Bonjour à toutes et à tous !

Merci pour vos nombreuses reviews, Sygui et moi sommes comblées ! Merci, merci et merci !

Avec un peu d'avance pour Noël, voici le tout dernier chapitre de la trilogie des Origines. En espérant que la fin vous plaira ! Bonne lecture et rendez-vous en fin de chapitre !


Chapitre 10 : La fin d'un rêve

"Ce que tu as donné, tu peux le reprendre."

Hermione se réveilla dans une pièce très lumineuse. Trop lumineuse. Un gémissement franchit ses lèvres alors que sa main droite se plaquait sur ses paupières pour atténuer la lumière blanche aveuglante.

- Miss Granger ? Ouvrez les yeux… Tout va bien.

La brune se risqua à jeter un rapide coup d'œil et remarqua une femme en blouse blanche penchée sur elle.

- Qui êtes-vous ? murmura-t-elle, la voix rauque.

- Je suis le docteur Parkson. Vous êtes à Sainte Mangouste.

Hermione se redressa dans son lit, hébétée.

- A Sainte Mangouste ? Comment ça ? Ce n'est…

La médicomage leva la main pour qu'elle se taise.

- Bellatrix Lestrange vous a lancé un mauvais sort pendant la bataille de Poudlard. Nous avons cru un moment que vous ne vous réveillerez pas. Trois jours que vous dormez.

- La bataille de Poudlard ? répéta Hermione. Mais… On est quel jour ? De quelle année ?

- Le 6 mai 1998, répondit le docteur Parkson en fronçant les sourcils. Je vais vous examiner. Il semblerait que vous ayez un problème de mémoire.

La brune se laissa faire et, quelques minutes plus tard, la médicomage sembla rassurée.

- Juste une légère conséquence de votre choc. Tout rentrera dans l'ordre. Bien, il y a des gens qui meurent d'envie de vous voir, dit-elle avant de sortir de la pièce.

Hermione avisa son image qui se reflétait dans la fenêtre de sa chambre. Elle était… jeune. Elle sentit un malaise l'envahir, une peur ancrée au plus profond d'elle-même. Elle était de retour dans une vie dont elle n'avait que peu de souvenirs. Elle tenta de se rappeler ce qu'elle était à l'époque. Une effroyable Miss Je Sais Tout, la première de la classe. Elle n'avait que peu d'amis dont…

- Harry Potter… marmonna-t-elle, une boule au ventre.

Le Survivant. Il l'était dans cette vie. Il était même celui qui avait vaincu. Comment allait-elle pouvoir renouer… non, continuer une amitié avec un homme qu'elle détestait au plus profond d'elle-même. Elle gémit et se massa les tempes du bout des doigts. Elle se sentait confuse, abattue. Etait-elle encore en train de rêver ?

Elle n'eut le temps de répondre à cette question. Ron Weasley entra dans la chambre, un large sourire illuminant son visage fatigué. Il soupira de soulagement en voyant son amie réveillée.

- Salut ! dit-il gauchement en s'approchant du lit.

Il se pencha pour capturer les lèvres de la brune qui recula brusquement la tête.

- Mais qu'est-ce qui te prend ? s'écria Hermione en posant sa main sous le cou du roux pour le maintenir à distance.

- Comment ça ? bégaya Ron. On… on s'est embrassé… pendant la bataille… Je croyais que toi et moi…

La respiration de la brune s'accéléra brusquement. Elle se sentit prise d'un vertige et se rallongea sur son lit. Elle se souvenait de ce baiser qui avait eu lieu. C'était il y avait si longtemps. Et le visage de Minerva envahit son esprit. Pourquoi n'était-ce pas elle qui avait pénétré dans la chambre ? Pourquoi n'était-elle pas là ?

- Ca ne va pas ? Tu veux que j'appelle quelqu'un ? demanda Ron, inquiet.

- Non, j'ai besoin d'être seule, murmura la brune, les yeux emplis de larmes.

Rien n'était à sa place dans cette existence. Ou peut-être était-ce elle qui n'y était plus ?

- Mais… Hermione, je… murmura le roux.

