Salut les amies !!!

Voici mon chapitre 10 aka Ze Chapitre of The Bal ^^ (je parle bien anglais hein ^^)

J'ai kiffé l'écrire (tiens donc) et je sais déjà que certaines vont me lancer de gros cailloux *pardonnnn* ! J'espère qu'il vous plaira !

Bref, pour la chanson que j'ai mise en italique, et qui est vraiment importante pour la danse que j'ai mise (et oui, je suis tatillonne, j'ai mis du temps à la choisir cette chanson ^^), je tenais à vous dire que c'est The Perishers – Sway (pour les connaisseuses de Veronica Mars, c'est celle sur laquelle Vero et Logan dansent – mmmmhhhhh). N'oubliez pas que Youtube est notre ami et que ça peut être sympa de se la mettre pendant que vous lisez !

Un gros message d'excuse également pour vous dire que le prochain chapitre tardera à venir – erf, oui désolée – mais j'ai du boulot, au boulot et je ne pense pas avoir de temps libre avant … le 27. Donc bon, le temps de le bosser et tout ça, je ne pense pas qu'il arrivera avant le début février. Vous voilà prévenues …

Tant qu'on y est et que je mets les choses à plat, je rappelle que Mister Jasper Hale est toujours bien à moi (mio – mine – mijn – le mien à moi), que Ed est toujours bien à Elea et que Jacob reste bien à Alice (qui est donc Arwenn si je ne me trompe pas ^^). Notez qu'à partir de maintenant, Emmet et Ethan (oui, elle en a deux) sont à Istehar et que James a été choisi par Sonia (mais avec les cheveux courts lol !). Il vous reste donc Mike et Eric. ^^

Maintenant, une petite réponse à vos reviews, comme toujours :

Mon Elea : Sorry pour le temps que ça a pris, j'ai rajouté mille trucs, j'ai changé mille fois la fin et mon ordi a buggué. Bref, la voilà quoi ^^ Sinon, ta review, du bonheur en barre quoi ! Tant que j'en aurais des comme ça, tu auras des chapitres ! T'imagines jusqu'où on peut aller ?! *sourire angélique*

Nomie : Toutes les réponses dans ce chapitre sauf quant au retour d'Ed et Alice. Bella et Jasper encore amis à leur retour ? Bonne question …

Triskelle : Tu crois que c'est aussi facile avec Edward Cullen ? Lol !

Sonia-S : Alors tu es donc la Sonia d'msn ? (*se perd un peu*) En tout cas, merci pour ta review et bravo de connaître tes grands classiques ^^ Logan Echolls, ahhhhh ce qu'il me manque !!!

Ist : Ma petite Méla à moi : Review qui m'a encore fait mourir de rire. Contente de te parler sur msn en tout cas ^^

PetiteSaki : J'ai vraiment créé la secte du 22 avec un de mes potes. On est en plein délire sur un forum avec ça ^^ Eh oui, je suis folle, que veux-tu ? Merci en tout cas pour ta review, et tes compliments surtout !!!

Inconnue707 : En fait, Ed n'est plus avec Bella et Jasper n'est plus avec Alice donc bon, tout est possible ;) (hein mon Elea ? :D) Oui, Alice pensait vraiment ce qu'elle disait mais les autres pensaient-ils ça ? Visiblement non ^^

C : Ne t'inquiète pas, ce que j'ai prévu pour la transformation de Bella sont déjà bien prévues et je ne vais pas les révéler maintenant (ça vient bien plus tard ^^)

Vilylia : Pour les rêves, tu n'as pas tort, donc … continue à chercher ^^ En tout cas, merci pour ta review, j'ai bien ri ^^

Arwen : Pour tes suppositions sur Ethan, si tu me donnes les droits d'auteur avec une petite note ramenant à toi, j'aimerais les utiliser pour un chapitre ^^ En tout cas, merci pour ta review, ça fait plaisir ^^ Au fait, pour Jasper et le fait qu'il sente pas Bella, j'avoue j'ai un peu merdé, j'ai essayé de me rattraper dans ce chapitre hihi ! Sinon, pour ce qu'il pense, tu auras aussi un aperçu dans ce chapitre ^^

Arya Destiny : Ahhhhh Jasper dans le top 3, ça fait trop plaisir !!! ^^

MissBabybelles : Et bien, si j'arrive à te convaincre, ce chapitre ne devrait pas te déplaire ^^

Sarah v.l.p. : Rahhhh comment j'ose hein ? Une fic sans Edward, c'est vilain, je sais ^^ Mais ne t'inquiète pas, j'aime trop Ed pour le laisser de côté longtemps. Il va revenir le coquin ^^ Par contre, j'aime les choses compliquées donc n'espère pas un Bella/Ed tout beau tout mignon …

Merci aussi à jinx, jlukes, zaika, RoxanneHaleCullen, bmw, Pouffinette (vilaine !), pearl, alessia, ptitebella45 et Sakisha pour leurs reviews qui font plaisir ;)

Place au chapitre, un peu plus long que les autres, désolée :(

* *

* * * *

Chapitre 10 : Danser

Cela fait deux semaines depuis cette fameuse après-midi chez les Cullen. Je n'y suis pas retournée. Et puis surtout, ça fait deux semaines que je suis redevenue « normale ». Si si, je vous assure. Je n'ai plus de pensées bizarres vis-à-vis de Jasper D'ailleurs, Jasper est lui-même plus distant. A-t-il eu la même conversation que moi avec Carlisle ? Assurément. Sinon, pourquoi a-t-il tellement changé vis-à-vis de moi ? Il se contente de me retrouver au lycée à la pause déjeuner. Il s'assied à table, souvent accompagné d'un bouquin et ne décroche pas un mot. C'est à peine si il desserre la mâchoire pour me saluer et me dire au revoir. Il ne passe plus me prendre le matin, et ne passe pas me voir le soir. Bref, il m'évite. Et finalement, je comprends. Si Carlisle lui a demandé de penser à Edward et Alice comme il me l'a demandé à moi, je ne doute pas une minute de ce que Jasper aura fait. Il aura imaginé sa chère et tendre Alice pleurer à chaudes larmes (bon d'accord, c'est une vampire et elle ne pleure pas, mais c'est pour l'image alors chipotez pas) quand elle aurait appris notre semblant de relation qui ne cessait de grandir et il aura pris la décision de mettre le plus de distances possibles entre lui et moi pour ne pas avoir à la récupérer dans un tel état. Mais si tel était le cas, pourquoi n'était-il pas parti de Forks ? Une angoisse monte alors en moi en me rappelant tout ce que cela signifie pour moi. J'ai déjà vécu ça. J'ai déjà vécu cet éloignement pas à pas. Avec lui. Avec Edward. Il s'est conduit exactement de la même manière avec moi avant de me quitter. Jasper va-t-il quitter Forks à son tour ? Vais-je à nouveau perdre quelqu'un qui compte pour moi ? Et surtout, à quel point mon karma est-il mauvais pour que le destin s'acharne à me retirer tous ceux qui ont un rôle important dans la pièce de théâtre qu'est ma vie merdique ? Je sens l'air me manquer et je ne peux même pas l'appeler, parce que qu'est-ce que je lui dirais hein ? « Salut, ça va ? Dis, tu m'évites ou je rêve ? » ou pire « Salut ! Dis, tu compterais pas quitter Forks sans me prévenir, par hasard ? ». Et en vérité, je ne pense pas vouloir entendre la réponse. Je préfère me faire mes films, aussi effrayants soient-ils. Au moins, il me reste le doute que lui ne m'abandonnera pas à mon triste sort. J'en suis là de mes pensées quand Jessica et Angela me rejoignent sur le parking. Et oui, on est mercredi, il est 13 heures et nous avons l'après-midi de libre. Et que feraient trois jeunes filles normales un mercredi après-midi sans cours ? Je vous le donne en mille, si vous ne m'incluez pas dans le schéma où je n'aurais pas ma place habituellement : les boutiques ! Et oui, nous sommes à 3 jours du grand bal de promo et il nous faut des robes ! Toujours est-il que je me demande si je dois vraiment aller m'acheter une robe si mon cavalier attitré à décider de me nier ?! Au pire, j'irais avec Mike. Non, il n'y a pas moyen que je fasse ça, même si je suis la fille la plus normale du coin. Je pourrais même demander à Charlie de m'accompagner si ça m'évitait Mike. Ou alors Emmet. Oui, je supplierais Emmet. Niark niark ! Nous voilà embarquées dans la voiture de Jess, tandis que je suis perdue dans mes pensées et en route pour ce que j'appellerais le décompte du bal. Vous êtes prêts ? Vos ceintures sont attachées ? On y va !

