Allo!

Voilà un autre chapitre pour vous, cette fois-ci c'est un moment moins réjouissant, dans un univers complètement alternatif que dans la série de JK Rowlings… Vous comprendrez pourquoi en lisant ce chapitre même. Au menu, une jeune femme qui se ferme pour mieux comprendre…

CHAPITRE 9

La tuile qui fait craquer la mince coquille

Au fur et à mesure qu'elle montait, elle se sentait nerveuse et faible. Ne comprenant toujours pas qui pouvait avoir fait cela et encore moins comment, elle s'attendait au pire. Sa mère lui en avait parlé brièvement sans trop de détails la veille, et elle n'avait pas eu le temps de faire des recherches pour trouver une réponse à ses questions. Lorsqu'elle atteignit l'étage ou était Bill, l'ascenseur s'ouvrit et Ginny se dépêcha de sortir et vit son père au loin, qui semblait inquiet sur sa chaise. La dernière fois ou elle le vit aussi démoralisé c'est lorsque Dumbledore est décédé, juste avant que la phase finale de la bataille s'enclenche.

Toute la famille sans exception était rassemblée dans le hall, en ajoutant Harry, Hermione, Luna et Drago. Ginny ne perdit aucune seconde avant de se coller contre Drago, croisant les bras du jeune homme sur sa propre taille. Elle s'en foutait un peu de provoquer, elle avait besoin d'un peu de chaleur. Tout le monde pleurait sauf Ginny, la petite dernière, la plus jeune, celle qui voulait comprendre. Pendant que les autres membres s'interrogeaient sur l'état de santé de l'aîné, elle remuait sans cesse de vieilles conversations échangées avec son frère, son préféré, celui qui la comprenait plus que quiconque. Celui qui avait aussi deviné quelques semaines plus tôt.

Elle entendit vaguement son père parler à Molly, ses frères jumeaux conspirer entre eux et son frère Ron pleurant dans les bras de Charlie. Il n'y avait plus d'espoir, il était à présent éveillé mais cet état miraculeux ne pouvait durer… La potion était compliquée mais ne pouvait qu'aider dans un état temporaire. Ginny comprit que le seul remède était trop long à concocter, une puissante potion possédant la vertu d'effacer un sortilège, très difficile à réaliser, tellement en fait qu'une simple erreur pouvait tuer la personne l'ayant préparée. Elle en avait parlé à Bill lorsque le professeur Rogue mourut après avoir essayé de réaliser ce mélange, tentant à ce moment une expérience nouvelle, effacer un sort de mort dirigé vers un certain Albus Dumbledore. Ginny avait repéré l'erreur en se rendant sur les lieux, une racine d'une plante mortelle confondue avec la racine d'un pissenlit, à s'y méprendre facilement. Elle se demandait comment le maître en potion avait pu oublier ce détail.

Bill disait d'ailleurs à sa petite sœur de ne jamais tenter cette expérience, aussi douée soit-elle en matière de potion, car il ne supporterait pas de ne plus l'avoir à ses côtés. Elle sourit à cette pensée mais ne se permit pas de pleurer, cela ne lui aurait rien donné de plus. Il demandait à la voir, mais complètement absorbée dans ses pensées elle n'entendit plus rien. Drago lui serra doucement les mains pour la faire revenir dans la réalité, en pointant la porte de la chambre entrouverte. Elle regarda l'air des autres membres présents, des larmes coulant sur leur visage, et elle passa la porte en la refermant.

« Salut, » dit Bill doucement, si doucement qu'il fallu qu'elle s'approche.

Elle le regarda attentivement, puis en croisant son regard elle sourit, attrapant sa main et la gardant emprisonnée dans la sienne. Elle soupira bruyamment en fermant les yeux.

« Tu le sais n'est-ce pas? » Il lui sourit lorsqu'elle ouvrit les yeux.

Qu'il allait mourir? Elle en était sure… par contre elle ne pouvait lui promettre de ne pas essayer cette potion. Elle lui fit un signe de tête et ses yeux se remplirent d'eau.

