10- Difficile reprise…
Voilà la suite... Merci pour vos commentaires, ça fait un bien fou ! Vous êtes mon oxygène quand je quitte un de mes boulots (délétère...). Je décerne donc à Nami, Karine, Teddyursa, Moone la jeunette, Dona12, Noix de Coco, Loony, Cleo, Candice et Emma l'auréole d'or des revieweurs-euses ! Un grand coup de chapeau à mes bêtalectrices (Nami84 et dussartkarine) qui m'évitent bien des coquilles !
Quelques petites z'info :
Antoine artiste... je ne l'ai pas inventé (j'aurais bien aimé, mais non...), c'est brièvement mentionné à la fin de l'épisode 3, saison 2... Lors de l'interrogatoire du fils du cardiologue... Ca vous revient ?
La visite de Barcelone : ça vous a plu ? J'en suis extrêmement ravie... Pour être franche, je n'y ai jamais mis les pieds... Mais j'aimerais beaucoup ! Mais bon, Picasso et Gaudi, je connais, ça aide un peu pour le coup ! J'avais très-très-très-très peur d'avoir des reviews me disant que mon chapitre 9 n'était pas crédible... Imaginez mon soulagement en vous lisant...!
Le nombre de reviews augmente... Je donnerai des info dans le week-end au sujet du projet que Nami et moi fomentons... une fois le "seuil atteint", plus il y aura de reviews, plus il y aura de chapitres... Vous verrez ! Croyez-moi, Nami et moi rions tous les jours en échangeant sur le sujet...!
Et... Courage à nos bachelier(e)s et à tous ceux et celles qui passent des exam' ! Dites moi les résultats en review (j'vous promets une surprise !), en attendant.. je croise les doigts pour vous !
Voila donc la reprise de Candice... Un nouveau début de semaine... Bonne lecture et... au plaisir de vous lire !
Candice retrouva avec plaisir son bureau… et surtout l'open-space. Cette fois, la pièce était occupée par ses deux équipiers. Elle savourait de retrouver un peu de vie en ces lieux habituellement si animés.
Elle sentit la présence d'Antoine avant même de l'avoir aperçu… Il se tenait sur le seuil, immobile… Exactement comme la semaine passée, avant que Chrystelle ne reçoive l'appel de Meddhi. Candice vit sa lieutenant frémir et devina que les mêmes souvenirs lui revenaient à l'esprit.
- Bonjour Antoine, le salua-t-elle
- Candice… Chrystelle, Meddhi…
Le jeune homme lui paraissait divinement beau… Un léger hâle colorait sa peau, faisant davantage ressortir ses yeux verts. Elle était subjuguée… Pourquoi fallait-il qu'elle ait des sentiments pour lui ? Il était en couple, heureux avec sa compagne… Et puis elle n'était pas son « type »… D'ailleurs, depuis ses grossesses, avec ces kilos en trop, était-elle encore le type de quelqu'un ? L'adultère de David prouvait qu'elle ne pouvait plus attirer un homme, du moins… durablement. Le constat la faisait souffrir. Elle soupira, attirant bien involontairement le regard de son ancien second.
- Un souci ?
- Non… Non, non, j'étais dans mes pensées… Avoua la jeune femme
- OK… On peut aller à côté ? Attia et l'IGPN nous attendent…
Les trois rescapés de la BSU suivirent leur confrère jusque dans le bureau de la commissaire. Là, Le capitaine Camor leur présenta l'organisation pour la gestion des enquêtes. Candice écoutait d'une oreille distraite. Elle observait, aussi discrètement que possible, le profil de Dumas. Où est-il donc allé pour bronzer comme ça ? Ses yeux semblaient plus vifs, et même rieurs, à certains moments… En bonne professionnelle, elle retint cependant ce que Camor disait. Du moins… dans les grandes lignes. Elle s'évadait mentalement, loin de cette pièce triste. Ses voyages imaginaires la menaient au soleil, très près d'un Antoine qui ne se contenterait pas d'un baiser volé, sur le pas de sa porte… Après une bonne heure de réunion, ils purent enfin regagner leur salle. Candice se leva, soulagée. Ses pensées commençaient à la mener un peu trop… loin…
- Tout est clair ? Interrogea une dernière fois le capitaine de l'IGPN
- Oui, répondirent en chœur Meddhi et Chrystelle
- Oui, cela me parait parfait, fit Candice.
Elle quitta la pièce en se disant que, de ce qu'elle avait entendu, l'organisation lui paraissait effectivement satisfaisante et logique… Et si tel n'était pas le cas, personne ne lui demanderait son avis de toute façon !