BAL J-3

Magasin Marion's modes à Port Angeles. 15 heures 45. Ca fait 15 minutes seulement qu'on est là. Et oui, Jess ne roule pas aussi vite que mes chers amis les Cullen. Ce qui fait que ça nous a pris des plombes pour arriver ici. Je suis déjà saoulée en sortant de la voiture, avec leurs conversations extraterrestres sur comment elles seront coiffées samedi et la couleur qui leur siéra le mieux au teint. Moi, c'est simple : n'importe quelle couleur autre que le blanc ou le beige clair, qui me feraient paraître nue et le noir, qui me ferait paraître encore plus pâle que d'habitude. A part ces trois restrictions, je suis ouverte à toute proposition. Angela est dirigée vers le vert, puisqu'elle a déjà porté du blanc l'année passée et Jess vers le blanc, pour faire ressortir son bronzage intensif au centre de beauté du coin (du coin de Port Angeles bien sûr, pas de Forks, qui est bien trop paumée pour avoir un de ces centres). Bref, voilà ce que j'ai retenu essentiellement de la conversation, le reste étant superflu. J'ai retenu ces deux informations au cas où mes « copines » me demanderaient de leur trouver la robe parfaite. Heureusement pour moi, quand elles sont entrées dans le magasin, bon nombre de robes ont attiré leur attention et j'ai donc pu y échapper. Jess est déjà à son 3ème essayage – aucune ne lui convenait – tandis qu'Angela hésite toujours avec la première qu'elle a passée. Quant à moi, ben je suis toujours en train de flâner dans les allées à la recherche de quelque chose de discret, pas trop cher, et pas trop déshabillé. Bref, rien de ce qu'il y a dans ce magasin, quoi.

- Alors, Bella, tu en es où ? me lance Jess, retournée dans sa cabine pour l'enfilage de la robe n°4.

- Toujours à la recherche d'une robe qui me convient.

- Au fait, vous pensez que Tyler apprécierait ? questionne-t-elle en ressortant dans une robe blanche totalement transparente

- Il est clair qu'il apprécierait ! fais-je en lui désignant son derrière d'un regard, ce qui la fit se retourner, rougir et entrer de plus belle dans la cabine pour passer la suivante.

- Pourquoi ne vas-tu pas avec Mike, finalement ? questionne Angela, hilare à côté de moi.

- Parce qu'il ne me l'a pas proposé ! bougonne Jessica à l'intérieur de la cabine.

- Comment ça ?

- Bah oui, vu qu'il accompagne Bella !

- HEEEEEINNNN ? fais-je, totalement abasourdie.

- C'est ce qu'Eric m'a dit, en tout cas. Qu'il s'en était vanté auprès de lui.

- Attends, attends, attends ! Mike dit qu'il va au bal … avec moi ? fais-je, maintenant incrédule.

- Oui. J'aurais pu t'en vouloir tu sais, me lance ma blonde de copine toujours dans sa cabine. Mais c'est terminé avec lui. C'est un looser de toute façon, tu peux l'avoir si tu veux ! lâche-t-elle en sortant enfin, dans une robe échancrée jusqu'au dessus de la cuisse.

- Trop osée ! tranche Angela avant même que Jessica ne la questionne.

- Je la trouvais parfaite, moi ! minaude Jess, visiblement ravie de l'effet que ça provoque sur le vendeur.

Mes deux amies se retournent sur moi. Je me suis assise sur une des chaises du salon d'essayage, hésitant entre la rage et l'ébahissement. En tout cas, je dois vraiment avoir une sale tête car Angela s'agenouille devant moi, stressée.

- Que se passe-t-il, Bella ? Tu ne te sens pas bien ?

- Je …

- Pourriez-vous nous amener un peu d'eau ? demande Jessica au vendeur.

- Je …

- Ca va aller, Bella, respire bien fort.

- JE NE VAIS PAS AU BAL AVEC MIKE NEWTON ! hurlais-je enfin, tranchant finalement pour la rage.

- Quoi ?! s'exclament mes deux amies en cœur.

- JE N'IRAIS PAS AU BAL AVEC MIKE NEWTON MEME SI LE SORT DU MONDE EN DEPENDAIT, D'AILLEURS !

- Bella … tente Angela pour me calmer, sans succès

- JE VAIS LE MASSACRER. JE VAIS ATTRAPER SA TETE, LUI ARRACHER, ET SAUTER DESSUS A PIEDS JOINTS !

- Oui, on fera ça ! s'exclame Jessica, heureuse de la proposition

Sa réaction a le don de me calmer de suite et de me faire éclater de rire. Elle est là, en train de sautiller, comme une gamine à qui on vient d'offrir la poupée qu'elle désire depuis des mois. Elles me regardent rire toutes les deux et finissent par me rejoindre dans mon fou rire.

- Bah dis donc, j'ai cru que tu nous faisais une crise de nerfs ! fait Angela en se relevant et se ré-examinant dans le miroir.

- Il a le don de me mettre dans une rage folle ces temps-ci.

- Mais … Si tu ne vas pas au bal avec lui … avec qui … y vas-tu ? interroge Jessica, stressée.

Donc elles ont vraiment cru que j'allais accompagner Mike au bal. Moi ? Moi, Bella Swann ? J'en rigolerais bien si ce n'était pas aussi malheureux.

- J'y vais avec Jasper. Vous voyez, Jasper Hale ?

- Oh mon dieu, bien sûr que l'on voit ! fait Angela, visiblement ravie pour moi.

- Avec Jasper Hale ? Mais … vous n'êtes plus fâchés ? questionne Jessica, avec son art de remettre le couteau dans la plaie.

- On n'est PAS fâchés.

- On dirait pourtant.

- Pourquoi ça ?

- Bah, vous n'êtes plus jamais ensemble … et puis … vous ne vous parlez plus jamais !

- Jasper traverse une crise … tentais-je de me dépêtrer.

- Une crise … ? m'interroge maintenant Angela, curieuse.

- Une crise … tentais-je à nouveau.

Sans succès. Comment leur expliquer quelque chose que je ne savais pas moi-même. Le mot approprié aurait été « vampirique ». Or, il était inutilisable face à elle. Il traverse une crise vampirique. Ca voulait bien dire ce que ça voulait dire. J'aurais pu tout aussi bien dire « Il fait son Edward ». Mais ça aurait impliquer un tas d'autres choses qu'elles n'étaient pas à même de comprendre. Bref, aucun mot ne me venait, et pourtant leurs regards inquisiteurs rivés sur moi n'attendaient qu'une chose : ma réponse.

- Une crise dépressive ! finis-je par arriver à articuler.

Aussitôt dit, aussitôt regretté. Ce n'était décidément pas ça que je voulais exprimer. Je n'ai jamais été une brillante athlète des mots, donc je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. N'aurais-je pas pu dire qu'il était un peu stressé par les examens qui approchaient ? Mais les examens n'approchaient pas, en réalité. J'aurais pu dire qu'il avait des soucis chez lui, mais ça aurait été suivi d'une salve de questions sans fin, qui m'aurait pris la tête au plus haut point. Bref, quoique j'aie dit, j'aurais du m'expliquer. Et m'expliquer sur un mensonge, c'était trop pour moi.

- Ohhhh, le pauvre ! s'exclame Jess, visiblement touchée. Il doit être triste qu'Alice ne revienne pas !

Ah. Peut-être que finalement mon vocabulaire m'a sauvé.

- Tu aurais du le réconforter, ajoute-t-elle dans un clin d'œil … coquin.

Okay okay okay. Conversation de filles en vue. Avec Jasper au centre des attentions. Non non non. Trop pour moi pour une après-midi. Il faut que je trouve autre chose.

- Vous ne voulez pas m'aider à me choisir quelques robes à essayer ? implorais-je avec un regard de Bambi éploré (haha ! tout me ramène donc à Jasper … No comment, Bella, no comment)

- Si bien entendu ! s'exclame Angela.

- Ne bouge pas, on te ramène ça ! fait Jess, maintenant excitée par autre chose que par la conversation qu'elle planifiait d'avoir il y a deux secondes sur mon vampire blond.

Je suis un génie. Je suis géniallisimement géniale ! J'ai réussi à les éloigner d'un sujet que je ne voulais pas aborder comme une chef. Je pourrais même effectuer un petit pas de danse de la joie, si je n'avais pas peur qu'elles ne me voient à travers les rayons. Ma joie est malheureusement de courte durée quand elles se ramènent toutes les deux les bras chargés de robes … aux couleurs toutes plus flashy les unes que les autres. Bravo, Bella, bravo.

Une heure trente plus tard, après avoir passé 10 robes différentes devant lesquelles mes amies se sont disputées sur chacune, je passe la dernière, celle qui me semblait la moins affreuse et que j'ai gardée pour la fin comme porte de sortie au cas où elles en choisiraient une autre avant et sors, stressée rien que par la couleur. Violette. Oui, violette. Vous savez, comme le violet qui a un peu marqué mon existence il y a deux semaines ? Bah ce violet justement. Alors imaginez moi en violet et si vous vous marrez, ne vous étonnez pas à recevoir une baffe. Bref, me voilà en violet. Le pire, c'est que c'est vraiment la robe la moins moche. Il faut dire qu'entre le kaki militaire choisi par Jess et le rose layette choisi par Angela (et encore, ce n'est pas les pires), le violet me semble une solution plus … conciliable.

- Oh bon sang Bella, c'est celle-ci la tienne ! s'exclame Jess, la bouche ouverte en me voyant sortir de la cabine.

- Tu es … magnifique comme ça ! me lance Angela, bouche bée.

