Chapitre 9
Voilà enfin la suite!
Merci à tous les reviewers, qui étaient au rendez-vous au dernier chapitre!
Vos encouragements me touchent vraiment, et me poussent à sans cesse essayer de m'améliorer.
Ce chapitre est super important, j'espère l'avoir réussi.
Bonne lecture!
Je n'avais jamais ressenti ça depuis que j'étais un vampire. En quarante années d'existence, pas une seule fois je n'avais été capable de me laisser submerger par des émotions humaines. Et encore, le mot « submerger » était faible. Etre écrasée, dominée par des sensations aurait été plus correct. La peur se répandait en moi à une vitesse effarante, paralysant chaque muscle de mon corps, me rendant raide comme un piquet. L'adrénaline faisait aussi son travail, et mes sens étaient donc en alerte.
Je regardais anxieusement Edward, qui continuait de faire les cent pas autour de moi. Si mon cœur avait encore battu, il aurait fait un arrêt, aucun doute là-dessus. Il prit une grande inspiration et poussa un soupir avant de commencer:
-Bella… Ma famille et moi, nous devons quitter Londres dans une semaine. Avec Aro et ses gardes du corps dans les parages, nous ne pouvons pas nous permettre de rester plus longtemps. Le danger est trop important.
Sa déclaration me fit le coup d'un poignard planté en plein cœur. Je restais clouée sur place, incapable de faire le moindre geste ou de prononcer une quelconque parole. Je sentis comme une barrière dans ma cage thoracique s'effondrer, et la tristesse et la déception remonter à la surface. Car, sans pouvoir m'en empêcher, je m'étais permise d'espérer. Et au lieu d'une déclaration d'amour, je n'avais droit qu'à un au revoir. Une fois de plus, il m'abandonnait. Je sentis mes jambes trembler, et mes yeux s'humidifier, sans que les larmes puissent pour autant couler.
Edward se rapprocha alors brusquement de moi, et me prit par les épaules pour me maintenir debout. Je m'agrippais à sa chemise et l'implorais:
-Je t'en supplie, ne pars pas encore une fois! Si tu me laisses, je n'y survivrais pas, et je ne serai jamais capable de te pardonner! Hurlais-je d'une voix brisée.
Il colla ma tête contre son torse, et me caressa doucement les cheveux pour me calmer. Je me laissais faire, sachant que l'occasion d'être si proche de lui ne se représenterait pas d'aussitôt. Il murmura à mon oreille:
-Bella, tu ne m'as pas laissé finir. Si tu me demande de rester, je le ferai. Je ne te laisserai plus jamais toute seule, j'ai déjà commis l'erreur une fois et cela n'arrivera plus.
Sa voix était douce, le ton était même douceâtre. Surprise, je levais les yeux vers Edward, qui était on ne peut plus serein. Incrédule, je demandais:
-C'est vrai? Ce n'est pas une blague quand même?
-Comment pourrais-je plaisanter sur un sujet pareil Bella? Tout ne dépend plus que de toi maintenant. Veux-tu que je reste ou pas?
-Quelle question stupide…soupirais-je, alors que je souriais de toutes mes dents.
Je ne me défis pas de son emprise, étant trop bien nichée dans ses bras. Nous restâmes de longues minutes immobiles, dans les bras l'un de l'autre. Je m'exerçais à reprendre une respiration normale, et j'essayais tant bien que mal de me remettre de mes émotions, et de la frayeur qu'Edward avait provoqué. Lorsque je fus calmée je lui demandais:
-Alors, à choisir entre ta famille et moi, c'est moi qui passe en premier?
Il me regarda brièvement dans les yeux, ses prunelles dorées me brûlant par leur intensité.
-Oui, Bella, c'est toi que je choisis. C'est là que nous en arrivons au deuxième point. Je dois encore te dire quelque chose.
Cette fois-ci, ce fut moi qui le scrutait avec intérêt et méfiance. Je n'eus même pas le temps de supposer ce qu'il allait m'avouer qu'il enchaînait déjà, ne me quittant pas du regard:
-Il y a des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter Bella. Les sentiments par exemple, on a beau les refouler, ils reviennent toujours au grand galop. C'est le seul côté humain qu'il nous reste, et il est plus puissant chez nous que chez n'importe qui d'autre. J'ai lutté Bella, je te le jure, mais rien n'a marché. Je n'ai réussi qu'à me rendre malheureux. J'ai essayé de me convaincre que c'était mieux de ne rien faire, de ne rien dire, mais mon cœur a fini par l'emporter sur ma raison. Bella, je suis amoureux de toi. Je t'aime, et je n'arrive pas à renoncer à toi. J'ai besoin de toi, et si ce n'est qu'en tant qu'ami eh bien soit. Mais sache que tu es la personne qui compte le plus à mes yeux, et cela ne changera pas. Alors, souhaites-tu toujours que je reste à Londres, ou bien veux-tu me dire au revoir ici même? Comme je l'ai dit précédemment, tout ne dépend que de toi.