« Je ne serai pas loin Gin. Tant que tu penseras à moi je vivrai à travers toi. Et ne laisse pas ton chagrin et ton obstination gagner ton cœur, laisse le soin à quelqu'un de te cajoler. Ne fais pas la même erreur que moi, je t'en supplie. »

Elle lui sourit tendrement en baissant la tête, se rappelant que lui n'avait parlé à personne, son terrible secret n'avait pu être révélé et il s'averra ne jamais vivre le bonheur qu'il aurait du.

« Et tu crois que je trouverai mon courage en me rappelant de tes bras baissés toujours si rapidement? »

« Oui, » dit-il en la fixant. « Tu as les nerfs pour le faire, et je suis persuadée qu'elle t'aime en retour, ça paraît. »

« Il t'aimait aussi tu sais, » dit Ginny en souriant devant son frère, se rappelant d'une conversation entretenue cet été avec ce fameux prétendant d'il y a plusieurs années.

« Peut-être, » dit Bill en se frottant le menton. « Mais je n'étais pas prêt à vivre dans ce monde de préjugés. »

« Ça a changé, » dit-elle en mettant ses mains sur ses hanches. »

« Il y a dix ans ce n'était pas comme maintenant. Je n'ai pu profiter de ce privilège. »

Bill se raidit et ses yeux firent un tour dans leurs orbites. Il cria au meurtre et Ginny vint se blottir près de lui.

« Compte sur moi Bill, je veillerai au grain, » dit Ginny en sentant sa voix se briser.

« Ne fais rien qui pourrait compromettre ton bonheur, » il arrêta de respirer quelques instants et reprit, dans ses derniers mots, « et ne tente rien, ta vie est trop importante. »

« Tu ne peux pas me demander ça, » dit Ginny en se fâchant.

« Je t'aime Ginny, » dit Bill en s'éteignant dans les bras de la rousse.

La porte ouvrit à la volée, la famille entra de partout et pleurait, Molly berçait son fils qui venait de rendre l'âme, Hermione était consolée dans les bras de Harry, Luna se tenait sur Drago et ses frères étaient tous ensemble. Ginny se recula pour laisser la place aux autres, elle fixa le cadre de porte et se laissa choir sur la chaise de l'autre côté, attendant que les autres cessent de pleurer et viennent la rejoindre. Elle n'avait rien promis, mais elle n'avait rien demandé non plus… un jour, elle saurait, un point c'est tout. Pour l'instant, ses émotions n'étaient pas au rendez-vous, elle se sentait incapable de pleurer, elle voulait juste tourner la page.

Lorsque les autres vinrent la rejoindre, Hermione était toujours près de Harry, Luna et Drago étaient si proches que n'importe qui aurait pu penser qu'ils formaient un couple. Arthur et Molly se tenaient serrés, les jumeaux avaient un visage terne, eux qui d'habitude ont le sourire tellement facile. Ron et Charlie s'accrochaient et passèrent devant elle. Ginny entra à nouveau dans la chambre et, pendant que les installations se faisaient débrancher, elle s'approcha de son frère et lui prit la main.

« Jamais je ne te laisserai tomber Bill, jamais, » dit-elle. « Je trouverai certainement le moyen de découvrir la vérité et à ce moment je te vengerai. »

Lorsqu'elle revint de l'autre côté, elle vit qu'il ne restait plus personne. Elle reprit les ascenseurs et elle n'eut pas le temps de respirer convenablement à la sortie qu'elle sentit deux mains l'agripper. Sa mère se mit à pleurer dans ses bras et tout le monde la regardait avec colère, seulement Drago avait de la tristesse dans se yeux.

« Ne fais plus jamais peur à ta mère comme ceci. »

Ces simples mots d'accusation dits par son père suffirent pour la blesser profondément. Pourtant quelques minutes auparavant tout le monde semblaient se foutre d'elle et maintenant on lui en voulait parce qu'elle n'avait pas suivi le reste de la famille? Elle fut une fois de plus obligée de retenir les larmes, se disant qu'elle avait assez pleuré dernièrement. La colère des membres de sa famille était du au manque de contrôle dans la situation et surtout de leur peine. Elle serait la pour consoler, aider, mais surtout pas pour pleurer. En guise de réponse elle serra sa mère plus fort et l'emmena avec elle vers la sortie.

