jamais, tu peux me croire.

Gohan fronça les sourcils et posa sa tasse vivement sur la table.

- Pourquoi pas ? Explique moi ça avant que je te tue définitivement puisque tu me sers à rien, répliqua-t-il sur le même ton.

- Je préfère mourir que de vous livrer Goten !

- Nous livrer ? Nous rendre, tu veux dire ! C'est mon frère et vous l'avez enlevé ! hurla Gohan en se levant

Videl se recula dans les coussins du canapé, méfiante de sa réaction brutale. Elle se tut et soutint son regard furieux et indigné sans ciller. Il se calma progressivement et se rassit.

- Tu n'as donc pas de famille ? De frère ou de sœur ? Vous êtes qui ? Des barbares insensibles ? reprit-il avec colère.

- Ha ! venant d'un saïyen…

- Je ne suis pas un saïyen ! coupa Gohan avec irritation. T'as pas compris ça ? Tu réfléchis jamais ? Si j'étais un simple saïyen, tu crois que je désobéirai à Végéta ?

La remarque sembla ébranler Videl. Elle céda enfin à son regard excédé et baissa les yeux. Il soupira avec agacement et quitta la pièce un instant. Videl était un peu déroutée par la tournure des évènements. Pour elle, le monde était coupé en deux : la rébellion d'un côté et les saïyens et leurs petits sujets dociles de l'autre. Gohan venait de pointer un détail qui l'empêchait de le placer dans aucune des deux catégories.

Le seul jusqu'ici qui avait toujours refusé de prendre parti était Piccolo. Mais la neutralité de Piccolo était absolue il ne se mêlait ni des affaires des uns, ni des affaires des autres. La seule chose qu'il avait acceptée était d'entraîner Goten. Encore était-ce là pour lui un petit plaisir personnel plutôt qu'un service qu'il rendait à l'un des deux camps.

Elle devait admettre que le discours de Gohan était à mille lieues de ce qu'elle aurait attendu d'un saïyen. Il arrivait presque à la culpabiliser. Elle se rendait compte qu'elle avait beaucoup parlé; après deux nuits consécutives sans vrai sommeil, elle commençait décidément à fatiguer. Gohan reparut et lui jeta une couverture sans un mot. Il coupa les lumières hormis un abat-jour tamisé. La température était encore tombée, annonçant le petit matin prochain.

Videl déplia la couverture et s'enroula dedans avec bonheur. Il se pencha vers elle et lui saisit soudainement le poignet. Il y accrocha une menotte avant même qu'elle n'eut le temps d'ouvrir la bouche. Elle était reliée à sa jumelle par une chaine assez longue. Gohan emboîta la deuxième menotte à son poignet et reprit place dans son fauteuil, laissant la chaîne traîner entre eux. Videl contempla l'épaisseur des anneaux et le système de fermeture qui s'avérait assez sophistiqué. Elle haussa les épaules et s'allongea en boule sur le canapé.

Elle était fatiguée mais encore troublée par ce que lui avait dit Gohan. Elle ne pouvait détacher ses yeux du jeune homme dont le visage se perdait dans la pénombre.

- Je n'ai ni frère ni sœur. Je n'ai pas de mère non plus. J'ai un père et j'ai Goten, murmura-t-elle, d'une voix inaudible.

Il sursauta.

- Qu'est-ce que tu dis ? souffla-t-il avec incrédulité.

- Je disais : merci pour la couverture répondit-elle à voix haute.

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