Alors voilà, après deux semaines au lieu d'une, un nouveau chapitre ^^
Le manque d'inspiration commence à pointer le bout de son nez !
Je ne veux pas aller trop vite mais je ne sais que faire en attendant…
Enfin bref, dans l'espoir que celui-ci vous plaise !
Petit renseignement :
Dans une review anonyme (à laquelle je ne peux répondre, que de tristesse !), on m'a demandé de préciser l'âge des personnages car je reste assez flou là-dessus.
En fait, c'est fait exprès parce que j'aime bien quand le lecteur peut imaginer ce qui entoure le personnage mais voilà, dans ma tête, Draco et Blaise ont 22 ans, Théodore en a 20 et Harry 17.
Concernant Remus et Sirius je pensais à un début de milieu de trentaine : 32-36…
Voilà tout !
CHAPITRE 9
Draco se débattit violemment contre le surveillant qui venait de l'attraper par les cheveux avant de se retrouver au sol, suivis de ses complices.
Le soleil se levait à peine et ils avaient déjà été retrouvés. Cette fugue était la seconde qu'ils entreprenaient et échouaient aussitôt. Mais les trois adolescents étaient restés libres deux heures de plus que lors de leur première tentative.
Les deux hommes qui les avaient attrapés s'amusèrent à intimider les fugitifs, trainant des pieds devant leur visage au sol.
Théodore tremblait.
L'un des surveillants rit en se moquant allègrement de l'adolescent effrayé.
Blaise et Draco n'en menaient pas large non, seulement, ils maîtrisaient leur corps.
Il ne fallut pas longtemps avant que Théodore ne reçoive le premier coup. Blaise se redressa aussitôt pour venir faire bouclier autour de lui. L'adolescent, toujours à terre, s'accrocha au grand noir qui encaissait les coups sans broncher.
Le jeune homme blond, resté à terre sans faire mine de bouger, les regardait avec terreur. Dans son esprit, sa lâcheté et l'amour qu'il portait à ses deux amis luttaient pour savoir qui prendrait le dessus.
Mais il n'eut pas le temps de résoudre ce dilemme qui devenait insoutenable, l'homme resté à rire avec son collègue qui meurtrissait Blaise et Théodore se pencha vers Draco qui arrêta de respirer. L'homme le prit par les cheveux pour le relever brusquement.
Draco glapit en portant ses mains à celles du surveillant. Il le griffa sans le vouloir alors que l'homme lui assénait des insanités qu'il aurait préféré ne jamais entendre.
L'adulte le lâcha brutalement en hurlant d'effroi alors que le blondinet retombait lourdement contre la terre.
Sachant que la sentence de son erreur allait être terrible, l'adolescent fondit en larmes sans oublier de protéger sa tête avec ses bras.
Comme il l'attendait, le surveillant revint à la charge pour le projeter contre un arbre, lui ordonnant de ne pas bouger avec un ton sec.
Le cœur de Draco se resserra d'appréhension lorsque son bourreau remonta sa chemise sale pour dégager son dos déjà meurtri. Ses sanglots redoublèrent.
Le blondinet ne sut, ensuite, s'il s'était évanoui ou si la douleur était telle que son esprit eut décidé d'oublier cet instant de sa vie mais il se souvint qu'il avait senti les pointes acérées d'une branche d'arbre dans son dos.
Il reprit sa respiration quand il fut poussé dans la jeep de la maison de correction, aux côtés de Théodore et Blaise.
Le grand noir se tourna vers lui, révélant un visage difforme et une bouche en sang. Il gratifia son ami d'un sourire. Théodore regardait par la fenêtre, se sentant affreusement coupable. Draco évita de bouger, son dos le faisant atrocement souffrir.
Les garçons furent, de nouveau, escortés jusqu'à Wo.
oOo
Je terminai d'appliquer le latex dans mon dos et ses mes bras et me couchai en attendant que la substance sèche. Je me félicitai mentalement, constatant que j'avais mis cinq minutes de moins à tout cacher.
Je devais m'être assoupli avec le temps.
Remus monta pour annoncer que le repas était servi.
J'enfilai un t-shirt pour descendre en vitesse, particulièrement en joie aujourd'hui.
Je n'avais pas répondu à Dimitri. Il avait sûrement attendu toute la matinée et cela me mettait d'humeur excessivement joyeuse.
J'avais finalement réussis à me remettre de la nouvelle concernant l'âge du Potter.
