Coucou tout le monde !
Un grand merci pour toutes vos reviews !!!! J'en ai comptabilisé 68 pour le chapitre précédent et je vous en remercie infiniment :)
J'espère que vous allez une fois de plus exploser ma boite mail car cela me motive à vous poster les suites rapidement même si celui là a mis du temps à venir.
J'ai mis du temps à l'écrire à cause d'un autre projet que j'avais à finir. Toutes les personnes de TF comprendront, pour les autres, rendez vous sur le forum de Twilight France !
Encore merci pour toutes vos reviews. Je n'ai pas eu le temps de répondre à toutes et j'en suis désolée mais je n'ai pas eu une minute à moi cette semaine. Promis, je me rattraperai pour ce chapitre :P
Je vous laisse à la lecture de ce nouveau chapitre. Concrètement il n'apporte pas grand-chose de nouveau, il est plus basé sur les relations… C'est le calme avant la tempête peut-être ??? !!!
Bonne lecture !
***
Chapitre 09
Guérison
***
Il ne répondit pas. J'abdiquai et me laissai porter sans émettre plus aucune résistance. Ce contact rapproché me rappela mon rêve et je sentis mes joues s'empourprer une fois de plus malgré la fièvre.
Il ouvrit la porte et entra dans le salon. Je vis le reste des Cullen nous regarder.
Je suppliai intérieurement Edward de me déposer au sol, mais je fus totalement incapable de prononcer un seul mot. J'étais déjà mal à l'aise dans les bras de ce dernier, mais sentir tous ces regards braqués sur moi empirait encore plus mon mal être. Alice et Alicia vinrent nous rejoindre main dans la main alors qu'Esmée, s'approchait de nous.
- Bella, comment te sens tu ? demanda-t-elle. Nous allons prendre soin de toi et nous occuper de ta fille. Ne t'inquiète de rien, nous nous occupons de tout.
Je lui fis un petit sourire.
- Merci, mais ça va aller, je peux me débrouiller…
- Allons, voyons Bella, m'interrompit-elle. Tu es malade et tu as besoin de te reposer. Comment comptes-tu faire toute seule chez toi ? demanda-t-elle.
Elle marqua un point. Toute seule chez moi, je devrais m'occuper d'Alicia et à l'heure actuelle je ne m'en sentais pas capable. J'avais vraiment l'impression d'être à bout de force. Mais pouvais-je vraiment passer quelques jours sous le même toit qu'Edward et sa famille sans que cela ne finisse en drame ? La dernière fois que nous avions tous été réunis, c'était pour l'anniversaire de mes dix-huit ans et cela avait fini en catastrophe.
- C'est très gentil à vous mais je ne voudrais pas vous déranger et Alicia…
- Ne dit pas de bêtise Bella, me coupa-t-elle. Tu ne nous déranges absolument pas. Et puis comme cela, Carlisle pourra s'occuper de toi plus facilement.
Je n'avais donc aucune chance d'échapper à cela. J'allais devoir me faire une raison, j'allais vivre sous le même toit qu'Edward et sa famille le temps que je me rétablisse. Espérons que cela soit rapide.
- Nous nous sommes arrangés avant que vous n'arriviez, ajouta-t-elle à l'attention d'Edward. Nous avons déplacé le lit d'Alice et Jasper dans la chambre d'ami. Et j'ai demandé à Carlisle de trouver un petit lit pour Alicia. Il reviendra avec dans peu de temps. Monte l'installer, elle a vraiment l'air fatigué.
Edward commença à avancer.
- Je suis encore capable marcher, râlais-je. Lâche-moi s'il te plait.
Etre prisonnière de ses bras me rendait vraiment mal à l'aise. Cela me rappelait trop de souvenirs que je m'étais efforcée d'oublier depuis tout ce temps.
- Je ne te lâcherai que quand tu seras dans un lit, me répondit-il calmement.
- Ne t'inquiète pas Bella, je m'occupe d'Alicia, me rassura Alice. Nous allons nous amuser comme des petites folles !
