Voila là suite! cette fois-ci, il se passera un peu plus de choses, un bon gros chapitre comme je les aime, en espérant qu'il vous plaise bien sur! je remercie énormement les reviews que vous me laisser! Et j'ai l'honneur de vous informer que l'histoire comporter en tout 14 chapitres, avec un quinzieme en bonus! voilaaaaa bonne lecture!

Résumé rapidos: Après avoir réalisé qu'il tenait de plus en plus à Hinata, Kageyama décidait de couper les ponts avec lui en s'éloignant de plus en plus et quasiment définitivement. Hinata en souffre énormement, et commence à ne plus supporter la situation telle qu'elle est.


STONE HEART

CHAPITRE X

On le surnommait le Soleil de l'équipe.

Le Soleil de Karasuno est lumineux, emplis de vie, optimiste, déterminée, bien trop parfois. Il souriait sans arrêt, se débattait sans cesse pour son rêve, aimait ses amis et sa famille. Il n'était pas parfait, loin de là même, mais sa bonne humeur apportait un vrai coup de boost pour tous ses coéquipiers au club de volley-ball. À chaque fois que Hinata entrait dans les vestiaires, il avait toujours cette habitude, de lever haut la main en l'air, et de sourire de toutes ses dents, hurlant un « Bonjour tout le monde ! » de façon à ce que tout le monde remarque sa présence. Parfois, il se faisait immédiatement engueuler par Tsukishima qui avait horreur de ça. Depuis le début de l'année, sa bienveillance rendait l'équipe énergique, et tout le monde en avait besoin. Tout le monde avait besoin d'un Soleil.

- Tu sais quoi ? S'écriait Noya en enlevant son t-shirt

- Nan, mais tu vas me le dire, répondit Tanaka assis sur le banc en enfilant son survêtement

Le plus petit racontait alors son anecdote, tandis que les autres dans le vestiaire s'habillèrent en s'échangeant quelques brèves paroles et quelques rires. Kageyama, lui, rangeait ses dernières affaires en n'adressant la parole en personne. Puis, la porte s'ouvrit et Hinata entrait. Il affichait un grand sourire, levait la main en l'air.

- Bonjou...

Son regard croisait celui du noiraud. Sa voix s'était coupé, et il restait figé, crispé, alors que Kageyama, lui, se tournait pour ouvrir la porte qui le menait dans le gymnase et y entrait en la laissant se claquer derrière lui. Tous les joueurs avaient les yeux tournés vers Hinata qui était resté pétrifié, et tout le monde ignorait qu'en ce moment sa poitrine l'étouffait, et lui faisait mal. Hinata avait sentit une vive douleur dans son abdomen quand il avait vu ses yeux, et que lui les avait fuis.

Ça faisait cinq jours depuis ce moment.

« Ne me parle pas, ne me touche pas, ne t'approche pas. Reste loin de moi, compris ? »

Et il ne lui a plus parler. Lui, son coéquipier, son partenaire, son...

Cinq jours depuis ce rêve affreux qu'il avait fait. Ce rêve qui s'était répété la veille, et lui rappelait à quel point il a été stupide, et à quel point la situation est désastreuse. À quel point Hinata était impuissant.

La porte battante rouvrait et se fermait encore quelques instants, et tous les regards étaient toujours tourné vers le roux. Tu dois sourire, tu dois être de bonne humeur, tu dois sourire, se dit-il. Il baissait les yeux vers le sol, son sourire figé se décomposant peu à peu, et sa main finit par tomber doucement. Ses lèvres qui formaient encore un léger rictus se mirent à trembler, et ses yeux lui piquaient.

Oublie, je t'en prie, oublie.

- Hinata ? S'enquit Suga

Sa vue commençait à se brouiller, son cœur était si lourd.

- … Tout.. le monde...