- Ron, il n'y aura pas de toi et moi. Jamais, fit-elle en retenant un haut le cœur.

- Tu dis ça parce que tu n'es pas encore… commença le Gryffondor.

- Non. Je vais parfaitement bien, assura-t-elle. Désolée, Ron, mais je ne veux pas sortir avec toi. Jamais nous ne serons ensemble.

Le jeune homme lui lança un regard triste, son visage ayant brusquement pâli. Ses lèvres tremblèrent, comme s'il voulait dire quelque chose, mais se ravisa. Il serra les poings, détourna le regard et sortit de la pièce en fermant la porte derrière lui. Hermione se mordit la lèvre et retint les sanglots qui menaçaient de s'écouler. La sombre réalité lui tomba dessus. Ses deux existences en tant qu'enchanteresse et que Source n'étaient pas.

- Tout ceci n'était donc qu'un rêve ? Les Sages, les Hauts, l'Origine de toutes magies ? balbutia-t-elle alors que son cœur plongeait dans sa poitrine.

Sa vie avec Minerva ? Pourtant, cela avait semblé si réel…

« C'est le propre d'un rêve… » songea-t-elle avec amertume et désillusion.

Cependant, elle ne pouvait pas oublier. Elle observa ses mains, regarda son corps, celui d'une jeune femme de dix-huit ans. Mais elle ne se sentait pas comme telle. Toutes les épreuves qu'elle avait vécues – rêvées ?- l'avaient changée.

Soudain, elle eut une idée. Elle leva une main tremblante et se concentra. Cinq minuscules boules de lumière blanche, à peine visibles, apparurent au bout de ses doigts. Elle se concentra pour les faire grossir mais n'y parvint pas.

Elle interrompit son sort alors que les battements de son cœur s'accéléraient.

- C'est déjà quelque chose… soupira-t-elle.

« Source ? Tu es là ? » appela-t-elle dans son esprit.

Elle attendit impatiemment mais, au bout de quelques minutes, elle dut se rendre à l'évidence. Elle était seule.

- Ces rêves sont vrais, j'en suis certaine. Dans ma première vie, je ne savais pas faire de magie sans baguette. Et j'ignorais l'existence de ce sort. Il faut que je sache, marmonna la Gryffondor.

Elle repoussa brusquement les draps et se leva difficilement. La pièce tanguait sous ses yeux et elle s'accrocha à la table de chevet. Son esprit s'embrouillait alors qu'elle cherchait ses vêtements.

« Qu'est-ce qui est réel et ne l'est pas ? » se demanda-t-elle inlassablement en fouillant la pièce.

Elle finit par trouver dans un placard ses vêtements déchirés et tâchés de sang. Elle les passa, noua les lacets de ses chaussures et quitta d'un pas mal assuré sa chambre. Dans le couloir, elle tomba nez à nez avec Harry qui tenait dans ses bras Ginny.

- Hermione ! Comment vas-tu ? lança le jeune homme, visiblement réjoui de la voir.

La brune déglutit et tenta de contenir la vague de colère qui s'emparait d'elle. Elle ne pourrait jamais faire semblant avec Potter. Trop de choses s'étaient passées entre eux. Remarquant le silence gêné de la brune, Ginny se leva et la serra dans ses bras.

- Tu es toute pâle et tu tiens à peine debout. Tu devrais retourner te coucher, dit-elle doucement.

- Non… Je dois y aller, rétorqua Hermione en la repoussant gentiment.

- Mais où ça ? demanda Harry, perplexe. Hermione, sois raisonnable. Tu n'es pas en état.

La brune ne répondit pas et s'éloigna en direction de l'aire de transplanage. Elle devait trouver Minerva. Peut-être que sa femme… non, son professeur savait quelque chose. Peut-être qu'elle aussi avait fait ce rêve ?