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La semaine qui suivit fut très difficile, Harry, Hermione et Luna retournèrent à l'école tandis que Ginny avait obtenu un congé. Molly a passé le plus clair de son temps à dormir, Ron s'enfermait dans sa chambre, Charlie passait un peu de temps aussi à la maison, en profita pour aider dans les tâches ménagères pendant que sa mère se remettait. Arthur n'avait pas eu d'autres choix que de retourner au ministère, mais il prit les deux dernières journées pour préparer les funérailles de son fils, qui ressemblaient beaucoup à celles célébrées en milieu moldu, à l'exception que le ministre était celui qui les célébrait.

Ginny avait passé la semaine complète à son appartement, elle y revenait de temps en temps pour y faire le ménage et pour avoir un peu plus d'intimité, sans oublier que cet endroit était moins accessible pour Hermione, alors lorsqu'elle avait besoin de faire le point, elle y venait sans être dérangée. Elle avait mis un sort d'anti-transplanage, un peu dans le même principe qu'à Poudlard, alors les gens qui venaient lui rendre visite devaient tranplaner dans le couloir et non directement à l'intérieur de l'appartement. Elle n'avait quitté son lit que très peu, mais son cerveau avait tellement été actif qu'une douzaine d'heures de sommeil par jour était maintenant nécessaires. Personne ne sembla douter un seul instant qu'elle remuait sans cesse les mêmes paroles, et que les mêmes images se répercutaient à une vitesse folle dans sa tête.

Il y a dix ans, Bill était étudiant à Poudlard, encore jeune, et il savait depuis peu qu'il était homosexuel. Il tomba amoureux d'un étudiant, un jeune homme du même âge, travaillant aujourd'hui dans le même domaine. Ils étaient les meilleurs amis du monde mais jamais il aurait été tenté l'expérience de l'amour avec lui, prétendant que tout le monde lui en voudrait, qu'il n'était pas assez fort pour affronter les préjugés. Il se maria avec Fleur Delacour pour se prouver qu'il pouvait être normal, mais il ne l'avait jamais vraiment aimé. Lorsqu'il vit que sa sœur avait les mêmes tendances, il s'ouvrit pour la première fois de sa vie, et les vieilles blessures refirent surface, le faisant pleurer jour après jour. C'est après cette troublante discussion que Ginny commença à être plus contrariée, mais maintenant elle acceptait qu'elle était amoureuse d'Hermione. Le seul hic, c'est que contrairement à ce que son frère croyait, Ginny était persuadée qu'Hermione ne partageait pas ses sentiments. Elle n'aurait pas agi de la sorte à la suite de cette nuit passée juste avant la mort de Bill.

Pour qu'un maximum de personnes puissent être présentes aux funérailles, celles ci étaient célébrées le samedi suivant, au cimetière magique situé près de Pré au Lard. Tout le monde savait que Ginny était la plus proche de son frère, et pourtant personne ne semblait s'inquiéter de son état mental. Elle n'avait toujours pas versé une seule larme depuis le samedi soir fatal, le soir où elle s'était laissée aller dans les bras d'Hermione et de Drago. Elle avait également trouvée étrange que son ami ne lui ait même pas donné signe de vie, de la part d'Hermione ce n'était guère surprenant mais venant de lui, c'était anormal. Il faut dire qu'elle avait refusé de répondre à la porte de son appartement plusieurs fois, mettant même un puissant sort d'insonorisation pour ne rien entendre de ce que les gens auraient pu lui crier de l'autre côté de la porte. Si le cœur de sa pauvre mère flanchait, ce n'était pas de sa faute.

Le samedi matin venu, elle n'était pas certaine d'aller aux funérailles, elle aurait voulu se recueillir seule devant la tombe, sans attirer les regards. Elle s'était néanmoins préparée, au cas ou elle changerait d'idée. Lorsqu'elle ferma les yeux, elle respira profondément, se battant contre son propre cœur à l'idée de pleurer ou non. Elle sentit un courant d'air frais et un vent glacial, pourtant aucune fenêtre n'était ouverte. En ouvrant les yeux, son frère se tenait devant elle, le sourire aux lèvres, portant la même jaquette d'hôpital qu'à sa mort. Elle cligna des yeux, se demandant si elle rêvait mais lorsqu'elle sentit les mains de son frère traverser les siennes, le froid si intense qu'elle ressentit lui rappela qu'elle était bien éveillée.