Je lui en étais très reconnaissante. Je voyais qu'elle était ravie de pouvoir s'occuper d'elle et cela me réjouissait. Et je savais qu'Alicia ne risquerait absolument rien avec Alice à ses côtés.
- Merci, lui dis-je.
- As-tu besoin d'affaires ? Je peux aller t'en acheter, où si tu veux je peux passer chez toi, me dit-elle.
Il était certain que si nous devions passer, Alicia et moi, plusieurs jours ici nous aurions besoin de vêtements de rechange. Ma fille aurait également besoin de quelques jouets et de sa peluche préférée sans laquelle elle ne pouvait dormir.
- Si ça ne te dérange pas, j'aurais besoin d'un rechange ou deux pour Alicia et moi. Et il lui faudrait sa peluche qui est posée sur son lit.
- C'est comme si c'était fait ! s'exclama-t-elle.
Je pris mes clés dans ma poche et les lui tendis.
- Oh ! Ca sera encore plus facile comme ça, ajouta-t-elle en prenant les clés. J'en ai pour une vingtaine de minutes.
- Je m'occupe d'Alicia pendant ce temps, me dit Esmée. Maintenant repose toi. Tu en as besoin.
- Merci pour tout Esmée.
Edward reprit le chemin de la chambre d'ami qui se trouvait à l'étage. Je n'avais pas encore eu l'occasion de vraiment m'attarder sur l'intérieur de la villa. La décoration ressemblait beaucoup à celle de Forks. Je reconnus même la croix en bois sculptée par le père de Carlisle il y a plus de trois cents ans. La chambre se situait au bout du couloir. Edward ouvrit la porte et je vis une pièce de taille moyenne avec une décoration assez sobre. Les seuls meubles présents étaient une petite bibliothèque, une commode et le lit d'Alice et Jasper qui trônait au milieu de la pièce. Elle ne devait pas être très souvent utilisée.
Edward s'avança jusqu'au lit, me déposa dessus délicatement et s'éloigna de quelques pas
- Merci, murmurais-je.
- As-tu besoin de quelque chose ? me demanda-t-il.
Je lui fis d'un signe de tête négatif.
- Juste de dormir, je crois, répondis-je en ôtant mes chaussures.
Je regardai Edward, statue de marbre au milieu de la chambre. Comptait-il rester ici ?
Je me glissai sous la couverture et m'allongeai. Il s'approcha alors de moi, me fixa quelques secondes puis s'avança pour déposer un baiser sur mon front. Au contact de ses lèvres sur ma peau, j'enfonçai ma tête le plus profondément possible dans mon oreiller comme pour échapper à ce baiser puis voyant que cela ne fonctionnait pas, je la détournai. Pourquoi faisait-il cela ? Voyant ma réaction il s'écarta de moi et prit la direction de la sortie.
- Repose-toi bien, me dit-il.
Alors qu'il s'apprêtait à sortir, je ne pus retenir ma question.
- Pourquoi ? demandai-je.
Il se retourna vers moi le regard interrogatif.
- Pourquoi fais-tu cela ? ajoutai-je.
- Faire quoi ? demanda-t-il à son tour en se rapprochant de moi.
- Tout ça, répondis-je en désignant le lit et la pièce d'un signe de main. Pourquoi ?
J'attendais patiemment qu'il me révèle enfin la raison de cette attitude. J'étais prête à tout entendre. Je voulais juste arriver à comprendre pourquoi il prenait soin de moi, moi simple distraction de son passé dont il s'était bien joué. Avait-il l'intention de m'attendrir pour pouvoir mieux me blesser à nouveau ? Voulait-il encore se jouer de moi ?
Il arqua un sourcil tout en observant, cherchant certainement sa réponse.
- Quoi ? Le lit et la chambre ? demanda-t-il dubitatif.
Je soupirai.
- Pourquoi t'occupes-tu de moi ? demandais-je dans un souffle, le fixant droit dans les yeux.
- Pourquoi ne le ferai-je pas ?
J'avais beau être malade, fatiguée, avoir besoin de dormir… Je ne lâcherai pas l'affaire. J'avais besoin de savoir et il allait devoir me répondre. Je me redressai légèrement, m'appuyant sur un coude, pour lui faire face.