Tu dois sourire, tu dois être de bonne humeur, tu dois sourire. Hinata collait sa paume contre son front, et une goutte d'eau s'écrasait sur le sol. Ce n'est que lorsque le roux éclatait un sanglot que tout le monde se levait du banc et s'approchait de lui avec inquiétude.

- Hinata !

- Est-ce que ça va ?

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Regarde nous !

Suga lui attrapait les épaules, les autres l'entourant, complètement paniqués par l'état du Soleil, et Hinata secouait la tête de droite à gauche, contenant du mieux qu'il pouvait cette abominable souffrance au creux de son estomac.

- Pardon, s'excusait-il, Je vais bien, désolé.

Oublie, oublie, oublie.

Asahi s'approchait, et même ne sachant rien de la situation, il le serrait dans ses bras pour lui apporter un quelconque réconfort. Tsukishima et Yamaguchi s'échangeaient un regard inquisiteur, Noya et Daichi essayant de comprendre ce qui se passait, et Suga pensait un instant, tournant ensuite la tête en arrière pour apercevoir Kageyama jouer au filet à travers le petit hublot en verre de la porte. Il était sans doute le seul à comprendre à peu près ce qui se passait, et voir Hinata dans cet état, dévasté, ce fut vraiment horrible à digérer.

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Extrait du journal de Tobio K., le 22 avril 2016

« J'ai mal. J'ai si mal. ÇA FAIT TELLEMENT MAL. Je lui ai tout dis, je suis allé le voir, je lui ai avoué. Il m'a rit au nez. IL A RIT. IL S'EST MOQUÉ DE MOI. Devant tout le monde, il m'a pointé du doigt, et il me regardait de haut en bas. Il pensait qu'au début je me foutais de lui, mais quand il a compris que j'étais sérieux, il...

Je n'ai jamais vu un regard aussi écœuré que le sien. Il exprimait tellement de dégoût, d'horreur, j'avais l'impression d'être un monstre. Comme mes grands-parents n'ont cessé de me le dire. PUTAIN. PUTAIN CETTE DOULEUR. Il m'a dit tellement de choses horribles, les autres ont tellement rit. « Tu es dégueulasse, Tobio. ». « Sale pédé. ». « Merde alors, j'attire même les homos ». Pourtant j'ai voulu être honnête, pour une fois, j'ai ouvert mon cœur. « Je suis amoureux de toi, Oikawa. » C'est ce que j'ai dis. Il a rit.

Il est 23h24 au moment où j'écris ces mots. Je crois ne jamais avoir autant avoir pleuré de ma vie. La feuille du journal est parsemé de gouttes d'eau. Mince, «gouttes » à bavé. La page est aussi dégueulasse que moi maintenant.

Je me répète sans arrêt ses mots, son visage reste ancrée dans ma tête, j'ai beau essayé de l'oublier, il ne veut pas partir. Je pensais que rien ne pourrait m'atteindre. Je suis tout aussi fragile que n'importe qui, mon cœur est bien trop fragile désormais. Il peut se briser à tout instant comme du verre. Mais j'ai si mal. C'est insupportable. Ce n'est pas un chagrin d'amour, ni un rejet. J'ai l'impression de vivre quelque chose qui combine les deux, quelque chose de si fort, qui peut me détruire complètement à tout instant.

Oikawa a été si horrible. Je n'arrive plus à respirer. Ça faisait si longtemps que j'attendais de lui avouer. J'étouffe. Aidez-moi, s'il vous plait. Aidez-moi... […] »

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13h06.

Aujourd'hui, Hinata a put rentré chez lui. Après ce qui s'était passé dans les vestiaires, Daichi lui a autorisé à rester chez lui pour se remettre de ses émotions, et il a dit qu'il remettrait le mot à ses professeurs. Quelle idée, aucun de ses professeurs ne croira que Hinata Shoyo ai put littéralement craquer avant de pratiquer son sport préféré.