« Tu dois arrêter de penser et vivre Gin, » dit-il en souriant. « Ne fais pas comme moi, le temps est précieux.

« Tu es un fantôme? » Ginny voulait changer de sujet.

« Non, » dit Bill en soupirant. « Mon âme s'en va rejoindre le ciel dans quelques minutes. J'ai passé la semaine à vous regarder agir et tu es la personne qui a le plus besoin d'aide. »

« Arrête Bill, » dit Ginny en croisant les bras. « Maman passe son temps à pleurer, papa ne sait plus ou donner de la tête, Ron s'est renfermé et les jumeaux ne rient plus. »

« Leurs cœurs ne sont pas aussi tourmentés que le tien ma sœur. »

Ginny regarda partout sauf près du fauteuil ou était situé son frère. Elle ne pouvait pas croire qu'il lui disait ça… Pourtant elle était aussi normale que les autres, avec un peu plus de temps de réflexion nécessaire. Elle ne souffrait que d'un amour non partagé.

« Pour ton information, » continuait Bill, « son cœur est mêlé, elle est un peu comme toi, analysant tout ce qu'elle ne peut expliquer. »

« Oh Bill s'il te plaît veux tu changer de sujet! »

Il la regarda tendrement, en lui soufflant un baiser, se fondant doucement dans la lumière blanche derrière lui. Tu me manqueras mon frère, pensait Ginny.

« Toi aussi chérie, » dit-il en la regardant. « Prends soin de toi et de la famille, ne te caches pas ainsi. »

Parce que tu pouvais même m'entendre penser?

« Oui… »

Tu aurais quand même du dire au revoir aux autres.

« Je l'ai fait d'une façon subtile, pas comme toi, qui était trop concentrée sur je ne sais quoi. »

Voyant la lumière aspirer son frère pour de bon, Ginny sourit, bonne chance Bill, je t'aime.

« Moi aussi je t'aime. Tu réussiras. »

Lorsque la lumière disparut, aspirant Bill avec elle, Ginny sentit un grand vide en elle, enleva le sort d'insonorisation sur la porte et se laissa choir sur le fauteuil ou elle était assise. Un coup à la porte attira son attention, trouvant très bizarre la coïncidence. Elle se leva et elle fut très surprise d'y voir un jeune homme brun, l'air complètement perdu et les yeux humides. Elle le prit dans ses bras, l'attira dans la maison et le fit asseoir ou était situé son frère quelques minutes auparavant. Il lui parla doucement, de ce qu'il aurait du faire il y a plusieurs années déjà.

« Denis, je suis désolée. »

« C'est moi qui devrait l'être, » dit-il. J'aurais du lui dire avant, nous aurions été plus heureux. Je me fous des préjugés Ginny, je l'aimais comme un fou ton frère. J'aurais pu lui décrocher la lune, faire ses quatre volontés pour lui montrer que je l'aimais. Ça m'a pris trop de temps à le réaliser. »

« Il est trop tard pour les regrets Denis, » dit Ginny qui le regardait pleurer. « Concentre toi sur l'avenir. »

Il l'avait déjà fait. Contrairement à elle ou à son frère, Denis s'était trouvé un compagnon il y a six mois et ils étaient près d'une relation durable. L'amour n'était pas aussi fort qu'avec Bill mais il saurait s'y faire et au fur et à mesure que le temps avancerait le cœur grandirait.

« Je ne veux pas l'emmener aux funérailles de Bill mais je veux y aller, » dit-il en la fixant. « Je pensais qu'en venant ici nous aurions pu nous y rendre et… »

« Je ne crois pas y aller Denis, » dit Ginny en fixant le sol.

« Ton frère mérite cette attention Gin, fais le pour lui. »

Elle hésitait, comment se rendre là sans pour autant briser son pacte et ne pas pleurer? Elle voulait rester forte auprès des siens aussi. Le fait d'y aller la ferait voir tout plein de gens qu'elle ne voulait pas forcément voir tout de suite.

« Je reviens. »

Elle se dirigea à toute vitesse vers sa toilette, y entra et se laissa tomber près du bain. Elle entendit une voix, tout bas, provenant de son intérieur.