- N'élude pas la question, s'il te plait. Pourquoi toutes ces attentions, pourquoi ce baiser sur mon front à l'instant ? Pourquoi ne m'ignores-tu pas tout simplement ?
Il me fixait toujours alors que j'attendais sa réponse.
- Tu préfèrerais que je t'ignore ? demanda-t-il.
Il me sembla percevoir de la tristesse et de la déception dans sa voix. J'haussai les épaules.
- Ca serait plus simple… parfois…, murmurai-je.
- Si c'est ce que tu veux.
Aucun de nous deux ne quittait le regard de l'autre. L'intensité de ses pupilles dorées me transperçait. Le silence s'installa mais je le brisai rapidement sentant l'irritation monter en moi.
- Mais cela ne me dit pas pourquoi, repris-je. Je ne comprends pas. J'essaie vraiment mais je n'y arrive pas.
- Je n'ai pas le droit de m'inquiéter pour toi ?
Il s'inquiétait pour moi ? C'est aujourd'hui qu'il s'inquiétait ? Mon irritation laissa place, une fois de plus quand j'essayai de parler avec Edward, à la colère. Cependant j'essayai de la contenir et de parler calmement.
- Qu'Alice ou Esmée s'inquiète pour moi, j'arriverais à le comprendre. Mais toi ? Excuse-moi mais ça me dépasse totalement. Tu ne t'es pas inquiété pour moi il y a dix ans et c'est maintenant que tu le fais ? Tu n'as pas trouvé ta distraction de l'année et tu t'es dit que peut-être je pourrais à nouveau faire l'affaire ? Mais que veux-tu à la fin ?
J'avais beau avoir essayé de garder mon calme, la fin de ma phrase ne l'était pas le moins du monde. J'étais à la fois partagée entre le soulagement d'avoir enfin vidé mon sac et la culpabilité. C'était un comble ! Je culpabilisai de l'avoir peut-être blessé par mes paroles.
Il ne cilla pas et attendit que je me calme pour me répondre.
- Je ne veux rien du tout Bella. Je veux juste que tu guérisses, c'est tout. Maintenant repose-toi, tu en as besoin.
Il sortit de la pièce à une vitesse inhumaine me laissant seule avec ma colère. Je m'allongeai sur le ventre et enfouis ma tête dans l'oreiller. J'avais envie d'hurler et de pleurer mais je ne lui ferai pas ce plaisir. Je savais que s'il était encore dans la maison, il pourrait entendre tout ce qui se passait dans cette pièce et je ne voulais pas qu'il sache combien cette nouvelle confrontation m'avait ébranlée.
C'est après de longues minutes d'attente que je sentis la fatigue gagner sur mon stress et ma colère et que le sommeil m'emporta.
***
Quand j'ouvris les yeux, je mis un moment à me rappeler où je me trouvais. Je me sentais fiévreuse, groggy, courbaturée et légèrement nauséeuse. Je m'assis lentement sur le lit et ma tête se mit à tourner, accentuant ma nausée. Combien de temps avais-je dormi ? J'avais totalement perdu la notion du temps. L'obscurité était totale dans la pièce et dehors la nuit était tombée, mais j'étais totalement incapable de dire depuis combien de temps.
Je ne savais pas ce que je devais faire. J'hésitai entre rester terrée ici ou sortir de la chambre et affronter les regards de toutes les personnes présentes. Je ramenai mes jambes contre moi, posai mes bras dessus et pris ma tête entre mes mains. Qu'allais-je faire ? Je soupirai.
J'entendis un léger bruissement en provenance du fond de la pièce. Je jetai un coup d'œil et vis un mouvement. Mon cœur sursauta dans ma poitrine et s'emballa. J'étouffai un cri de surprise quand je vis Edward sortir de la pénombre.
- Désolé de t'avoir fait peur. Je vais prévenir Carlisle que tu es réveillée, me dit-il en s'éclipsant à toute vitesse.
Mon cœur ne s'était pas encore remis de sa frayeur quand Carlisle entra dans la chambre.
- Bonjour Bella, comment te sens-tu ? demanda-t-il.