Il était allongé dans son lit, regardant le sol sans bouger ou ne dire un mot. Il ignorait lui-même pourquoi il avait craqué à ce moment là, devant tout le monde, sans pouvoir se contrôler. En y repensant, ça a été... si dur de supporter un jour de plus. Un jour de plus sans Kageyama. Son cœur battait fort, il était toujours dans ses pensées. Ne partira t-il jamais de sa tête ? Alors il soupirait, fermant un instant les yeux avant de se tourner vers le plafond.

Comment supporter d'avantage la situation ? À ce rythme là, ça lui deviendra impossible de pouvoir jouer au volley. Alors pendant un instant il se posait la question. Ce serait pire de perdre le volley, ou Kageyama ? Il n'y avait pas l'un sans l'autre, sans doute. Merde. Hinata avait besoin de lui.

Il avait besoin de lui. De celui qui... Le rendait si heureux.

Soudain, Hinata fronçait fermement les sourcils, et il serrait les dents au point qu'elles grincèrent, et ses poings jusqu'à ce qu'ils blanchissent.

- Merde..., grognait-il les larmes aux yeux, Je peux pas laisser la situation empirer...

Mais tu es impuissant, fit une voix dans sa tête. Oui c'est vrai. Mais c'est ne pas en ne tentant rien que ça va changer quelque chose. Il devait changer les choses, peut importe par quel moyen, ça ne pouvait pas continuer comme ça. Sa colère s'agrandit.

- Ça suffit ! S'écriait-il en se redressant sur son lit

Il ne pouvait pas se permettre de se morfondre d'avantage, pas lui, pas le soleil. Sa nature déterminée reprit le dessus sur sa personnalité, et il se mit à réfléchir rapidement, cherchant un moyen de faire bouger les choses. Il se remémorait tout, chaque détail, jusqu'à se rappeler de ce numéro inconnu. Aucune chance de creuser sur ce coté là. Puis, des paroles vint résonner dans ses tympans.

« Tu es répugnant, Tobio. »

Oikawa devait sûrement savoir quelque chose. Ses mots étaient troublant, et Kageyama voulait parler seul à seul avec lui. C'était sans doute rien, mais ce fut la seule piste qu'il pouvait avoir.

La seule. Hinata ne pouvait compter que sur lui-même.

Il se penchait vers son réveil, et y regardait l'heure. Il devait être à Aoba Johsai à l'heure qu'il est. C'était le moment où jamais, et pendant un instant Hinata s'estimait heureux d'être rentré chez lui.

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16h34.

Le vélo du roux descendait la longue pente qui menait jusqu'au quartier au bas de la colline, et il laissait le vent fouetter son visage et son bustier, la tête malgré tout remplis de pensées divers et variés. Entrant dans le secteur, il essayait de retrouver son chemin à travers les rues, et quand il se trouvait devant le lycée Aoba Johsai, il posait un pied au sol, l'admirant tout en reprenant difficilement son souffle. Les mains moites, serrées sur le guidon, Hinata essayait de reprendre ses esprits avant d'entendre la cloche résonner, et de voir déjà les élèves sortir du lycée. En comprenant cela, Hinata gonflait ses poumons, et traînait son vélo jusqu'à aller vers l'arrière du lycée, le rangeant sur le râtelier qui se trouvait à coté d'une lignée de buissons. Ok. Il devait retrouver Oikawa. Il prit une inspiration et expirait. Il ne savait même pas comment procéder, après tout, la dernière fois qu'il l'avait vu il l'avait carrément assommé.

- Le numéro 10 ?

Hinata se bloquait, et se tournait en arrière, surpris. Il voyait Kindaichi, il le regardait avec toujours son survêtement bleu et blanc du lycée, et ses cheveux noirs toujours en pic sur sa tête.

- Qu'est-ce que tu fous là ? Dit-il alors en croisant les bras et haussant un sourcil

Hinata bégayait un instant, tirant légèrement sur sa chemise blanche avant de prendre une grande inspiration.

- Je cherchais le Grand Roi ! S'écriait-il, J'ai besoin de lui parler.