Elle secoua la tête et se mordit une fois de plus les lèvres. Il n'y avait que peu de chance. Arrivée devant les ascenseurs, elle avisa deux seaux qui étaient posés près d'un chariot de nettoyage. Alors qu'elle appuyait sur le bouton, une idée se forma dans son esprit. Regardant autour d'elle et ne remarquant que des patients accompagnés de leur famille, elle se saisit des anses et s'engouffra dans l'ascenseur. Une fois dans le hall de l'hôpital, elle gagna l'entrée et disparut dans un craquement sonore pour réapparaître quelques secondes plus tard dans les Highlands.

- Si ce que je cherche n'existe pas, je me fais interner chez les fous… murmura-t-elle en pénétrant dans une grotte.

Elle avança précautionneusement dans l'obscurité, pour déboucher dans une large cavité. A quelques mètres d'elle se trouvait une grande étendue d'eau. Sentant son pouls battre dans ses tempes, elle s'en approcha vivement et s'agenouilla pour remplir les seaux.

- Bonjour… fit une voix rauque dans l'obscurité.

- Bonjour Horgar. Vous m'excuserez, je suis pressée, je n'ai pas le temps de boire le thé, fit la jeune femme.

- Mais que… commença le troll.

- Je repasserai vous voir plus tard. Merci pour l'eau !

Et sur ces mots, Hermione souleva les deux seaux remplis et transplana.


Minerva McGonagall regardait, navrée, la façade endommagée de Poudlard. Des pans de mur entiers avaient été détruits. Et ce n'était que l'extérieur. Les doubles portes n'étaient plus que des morceaux de bois, le parc ressemblait à une tranchée de Verdun et le saule cogneur avait été déraciné.

- Des mois de travail pour remettre le tout en état… soupira-t-elle, la mort dans l'âme.

Néanmoins, elle était heureuse et soulagée que la guerre soit finie. Voldemort avait été défait par Harry Potter, la plupart des élèves avaient survécu. Elle ressentit un pincement au cœur en songeant à ceux qui été morts. Fred Weasley, Tonks, Lupin, Severus… L'ancien mangemort n'avait jamais été du côté de Voldemort. Il avait toujours œuvré sous les ordres de Dumbledore et la nouvelle Directrice de Poudlard regrettait à présent leurs nombreuses disputes.

Elle écrasa une larme qui roulait sur sa joue et allait gagner l'intérieur du collège quand un halètement se fit entendre. Elle se retourna et fronça les sourcils. Hermione Granger marchait dans sa direction, portant deux seaux visiblement trop lourds pour elle. Les vêtements de la jeune femme étaient déchirés, tâchés de sang, et son ancienne élève semblait plus pâle et désorientée que jamais.

- Miss Granger ! Que faites-vous ici ? Ne devriez-vous pas être à Sainte Mangouste ? lança le professeur, son regard exprimant un immense soulagement de la voir vivante.

La brune s'arrêta à quelques pas de la Directrice et posa ses seaux. Elle essuya d'un revers de la manche les quelques gouttes de sueur qui perlaient sur son front et observa d'un œil critique son professeur.

- Miss Granger, vous allez bien ? demanda McGonagall, inquiète du comportement étrange de la jeune femme.

Pour toute réponse, Hermione se saisit d'un seau et en vida le contenu en le lançant sur l'animagus. La douche glacée tira un cri de surprise à cette dernière.

- Je peux savoir ce qui vous prend ? aboya-t-elle, le visage et les cheveux ruisselants d'eau.

- J'ai bien fait d'en prendre un deuxième… marmonna la préfète en attrapant l'anse du second seau.

Le professeur de métamorphose n'eut le temps d'esquisser un geste qu'elle fut de nouveau douchée. Elle s'approcha vivement de son élève, des éclairs dans les yeux. Elle avait froid, ses vêtements étaient trempés et elle leva la main pour l'abattre sur la joue de la brune. Cependant, elle suspendit son geste, remarquant que sa peau avait… rajeuni ?

Hermione, quant à elle, contemplait la femme devant elle. Son visage était lisse, jeune. Ses yeux verts reflétaient une colère froide qui laissa rapidement place à la stupeur.

- Le quart de siècle te va à ravir, dit doucement la brune.

- Le quart de quoi ? Mais qu'est-ce que… commença McGonagall.