Quand j'arrivai en bas, je retrouvai Théodore, Blaise et Sirius déjà assis, à attendre patiemment que Remus leur apporte le plat. Ils étaient engagés dans une discussion animée au sujet des photos qu'ils avaient été prendre au commissariat.
Je m'assis à l'écart, les laissant finir. Remus revint finalement, un sourire immense sur le visage et posa le plat au centre de la table.
Et tandis que l'homme servait chacun des adolescents qui s'étaient ajoutés au premier qu'il entretenait déjà, quelqu'un sonna.
Je me levai en annonçant que j'allais ouvrir puis me dirigeai vers la porte.
J'ouvris et fronçai les sourcils.
- Qu'est-ce que tu fous là ? grondai-je.
Dimitri recula d'un pas, espérant se cacher derrière Harry qui me faisait face.
Potter désigna Dimitri d'un signe de tête.
- Il attendait devant la porte et n'osait pas sonner, avoua-t-il, moi, je suis invité.
Le grand brun se décala pour me laisser sortir et entra aussitôt en refermant la porte derrière moi.
Je grognai en entourant mes bras autour de moi pour me réchauffer. Je plantai mes yeux dans ceux de Dimitri.
- Au risque de me répéter : qu'est-ce que tu fous là ? lâchai-je de manière plus agressive.
Je vis Dimitri se tordre les nerveusement les doigts tout en mordillant sa lèvre.
- Je tenais à m'excuser pour hier soir…, dit-il tout bas, je n'étais pas censé rester toute la soirée…
- Très bien, on n'a plus rien à ce dire, salut.
Je me dirigeai vers la porte quand il m'enlaça par la taille en glissant son nez dans mes cheveux.
- Je m'en veux vraiment…
Je n'avais pas réellement remarqué mais Dimitri avait réellement changé. Il avait grandi déjà. Lui qui avait toujours été plus petit que moi. De plus, il ne semblait plus être le garçon vertueux que j'avais connu.
Il était déchu. Comme moi.
- Moi aussi je t'en veux, lâchai-je.
Nous restâmes l'un en face de l'autre sans un mot jusqu'à ce que je reprenne :
- Je ne veux pas sortir avec toi. Je ne veux plus. Tu as trop changé. Je crois que je t'idéalisais trop.
Dimitri eut l'air affreusement touché.
- Si c'est juste pour ça, je peux arrêter sans problème…, murmura-t-il, je veux vraiment qu'on essaye, je suis sûr que ça peut marcher entre nous…
Je soupirai en posant une main sur mes yeux :
- Ca m'a fait vraiment mal, tu sais ?
Dimitri vint m'enlacer, me dissimulant derrière ses bras.
- Pardon, s'excusa-t-il sincèrement, je ne voulais pas qu'il fasse ça… je te promets que je ne pensais que ça se passerait comme ça…
Il commença à sangloter.
Je passai mes mains dans son dos pour le consoler malgré le goût amer qui me restait en bouche.
- Il vaut mieux que tu partes, Dim'. Je suis vraiment touché et… je préfère que l'on ne se voie plus pendant un moment, avouai-je tout bas.
Dimitri prit mon visage entre ses mains.
Il me proposa :
- J'aimerais pouvoir prendre un café avec toi demain, si tu veux bien. Je peux l'apporter ici si tu le souhaites. Comme ça, l'avocat sera avec toi et tu seras sûr de ne rien risquer.
- Je ne crains pas pour ma vie ou mon cul mais que tu me poses un lapin en m'appelant en te faisant baiser par un mec.
Dimitri rougit de honte.
- Ce n'était vraiment pas voulu, je te le promets…, appuya-t-il.
Je soupirai :
- Possible, mais ça m'a touché quand même.
Je perçu un minuscule sourire naître sur les lèvres de mon ex copain.
Je croisai les bras avec une moue boudeuse, vexé que mes sentiments le fassent sourire.
C'est alors qu'il m'embrassa tendrement.
- Je suis content que tu sois resté le même qu'avant…, murmura-t-il.
Il tapota le cadran de sa montre, ses lèvres proches des miennes :
- Demain, dix heures, je serai devant cette porte avec deux petits déjeunés.
Nos regards se croisèrent, se jaugeant mutuellement et intensément, dans un silence de plomb. Finalement, je m'approchai de lui pour lui glisser :
- Je t'attendrai… mais sache que je ne te pardonnerai pas deux fois…
Majestueusement, sans briser ce lien que nous venions de nouer, je m'écartai avec un sourire joueur.