- Oikawa ? Fit Kindaichi étonné, Qu'est-ce que tu veux à Oikawa ?

- C'est... personnel.

Hinata détournait les yeux, se rappelant alors de cette image qu'il avait malgré lui gravé dans sa tête, celle de Kageyama appuyé contre le mur, Oikawa devant lui avec une proximité limitée. Il se souvient aussi de ce sentiment bizarre qui l'avait emporté ce jour là.

- Personnel tu dis ? Reprit la tête de poireau, Ah ! Si toi t'es là, c'est que ça a quelque chose à voir avec le Roi du terrain, je me trompe ?

Merde, pourquoi j'ai du mal à répondre ?

- Kindaichi ! Tu reviens à la salle ?

Hinata se penchait et aperçut Iwaizumi au loin, à coté du gymnase.

- Ouais, répondit-il

- Dépêche, l'autre imbécile est encore en train de traîner.

Il pointait du pouce le mur du gymnase, et Hinata put apercevoir Oikawa, entouré de quatre ou cinq filles qui riaient et qui avaient leur portable avec qu'elles. Il était là. Hinata serrait fort les poings, puis contournait Kindaichi avant de se diriger vers le passeur du lycée, Iwaizumi balançant un « Qu'est-ce qu'il...» quand il l'aperçut. Oikawa affichait un sourire charmeur aux lycéennes, riant, puis le roux finit par arriver bientôt face à lui.

- Oï, Le Grand Roi.

- Youuuuh, Shrimp-chan ! S'exclamait Oikawa avec un grand sourire

Il se tournait vers les filles, leur dit quelques mots, et après quelques exclamations plaintifs, elles finirent par s'en aller en lui faisant un grand signe de la main.

- Que me vaux cet honneur ? Demandait le brun

- Je suis venu te parler, en fait...

- Et à quel sujet ?

- Je...

Il le regardait droit dans les yeux, puis se rappelant des paroles de Kageyama, il prit son courage à deux mains.

- Pourquoi tu étais venu à Karasuno la semaine dernière ? Finit-il par lâcher avec toute la motivation qu'il pouvait avoir, De quoi vous parliez avec Kageyama ?

Oikawa le regardait un instant, le rendant en l'espace d'un moment mal à l'aise, puis il se mit à sourire.

- Et pourquoi ça t'intéresse soudainement ?

- Répond d'abord à mes questions !

- Pas si tu ne répond pas à la mienne.

Hinata grognait des paroles inintelligibles, et Oikawa croisait les bras, se penchant vers lui.

- Tu es courant, hein ? Qu'il est gay.

Cette question fit écarquiller les yeux du plus petit. Son cœur s'accélérait. Comment le savait-il ? Pourquoi ? Peut-être que c'était normal après tout, ils se connaissent depuis longtemps... Mais ça ne collait pas, comment ça se faisait qu'il ai l'air satisfait à ce moment.

- ...Pourquoi ? Fit Hinata en fronçant légèrement les sourcils, Qu'est-ce que ça a voir ?

Il ne comprenait pas la question, elle n'avait aucun rapport. Il avait dit ça comme si a avait été taboo, et que c'était une honte.

« Est-ce que c'est mal si un garçon tombe amoureux d'un autre garçon ? »

Merde..

Et si Oikawa...

- C'était pour m'en assuré, répondit-il en haussant les épaules, Répond moi maintenant.

- Si je te demande ça c'est parce que je m'inquiète, fit aussitôt Hinata au tac au tac, Kageyama a changé depuis le début du mois, il devient distant et froid, et... Je n'aime pas ça.

Hinata baissait les yeux, évitant de croiser celui du plus grand, et il soupirait. Ça fait mal.

- J'aime pas ça du tout.., continuait-il, Quand tu es venu à Karasuno, tu as dis « Je me demande si il arrive à jouer en nous regardant dans les yeux ». Et vous avez parlé, alors je me suis dis... Que tu savais peut-être quelque chose. Voilà ! C'est.. Tout..