« Fais le pour toi Gin, oublie les autres. »

Elle sourit, se peigna et retourna dans le salon.

« On part dans cinq minutes, » dit-elle à Denis.

SsSsSsSsSsS

Le ciel était lumineux, les oiseaux gazouillaient et Ginny restait en retrait de la scène. Un tombeau noir, Neville prononçant des paroles, des tas de sorciers qu'elle connaissait et d'autres inconnus se tenaient debout, habillés de noir. Molly, en pleurs, s'agrippait tant bien que mal à Arthur, qui laissait libre cours à ses larmes lui aussi. Katie et Ron étaient non loin, il était difficile de voir les jumeaux habillés uniformément, d'une seule couleur. Charlie et Percy s'épaulaient, Harry et Lavande se tenaient la main, Luna et Collin regardaient en direction de Drago, agenouillé devant Parvati pour lui donner un mouchoir. Hermione était assise, les yeux rougis, le mouchoir près du nez et la main tremblante. Elle portait une magnifique robe noire, allant à merveille avec son teint plus basané.

Il y avait plusieurs personnes du ministère, sans doute venus pour appuyer Arthur dans son drame, des anciens collègues de classe à Poudlard, certains professeurs, dont McGonagall qui semblait plus perdue que jamais. Denis quitta ses côtés pour se diriger vers les membres de Gringotts et Fleur Delacour, la « prétendante » de Bill. Ginny ne pouvait s'imaginer pire scénario, regarder son frère descendre sous terre est une expérience assez traumatisante. Elle lutta pour ne pas pleurer, pour ne plus regarder les personnes qui lui tenait tant à cœur. Elle ne comprenait pas qu'un être aussi aimé que Bill pouvait se trouver à quelque part dans le sol, son âme errant dans le paradis là haut, veillant sur tous les membres de sa famille.

Lorsque Molly vit que sa fille était au loin, elle avait fait un mouvement pour s'éloigner et aller la rejoindre mais son mari la retint. Tout comme sa femme, il avait vu sa fille s'approcher mais ne tentait pas d'aller à sa rencontre. Il savait qu'elle avait besoin de temps, qu'elle avait de la peine et ne savait pas trop comment réagir, après tout, elle était le membre de la famille que Bill préférait, alors elle devait certainement être moins forte intérieurement qu'elle n'en laissait paraître. Il dit tout bas à l'oreille de Molly le pourquoi qu'il la retenait et elle comprit, adressant à la rousse un joli sourire rempli de compassion.

À la fin, les gens s'en retournaient tranquillement, laissant à la famille proche le dernier mot avant que le corps retourne sous terre. Ginny n'avait toujours pas avancé d'un pas, figée par la peur et l'émotion. Ce fut d'abord Harry et Hermione qui s'approchèrent, firent un signe de croix et s'en allèrent, suivi rapidement de Drago et de Luna. Ils attendirent que tous les autres fassent de même avant de finalement s'en aller loin de ce lieu. Arthur fut le dernier à passer, laissant sa main s'appuyer sur la tombe pendant un certain bout de temps avant de reprendre son chemin. Au lieu de se diriger vers les autres, il fit signe à Ginny d'avancer et il la prit dans ses bras. La jeune femme avait les émotions à fleur de peau mais ne pleura pas, se contentant de caresser le dos de son père. Il la regarda et lui sourit avant de retourner voir les autres. Ginny profita de cette occasion pour se rendre directement à la tombe, portée mécaniquement par ses jambes, se demandant si elles allaient tenir le coup.

Elle déposa une main timidement sur le cercueil en métal, puis elle fut prit d'un violent mal. Elle s'agenouilla et les chutes commencèrent à couler. Elle pleurait abondamment, seule, recueillie sur son frère, car plus jamais elle ne serait aussi « près » de lui physiquement à l'avenir. Elle se mit à hurler comme jamais, prise de violents sanglots et de frissons, grelottant et aussi fragile que du verre.

