Voici le chapitre 10 – mon cadeau de Noël en retard – de ma traduction de DBLaZe, il a tardé un peu, je suis désolée! ;)
Un gros merci à marianne08 et LittleFlicka pour leur reviews qui me confortent dans l'idée que je ne perds pas mon temps en traduisant cette fic! Merci aussi à toutes les mises en alertes et les mises en favoris : la sortie du deuxième opus y est certainement pour quelques choses!
Bonne lecture!
(Prim)
Après le premier jour d'entrainement, j'avais passé un moment à parler avec Katniss et Gale de tout ce qui était arrivé pendant la journée et un peu des choses que j'avais apprises. Le repas du soir avait été vraiment silencieux. Comme on n'est pas tous dans la même équipe, Gale m'avait dit qu'on ne pourrait parler des Jeux devant tout le monde et ils avaient dû se dire la même chose, car personne n'avait parlé. Je n'avais pas aimé ça. J'avais pu sentir la tension dans les airs alors qu'on se rapprochait du début du Jeu. Moins il nous restait de temps, plus cela devenait réel. Et y penser est tout ce que je peux faire pour garder le focus maintenant. Nous étions dans le Centre d'Entrainement pour le deuxième jour et, ici aussi, l'atmosphère était différente. Hier, la majorité des tributs semblait nerveux. Aujourd'hui, ils semblent encore plus désespérés; beaucoup se promènent de station en station, essayant d'en apprendre le plus possible à la dernière minute.
Moi, je fais exactement ce que Gale m'a dit de faire : j'apprends l'art du camouflage. C'est un mot flamboyant pour l'art de se fondre dans la masse. Gale avait même demandé à Peeta de m'enseigner les bases hier soir après le souper. J'étais surprise, pas par l'acceptation de Peeta mais par la demande de Gale. Mais j'imagine qu'il avait vu l'an dernier à quel point Peeta y était doué et avait pensé qu'il pourrait m'aider. C'est rare de voir Gale balayer sa fierté comme ça et, sachant qu'il l'avait fait pour moi, avait fait en sorte que je n'avais rien manqué de l'enseignement. Maintenant aussi, je suis on ne peut plus concentrée à la tâche.
Quand l'heure de la pause arrive, Gale est obligé de venir physiquement m'arracher à mon occupation après que je lui ai dit un énième 'une minute de plus'. Apparemment, manger est aussi important. J'avais oublié ça.
Ça nous arrive parfois, à maman et moi, à la maison. Nous sommes souvent tellement occupées avec les patients que la journée passe sans que nous ayons mangé. Maman… Je chasse cette pensée de ma tête aussi vite qu'elle est survenue. Non Prim! Penses seulement à ce qu'il y a devant toi. Ça devient de plus en plus difficile, mais j'ai promis à Gale que je serais forte et je ne le laisserai pas tomber.
Il parle peu durant le lunch, il se contente de faire des visages comiques quand je bois pour me faire éclater de rire. Il se penche un peu vers moi soudainement : « Quelques-uns m'observent. Je n'ai encore rien fait, mais ils doivent te surveiller aussi. Alors ne soit pas trop bonne au camouflage. » Je le regarde confusément. « S'ils croient que tu n'es pas si bonne que ça, ils croiront qu'ils peuvent te trouver même si tu es cachée. Au contraire, si tu es trop bonne, ils sauront qu'ils doivent chercher attentivement. Apprends les trucs, mais ne les utilises pas. Tu pourras les pratiquer avec moi dans l'Arène. » Il se recule sur son siège comme s'il avait fini et saute sur ses pieds une seconde plus tard, me rapprochant. « Joues à la petite fille innocente, mets des grosses fleurs partout. Spécialement où il ne devrait pas y en avoir. Comme sur les rochers. S'ils pensent que tu ne peux t'en empêcher, ils seront à l'affut des fleurs dans l'Arène aussi. Ainsi, tu pourras pratiquer la technique sans être trop bonne. »
Quand on se sépare après le lunch, je vois Sera qui se dirige aussi vers la station de camouflage. Je sais que je ne suis pas supposée me faire d'amis, mais ce n'est pas si facile avec quelqu'un aussi affectueux que Sera. Je trouve étrange le fait qu'elle ne pratique pas vraiment le camouflage, mais passe son temps à faire une fleur décorative. C'est superbe. Elle utilise les pétales de diverses fleurs, les combine et forme une nouvelle fleur aux couleurs de l'arc-en-ciel. Elle me la met dans les cheveux et m'amène devant le miroir pour que je voie à quel point c'est joli. Son sourire est triste quand je l'aperçois dans le miroir. J'ai le goût de lui demander ce qui ne va pas mais je ne peux pas, pas ici.
