Bonjour à tous !

Je suis encore un peu en avance cette semaine. J'ai essayé de faire un chapitre un peu léger après la fin du de l'enquête du perroquet possédé. J'avoue m'être bien amusée à imaginer John accompagnant Mme Hudson.

Je tiens à remercier tous les membres du collectif NoName pour leurs votes sur les différents papiers peints. Le vainqueur a gagné à une très large majorité. Je peux vous envoyer les papiers décrits ici si vous me les demandez. Je vous promet qu'il y en a quelques un qui valent le détour.

A la semaine prochaine pour le prochaine chapitre !


Le deuxième article qui déplu à John arriva par le journal du lendemain matin. Après être rentré en taxi la veille dans l'après-midi, lui et Sherlock avaient passé la fin de la journée à leur domicile.

Le médecin s'était installé pour commencer l'entrée du blog sur l'enquête qu'ils venaient de résoudre. Il essayait de mettre au propre ses notes et souvenirs le plus tôt possible, sa mémoire lui jouant parfois des tours. Sherlock, quant à lui, s'était affalé sur le canapé et avait dormi une petite heure. A son réveil, il s'était affairé dans la cuisine, travaillant à une de ses nombreuses expériences. John lui avait rappelé de garder ses mains propres de toute salissure ainsi que leurs promesses respectives à Madame Hudson. Il espérait vainement que son colocataire comprendrait l'allusion et rangerait le capharnaüm de la pièce.

Comme il s'en était douté, rien ne bougea dans la cuisine et quand l'article fut enfin en ligne, Sherlock était assis à leur table, étudiant il ne savait quoi. L'ex-soldat avait passé la soirée devant la télé, répondant à l'autre occupant de l'appartement si nécessaire, et profitant d'un moment de calme bien mérité. Il ne savait jamais quand il serait entraîné dans une nouvelle aventure.

Le programme initial du blogueur (une matinée de repos suivi d'une visite au TESCO du coin) avait été chamboulé par Mme Hudson. Au lieu de faire la grasse mat', il s'était levé tôt et était sorti acheter un petit déjeuner au café du coin. Il avait pris le journal sur le chemin du retour et s'était installé à son bureau pour manger et feuilleter le quotidien. Il avait entendu Sherlock bidouiller dans la cuisine jusque très tard, il devait toujours dormir.

John avait encore une trentaine de minutes avant son rendez vous avec leur logeuse, il prit le temps de manger et lire, chose qui était assez rare pour être remarqué. Avec le recul, peut-être aurait-il mieux fallu que son colocataire l'entraîne dans une de ses enquêtes. Il tomba à nouveau sur un article de la même journaliste. Cette fois, il titrait : Sherlock Holmes, faux détective et véritable escroc ?

Il lut le torchon en entier, la boule de colère qui était apparue dans son ventre lors de la publication précédente se manifesta de nouveau. Que cherchait donc à faire cette pseudo journaliste ? Elle relatait une autre de leurs enquêtes. Ils avaient assisté la police locale sur une affaire d'enlèvement. Au moment de leur départ, le kidnappeur était détenu au poste et toute l'histoire avait parue claire comme de l'eau de roche. Mais l'inspecteur responsable de l'enquête avait une dent contre le détective et il n'avait pas lâché le morceau et la journaliste l'avait rencontré. A eux deux, ils avaient revu toute l'enquête : les témoignages et les pièces à convictions. La police avait conclu aux yeux des nouvelles données que le crime avait été commis par une tierce personne, inconnue à ce moment mais que le suspect initialement arrêté n'y était pour rien. Par conséquence, il avait été libéré quelques jours plus tôt. A en croire l'article, le véritable criminel était très intelligent et avait fait porter le chapeau au pauvre homme. De là à dire que Sherlock était ce criminel, il n'y avait qu'un pas que la journaliste ne franchissait pas, mais le sous-entendu était évident.

