Eryn: Avant de retourner à ton grec? tu fais du grec?! Tu as éveillé ma curiosité! du grec ancien ou du grec moderne? Enfin bref! J'espère ue tu vas aimer ce chapitre autant que les autres!


Chapitre 9 :

L'elfe s'avança en silence dans la pièce comme s'il avait peur de faire du bruit et de briser cet implacable silence. Elmin avait été placé sur le lit, ses bras étendus contre lui. Erestor sentit son cœur se serrer de voir son ancien élève si mortellement paisible. Il avait déjà vu de nombreux guerriers tomber au combat, et c'était toujours le même déchirement. Le cas d'Elmin ne faisait pas exception. Et connaitre les circonstances de sa mort était encore pire. Comment des humains avaient-ils pu être capables d'une telle cruauté ? Il ne connaissait certes pas les détails de ce qu'il s'était passé, mais il en avait appris assez pour comprendre que les humains s'étaient attaqués à Legolas et à Elmin uniquement parce qu'ils étaient des elfes. Erestor ne pouvait s'en sentir que plus mal à l'aise encore. Comment ces humains en étaient-ils venus à haïrent à ce point son peuple ?

Erestor soupira et s'assit sur une chaise près du lit. Il laissa son regard se porter sur le visage d'Elmin pendant de longues minutes et les souvenirs l'assaillirent. Il ne put s'empêcher de repenser à tous ces mois durant lesquels Legolas et Elmin avaient vécu à Imladris. Pendant tout ce temps, Erestor les avait entraînés et les avait vus affronter leurs propres démons intérieurs. Après tout ce qu'ils avaient vécu et souffert, leur répit avait été de courte durée à bien y réfléchir. Valars ! Pourquoi cette famille devait-elle tant souffrir ?

Erestor fut tiré de ses pensées par des éclats de voix derrière la porte de la chambre. Il se leva et sortit de la pièce pour voir ce qu'il se passait. Dans le couloir, Thranduil faisait face à l'un de ses capitaines et il ne cherchait même pas à dissimuler la colère qui avait envahi son visage.

« Mais mon seigneur, reprit le capitaine sans oser regarder son roi dans les yeux, ces humains disent qu'il est très important qu'ils puissent vous parler. Ils ont même proposé de déposer toutes leurs armes avant d'entrer dans la cité si vous acceptiez de les écouter.

-Je n'ai cure de ce qu'ils peuvent bien dire. Je ne leur fais aucunement confiance.

-Que dois-je leur dire ?

-Qu'ils feraient bien de ne plus entrer dans le royaume s'ils tiennent à leur vie. Et veillez à ce qu'ils s'en aillent. Si ce n'est pas le cas, vous savez ce que vous avez à faire. Ils sont prévenus. »

Le capitaine salua son roi et s'empressa de s'éloigner. Après cela, Thranduil allait directement retourner dans la chambre de Legolas quand il aperçut Erestor.

« Mon Seigneur, commença ce dernier doucement, je sais que la situation est très difficile pour vous, et je serais probablement autant en colère que vous à votre place. Mais vous ne pouvez pas condamner tous les humains pour ce qu'une poignée d'entre eux a fait. »

Un éclair de fureur traversa le regard du roi et Erestor regretta aussitôt d'avoir été aussi direct.

« Vous ne savez absolument rien ! Comment pourriez-vous savoir ?! Ils ont tué mon fils ! Et Legolas est toujours entre la vie et la mort !

-Pardonnez-moi mon seigneur. Vous avez raison sur ce point, je ne peux pas imaginer votre douleur en cet instant.

-Il est hors de question qu'une de ces créatures approche encore de mon royaume jusqu'à nouvel ordre ! Et vous ne me ferez pas changer d'avis ! »

Sur ces mots, le roi entra dans la chambre de son fils et laissa Erestor seul dans le couloir. L'elfe avait rarement vu Thranduil réellement en colère, mais il savait que lorsque c'était le cas, il fallait laisser le roi se calmer seul. Essayer de le raisonner quand il était dans cet état-là n'aurait rien amené de bon. Et au fond, il ne lui en voulait nullement. Avec Legolas inconscient la plupart du temps, Thranduil devait se sentir terriblement seul. Legolas était à nouveau sa seule famille maintenant.

Erestor résolut d'entrer à son tour dans la chambre de Legolas. Il savait que Thranduil ne lui en voulait pas vraiment, par contre il ne voulait pas le laisser seul.

Il trouva le roi assis sur le bord du lit, prêt de son fils. Une de ses mains tenait celle de Legolas, tandis que l'autre caressait doucement le visage du prince. En s'avançant un peu plus, Erestor s'aperçut que le prince bougeait faiblement. Et même, ses yeux étaient à demi ouverts !

Pour la première fois depuis son arrivée à Eryn Las Galen, Erestor voyait le prince éveillé. Thranduil lui parlait doucement en sindarin pour le réconforter. Toute la colère qu'il avait laissée se déchainer autour de lui quelques secondes auparavant avait totalement disparu.

Erestor songea un instant que Legolas était peut être revenu à lui en entendant la colère de son père. De toute façon, quelle que soit la raison, son réveil était une bonne nouvelle en soi. Il s'approcha doucement du lit à son tour. Il ne souhaitait pas interrompre ce moment entre père et fils, mais il voulait savoir comment allait Legolas aussi bien physiquement que psychologiquement. Après tout ce temps resté inconscient, le prince devait s'être remis de ses blessures, ou au moins être capable de se lever de son lit.

Quand le jeune elfe s'aperçut de sa présence, Erestor vit dans son regard une lueur de reconnaissance puis de surprise, mais il ne dit rien.

« Comment vous sentez-vous Legolas ? »

Lui-même trouvait la question particulièrement absurde dans de telles circonstances, mais son seul but était de faire parler Legolas. Le prince ouvrit la bouche, visiblement pour répondre, mais aucun son ne put franchir ses lèvres. Son père se saisit immédiatement d'un verre d'eau qu'il lui présenta. Il fut contraint de l'obliger à se redresser suffisamment pour boire quelques gorgées.

« Maintenant, comment te sens-tu ? » Demanda cette fois-ci le roi.

Legolas hésita quelques secondes, comme s'il passait en revu chaque partie de son corps.

« Fatigué, murmura-t-il dans un souffle.

-Je vais demander à ce qu'on t'apporte quelque chose à manger.

-Pas faim.

-Il faut vous nourrir, intervînt Erestor avec un ton calme mais qui ne laissait pas place à la discussion. Je vais demander à un soigneur de s'en charger. »


Voilà, il s'est enfin réveillé!