Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à la BBC, j'ai fait de mon mieux pour ne pas les abîmer mais j'ai pas vraiment réussi. Seule l'histoire est de moi. L'univers appartient tout entier à la série Merlin.

Note : Suite de Balinor et Merlin … mais permettant de retracer la trame entre Hunith et Balinor.

Je remercie Angelyoru pour son gentil commentaire. :)

Bonne lecture.

Chapitre 5 : S'aimer

La pluie faisait rage dehors, mais les deux jeunes gens ne semblaient guère s'en soucier, tout à leur contemplation.

Hunith se dit qu'elle ne l'avait jamais observé comme ça. Ses cheveux mi-long balayaient son visage, caressant les fossettes saillantes, les mèches mouillées laissant leur dépôt couler sur les joues colorées par le soleil. Ses yeux étaient hypnotisants, ils la fixaient aussi certainement qu'elle était en train de le faire. Elle avisa une goutte qui glissait entre ses yeux pour suivre la ligne de son nez avant de s'arrêter à la commissure de ses lèvres. Elle rougit lorsqu'elle comprit qu'elle se demandait ce qui se passerait si elle posait les siennes dessus. Elle finit par détourner les yeux et s'assit sur une chaise, incertaine de ce qu'elle devait ou pouvait faire ou … plutôt ce qu'elle ne devait ou ne pouvait pas faire.

Balinor fut surpris lorsqu'il la vit tourner la tête et finalement s'asseoir. Il avait perdu la notion du temps lorsqu'il s'était plongé dans ces yeux qui le scrutaient. Il en avait profité pour l'observer davantage qu'à son habitude. Ses traits s'étaient relâchés, tout à son inspection, et pour une fois, il n'y voyait pas le voile de la tristesse ou de la sévérité qui durcissait son visage. Pour une fois, il pouvait y lire une certaine douceur en plus d'une étrange curiosité qui illuminait son visage… ou alors c'était les bougies vacillantes … qui lui donnaient ce sentiment. Il se dirigea vers elle et s'agenouilla à sa hauteur, relevant son menton, ses yeux l'observant toujours aussi attentivement. Il la vit rougir, et presque trembler sous ses doigts. Il lui sourit doucement alors qu'il commençait à caresser doucement les courbes de son visage.

- Tu es tellement plus belle lorsque tu te laisses aller à te détendre.

Elle sourit faiblement, relevant doucement les yeux pour le regarder et tomba sur ses lèvres. Sans qu'elle s'en rende compte, elle releva le cou pour se rapprocher et finalement déposa sa bouche contre la sienne alors que la main de Balinor passait derrière sa nuque pour la ramener contre lui. Elle glissa de la chaise pour se retrouver sur le sol, à genoux, tandis qu'elle s'agrippait à ses épaules.

Il finit néanmoins par la repousser en posant son front contre le sien.

-Ce n'est pas une bonne idée … Je suis en fuite. Je n'ai rien à t'offrir, rien qui ne me permette de…

- Chuuuut … je m'en fiche.

Elle s'était rapprochée en prononçant ses paroles et son souffle caressa ses lèvres alors qu'elle redéposait sa bouche contre la sienne. Il ferma les yeux et reprit le baiser …

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La vallée des rois avait toujours eu tendance à impressionner les hommes crédules … et les soldats d'Uther n'échappaient pas à la règle. C'est avec un mélange de respect et de crainte mêlées qu'ils arrêtèrent leur chevaux à l'orée des gorges sinueuses.

On entendit soudain un brouhaha provoqué par le passage d'un cheval et de son cavalier qui n'appréciait manifestement pas que ses hommes se soient stoppés.

- Eh bien ! Que faites-vous! Il faut que je vous pousse ou quoi ? hurla le cavalier.

- Monseigneur, c'est juste … on raconte que c'est hanté… répondit un de ses hommes.

- Idioties ! S'il y a magie ou quoi que ce soit ici créé par cette perfidie … nous nous chargerons de le détruire ! En avant !

D'un coup de talon, il fit avancer son cheval et il pénétra dans la vallée étrangement silencieuse, alors que le reste des soldats le suivait plus timidement.

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Bien que le temps fut absolument abominable à cette heure de la nuit, Gaius avisa l'homme chargé de porter le courrier dans la partie Est du royaume … et entreprit de le suivre discrètement afin de glisser la missive qu'il avait préparée pour alerter Balinor du danger qu'Areydian représentait … Nul ne pouvait savoir quand ses pas le conduiraient vers les frontières de Cenred.

Il entendit un bruit derrière lui et eut juste le temps de se glisserfurtivement derrière un tonneau tandis que la patrouille le dépassait … interpellant le messager :

- Hé toi … montre-nous ton courrier … nous devons vérifier que nul n'aide les magiciens … ordre du roi.

- Mais le courrier est sacré ! s'offusqua le coursier.

- Ne discute pas, le roi a donné un ordre, ordonna un des soldats.