Je fus incapable de bouger pendant quelques secondes. Des déclarations d'amour comme ça, on en entendait pas tous les jours. Mon vœu le plus cher venait de s'exaucer, notre amour était partagé.
Mais franchement, je ne me connaissais pas si entreprenante. Lorsque j'eus reprit mes esprits je me jetais immédiatement à son coup. Il ne fallu pas plus d'un quart de seconde pour que nos bouches se trouvent.
Cinq minutes plus tard, j'étais toujours dans ses bras, et nos langues jouaient l'une avec l'autre. Ses deux mains tenaient ma taille, alors que les miennes étaient enroulées autour de son coup. Une sensation indescriptible -et fort agréable- était localisée dans ma cage thoracique. Je me laissais bercer par cette tranquillité peu habituelle, et m'interdisais de penser à autre chose qu'à ce que je vivais en ce moment même, avec la personne qui était la plus importante à mes yeux.
Lorsque nous nous séparâmes, je pus dire à voix haute, sans rougir:
-Je t'aime Edward Masen.
-Je t'aime aussi Bella Swan.
Edward me fit cadeau de son plus beau sourire en coin. Je n'eus pas le loisir de détailler plus longtemps son visage, nous nous embrassions de nouveau.
Je me sentais sourire avec béatitude, et il semblait en être de même pour Edward. A ce moment là, je réalisai une chose qui m'avait, jusque là, échappée. Si son départ il y a quarante ans m'avait tellement marquée c'était sûrement parce que, inconsciemment, je savais que mon âme sœur était partie. A cette pensée, je le serrai plus fort encore dans mes bras, comme pour l'empêcher de s'enfuir.
Ses lèvres, douces comme le miel, elles étaient un appel aux baisers. Comment avais-je pu résister à la tentation de l'embrasser depuis si longtemps? Honnêtement, je me le demandais. Mon cœur semblait crier sa victoire, il était mien, et ce pour un bon bout de temps.
Je finis par m'écarter de lui, à bout de souffle. Pas facile pour un vampire de s'essouffler, vous en conviendrez. Il faudrait s'en prendre à Edward, pas à moi. Nous nous regardâmes dans les yeux, voulant prolonger notre moment d'intimité.
-Si tu savais, j'ai tellement rêvé de ce moment Bella, avoua-t-il alors qu'il plongeait sa tête dans mes cheveux qu'il respirait avec avidité.
-Moi aussi, répondis-je avec difficulté.
Pendant un moment de lucidité, je regardais le paysage autour de nous. Tout était sombre, et je pus distinguer les étoiles ainsi que la Lune. Ainsi, la nuit était tombée. Je poussais un soupir, n'ayant pas réalisé que le temps avait passé si vite. En fin de compte, il semblerait que nous ne nous soyons pas embrassés pendant des minutes, mais des heures. Pour la première fois de ma vie, je fus heureuse d'être un vampire. Car ils étaient inépuisables, et ce n'était pas le cas des humains.
-Pourquoi soupires-tu Bella? Demanda de sa voix onctueuse mon bien aimé.
-Le temps passe bien trop vite quand on est en si charmante compagnie.
Edward m'observa d'un air amusé et ravi. Il sourit de nouveau, et son doux rire musical retentit encore une fois.
-Il nous reste une demi-heure avant de devoir repartir.
-Eh bien profitons au mieux de ces trente minutes, soupirais-je.
Je m'allongeais au beau milieu de l'herbe, et fut vite rejoint par Edward, qui me prit dans ses bras. Je sentis la chaleur de sa peau réchauffer la mienne, habituellement si froide. Un contact extrêmement agréable, dont je ne pourrais bientôt plus me passer. Je ne pus réprimer un soupir de contentement lorsqu'Edward caressa du bout des doigts mon bras nu. Il semblait hésitant, ce qui était normal étant donné que tout ceci était nouveau pour nous. Ou en tout cas pour moi. D'un coup, je me demandais s'il avait eu une petite amie durant nos quarante années de séparation.
-Euh…je peux te demander quelque chose Edward? Le questionnais-je avec hésitation.
-Tout ce que tu veux, me répondit-il.
-Il y a déjà eu une…autre fille avant moi?
Il se redressa soudainement, de façon à ce que son visage se trouve au-dessus du mien, mais tout en restant assis. Durant une seconde je paniquais à la vue de sa réaction, mais je le vis sourire.
-Tu es jalouse?
Son ton était satisfait et moqueur.
-Je le serais si cette fille était encore dans les parages, répondis-je avec franchise. Et je n'hésiterais pas à utiliser les grands moyens pour la faire partir.
-Eh bien je vais t'épargner bien des efforts puisqu'il n'y en a eu aucune. Et toi, es-tu déjà sortie avec Félix ou tout autre vampire de la noble famille des Volturi?
