Chapitre 9 : La lettre
Joanne marchait d'un pas régulier dans les couloirs de Poudlard. Elle se dirigeait vers sa salle commune, les cours étant finis. Elle soupira profondément tout en enroulant son écharpe autour de son cou puis laissa dériver son regard sur le parc qui était recouvert d'un fin manteau de neige. Décembre venait à peine de commencer que l'hiver pointait déjà le bout de son nez. La jeune Salder soupira une énième fois, la tête basse et les épaules voûtées, comme si le poids du monde reposait sur elle. Elle se sentait d'humeur morose ces derniers temps et pour cause : une semaine était passée depuis que son amie Eliane se trouvait à l'infirmerie. L'ambiance n'était pas la même depuis. Ambre était souvent à la bibliothèque pour une raison inexplicable. Parfois, elle allait rendre visite à sa meilleure amie pour lui donner les dernières nouvelles ou ses devoirs. Elle s'ennuyait fortement. Peut-être était-ce autre chose ? Joanne secoua la tête pour chasser cette question totalement inutile. Non, elle était d'humeur mélancolique dû à l'ennui et non pas à cause de ce crétin de…Elle expira calmement essayant de reprendre le contrôle d'elle-même.
Néanmoins, Joanne ne put s'empêcher de laisser ses pensées se diriger vers lui et de ce qu'elle avait vu. Pourtant, elle avait l'habitude de voir cette scène : lui en train d'embrasser une autre fille. Enfin, elle croyait s'y être fait, mais apparemment ce n'était pas le cas. Elle était jalouse, jalouse de toutes ces filles qui tournaient autour de lui ! Elle le haïssait et l'aimait à la fois. Que pouvait-elle y faire ? Elle avait pourtant tout essayé, jusqu'à sortir avec tous les hommes qui lui passaient sous la main, mais rien à faire. Il hantait son esprit et à chaque fois, son cœur se tordait de douleur. Il n'avait aucun sentiment, aucune considération pour elle. Elle n'était rien à ses yeux, rien…Même pas une amie.
Le souvenir de cette soirée resterait à jamais graver en elle. Il l'avait traitée comme une moins que rien, lui enfonçant un poignard dans le cœur pour le briser en mille morceaux. Comment pouvait-elle être amoureuse d'un être aussi imbu de sa personne, aussi égoïste ? Que pouvait-elle aimer en lui ? Tout, elle l'aimait lui, tout entier, jusqu'à en avoir mal et se faire souffrir inutilement. Il fallait qu'elle tourne la page, mais impossible, c'était trop difficile. « Comment pouvais-tu penser avoir la moindre chance avec moi ? Nous ne sommes pas du même rang ! ». Joanne serra la mâchoire à ces paroles qui se diffusaient lentement en elle, comme un poison : « Regarde-toi ! Tu n'es rien ! Sache que c'est Eliane qui m'a demandé de t'inviter, sinon je ne l'aurais jamais fait ! ». La jeune fille ferma les yeux douloureusement tout en continuant son chemin vers la salle commune. Qui était-il pour la juger ainsi, pour la traiter de cette façon ? Il se croyait au-dessus de tout, des lois, des règles et des gens ! Pourquoi n'avait-il pas atterri à Serpentard ? « John n'est pas foncièrement mauvais Joanne, il a juste une mauvaise perception de ce qui l'entoure, il vit dans le monde dans lequel il est né. Mais un jour, il ouvrira les yeux ». Ouvrir les yeux, mais quand ? Eliane avait beaucoup trop d'espoir en ce petit crétin ! Un crétin qu'elle aimait ! Qu'il aille en enfer ! Elle l'oublierait peu importe le temps que cela prendrait, elle y arriverait !
Elle balança la tête en arrière, ramenant ses cheveux roux à l'arrière, la tête haute. Elle s'était abaissée une fois devant Walker en lui avouant ses sentiments durant cette soirée. Il n'était pas question qu'elle s'abaisse une nouvelle fois devant ses beaux yeux de merlan frit.
Alors qu'elle arrivait enfin devant sa salle commune, elle vit un groupe d'élèves amassé face à une affiche accrochée juste à côté de l'entrée. La jeune fille fronça les sourcils et s'y dirigea sans plus tarder, curieuse de nature. Elle bouscula quelques élèves pour s'approcher. Quelles ne furent pas sa surprise et sa joie en lisant l'annonce !