- J'ai connu des jours meilleurs, répondis-je d'une voix rauque et pâteuse.
Le médecin vint s'installer près de moi et me donna un thermomètre que je mis dans ma bouche.
- Tu as eu une mauvaise nuit, me dit-il. Tu as eu une forte poussée de fièvre mais cela semble être derrière toi maintenant.
Je ne me souvenais absolument de rien. Tout ce que je me rappelais c'était de m'être disputée avec Edward et de m'etre endormie. Certes je n'avais pas eu un sommeil très calme mais j'étais incapable de me rappeler de quoi que ce soit.
Il attendit quelques instants puis prit le thermomètre et examina le résultat.
- Hum… Ca va nettement mieux, affirma-t-il. Si cela continue en ce sens, tu devrais être sur pied d'ici deux ou trois jours. Tu réagis bien au traitement.
- J'ai dormi combien de temps ? demandai-je.
- Et bien, environ dix-sept heures.
Mes yeux s'écarquillèrent lorsque j'entendis sa réponse.
- Dix-sept heures ! m'exclamai-je. Quelle heure est-il ?
Carlisle continuait à s'affairer autour de moi. Il écouta mon cœur (avait-il vraiment besoin d'un stéthoscope pour cela ?), prit ma tension…
- Il est 6h12, le soleil se lèvera d'ici quarante-cinq minutes environ, me dit-il.
- Et Alicia ? demandai-je
- Elle dort dans la pièce d'à côté.
Je le vis sortir une seringue et je retins mon souffle.
- C'est plus efficace que les comprimés, me dit-il en voyant ma tête. Je sais que tu as hâte de partir d'ici alors je pense que tu n'y verras aucun inconvénient.
Carlisle avait un bon argument, je voulais vraiment vite partir de cette maison mais j'avais toujours détesté les piqûres, j'en avais même peur. C'est à contrecœur que je relevais la manche de mon pyjama. Mon pyjama ? Je ne me souvenais pas m'être changée. Je n'avais aucune affaire avec moi lorsque je me suis endormie. Carlisle comprit d'où venait mon changement d'expression.
- Comme je te l'ai dit tout à l'heure, tu as eu une grosse poussée de fièvre hier soir. Alice t'a changée lorsque tu dormais.
Je devais vraiment avoir eu beaucoup de fièvre pour avoir oublié tout cela.
- Oh !... Euh… Merci, dis-je.
- De rien Bella. Tu devrais boire un peu d'eau, me dit-il en me tendant un verre posé à côté du lit, sur une table de chevet qui n'était pas là la veille. La fièvre t'a déshydratée.
Je le pris et bus son contenu petit à petit. Carlisle prit sa seringue et me fit ma piqûre. Je détournai la tête pour ne pas voir l'aiguille s'enfoncer dans ma peau et grimaçai lorsque je la sentis.
- Voila c'est fini, me dit-il. Repose toi maintenant, tu es encore faible.
Je me rallongeais dans le lit tout en observant le médecin. Il commença à rassembler ses affaires puis s'arrêta et m'observa un instant. Il prit une longue inspiration inutile avant de me parler.
- Tu sais Bella…, commença-t-il. Je peux tout à fait comprendre que tu en veuilles toujours à Edward pour ce qui s'est passé à Forks, loin de moi l'envie de te juger. Tu ne sais pas comment réagir face à lui et cela aussi je peux le comprendre. Mais je voudrais juste que tu saches qu'il a passé toute la nuit à ton chevet pour veiller sur toi…
Il marqua une pause, jaugeant ma réaction puis reprit.
- Il s'inquiète réellement pour toi.
Carlisle me regarda un instant puis attrapa ses affaires et prit la direction de la sortie. Avant de passer la porte, le médecin se retourna vers moi.
- Nous allons venir t'apporter quelque chose à manger dans peu de temps. En attendant, repose-toi.
Puis il sortit me laissant à mes réflexions. Edward était resté près de moi toute la nuit car il s'inquiétait pour moi. Comment devais-je prendre cette nouvelle ? Pourquoi est-ce que tout était toujours si compliqué ? Carlisle m'avait très certainement dit cela à cause de ma discussion de la veille avec son fils. Même si je n'avais pas parlé fort, il était certain que tous les vampires présents dans la maison et ses alentours m'avaient entendue.