Oikawa le regardait fixement, un long moment même, puis il finit par se redresser, les bras toujours croisés, avant d'afficher un sourire.

- Je vois.

- Alors ? Tu.. sais quelque chose ?

- Mmh.

Les yeux d'Hinata s'illuminèrent, un halo d'espoir s'était dessiné dans son esprit brouillé.

- C'est vrai ?! Dis moi !

- Désolé Shrimp, dit le brun en haussant les épaules, Mais c'était une histoire vraiment stupide, et ce qu'à fait Tobio par la suite, j'en ai aucune idée.

- … Quoi ?

- Si il agi comme ça, c'est sa faute. Il se fait ça tout seul.

- Mais je veux régler ça ! S'écriait le roux, Je veux arranger ça, mais il faut que je sache pourquoi, pourquoi tout a commencé-

- Tobio est amoureux de moi.

Crack.

Hinata se tut aussitôt, la bouche encore ouverte, et il fixait Oikawa les yeux écarquillés. Cette phrase résonnait en écho dans sa tête.

Kageyama est...

Ba-bum. Ba-bum.

...Amoureux de lui ?

Pourquoi.. mon cœur se serre autant, tout d'un coup ?

- Il...

- Mmh.

Hinata baissait les yeux vers le sol. Ma poitrine. Pourquoi ces mots m'obsèdent autant ? Ma poitrine. Ça fait si mal. J'étouffe. Hinata serrait la mâchoire, et sa main droite vint serrer sa chemine à la poitrine, là où se trouvait son cœur. J'ai mal. Il serrait si fort qu'il la froissait. C'était quoi ce sentiment bizarre ?

- C'est tout ce que je sais. Rien de plus.

- ...Quoi ? C'est tout ? Murmurait-il

- Ce qu'il a ressentit par la suite, ce ne sont pas mes affaires.

Je ne suis pas plus avancé, se dit le roux en soupirant, Est-ce que son changement d'aujourd'hui a été provoqué à cause de... ça ? Ou alors peut-être c'est quelque chose de complètement différent, et qu'il se fourrait dans ce qui ne le concernait pas.

- Mais pourquoi tu es revenu à Karasuno ?

- Tobio et moi sommes rivaux. Et disons que, son attirance pour les hommes m'écœure. Je le taquinais, dit-il avec un grand sourire faux-cul

Un flash revint à Hinata. «Tu es dégueulasse, Tobio. Tu me donnes envie de vomir. » C'étaient les messages avec ce numéro inconnu. Se pourrait-il...

- Et puis, tu n'as qu'à le lui demander par toi même, Shrimp-chan. Je n'ai pas de temps à perdre avec vos histoires.

C'est plus facile à dire qu'à faire, ne put-il s'empêcher de penser. Alors Oikawa serait lier au changement de Kageyama ? Ou alors, est-ce qu'il a tout faux ? Il ne savait plus. Tout était brouillé, il ne savait plus quoi penser, il ne savait plus ce qui était juste ou faux. Il soupirait. C'est tellement ridicule.

.

19h59.

Il faisait nuit à Aoba Johsai, seul le gymnase était illuminé par les joueurs qui jouaient encore à l'intérieur. Hinata était assis au sol, à coté du râtelier où était son vélo, les genoux légèrement repliées, fixant le vide face à lui. Il y avait un lampadaire à l'autre bout du râtelier, ce qui lui donnait un champ de vision délimité par rapport à la nuit. Il y avait le son des moustiques qui se cognaient contre l'ampoule du réverbère, et aussi les criquets dans les buissons.

« Tobio est amoureux de moi. »

Hinata eut pour réflexe de serrer sa chemise, une nouvelle fois. De plus en plus fort, et il serrait la mâchoire. C'est quoi ça ? Ne put-il s'empêcher de penser. Pourquoi tu l'aimes ? Pourquoi le Grand Roi ? Il est manipulateur, égoïste aussi, pourquoi...