Elle ne put finir sa phrase. Hermione avait franchi les derniers pas qui les séparaient, se hissa sur la pointe des pieds et posa ses lèvres sur celles de son professeur. Elle passa ses bras autour des hanches de l'animagus et la serra contre elle.

Minerva se raidit dans l'étreinte et repoussa doucement la jeune femme qui n'avait visiblement pas toute sa tête.

- Miss Granger, je pense que vous vous égarez. Je peux comprendre votre joie d'être... vivante malgré les épreuves, mais je suis votre professeur, et vous ne pouvez pas ...

L'animagus dévisageait son élève, inquiète de la lueur intense qui brillait dans le regard noisette.

- En revanche, j'aimerais savoir pourquoi vous m'avez lancé ces seaux d'eau à la tête ! continua-telle en fronçant les sourcils.

- L'eau de la Fontaine de Jouvence ? demanda Hermione. Histoire que la situation entre nous soit un peu moins bizarre qu'elle n'y paraisse. Et tu n'es plus mon professeur, Minerva ! Maintenant que j'ai répondu, puis-je t'embrasser ?

Minerva continua à tenir la jeune femme à distance.

- La Fontaine de Jouvence ? répondit-elle interloquée. Et quelle situation entre nous ? Asseyez-vous, je vais appeler Pomfresh.

- Non ! répliqua Hermione. Je vais bien. Parfaitement bien. Peux-tu arrêter de réfléchir et écouter ton cœur de temps à autre ?

Minerva ne semblait pas comprendre.

- Miss Granger, ce que vous dites n'a aucun sens… répondit l'animagus en secouant la tête. Les médicomages de Sainte Magouste vous ont-ils dit par quel sort vous avez été atteinte ?

- Je ne suis pas malade ! rétorqua Hermione, agitée, exaspérée de devoir expliquer ce qui était l'évidence. J'ai fais un rêve… qui n'en était pas un finalement… Enfin, je n'en sais rien. Tout est confus. Qu'est-ce qui est réel et qu'est-ce qui ne l'est pas ?

Hermione passa une main sur son visage et sentait qu'elle avait de la fièvre.

- Tu étais ma Guide, j'étais la neuvième sage. Il y avait Merlin, Marylin, Aliénor… Et Rose, notre fille, la dixième sage, le Maître des chimères ! Nous avions une maison à Avalon, juste à côté de la forge de Culann. Et pendant des siècles, nous avons surveillé l'humanité, ensemble ! Parce que j'étais la Source, l'Origine de toutes magies. Non, pas l'imparfait. Je suis toujours la Source.

Elle fut prise d'un léger vertige et s'accrocha au bras de McGonagall.

- Hermione, fit l'animagus inquiète. Vous ne devriez pas vous énerver comme ça, vous êtes encore malade, constata-t-elle en passant sa main sur le front de son élève.

Elle stabilisa la Gryffondor de ses deux mains sur les épaules et la regarda dans les yeux.

- Je vous propose de venir vous reposer dans mon bureau. On va appeler Pomfresh et tout ira bien. D'accord ?

- Comment faire pour que tu me croies ? continua la jeune femme. Bon sang, Minerva ! Je ne délire pas ! Je…

Elle s'arrêta et son regard se posa sur les portes délabrées de Poudlard.

- Il faut que ça marche… murmura-t-elle en levant une main tremblante.

Hermione sentit la magie affluer à l'extrémité de ses doigts. Le pouvoir fourmillait et elle l'expédia rapidement en direction des morceaux de bois qui gisaient sur la pelouse. Quelques instants plus tard, les portes semblaient comme neuves, contrastant avec le mur délabré. Minerva regardait maintenant la brune avec la plus grande attention. Ce qui venait de se produire était tout simplement hors de sa portée, même pour une élève très douée. Cependant, l'effort fourni pour déployer autant de magie avait fini de vider Hermione de ses dernières forces. Minerva n'eut que le temps de s'approcher pour éviter que la Gryffondor ne s'effondre par terre.

- Bon sang… Qu'est-ce qui m'arrive ? Je voulais réparer tout le pan de mur et il n'y a que la porte qui… balbutia-t-elle. Je ne suis plus moi-même. Quelque chose cloche avec ma magie.