Bon, évidemment, ce ne sont pas les meilleurs critiques de mode que je connaisse. Déjà, Jess a fini par prendre la robe blanche échancrée jusqu'au haut de sa cuisse. Quant à Angela, elle n'a pas choisi le plus beau vert du magasin, loin de là, fait hautement confirmé par le vendeur qui a ajouté, quand elle l'avait choisie « Ceci est un vert caca d'oie ». Yerk. Bref, mes critiques de mode me font peur quand elles disent que cette robe me va. Voilà alors le charmant vendeur qui nous supporte depuis 3 heures sans broncher (et cet homme doit être un saint pour supporter ça à longueur de journée, de semaine, de mois …) qui s'amène devant moi avec un miroir. Je me regarde. Je me retourne et me regarde dans l'autre sens. Wow. Je me trouve presque jolie. Mise à part la couleur flashy, c'est exactement la robe qu'il me faut. Elle est toute simple : un petit corset brodé avec des perles dorées mais pas extravagantes suivi d'une jupe longue, simple qui tombe droite jusqu'à mes pieds. Rien de trop remarquable. Classe, habillé mais ce qu'il faut pour aller à un bal. A part qu'elle est violette. Mais au final, le violet ne me dérange pas encore trop. Je souris alors à mes copines, d'un sourire sincère et franc. Et reconnaissant. Je suis contente de leur trouvaille et je suis heureuse d'avoir trouvé une robe qui me convenait. Au final, il semblerait que ce bal soit parti pour être plus agréable que je ne le pensais.

On sort du petit bar où on est allées boire un bon chocolat chaud pour nous retaper un petit peu après cette longue après-midi enfermées dans un magasin, prêtes à aller reprendre la voiture pour rentrer. Je suis heureuse et pour la première fois de ma triste vie, je me sens comme une adolescente à l'approche du bal : excitée et nerveuse. Je me demande ce que va penser Jasp' quand il va me voir habillée en fille. Je souris également à l'idée que cet étonnement ne sera que de courte durée quand il verra la fente dans la robe de Jess. Je suis perdue dans mes pensées quand je fonce dans quelqu'un, ce qui me fait lâcher mon sachet où se trouve ma jolie robe.

- Non mais vous pouvez pas faire attention, espèce de … m'énervais-je après le sombre individu qui m'avait percutée de plein fouet.

Mais je m'interromps immédiatement en reconnaissant ce « sombre individu ». Ethan, droit devant moi, en train de ramasser ma robe et de me tendre mon paquet, un sourire sur le visage.

- Je suis désolé, Bella, je ne t'avais pas vue. Je ne regardais pas où j'allais à vrai dire.

- Oh, ce n'est pas grave, ne t'inquiète pas ! fais-je en me saisissant de mon paquet, rouge de honte d'avoir hurlé comme ça sur lui.

- Tu as trouvé ta robe ?

- Hum ?

- Je te demandais si tu avais trouvé ta robe, pour le bal.

- Oh. Oui.

- Tant mieux. Je suis sûr que tu seras sublime, fait-il en s'avançant vers moi pour déposer un délicat baiser sur ma joue et me susurrer à l'oreille : « Réserve-moi une danse ».

Il s'écarte alors et je sens mon cœur s'emballer. Wow ?! Il vient de faire quoi là ? Je suis tellement ébahie par son comportement que la seule chose que je peux faire à cet instant est d'acquiescer stupidement de la tête à sa demande avant de détaler rejoindre mes amies qui se sont arrêtées un peu plus loin de nous pour nous laisser discuter.

- Wawww, Bella, tu attires vraiment tous les beaux mecs ! s'extasie Jess quand je les ai rejointes.

- Qu'est-ce que tu racontes ? bégayais-je, lamentablement.

- Ethan Ward ! Il est cruellement sexy, ne me dis pas que tu ne l'as pas remarqué ! explique-t-elle, étonnée que je n'aie pas compris du premier coup.

- Attends, il n'est pas aussi sexy que Jasper Hale, intervient Angela.

- Il est bien plus sexy, tu ris ou quoi ? s'énerve Jessica.

- Pour moi, Jasper est bien plus sexy. Et mystérieux. Jasper est incroyablement mystérieux, ajoute-t-elle dans un sourire.

- Ecoute, cet Ethan, il est tellement sexy … qu'il n'en est pas humain, crois-moi ! conclut Jessica, dans un sourire mystique.

Je le regarde s'éloigner de sa démarche branchée de gars de Beverly Hills et les mots de Jessica raisonnent en moi. « Il n'est pas humain ». Serait-ce pour ça que Jasper ne l'aime pas ? Pour ça que dès qu'il s'assoit à notre table, je l'entends grogner ? Qu'est-il s'il n'est pas humain ? Je me promets de poser la question à Jasper quand je le verrais. En attendant, je me mets à la poursuite de mes deux amies qui se disputent toujours sur la sexytude (nouveau mot made by Bella, et oui) de Jasper et Ethan. Je souris alors, tentant de départager dans ma tête les deux beaux mâles. Alors ? Ethan Ward. Jasper Hale. Qui est donc le plus sexy ? J'ai ma réponse, mais vous n'en saurez rien …

BAL J-1

Demain, c'est le bal de promo et je n'ai toujours pas eu la confirmation que je serais toujours bien accompagnée pour y aller. Chouette, ma vie est un long fleuve tranquille. Je n'ai toujours pas pu discuter avec Jasp' seul à seule puisqu'Ethan s'est encore installé à notre table hier. D'ailleurs, il a même poussé le vice jusqu'à me dire qu'il avait été heureux de me rencontrer le jour avant au soir à Port Angeles, ce qui a eu le don d'énerver encore un peu plus Jasper et que j'ai eu l'extrême honneur de croiser son regard pour la première fois depuis deux semaines, quand il a levé les yeux vers moi, lâchant son bouquin, et qu'il m'a dévisagée méchamment. N'empêche qu'après coup, il ne m'a tout de même pas adressé la parole. Et alors que je pensais qu'il m'attendrait à la sortie des cours, quand je suis arrivée à ma voiture, j'ai pu constater que la sienne était déjà partie et qu'au début du parking m'attendait Emmet dans sa Jeep. Bref, le bonheur en barre quoi. Quant à ce midi, il n'a même pas pris la peine de me saluer, se contentant de s'asseoir, d'ouvrir son bouquin et de lire. Quand Ethan s'est assis à son tour, il n'a même pas bronché, même pas émis le moindre petit grognement que j'aime tant, rien. Bref, je suis sur le chemin pour quitter les cours et j'ai plus que l'impression que demain sera le grand soir de Mike Newton puisqu'il aura comme cavalière, Bella Swann. Je suis sur le parking et quelque chose manque. D'ailleurs, ce n'est pas très difficile à savoir, c'est ma voiture. Ma voiture n'est plus là. Je suis à la place où je l'ai laissée ce matin, et elle n'est plus là. Je regarde à droite, à gauche, et commence légèrement à paniquer. Qui aurait bien pu voler ce tas de ferrailles ? Quand je me retourne pour trouver un visage amical, je rencontre tout de suite celui de Jasper (bah oui, je cherchais de ce côté, vous me prenez pour qui ?!) qui est assis sur le coffre de sa sublime Mercedes, en train de jouer avec ses clefs, sans me lâcher pour autant des yeux. Et d'abord, pourquoi on a pas volé son superbe coupé, plutôt que mon petit bijou de voiture qui n'a de valeur que pour moi, hein ?!

Je m'approche de lui, toujours stressée et il sourit :

- Un problème, petite calamité ?

- Comme si tu n'avais pas remarqué qu'il manque ma voiture !

- Oh ?! Ta voiture n'est plus là ? Je n'y avais pas prêté attention.

- On est au 21e siècle, bon sang ! On dit « J'avais pas fait gaffe » !

- Serais-tu … énervée ?

- Bah un peu oui ! Qui peut être assez dérangé pour voler ma voiture alors qu'il y a des voitures …, fais-je en me retournant pour chercher une belle voiture dans les environs, sauf que je n'en trouve aucune et que je dois donc me rabattre sur celle de Jasper, que je désigne pour agrémenter ma réflexion. Des voitures aussi belles que celles-ci sur le même parking ?

- Qui t'a dit qu'elle a été volée ?

- Ecoute, je n'ai pas encore de pouvoir magique et donc la faire disparaître me semble impossible. Et ce n'est pas non plus « K2000 » ceci, c'est « Entretien avec un vampire ». Alors bon.

Il éclate de rire tout en sautant de son coffre pour se retrouver à côté de moi.

- Je te dis qu'elle n'a pas été volée. Emmet l'a ramenée chez toi.

- Et pourquoi ça, je te prie ? fais-je maussade mais tout de même rassurée.

- Parce que … j'avais besoin de te parler et je voulais te ramener.

J'ai envie de sourire. J'ai vraiment envie de sourire. Mais je suis fâchée contre lui. Alors je me retiens et tente d'adopter un ton froid quand je lance, tout en me dirigeant vers la portière passager :

- Et bien il fallait venir me chercher ce matin !

Il éclate à nouveau de rire tandis qu'il ouvre les portes d'une pression sur le bouton de sa clef et se dirige lui-même vers le côté conducteur.

- Ca n'aurait pas été aussi drôle de manquer ton air désespéré, à vrai dire !

On roule depuis 5 minutes et vu la vitesse à laquelle il conduit, on sera bientôt à la maison. Or, il n'a pas encore décroché un mot. Moi non plus d'ailleurs, et comme c'est lui qui doit me parler, je n'ai pas l'intention de céder. Je le regarde, il est concentré sur la route, un sourire aux lèvres. Tiens, ça me change de son visage un peu froid des derniers jours. Je souris alors à mon tour, mais me retourne vers la fenêtre pour ne pas lui montrer. Il serait trop content, tiens !