Hinata poussait un hoquet de surprise quand il réalisait le sens de ses interrogations. Mais il devait se l'avouer, savoir ça, ça le faisait d'une façon ou d'une autre souffrir. Il est amoureux de Oikawa, puis il a un cœur de pierre ? C'était incompréhensible tout ça.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit...? murmurait-il dans le vide face à lui

Tu ne me dis plus rien.

« C'est normal de se disputer entre amis. »

Kageyama n'est pas mon ami.

Jamais je n'ai ressenti de tels émotions avec un ami. Il est...

- Tout ça n'a servi à rien.

Hinata se relevait alors, époussetant son derrière de la poussière du sol, puis enlevait son vélo du râtelier avant de le tirer doucement en marchant le long des murs du lycée, et des lampadaires. Les rayons et les chaînes tournaient, Hinata regardait le vide face à lui, il avait envie de pleurer.

- Je connais cette tête.

Le roux levait les yeux face à lui, et ses pas ralentirent quand il aperçut un groupe de trois terminales au bout de son chemin. Ils le regardaient.

- Oui, moi aussi.

- Mais c'est...

- Le numéro 10.

À l'entente de cette voix dure et froide, Hinata s'arrêtait. La tête levée vers eux, il sentit une sueur froide couler dans son dos quand les trois adolescents s'avançaient vers lui. Ça sentait pas bon, pas bon du tout, Hinata le savait.

- Hey, toi !

Le roux eut pour réflexe de faire un pas en arrière, ils s'approchaient de plus en plus, il pouvait parfaitement voir leurs visages maintenant.

- Oui, répondit-il

- T'es de Karasuno, pas vrai ? Le spiker du club de volley ? Demandait l'un d'entre eux

Pour réponse, il hochait la tête. Cette fois, ils étaient là, face à lui, et deux d'entre eux étaient plus recourbés sur ses cotés, donnant cette horrible impression d'être entouré, encerclé, pris au piège, attrapé comme une proie.

- Ouais, répondit Hinata en regardant celui qui était face à lui, Je m'appelle Hi-

- J'ai parié plus de cent cinquante balles sur Aoba. Et j'ai tout perdu.

Hinata regardait du coin les deux autres qui avaient les poings serrés, et il serrait ses mains sur son guidon avec pression.

- J'avais parié beaucoup aussi.

- Moi mon petit frère est fan de l'équipe. Quand ils ont perdu, il n'a pas arrêté de pleurer.

- Vous parlez de la défaite du tournois du printemps ? Se risquait à demander le roux

- Évidemment ! S'écriait l'un d'entre eux avec rage, Et cette défaite, c'est toi qui l'a causé.

Merde. Ils étaient grands, aussi grands que Tsukishima, Hinata lui, était si petit.

- Moi ? Dit-il

- T'as pas arrêté de les foutre dans la merde. Et c'est toi qu'à donné le dernier coup, enflure.

Ça partait mal, très mal, Hinata fit un pas en arrière, mais il se stoppait quand son vélo était complètement bloqué. Un des gars appuyait fermement sur la selle, l'empêchant de bouger. C'était foutu.

- T'es vachement fort au volley, fit celui de devant en faisant craquer ses phalanges, Est-ce que tu sais mieux faire sans un ballon ?

- … Quoi ?

Et au moment où il tournait la tête vers celui à sa gauche, il poussait un cri de douleur quand il le frappait en plein visage. Hinata tombait lourdement au sol, et son vélo s'écrasait lui aussi, une des pédales tombant sur l'os de sa cheville. Alors son cri fut plus douloureux encore, les roues du vélo roulant à terre. Celui de devant s'approchait, le relevait avec la force d'un bras, et avec son poing le frappait. C'était beaucoup plus violent. Hinata au début pensait ne pas avoir mal à force de s'être prit des balles dans la figure aux entraînements. Mais se faire frapper directement, c'était complètement différent, et ça faisait plus mal. Beaucoup plus. Il le refaisait encore une fois, il le relevait et le frappait, Hinata perdait toute sa force, presque connaissance, mais il tentait de lutter face à ses brutes, essayant de s'enfuir, ou de riposter.

