Et voilà le chapitre 10! J'avoue être assez fière de moi :D Merci beaucoup pour les reviews, elles m'ont fait chaud au coeur! Merci tout particulièrement à Lapin d'Alice, à qui je n'ai pas eu l'occasion de m'adresser en personne ;)

Par contre, c'est le dernier chapitre publié par l'auteure... Cette fic va donc être mise en attente jusqu'à ce qu'elle publie de nouveau, ce qui peut prendre un bout de temps. Désolée... Pour les éventuels impatients, je signalerai sur mon profil l'évolution de la situation!

Je sortis de la cheminée du Ministère de la Magie pour me retrouver plongée dans l'agitation du quartier général des sorciers. Je me frayai un chemin vers l'ascenseur, qui me mènerait exactement au département – et à la personne – que je cherchais.

- Niveau cinq, s'il vous plaît, dis-je poliment, adressant un petit sourire au garçon d'ascenseur.

Il me fixa d'un air absent et je me détournai rapidement, roulant des yeux.

Nous attendîmes jusqu'à ce que l'ascenseur soit rempli d'autres personnes qui se rendaient au niveau cinq (Département de la Coopération Magique Internationale), puis commençâmes notre trajet. Quand l'ascenseur s'arrêta, chacun en sortit et se rendit au lieu qui lui était désigné. Je m'avançai vers le bureau de la secrétaire-en-chef. Elle leva les yeux vers moi avec un sourire.

- Puis-je vous aider? demanda-t-elle en battant des cils.

Elle avait les yeux verts.

- Oui, dis-je d'un ton bref, cette fille me déplaisant déjà. Il faut que je voie Rodolphus Lestrange.

Elle hocha la tête et se leva.

- Votre nom? demanda-t-elle.

Je déglutis. Et si tout le département était au courant? Je me mordillai la lèvre pendant un instant, puis me rendis compte que cela me donnait probablement un air suspect.

- Narcissa Black, répliquai-je.

Elle hocha de nouveau la tête et se retourna, me faisant signe de la suivre. Je la suivis dans le hall d'entrée, jusqu'à la deuxième porte. Elle frappa et j'entendis une réponse bourrue. Elle ouvrit la porte et passa la tête à l'intérieur. Puis elle se glissa dans la pièce, laissant la porte juste entrebâillée, ce qui faisait que j'entendais tout.

- Narcissa Black est ici pour te voir, Rodolphus, dit-elle.

Il y eut un silence, puis un grognement, que j'interprétai comme une rebuffade. Mais je ne reculerais pas. La secrétaire passa la tête à l'extérieur et fronça les sourcils.

- Il est un peu occupé, là, maintenant...

- Ne dites pas de bêtises! protestai-je, et elle grimaça.

Mais elle n'avait pas l'air décidée à s'opposer à moi. Alors je fis un pas vers la porte et la poussai brutalement. La secrétaire s'écarta de mon chemin. Rodolphus leva brusquement les yeux vers moi.

- Narcissa, franchement, soupira-t-il. J'ai des choses à faire. On ne pourrait pas parler une autre fois? Ce n'est pas comme si tu avais toujours eu très envie de me parler...

- J'en ai envie quand ça concerne ma soeur! lui dis-je d'une voix forte.

Il prit un air affligé, puis fit signe à la secrétaire de sortir.

- Ce n'est pas grave, Eloise. Tout va bien; allez-y, dit-il en hâte.

J'entendis la porte se refermer avec un léger clic derrière moi, mais gardai mon attention focalisée sur l'homme devant moi. Il se pencha en arrière sur sa chaise, et puis m'en désigna une devant son bureau, d'un geste de la main.

- Assieds-toi, Cissy.

- Ne joue pas les gentils avec moi, rétorquai-je hargneusement, tout en m'avançant vers son bureau d'un air furieux.

Je m'assis et le fixai d'un oeil noir.

- On n'est peut-être encore qu'en juillet, mais je pense qu'il est grand temps de mettre le chauffage, dit-il d'un ton sec. Il fait très froid ici, d'un seul coup.

- Tu l'as brisée! m'écriai-je en sautant sur mes pieds. Elle attend ton enfant, et tu la quittes? Son coeur est littéralement brisé, Rodolphus. Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans tout ça? Elle t'aime. Elle t'aime probablement plus que tout au monde! Et que le diable m'emporte si quelqu'un d'autre l'épouse... quelqu'un qui ne l'aimerait pas autant que toi. Tu savais que notre père lui cherchait un mari? Pour aider à élever ton enfant? Est-ce que tu...