Renoir se plongea rapidement dans la rédaction de son rapport de mission, retraçant les évènements de la semaine passée et, plus précisément, ceux qui avaient eu lieu dans l'appartement de la victime. Elle décrivait ses démarches pour solliciter des renforts lorsque son esprit fatigué commença à divaguer, revenant à leur petite réunion. Même si Camor, et l'IGPN, gardaient la main sur les enquêtes concernant l'inconnue et l'incident avec le forcené, Antoine allait temporairement assister la BSU dans le dossier Etienne Morin. Du moins, dès qu'il aurait bouclé son affaire en cours… Une sombre histoire d'empoisonnement, si elle avait bien compris. Surement un amoureux éconduit… voisin ou collègue… Ce qui signifiait qu'elle le verrait un peu plus… Mais était-ce « un bien » ? Il n'avait pas reparlé de cette invitation suggérée à l'hôpital. Il regrettait surement et n'aborderait plus ce sujet… Dommage… Mais de toute manière, Candice en était parfaitement consciente, avec l'IGPN, il aurait été impossible et stupide qu'ils se voient pour parler du passé… Ce qui lui rappela aussi la discussion avec l'infirmière… Oui, une fois que tout cela serait plus calme, elle prendrait le temps de réfléchir à ses sentiments, à sa relation avec David et celle avec Antoine… Mais d'abord, elle devait achever son rapport !
La jeune femme grignota avec ses collègues, du bout des lèvres. Le vertige qui l'avait saisie en se levant du bureau ne la quittait pas, commençant maintenant à jouer sur son estomac.
- Tu rentres après le repas, Candice ?
- Oui Meddhi. Le temps de finir de recopier mon rapport, l'imprimer et je file. Vous avez fini ?
- Oui, répondit Chrystelle. Je viens de l'ajouter au dossier.
- Moi aussi… Mais il est encore sur l'ordinateur.
- Parfait… Cet après-midi, je pense que vous pourriez prendre des renseignements sur ce forcené… savoir qui il est exactement… Contactez l'hôpital, vérifiez son identité, où il travaille…
- Sa situation familiale, ses voisins… Continua Chrystelle avec un sourire
- Et tout ce qui concerne son domicile… Acheva Meddhi
- Vous n'avez plus besoin de moi… Mes oisillons sont prêts à voler de leurs propres ailes ?!
- Vas-y, Candice, charrie pas trop quand même, grommela Chrystelle
- Dites, Antoine ne devait pas manger avec nous ?
- Nan. Je l'ai vu partir, fit la brunette
- Tu es sure, insista Meddhi
- Oui, il partait vers le port. Il rejoint peut-être Jennifer…
Ils achevèrent leur repas et Candice retourna à son rapport. Elle tapa enfin le point final et lança l'impression. Toujours en proie à ce vertige qui s'éternisait et l'épuisait, elle posa la tête sur ses bras.
…
Une main glissait au milieu de ses mèches, effleurant avec délicatesse sa tempe meurtrie…
- Emma… Murmura Candice en se réveillant
- Non… Répondit la voix d'Antoine
Elle sursauta. Relevant brutalement la tête, elle reconnut son ancien second… assis au bord du bureau, tout près d'elle… Autour, la pièce tanguait dangereusement.
- Candice… Ca va ?
- Oui, oui…
- Tu es sure ? Tu es pâle… Et tes yeux… Tu as des vertiges ?
- Oui… C'est rien. J'ai levé la tête trop vite. Il est quelle heure ?
- 15h… Tu devrais être chez toi… Souffla le jeune homme
- Oui, je sais, Antoine ! Je me suis endormie…
- Allez, prends ton sac, tu n'es pas en état de conduire. Je te ramène.
Elle eut beau protester, ses efforts restèrent vains. Antoine demeura inébranlable. Il la déposa chez elle, promettant de passer la chercher le lendemain matin. Renoir déverrouilla sa porte et monta pour s'affaler dans son lit, épuisée par une simple demi-journée de travail. Elle n'eut pas le temps de culpabiliser que déjà Morphée l'emportait dans ses bras…
…
La jeune femme fut surprise d'entendre la sonnette. Elle n'attendait personne et ne voyait pas qui pouvait bien lui rendre visite alors qu'il était près de 21h…
- David ? Mais… qu'est-ce que tu fais là ?
- Bonsoir Candice… Je… ne te dérange pas ?
- Non, je… Enfin j'allais me coucher. Je suis fatiguée, David.