- Je suis obligée de reconnaître qu'il s'est passé quelque chose depuis la bataille, répondit la sorcière en fronçant les sourcils. Reste à découvrir quoi, rajouta-t-elle sobrement en remettant Hermione sur ses pieds. Un thé, Miss Granger ?

La brune se blottit un instant dans les bras de son professeur et ferma les yeux.

- Miss Granger ? Laisse tomber le formalisme, s'il te plait. Et laisse-moi profiter de toi quelques instants.

Minerva était prise au dépourvu, la jeune femme dans ses bras. Elle la sentait fébrile, apeurée. Elle l'entoura de ses bras et laissa aller sa joue contre la tête de la jeune sorcière, regardant la porte restaurée.

- Un transfert de pouvoirs, marmonna-t-elle pour elle-même. Mais qui en serait à l'origine ?

Hermione releva la tête et soupira.

- Je te donnerai tous les détails tout à l'heure. Pour l'instant, n'y réfléchis pas, mon amour, fit-elle en prononçant le dernier mot à voix basse.

Minerva dévisagea à nouveau sa préfète.

- J'ai eu quelques déclarations par le passé, mais la votre est assurément la plus inattendue et la plus... surprenante.

- Tu veux une vraie déclaration ? Je peux me fendre d'une… Alors, que dirait Parkinson dans de telles circonstances ? marmonna la jeune femme. Ah oui, ça devrait être pas trop mal ça. Minerva, tu es celle qui fait battre mon cœur depuis que j'ai posé les yeux sur toi. Je ne veux pas passer une minute de plus loin de toi.

Elle ponctua son petit discours en posant brièvement ses lèvres sur celles de l'animagus.

- Alors ?

L'animagus recula légèrement et secoua la tête, vraiment inquiète du comportement et des propos de son élève. Hermione était encore sous le coup d'un sort qu'elle avait reçu, c'était certain. Comment devait-elle agir ? Elle décida de calmer la jeune femme, de rentrer dans son jeu pour pouvoir ensuite la ramener à Sainte Mangouste.

- Je ne m'attends pas à du conventionnel de votre part, Hermione, pour autant que j'arrive à comprendre ce qui se passe.

La Gryffondor fronça le nez mais n'eut pas le temps de parler, le professeur effleurant du doigt les lèvres de la jeune femme.

- Vous l'avez dit vous-même, vous avez des siècles d'histoire de plus que moi, ajouta l'Ecossaise.

- Vieillir de six cents ans en trois jours, ça fatigue. Pourrais-je m'allonger dans tes appartements, s'ils sont toujours en état ?

Minerva grimaça.

- Ce n'est pas tout à fait ça, mais j'arriverai bien à vous trouver une place entre deux pierres et trois tuiles. Cependant, vous me devez des explications Miss Granger, et je compte bien en avoir le détail.

- Je te propose un marché : je te raconterai tout mais à la condition que tu arrêtes de donner du Miss Granger et que tu m'embrasses. Là. Maintenant, fit la jeune femme avec un air de défi dans le regard.

Minerva tiqua mais ne dit rien. Après un bref instant d'hésitation, elle se pencha et effleura délicatement de ses lèvres celles de la jeune sorcière.

- J'ai rempli ma part de marché, Hermione.

L'ancienne préfète roula des yeux, agacée.

- Je t'ai connue moins prude… murmura la jeune femme avant de s'emparer des lèvres de son professeur en un baiser urgent.

La brune fit glisser ses mains le long des hanches de l'animagus pour ensuite caresser son dos en de langoureux va et vient. Minerva attrapa les mains de son élève, tout en répondant partiellement au baiser.

- Je ne doute pas de vos sentiments, mais je vous demanderais de prendre en compte leur soudaineté pour moi, Hermione. Sans être insensible, je ne suis pas celle que vous pensez connaître. Du moins, pas encore… ajouta-t-elle rapidement en voyant la nervosité de son élève.