Je ne peux plus me retenir : je me retourne et la prend dans mes bras tellement rapidement qu'elle met un certain temps à réagir, mais elle le fait. Elle met ses bras lentement autour de moi. « Tout va bien se passer. » Et je la serre plus fort, car je reconnais mon ton de voix. Je l'ai déjà utilisé, c'est celui que je prends pour réconforter les patients quand je sais qu'ils vont mourir.
Malgré sa santé en piteux état, elle est celle me réconfortant. Je me redresse un peu, ignorant tous les regards sur moi. Je m'en fous si ça ressemble à de la faiblesse, Gale est supposé être celui de nous deux qui est fort de toute manière. J'espère qu'il n'a pas vu ça, il voudra que je lui explique et je ne peux pas.
Nous retournons à l'atelier et passons le reste de la journée ensemble. Et, à la fin du jour, je la considère comme une amie. Gale ne sera pas content.
(?)
Je ne sais vraiment pas pourquoi je suis supposé surveiller ces deux-là. La plus petite est jolie, le grand gars est tout bonnement mangeable, mais je les ai surveillés depuis qu'on est ici et je ne comprends pas la commotion autour d'eux.
Je la comprends.
Vraiment? C'est à propos de quoi?
Je peux le voir dans la façon dont il bouge, il est comme moi. Et elle est un bel oiseau, nous aimons les beaux oiseaux.
C'est vrai, nous les aimons. Les beaux oiseaux, avec de belles ailes, et les belles filles, faisant de belles choses.
Tu peux avoir l'oiseau; je le veux, lui.
Pourquoi? Il n'y a qu'un homme pour nous deux, tu le sais.
Ouais, mais je gage qu'il goûte le miel. Du miel chaud, collant et au goût métallique. Je ne peux attendre. Je veux le faire maintenant.
On ne peut pas, tu te rappelles? Tu te rappelles ce qu'il a dit. On ne peut blesser personne jusqu'à ce que le fun commence.
Mais il y en a tellement. Je pourrais prendre un bain avec eux.
Tu es bizarre.
Ce n'est pas ce que tu as dit la dernière fois.
Tu te souviens combien de temps ça nous as pris enlever ça de nos cheveux?
Qui savait que le sang était si difficile à faire partir?
Umm… Allo? On le savait.
Désolée… Ça n'arrivera plus?
Menteuse. Tu y penses en ce moment même.
Sors de ma tête!
Sors de la mienne d'abord.
J'aimerais…
Oh regarde. Il fait quelque chose.
Ouais, tu as raison. On doit se rapprocher. Je ne peux entendre ce que l'autre lui dit.
Bien. Sois silencieuse alors. Je veux chanter.
Se rapprocher assez, se rapprocher plus. Écouter bien, écouter plus… Se retourner, se tordre, ne jamais tomber. Écraser, les pourfendre, les tuer tous… Dis-moi, dis-moi ce que tu dis. Alors, je pourrai faire mon rapport au boss…
« Pourquoi n'arrêtes-tu pas d'observer tout le monde et que tu ne nous montres pas ce que tu sais faire 12? » demande à mon fantasme un des gars que le boss à identifier comme étant de notre côté. Il lui donne une épée. Le Savoureux la regarde comme si c'était un jouet, puis, se dirige vers l'endroit où sont entreposées les épées sans un mot. Il en prend une beaucoup plus grosse – elle est presque de la même taille que moi – et fait quelques figure facilement avec elle.
Tu vois? Regarde la façon dont il balance ce truc, son regard sur la lame… Il voit du sang sur elle.
Je pense que tu parles pour toi-même.
Bah, ouais, mais il le voit aussi.
Il marche jusqu'à un pantin d'entrainement et le regarde. Ensuite, d'un mouvement fluide, il ramène l'épée de derrière son dos sur son épaule et transperce le pantin, le coupant en deux. Il lâche alors l'épée par terre et retourne à son poste d'observation avec la plupart des regards sur lui. On tremble tous les deux.
C'était vraiment…
Sexy.
Effrayant.
Même chose. Mais tu vois ce que je veux dire…
Ouais, ce sera tellement le fun de jouer avec lui.