Peu de temps après, quelqu'un frappa à la porte de la chambre et l'ouvrit. Je vis Edward apparaître dans l'ouverture, un bol à la main. Il entra dans la pièce et vint se placer à côté de moi. Je le regardai mais n'osai pas parler. Il me scrutait également silencieux, le seul bruit alentour était celui de mon cœur qui tambourinait dans ma poitrine et résonnait dans ma tête. Je finis par me décider à parler.
- Bonjour, lui dis-je avec un petit sourire maladroit.
Ma voix était toujours aussi rauque et pâteuse, cela devait certainement être dû à la déshydratation. Il me rendit mon sourire.
- Bonjour, me dit-il à son tour.
Il s'assit à côté de moi et me tendit le bol.
- Esmée t'a préparé de la soupe, ajouta-t-il. Elle a suivi une recette mais personne ne l'a goutté. Elle espère que ce sera mangeable.
Je pris le bol dans mes mains et regardai son contenu. Je n'avais pas du tout faim mais la soupe sentait bon.
- Merci, c'est gentil. Il ne fallait pas qu'elle se donne tout ce mal. Ce n'était pas la peine.
Mes yeux n'avaient pas quitté le bol. J'avais peur de relever le regard et de croiser le sien. Pourquoi mes sentiments jouaient-ils toujours les girouettes en sa présence ? Je portai le bol à ma bouche et bus une gorgée. Je ne pus contrôler une grimace quand le liquide brûlant coula dans ma gorge desséchée.
- Ce n'est pas bon ? demanda Edward.
- Euh… Si. Enfin je ne sais pas. C'est trop chaud pour que je sente le goût, toussai-je. Je vais attendre un petit peu avant de la boire, dis-je en posant le bol sur la table de chevet.
Tête baissée, je triturai le drap entre mes doigts ne sachant pas quoi dire. Il brisa le silence.
- Je te laisse te reposer, appelle si tu as besoin de quoi que ce soit, dit-il en commençant à se lever.
J'attrapai son bras pour le retenir.
- Attends ! m'exclamai-je.
Surprise moi-même pas mon geste, je relâchai aussitôt son bras. Une décharge électrique parcourut tout mon corps au contact de sa peau froide et dure, faisant remonter en moi les souvenirs de nos étreintes passées. Je fermai les yeux pour retenir les émotions qui m'envahissaient et respirai un bon coup. Je rouvris mes yeux et le regardai. Il m'observait, attendant que je prenne la parole.
- Merci…, murmurai-je.
Il m'était totalement impossible de soutenir son regard tellement mes émotions étaient incontrôlables en sa présence et je baissai les yeux vers mes doigts à nouveau.
- …de t'être occupé de moi cette nuit, ajoutai-je.
N'ayant pas de réponse, je relevai les yeux en sa direction. Mon cœur s'emballa quand mon regard croisa l'ambre de ses yeux et mes joues s'empourprèrent. J'espérai que la fièvre camouflerait un temps soit peu cette manifestation épidermique des plus gênantes.
- De rien, me répondit-il de sa voix de velours.
Il était en train de m'éblouir une fois de plus. Je dus user de toute ma force de persuasion pour me décrocher de son regard.
- Bella…
Je fermai les yeux et crispai mes doigts sur le bout de drap que je maltraitai, j'aurais presque pu le déchirer tellement je m'y cramponnai de toute mes forces.
- Je… ajouta-t-il lorsque la porte s'ouvrit.
Je sursautai en attendant la voix d'Alice et rouvris les yeux, soulagée.
- Bonjour Bella, comment vas-tu ce matin ? demanda-t-elle.
Elle vint près de moi et s'installa à côté de son frère.
- Carlisle t'attend en bas, dit-elle à son attention.
Il sortit de la pièce et je me sentis tout de suite plus détendue.
- Bon je crois que j'ai évité une catastrophe ! s'exclama Alice d'une voix enjouée.
- Une catastrophe ? demandai-je.