- Pourquoi souris-tu ?

Maieuuuh ! Saleté de crétin de vilain vampire qui sait toujours interpréter mes émotions !

- Et on ne joue pas aux montagnes russes avec ses sentiments en ma présence !

- Mais je n'ai pas …

- Et on ne ment pas, c'est très vilain, me coupe-t-il, hilare.

Je le hais, je le hais, je le … Non, c'est faux en fait, je l'adore ! Oupps ! J'ai dit ça tout haut ?! Je le regarde rapidement. Visiblement non.

- Hahaha ! s'esclaffe-t-il alors.

Mais bon sang que ce pouvoir peut être emm****** ! N'empêche, quand il sourit comme ça, ça me rappelle nos « bons » moments ensemble. Ceux où on ne se prenait pas la tête pour nos deux déserteurs d'amoureux et pour ce qu'ils penseraient de notre « relation ». Et ça me rappelle cette sensation de liberté, de nouvelle vie qui s'ouvrait à moi. Et ça me manque, terriblement.

- Alors … Ce n'est pas que percer à jour tes sentiments m'ennuie. Car c'est toujours un réel plaisir de lire en toi … mais je voulais essentiellement te parler à propos de demain.

Nous y voilà. Vous voyez ? Ce moment-là ?! Où il va me dire « Débrouille-toi ma vieille, va au bal avec Mike Newton parce que j'ai pas envie de mettre Alice sur les nerfs ». Bah on y est. Je détourne le regard, bloquant ma respiration, prête à encaisser le coup. Sauf qu'il ne dit rien. Oh ! Il est au courant ce vampire qui n'a plus besoin de respirer que je n'ai jamais été une championne d'apnée ? Je note alors que je n'ai rien répondu quand il a engagé la conversation et qu'avant de penser à retenir ma respiration, j'aurais peut-être pu penser à acquiescer, ou dire « Je t'écoute ». Bref, je respire pour ne pas devenir bleuâtre et lâche péniblement :

- Je t'écoute.

- Je voulais m'assurer que tu n'avais pas changé d'avis. Ou de cavalier, c'est au choix.

- C'est-à-dire ? fais-je en relâchant à nouveau ma respiration, étonnée du chemin que prend la conversation.

- Bien, je ne pense pas que tu auras finalement accordé tes faveurs à Mike Newton, ça non. Mais je me disais que peut-être Monsieur Ward t'avait finalement fait sa demande et que tu avais accepté.

- Heinnn ?

- Je traduis pour la petite moderne ?

- Petite fouine, petite catastrophe, petite calamité, petite moderne. Je ne pourrais pas avoir un surnom avec « jolie » comme qualificatif, pour une fois ?

- Esmé m'a toujours dit de ne pas mentir, fait-il hilare.

Je balance alors mon poing dans son bras, qu'il n'évite pas et je hurle presque de douleur. Mais pourquoi ai-je frappé si fort, bon sang de bonsoir ?!

- Excuse-moi. Tu m'as tendu la perche. C'était facile.

- Tu es pardonné, maugréais-je en me massant le poignet, incapable de résister à de telles excuses.

- Donc, la « jolie » moderne veut-elle une traduction ? fait-il, dans un sourire, en appuyant sur le jolie pour me faire plaisir.

- Elle veut bien en effet.

- Je voulais juste te demander si ce Ward était devenu ton cavalier pour demain.

- Et pourquoi le serait-il devenu ?

- Il a l'air de te plaire.

- N'importe quoi.

- Tu deviens rouge quand il s'assoit à table et tu en perds tout ton latin.

- Je ne parle pas latin.

- C'était une métaphore.

- Arrête de parler comme le prof de littérature.

- Le prof de littérature parle moins bien que moi. J'ai d'ailleurs noté qu'il faisait souvent des fautes d'orthographe ; quant à sa syntaxe …

- Shhhht ! le coupais-je, énervée. Je me fiche du niveau du prof de littérature.

- C'est pourtant toi qui a lancé le sujet.

- Tu en profites pour t'éloigner du sujet.

- « Faire des digressions ».

- Hein ?

- Tu en profites pour faire des digressions, c'est le terme correct.

- On s'en ficheeeeee ! fais-je, limite hystérique maintenant.

- Alors de quoi ne se « fiche » -t-on pas ? fait-il dans un sourire en coin. D'Ethan ?

- Non, lui aussi, on s'en moque.

- Ah bon ?

- Oui.

- Oh.

- Quoi ?

- Il va être déçu.

- Comment ça ?

- Oh, il t'aime bien, je dirais.

- Mais qu'est-ce qu'ils ont tous après moi ?!

- Tu es une magnifique humaine, Bella, ne me dis pas que tu es assez modeste pour ne pas l'avoir remarqué ?

Je veux répondre mais il arrête la voiture et coupe le moteur. Je sursaute alors en voyant ma maison par la vitre derrière lui. On est déjà arrivés. Mer…credi ! Mais heureusement, il a coupé le contact, ce qui tend à prouver qu'il ne va pas partir de suite. J'ouvre alors la portière, pour lui faire comprendre que la fin de la conversation, ce sera à l'intérieur que ça se passe. Il me regarde étonné, hésite un moment puis finit par retirer la clef du contact et par sortir à son tour. D'ailleurs, il était temps qu'on sorte un peu de l'habitacle confiné de la voiture sinon il se serait rendu compte trop vite de mon cœur qui s'était mis à battre bien plus rapidement depuis sa dernière remarque. Et croyez-moi, ce n'est pas l'effet que je provoque sur les humains qui me met dans cet état.

On entre à la maison et j'éjecte mon sac à dos tout près de l'escalier, jette ma veste sur le dossier du canapé et me dirige vers la cuisine pour me faire un chocolat chaud, rituel habituel du retour de l'école le vendredi. Jasper entre à ma suite, jouant avec ses clefs, regarde mon « déshabillage » d'une mine amusée et me suit dans la cuisine. Tandis que le lait chauffe dans le micro-ondes, je m'installe à table et joue nerveusement avec mes doigts. Mon vampire blond s'appuie dans l'encadrement de la porte, dans une position ô combien sexy et me sourit.

- Alors, donc, Monsieur Jasper Hale, tout cet interrogatoire de tout à l'heure visait-il à confirmer que vous m'accompagnerez bien au bal demain soir ? fais-je, taquine.

- Ca dépend, lance-t-il dans un sourire mystérieux.

- De quoi donc ?

- De trois facteurs, en fait.

- Je t'écoute.

- Premièrement, où est l'interro de maths ?

- J'ai obtenu 17/20 !

- Je suis impressionné …

- Et moi, je suis … aheummm ! me reprit-je instantanément. Je suis fière de moi.

J'allais lui sortir la réplique de ce film idiot que ma mère m'avait forcée à aller voir avec elle, à Phoenix. J'avais trouvé le film un peu surfait, surtout qu'il reprenait le fabuleux « Les liaisons dangereux » de Choderlos de Laclos d'une manière un peu douteuse. Mais par contre, j'avais toujours retenue cette mini-scène entre les deux acteurs principaux, quand le salaud notoire, le Mr-Couche-toi-là du film était parvenu à énamourer la tendre vierge et l'avait rejointe sur le quai de la gare. Elle avait alors dit « Je suis impressionnée ». Et ce pauvre garçon énamouré lui aussi avait répondu « Et moi je suis amoureux ». C'était mignon, sur une très belle musique et j'avais aimé. Pas que je veuille dire cela à Jasper, non, n'ayez pas peur mais je voulais lui sortir la réplique, ironiquement. Heureusement, je me suis retenue parce que le pauvre aurait eu très certainement la peur de sa vie, aurait pris ses jambes à son cou et je ne l'aurais plus jamais revu !

- Tu peux l'être, fait-il, absolument pas perturbé comme moi par mes bétises.

Si même il a capté des sentiments de gêne, il ne doit pas savoir pourquoi. Heureusement qu'il n'est doué du même pouvoir qu'Edward, parce qu'en plus du sien, ça ferait vraiment des dégâts !

- Quel était le deuxième facteur, alors ?

- Hum. As-tu … par hasard … pensé … à t'acheter une tenue pour ce bal ?

- Tu me prends pour qui ?

- Non mais ne te vexe pas, petite calamité ! Je pense juste que les jeans ne sont pas autorisés pour cette soirée.

- Si je n'étais pas déjà certaine que tu l'éviterais, je te balancerais le pot de chocolat soluble à la figure.

- Evite donc, je suis certain que tu n'aimerais pas tout balayer.

Je souris alors, devant tant de vilainerie. Ce qu'il peut être sarcastique quand il s'y met. Mais c'est un aspect de lui que j'apprécie vraiment. Il ne me ménage pas. Ce n'est pas parce qu'on s'entend bien qu'il est tout sucre et tout miel avec moi. Non, quand il a quelque chose à me dire, une remarque à faire, il n'hésite pas une seconde. Ca peut m'énerver parfois, mais la plupart du temps, ça fait du bien de se sentir traiter « normalement ». Enfin, aussi normalement qu'on peut être traitée par un vampire bien entendu.

- J'ai donc une robe ! fais-je, fière de moi.

- Tout arrive donc.