« Source ? Tu es là ? Tu m'as encore mis dans une situation ubuesque. Aussi, tu as intérêt à te manifester ! Immédiatement ! » pesta intérieurement Hermione.

Elle attendit quelques instants, en se mordant la lèvre inférieure. Mais la petite voix dont elle avait rêvé ne répondit pas.

- Suis-je folle ou pas ? A-t-elle réellement existé ? Pourtant, la Fontaine, mes pouvoirs… Que se passe-t-il ? marmonna-t-elle.

Elle leva les yeux vers Minerva et soupira doucement, le regard exprimant une peur profonde et une grande détresse.

- Je ne comprends plus rien…

- Nous sommes deux alors, répondit l'animagus. Mais nous trouverons la réponse à ce qui vous est arrivé, car je ne doute pas qu'il se soit passé quelque chose, dit-elle en souriant à la jeune femme perplexe et perdue.

Elle mit son bras autour des épaules d'Hermione et elles se dirigèrent vers le perron de l'école.

- Serais-tu ennuyée si je te dis que… je t'aime ? murmura Hermione.

Minerva baissa les yeux vers la jeune sorcière avec un sourire.

- Je crois que je m'en suis aperçue.

- Ce que je veux dire… Bon, tu sais ce que je ressens. Mais toi ? Après tout, dans cette vie, ca fait un an que nous ne nous sommes pas vues, tu me considères toujours comme ton élève. Et j'aimerais savoir si tu ne m'as pas embrassée par… comment dire… pitié pour une élève que tu collerais bien au pavillon des fous à Sainte Mangouste.

- La pitié est un sentiment dangereux qui conduit celui qui la ressent et celui qui la subit dans une impasse. Il n'est certainement pas question de pitié entre vous et moi, Hermione. Je vous considère comme une élève, mais je sais qu'avec du temps et si cela doit vraiment se faire, j'arriverais à dépasser ce sentiment, répondit le professeur. Mais je tiens à vous, Hermione. N'en doutez jamais.

« Surtout quand vous serez de nouveau à Sainte Mangouste. J'espère que vous saurez que c'est pour votre bien. » ajouta-t-elle intérieurement.

- Des siècles de mariage pour entendre ça… J'aurais mieux fait de rester dans le coma, marmonna l'élève en roulant des yeux. Mais bon, pour le moment, j'vais m'en satisfaire.

- Contente de ne pas vous décevoir, rétorqua Minerva en haussant un sourcil.

- J'ai l'habitude. Tu n'as jamais été une grande romantique. A peine un bouquet de fleurs pour mon anniversaire. En revanche, c'était tout un drame si j'avais le malheur d'oublier notre date d'anniversaire de mariage…

- Six cents ans vous dites ? Et six cents ans vous ne l'avez jamais mémorisé ? Je vous croyais plus appliquée, se moqua l'animagus.

Hermione s'arrêta de marcher et enfonça son index entre les côtes de Minerva.

- Le sujet n'est pas là ! gronda-t-elle en fronçant les sourcils. Je te parle de ton handicap à exprimer tes sentiments. Si je n'avais pas bousculé les choses, on se serait encore regarder dans les blancs des yeux au bout de cinq cent ans ! Et ne compte pas me refaire le même cirque dans cette vie, Minerva McGonagall !

L'animagus se tourna vers Hermione et la dévisagea longuement, laissant s'installer un malaise entre elles. La Gryffondor la défia un moment puis baissa son regard de peur d'être allée trop loin. Elle devait laisser le temps à son ancienne directrice de tomber amoureuse.

« Un peu mais pas trop ! » pensait-elle en contemplant le bout de ses chaussures.

Minerva sourit devant l'air buté affiché par la jeune femme.

- Laissez-moi un peu de temps, Hermione. Mais je promets de faire un effort…

La jeune femme acquiesça et, nouant ses doigts à ceux de son professeur, se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un court baiser sur les lèvres de l'animagus.

- Accordé… chuchota-t-elle avec un sourire, songeant à ce mot que Dumbledore avait prononcé au début de son rêve, voilà des centaines d'années de cela pour elle, trois jours pour le reste de l'humanité.