Dimitri m'attrapa par la taille juste quand j'entrouvris la porte pour m'embrasser amoureusement.
Je me laissai aller dans ses bras tandis qu'il me serrait plus fort contre lui en approfondissant le baiser. Mes bras entourèrent son cou pour l'empêcher de s'éloigner de moi.
L'odeur du sexe commençait déjà à me monter au nez.
J'agrippai son col avec bestialité, lâchant finalement ses lèvres.
- J'ai envie de toi, putain…, grognai-je comme un animal.
Il mordit mon cou, me faisant gémir. Il susurra sensuellement :
- Moi aussi, Drake…
Dimitri me plaqua lourdement contre la porte en reprenant notre baiser.
Il glissa son genoux entre mes jambes prenant une position de dominant de par sa gandeur et son assurance.
Il me bouffait. Il devenait bien trop entreprenant.
Il avait vraiment trop changé.
Je le repoussai subitement, haletant.
Dimitri me lança un regard interrogateur. Il tenta de m'embrasser à nouveau mais je détournai la tête.
- Retire ta jambe, ordonnai-je sèchement sans le regarder.
Dimitri se colla plus à moi.
- Pourquoi..? me demanda-t-il doucement en caressant ma joue, je croyais que tu avais envie de moi…
Je me dégageai brutalement de son emprise, furieux.
- Je n'ai plus envie. Lâche-moi.
Je me détournai pour ouvrir la porte.
Mais Dimitri ne l'entendait pas de cette manière, il me plaqua contre la porte.
- Qu'est-ce que tu as ? Qu'est-ce que j'ai fait ? chercha-t-il, j'aimerais comprendre, Drake…
Je me tus un instant avant d'avouer :
- Tu as trop changé. Ça ne me plaît pas. Je ne pensais pas que c'était à ce point.
Dimitri fronça les sourcils. Il me lâcha.
- Et toi, tu n'as pas changé au contraire. Toujours cette question de fierté ? Putain mais pourquoi ne pourrais-je pas être au-dessus ? se révolta le jeune homme.
Je fulminai.
- Et moi ? Pourquoi ne pourrai-je pas être au-dessus ? Je n'ai pas été dominant depuis toi alors la fierté maintenant, je l'emmerde, tu comprends ? De plus, je crains de ne plus être un Malfoy alors l'éducation bourgeoise, je la leur fourre bien profond.
J'entrai puis avant de lui claquer la porte au nez, je lui souhaitai d'un ton ironique :
- Sur ce, bonne nuit.
Je recoiffai mes cheveux avant de me rendre dans le salon, dans l'espoir de pouvoir enfin manger.
Je trouvai Potter et Remus, seuls, à table.
Je mangeai avec eux, discutant peu avec eux, trop fatigué pour cela.
Remus finit par se lever pour rejoindre Sirius en nous demandant poliment de débarasser la table.
Le silence s'installa dans la pièce. Il n'était pas pesant. Peut-être même apaisant.
Et alors que je buvais tranquillement, Potter engagea :
- Vous avez toutes les pièces pour votre dossier finalement ? Tu t'es décidé à être pris en photo aujourd'hui ?
Je reposai simplement mon verre en réprimant une toux après qu'il m'a surpris.
Je levai les yeux vers lui.
- Non, je ne prendrai pas de photos, répondis-je, Black m'a dit que le dossier pourrait être finalisé sans ces photos.
- Mais si tu les fais, vous êtes sûr de gagner le procès. Si tes blessures sont réellement très importantes, elles incrimineront immédiatement ceux qui t'ont fait ça. De plus, tes parents et l'école seront considérés comme complices. Tu ne sais pas ce que tu perds, m'expliqua Harry.
Je me tus, ne voulant revenir sur ce sujet sensible.
Je ne reportai mon attention sur Potter que lorsqu'il glissa ses doigts sur mon épaule sans me lâcher des yeux.
Il chuchota avec un certain ton séducteur :
- Laisse-moi voir, s'il-te-plait…
Je chassai sa main du revers de la mienne, en répondant de manière effrontée :
- Jamais, Potter.
Harry se rapprocha de moi. Il faufila ses lèvres contre mon oreille. Le brunet mordilla mon lobe avec douceur.
- Même si je te promets de te faire du bien en échange… tu pourras être dominant…
Je ris en le repoussant.
- Sérieusement ? lâchai-je réellement amusé, tu me donnerais quelque chose que tu as refusé à ton ex simplement pour voir des putains de cicatrices ?
Je levai un sourcil en attendant sa réponse alors qu'il semblait pensif.