Le temps restant est assez ennuyant. Il va voir sa partenaire une fois ou deux et passe son temps à regarder les autres comme je le fais.
Tu sais, je pense que tu as raison.
J'ai toujours raison, mais à quel propos là?
Il est comme toi. Je connais ce regard.
Moi aussi, il les regarde mourir dans sa tête. Il planifie comment il les tuera tous.
Ouais, et tu vois ce petit sourire? Je pense qu'il aime ça.
Je pense que je suis en amour. Je pourrai le garder?
Quels morceaux?
Je n'ai pas encore décidé…
En tout cas, moi, j'aime les oreilles…
(Gale)
« Me souvenir de toutes les choses que j'ai apprises ces deux derniers jours ne sera pas facile. J'ignore la plupart de leur nom, je me souviens seulement de leur visage que j'ai couplé à ce qu'ils savent faire. Forces, faiblesses, tout ce que je pense être important. Ça s'est compliqué quand il a fallu que je les place par paire parce que la liste de leurs forces grossissait et celle de leurs faiblesses diminuait. Mais les listes des miennes restaient les mêmes. J'ai porté une attention spéciale aux Carrières. Après l'an dernier où ils ont été grandement affaiblis quand Katniss a détruit leur réserve, ils portent beaucoup plus attention aux techniques de survie basiques. Ils sont encore des amateurs, il faudra s'en méfier par contre. Mais je doute que ça profite à un grand groupe. Je suis beaucoup plus inquiet à propos de leur habileté à manier des armes. J'ai une assez haute opinion de moi-même et il y en a peu avec lesquels je ne crois pas pouvoir rivaliser dans un combat loyal. Ce qui me va très bien; je n'ai jamais envisagé de combattre à la loyal depuis le début. »
Haymitch me fait un sourire tordu : « Atta boy! » Pour la première fois depuis qu'on a quitté le district 12, il est passablement fini. C'est une bonne chose qu'il soit un alcoolique fonctionnel. « Tu dois te rappeler… Ce sera toujours deux contre un… » Et il prend une autre longue rasade à même sa bouteille.
« No shit. C'est pourquoi j'ai fait une petite démonstration aujourd'hui sur comment facilement je peux transformer l'un d'eux en deux. » Je suis presque tenté de prendre une rasade aussi. L'irritation de devoir composer avec sa carcasse d'ivrogne commence à se faire sentir, je suppose. « Mais je doute que ça empêche quiconque de venir après nous. »
« Aloooooors, qu'est-ce que tu vas faire Lover Boy? » dit-il avec un mouvement de ces sourcils.
« Tu dois être fucking saoul pour me confondre avec lui. » Mon ton dit, fais gaffe.
« Non, lui, je l'appelle par son nom… » Son ton dit, essaie-moi. « Si tu me demandes… »
« C'est une bonne chose que je le fasse pas » je le coupe. La dernière chose que je veux en ce moment est savoir ce qu'il pense. Surtout parce qu'il a toujours raison et, dans ma situation particulière, j'essaie très fort de ne pas penser à la triste réalité. Enfin, en vérité, je tente d'ignorer pleins de vérités, mais la majeure partie de celles-ci ont à voir avec ma mort donc…
« Okay, alors réponds à ma… chose, qu'est-ce que tu vas faire? » Il aime me tomber sur les nerfs.
En tout cas, je ne rendrai pas les choses faciles pour lui non plus. Je me penche vers lui et lui fais signe d'approcher encore. Ça lui demande quelques efforts pour se redresser dans son siège et se pencher vers l'avant. Alors, j'épelle : « S… E… C… R… E… T. »
Il commence à pointer un doigt vers moi et ouvre la bouche comme s'il allait dire quelque chose, mais il la referme et me fait un regard confus : « épelle-moi ça encore? »
« Secret, j'ai épelé secret sombre ivrogne. » Il grogne et se rassit confortablement. « Putain, t'es vraiment saoul hein? Ne m'as-tu pas dit que t'avais trop à faire pour boire? Pas que je t'ai déjà vu faire quelque chose, j'essaie d'éviter de te regarder quand je le peux. »
« Les miroirs sont des cons. » Même fini, sa repartie est vive. Nul en épellation, mais encore capable de faire des remarques sarcastiques.
« Je ne laisserai jamais ça m'arriver. » Je me rassis à mon tour, croisant les bras sur mon torse.