- Excuse-moi… Je voudrais juste… qu'on parle. Est-ce que je peux entrer… ?
- Je ne préfère pas… Tu comprends… ?
- Oui… Oui. Alors on peut… marcher un peu ? Sur la plage ? Proposa l'homme
- Je peux te raccompagner au portail, trancha Candice
Ils firent quelques pas silencieusement avant que Canovas ne s'arrête au milieu de l'allée. Il souffla profondément, hésita puis se lança :
- Je… je suis désolé, Candice. J'ai agi comme un con…
- Je ne te le fais pas dire…
- Elle ne comptait pas. Elle ne compte pas…
- Alors pourquoi tu l'as rejointe ? Pourquoi coucher avec elle, si elle ne compte pas ?
Candice sentit sa voix partir dans les aigus. La fatigue, l'agacement et la frustration lui faisaient perdre contenance… Elle respira profondément.
- Ecoute David…
- Attends, l'interrompit-il en posant les doigts sur son bras découvert. On s'est fait prendre par nos souvenirs, c'était un amour de jeunesse… Et… Tu sais, j'étais là… Dans l'appartement… J'ai cru que tu étais morte…
- …
- J'ai compris combien je tiens à toi, Candice… Et… Je tournais en rond, j'avais besoin de te voir, d'être sûr que tu vas bien…
Le commandant de la BRI s'était rapproché. Un léger bruissement dans la haie attira l'attention de Candice. Un mulot… Pourquoi ce chien ne les chasse-t-il pas ?! Le souffle de David l'alerta. Elle le repoussa sèchement.
- Tu arrêtes ça tout de suite !
- Mais…
- Non ! Le coupa-t-elle. C'est fini, il n'y a pas à y revenir. De toute façon, je ne sais pas ce que tu fais là, il y a une enquête de l'IGPN en cours. On n'a pas le droit de se voir tant que les résultats ne sont pas connus…
- Je m'en fous, moi…
- Et bien pas moi ! Et mon équipe non plus. Si les bœufs – carottes me questionnent, je leur dirais que tu es venu, David.
- …
- Si tu pars maintenant, je leur dirais juste que tu étais inquiet et que tu souhaitais avoir de mes nouvelles. En souvenir de notre relation « passée ».
- Ok… Prends soin de toi, Candice… Tu me manques…
- Va-t'en, s'il te plait. Je suis fatiguée…
Elle le regarda s'éloigner, le pas pesant. Il ferma le portail derrière lui, lui accordant un dernier regard… La moto gronda puis s'éloigna dans la nuit. Candice resta seule, dans la pénombre… Elle se sentait soudain seule. Terriblement seule… Et la seule personne à laquelle elle parvenait à penser était… Antoine… Il lui manquait. Sa complicité. Sa douceur et sa compréhension quand elle allait mal… Sa façon de la prendre dans ses bras… Elle aurait tant aimé qu'il soit là. Le froid s'insinuait en elle, la glaçant jusqu'aux os. Derrière, le gravier crissa.
- Tu vas attraper froid, M'man
- Jules ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Candice sentit les bras de son fils l'entourer, la réchauffer. Elle se laissa aller contre lui. Quelques instants plus tard, il lui souffla
- Je veille sur toi, ma petite Maman…
…
Le lendemain, Antoine l'attendait devant le portail. Il la salua d'un bref mouvement de tête et lui tendit un casque. Elle l'enfila, blessée par cette froideur. Il y a quelques jours encore, il proposait de se retrouver, parler du passé… Elle croyait même qu'il y avait une chance qu'il revienne à la BSU ! Avec son aide, elle s'assit sur la moto. Il la guida pour entourer son torse de ses bras, puis il démarra. Candice se laissa aller contre lui… Si c'était le seul contact qu'il lui accordait, alors elle en profiterait, savourant ce corps masculin, musclé et tentateur… Volant un peu de sa chaleur…
La matinée fila ensuite extrêmement vite. La BSU, accompagnée du capitaine de la PJ, se rendit à l'appartement d'Etienne Morin. Ils récupérèrent les documents que ce dernier aurait dû prendre, le jour de leur confrontation avec l'homme armé, une semaine plus tôt. Le jeune lieutenant semblait angoissé. Candice, inquiète, le conservait dans son champ de vision. Elle était certaine qu'il souffrait d'un état de stress post traumatique, comme Antoine après avoir pris cette balle… Elle se rapprocha de lui. La peur rétrospective la fit vaciller un instant, l'obligeant à s'appuyer sur l'épaule de Meddhi. Le jeune homme sembla revenir à la vie et la soutint aussitôt, prévenant et attentionné, comme à son habitude. Chrystelle se chargea de prendre les documents qu'ils cherchaient. La pièce sembla retrouver lentement sa stabilité… Ces vertiges étaient étonnamment violents, surgissant si brusquement qu'elle n'avait pas toujours le temps de prendre appui… Il faudrait qu'elle en parle au médecin…
Antoine referma la porte et apposa les nouveaux scellés. Candice sentit sa main la retenir. Etonnée, elle se tourna vers son ancien second. Il avait ce visage fermé et soucieux des jours où il était préoccupé… Sans un mot, il lui prit le bras pour descendre l'escalier. Se pouvait-il que, malgré la distance dont il faisait preuve, il tienne à elle ?