Elle leva les yeux au ciel et me sourit.
- Une vision ! s'exclama-t-elle.
Je la regardai perplexe et elle ajouta :
- Je vous ai vu vous disputer. Enfin tu criais et il encaissait mais comme je sais que ce n'est pas de cela dont tu as besoin en ce moment j'ai préféré venir vous interrompre avant que cela n'arrive.
- Oh !
Elle fit un signe de tête confirmant mon exclamation.
- J'ai vraiment du mal à ne pas me transformer en furie quand il est près de moi.
Je pris ma tête entre mes mains et soupirai une fois de plus. Alice se rapprocha et me prit dans ses bras. Elle attrapa le bol de soupe et me le donna.
- Tiens, bois le avant qu'il ne soit froid, me dit-elle.
Je m'exécutai en le buvant petit à petit.
- Alors tes visions fonctionnent à nouveau ? demandai-je entre deux gorgées.
- Oui, depuis ce matin je reçois tout cinq sur cinq. Veux-tu parler de Jacob ? me demanda-t-elle.
Je me raidis instantanément à l'attente de ce prénom et Alice le sentit.
- C'est uniquement si tu le veux Bella, je ne te force à rien. C'est juste que tu l'as évoquée dans ma vision alors je me disais que peut-être tu voudrais en parler.
- Et qu'ai-je dit dans ta vision ? demandai-je.
- Qu'il était mort par notre faute, me répondit-elle tristement.
Que répondre à cela ? Effectivement je l'avais pensée très longtemps et je le pensai certainement toujours au fond de moi. Mais pouvais-je réellement les accuser de sa mort ? Je posai mon regard sur la fenêtre d'où l'on pouvait voir le jour se lever lentement à l'horizon et pris une grand inspiration.
- Jacob est mort en me sauvant de Victoria. Elle l'a mordue avant qu'il ne la tue. Et son venin lui a été mortel. Il faisait partie de la meute des Quileutes. Elle s'est formée peu après votre départ… Ce fut foudroyant. En quelques minutes il n'était plus là.
Des larmes s'étaient mises à couler de mes yeux sans que je ne m'en rende compte. Je sentis l'une d'elle tomber sur ma main.
- Je suis désolée Bella, me dit Alice en me serrant plus fort dans ses bras.
Mes mains s'étaient mises à trembler et elle prit le bol des mains avant que je ne renverse son contenu sur le lit. J'essuyai les larmes sur mes joues du revers de la main.
- Il est mort dans mes bras Alice… et je ne pouvais rien faire… j'étais impuissante…
Mes larmes s'étaient transformées en sanglots et elle me berça pour me calmer.
- Shhhut Bella… shhhut… Nous n'avons jamais su que Victoria était retournée à Forks. Je t'assure. Sinon nous serions venus t'aider.
Je pris une grande inspiration pour me calmer. Ma tête recommençait à me tourner à cause de toutes ces émotions et je devais recouvrer mon calme au plus vite si je ne voulais pas me sentir mal.
- C'est du passé. Il faut que je tourne la page une fois pour toute mais c'est dur. Jacob m'a aidée à surmonter votre départ, son départ… Il a été là pour moi alors que j'étais au plus mal… Il m'a sauvé la vie alors que j'allais faire une énorme bêtise…
Un frisson me parcourut à l'évocation de mon presque saut d'une falaise. Tout cela pour entendre une voix qui n'était même pas réelle. Qu'est ce que j'avais pu être stupide !
- Je l'ai aimé…, ajoutai-je. C'était différent d'avec Edward… mais je l'ai aimé… vraiment… et je l'ai perdu lui aussi…
Je ramenai mes jambes vers moi et les serrai contre ma poitrine.
- En moins d'un an j'ai perdu les deux êtres les plus chers de toute mon existence… C'en était trop pour moi alors après les funérailles de Jake, j'ai pris la fuite. J'ai pris ma voiture et je suis partie de Forks. Au jour d'aujourd'hui, je n'y suis encore jamais retournée.