Le brouillard dû à l'alcool laisse la place à un feu brûlant dans ses yeux. « Tu n'as aucune idée de ce dont tu parles mon gars, et tu ne serais pas si hautain si tu savais la raison de cette célébration. »
Sa voix me dit que ce ne sont pas des paroles en l'air. « Est-ce que ça a à voir avec le fait que tu sois si occupé? »
« Peut-être… » Il se verse un autre verre et le regarde fixement pendant un moment. « Tu te souviens de cette promenade que nous avons faite quand le train avait fait le plein d'essence? »
Je me redresse complètement et mon corps se raidit. « Ne me dis pas… » La fin de la phrase meurt dans ma bouche alors que le choc et la panique se dispute les droits dans ma tête.
« Pas complètement… Mais les choses ont changé et pas pour le mieux. »
Je n'ai jamais autant haï avoir à surveiller mes mots que là. « Quelque chose que je devrais savoir? » Je ne sais pas s'il est assez sobre pour lire mon body language, alors j'aime mieux éviter.
« Tu dois survivre jusqu'à la fin. » Il me le dit comme si je ne le savais pas.
« No shit. Survivre est un peu le but. » Je secoue la tête dans sa direction.
« Ouais, bien… On doit… On doit attendre… Attendre qu'un gagnant soit nommé. Après nous verrons ce qui arrive. » Ça lui a pris du temps à sortir ces paroles et ce n'est pas à cause de son état. Il comprend ce qu'il dit, tout comme moi.
Je me rejette vers l'arrière et la pièce autour de moi fond alors que je me perds dans mon reflet produit par la bouteille entre nous. Je semble le prendre très bien, c'est un bon point. C'est important de sauver les apparences après tout.
« Alors tu dis… » Mais il ne me laisse pas finir.
« Ouais gamin… Je disais. » Il baisse son verre et le repousse au loin sur la table. Apparemment, il a perdu son goût.
Bah, au moins, maintenant je sais… Je suis plus soulagé qu'épeuré en fait. Maintenant que je sais que c'est une certitude, toutes les peurs et l'anxiété qui pèsent sur mes épaules sont plus légères. Avec ça de moins, mes pensées se clarifient et courent dans des millions de directions différentes : je vois tout. J'avais tellement d'idées et de plans mais, pour la plupart, c'était des trucs de base ou de simples mémorisations. Bien sûr, j'avais donné un spectacle pour montrer que je savais ce que je faisais, mais une grosse part était de la simple chance. Avec quelques traits de génie et un peu d'aide de Cinna.
Mais maintenant, toutes les pièces de mon cerveau qui pensaient au Jeu ou à ses répercussions se sont finalement connectées. Je suppose que c'est ce que veut dire l'expression 'avoir un sursaut de lucidité'… Il me restait une seule préoccupation. « Tu prendras soin d'eux hein? De tout le monde. Ils auront besoin… de lui aussi. »
« En tout cas, je peux pas faire pire que ce que j'ai déjà fait… » Ce n'est pas le moment d'être cynique avec moi et je pense qu'il l'a réalisé alors que je me levais pour partir. « Je te le promets gamin. Tu mérites au moins ça. »
Je me lève quand même pour partir, je n'ai rien d'autre à savoir. « Bien, je vais aller me coucher. Les évaluations sont demain et je vais leur montrer des choses qu'ils n'ont jamais vues. »
Haymitch lève la tête et me regarde essayant de m'évaluer, ce qu'il a déjà fait depuis longtemps. Puis, un petit sourire apparaît sur ses lèvres : « pourquoi je te crois? »
(Katniss)
D'habitude la chaleur et le confort qui se dégage du petit corps chaud allongé à mes côtés est suffisant pour que je trouve la paix et m'endorme. Les cauchemars ne peuvent m'atteindre avec ces bras autour de moi. Mais ce n'est pas les mauvais rêves qui me gardent éveillés là. Je ne peux arrêter de penser à Gale. Aux baisers qu'on a échangés, à ce que ces baisers m'ont fait. À propos de la volonté… Non, du besoin que je sens devenir plus fort chaque seconde où je suis près de lui. Et comment chaque minute qui passe me rapproche du moment où je le verrai pour la dernière fois. Je ne le verrai pas le matin où il entrera dans l'Arène. Et la nuit d'avant… La nuit d'avant sera… ma nuit de noce.