- Ne sois pas mesquin.

- Je ne suis pas mesquin, je recommence à avoir la foi.

- Idiot ! fais-je, hilare.

- Idiot ?

- Pardon ! fais-je, toujours aussi morte de rire.

- Ta machine n'arrête pas de sonner là.

Je me retourne alors vers mon micro-ondes et l'ouvre pour en sortir mon lait bouillant. Je m'installe à table et commence à verser mon chocolat soluble et mon sucre dans ma tasse, tournant vigoureusement, un sourire toujours aux lèvres.

- Tu ne vas tout de même pas ingurgiter ça ?

- Si ! C'est délicieux d'ailleurs, fais-je en enfournant une cuillère de chocolat brûlant dans ma bouche tandis qu'il grimace de dégoût. Quel est le dernier facteur alors ?

- Je voulais qu'on se mette d'accord sur une chose.

- Je commence à avoir peur, là.

- Tu ne dois pas. J'ai promis de ne pas te faire danser.

- Ce qui est déjà bien.

- Toutefois, je voulais être sûr que tu ne vas pas me fusiller sur place si je « joue le jeu ».

- Le jeu ?

- Du bal. Comme n'importe quel humain le ferait. Comme Mike l'aurait fait s'il avait été ton cavalier.

- Ce qui n'est pas du tout rassurant.

- Sauf que je ne suis pas Mike Newton. J'ai tout de même plus de classe.

- Et de charisme.

- Comment ça ?

- Attends, il a un coefficient de charisme d'une poule quand le tien approche celui d'un dieu grec.

- Rien que ça ? fait-il, en éclatant de rire.

- Oui, fais-je maintenant gênée de l'aveu, replongeant mon nez dans ma tasse de chocolat.

- Donc, maintenant que les choses sont claires … Bella Swann, acceptez-vous toujours d'être ma cavalière pour le bal de demain ? fait-il en s'approchant de moi et me tendant sa main.

- C'est ça le troisième facteur ?

- Bien sûr.

- J'en serais ravie, fais-je, souriante, prenant sa main dans la mienne.

JOUR J.

J'ouvre un œil sur un nouveau rêve. Tiens, ça faisait longtemps. Nous étions au bal, Jasper et moi. Jusque là, rien de bien étonnant vu que c'est ce qu'on va faire tout à l'heure. Ce qui était plus étrange, en revanche, c'est qu'on dansait. Il était vraiment tout proche de moi et me parlait. Je n'entendais pas ce qu'il me disait, mais la douce mélodie de sa voix me berçait et me faisait rêver. C'est alors que je me sentais arrachée à lui. Je sentais les griffes sur mes épaules, mais je ne pouvais me retourner. Tout ce que je voyais, c'est que je m'éloignais de Jasper, qui ne pouvait pas me suivre, retenu lui aussi, et qui tendait les bras vers moi, l'air paniqué. Je tournais alors la tête comme je pouvais et voyais la crinière de Victoria qui flottait dans les airs. Quand on s'arrêtait enfin, je me mettais à hurler pour qu'elle me laisse tranquille, je lui expliquais qu'Edward n'en avait rien à cirer de moi et que me tuer ne lui ferait rien. C'est alors qu'elle me disait qu'elle ne me tuait pas pour Edward, mais parce que je le lui avais pris. Je fermais alors les yeux, paniquée. Ne sentant aucun coup venir, je ré-ouvrais les yeux et voyais Alice qui me toisait d'un air froid et me disait « Tu n'aurais jamais du me le prendre, Bella ». Et à ce moment-là, elle frappait. Je me suis donc réveillée, totalement paniquée et depuis, je me martèle la tête à me dire que je suis complètement folle furieuse.

Il est 18 heures 30 et vous ne croirez jamais ce que j'ai fait de ma journée. Après avoir décidé que de toute façon, je n'aurais rien de plus à me traiter de folle toute seule dans ma chambre et qu'en plus, je n'avais absolument aucune idée de comment m'habiller, me coiffer et … « éventuellement » … me maquiller et tout ça « en fille », j'ai décidé que je devais prendre les conseils de la personne qui en parlait à longueur de journée. Jessica Stanley. Je l'ai appelée et lui ai proposé de se préparer entre filles pour cette super soirée. Je n'ai pas eu besoin de plus pour la convaincre. Toutefois, connaissant Jess, j'ai quand même pris le soin d'appeler Angela également, pour avoir un avis un peu plus posé. Ce qui fait qu'on a passé l'après-midi à se tartiner de crèmes (toutes apportées par Jessica, bien sûr), à se coiffer, se maquiller, s'habiller. Bref, il est bientôt l'heure, les filles sont rentrées chez elle et mon père n'a cessé de me regarder toute la journée comme si j'étais tombée sur la tête. Ce qu'il ne sait pas, c'est que je suis effectivement tombée sur la tête mais que ça n'a pas changé ma façon d'être à défaut d'avoir changé tout un tas de choses dans ma vie, rien que dans ma relation avec Jasp'. Je suis devant le miroir de la salle de bains, m'étudiant sur toutes les facettes. Comme Jess et Angela ne parvenait pas à se mettre d'accord si je devais faire un chignon ou non, elles ont fait un compromis entre elles et ont décidé de me faire un chignon relâché. Ce qui consiste en gros, à reprendre quelques mèches en un chignon, tout en laissant la plupart de mes cheveux retombés en grosses boucles sur mes épaules. L'effet est plutôt réussi, j'en suis plutôt contente. Quant au maquillage, après s'être à nouveau disputées pendant un long moment, elles sont parvenues à un accord qui consistait à ne pas me mettre de fond de teint (ouf ! idée saugrenue était bien entendu de Jessica et j'espérais qu'elle serait rejetée par Angela – elle le fut d'ailleurs) et à juste me mettre une base pour que ma peau semble un tout petit moins blanchâtre. Ce qui veut dire que je vais avoir l'air carrément bronzée à côté de Jasp'. Quant au maquillage à proprement parler, elles ont fait simple et classe, comme je leur ai demandé. Un léger fard à paupières rose, un petit trait de crayon noir, un peu de mascara et du gloss brillant pour les lèvres. Bref, rien qui sorte de l'ordinaire si on n'est pas en train de parler de moi. Evidemment, comme je me maquille très peu, ça fait une grosse différence sur moi, mais ça va, je m'en accommode encore et me trouve même un peu mieux ainsi. Ma robe me plaît toujours autant et Jess m'a apporté de petites ballerines dorées mais pas flashy, avec de longs lacets qui se nouent autour de mes chevilles. Elle m'a conseillé d'éviter les talons, vu ma maladresse naturelle.

Quand la sonnette retentit, je sursaute. Mince, je voulais être en bas quand il arriverait. Bon, tant pis, Charlie n'a qu'à aller ouvrir. Je les entends alors discuter cordialement et je prie intérieurement que mon père ne se la rejoue pas gros-balourd-je-mets-les-pieds-dans-le-plat-Alice, sinon ça va nous gâcher la soirée. Je rejette un dernier coup d'œil dans le miroir, remet une mèche de cheveux et commence à descendre précautionneusement les escaliers, maugréant contre les gens qui les ont inventés et qui n'étaient certainement pas des femmes qui portaient des jupes longues. Charlie et Jasper sortent alors du salon, où ils s'étaient réfugiés et quand ils me voient ainsi affublée, ils se stoppent tous les deux et ouvrent grand la bouche. Je me stoppe alors, détaillant Jasper du regard et la seule chose qui me vient à l'esprit, c'est … Wow. Mais vraiment Wow quoi. Il a passé un costume noir, classique et charmant, pas trop conventionnel mais pas trop cool non plus. Et en dessous, il a mis sa chemise violette. LA chemise violette, oui ! Cette chemise là ! J'en suis atomisée. Je dois moi-même la bouche ouverte d'ailleurs. Heureusement pour mes hormones, ce soir, il l'a attachée mais il n'a pas pris la peine de mettre une cravate. Classe mais pas trop guindé. Bref, parfait quoi. Ses cheveux, qui ne doivent certainement jamais être coiffés, tombent toujours vers l'arrière, aussi bien que d'habitude, mais aujourd'hui habillé comme ça, ça le rend encore plus sexy ! Je me remets alors à descendre doucement, faisant gaffe de ne pas rompre le charme, mais sans le lâcher des yeux, incapable de ne plus le regarder. Lui semble dans le même état car ses yeux ne m'ont pas quittée. Bien entendu, comme je ne regarde pas où je marche, je n'ai pas non plus vu mon sac de cours que j'ai abandonné au pied des escaliers hier en rentrant des cours et que je n'ai toujours pas bougé depuis lors, et donc, je me prends les pieds dedans et fonce la tête la première vers la porte. Mais je n'ai pas lâché Jasper du regard et je sais d'avance qu'il va me rattraper. Ce qu'il fait, bien entendu. J'atterris contre son torse de marbre, à quelques centimètres de sa bouche avec la mienne, haletante. Je n'ai toujours pas laissé son regard s'échapper du mien. Il me regarde, tendu, et si il ressent tout ce que je suis en train de ressentir, il va m'envoyer valser quelques mètres plus loin dans moins de deux secondes. Au contraire de ce que je pense, il se contente juste de me serrer plus fort et je sens mon cœur qui s'emballe encore plus. C'est moi ou ce moment est … magique ?

