Rating: M, Je pense qu'après m'avoir lu vous l'avez compris =D
Pairing: HP/DM bien sûr ! Et maintenant SB/RL aussi...
Disclaimer: Tout l'univers de Harry Potter appartient à J.K Rowlings, je ne fais que joujou avec, et espère les rendre à la propriétaire pas trop abimés.
Bêta Reader: Mais non je ne t'ai pas oublié ma Grande Gourou du Yaoï ! Place à SoulEater ! xD
Note importante: Dumbledore est vivant dans cette fic' mais Severus et Sirius (bien que je les adore) sont aussi morts que dans le bouquin de JK.R.
RaR: Merci beaucoup aux reviewers anonymes! j'ai cité: bodelair (j'espère que tu apprécieras la suite aussi !), Souleater-XD (je pense qu'il est grand temps que tu relises tout, après tout, tu es l'instigatrice de tout ça ! lol) , Kaoriii (merci beaucoup pour ta review elle m'a fait très plaisir, et ne t'inquiètes pas, je compte continuer à écrire ! J'ai deux projets en cours de route... :) ), Nicos appolonos à poilos longos (oui en effet tu es très à blâmer pour n'avoir pas poster la centième review ! Lol merci de continuer à me lire mon nicoulas !), julie-ange de la sagesse (mon dieu ô mon ange, merci de votre review ! mdr ), merrycherry (j'espère que la suite te plaira aussi !), aphrodita (n'est-ce pas qu'ils sont mimi ?), tartiflette56 (voici la suite ! puisse-t-elle te plaire comme le chapitre précédent !), marmeladegreen (perverti Harry ? Tu n'as pas encore tout vu :P), waterfire (merci le prochain n'est pas pour tout de suite !).
Merci à tout ceux et celles qui me suivent, j'espère que la suite continuera à vous plaire ! Je vous aime !!!
Et comme la semaine prochaine il se passe quelque chose... Je vous mettrai un chapitre au lieu de dans deux semaines !
Sur ce, Bonne Lecture !
Chapitre 10: Souvenirs et emménagement
Cela faisait déjà un bon moment que Harry avait réuni ses affaires et les avait réduites, celles-ci formant un petit tas sur une table du salon, comme un attirail complet de poupée.
Il avait réussi à décoller la photo des Maraudeurs trônant dans la chambre de Sirius, malgré le maléfice de Glu Perpétuelle. Les personnages de la photo avaient peut-être compris qu'ils n'allaient plus avoir du tout de compagnie s'ils s'obstinaient à rester coller au mur…
Quoi qu'il en soit, la soirée était déjà bien avancée, et harassé, Draco avait piqué du nez sur le canapé, dormant du sommeil du juste. Un sifflement léger sortait de sa bouche après chaque inspiration.
En voyant cela, Harry sourit et fit apparaître magiquement une couverture pour couvrir Draco, et le replaça confortablement sur le canapé, calant un coussin derrière sa tête. Son bel ange endormi…
"Autant ne pas le réveiller", songea Harry en remontant l'escalier.
Il fit une dernière inspection de la maison, un brin nostalgique, pensant qu'il ne reviendrait peut-être jamais au cœur de la vie de Sirius. Cette pensée lui fit retourner dans la chambre de son parrain.
Il n'avait jamais osé la fouiller, même quand il était entré pour arracher de force la précieuse photo, car il aurait eu l'impression de trahir Sirius. Mais ici, le cas était différent, car il s'était rendu compte que Sirius aurait peut-être aimé ne pas être oublié, que l'on garde quelque chose de lui.
Harry poussa la porte de la chambre, elle était dans le même état que tout à l'heure, dans le même état que quand Sirius avait quitté la maison de ses parents. Désordonnée, rouge Gryffondor, chaleureuse. Il sourit en repensant à son parrain, si courageux, séduisant, nonchalant, ayant une prestance naturelle… Tant d'adjectifs pouvait le décrire… Comme presque à chaque fois qu'il repensait à son parrain, le cœur de Harry fut prit dans un étau et une boule de chagrin se coinça dans sa gorge.