Je n'ai jamais aimé l'idée d'être forcée de me marier à Peeta. Comment aurais-je pu? Ce n'était pas mon choix, il n'était pas mon choix. Mais je m'étais faite à l'idée. Ça aurait pu être bien pire, il est un bon gars et a prouvé par le passé qu'il m'aimait vraiment. C'est tout ce que la plupart des filles veule. Alors, j'ai accepté la situation comme je le devais. Je me suis même dit que je serais heureuse, juste pour faire chier Snow. Mais maintenant j'ai quelqu'un dans mon cœur et ce quelqu'un n'est pas mon promis.
Le pire est que je ne peux rien y faire. Ça va arriver et, à part me tuer, je ne peux empêcher les événements. Mais ce serait une sorte de trahison. Gale est ici seulement à cause de moi, alors je ne peux abandonner et prendre la sortie facile. Pas quand il traversera l'Enfer pour moi. Au lieu de ça, je suis ici, incapable de trouver la paix…
Quand on y pense, tout revient à la fureur… Je suis tellement en colère. En colère contre Snow, contre le Capitole et leur stupide Jeu, contre Gale pour toujours être si bon pour moi. Et, plus que tout, je suis en colère contre moi-même pour n'avoir pas vu l'évidence de ce que j'avais sous le nez. Je le vois juste maintenant, alors que le monde s'écroule autour de nous, et le sablier du temps se vide à la possibilité d'un nous. Comment ai-je pu être si aveugle? Comment ai-je pu le prendre pour acquis?
Bizarrement, les réponses ne se trouvent pas au plafond ou je le saurais à force de le fixer depuis plus de deux heures. C'est vrai que j'ai passé un peu de ce temps à fixer les murs, mais les réponses n'y sont pas plus. Probablement parce qu'il n'y a pas de réponse… Mais il me reste un endroit où regarder avant d'abandonner. Le seul problème maintenant consiste à me lever sans réveiller la belle endormie à mes côtés.
C'est un art que j'ai développé avec l'habitude de me lever avant l'aube pour aller chasser. J'utilise donc ma main libre pour bouger mon bras replié et j'enfonce ce dernier plus profondément dans le matelas pour me permettre de sortir doucement du lit. Je glisse lentement jusqu'au bord, m'assurant que le drap reste en place pour conserver la chaleur. Je porte seulement un long t-shirt et j'y ajoute un bas de pyjama du Capitole parce que je ne commencerai pas à me promener dans les couloirs à demi-nue!
Je ne perds pas de temps avec les bas ou les chaussures. Même s'il y avait eu quelque chose au sol pour me blesser, il aura été nettoyé quasi immédiatement. Je regrette ma décision quand mes pieds quittent la carpette pour rencontrer le marbre froid. Je laisse alors échapper une exclamation de surprise avant de pouvoir m'en empêcher. Je me glace sur place pour voir si je suis prise sur le fait, mais aucun bruit ne s'élève derrière moi. J'expire et fais les quelques pas me séparant de la porte. Ma main atteint la poignée et… « Katniss, où tu vas? » La voix provient du lit.
Bordel, si près… « Juste prendre l'air. Rendors-toi » dis-je d'un ton tranquille, espérant que ça ne sonne pas trop comme le mensonge que c'est.
« Alors… Tu ne vas pas dans sa chambre? » m'accuse-t-elle.
« Non… Je veux dire, la chambre à qui? » Démasquée.
Les couvertures s'envolèrent et Prim se jeta sur moi en un éclair : « je le savais. Je t'ai vu plus tôt, tu tentais de le cacher, mais je t'ai vu! »
« Je ne vois pas de quoi tu parles » dis-je, essayant d'atteindre la poignée encore.
Ma main est rapidement retenue. « Oh non! Tu sais très bien, explique-toi. »
« Je n'ai pas à t'expliquer ce que je vais faire. » J'ai parlé avant de réfléchir, ce qui n'est jamais bien.
« Ah! Alors tu l'admets, tu vas faire quelque chose! » Je suis à découvert facilement…
« Je ne vais faire rien de mal. » Je dis ça, mais je me sens trembler un peu.
« Mais tu vas voir Gale? » Ce n'est pas vraiment une question, ça ne sert plus à rien de mentir.
Je me prépare aux répercussions : « ouais. »
Nos corps entrent en collision avec une force surprenante et je suis projetée par terre. Je lève la tête et tombe dans deux yeux bleus du plus pur cristal. « Oui! Oui-oui-oui-oui-oui! Finalement! »
« Prim, débarque de sur moi! »
« Pourquoi? Pour que tu puisses aller dans la chambre à Gale? Tu vas me laisser toute seule pour aller dormir dans son lit? Quelle sœur horrible tu fais! » Je sais qu'elle n'est pas sérieuse, mais ça ne m'empêche pas de baisser la tête. Je ne peux pas croire que je vais la laisser.