- Tu ne comprends pas la situation, Narcissa, dit Rodolphus d'un ton glacial, en se levant.

Je continuai à le fixer d'un air furieux.

- Alors explique-moi, répliquai-je. Je ne m'en irai pas tant que tu ne l'auras pas fait. C'est de ma famille que nous sommes en train de parler.

Il parut hésitant, et me considéra du regard. Il resta silencieux un moment, puis finalement explosa.

- Bellatrix est enceinte de deux mois – deux mois! Elle prévoyait de se faire avorter sans même me laisser le choix. Je ne savais même pas qu'elle était enceinte. Elle était sur le point de tuer un enfant que nous avions conçu ensemble – sans même me le dire! Comment est-ce que tu crois que je me suis senti en apprenant ça?

Il s'arrêta et baissa les yeux vers son bureau, en secouant la tête. Puis il leva de nouveau les yeux vers moi.

- J'aime ta soeur, je l'aime vraiment. Mais si elle avait l'intention de me cacher une chose pareille, qu'est-ce qu'elle pourrait cacher d'autre? Qu'est-ce qu'elle me cache maintenant? Et si le bébé n'était pas de moi? Et si...

Peut-être que c'était parce que j'avais traité ma soeur de pute un peu plus tôt, et que je le regrettais, mais l'entendre venant de quelqu'un d'autre me mit dans une rage folle.

- Comment oses-tu accuser Bella d'être une pute! hurlai-je. Elle n'a couché qu'avec toi – seulement avec toi – depuis un an et demi! Fais-moi confiance... Je le sais.

Je détournai les yeux sur ces mots, gênée. Mais je voulais qu'il entende ce que j'avais à lui dire: Bella l'aimait, et elle avait besoin de lui. Il fallait qu'ils deviennent une famille. Si ce n'était pas pour eux, alors au moins pour le bébé. Un enfant avait besoin d'un père et d'une mère pour l'élever.

Il y eut un nouveau silence, et je relevai lentement les yeux pour regarder Rodolphus. Il fixait son bureau, s'appuyant dessus à deux mains; ses cheveux tombaient en avant en me cachant son visage.

- Elle pleure, Rod, dis-je d'une voix douce. Bella ne pleure jamais... jamais, et surtout pas pour un gars. Elle a besoin de toi... elle te veut. Si elle va garder le bébé, maintenant, est-ce que ça ne pourrait pas arranger les choses? Pourquoi permettre à un autre homme, qui ne vaudrait rien du tout comparé à toi, d'élever ton fils? Ou ta fille... Pour moi, ça n'a pas de sens.

Je marquai une pause pour le laisser parler, mais il n'en fit rien, alors j'ajoutai:

- Ne t'interdis pas d'être heureux parce que tu veux que ma soeur souffre.

Il ne répondit pas tout de suite.

- J'ai toujours voulu une fille, dit-il, en riant un peu.

Puis il leva les yeux vers moi et je vis ses larmes, mais il souriait.

- Je l'aime tellement, Cissy. Je l'ai aimée dès le premier regard. Et je pourrais tuer Rookwood pour lui avoir fait autant de mal... J'en ai encore envie. C'a été tellement difficile de réparer les dégâts qu'il avait faits en elle.

Il se redressa et passa une main dans ses cheveux bruns.

- J'ai vraiment perdu tout contrôle la nuit dernière... Je n'arrivais pas à en croire mes oreilles. Et puis je me suis souvenu de tous les hommes avec qui elle avait été, et de comment elle avait trompé Rookwood avec moi, et j'ai paniqué. J'ai pensé qu'il n'était peut-être pas de moi; qu'elle aimait peut-être un autre homme... alors j'ai quitté le restaurant. Et je me suis bourré la gueule au Chaudron Baveur.

Je souris, puis gloussai en imaginant Rodolphus ivre. Je repris mon sérieux et secouai la tête.

- Elle n'aime que toi, assurai-je.

Puis je le fixai d'un air suppliant.

- S'il te plaît, ne traîne pas trop avant d'aller la voir. Elle va vite s'endurcir, et alors tu n'auras plus aucune chance.

Rodolphus se rassit sur sa chaise. Il expira bruyamment, et regarda ses mains posées sur ses genoux.

- Narcissa, dit-il, et je mordis l'intérieur de ma joue. Ce n'est pas une décision facile. Mais Bella m'a blessé, et je ne veux pas l'épouser juste à cause du bébé. Je veux l'épouser parce que je l'aime...

- Ce qui est le cas! l'encourageai-je, ma voix partagée entre l'excitation et la nervosité.