Il ouvrit l'armoire en bois ouvragé, dégageant des robes de Quidditch rouges, des habits excentriques, une veste en jean moldue…
Il ferma les yeux quand il l'a vit, assaillit par les souvenirs. Il était sûr d'avoir déjà vu Sirius la porter… Il la décrocha, s'assit sur le lit couvert d'un édredon pourpre aux arabesques dorées, et la monta à son visage. Elle sentait encore l'odeur de Sirius. Une odeur musquée, épicée, rappelant des saveurs telles que de la coriandre, de la cannelle, et d'autres senteurs que Harry ne reconnut pas. Quand Harry rouvrit les yeux, il fut désorienté de ne pas voir Sirius dans la pièce, l'odeur de Sirius ayant formé une illusion telle que les larmes lui montèrent aux yeux.
Il les essuya d'un geste rageur, et plia la veste, la déposant presque avec amour sur le lit.
Avec une ébauche de pauvre sourire, il eut l'impression de se comporter comme un amoureux dont l'amour aurait disparu. C'était presque ça. Sa famille, son amour parental s'était évaporé à la mort de Sirius. Il n'avait plus rien et le regrettait amèrement. Comme pendant sa troisième année à Poudlard et toutes les années avant, il aurait aimé quelqu'un qui le comprenne et à qui il puisse se confier.
Il sursauta. Il sourit. En réalité, il avait trouvé cette personne en Draco Malfoy. Il pourrait compter sur lui pour toujours. Du moins il l'espérait.
Il soupira, toujours assis sur le lit, perdu dans ses pensées. Il ne comprenait pas comment il avait pu tomber amoureux de Draco en si peu de temps. Ils avaient été ennemis pendant si longtemps ! Bien sûr sa haine s'était apaisée en sixième année, quand il avait vu Draco pleurer, lui prouvant qu'il était bien humain, et pas seulement un arrogant fis à papa-Lucius-mangemort, mais quand même… Il pensait régulièrement à ça, surtout depuis que Ron lui avait dit qu'il avait fait des rêves…mouillés au sujet de Draco tout au long de sa sixième et de sa septième année. Il n'en avait aucun souvenir. Evidement il pensait souvent à Draco, enfin à Malfoy, à cette époque, mais il ne s'était jamais posé la question du pourquoi. Il supposait que c'était son supposé mépris pour lui, même quand Ron et Hermione lui avaient reprochés de parler sans cesse du Serpentard. Il ne les avait pas cru, protestant qu'il était persuadé qu'il manigançait quelque chose. Et même à ces moments-là, son subconscient essayait de lui faire comprendre qu'il était attiré par le Prince Serpentard aux cheveux d'or.
Mais tomber amoureux de lui en, quoi…Trois jours ? C'était pratiquement impossible et aberrant. C'était comme…un coup de foudre à retardement. La soirée où il avait re-rencontré Drazco avait tout déterminé. Bien sûr il savait que Draco était amoureux de lui depuis sa cinquième année à peu près, mais il était certain que s'ils s'étaient rencontrés dans un autre lieu et à un autre endroit, cela se serait passé autrement. Et il bénissait le fait que ça ne se soit pas passé autrement..
Sentant le lien d'âme qui l'unissait à Draco, il lui envoya une bouffée d'amour et de tendresse, et se redressa, histoire de continuer l'inventaire.
Il décrocha une des robes de Quidditch et étouffa une exclamation d'étonnement. Un large sourire fendit son visage. Sur la manche gauche de la robe, à l'endroit où les Mangemorts avaient la Marque des Ténèbres, étaient tissés au fil d'or quatre noms, entrelacés de façon à former les contours de la tête d'un lion: James, Sirius, Remus, Peter. Et en dessous des arabesques, un mot, écrit un peu plus gros, qui ressortait et semblait scintiller: Maraudeurs !
Harry ressentit une bouffée d'orgueil et déposa également la robe sur le lit, la pliant soigneusement.