« Prim, je suis… » Elle renifle dédaigneusement avant que je puisse finir de m'excuser.
« Sors d'ici tout de suite. Va-t'en! Je ne veux pas de toi ici. » Elle se lève et, avec quelques efforts, m'aide à me lever aussi. Elle commence à me pousser vers la porte en ignorant mes protestations. Elle me prend par le bras, ouvre la porte et quand elle vient pour me précipiter à l'extérieur, elle recule soudainement, m'entraînant avec elle et m'adossant au mur. Elle a une force surprenante, pas que je mette beaucoup de résistance, mais j'ai quand même heurté le mur avec fracas.
« Qu'est-ce qui ne va pas chez toi? Décide-toi. »
« Oh, tu y vas toujours. Mais pas habillée comme ça. » Elle fait un vague geste de dédain dans ma direction. Apparemment, mon t-shirt ne l'impressionne pas. « Kat… Je sais que tu es terrible pour jouer à la fille, mais vraiment? Tu vas aller dans la chambre à Gale en ressemblant à ça? Je suis embarrassée pour toi. Est-ce que ça t'es venue à l'esprit que nous sommes au Capitole maintenant? La penderie est pleine de vêtements. » Elle se dirige vers un des tiroirs et en sort une brassière faite dans un matériel transparent. « Tu ne penses pas que Gale aimerait mieux ça? »
J'aimerais avoir une caméra, comme ils en ont ici, parce que personne ne croirait le sourire suggestif qui est apparu sur le visage angélique de ma sœur. « Prim! Es-tu sérieuse? Je ne porterai pas ça. » Je lui enlève des mains, la rejette dans le tiroir et le referme violemment.
Elle roule les yeux dans ma direction. « T'es pas le fun… » Ses yeux font le tour de la pièce et s'arrêtent sur une armoire. Elle en sort une robe de nuit en satin. Je les avais vues la dernière fois que je suis venue. Celle-ci est grise avec des bretelles spaghettis et me couvre, mais tout juste. « Mets ça. » Ce n'est pas une question, pas de la façon dont elle l'a dit avec les bras croisés et en tapant du pied. Alors je le fais, enfilant rapidement le choix de ma sœur pour moi. Je dois admettre que j'aime la sensation du tissu contre ma peau et je souris secrètement quand je me dis que Gale aimera probablement ça aussi.
Prim me regarde encore. Mes cheveux sont tressés et je suis contente quand ils passent son analyse. Elle semble globalement satisfaite avec le résultat. Elle me pousse de nouveau vers la porte mais, avant qu'on y arrive, elle prend une robe de chambre et me recouvre avec elle. « Okay, ce que tu vas faire : tu entres, tu attends à la porte qu'il te regarde et tu laisses tomber la robe en avançant… »
Elle me pousse encore vers la porte, puis, à l'extérieur et je lui demande : « après, je fais quoi? »
Elle me fait un regard signifiant que je suis la personne la plus idiote sur terre. « Es-tu sérieuse? Passé ce stade, tu t'en remets à toi-même. Allo… J'ai juste 13 ans; comment je saurais. »
« Je sais pas. Comment as-tu su pour les autres trucs? » Mais je pose ma question à la porte. Je soupire et tente de me refaire une confiance. J'étais bien plus confortable avec les vêtements que j'avais. J'aurais pu entrer et lui parler avec ces vêtements. Je ne peux pas dire que c'était là tout ce à quoi je pensais, mais c'était assurément la première chose qui me venait en tête. Mais maintenant? Avec ça sur le dos, même moi je pense juste à comment facilement il peut me l'enlever.
Je le connais. Il va me voir et penser que c'est une reddition non-formulée. Si c'était mon choix de m'habiller comme ça, il aurait eu raison et, là, il n'aura pas tout à fait tort. Je veux être avec lui, peut-être même passer la nuit avec lui, mais je veux d'abord lui parler. Je veux qu'il sache que ce n'est pas à cause de ce qu'il fait pour moi ni parce qu'il va mourir. Je l'aime et il doit savoir que c'est pour ce qu'il est et non ce qu'il me donne.
Peut-être que je garderai ma robe finalement…
La gardera-t-elle?
Peut-être…
Je ne sais pas quand arrivera le chapitre 11 : j'ai eu les tomes de Games of Thrones pour Noël…