- Dites, les jeunes, vous allez être en retard si vous ne bougez pas !

Pour rompre la magie, on peut toujours compter sur Charlie. Jasper détourne alors son regard de moi et me relâche enfin, tendant la main à mon père avant de m'ouvrir la porte. Je reprends tout doucement mon souffle, embrasse mon père qui me retient pour me glisser une nouvelle bombe de poivre de Cayenne dans la main. Je le fusille alors du regard et il sourit gauchement. Je passe alors à côté de Jasper, sans le regarder et l'attend sur le seuil. Il referme la porte derrière lui et me prend le bras pour descendre les escaliers.

- Il vaut mieux que je te soutienne.

- Merci, parvins-je à articuler péniblement.

- Je t'ai acheté quelque chose, me dit-il quand on arrive près de la voiture

- Je déteste les cadeaux ! protestais-je.

- Ca fait partie du jeu du bal, sourit-il, en sortant une petite fleur de sa poche.

- Alors je ne peux pas protester. Ca se met au poignet ?

- En réalité, je n'aime pas les choses trop conventionnelles. J'ai donc pris une belle rose à mettre dans tes cheveux.

Je souris alors sincèrement, heureuse de porter quelque chose que personne n'aura aujourd'hui soir. Il glisse alors la rose doucement derrière mon oreille, tandis que je soupire, tendue. Quand il l'a mise à sa place, il replace une mèche de mes cheveux et passe sa main sur ma joue. J'en frissonne, non pas parce que ses doigts sont glacés – et pourtant, ils le sont effectivement – mais parce que le geste me rend nerveuse. Jasper ne s'est jamais comporté de cette façon avec moi, et ça me déroute un peu. Il me sourit alors et dans un geste, se détache de moi et m'ouvre la porte de la Mercedes.

On arrive au bal, sans avoir décroché un mot dans la voiture. Je suis vraiment perturbée. Est-ce la chemise ? Est-ce le symbole du bal ? Est-ce Jasper lui-même ? Est-ce moi ? Je n'en ai aucune idée mais je suis vraiment perdue. Et je me sens extrêmement belle aussi. Jamais je ne me suis sentie attirante, jamais je ne me suis habillée de cette façon, et pourtant, aujourd'hui, j'ai envie de jouer le jeu. Qui plus est, quand j'ai vu le regard de Jasper tout à l'heure, je suis sûre qu'il s'agissait d'un regard qui voulait dire « Wow ». Et ça fait plaisir. Et puis, lui, aujourd'hui, outre le fait qu'il soit encore plus beau que d'habitude, il était charmant et charmeur. C'est peut-être moi mais il a quelque chose ce soir. Quelque chose de plus que d'habitude. Je vais donc tenter de dénicher ce que c'est. Il m'ouvre la portière et m'aide à descendre, en me prenant la main. Sauf qu'il ne la lâche pas quand il reclape la porte et m'emmène avec lui vers la salle de bal. Sa main froide dans la mienne, chauffée par la tension, me donne des frissons. On entre dans la salle, la même que celle où nous sommes allés avec Edward l'année passée et je remarque que ça ne me fait plus aussi mal qu'avant, les souvenirs. J'arrive à me les rappeler sans que le monstre de ma poitrine ne se mette à hurler. Ce qui est plutôt normal, vu que je suis main dans la main avec Jasper, qui est parvenu à calmer ma douleur, mon chagrin et mon envie de mourir incessante. Qui m'a réappris à vivre, à avoir de nouveau envie de petites choses futiles et qui m'a aidée. Et qui m'a réappris à désirer. Car c'est bien ce qui est en train d'arriver non ?

Il se retourne vers moi et me sourit, et sous les lampes tamisées, je me demande comment il est possible qu'il soit encore plus beau qu'il y a deux minutes.

- Est-ce que ça va ?

- Etonnamment, tu sais, oui.

- Est-ce que tu penses qu'on peut s'amuser ?

- Je pense oui.

Il s'approche alors de moi et murmure à mon oreille :

- Je n'ai pas eu l'occasion de te le dire, Bella, mais tu es vraiment exquise ce soir.

J'aurais bien voulu répondre quelque chose mais il me manque de l'air et en plus, je n'ai rien à ajouter. J'ai le souffle coupé. Jasper n'est définitivement pas dans son état normal.

- Bella ! entendais-je une voix derrière moi s'écrier.

Je me retourne alors, Jasper tenant mes épaules, quand j'aperçois Jessica et Tyler qui nous rejoignent.

- Tu es magnifique Jess !

- Je ne fais pas le poids à côté de toi, malheureusement.

Je regarde alors Tyler, qui me regarde de haut en bas. Je me demande si Jasper à remarquer l'échancrure de la robe de Jess. Je tourne alors la tête vers lui, ses mains toujours sur mes épaules et voit qu'il me regarde simplement. J'ai le cœur qui bondit et je tente de respirer calmement et de contrôler un tant soit peu mes sentiments pour ne pas qu'ils se les prennent en vague dans la figure. Angela et Ben, son nouveau petit ami, nous rejoignent alors également et les filles commencent à papoter entre elles sur les robes des autres. Je ne parviens pas à me concentrer sur la conversation, toute mon attention étant tournée sur les mains de Jasper sur mes épaules, et la sensation bizarre que ça me procure. Les autres entendent alors une chanson qu'ils adorent et se précipitent tous les quatre vers la piste de danse. Je me retourne alors vers Jasper :

- Je …

- Je sais, Bella. Pas besoin de t'expliquer, je n'allais pas te proposer.

- Tu n'es pas fâché ?

- Pas du tout, fait-il dans un sourire sincère.

Je me contente de le regarder, perdue dans ses beaux yeux ocres quand je vois qu'il fronce les sourcils. Je n'ai pas besoin de me retourner, ce que je fais quand même, pour savoir qu'Ethan approche. Il a trois verres dans les mains, m'en tend un et un autre à Jasper, qui le prend sans rechigner.

- Tu es superbe, Bella.

- Merci.

- Je propose qu'on porte un toast, fait-il en levant son verre.

- A quoi donc ?

- A ta beauté … surnaturelle !

J'entends Jasper grogner et je ne peux retenir un sourire. J'adore quand il fait ça ! Ethan choque alors son verre contre le mien et le tend ensuite à Jasper, qui joue le jeu et choque le sien à celui d'Ethan. Je ne bois pas, je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir que Jasper ne le fait pas non plus et Ethan grimace :

- Il faut boire de suite sinon il faut recommencer !

Il nous retend son verre et quand je me retourne sur Jasper, celui-ci lève les yeux au ciel avant de refaire le toast et de boire une lampée du punch qu'Ethan nous a amené. Bien entendu, il grimace. Je me dépêche alors de boire un peu du mieux et de grimacer également :

- Berk, y a quoi là-dedans ?

- C'est vrai que c'est dégueulasse ! acquiesce Ethan.

Jasper, lui, ne décroche pas un mot et se contente de balancer le reste du verre dans la plante qui se trouve à côté de lui. J'ai envie d'exploser de rire mais je me retiens, pour ne pas, petit un, le vexer, petit deux, faire se questionner Ethan. Il prend alors mon verre des mains et le verse également dans la même plante.

- Qu'est-ce que tu fais ? lui lance Ethan, visiblement vexé.

- Je préférerais qu'elle ne boive pas ça, lâche enfin Jasper, d'un ton froid et sans appel.

- Ah, parce que tu parles maintenant ? J'en venais presque à douter que tu aies une voix, ironise alors Ethan.

- Je ne l'utilise qu'en présence de gens qui en valent la peine, c'est pour ça que tu n'as jamais eu l'occasion de l'entendre, répond mon vampire blond, que je scrute, son visage impassible mais glacial également.

- Pourtant tu es doué avec les mots, tu ne devrais pas garder tout ça pour toi.

Jasper se contente alors d'hausser les épaules et de reposer sa deuxième main sur mon épaule, l'autre ne m'ayant pas lâchée. Ethan ne manque pas le geste, nous scrute quelques instants et, sans rien ajouter, s'en va. J'ai mille questions à poser à Jasper mais je n'en ai pas l'occasion, car à l'autre bout de la salle, Mike Newton nous fait des grands signes et avant que j'aie eu le temps de dire à Jasper qu'il arrivait, il est déjà à mi-chemin pour nous rejoindre.

- Jasper !

- Hum ?

- Fais-moi danser ! haletais-je, stressée.

- Tu te moques de moi ?

- Non, je t'en prie, viennnns ! fais-je en tirant sur sa main, un pied déjà sur la piste de danse.

Il me suit en rigolant, après avoir repéré Mike qui s'amenait vers nous. Quand on arrive sur la piste, évidemment, je n'ai aucune idée de ce que je dois faire vu que je suis incapable de bouger mon anatomie.

- Jasp' …

- Les petits surnoms débiles étaient à laisser au placard avec le jeans.

- Jasper … fais-je de ma voix la plus douce pour l'embobiner, tout en l'alliant avec les yeux de Bambi éplorée quand je me rends compte que ça pourrait peut-être me mettre en danger finalement.

- Oui ?

- Je peux monter sur tes pieds ? fais-je, adoptant maintenant le regard du Chat Potté dans Shrek.

- Pardon ?

- Je peux monter sur tes pieds pour danser ?