Se retournant vers l'armoire, il examina les autres robes de Quidditch: elle était toutes tissées de la même devise. L'armoire renfermait également des robes de cours, datant sans aucun doute de Poudlard, vu leurs tailles. Harry prit délicatement la manche de l'une, comme s'il avait peur qu'elle ne tombe en poussière et remarqua qu'encore une fois, la devise était là, mais cette fois écrite en argenté, s'alliant avec la couleur noire et sobre de la robe.
Harry devina qu'elle avait été faite ainsi pour ne pas trop attirer les regards. L'argenté était un peu terne, sans doute à cause de temps.
Harry prit également la robe. Les autres robes de cours étaient identiques, mais Harry n'en prit pas d'autre, ayant un exemplaire de la robe rouge et de la noire, ne voulant pas s'encombrer pour rien, devinant qu'il emporterait encore beaucoup de choses.
Il jeta un coup d'œil aux autres habits, banals et qui n'attirèrent pas particulièrement son attention. Il se baissa pour examiner le bas de l'armoire. Des cahiers, des livres et des parchemins s'y entassaient. Harry en saisit un, qu'il déchiffra.
Un devoir de métamorphose noté d'un E, "effort exceptionnel". Harry reconnut immédiatement l'écriture sévère et crochue du Professeur McGonagal. Harry éclata de rire en lisant le commentaire.
"Bon devoir, mais ne me prenez pas pour un troll en me faisant croire que vous pensez qu'un Animagus est un clown ensorceleur et maléfique ! Surtout que cela a été dit en cours ! Vous devriez écouter au lieu de faire la pipelette avec Mr Potter."
Sirius était devenu animagus vers cet âge-là, il était clair qu'il s'était moqué de son professeur. Il se sentit heureux de voir le nom de son père mentionné, content de voir un peu ce qu'il était quand il était jeune, bien qu'il connaisse son comportement grâce (ou à cause ?) de la pensine de Rogue.
Harry empila les parchemins et récolta également les cahiers et les livres: Du temps de Sirius, l'enseignement était plus difficile, et on apprenait des sortilèges aux élèves autrement plus compliqués d'un débarrassage d'épouvantard. Harry songea que cela pourrait l'aider dans sa formation d'Auror.
Le tas de papiers et de livres rejoignit la petite pile de vêtements.
Inspectant le reste de l'armoire, il ne trouva rien qui suscita son intérêt, et se dirigea vers le bureau en bois clair, craquelé par endroit.
Un pot d'encre sèche dans un coin de bureau, un plume recouverte de poussière, quelques parchemins vierges et noircis par le temps…
Harry ouvrit un tiroir, et son regard fut attiré par un petit coffret en métal forgé, à peine plus gros que son poing. Il le prit délicatement dans sa main et surpris, l'approcha de son oreille: un léger frémissement se faisait entendre. Prudent, il posa la boite sur le bureau, se recula d'un pas et tendit sa baguette.
"Alohomora !"
La serrure minuscule cliqueta, et le coffre s'ouvrit.
Harry sentit sa mâchoire se fracasser au sol. Il se sentait ému aux larmes.
Dans le délicat petit coffret résidait un vif d'or usagé, épuisé, qui battait faiblement des ailes, juste pour ne pas s'écraser au fond de la boîte.
Etrangement, Harry l'avait reconnu immédiatement.
Il s'approcha et prit doucement le vif d'or dans sa main. Celui-ci ne fit pas mine de s'enfuir, bien au contraire, il eut l'air de se poser avec soulagement dans la main du jeune homme.
C'est à ce moment qu'il remarqua le morceau de parchemin au fond du coffret, corné, noirci, mais les paroles écrites toujours aussi bien visibles. Harry n'osa pas le prendre dans ses mains, craignant qu'il ne se délite.
Encore une fois, ses larmes affluèrent.
"A mon meilleur ami, mon frère."
L'instinct de Harry avait eu raison. C'était le vif d'or de son père, celui avec lequel il se pavanait, avec lequel il jouait, celui qui faisait Sirius protester car il accaparait toute l'attention, celui qui agaçait Peter car, ses penchants de rat faisant surface, lui donnait envie de l'attraper, celui qui amusait Remus de voir James se pavaner…
Harry replaça avec le plus de douceur le vif d'or dans le coffret, et le referma. Il entendit le vif recommencer à frétiller. C'était une chose dont il était certain, et même évident qu'il l'emportait. Le coffret rejoint la pile de souvenirs.