- Tenez, fit-il en tendant son sac, manifestement énervé.

Ceux qui savaient lire se partagèrent les mots … et lurent en diagonales … attestant du non-intérêt des lettres, tandis que les autres intimaient à l'homme de se laisser fouiller. Heureusement pour lui, aucun indice indiquant la présence de sorcier n'apparut dans le courrier et les soldats le laissèrent partir et quitter la ville tandis qu'ils reprenaient leur ronde.

Gaius en profita pour sortir en vitesse de la ville basse et rejoindre le messager qui avait atteint son cheval et s'apprêtait à partir.

- Excusez-moi, attendez un peu … Pourriez-vous porter ces plis à Ealdor ? J'ai besoin de contacter en urgences mon fournisseur …

- Mmh bien sûr, aucune lettre … dangereuse ? fit-il en dardant son regard sur le médecin.

Gaius resta impassible en lui tendant deux plis.

- Bien sûr … Vous pouvez les lire si vous en doutez.

- Je préfèrerais … les gardes ne sont pas tendres … Je préfère ne pas prendre de risque.

Tandis que le messager lisait les plis, une lettre prenant des nouvelles d'Hunith et une autre adressée à son fournisseur en plantes, parfaitement innocentes, Gaius retint le cheval par les rênes et le caressa doucement.

- C'est en ordre, reconnut le coursier.

- J'espère que votre voyage se passera bien.

- Merci.

Et Gaius le vit enfourcher son cheval et partir au galop, puis il se dirigea vers la muraille extérieure afin de retrouver le passage secret qui le ramènerait en toute tranquillité au château.

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Le feu s'éteignait doucement dans la demeure d'Hunith, les bougies vacillaient, la cire arrivant presqu'à sa fin la silhouette du couple enlacé lançait une ombre tremblante sur le sol. Toujours agenouillé au même endroit à coté de la chaise abandonnée par Hunith, le couple avait cessé de s'embrasser et se tenait silencieux au milieu de la pièce. Hunith avait fini par nicher sa tête dans le cou de Balinor, tandis qu'il caressait doucement ses cheveux qui avaient fini par sécher, débarrassés de son turban qui était tombé lors de leurs embrassades.

Un courant d'air froid fit frissonner Hunith, qui se pelotonna davantage contre le jeune homme. Il cessa ses caresses et retira la couverture qu'elle lui avait donnée plus tôt. Il la passa autour de ses épaules et se leva en la relevant dans le même mouvement.

- Tu ferais mieux de te coucher, tu dois avoir besoin de dormir …

- Je n'ai pas sommeil … juste un peu froid, murmura-t-elle, les yeux brillants et le sourire tranquille indiquant qu'effectivement le sommeil ne la guettait pas.

- Je vais ré-alimenter le feu, assieds-toi.

Elle rejoignit son petit lit, où elle s'assit en s'enveloppant correctement des couvertures, tandis que Balinor attrapait sa blouse encore humide et rejoignait la porte.

- Je vais en profiter pour reprendre des vêtements secs dans la grange, je reviens dans quelques minutes.

Elle hocha la tête pour indiquer qu'elle comprenait et il sortit en refermant soigneusement la porte. Elle soupira et s'allongea, coinçant sa tête sur le maigre oreiller. Elle ne ressentait aucune fatigue, un peu d'engourdissement causé par le froid et l'humidité mais ses idées restaient claires. Cela faisait longtemps que son esprit n'avait été aussi serein et apaisé. Cela avait été reposant de se laisser aller à ne plus penser, à ne plus réfléchir, de juste céder à ses envies … Chaque disputes lui vidaient l'esprit, la sortaient de son marasme d'idées noires … Il le faisait exprès bien sûr … et elle cédait facilement parce qu'au final … elle se sentait mieux après … mais il était bien plus agréable de l'embrasser pour le faire taire que de lui crier dessus.

Elle en était là de son introspection lorsque la porte se rouvrit, laissant passer le jeune homme qui déposa un tas de couvertures sur la table avant de ressortir chercher les buches qu'il avait laissées sur le perron avant d'aller récupérer ses affaires. Il se dirigea vers le feu, y mis les bûches les plus sèches et vérifia que la combustion s'effectuait correctement.

Hunith s'était relevée, avait ouvert le paquet de couvertures pour mettre à jour les vêtements secs qu'elle mit soigneusement de coté avant d'aviser les petites statuettes en bois. Elle les étala sur la table les unes à coté des autres en prenant le temps de les observer. Toutes sortes d'animaux étaient représentés : dragon, loup, ours, cheval, elle sourit en reconnaissant le chien hirsute de ses voisins et bien d'autres…

Un petit paquet restait pourtant, elle le sortit délicatement pour découvrir le début d'une licorne … dont l'arrière était encore pris dans le bois.

- Oh que c'est beau…

- Mmh ? l'interrogea-t-il du regard, n'ayant pas encore remarqué qu'elle avait ouvert son paquet.