John nota le nom de la reporter : Kitty Riley. Il allait faire des recherches sur cette Kitty? Deux articles en deux jours, elle avait un compte à régler ou menait une croisade personnelle. Malheureusement, elle n'aurait aucun mal à trouver des gens ayant une dent contre Sherlock et prêt à la suivre dans sa campagne de dénigrement. Le médecin avait prévenu son ami de nombreuses fois que de s'aliéner gratuitement les gens allait finir par lui poser problème. Son caractère asocial et ses remarques acerbes l'avaient peut être rattrapé sous la forme d'une journaliste avec une dent contre lui.

Toute cette histoire lui avait totalement coupé l'appétit. Il laissa les restes de son petit déjeuner en évidence sur la table, accompagné d'une tasse de thé. Vu l'heure, Sherlock n'allait pas tarder à émerger, autant que le délicieux repas ne soit pas perdu.

Il décida de partir, afin de ne pas faire attendre Mme Hudson. John mit son manteau et récupéra son portefeuille et ses clés sur son bureau. Il était paré pour sa petite excursion au magasin de bricolage en périphérie de la ville.

Sauf que leur très chère logeuse avait eu un tout autre projet. Une fois sortis dans le froid glacial, il lui avait proposé de prendre un taxi pour la zone commerciale la plus proche. Elle avait refusé, expliquant qu'elle détestait tous ces magasins sans âme et sans originalité et qu'elle achetait ses papiers peints dans une boutique indépendante du quartier. Un frisson d'appréhension parcourut l'ex soldat à ces mots, à moins que ce ne soit le vent glacial qui soufflait sans discontinuer. Quoi qu'il en soit, cette course promettait d'être pénible. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, John enfonça les mains dans ses poches et emboîta le pas à sa logeuse.

Pendant les dix minutes de trajet, Mme Hudson lui parla de son goût pour la décoration. Elle lui annonça que son défunt mari et elle-même avaient passé beaucoup de temps à choisir les peintures et papiers peints de leur premier nid d'amour. John ne releva pas quand elle lui affirma que lui et Sherlock pouvaient faire de même. D'après elle, rien n'aidait plus un couple à s'installer que de décorer ensemble leur logement. Quoi qu'il dise ou fasse pour corriger la vision de leur propriétaire au sujet de leur relation, cette dernière le regardait avec un mélange de conspiration et de pitié et chuchotai "Si vous le dites". Sans compter que l'idée de Sherlock en train de faire quelque chose d'aussi banal que choisir un papier peint était absurde. Il sourit pourtant à l'image qui s'était formé dans son esprit.

"C'est toujours émouvant d'être témoin du début d'une histoire"

La remarque de la vieille dame lui fit froncer les sourcils.

"De quoi parlez vous, Mme Hudson."

"De vous et Sherlock, voyons. Ce sourire que vous aviez à l'instant, vous pensiez à lui n'est-ce pas ? Vous ne souriez comme cela que quand il est là."

John s'arrêta net sur le trottoir, obligeant l'homme le suivant à faire un brusque virage afin d'éviter la collision avec son dos. Après s'être excusé, il reprit le chemin aux côté de sa logeuse.

"Je ne vois pas de quoi vous parlez. C'est mon sourire de tous les jours, rien de spécial."

Le regard était de retour. Celui qui disait très clairement : pourquoi vous ne l'avouez pas, il n'y a aucun problème. John prit une profonde inspiration, prêt à expliquer pour la centième fois qu'il n'était pas gay et que lui et Sherlock n'étaient pas en couple. Il n'en eut pas le temps car Mme Hudson s'arrêta devant la porte d'un magasin.

"Nous y voilà. Venez avec moi, vous me donnerez votre avis, docteur"

Un rapide coup d'œil à la vitrine de la boutique fit peur au médecin. Il n'était pas difficile niveau décoration mais il y avait des limites à ce que ses yeux pouvaient supporter avant de commencer à saigner.