Toute l'adolescence de Sirius était dans ses lieux. Mais Harry ne comprenait pas pourquoi toutes ces choses se trouvaient ici, elles auraient du se trouver à l'endroit où Sirius avait habité après sa fuite de la maison… C'était des choses qu'il aurait forcément emporté selon Harry. C'était un peu comme si Harry s'était séparé de sa baguette magique, de sa carte d'invisibilité, de la carte des Maraudeurs, ou encore de l'album photo de sa famille…
Comme une évidence, la vérité le frappa. Quand il avait été arrêté, Remus avait du récupérer et garder les affaires de son parrain, pensant qu'il ne les reprendrait jamais. A sa sortie de prison, enfin, après son évasion, Sirius avait du aller chercher tous ses souvenirs quand il s'était rétabli, sur ordre de Dumbledore, au Square Grimmaud.
La mention du loup-garou rappela à Harry l'intervention étonnante du frère de Remus, Romulus. Encore maintenant, cette rencontre stupéfiait Harry: l'homme était venu pour soigner Kreattur, mais était parti en lâchant des informations inattendues sur la vie privée de son frère et de Sirius. Alors que Harry ne le connaissait pas ! Romulus avait des allures de prophète…
Sauf que sans lui Harry n'aurait jamais su qu'il avait eu une aventure avec Remus. Il fut étonné de ne pas avoir remarqué d'indices quant à leur relation ultérieure, alors qu'il y avait plusieurs preuves de son amitié avec son père. Sur ces pensées, Harry avait continué à fouiller dans les tiroirs, mais n'avaient rien trouvé à ce sujet. Des parchemins, des dessins, des esquisses de loups, de cerfs, de rats et de chiens… Il en conserva une particulièrement belle. Le cerf était derrière, exposant fièrement sa ramure, le chien posait d'un air provocant à ses côtés, le loup était assis humblement à leurs pieds, et le rat était devant, allongé de toute sa longueur.
Une enjolivure ponctuait ces quatre animaux: Cornedrue, Patmol, Moonie, Queudver, les quatre surnoms décorés de feuilles de lierre et de motifs dorés.
Le dernier tiroir était plus petit, et fermé à clé. En lançant un sort d'ouverture, Harry sut qu'il allait en apprendre plus sur la relation des son parrain avec son ancien professeur.
Comme pour lui donner raison, il trouva un petit paquet de lettres, ficelées maladroitement. Le cœur de Harry se mit à battre plus fort lorsqu'il saisit les lettres. Il s'assit sur le lit une nouvelle fois et délia les lettres. Au moment de déplier la plus ancienne lettre, il hésita: il avait l'impression de trahir la confiance de Sirius, de lire quelque chose qui ne le regardait pas et qui n'était adressée qu'à son parrain. Une seconde il faillit reposer la lettre, mais la tentation fut trop forte et il la déplia. (NdA: Heureusement pour nous !) La lettre datait de la septième année de son parrain.
Sirius,
Je ne comprends pas ton comportement. C'est peut-être idiot de t'écrire, mais je n'ai pas très envie d'en parler en face, j'ai un peu peur de ta réaction je suppose. Pourquoi as-tu fait ça ? C'est…c'est mal. Bien sûr je suis fautif aussi et j'aurais du te dire non, mais je n'ai pas pu. J'étais…dépassé par les évènements. Je…Comprends moi, tu venais seulement de me rejoindre à la bibliothèque et dans les rayons, là où tout le monde aurait pu nous voir, tu m'as embrassé ! Je n'ai pas pu réagir tellement j'ai été surpris. Je suis désolé de m'être enfui, j'aurais du rester pour que tu m'expliques…
Je…Mais pourquoi as-tu fait ça ? Je ne comprends rien du tout.
Remus.