Ils déposèrent les pièces à conviction dans le bureau de Renoir puis repartirent aussitôt pour une seconde perquisition. Celle-ci avait lieu au domicile du forcené, dont Meddhi avait trouvé l'adresse la veille. Deux heures plus tard, ils rentraient enfin. Candice prit sa voiture, laissée la veille sur le parking, et rentra directement. Elle laissait à ses collègues le soin d'enregistrer les différents éléments saisis et commencer les rapports. Elle validerait tout cela le jour suivant…
…
Candice se coula avec délice dans l'eau chaude du spa… Elle n'aurait pas imaginé utiliser seule ces tickets que David lui avait offerts quelques semaines auparavant, pour son anniversaire. Elle profita éhontément des piscines d'eau salée, des jets, du parcours à contre-courant… Au bout d'une heure, elle s'accorda une « pause » en s'allongeant confortablement sur une des chaises longues à bulles. La musique douce la berçait… Elle était si bien…
Elle sentit la main lui caresser tendrement le visage. Elle ouvrit les yeux, surprise de voir Antoine à côté d'elle… Il lui sourit et, du pouce, lui effleura les lèvres. Candice ne parvenait plus à bouger… Les doigts descendirent le long de sa mâchoire puis de son cou… son épaule… la courbe de son sein… sa taille… Enfin ils s'immobilisèrent sur sa hanche. Il la regardait droit dans les yeux, sérieux et silencieux. Se penchant lentement vers elle, il déposa un long baiser à la commissure de ses lèvres. Antoine… Oh, merde, pourquoi je ne suis même pas capable de le prendre par la nuque et l'embrasser… ?! Avec un sourire mutin, il ramena ses longues mains au niveau des clavicules de la jeune femme et entama un massage délicieux. Renoir sentait ses trapèzes, tendus, se relâcher sous les pressions délicates tandis que sa peau frissonnait… Antoine continua son massage en remontant vers sa nuque raidie de toutes les tensions accumulées depuis une semaine… Candice ferma les yeux, paralysée de plaisir, totalement soumise à cet homme… Une caresse plus appuyée lui arracha un petit gémissement. Le contact cessa instantanément et la jeune femme, groggy, rouvrit les yeux. Personne… Antoine avait totalement disparu, c'était incompréhensible. Inconcevable… Il était là il y a… oh… je rêvais… Enfin… je fantasmais presque !
Un peu déçue, la blonde quitta la chaise longue pour se rendre au hammam. Assise dans les vapeurs mentholées, elle se disait qu'elle n'aurait vraiment pas refusé un massage… Du moins, s'il était réalisé par Antoine… Hum… Ce serait intéressant de lui demander de m'en faire un, un jour… s'il l'ose… s'il est capable… L'après-midi s'acheva donc paisiblement dans le centre de bien-être aquatique. Candice se sentait reposée, sereine même. En entrant dans sa voiture, elle se recoiffa rapidement puis attrapa son téléphone. Un appel manqué d'Antoine… L'espace d'une seconde, le souvenir du rêve, de ce baiser au coin de ses lèvres, revint la hanter.
- Allo, Antoine ? Tu as essayé de me joindre…
- Oui… Tu ne répondais pas…
- J'étais au spa… J'avais besoin de me détendre… Pourquoi tu n'as pas laissé de message ? Il y a un souci ?
Elle était soudain anxieuse. Quelque chose dans la voix de Dumas mettait tous ses sens en alerte.
- Antoine… ?
- Oui, Candice…
- Qu'est-ce qu'il se passe, Antoine ?! Tu m'inquiète…
- Les premiers résultats de la balistique viennent de tomber… Je… J'ai une mauvaise nouvelle, Candice…
