Bonjour à toutes et à tous,

Désolée pour le retard, mais j'étais persuadée que cette histoire était complétement publiée. Donc, avec toutes nos confuses, voilà la suite !


Chapitre 9

De retour chez elle, Hermione se laissa tomber durement sur son canapé. Depuis le retour de Minerva dans sa vie, elle avait l'impression de se noyée dans une mer de sentiments contradictoires. Maintenant qu'elle savait la raison du départ de son ancienne amante de sa vie, la jeune femme était au prise avec un flot d'émotions, ne sachant pas trop comment agir, réagir. Que devait-elle faire ? Elle n'en savait strictement rien et cela la troublait. Elle avait toujours été celle qui savait toujours tout, qui réagissait à chaque soubresaut de la vie, tenant fermement les guides de sa vie entre ses mains. Maintenant, elle voguait à la dérive sur des eaux inconnues.

Une chose était certaine, elle devait s'entretenir avec Katie. Elle redoutait cette discussion mais elle sait pertinemment que plus elle retardait cette rencontre, plus cela lui serait pénible. Trouvant au fond d'elle un peu du courage qui l'avait envoyé à Gryffondor, elle se leva et quitta à nouveau son logis. Elle transplanna sur le parvis de l'appartement de la joueuse de Quidditch. Un long moment durant, elle attendit, stupidement plantée devant la porte, n'osant pas frapper.

Qu'allait-elle lui dire ? Quelle serait sa réaction ? Elle ne voulait tellement pas la blesser. Pourquoi était-ce si difficile ? Lentement, son poing se leva et entra en contact avec le bois de la porte, frappant à trois reprises, annonçant finalement sa présence. Katie mit quelques secondes à ouvrir, elle sortait visiblement de la douche. Hermione savait qu'elle devait à peine de revenir de son entraînement quotidien. La sportive professionnelle accueillit la psychanalyste avec un petit sourire, pas celui qu'elle lui destinait habituellement. Pas besoin d'avoir un diplôme en psychologie humaine pour savoir que Katie se doutait qu'il se passait quelque chose d'important et que ce quelque chose qui lui échappait, ne lui inspirait pas confiance.

Hermione lui rendit son sourire et fut invitée à entrer en la demeure de la joueuse de Quidditch. Elles s'assirent en silence un long moment, la psychanalyste cherchant ses mots pour débuter l'explication, la sportive tentant de décoder le langage non verbal de sa copine. Finalement, après ce qui leur parut comme une éternité à chacune, l'ancienne préfète en chef se décida à ouvrir à bouche et raconta tout depuis le début.

Elle lui expliqua la véritable nature de sa relation avec leur ancienne directrice de maison. Puis sa disparition. Jusqu'à son retour. En passant par une brève explication de la nuit de la veille. Katie écouta en silence le récit de sa copine. Son visage trahissait son étonnement, ses traits démontraient qu'elle cherchait elle-même dans sa mémoire, des moments du passé pouvant avoir donnés des signes de leur relation, en vain.

Ce n'est pas parce que l'on est sportive et que le Quidditch compose en grande partie notre vie que nous n'avons pas de cerveau. Katie était certes, une jeune femme très intelligente. Elle comprit rapidement ce qui chicotait tant sa copine. Elle n'avait pas besoin que l'on lui fasse un dessin de la chose, elle avait comprit qu'Hermione avait encore des sentiments pour McGonagall. Sans doute des sentiments bien plus forts que ceux qu'elle éprouvait pour elle.

Cette constatation lui enserra le cœur. Évidement, elle s'était attachée énormément à Hermione, elle n'était pas superficielle comme tant d'autres. Katie avait vraiment cru que ça pouvait marcher entre-elle. Visiblement, elle s'était trompée. Jamais elle ne pourrait compétitionner avec l'étincelle qu'il y avait dans le regard d'Hermione lorsqu'elle parlait de l'ancienne directrice adjointe de Poudlard. Katie Bell savait reconnaître l'amour le vrai lorsqu'elle le voyait. Elle aurait seulement aimé que ce regard soit suscité par elle, qu'elle soit la raison de cette flamme qui brûlait dans les yeux de la jeune femme.

Hochant simplement la tête, Katie fit comprendre à Hermione qu'elle avait saisi, qu'elle n'avait pas besoin d'en ajouter. Non, elle ne lui en voulait pas. Non, il n'y aurait pas de scène, ni de pleurs de supplique. Bien sûr, elle avait mal, bien sûr cela prendrait du temps à cicatriser mais là était la différence entre les deux relations d'Hermione.