Non loin de là, les quatorze autres entendirent les plaintes déchirantes sans pouvoir rajouter quoi que ce soit. Drago comprenait la peine de son amie mais était sidéré par l'émotion, ne sachant quoi faire. Molly pleurait à nouveau dans les bras d'Arthur et les autres ne purent rien faire d'autre que de regarder l'horrible spectacle. Les yeux chargés de larmes, une seule personne se mit à marcher vers Ginny, ignorant complètement ce que les autres pourraient dire, l'appel de l'amitié s'était fait sentir très fortement.

Hermione mit ses mains sur les épaules de Ginny, qui se détendit sur le coup. Malheureusement, cela ne pouvait durer, elle se raidit rapidement avant de bondir debout, elle regarda la brunette avec du venin dans les yeux, la rage et la colère se mêlant à la peine et la souffrance qu'elle avait soudainement éprouvée. Elle se recula et trébucha sur une roche, mais elle ne quittait pas Hermione du regard.

« Ne t'approche pas Hermione Granger, » dit Ginny en pointant son index vers elle. « Laisse moi tranquille. »

Mais Hermione n'en faisait qu'à sa tête. Elle marchait en direction de son amie, cette dernière reculant à chaque fois qu'une nouvelle tentative était faite.

« Mione écoute moi, » dit Ginny en paniquant. « Tu vas retourner avec les autres et… »

« Non maintenant tu vas m'écouter Ginny Weasley. » Hermione était furieuse, elle devait aider son amie à canaliser sa colère et laisser sortir sa peine.

« Je t'avertis une dernière fois, » la rousse avait sorti sa baguette. « Je suis capable de t'expédier à plus de cent lieues de moi. »

« Je reste là Gin, que tu le veuilles ou pas. Tout le monde à le droit de souffrir et d'avoir de la peine, toi compris. Laisse partir cette boule dans la gorge qui te tracasse depuis tant de mois déjà. Je ne te reconnais plus, ou est la petite Ginny fonceuse et ricaneuse? Laisse couler les larmes, je t'en supplie. »

Ginny semblait considérer les arguments d'Hermione mais refusait de dire quoi que ce soit. Elle baissa sa baguette puis se mit à parler doucement.

« Je ne peux pas Hermione, je dois rester forte, » ses larmes coulaient sans aucun effort à présent. « Je dois aider les autres, je… »

Au fur et à mesure qu'elle parlait, Hermione souriait et s'approchait. Lorsqu'elle sentait que Ginny secouait de plus en plus et qu'elle avait beaucoup plus de difficulté à parler, elle comprit que sa stratégie avait marché. Lorsqu'elle referma ses bras derrière le dos de son amie, la roussette se mit à pleurer comme une enfant. Elle prit le thorax d'Hermione comme oreiller et s'accrochait comme si sa vie en dépendait. En se fermant ainsi de tout, elle avait oublié que l'essentiel était de communiquer et de vivre chaque seconde, comme son frère lui avait dit.

Il avait raison, elle ne pouvait pas le nier. La vie était trop courte pour se faire du soucis sur tout, attendre qu'une occasion se présente et surtout pour se morfondre pour des choses du passé. Hermione la ramenait près des autres, sans la lâcher ni chercher à la consoler. Elle savait qu'elle avait besoin de temps et de repos, d'une personne en qui elle avait confiance et qui serait toujours là. Drago s'approcha des deux filles et caressa doucement la joue de Ginny, qui réagit au contact en laissant le regard de ses yeux bleus vides pénétrer dans celui de son ami, grisâtre. Elle demeura fermement accrochée aux bras d'Hermione, et c'est dans cette position qu'elle entra au Terrier, avec les membres de sa famille. Hermione voulu partir à Poudlard mais le regard si intense de son amie lui dictait de rester et de s'occuper d'elle. Après tout, ils auraient certainement un professeur capable de prendre sa place pour une journée ou deux, car l'occasion de comprendre enfin pourquoi Ginny était comme ça était à portée de main. Sur cette pensée, elle ferma les yeux, bien couchée dans l'ancienne chambre de Ginny, la professeur de potion dans les bras.

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Un autre chapitre terminé! Je fais toujours mon possible pour vous donner cela rapidement mais j'ai certains contretemps... J'ai eu la même réaction que Ginny quand quelqu'un près de moi est décédé et j'ai eu toutes les difficultés du monde à revenir sur terre… Parfois les tuiles tombent toutes en même temps !

Reviews acceptées !

Julie