- Il n'en est pas question ! fait-il, abasourdi.

- Edward me laissait monter lui.

- Je ne suis pas Edward, fait-il, maussade.

- Je le sais bien mais je te croyais au moins aussi gentil, si pas plus.

- Arrête d'essayer de m'embobiner, petite calamité, je vois clair dans ton jeu, sourit-il.

- Ca marche ?

- Absolument pas.

- Je me suis habillée en fille pour toi !

- Et le résultat est absolument sublime …

- Je t'en prieeee … une seule fois !

- C'est bon. Monte.

- Tu ne peux rien me refuser, hein ? fais-je taquine.

- Absolument rien, et ça commence à me faire peur.

Je monte alors sur ses pieds, mon cœur battant la chamade, tandis qu'il enserre ma taille pour me rapprocher de lui. Evidemment, la musique n'est pas calme et il est ardu de bouger ainsi. Pourtant, j'ai envie de rester collée à lui. Il me sourit, bougeant pour nous deux, et je souris en retour, heureuse.

- Tu sais, Bella, si tu te laissais guider comme sur le lac, on ne serait pas coincés comme ça …

- Tu sais, Jasper, que si tu allais chercher un Ipod, que tu y mettais une chanson lente et que tu le glissais sur mes oreilles, on pourrait danser calmement.

- Si tu me faisais confiance ?

- Je te fais confiance. Mais ça non.

- Bien.

- Quoi ?

- Rien.

- Jasper, je sais qu'il y a quelque chose.

- Non, il n'y a rien, ne t'inquiète pas.

- Je suis désolée.

- Mais il n'y a rien, voyons.

- J'ai gâché la soirée hein ?

- Mais pas du tout ! Arrête de te stresser pour un rien, fait-il en attrapant mon visage d'une main.

Mon cœur manque un battement à ce contact et je souris nerveusement. Il retire sa main pour la reposer sur ma taille et me soutenir. Le morceau se finit et je le relâche enfin.

On rejoint les autres qui sont en train de rire sur la terrasse extérieure. Ils sont en train de boire et je prie intérieurement pour qu'aucun ne nous tende un verre. Heureusement, personne ne le fait. Mike s'approche alors de moi et me donne deux baisers retentissant sur la joue :

- Tu vas au moins danser un morceau avec moi ! lance-t-il, exaspérant.

Je jette un regard désespéré à Jasper qui sourit et m'enserre la taille avec son bras dur comme la pierre. Mmmh. Oups, je m'égare.

- Je suis désolé, Mickey, mais je ne partage pas.

- Ce que tu peux être gonflant.

- Hum. On n'a pas élevé les cochons ensemble, il me semble.

- Et alors ?

- Je te parle poliment, tu peux en faire de même.

- Sauf que tu me gonfles et qu'on est dans un pays libre, où j'ai le droit d'exprimer mes avis.

- Je te gonfle ? Déjà, l'emploi du terme est très mal choisi, fait-il dans un sourire sarcastique à la vue duquel j'explose de rire.

- Euhhh …

- Ensuite, je suis désolé si la fille de tes rêves ne te trouve pas du tout attirant mais tu ne dois pas transposer ta haine sur moi.

- Je ne transpose rien du tout.

- Alors pourquoi me parles-tu de cette manière, je te prie ?

- Parce que te voir m'est insupportable.

Jasper ouvre la bouche pour répondre mais j'attrape sa main avant qu'il ne puisse balancer une saleté ou pire, le mordre :

- Danse avec moi.

- Oh Bella ! fait-il, à ma suite.

On arrive à nouveau sur la piste et je me demande comment je fais pour m'embarquer toujours dans de telles histoires. N'aurais-je pas pu dire « Emmènes-moi au bar », « Viens dans les buissons avec moi » ou « J'ai froid, on rentre ? » ? Non, à la place, je lui propose de danser alors que c'est clairement le seul problème qu'il y a entre nous ce soir ! Heureusement pour moi, nous sommes passés aux chansons douces. Je noue alors mes bras autour de son cou tandis qu'il me tire à lui pour que je re-grimpe sur ses pieds. On est tellement collés qu'on ne pourrait pas faire passer une feuille de papier entre nous.

I talk to you as to a friend
I hope that's what you've come to be

- Jasper, je peux te poser une question ?

J'ai lâché le surnom débile. J'ai envie de discuter sérieusement. Toute cette soirée, tout ce qu'on est en train de vivre ce soir, j'ai vraiment l'impression que c'est différent de l'habitude. Et j'aimerais justement savoir pourquoi où nous en sommes après 2 semaines de « séparation » .

- Bien sûr, fait-il de sa voix douce.

- Pourquoi m'as-tu évitée ces derniers jours ?

- Je … Je ne t'ai pas évitée, Bella.

Bella. Je rêve ou depuis tout à l'heure, il a laissé tomber lui aussi les surnoms débiles ?

- Tu ne peux pas éviter mes questions, tu sais ? fais-je taquine.

- Satané marché ! fait-il dans un sourire.

- Alors ?

- Je … J'ai eu une discussion avec Carlisle et ça m'a plutôt retourné.

- Ah, toi aussi?

- Eh oui. Il n'abandonne pas facilement.

- Je ne voulais pas renoncer, Jasper.

- Moi non plus, Bella, moi non plus …

It feels as though we've made amends
Like we found a way eventually

- Il t'a ... parlé ... de ... « eux »?

- Non, il m'a parlé de toi.

- Comment ça ?

- Tu sais, depuis que ... depuis qu' « il » est parti, on s'est beaucoup rapprochés …

It was you who picked the pieces up
When I was a broken soul

- Oui, en effet.

- Et je ne pensais pas que ça deviendrait comme ça.

- Comment ?

- Comme toi et moi aussi proches. J'ai besoin de savoir que tu vas bien, Bella. Tout le temps.

Mon coeur est sur le point d'exploser mais j'ai besoin de lui dire des choses moi aussi, je ne peux pas me laisser submerger par mes émotions

- Tu m'as remise sur pied Jasper. Tu sais, quand « il » est parti, j'ai cru qu'un énorme trou se formait dans ma poitrine, comme si mon cœur avait été arraché …

- Hmm, sanglant.

- Idiot!

- Idiot? fait-il dans un sourire doux. C'est donc pour ça que tu te tiens souvent la poitrine quand on en parle?

- Oui, fais-je en baissant les yeux. Et puis, ce jour-là, sur le lac ... Je me suis sentie revivre.

And then glued me back together
Returned to me what others stole

- Tu me croiras si tu le veux, mais tu m'as également aidé à supporter « son » départ, Bella.

- Je ne sais pas comment j'ai fait, mais je suis heureuse d'avoir pu t'aider sans le vouloir.

- Ta compagnie est rafraîchissante, Bella. Je pensais vraiment que tu étais sans aucune importance, sans aucun intérêt. Je suis désolé d'avoir pensé ça.

I don't wanna hurt you

- Bah, tu ne te trompais pas, je suis SANS intérêt.

- Ne crois pas cela, Bella, tu es vraiment époustouflante. Je ne voulais pas me rendre à l'évidence mais tu m'as chamboulé.

- Que …

- Ne t'inquiète pas, Bella, je ne veux pas de réponse à ça, j'ai juste besoin de te dire toutes ces choses.

I don't wanna make you sway

- Jasper ...

- Laisse-moi parler. Si je t'ai évitée ces dernières semaines, c'est parce que Carlisle a touché un point sensible.

- Quel est-il? parvins-je à articuler péniblement.

- Que j'ai commencé à te protéger pour ne pas avoir à m'expliquer devant Edward si il t'était arrivé quelque chose...

Like I know I've done before

- Et? Qu'est-ce qui a changé maintenant?

- Quand tu as disparu à la Push, le jour où j'étais parti chasser et que Rosalie te surveillait, quand elle m'a appelée et m'a dit qu'elle t'avait perdue, j'ai vraiment eu peur. Et pas pour ce qu'Edward en penserait. Non. J'avais peur pour toi.

- Je t'importe ... un peu ... alors?

- Comment peux-tu encore en douter? fait-il dans un sourire, passant une main sur mon visage, faisant par ce geste s'emballer mon coeur.

- Je suis ...

- Attends, Bella. Je voulais aussi te dire ... Je suis désolé pour ce qui s'est passé à ton anniversaire. Je t'ai vu, souffrir, je l'ai senti. J'ai senti comment tu t'écroulais, à chaque souvenir de lui. Et je voulais te dire, si je pouvais, si c'était possible ... Je réagirais d'une autre façon ...

I will not do it anymore

J'ai le coeur au bord des lèvres et je suis prête à tomber dans les pommes.

- Je ne voudrais pas revenir en arrière, Jasper.

- Pardon?

- Si « il » n'était pas parti, on ne serait pas là toi et moi.


I've always been a dreamer
I've had my head among the clouds
Now that I'm coming down
Won't you be my solid ground?