Peeves, posté devant une des fenêtres du troisième étage, observait les deux sorcières grimper les marches menant au grand hall.

- Et bien, elles n'ont pas perdu de temps… caqueta-t-il, amusé.

- Et ça t'étonne ? demanda une voix fluette.

Le spectre tourna la tête et sourit alors que Mimi Geignarde voletait vers lui.

- Tu as enfin quitté tes toilettes ? Y'avait plus de papier ? gloussa Peeves.

Le fantôme de la Serdaigle le regarda froidement et le petit homme grassouillet se tassa sur lui-même, honteux.

- Désolé, Origines de toutes magies. Je me suis oublié, marmonna-t-il.

- Je préfère ça, fit Mimi en regardant par la fenêtre.

McGonagall et Granger s'étaient arrêtées en haut des marches, la préfète posant un énième baiser chaste sur les lèvres de la Directrice, et l'ancienne Serdaigle eut un sourire attendri.

- Je suis heureuse pour elles. Elles le méritent, fit Peeves avec un léger soupir.

- Ce n'est pas encore le moment pour elles. Mais il viendra. Prochainement. Hermione doit se reconstruire avant. Retrouver une place dans cette existence.

- Il faut dire que le rêve que vous avez envoyé à l'emmerdeuse en chef n'était pas de tout repos… remarqua le spectre.

- Je sais, mais c'était nécessaire. Elle avait besoin d'une formation accélérée. Je ne pouvais me permettre de la laisser progresser par elle-même… fit Mimi, son regard devenant lointain. Maintenant, elle réalise la portée de ses actes futurs et ne refera pas les mêmes erreurs. Tout se passera bien.

- Quand commenceront les problèmes ?

- Bientôt. Mais elle a un peu de temps pour se reposer. Le monde sort d'une guerre, après tout.

- Et il faut reconstruire Poudlard.

- Ca ne prendra qu'un mois à Hermione. Elle a l'habitude. Si les sorciers la laissent faire…

- Pourquoi l'avoir choisie ?

- J'ai mes raisons. Mais elle sera à même de faire face à ce qui se profile. Je n'aurai pu trouver meilleure candidate, sourit la Source.

Les deux fantômes se turent un moment et Mimi sourit alors que les deux sorcières pénétraient dans le château.

- Dites-moi, Origine de toutes magies, quand se fera la fusion avec notre enchanteresse ? demanda sérieusement Peeves.

Mimi Geignarde se tourna vers lui et son corps spectral commença à s'estomper pour disparaître complètement.

- Elle a déjà eu lieu, Merlin… Et elle s'en rendra compte bien assez tôt…

La voix éthérée résonna un long moment dans le couloir. Peeves haussa les épaules et s'éloigna en sifflotant. Le monde était à l'aube d'une ère nouvelle et il était impatient de voir ce que l'avenir leur réservait.

Fin de la Trilogie des Origines


Alors ? Ca vous a plus ? Vous en voulez encore ?


A suivre vendredi prochain, sur ffnet :

Après un long séjour à Sainte Mangouste, Hermione Granger peine à retrouver sa place dans la société sorcière. Toute son existence est bouleversée par le rêve envoyé par la Source.

Elle tente de reprendre pied, mais les difficultés s'amoncellent. Un mystérieux personnage entre en scène, par le biais de courriers inquiétants.

Hermione déplia un parchemin qui attira son attention.

QU'EST-CE QUE LA SOURCE ?

Un jeu malsain et dangereux commence alors et la partie ne se terminera qu'à la mort d'un des participants.

Sa joue droite saignait, le liquide rouge contrastant avec la pâleur de sa peau. Elle avait les mains qui tremblaient et son regard ne quittait pas le parchemin.

LE JEU COMMENCE. LA SOURCE PEUT-ELLE ETRE TUEE ?
EXPERIENCE NUMERO 1 : CA SAIGNE…

Qui se cache derrière ces lettres et pourquoi souhaite-t-il la mort d'Hermione ?

Réponse dans la Trilogie d'Avalon, tome 1 : L'Ankou


Bises et joyeux noël, à la semaine prochaine,

Sygui et Link9