Il leva les yeux vers moi.

- Ce qui est le cas, répéta-t-il lentement. Mais je veux savoir qu'elle m'aime aussi.

Il leva la main comme j'ouvrais la bouche, et je ne pipai pas mot.

- Et pas seulement parce que je ne suis plus dans sa vie et qu'elle est coincée avec un enfant qui n'aura peut-être pas de père. Je veux dire, bien sûr que je lui donnerais de l'argent tous les mois puisque l'enfant est de moi, mais...

- L'argent ne résoudra pas le problème, marmonnai-je, me moquant qu'il m'entende ou non.

Je baissai les yeux vers le sol, me rendant compte que mon passage ici avait été un échec. Il n'y avait pas moyen de le faire changer d'avis; il allait abandonner Bella et son enfant, les laisser être malheureux. Avant de pouvoir l'entendre prononcer les mots, je dis:

- Il faut que j'y aille maintenant, Rodolphus. Merci d'avoir pris le temps de m'écouter.

Puis je me détournai et quittai son bureau, me sentant complètement vaincue. Bella ne me le pardonnerait jamais.

oooOOOooo

Quand j'arrivai de nouveau au manoir, mon ventre gargouilla. J'essayai d'ignorer la sensation de faim dans mon estomac, mais elle était intense. Cependant, après l'échec évident qu'avait été ma journée, je ne mangerais pas. C'était un faible prix à payer pour mes actions.

Je m'avançai vers l'étagère de livres dans ma chambre, et choisis n'importe quel livre. Je jetai un bref coup d'oeil à la couverture. C'était Raison et Sentiments. J'adressai un faible sourire au livre, puis m'avançai vers mon lit. Je m'assis, retirai mes chaussures d'un coup de pied, puis me blottis sur mon lit avec mon livre.

Je n'avais lu que quelques pages quand j'entendis quelqu'un frapper bruyamment à une porte, en bas du couloir. Puis j'entendis mon père appeler Bella. Je me glissai en bas de mon lit, mon livre toujours en main, et m'approchai à pas de loup de ma porte. Je l'entrouvris et jetai un coup d'oeil dehors.

- ...là pour te voir, disait mon père.

Il semblait partagé entre la joie et le ressentiment. Je plissai les yeux. Bella murmura quelque chose que je n'entendis pas, puis mon père reprit la parole.

- Bellatrix, viens en bas. Arrête de t'opposer à moi.

- Tu ne vas pas me dire qui c'est? lança Bella à notre père d'un ton hargneux, tout en sortant de sa chambre, en chemise de nuit.

Mon père s'arrêta et regarda ses vêtements.

- Tu ne te changes pas? demanda-t-il.

- Si je retourne dans ma chambre, je n'en ressortirai pas.

Alors mon père hocha la tête.

- Très bien, dit-il. Je suppose que ça n'a pas grande importance, de toute façon...

Ils descendirent le couloir et tournèrent au coin.

Je sortis dans le couloir en même temps qu'Andy. Elle me fit signe de me dépêcher, et je me précipitai vers elle. Elle lia son bras au mien et nous tournâmes l'angle du couloir en direction des escaliers. Bella et Papounet venaient d'atteindre la dernière marche. Bella s'arrêta net, regardant droit devant elle. Je m'assis avec Andy sur la plus haute marche, mon livre sur les genoux, et Rodolphus entra dans notre champ de vision.

- Je te déteste, siffla Bella, à l'autre bout de la pièce.

Une seconde après, elle traversait l'entrée en courant dans sa direction. Je crus qu'elle allait l'attaquer, mais au contraire, elle se jeta à son cou et il la saisit dans ses bras, la soulevant légèrement de terre.

- Je te déteste!

Rodolphus eut un petit sourire satisfait en la serrant tout contre lui. Il passa sa main sur ses cheveux et resserra encore plus son étreinte. Il lui murmura quelque chose à l'oreille et l'embrassa sur le côté de la tête, encore et encore. Je souris pour moi-même, serrant étroitement le livre entre mes mains. Le fait de voir ma soeur aussi heureuse faisait palpiter mon coeur d'excitation. J'étais surprise que Rodolphus soit venu, et encore plus surprise que Bella l'ait repris, mais c'était bien; c'était une très bonne chose.

Ils finirent par quitter la maison par la porte d'entrée. Je restai assise en silence avec Andy, regardant toujours en bas des escaliers.

- Allons fêter ça, dit ma soeur près de moi.