Il sourit à nouveau et replace une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, ce qui me fait vibrer. Je n'ai jamais été aussi sûre de ce que je suis en train d'avancer. Je ne veux pas plus que ça, pouvoir lui dire ce que je ressens, le partager avec lui, parce qu'il le mérite vraiment. Et lui, il est vraiment différent ce soir, comme si lui aussi avait besoin de mettre des mots sur certaines choses. Il pose alors sa joue contre la mienne, et continue à me parler, dans l'oreille:

- Tu sais, Bella, j'ai longtemps été dirigé par le goût du sang. J'ai été de longues années un vampire sanguinaire qui ne faisait cas de personne. Je ne me préoccupais de qui je tuais. Si c'était des mères, des enfants, des gens qu'on attendait quelque part. Quand j'ai rejoint Alice, et les Cullen, j'ai fait un effort sur moi-même sans vraiment avoir une raison concrète d'arrêter. Il y avait bien Alice et le regard qu'elle avait de moi. Mais ça n'était pas forcément une raison suffisante. Je n'ai jamais dit ça à personne ...

I look at you and see a friend
I hope that's what you wanna be

- C'est pour ça que j'ai toujours eu des difficultés à résister. Je n'ai jamais trouvé de raison suffisante pour arrêter. Et ce jour là, à ton anniversaire, je n'avais pas plus de raisons. Par contre, ton sang a toujours chanté pour Edward, nous le savions. Ce qui ne signifie pas qu'il ne chante pas fort pour nous aussi. Tu es vraiment spéciale, Bella. Ton parfum est aussi envoûtant pour nous. Rosalie et Emmet l'ont déjà remarqué également. Ca n'excuse pas ce que j'ai fait, mais c'est une des explications.

Are we back now where it all began
Have you finally forgiven me?

- Je sais que tout ce que je te dis n'excuse en rien tout ça. Mais pour moi, ça explique beaucoup de choses.

- Je ne t'en ai jamais voulu, Jasper, articulais-je péniblement, touchée par tout ce qu'il m'expliquait, n'ayant pas envie de le couper mais ne pouvant m'empêcher de lui rappeler que je ne pouvais lui en vouloir.

- Je le sais. Mais moi je m'en suis voulu. Les autres m'en ont voulu aussi, bien sûr. Et je sais que jamais Edward ne se serait éloigné si je n'avais pas agi de la sorte. Je ne voulais pas te priver de l'amour de ta vie, Bella.

- Il n'est pas parti pour ça, Jasper. Je ne t'expliquerai pas les détails, mais tu dois me croire.

- Il n'empêche que ça t'a détruite.

- Tu m'as relevée.

Il sourit contre ma joue et je souris à mon tour. C'est tellement facile de parler avec lui, là, sur cette piste de danse. Tellement aisé, tellement naturel.

You gathered my dreams in
When they all blew away

- Alors, c'est pour ça qu'il t'est compliqué d'être végétarien, hein ? Parce qu'aucune raison n'est assez valable pour te faire arrêter ?

- Il y en a une maintenant.

Je sens mon cœur s'arrêter. Littéralement. Comme si on venait de mettre fin à ma vie, là, maintenant. Ces mots. Ces mots-là sont juste trop puissants, trop forts et j'ai du mal à encaisser.

- Moi ?

- Oui. Mon envie de sang est toujours très forte bien sûr. On ne se sèvre pas aussi facilement, rigole-t-il. Mais toi, tu es une des raisons pour lesquelles j'ai envie d'être raisonnable.

- Je …

- Je ne peux pas imaginer te savoir morte, j'ai besoin de toi. Tu dis que je t'ai relevée, tu as fait bien plus pour moi. Tu m'as redonné goût à mon existence. Tu m'as sauvé alors que j'étais vraiment presque mort.

And then tricked them back into me
You saved me I was almost dead

- Je ne savais pas …

- Il y a des tas de choses dont tu n'as pas idée, Bella. Ni moi d'ailleurs. Tout ça est très nouveau pour moi. Mais depuis ce jour-là, sur le lac, quand je t'ai soulevée alors que tu saignais, il y a quelque chose qui a changé en moi. Tu me fascines à un point inimaginable. Je ne t'aurais fait aucun mal, même si l'envie était là, même si ton sang m'appelle à chaque minute d'une manière considérable. Je ne veux pas te faire du mal.

I don't wanna hurt you

- Je sais que tu restes un vampire mais … j'ai vraiment confiance en toi Jasper. Et j'ai besoin de toi. J'ai envie d'être près de toi …

- Je ne t'ai pas dit tout ça pour que tu te sentes obligée d'être près de moi, Bella.

I don't wanna make you sway

- Je le sais, ça. Je le dis parce que c'est ce que je ressens.

- Je serai toujours un danger, Bella. Toujours. Les choses changent toutefois. Par exemple, j'arrive à rester près de toi, alors que ton sang tape furieusement dans tes veines parfois, parce que je l'ai constamment dans la tête et donc, quand tu es proche de moi, je suis comme … « préparé ». L'autre jour, quand tu es arrivée à la maison, je n'avais pas senti ta présence car en vérité, tu étais déjà dans mon esprit et quand j'ai senti ton odeur, j'ai pensé que c'était mon subconscient qui me jouait des tours.

- Je pourrais donc te surprendre, fais-je, dans un sourire

- Visiblement, ce n'est pas moi qui te surprends.

- Aujourd'hui, tu me surprends … en vérité, avouais-je, tendue.

Like I know I've done before

I will not do it anymore

- Je ne te fais pas peur ?

- Pas du tout. Tu ... , m'arrêtais-je instantanément, incapable d'en dire plus.

- Je promets de veiller sur toi, Bella. Comme si ma propre vie … ou « non-vie » en réalité, en dépendait.

- Je n'en doutais pas une minute.

- Je ne sais pas comment cela est possible mais tu m'importes vraiment beaucoup …

I've always been a dreamer
I've had my head among the clouds

Il sépare alors sa joue de la mienne et plonge son regard dans le mien. Je suis descendue de ses pieds et je danse à l'unisson avec son corps, et je ne l'avais même pas remarqué. Il passe à nouveau sa main sur ma joue et je re-frissonne à ce contact. Quand il pose ses doigts sous mon menton, j'halète, sachant ce que cela veut dire. Son visage est torturé. Il semble perdu et confiant à la fois. Comme si un combat intérieur se jouait en lui, dont il n'était pas maître. Quant à moi, je ne suis plus maître de moi-même. Je suis là, offerte. Je sais déjà ce qui va suivre et je n'ai même pas l'idée de lutter une seule seconde. Après tout, c'est plus ou moins ce à quoi je pense depuis qu'on danse non ? Le combat intérieur en lui semble avoir pris fin car il me sourit tendrement avant de resserrer son étreinte autour de ma taille et de m'approcher à lui. On va s'embrasser, mon sang bat furieusement contre mes tempes, comme il me l'a fait remarqué quelques minutes plus tôt mais je suis confiante. Je tends alors les lèvres, prête à goûter sa froideur boisée.

Now that I'm coming down
Won't you be my solid ground?

- Je peux te l'emprunter ? fait Ethan, me prenant par le bras et nous séparant.

Jasper a un regard dur et halluciné à la fois. Comme si on venait de lui mettre une claque. Je suis en train de me demander si il va le tuer, là, sur place, quand il se contente d'acquiescer, de me lâcher et de s'en aller prestement de la piste de danse sans plus un regard. Il m'abandonne là ?! C'est une blague ou quoi ? J'ai envie de le poursuivre mais Ethan m'a déjà enlacée et danse contre moi. Son corps est chaud, collé à moi et ça me rend malade. Je viens de vivre l'expérience la plus étonnante et la plus grisante qui soit et il vient de nous interrompre. Mon cœur n'est toujours pas calmé et je cherche Jasper des yeux. Je ne le vois nulle part.

- J'espère que tu ne m'en veux pas. Tu m'avais promis une danse, fait Ethan d'une voix mélodieuse.

- En réalité, un petit peu.

- J'ai bien du agir, si je ne venais pas maintenant, ça aurait été impossible plus tard.

- Pourquoi ça ?

- Eh bien, selon Jessica, vous n'êtes pas ensemble. De ce que j'ai vu, vous étiez sur le bon chemin. Or, je voulais avoir la chance de te montrer ce que je vaux avant que la partie ne soit remportée par forfait par l'équipe adverse.

- Ah, parce que je suis « une partie » ?

- Si tu ne l'as pas encore remarqué, Bella Swann, tout le monde ici se damnerait pour avoir tes faveurs !

Hahaha ! Désolé, mais pour Jasper, c'est déjà fait. Et puis, c'est bien gentil tout ça. Il est très mignon, bien fait, musclé, sympa, drôle mais ce qu'il me dit ne me fait pas plaisir comme ça m'a fait plaisir la dernière fois qu'on me l'a dit en fait. Je n'ai pas envie d'être là, j'ai envie de quitter cette piste de danse et de retrouver Jasper. Il est parti avec une expression étrange sur le visage et je n'aime pas ça. J'ai besoin de le voir, là maintenant.

Toutefois, toujours dans les bras d'Ethan qui me retient, quand je tourne la tête vers la porte d'entrée, mon cœur se glace quand je vois Emmet qui me sourit. J'aurais du le savoir. Jasper est parti. Le moment est terminé. Le bal est fini. Il a failli se passer un truc énorme, magique, impossible et ce moment est brisé. Jasper a fui, et moi je suis coincée ici avec Ethan. Je baisse les yeux, déçue et continue de danser. Puisque visiblement, c'est la chose la plus normale à faire ici.

TBC

Allez, soyez pas fâchées ! Le prochain c'est Jasper POV !!! *s'en va en se marrant*