Le silence s'installa dans la pièce alors que mes sanglots s'estompèrent. Un rayon de soleil perça la couche de nuages et baigna la pièce d'une luminosité orangée. La peau d'Alice se mit à scintiller, m'éblouissant.
- Bella, je suis vraiment désolée pour tout cela. Si seulement je pouvais faire quelque chose.
- Il n'y a rien à faire… Ton frère m'a dit le jour de son départ que les humains oubliaient vite. J'espère qu'il avait raison et que je finirai par oublier… Que je pourrai passer à autre chose… Même si j'en doute.
Nous restâmes un moment sans parler. Le silence me permis de totalement me calmer et je sentis la fatigue m'envahir à nouveau.
- Merci Alice, ça m'a fait du bien d'en parler. Je n'avais jamais vraiment eu l'occasion de me confier réellement à quelqu'un avant. Ce n'est pas facile d'aborder les sujets comme les vampires ou les loups-garous dans une conversation !
- Si tu as besoin d'en parler à nouveau je suis là, me dit-elle. Maintenant repose toi. Tu as l'air épuisé. Ne t'inquiète pas pour Alicia. Je m'en occupe.
Elle se leva et sortit de la pièce. Je m'allongeai et partis dans mes souvenirs. J'étais quelque part à La Push quand je sombrais dans un sommeil profond.
***
Quand je refis surface, le soleil avait à nouveau disparu et laissait place à la nuit. J'avais dormi toute la journée et je me sentais toujours épuisée. Cependant j'avais besoin de me dégourdir les jambes. Je me levai en titubant et ma tête se mit un peu à tourner mais je tenais sur mes jambes. C'était déjà un gros progrès. Je m'étirai légèrement pour détendre mes muscles ankylosés et attrapai mon pull qui était plié sur la commode. Je l'enfilai et ouvrit la porte de la chambre.
Je n'eus pas le temps de passer le pas de la porte qu'Edward apparut dans le couloir. Une fois de plus je sursautai.
- Il faut que je reprenne l'habitude des apparitions vampiriques ! m'exclamai-je en portant ma main à mon cœur qui battait à tout rompre dans ma poitrine. Sinon je vais finir cardiaque.
Il rit doucement.
- Alice m'a prévenu que tu allais sortir de ta chambre et que tu voudrais voir Alicia, me dit-il.
- Elle a raison, comme toujours !
Il passa devant moi et m'indiqua la porte en face de celle d'où je sortais.
- Elle est ici, me dit-il en ouvrant la porte.
Il alluma une petite lampe et je vis ma fille dormir profondément dans un petit lit installé au milieu de la pièce. Je jetai un coup d'œil en entrant à l'intérieur et vis un canapé en cuir noir identique à celui qu'avait Edward dans sa chambre à Forks.
- C'est ta chambre ? demandai-je à Edward qui se tenait dans l'embrasure de la porte.
Il acquiesça d'un signe de tête.
- Merci de la lui prêter, dit-je en m'approchant de ma fille.
Je m'accroupis près d'elle et déposais un baiser sur son front. Elle gigota dans son sommeil.
- Dors bien ma puce, lui murmurais-je à l'oreille.
Je la regardai dormir quelques instants en lui caressant les cheveux.
- Elle te ressemble beaucoup, dit-il toujours appuyait contre le montant de la porte.
Je me retournai vers lui, étonnée. C'était la première fois que je l'entendais parler d'Alicia.
- Elle est aussi maladroite que moi, riais-je doucement.
- Elle te ressemble aussi par d'autres côtés, ajouta-t-il.
Je le regardais perplexe. Que voulait-il dire par là ?
- Je ne l'entends pas non plus, finit-il par me dire.
Alicia était donc aussi hermétique que moi au pouvoir d'Edward. A quoi cela était-il dû ?
- Oh ! m'exclamais-je. Ca n'a pas changé avec le temps alors ? Tu ne m'entends toujours pas ? demandais-je.
- Ni toi, ni ta fille.
***
Voili voilou !!!
Comme toujours, laissez-moi vos commentaires, bon ou mauvais, tout est bon à prendre ! Et en plus, plus j'ai de reviews, plus je suis motivée à écrire et plus je vous poste le chapitre vite !!! :)
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