Etonné de la technique d'approche de son parrain, Harry s'empressa d'ouvrir la deuxième lettre, pressé de découvrir la suite. La lettre avait été écrite quelques jours plus tard après la première. On voyait qu'elle avait été écrite à la hâte, certains mots étaient griffonnés et transperçaient le parchemin, tandis que par d'autres endroits, l'écriture était un peu tremblante, comme si l'émotion de Remus transparaissait dans son vocabulaire.
GAY ? Tu es GAY ? Je ne te crois pas ! Ce n'est pas pour ça que tu m'as embrassé ! Tu voulais t'amuser ! Je…C'est impossible…
Et tu sais pourquoi c'est impossible ? Parce que tu es un aimant à filles depuis ton entrée à Poudlard et que tu en profites autant que tu peux. Tu renouvelles tes conquêtes de greluches sans arrêt, alors tu comprends bien que c'est difficile de te croire. Bon, j'avoue que ma réaction de ce début de lettre est un peu outrée, mais je ne te crois vraiment pas ! Je…je l'aurais su ! Je m'en serais rendu compte !
Laisses-moi un peu de temps avant de digérer tout cela, et inutile d'essayer de m'expliquer pourquoi tu as fait ça. Finalement je ne veux pas le savoir. Je veux que tout revienne comme avant. C'est plus facile.
Remus.
Impatient, Harry ouvrit la lettre d'après, suivant la deuxième d'une semaine et demie, beaucoup plus longue que les précédentes.
Sirius,
J'ai confiance en toi, je te connais depuis si longtemps, mais je ne peux pas te croire…Pourquoi as-tu recommencé ? Je ne veux pas te croire… Tu comprends, ça me ferait trop mal si c'était faux.
Regarde, je vais te raconter la scène telle que moi je l'ai vécue. Tu verras.
Ce matin, comme depuis plus d'une semaine, j'ai essayé de ne pas me retrouver en tête-à-tête avec toi au petit-déjeuner, puisque, évidemment, James était encore au lit et Peter en retenue, encore. Tu m'as lancé un regard qui m'a transpercé le cœur, encore. Encore une fois j'ai mangé à la hâte car je ne voulais pas que tu me poses de questions, ou que tu engages la conversation, encore.
Il faisait beau en ce dimanche matin, j'en ai profité pour aller lire au bord du lac, dans le coin ou nous aimons parler ensemble habituellement. Je ne pensais pas que tu m'avais suivi. J'étais en train de lire, calme et serein, j'avais enfin réussi à t'écarter momentanément de mes pensées. Mais je t'ai senti derrière moi. Je savais que c'était toi, car les battements de mon cœur se sont affolés inexplicablement. Je n'ai pas voulu fermer mon livre et me retourner, mais mon regard s'était fixé sur les mots qui m'étaient devenus incompréhensibles, et tout mes sens étaient en éveil. Tu t'es éloigné, j'ai cru que tu étais parti. Mon cœur a continué de battre la chamade et j'ai fermé les yeux, de soulagement peut-être, mais de déception sans doute. Je me suis levé, retourné, et je suis allé m'asseoir au pied du saule pleureur en bordure du lac, à l'abri des regards. J'ai posé mon livre à côté de moi, mon cœur a été prit dans un étau d'acier, et une larme a coulé le long de ma joue. J'ai senti une main la recueillir. J'ai sursauté et j'ai voulu m'enfuir, il m'était trop douloureux de rester à ton contact.
Mais tu m'as enserré dans tes bras avant que j'ai pu concrétiser ma fugace pensée. Je t'ai supplié de me lâcher. Ma voix a tremblé. Tu m'as répondu par la négative.
"Non. Et maintenant tu vas m'écouter Remus."
Ta voix était grave, sérieuse, même effrayante. J'ai murmuré du fin fond de mon âme car je savais que si tu ne lâchais pas, j'étais perdu.
"Je ne veux pas t'écouter. Lâche-moi Sirius. S'il te plait."
-Hors de question. Ça fait une semaine que tu me snobes, sans me laisser la possibilité de m'expliquer."
Quelle importance ? Puisque tu n'accéderais jamais à mes désirs secrets, pourquoi essayer de comprendre ?