Finalement, Harry planta son regard dans le mien.
- Pour le bien de tous les adolescents qui y sont encore, pour celui de la communauté gay et pour que tous vos démons puissent enfin vous quitter… oui, je le ferais, avoua-t-il sincèrement.
Je me levai, ce discours devenant insupportable.
Je m'apprêtai à monter lorsque je répliquai :
- Rien ne me fera changer d'avis, Potter. Même pas une bonne baise.
Le brune se leva et me rejoignit pour m'embrasser doucement.
- Je t'attends dans ma chambre si tu changes d'avis…, crut-il bon de me prévenir avant de se rendre dans sa chambre.
Je souris doucement, une fois seul dans le noir.
Peut-être devrais-je en profiter. Peut-être que ce soir-là, je pourrais me lâcher puis montrer ces blessures qui ne devraient plus tant m'effrayer.
Je frémis en repensant à la douleur que j'avais ressentie de nombreuses fois.
Et puis, quand Potter aurait vu cette horreur, il n'aurait certainement plus envie de moi alors autant en profiter maintenant, non ?
Je m'assis dans les marches un instant pour repenser à tout cela, la tête entre les mains.
Finalement décidé, j'entrai silencieusement dans la chambre d'Harry qui m'attendait visiblement, en tailleur sur son lit.
Je le rejoignis sans un mot, m'agenouillant devant lui sur le matelas.
Nous nous jaugeâmes du regard durant quelques minutes avant qu'il ne rapproche son visage du mien jusqu'à ce que nos nez se touchent.
Nous appréciâmes la chaleur du souffle de l'autre sur nos peaux, sans chercher à nous embrasser.
Tendrement, Harry glissa sa main sur ma joue tandis que je fermais les yeux pour savourer les sensations qui montaient en moi.
Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas aussi bien. Que je n'avais pas été aussi en confiance avec quelqu'un. Et surtout, que je me sentais si précieux.
Potter finit par m'embrasser. Ou bien c'est moi qui avais rompu les derniers centimètres qui nous séparaient.
Ce baiser fut simple, empli d'un désir sain que j'aurais pu qualifier d'innocent.
Peut-être allions nous faire… l'amour ?
Notre baiser devint plus bestial alors que je commençais à perdre la tête.
Naturellement, je montais sur lui pour le faire délicatement tomber contre le matelas. Il encadra mon visage entre ses mains.
Et toute cette magie se rompit lorsqu'un éclat de rire m'échappa.
Je m'effondrai lourdement en riant sans pouvoir m'en empêcher. Je me roulai nerveusement dans les draps sans arrêter de rire.
Je me relevai, les larmes aux yeux, après avoir réussis à me calmer un peu et tombai sur le regard surpris de Potter.
Je me remis à rire aussitôt, une main sur le front.
Agacé, celui qui se tenait face à moi se leva pour rejoindre sa salle d'eau et s'enfermer dedans sans plus de questions.
Ce ne fut qu'un quart d'heure plus tard que je me repris, essoufflé et épuisé par ce fou rire. Potter me rejoignit visiblement moins tendu. Il s'élança sur son lit pour atterrir à côté de moi.
Ses yeux troublants me fixèrent intensément durant les quelques secondes de silence dont nous profitâmes.
- C'est moi qui te fais rire comme ça ? me posa-t-il finalement.
Je fis « non » de la tête en fermant les yeux, un sourire toujours figé sur mes lèvres.
Il attendait visiblement une réponse puisqu'il insista :
- Quoi alors ?
- Arrête avec tes questions…, vociférai-je en fermant les yeux, j'ai besoin de dormir, c'est tout…
Potter se tut.
Lentement, il passa ses doigts sous mon t-shirt dans l'espoir certains de caresser mes blessures.
J'ouvris les yeux pour le défier du regard. Nous ne nous lâchâmes pas des yeux, profondément ancré dans ceux de l'autre.
- Je ne sens rien…, chuchota Potter.
- Qui te dit que j'ai réellement été blessé ? Que je ne vous faisais pas croire tout cela ?
Nous restâmes silencieux puis il continua :
- Je sais que tu n'as pas menti…
Potter se rapprocha de moi, caressant mon dos avec plus d'appui.
Je sentais ses doigts faire de longs allers-retours sur le latex.
- Est-ce que si l'on faisait l'amour maintenant, tu serais doux ? me demanda soudainement Potter.
Je luttai pour réprimer mon rire.