Il avisa alors la licorne qui reposait entre ses mains et sourit.

- Ce n'est qu'une pâle imitation, ma mère aimait leur histoire, les histoires de licornes, je veux dire. Mon père lui en a sculptée une pour la demander en mariage. Je l'ai brûlée pour qu'ils l'emmènent avec eux dans l'au-delà, expliqua Balinor.

- Tu en re-sculpte une ? s'étonna-t-elle.

- Oui … Je me suis dit que tu l'aimerais peut-être plus qu'un dragon …

- Elle est pour moi ?, sourit-elle un peu plus.

- Oui, enfin quand je l'aurais terminée … c'est la troisième que j'entame … j'ai cassé les autres au niveau de la corne … C'est moins évident que ce que je ne pensais. Je voulais te l'offrir pour te remercier de ton accueil, précisa-t-il.

- Ce n'est pas une bonne raison, je préfèrerais que tu me l'offres parce que tu tiens à moi ? murmura-t-elle.

Il reposa la statuette sur la table et la prit dans ses bras … plaçant sa tête contre sa poitrine … et ne dit rien … pour lui ça n'était pas nécessaire.

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Le chasseur de sorciers acheva de regarder autour de lui … A part le fait que cet endroit était exceptionnellement calme … il n'y avait rien de particulier dans cette vallée … à part une impression étrange de calme … mais aucune trace de magie … Si seulement il avait remarqué les créatures magiques qui l'observaient apeurées… les esprits de l'eau, ceux des arbres et des fleurs … même l'esprit du vieux Talièsin semblait effrayé et se replia pour cacher l'ouverture de la caverne aux cristaux.

Pourtant Areydian était incapable de déceler les indices qui indiquaient les beautés créées par la magie et nées de ses enfants. Il ne voyait que de la végétation informe … et ne visait que les endroits susceptibles de cacher un homme … mais rien ne montrait le passage d'un réfugié en fuite …

- Ça suffit … il n'est clairement pas ici … contournons les Montagnes blanches et interrogeons les frontaliers au royaume de Carléon !

Les soldats acquiescèrent silencieusement et se hâtèrent de quitter les lieux … qui les mettaient clairement mal à l'aise.

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Il avait fini par s'asseoir et lui avait montré comment il terminait la petite licorne … Sous son regard, il s'était montré plus patient et avait su graver le tortillon de la corne sans la casser cette fois … , il avait dégagé les jambes arrière et la queue en la taillant si subtilement qu'on aurait dit que le vent la faisait bouger.

Hunith croisa les bras sur la table et posa son menton dessus pour mieux admirer l'ouvrage réalisé … Elle était impressionnée … Jamais elle n'aurait su faire ça … Balinor la regarda admirer son œuvre et se sentit empli de fierté. Il s'était rarement senti aussi heureux en faisant quelque chose pour quelqu'un. Sa mère avait le même regard quand elle regardait son père … de la fierté … et autre chose qu'il n'avait jamais su définir mais qui était définitivement différent de la tendresse qu'elle mettait dans ses regards lorsqu'elle s'occupait de lui. Maintenant, il comprenait … Il n'était jamais aussi heureux que lorsqu'il la voyait sourire … ou le regarder ainsi. Il secoua la tête et se rapprocha d'elle.

- Je suis content qu'elle te plaise, souffla-t-il.

- Je l'adore, merci, sourit-elle, les yeux brillants de joie. Que vas-tu faire des autres ?

- Je ne sais pas … je les fais quand je m'ennuie pour me vider l'esprit… sans raison particulière … enfin … sauf …

- Celui-ci, pour moi … murmura-t-elle.

Elle la toucha du bout des doigts comme si elle avait peur de le briser, puis la ramena plus près de ses yeux … pour en admirer tous les détails. Elle en caressa les courbes et finit par aller chercher un châle blanc entièrement recouvert de dentelle qui se trouvait au fond de sa malle. Elle l'en enveloppa délicatement et Balinor la regarda la cacher consciencieusement afin de la mettre à l'abri.

- Tu préfères la cacher ? demanda-t-il surpris.

- J'aurais trop peur de la casser en faisant le ménage … Je la sortirais au moment des fêtes, pour décorer … Elle est tellement belle, merci encore.

Et elle courut le rejoindre pour déposer un rapide baiser sur le bord de sa bouche … baiser qui se fit plus entreprenant, une fois qu'il la saisit par la taille pour la ramener contre son torse. Sans même qu'ils ne se rendent compte ils finirent sur le lit, alors que les couvertures qui lui couvraient les épaules tombaient par terre.

À suivre

Avis : Ah oui … moi je reste très prude … pour le reste vous pouvez imaginez non ? Ça me dérange pas d'en lire … mais je me sens pas apte à en écrire. Lol

Voilà, j'espère que ça vous a plu. Vous êtes libres de commenter ou pas. Cela dit, ça me ferait plaisir.

À la semaine prochaine.