Il entra à la suite de la vieille dame et jeta un œil dans la boutique. Elle était toute en longueur et ne devait pas faire plus de six mètres de large. La lumière était produite par des rangées de néons qui illuminaient les moindres recoins. La juxtaposition des couleurs et des motifs exposés donnait le tournis au médecin. Il s'était habitué au décor de Baker Street. Leur appartement était la plupart du temps tellement encombré que le papier peint passait au second plan et se mariait même étrangement bien avec le décor. Il se rendit compte d'à quel point ils étaient chanceux des choix qu'avait fait Mme Hudson en voyant certaines des horreurs qui étaient présentes dans cette salle.

Une vendeuse, une femme d'âge moyen à l'air sévère, s'approcha d'eux.

"Je peux vous aider ?"

L'intention initiale de John avait été d'attendre dans un coin que Mme Hudson fasse son choix, mais à l'idée de devoir supporter certains de ces immondes motifs à chaque fois qu'il sortirait ou rentrerait dans son appartement, il décida de s'occuper du sujet. Enfin si elle le laissait faire … La seule personne plus têtue que leur logeuse était Sherlock et uniquement parce qu'il refusait tout bonnement la conversation arrivé à un moment .

Pour l'instant, il laissa la vieille dame gérer la situation.

"Je cherche un papier peint pour le hall et l'escalier de mon petit immeuble."

"Et vous voulez quel genre de motif ou de couleur ?"

"Je n'ai pas d'idée arrêtée, qu'est ce que vous pouvez me proposer ?"

"Suivez moi, je vais vous présenter notre nouvelle collection"

La vendeuse fit quelques pas vers le fond de la boutique et s'arrêta devant un panneau composé de plusieurs lés.

"Celui de droite a reçu un bon succès, la couleur plaît beaucoup"

John se demanda si Sherlock n'avait pas raison. Les gens étaient aveugles ou stupides. Le papier était dans des teintes oranges foncées et marron, le motif en forme de fleurs stylisées. Le hall du 221 était déjà sombre, ce décor allait le rendre glauque.

A son grand soulagement, Mme Hudson fit sa moue désapprobatrice. Celle qu'elle utilisait quand Sherlock se montrait désagréable.

"Ca n'ira pas. Je voudrai quelque chose de plus clair."

La vendeuse présenta une seconde lés du même panneau.

"Celui là est de la même collection mais il est plus gai. Vous en pensez quoi ?"

Si cela avait été possible, John aurait juré que cette deuxième proposition était pire que la première. Il était beaucoup plus aéré, dans des teintes rouge-orangées. Pas de fleurs cette fois, mais des motifs géométriques et des cercles. Cela aurait pu bien rendre, sauf que … non, il y avait quelque chose qui clochait, peut être les couleurs, mais ça n'allait pas.

Mme Hudson se tourna vers lui.

"Vous en pensez quoi ? Il est un peu trop …. Je ne sais pas comment dire …"

"Chargé ? Il y a trop de couleurs pour le motif"

"Ha oui, maintenant que vous le dîtes, ça me saute aux yeux. Cela n'ira pas. Mais restons dans les fleurs, le papier actuel est avec des branches, des feuilles et des oiseaux, j'aimerai garder un thème nature."

Tout le visage de John se crispa. Il avait croisé un papier avec d'énormes fleurs multicolores près de la porte. Ça n'était définitivement pas possible. Il devait prendre le sujet en main. Il chercha des yeux des papiers potables. Il avait abandonné l'idée de trouver quelque chose qui lui plaise, mais peut-être pourrait il limiter les dégâts. Il remarqua un papier sur fond clair avec des chardons stylisés couleur sépia. Il avait un petit air d'herbier et devrait éclaircir la cage d'escalier. Il s'approcha de sa logeuse pour l'entraîner dans cette direction quand la vendeuse lui présenta un second panneau.