Elle se leva et je levai les yeux vers elle. Elle sourit doucement et me tendit la main. Je me demandai quoi faire, ne sachant pas ce qu'elle me réservait, mais ensuite je saisis sa main. Elle m'aida à me relever, et nous descendîmes les escaliers.

- Tu n'as pas envie d'être aussi amoureuse un jour, Cissy?

Andy bavarda gaiement tandis que nous entrions dans la salle à manger. Il y avait une porte dans la pièce, qui menait à la cuisine, laquelle se trouvait au sous-sol. Normalement, nous ne descendions pas à la cuisine, vu que les elfes de maison vivaient aussi là-bas.

Je tournai la tête vers Andy, comme nous nous arrêtions devant la porte. Je haussai les épaules.

- Je suis contente de voir Bella aussi heureuse, décidai-je. Mais...

- Mais quoi? pépia Andy.

Nous descendîmes les escaliers jusqu'à la cuisine.

- Rien. Oui, je suppose que ce serait sympa, me hâtai-je d'approuver pour éviter qu'elle me harcèle.

J'attendis, un peu gênée, près des escaliers tandis qu'Andy faisait le tour de la cuisine, parfaitement à l'aise, écartant les elfes de maison de son chemin quand ils tentaient de l'aider. Puis il me vint à l'esprit qu'Andy ne voyait personne, alors je ne comprenais pas vraiment pourquoi elle me posait des questions sur l'amour.

Andy attrapa deux petits quatre-quarts dans le réfrigérateur, puis fit léviter deux verres dans sa direction. Elle les remplit de lait, ferma la porte et revint vers moi, les verres la suivant. Elle sourit en m'atteignant et me donna l'un des petits gâteaux. Je fis de mon mieux pour sourire et éviter que mon visage ne trahisse ma désapprobation. Je pris la nourriture précautionneusement, puis tendis la main pour saisir mon verre de lait, derrière ma soeur. Nous remontâmes les escaliers.

- Tu es amoureuse de quelqu'un? demandai-je une fois que nous fûmes assises sur les chaises de la table de la salle à manger.

Je déballai lentement l'emballage du petit gâteau et fixai ma soeur. Du coin de l'oeil, j'aperçus le glaçage rose vif et les vermicelles multicolores.

Une ombre passa sur son visage, mais elle sourit rapidement. Elle secoua la tête.

- Pas encore, répliqua-t-elle, même si cela semblait forcé.

Bien sûr, elle ne parlait probablement de ce genre de choses qu'avec Bella. J'étais la petite soeur; celle à qui on tirait les cheveux, que l'on poussait, que l'on laissait dans sa cachette pendant une partie de cache-cache parce que Bella y était, avait trouvé Andy, et puis elles avaient filé en m'oubliant.

- Mais je sais déjà à quoi ressemblerait l'homme de mes rêves.

Elle eut un grand sourire.

Je gloussai. Je faillis porter le gâteau à ma bouche, mais me retins à temps.

- Parle-moi de lui, insistai-je en posant le gâteau sur la table.

Je saisis mon verre de lait à la place, et bus une petite gorgée.

- Non!

Andy se mit à rire en secouant la tête.

- Si je t'en parle, quand il arrivera, tu risques de me le voler pour le garder pour toi.

Elle continua de rire, et comme ça me donnait une excuse, je ris avec elle.

- C'est bon d'entendre de nouveau le rire de mes petites filles.

Nous tournâmes la tête vers l'entrée de la salle à manger et vîmes notre père qui se tenait là. Il nous souriait. Notre rire s'estompa lentement et nous le regardâmes avec de larges sourires. Il entra dans la pièce et s'avança vers nous. Il baissa la tête pour m'embrasser sur la joue, puis fit la même chose avec Andy. Puis il prit sa place au bout de la table. Andy se retourna pour lui faire face.

- Papa, s'il te plaît, est-ce qu'on pourrait organiser notre propre bal? demanda-t-elle d'un seul coup. Je t'en prie. Ca fait trop longtemps!

Mon père la fixa un moment, puis il détourna son regard vers moi.

- Narcissa, dit-il. Qu'en dis-tu?

Il m'avait prise au dépourvu. Je clignai des yeux à plusieurs reprises, les lèvres légèrement entrouvertes. Je regardai ma soeur, qui me fixait d'un air implorant. Puis je regardai de nouveau mon père.

- Je... eh bien, je... je veux dire... bafouillai-je.

Reprends-toi! Je pris une profonde inspiration.

- Je suppose que ce n'est pas une mauvaise idée, Papounet. Je veux dire, ça fait un bon moment, mais je ne suis pas sûre que les gens s'attendent vraiment à nous voir organiser un autre bal...