- Non, assénai-je, et puis, ne parle pas d'amour, s'il-te-plait. Tu fais ça pour pouvoir voir des blessures sans importance… ce qui est complètement idiot en soi.
- J'ai envie de savoir pourquoi je me bats lorsque l'on en viendra au cas Malfoy.
Je souris sarcastiquement. Ma voix railla :
- Vraiment ? Je pensais que c'était pour appuyer les faits et pouvoir gagner le procès plus rapidement ?
Harry posa son front contre le mien.
- Entre autre…, murmura-t-il, j'ai aussi envie de connaître ceux pour qui l'on se bats… et plus particulièrement un certain Draco Malfoy…
- Pourquoi « plus particulièrement » ?
Son expression devint grave.
- En fait, il y a deux raisons mais la première qui m'animait te blesserait sûrement…
Je me redressai, soudainement intéressé. J'insistai :
- Laquelle ? Dis-moi tout, c'est de ma personne qu'il s'agit.
Potter se mit sur le dos pour pouvoir me voir sans à avoir à tourner la tête. Il posa le dos de sa main sur son front en soupirant.
- Tu as appris que j'étais au lycée, non ?
J'hochai la tête en me remémorant à quel point j'avais été choqué par la révélation.
Potter reprit son souffle un bon nombre de fois, hésitant à se lancer.
Ma curiosité me bouffait.
- Allez, dis le moi ! m'impatientai-je.
Harry se tourna vers moi.
Il répéta :
- Seulement si tu me laisses prendre tes cicatrices en photo pour le procès.
Je me renfrognai.
- Rêve toujours. Je le découvrirai par moi-même dans ce cas, grognai-je agacé.
Je descendis du lit, énervé contre lui. Ce Potter ne cherchait qu'une chose : mes cicatrices.
Ne pouvait-il pas faire quelque chose gratuitement sans m'harceler ?
Je claquai la porte de ma chambre pour m'enfermer puis ouvrit la fenêtre dans le but de fumer sans déranger les habitants de la maison.
Je me mis en tailleur sur le lit tout en m'accoudant à la fenêtre pour chasser la fumée de la cigarette que je venais d'allumer.
Je fumai un paquet entier pour, enfin, récupérer mon flegme habituel.
Pourquoi avais-je hésité à me servir du corps du Potter ?
J'aurai dû le posséder sans une parole à son égard. J'aurais dû prendre mon pied et penser à moi et moi seul.
Je n'étais pourtant pas un sentimental.
Je passai ma main sur ma joue, sentant encore la peau d'Harry contre la mienne.
Lentement, je posai mon front contre l'ouverture de la fenêtre, nauséeux.
Je frappai violemment le mur près de moi.
J'étais en colère : contre moi-même, contre Potter et contre ces cicatrices.
Potter avait beau vouloir me faire croire qu'une fois le procès gagné, tous nos cauchemars disparaîtraient : je ne pouvais pas y croire.
Toutes les blessures seraient toujours là, ancrées dans ma peau. Et seulement dans ma peau si tant est que je puisse oublier un jour comment on me les avait faites.
Je frissonnai en passant en passant ma main sur mon dos.
Je pouvais sentir le latex commençait à peler aux endroits où Potter avait passé ses mains de manière plus vigoureuses.
Je soupirai douloureusement.
J'enlevai mon t-shirt pour décoller le latex, me disant que je repasserais à la salle de bain demain matin pour le faire.
Ma tête tournait avec tout le tabac que je venais de faire passer dans mes poumons à vitesse grand V.
J'entendis Potter toquer à ma porte.
- Draco, ouvre-moi, s'il-te-plaît, me supplia-t-il, je suis désolé d'être aussi insistant, vraiment…
D'un pas incertain, je me dirigeai vers la porte. Mes mains tremblantes ouvrirent maladroitement la porte.
Potter parut surpris.
- Quoi ? aboyai-je.
- Je… tes…, balbutia le brunet, tu es presque à poil…
- Et alors ? Je fais bien ce que je veux dans ma chambre, non ?
Nous nous tûmes tandis que je vociférai toujours mentalement, d'humeur colérique.
Potter initia un geste vers moi et décolla un dernier morceau de latex de mon épaule.
Il posa un regard attristé sur moi : pas curieux ou dégoûté.
Réalisant soudain que quelqu'un voyait ce que j'avais si bien réussis à dissimuler pendant ces cinq années de cavale, j'entourai mon corps de mes bras et refermai violemment la porte. Mon visage blanchit.
Dite-moi que ce n'est qu'un cauchemar…