"Celui-ci est à base de fleurs"

Non ! Définitivement non ! Mais comment une horreur pareille avait pu passer l'aval de plusieurs personnes ? Qui avait pu croire à un moment que des gens pouvait avoir envie de ce genre de truc sur leur mur ? Heureusement Mme Hudson n'avait jeté qu'un œil rapide au motif bleu roi, rouge et vert avant de l'éliminer d'un revers de la main et une moue de dédain aux lèvres.

"Pas du tout."

Il tenta à nouveau d'entraîner la vieille dame vers le papier peint aux chardons, quand elle s'arrêta net devant un motif formé de fleurs jaune vif sur un fond orange. Il n'était pas laid à proprement parler mais les couleurs étaient trop vives. Elles lui donnaient déjà mal au crâne. Sa logeuse avait l'air très intéressé par ce modèle, John se creusa la cervelle afin de trouver une excuse et la faire passer à autre chose.

"Vous savez Mme Hudson, les dernières recherches tendent à prouver que les couleurs vives agissent sur le cerveau des jeunes enfants. Elles leur fait sécréter du cortisol et de l'adrénaline. Vous savez à quel point Sherlock a des comportements proches d'un gosse parfois, vous ne voulez pas empirer ses réactions ?"

C'était un coup de poker. Leur logeuse prenait, la plupart du temps du moins, ses conseils médicaux à cœur. Mais il avait honteusement menti et elle possédait un détecteur à mensonge ultra développé. Elle l'observa quelques instants, clairement hésitante.

"Il ne faudrait pas plus l'énerver en effet. Mais je ne sais pas, vous ne restez jamais dans le couloir très longtemps. Vous pensez que ça aurait le temps d'agir ? Et puis, même s'il n'en a pas le comportement, il est un adulte."

"Êtes vous sûre de vouloir courir le risque ? Et on ne sait pas vraiment comment il pourrait réagir, son cerveau n'est pas tout à fait "normal"."

Cet argument finit de la convaincre, elle ajouta sur le ton de la conspiration.

"Il ne faudrait pas que ses crises d'humeur empirent. C'est déjà assez difficile, je ne sais pas si votre couple y survivrait."

Si cela pouvait la convaincre de ne pas acheter cette horreur, John était prêt à ne pas la contredire. Il continua à attirer sa logeuse vers le papier peint qui avait sa préférence. La vendeuse les suivait. D'un seul coup, elle bifurqua, entraînant Mme Hudson avec elle.

"J'ai une idée, nous avons des motifs floraux du plus bel effet proche de l'entrée."

Elle se dirigea vers le modèle que John voulait éviter a tout prix. Il les suivit rapidement, cherchant une excuse pour les arrêter. Sans réfléchir, il attrapa un rouleau qui était sur un présentoir.

"Et celui là Mme Hudson ? Lest couleurs sont assez claires sans être trop nombreuses. Et le motif est sympa"

Qu'est ce qu'il ne fallait pas faire … tout cela parce que Sherlock avait promis des biscuits à une fée et un gnome. Sa vie avait quand même pris de drôles de direction depuis qu'il connaissait le détective.

Le vieille dame regardait le papier avec un œil critique. D'un violet profond, il était éclairci par le motif de fleurs et feuilles gris clair. Elle le déroula légèrement et l'éloigna de ses yeux pour le voir à une plus grande distance. Elle acquiesça de la tête.

"Oui. Cela ira très bien, jolie trouvaille docteur."

Le soulagement l'envahit. Il était tombé sur un des rares modèles sympa de la boutique et miraculeusement, il plaisait à sa propriétaire. Très rapidement, cette dernière le chargea avec de nombreux rouleaux. Ils s'approchèrent de la caisse où Mme Hudson demanda des pots de colle.

"La table a encoller doit toujours être dans l'appartement du bas, avec le seau et la brosse. Vous pourrez aller les chercher en rentrant ? "

"Oui bien sur."

La vendeuse plaça les rouleaux dans un immense carton qu'elle tendit au médecin. Elle prit le paiement de Mme Hudson et, au grand soulagement de John, ils quittèrent rapidement la boutique. Il décida qu'il ferait un soin au sérum en rentrant. Ce n'était pas logique et le médecin en lui savait qu'il réagissait d'une manière irréfléchie, mais il jurerait sentir ses yeux brûler suite à leur petite visite.