Mais Hinata était impuissant.

Le troisième avait une batte, et il était en train de réduire son vélo en miettes, tandis que les deux autres continuaient de tabasser le roux avec toute la rage qu'ils avaient en eux. Bientôt, Hinata sentait un horrible goût de sang dans sa bouche, un son aigu se propageait dans ses tympans, il avait mal partout, tout son corps le faisait souffrir. Jamais il n'avait autant souffert, il se demandait si son cœur lui faisait plus mal que son corps. Sa cheville aussi était vraiment douloureuse. Le coup a été brutal, sa jambe est paralysé. Son estomac lui va exploser, sa tête brûle, il n'arrivait plus à bouger, succombé à son sort.

Hinata ne faisait que sourire et rire tout le temps, pourquoi lui faire ça ?

Au début, il hurlait des «Arrêtez», «S'il vous plait», «Ça fait mal» entre ses hurlements, mais au bout de quelques minutes plus rien ne sortait de sa bouche hormis des gémissements. Il faisait nuit, le gymnase semblait loin, il n'y avait personne pour l'aider. Pas d'amis, ni de coéquipiers. Il était totalement seul.

- Oï.

Le plus grand riait encore, puis se tournait en arrière.

BAM.

Il tombait à terre quand Kageyama lui offrit le plus gros coup qu'il ai jamais donné. Il était en colère, en rage, et il secouait sa main en l'air alors qu'un des terminales aidait à relever celui à terre.

- Kaizuki, ça va ?

- Il m'a défoncé la mâchoire...

Celui qui avait la batte se dirigeait vers le noiraud, les sourcils froncés.

- Tu vas le regretter.

Il la levait, et au moment où il allait l'abattre, Kageyama l'arrêtait en fonçant en plein dans le garçon, le faisant tomber au sol en lui donnant un coup de boule qui l'assommait presque. Kageyama se relevait, et se tournait vers les deux autres. Celui qu'il avait frappé saignait du nez.

- Tirez-vous.

Le seul épargné serrait les poings.

- Comment tu-

- C'est bon, fit l'autre en posant une main sur son épaule, On se casse.

Ils s'entre-regardèrent un moment, puis celui a terre se relevait, et en lançant un autre regard mauvais au passeur, ils s'en allèrent en courant, disparaissant bientôt de son champ de vision. Il n'y avait plus de bruit désormais, et quand il réalisait cela, Hinata reprit un peu connaissance relevant doucement la tête du sol en essayant de voir face à lui, même si il avait du mal à garder les yeux ouverts. Kageyama esseyait d'atténuer sa colère et il se tournait finalement vers Hinata. Sa rage disparut totalement quand il vit son état, amoché de partout, des bleus commençaient à apparaître, sa lèvre inférieure et son nez saignaient aussi.

Quand il aperçut Kageyama, Hinata crut à une hallucination, une vision.

Il était là, c'était pas possible. Alors les larmes vinrent toutes seules, et elle coulèrent sur ses joues rougies.

- Kage...yama..., murmurait Hinata la voix brisée

- Je suis désolé, fit son prochain en s'agenouillant, Hinata tu n'aurais pas dû.

Le plus petit peinait à se redresser, alors il restait allongé, les gouttes d'eau salées s'écrasant au sol. Alors Kageyama essayait de le redresser avec douceur, et la première chose que Hinata fit ce fut de se pencher et de le serrer dans ses bras avec le peu de force qui lui restait. Kageyama, lui, lui rendait son étreinte en soupirant difficilement.

Merde, Hinata. Pourquoi toi ?