Je laissai ma phrase en suspens, et baissai les yeux vers la table.

- Oh, papa, ne fais pas attention aux doutes de Cissy, insista Andy.

Je relevai brusquement la tête, la fixant d'un regard noir. Mais elle regardait notre père.

Il me jeta un coup d'oeil, eut un petit sourire, puis regarda de nouveau Andy. Il se pencha en arrière sur sa chaise.

- Cela m'aiderait à vous trouver à toutes les deux des époux convenables si nous tenions un bal, décida-t-il avec un sourire taquin. Maintenant que le cas de Bella est réglé...

- Papounet! m'exclamai-je d'une voix stridente.

- Papa! hurla Andy au même moment. Tu avais promis que tu ne te mêlerais pas de nos affaires de coeur! Tu ne peux pas revenir sur ta parole maintenant!

Elle semblait vraiment contrariée et anxieuse. Cependant, elle avait raison; il avait promis il y avait longtemps (à notre mère) qu'il ne nous imposerait pas de mariages arrangés; sauf s'il avérait (après vingt-cinq ans) que nous ne nous étions pas encore mariées. Il avait donné son accord pour nous laisser trouver l'amour par nous-mêmes, ce qui n'était pas exactement la chose la plus conventionnelle chez les sang-pur.

Ses premières fiançailles avaient été avec une sang-pur de Russie, venant de la famille de sang pur la plus prédominante du pays. Par chance, notre mère avait été invitée à la fête organisée pour ses fiançailles. Mon père ne l'avait jamais vraiment remarquée parce qu'il avait trois ans de plus qu'elle; mais il l'avait certainement remarquée à la fête. Heureusement pour lui (et pour nous), le mariage entre notre père et la Russe n'avait pas été arrangé, alors mon père avait pu l'annuler. Il fit la cour à ma mère tout de suite après, même si elle était encore en train de finir sa dernière année à Poudlard. Il lui écrivit tous les jours, lui envoya des cadeaux et vint à Pré-au-Lard lors des sorties organisées par l'école.

Ma mère m'avait toujours dit que c'était le jour de la Saint-Valentin qu'elle avait réellement cédé à ses sentiments. Elle avait joué avec mon père tout du long, mais ce jour-là il avait jeté un sort pour qu'il ne tombe pas de la neige autour d'elle, mais des coeurs rouges. C'était une véritable histoire d'amour, qui m'avait toujours fait tourner la tête quand j'étais plus jeune. Je passais mon temps à supplier ma mère de me raconter l'histoire, en espérant qu'un jour je tombe amoureuse et que ma tête finisse par s'arrêter de tourner, trouvant enfin une certaine stabilité. Ils se marièrent un an après, le jour de la Saint-Valentin, et un an plus tard, en juin, Bella était née.

Mon père affichait un grand sourire, à présent.

- Andromeda, calme-toi, dit-il avec un petit rire. Je ne fais que me moquer de vous deux, ma chérie. J'ai l'intention de tenir la promesse que j'ai faite.

- Alors pourquoi est-ce que tu cherchais des maris pour Bella? demanda Andy.

- Andromeda, dit mon père d'un ton d'avertissement, et elle baissa les yeux.

Il n'était pas de son droit d'en discuter avec lui. Mon père me regarda, puis jeta un coup d'oeil à mon gâteau, que je n'avais pas touché.

- Tu comptes manger ça, Cissy?

Je baissai les yeux vers le gâteau, que je n'avais même pas déballé. Puis je le fis glisser en direction de mon père, évitant le regard d'Andy. Mon père prit une bouchée du gâteau, puis je lui offris aussi mon verre de lait. Il le prit, buvant lentement.

- Oh, et les filles, dit-il après qu'il ait fini de mâcher. Les Malefoy viendront dîner dimanche prochain. J'attends de vous toutes que vous vous teniez bien. Votre tante, votre oncle et vos cousins seront là aussi.

Mon coeur tomba dans ma poitrine quand il mentionna les Malefoy, et je baissai les yeux vers la table. Andy marmonna une réponse, puis s'excusa et sortit de table. Je restai assise en silence, rejouant dans ma tête ma dernière rencontre avec Lucius. Je poussai un soupir et me penchai en arrière sur ma chaise.

- Ne prends pas un air si renfrogné, Narcissa, dit mon père en se levant.

Il posa sa main sur mon épaule en passant devant moi.

- Nous aurons un bal, chérie.

Il embrassa le sommet de ma tête, puis je me retrouvai seule.