« Je crois que je peux facilement dire que je t'aime Hermione mais je sais au fond de moi, que mon cœur se remettra éventuellement de cette relation. Au contraire de ton cœur qui semble encore attendre quelque chose de ta relation avec McGonagall. Je suis heureuse pour toi. Tu mérites d'être pleinement heureuse et visiblement, le professeur McGonagall y parviendra mieux que moi, si vous vous retrouvez à tout le moins. Fonce Hermione, ne la laisse pas te glisser entre les doigts une fois de plus ! »

Granger était soufflée par la sincérité des propos de celle qui était maintenant, officiellement, son ex-copine. Elle avait raison, Katie Bell était une femme exceptionnelle, qui méritait elle aussi d'être heureuse. Hermione verbalisa ses pensées et lui souhaita à son tour de trouver la personne parfaite pour son cœur, son âme et son esprit.

Elles se quittèrent après s'être fait une dernière accolade, amicale cela. Elles promirent également de continuer à se voir, question de garder une relation amicale, chacun appréciant la présence de l'autre.

Après cet entretient qui aurait pu être définitivement plus pénible, Hermione prit le chemin de la résidence de Minerva. Elle avait promis à Dobby de passer plus tard pour prendre des nouvelles de l'ancienne enseignante. Elle fut accueillie par l'elfe de maison qui une fois de plus formula sa joie de la revoir.

« Professeur McGonagall a dormi une bonne partie de la journée. Elle s'est enfermée dans sa chambre et n'a pas voulu recevoir Harry Potter. Harry Potter est reparti depuis peu, disant qu'il reviendrait plus tard. »

« A-t-elle mangé au moins Dobby ? » demanda Hermione qui soudainement se souvint qu'elle-même n'avait pas mangé depuis longtemps.

« Professeur McGonagall refuse. Dobby a tenté de lui préparer une soupe un peu plus tôt mais professeur McGonagall n'a même pas ouvert sa porte pour prendre le plateau. Dobby s'inquiète. Dobby aime bien professeur McGonagall et Dobby a de la peine de voir professeur McGonagall dans cet état. »

« Je sais Dobby, je sais… moi aussi… » admit doucement Hermione en tentant de réconforter un peu l'elfe de maison.

Puis elle s'informa s'il restait de cette soupe qu'il avait préparée. L'elfe lui répondit par l'affirmative et elle lui demanda de préparer à nouveau un plateau, cette fois avec deux bols. Elle était bien décidé à nourrir elle-même Minerva s'il le fallait. Hermione soupira à l'attitude de son ancienne amante, ce qu'elle pouvait être tête de mule lorsqu'elle le voulait.

Hermione attendit patiemment devant la porte de la chambre de Minerva. Cette dernière, certaine qu'il s'agissait de Dobby qui venait de nouveau l'importuner avec son idée saugrenue qu'elle devait manger un peu, l'envoya paître. La jeune femme s'attendait à ce genre d'accueil et avait déjà en main sa baguette magique. Se souvenait clairement de l'incantation qu'avait l'habitude d'utiliser jadis Minerva sur ses appartements, elle prononça le contre sort et fut récompensée par un petit déclic sonore. Un petit sourire victorieux apparut aux lèvres d'Hermione qui entra avec précaution dans la chambre, évitant au dernier moment un oreiller lancé avec force par Minerva qui était certaine de trouver Dobby et non pas la jeune Granger.

« Hermione… » murmura Minerva visiblement surprise et nerveuse.

La jeune femme s'approcha, ayant revêtu son air déterminé, ce qui fit prendre conscience à Minerva qu'elle s'en sortirait pas aussi facilement cette fois. Une douce tempête couvait en la personne de la psychanalyste et l'ancienne enseignante savait qu'elle n'y échapperait pas.

Calculant rapidement ses options, Minerva décida d'accepter de manger un peu, ainsi elle s'achetait du temps sur la tempête à venir et avait l'espoir de calmer un peu Hermione. Peine perdue, il y avait quelque chose dans le regard de la jeune femme qui indiquait qu'elles allaient avoir une discussion, là, maintenant et qu'Hermione n'attendait rien de moins que de régler leur conflit.

Hermione avait spécifié plus tôt qu'elle venait en tant qu'Hermione Granger, non pas le docteur Granger. Malheureusement pour Minerva, c'est justement cette Hermione qu'elle craignait le plus. Le docteur écoutait, proposait des alternatives, tandis que la jeune femme pouvait laisser parler ses émotions, ressentir toutes une gamme de sentiment que la professionnelle en elle n'aurait jamais osée. Cette perspective effrayait McGonagall qui pourtant soupira et fit signe à la jeune femme qu'elle était prête à subir l'assaut.

Une joute orale se tiendra dans cette chambre. Hermione ne quitterait que lorsqu'elle aurait l'assurance que tout avait été mis au clair, pas avant. Il était temps que quelqu'un brasse un peu Minerva, pour tenter de la sortir de ce cercle infernal dans lequel elle s'était elle-même enfermée cinq ans auparavant.