Il s'approcha du bord du trottoir dans l'espoir de trouver rapidement un taxi pour rentrer. Ce carton était volumineux et pesait trois tonnes. Son optimisme s'évanouit quand il entendit la voix de Mme Hudson derrière lui.

"J'espère que cette boite n'est pas trop lourde. j'ai dépensé plus que prévu pour ce papier vu qu'il vous plaisait aussi. Je n'ai plus de quoi payer le taxi pour rentrer."

John était également ric-rac. Il se résigna à refaire le trajet inverse à pied, le carton dans les bras et son champ visuel limité à un peu de ciel bleu et ses deux flancs.

Ils mirent guère plus de vingts minutes et deux rencontres accidentelles avec des poteaux, pour rentrer.

Le médecin déposa avec bonheur sa charge juste à côté de l'entrée de Baker Street. Mme Hudson l'envoya au 221C avec la promesse qu'à son retour du thé et des biscuits seraient prêts.

Il descendit les quelques marches qui menaient à l'appartement partiellement en sous sol. Mme Hudson n'arrivait pas à le louer, à cause des idées reçues sur les moisissures de ce genre de logement, et il servait pour le moment de stockage. Sauf que la quantité de choses entassées avaient cru de manière exponentielle depuis sa dernière visite.

L'appartement n'était pas immense et le bric-à-brac était impressionnant. John retrouva les cartons qu'il avait préparé quelques mois auparavant, y plaçant les restes d'expériences de Sherlock et menaçant d'aller les jeter lui même si le sorcier ne les faisaient pas disparaître. Il ne les avait pas rangé, juste déplacé hors de la vue de son colocataire. Il y avait également plusieurs autres objets auquel le blogueur avait promis le même destin : un coffre en bois, une collection de verres à pied que Sherlock avait utilisé pour vérifier les quantités moyennes qu'ils pouvaient contenir, un déguisement de pirate avec un véritable sabre d'époque … Il ouvrit un des placards de la cuisine pour la refermer aussitôt. Il ne savait pas ce qui avait provoqué cette odeur et il ne voulait pas le savoir.

Il passa dix bonnes minutes à trouver le matériel de Mme Hudson. Quant il remonta avec la table à encoller, le seau et le pinceau, cette dernière l'attendait accompagnée d'une tasse de thé, de biscuits, d'un riflard et d'un pulvérisateur qui semblait rempli d'eau.

"Il va falloir commencer par enlever l'ancien. Ce n'est jamais très net quand on colle un nouveau papier directement dessus. J'ai mis de quoi dissoudre la colle pour faciliter la tâche. Vous devriez commencer tout de suite, ces escaliers sont une horreur à faire"

Et avec ces derniers mots, elle rentra chez elle et l'abandonna dans le hall. John soupira en regardant le travail à accomplir. Mme Hudson avait raison, autant s'y attaquer tout de suite. Il en avait pour toute la journée.

Deux heures plus tard, il avait fini de décoller cette saleté de papier. Il s'était découvert une profonde et rapide aversion pour les branches et les oiseaux. Le bleu pâle lui sortait par les yeux. Mme Hudson, que dieu la bénisse, l'avait approvisionné en thé et pâtisseries, mais le travail restait pénible. Sherlock était descendu rapidement pour jeter un oeil au papier qu'ils avaient choisi et il était remonté sans un mot, ne prenant même pas la peine de répondre quand John lui demanda un peu d'aide. Il l'entendait bouger à l'étage, ses pas résonnants dans le vieux bâtiment. Avec un peu de chance, il était en train de ranger leur cuisine.