"Il n'y a rien à expliquer. Tu…tu as voulu t'amuser, voilà, c'est fini."
Et là je t'ai senti trembler de fureur contre moi. J'ai eu peur. Peur que tu me détestes ensuite.
"Mais tu ne comprends donc pas ? Je ne suis pas amusé ! Nom de Dieu, Remus, tu comprends tout de travers ! Je t'ai embrassé parce que j'en avais envie, pas pour me divertir !"
Mon cœur est tombé dans mon ventre, provoquant des vagues de souffrances dans tout mon corps. Alors c'était ça ?
"Et…parce que tu en as envie, tu vas m'utiliser ? Comme les filles que tu prends et que tu jettes ?"
J'avais mal, je ne disais pas ce que je pensais vraiment, mais je refusais de servir tes envies passagères. J'ai senti tes mains te crisper sur mes bras. Je me suis dit que j'en garderais les marques. Mais j'aurais préféré subir cette douleur mille fois s'il l'eût fallu, que celle qui régnais dans mon cœur à ce moment.
Tu as repris la parole d'une voix dure, tendue, comme si chaque mot était une épreuve montée contre ta maîtrise de toi.
"Remus, tu te trompes totalement. Je suis sorti avec des filles dans des délais assez courts car elles ne comptaient pas pour moi, mais je suis bi tu sais, pas gay, et je n'ai jamais ressenti le dixième, non le millième de ce que je ressens pour toi pour une autre personne."
Quoi ? Qu'avais-tu dis ? Il m'a semblé que mon cœur remontait un peu, se rapprochant de sa place initiale. Pour retomber aussitôt. Tout était faux. Je ne devais pas espérer. Ce n'était pas vrai, pas réel. Tu partirais un jour et je me retrouverais avec les miettes de mon cœur dans les mains, tentant désespérément de les recoller, mais n'y arrivant pas. Jamais.
"Quoi ? Tu…ce n'est pas possible.
-Oh que si c'est possible. Cela fait déjà un moment que j'y pense. Mais j'en suis sûr. Et tu sais l'autre jour, j'avais un peu bu avec James, donc ça m'a…libéré. Mais ne pense pas que mon baiser était du à l'alcool, as-tu ajouté précipitamment. Je…Remus…Je sais que si je ne le dis pas tu ne me croiras pas…Ce n'est pas facile à exprimer…Je…Je t'aime, Remus, voilà pourquoi je t'ai embrassé."
Mon cœur a fait un bon dans ma poitrine, mais tu ne m'as pas laissé le temps d'exprimer mon incrédulité. Tu m'as embrassé une deuxième fois. Une deuxième fois j'ai senti tes lèvres douces se poser sur les miennes, de façon exigeante, comme pour faire prévaloir tes droits, mais tendrement, comme si ce que tu avais dis était vrai…
Une part de moi était aux anges, j'étais plus qu'heureux, je me sentais complet. Mais une autre me disait de ne pas y croire, que nous étions amis, pas plus, que je ne devais pas y croire, car si tu me laissais, j'en mourrais.
Ta garde s'est légèrement baissée et j'en ai profité pour m'échapper, les sanglots suffoquant ma gorge. Tu n'as pas essayé de me rattraper.
Je suis aller m'enfermer dans ma chambre, et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Du jour au lendemain tu m'annonçais que tu m'aimais ? Mais moi ?? Moi j'attendais depuis des années ! Depuis notre première année. Si c'étais aussi facile de se déclarer, je l'aurais su !!! Tu ne pouvais pas m'aimer c'était impossible ! Je suis un loup-garou, tu ne peux pas m'aimer ! Je suis laid, dangereux, détestable ! Je n'y croyais pas.
Je ne voulais surtout pas y croire. L'amour est éphémère paraît-il, mais moi, je savais mon destin scellé. Le tien ne l'était pas, et un beau jour, tu m'abandonnerais.