-Non. Il n'y a jamais eu personne dans ma vie.
-Me voilà rassuré, admit Edward tout en souriant.
-Moi de même, lui répondis-je.
Il me regarda -ou plutôt me dévora des yeux- brièvement avant de se pencher pour m'embrasser de nouveau. Ses baisers me faisaient perdre tous mes moyens, et je ne pus m'empêcher de rendre celui-ci plus fougueux et plus profond. J'accrochais mes bras autour de sa nuque, et il se retrouva très vite au-dessus de moi, tout en faisant attention à ne pas m'écraser.
J'étais vraiment pire qu'un gosse avec lui, incapable de se contrôler, de se maîtriser plus de quelques secondes. Le baiser dura, mais il ne fut pas plus approfondi, car Edward veillait apparemment à garder le contrôle. Ce fut lui qui se sépara de moi, et il se releva. Il remit sa chemise en place, et regarda sa montre avant de murmurer:
-Les trente minutes sont passées. Il faut y aller Bella.
Il me tendit sa main pour m'aider à me relever, et je la saisis. Je remis moi-aussi de l'ordre dans ma robe, et regardais une dernière fois la magnifique cascade qui se trouvait en face de moi. Honnêtement, je devais admettre que j'avais eu quelque chose de plus beau à regarder aujourd'hui. Mais cela n'empêchais pas cette cascade d'être vraiment belle. Edward s'empara de ma taille, et nous nous mîmes en marche. Une fois installée dans la voiture, je demandais:
-Quand est-ce que nous allons nous revoir?
-Je n'en sais rien. Moi, je suis libre tout le temps. Quand aurais-tu la possibilité de partir de chez toi?
Je réfléchis à toute vitesse, me demandant quand est-ce qu'Aro serait absent, pour plus de sécurité. Il fallait aussi que Félix soit loin, pour qu'il évite de me courir après, une habitude chez lui. Puis je me souvins.
-Dans quarante-huit heures Aro part au nord de l'Angleterre! M'écriais-je joyeusement. Il ne restera que moi et Démétri sur Londres!
-Parfait. Alors on se retrouve encore à St James Park?
Je souris à l'énonciation de ce lieu. J'aimais tellement ce parc… et Edward semblait l'avoir compris.
-A huit heures du matin, ça te va?
-Oui, c'est très bien répondit Edward alors qu'il souriait de toutes ses dents. Tu m'accorderas toute ta journée?
-Oui. Et toute la nuit avec un peu de chance, répondis-je d'un ton plein de sous-entendus.
Edward, encore une fois, m'adressa son sourire en coin à en tomber à la renverse. Il m'embrassa de nouveau, et nous dûmes bientôt -et trop vite à mon goût- quitter la maison secondaire des Cullen. Le seul bonus fut que tout le trajet se fit main dans la main. Il arrivait même que pendant des lignes droites Edward se penche soudainement pour me donner un long et tendre baiser. En un mot, c'était le paradis.
A minuit pile j'étais de nouveau à St James Park, et la voiture de Kate était garée à deux pas de nous. Elle sortit pour nous saluer.
-Edward! Comment vas-tu?
-Très bien, et toi Kate?
-ça va. Bon, Bella, notre timing est serré, on y va?
J'acquiesçais à contrecœur. Je détestais devoir dire au revoir à Edward, ne serait-ce que pour quarante-huit heures.
Je le sentis prendre ma taille et me coller contre lui. Il m'embrassa pour la énième fois en quelques heures. Mais il est des choses dont on ne se lasse jamais, et celle-ci semblait en faire partie. Comme nous savions tous les deux que ce baiser était le dernier avant d'être séparés pendant deux affreusement longues journées, il était plus passionné que les autres. Ce qui m'allait tout autant. Puis tout à coup Edward s'écarta de moi, et à ma plus grande surprise, se tourna vers Kate.
-J'y penserais, lui dit-il.
-J'espère bien, parce que moi je ne tiens pas à en voir plus, lui répondit-elle tout sourire.
-Euh… j'ai manqué quelque chose? Demandais-je, complètement perdue.
-Rien de bien important, me répondit Edward. Je vais vous laisser les filles. A dans deux jours, Bella.
Je lui souris tout en acquiesçant. Il nous dit au revoir à Kate et à moi, puis je le vis s'éloigner.
Alors, l'euphorie qui s'était emparée de moi durant la journée se dissipa quelque peu. Peut-être était-ce dû au fait qu'Edward venait de partir. Mais elle se transformait plus en bonheur, et j'espérais qu'il serait permanent, parce qu'on s'y habituait très vite, et il était très dur de devoir s'en séparer. Je me tournais vers Kate, souriant comme une bienheureuse.
-Toi, tu as plein de choses à me raconter, me dit-elle d'un air faussement sévère.
Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu, et que la déclaration d'amour a été à votre goût!
A très bientôt pour la publication de la suite!
PS: J'adore les reviews!!!