Il avait commencé à accrocher les première laies quand Sherlock réapparu dans les escaliers. Il observa son blogueur la tête penchée sur le côté pendant quelques instants. Puis il commença à faire des remarques sur tout. Comment John découpait les laies, comment il les encollait, il critiqua les raccords, comment le papier rendait … Au bout de dix minutes, John n'en pouvait déjà plus.

"Si tu es si doué, pourquoi est ce que tu ne m'aiderait pas au lieu de rester les bras croisé ?"

Pour toute réponse, Sherlock lui présenta ses mains bandées. John lâcha l'air qu'il avait dans les poumons

"Ne t'attarde pas ici alors. Je vais finir par t'étrangler."

"Ton manque de retenue devient vraiment problématique John."

"Mais bien sûr, ce n'est absolument pas ton comportement qui pose problème. Maintenant remonte ou sort mais ne reste pas dans mes pattes."

Sherlock se tourna rapidement, s'il avait porté son manteau fétiche, celui-ci aurait tracé un arc du plus bel effet. Il escalada les marches deux par deux et claqua la porte de leur appartement violemment. John l'entendit marcher jusqu'au sofa, dans lequel il s'était probablement jeté avant de bouder. Cet homme était un véritable gamin. Et encore le médecin connaissait des enfants qui se comportait mieux que lui. Un sourire au lèvres, il se remit à sa tâche.

Vers midi, leur logeuse émergea de son sanctuaire avec une assiette de sandwichs. Elle jeta un oeil critique au mur que John avait commencé.

"Nous avons bien choisi, il rend très bien. Est-ce Sherlock que j'ai entendu tout à l'heure ?"

"Oui, il est descendu donner son avis sur tout et ne rien faire. Cet espèce de fainéant."

Avec un sourire compréhensif, Mme Hudson rentra chez elle. Avant de refermer la porte, elle ajouta :

"Je vous amène du thé un peu plus tard."

Il travailla encore trois bonnes heures quand il entendit son colocataire descendre en trombe les escalier. Il renversa pratiquement John qui se tenait sur l'escabeau et tentait d'atteindre le haut du mur.

"Tu n'as pas encore fini ? Mais ce que tu es lent ! On a une affaire, vient avec moi."

John regarda son ami de sa position en hauteur, pour une fois qu'il était plus grand.

"Non Sherlock, je ne viens pas avec toi, je dois terminer. D'ailleurs tu avais toi aussi une promesse à tenir."

"Ennuyeux ! J'ai besoin de toi, je ne fais pas confiance au légiste. Il me faut ton avis."

"Et je te répète que je dois terminer ce papier. Peut être que si tu avais daigné m'aider, ce serait déjà fini et je t'aurai accompagné à la morgue avec plaisir. Mais comme tu as préféré bouder dans ton coin toute la journée, je suis bloqué ici."

Sherlock jeta un œil plein de souffrance autour de lui. Il fit quelques mouvements de mains et John vit apparaître la magie entre les bandages. Comme mu par une force invisible, tous les outils se mirent à léviter : le papier peint se coupa seul, le pinceau l'encolla puis la lé alla s'installer d'elle même sur le mur. John regardait le tout bouche bée. En dix minutes, tout le hall était terminé, Sherlock ayant fait dans ce laps de temps ce qui aurait demandé encore quatre heures à l'ex soldat.

Ce dernier se tourna vers le sorcier, stupéfait et incapable d'émettre le moindre mot.

"Voilà, ce n'était pas si compliqué. Maintenant tu peux m'accompagner."

Comme John ne réagissait toujours pas, il lui tendit son manteau qui était accroché au poteau de l'escalier.

"John ! Dépêche toi."

Le médecin revint assez à lui pour saisir l'objet qu'on lui tendait.

"Peux tu me donner une seule bonne raison pour laquelle tu n'as pas fait ce petit tour plus tôt ?"

"Non." Le détective avait ouvert la porte et s'était déjà élancé dans la rue, "Alors tu arrives ?"

John enfila son manteau, regarda autour de lui puis sortit le rejoindre. Encore une chose qu'il valait mieux prendre comme elle venait.