Tu m'abandonneras. Je ne veux pas. J'ai trop à perdre. J'y perdrais mon cœur, ma raison, et ma vie, tout simplement. Alors ne m'aime pas et que la vie reste ainsi qu'elle l'a toujours été, nous deux amis, moi t'admirant et t'aimant dans mon coin, et toi séduisant tout ce qui bouge. Comme ça je ne souffrirai pas.
Remus.
A la fin de sa lecture, Harry resta immobile, figé par ce qu'il venait de lire, de l'émotion que faisait passer Remus dans de simples mots. Ses mains en tremblaient. Remus avait du énormément souffrir de se voir refuser la lueur d'amour que Sirius lui offrait, de peur qu'il le laisse plus tard. Il aurait pu accepter et en profiter. Mais il avait trop à perdre. Un peu comme si lui perdait Draco. A cette pensée, le cœur de Harry se glaça, et il ressentit un grand vide en lui. Quoique, pas si vide…Il sentait son lien avec Draco. En se concentrant, il distingua toute la tranquillité de son amant, ainsi que son paisible sommeil.
Souriant, il ouvrit la lettre suivante.
Sirius,
Je suis désolé d'avoir réagi comme ça la dernière fois. Je…je n'osais pas y croire, je ne pensais même pas pouvoir l'espérer un jour. Ta…ta déclaration m'a beaucoup touché. Bien sûr je n'avais pas très envie que tu me traînes dans la salle de classe vide, mais…c'était la première fois que je te voyais pleurer. Le fait que ça soit moi qui fasse couler ces larmes m'a brisé le cœur. Je te jure que je ne te décevrais plus. Je t'aime trop pour cela.
Mais j'espère que tu ne me laisseras pas, jamais. Sinon, j'en mourrais.
Je t'aime, Sirius.
Remus.
Harry replia la lettre, songeur. Ainsi Sirius avait même pleuré tellement le comportement de Remus l'avait fait souffert. Et Remus l'avait accepté.
La lettre suivante était encore plus courte, c'était un simple message inscrit sur un morceau de parchemin, sans doute déchiré d'un coin de page. Elle n'était pas datée, mais le ton du texte supposait que leur pseudo relation s'était plutôt arrangée depuis la dernière lettre.
Patmol,
C'est d'accord pour la cabane hurlante tout à l'heure. A 23h30.
J'ai hâte. J'ai tellement envie de te voir et de pouvoir t'embrasser sans me soucier de la présence de qui que ce soit.
A tout à l'heure,
Moony.
Harry s'apprêtait à ouvrir la missive suivante lorsqu'il plissa les yeux. Quelque chose venait de se passer en lui. Le lien d'âme était plus présent. Oups. Draco venait de se réveiller.
Comme pour appuyer ses dires…
"Harry ? T'es où ?
-En haut, j'arrive !"
Harry se précipita, vida le contenu du tiroir secret sur le lit, alla fouiller rapidement la petite table de chevet dans laquelle il trouva un paquet de parchemins et un petit livret noir. Il rouvrit l'armoire, attrapa un sac de sport d'une couleur indéfinissable, jeta un sort de réduction au petit tas sur le lit et fourra le tout dans le sac, qu'il saisit à la volée pour dégringoler les marches de l'escalier.
Il arriva devant Draco les joues un peu rouges et légèrement essoufflé. Le blond avait l'air un peu agacé.
"Je suis prêt, excuse-moi, dit Harry.
-Mais tu as vu l'heure ? Tu aurais du me réveiller !
-Mais non, ce n'est pas grave, tu avais l'air d'avoir besoin de dormir…
-Qu'est-ce que tu as fait pendant ce temps ? demanda Draco.
-J'ai un peu fouillé dans les affaires de Sirius…" répondit Harry évasivement en rangeant ses affaires miniaturisées dans le petit sac à la couleur bizarre de son parrain. Il jeta un coup d'œil autour de lui, comme pour dire au revoir à la vieille maison. Il était soulagé de la quitter, mais malgré tout un peu nostalgique, car elle renfermait des jours heureux qu'il avait passé avec son parrain et le début de son idylle avec Draco.
"Pour quoi faire ? interrogea Draco en fronçant les sourcils.
-Je ne sais pas si je reviendrais un jour ici, donc j'ai essayé d'emporter des souvenirs de lui avec moi…
-Ah d'accord. Je nous fait transplanner ou tu le fais ?
-Sachant que tu dormais il y a cinq minutes, je crois que je vais m'en charger. Je n'ai pas envie de me retrouver dans une forêt noire et touffue ou dans un sex-shop, plaisanta Harry.
-Un sex-shop ? Je ne vois pas pourquoi j'irai là-bas ! Je n'ai rien à apprendre sur ce plan-là ! se gargarisa Draco.
-Humph, c'est ce qu'on dit…le taquina Harry avec un regard malicieux.
-Mais c'est vrai tu…"
Il n'eut pas le temps d'en dire plus, Harry l'avait saisi par le bras pour transplanner. Bien sûr ils auraient pu transplanner chacun de l'autre côté, mais il était agréable de sentir la présence de l'autre à ses côtés.
En un clin d'œil, ils arrivèrent à l'appartement confortable du blond. Draco se détacha de Harry et alla leur chercher un verre d'eau à la cuisine, tandis que Harry posait le sac et allait s'asseoir dans un des canapés couleurs crèmes.
"Il est presque une heure du matin, tu veux quand même ranger tes affaires maintenant ? demanda Draco en lui tendant un verre.
-Juste l'essentiel, comme ça on ne sera pas embêté si ça traîne, répondit Harry en absorbant le liquide transparent qui le rafraîchit après ses émotions de la soirée.
-Je suis vraiment content que tu sois là, lui sourit Draco.
-Moi aussi, tu ne peux pas savoir à quel point ça me fait plaisir !
-Mais si je sais.
-Que…
-Le lien. Je le sens plus souvent je trouve. Et là je sens que tu es heureux…lui dit Draco avec un sourire tendre.
-C'est vrai…"
Harry s'approcha de son amant et l'embrassa amoureusement, et lui sourit.
"Tu m'aides à emménager notre appart' ? fit-il malicieusement et avec un sourire en coin adorable auquel Draco ne put résister.
-Evidemment mon petit soleil !"
En à peine une demi heure, les affaires de Harry étaient en place. Sa grande malle maintenant vide avait été réduite et ranger dans un armoire, ainsi que ses effets et ses autres affaires. Son balai était rangé dans le placard prévu à cet effet. Seul les souvenirs de Sirius n'avaient pas été rangés, mais simplement posés sur une petite table de chevet, près du grand lit, qui serait à présent celle de Harry. Celui-ci les rangea dans le tiroir de la tablette, étant réduits, ils ne prenaient pas beaucoup de place, et décida d'y repenser le lendemain.
Tout simplement parce qu'un beau blond était en train de le tirer en arrière pour l'embrasser voluptueusement. Ce qui était particulièrement agréable. Non, non, vraiment.
"Dray…Tu sais quoi ?
-Non mais tu vas me le dire, mon petit soleil.
-Je t'aime.
-Je sais, tout le monde m'aime, répondit Draco d'un ton hautain et avec des grands airs.
-Peut-être, mais pas autant que moi, et personne d'autre que moi ne te prendra dans chaque pièce et sur chaque meuble de l'appartement…
…"
Draco écarquilla légèrement les yeux et ses orbes argentées brillèrent. C'était alléchant… Harry lui sourit d'un air de prédateur et se pencha vers lui pour l'embrasser de nouveau, lentement, histoire de le mettre un peu à la torture.
Ça avait été une journée riche en événements (plutôt agréable pour certains, d'ailleurs), et elle se terminait dans les bras de l'être aimé. Que demander de plus ? Mais Harry était bien trop occupé pour répondre à cette question.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------
A suivre…
Alors, le passage sur Remus et Sirius vous a plu ? J'avais un peu peur de comment l'écrire, j'espère que ça a été… C'est un chapitre un peu plus tristounet que les autres, mais j'espère que vous avez apprécié quand même ?
Dans le prochain chapitre, il y aura la suite des souvenirs de Sirius, et d'autres petites choses, à vous de deviner… =P
A bientôt !
Anabanana