Bal de Noël,
Poudlard a la joie et le plaisir de vous annoncer qu'un bal sera donné le 24 décembre au soir. Le thème du bal sera d'être masqué avec tenue de soirée exigée. Seuls les élèves de quatrième année à la septième année seront permis d'y assister. Le bal ouvrira à 20 h précise à la Grande Salle et se clôturera aux environs de 2 h.
La Directrice, Minerva McGonagall.
Un bal de Noël était organisé ici à Poudlard ! C'était merveilleux, fabuleux, inimaginable ! Elle devait acheter une robe et tous ses accessoires à Pré-au-Lard ainsi que se trouver un cavalier ! Qui allait-elle choisir ? Il y avait Preston, plutôt beau spécimen avec ses cheveux bruns et ses yeux noisette, mais un peu trop collant dans son genre. Ou alors Duncan ? Il n'était pas mal aussi, seulement un peu trop niais. Tout en réfléchissant, Joanne entra dans sa salle commune, tête en l'air, pour finalement percuter un élève. La jeune Serdaigle fut projetée en arrière, tombant sur son fessier où elle y frotta sa main pour faire passer la douleur. Elle releva la tête, prête à assassiner du regard celui ou celle qui l'avait bousculé quand ses yeux rencontrèrent un beau jeune homme, les cheveux châtains aux yeux d'une couleur indescriptible, oscillant entre le vert pomme avec une pointe de jaune. Merlin, il était sexy et canon ! Elle ne l'avait jamais vu auparavant et pourtant, il semblait faire partie de sa maison. En tous cas, il n'était pas en septième année, sinon il serait dans sa classe. Peut-être en sixième vues sa grandeur et sa corpulence. Il avait un de ces regards à vous faire frémir et défaillir sur place. Joanne revint sur terre en s'apercevant qu'il lui proposait gentiment sa main pour l'aider à se relever.
« Et gentleman en plus de ça. Il a tout pour plaire » pensa-t-elle en se sentant soulever debout face à lui.
« Je suis vraiment désolé, c'est entièrement de ma faute, je ne regardais pas où j'allais et…
-Non, non, répondit vivement Joanne en rougissant légèrement, j'avais la tête dans les nuages, j'aurais dû faire plus attention.
-On est quitte alors, dit-il d'une voix assez grave et le sourire aux lèvres. Andrews Stanley, ajouta-t-il en lui tendant sa main droite.
-Joanne Salder, répliqua-t-elle en serrant sa main tout en lui souriant. Enchantée de te connaître Andrews.
-Moi de même Joanne, qui en passant est un joli prénom pour une très belle demoiselle. »
La concernée piqua un fard pas possible devant ses allusions. Qu-est-ce qui lui prenait de réagir comme une vierge effarouchée ? Il voulait jouer à ce jeu, aucun problème….
« Et moi, je suis heureuse d'avoir pour agréable compagnie un aussi bel homme. »
Andrews éclata de rire sous les yeux étonnés de Joanne qui prit la mouche croyant qu'il se moquait d'elle ouvertement. Voyant que l'adolescente ne le prenait pas à la rigolade, il reprit son sérieux et dit :
« Ne le prends pas mal, mais c'est la première fois que je rencontre une fille aussi franche que toi et qui n'a pas la langue dans sa poche.
-Tu te débrouilles pas mal à ce niveau aussi, rétorqua Joanne les yeux pétillants de malice.
-J'avoue, répondit-il, et si on allait s'asseoir pour continuer notre conversation ? proposa-t-il en lui montrant les fauteuils libres. »
Il ne fallut que quelques secondes à la jeune fille pour accepter. Il fallait être idiot ou aveugle pour refuser une telle proposition. Elle était totalement sous le charme et étrangement, il lui fit oublier John. Salder apprit ainsi au cours de la soirée – qui passa beaucoup trop vite à son goût – qu'Andrews était un élève de sixième année ayant un jeune frère en première année qui se trouvait à Gryffondor. Il était célibataire, à sa plus grande joie intérieure, et il souhaitait devenir Médicomage. La salle commune se vida au fur et à mesure, les élèves allant dîner à la Grande Salle, tandis que Joanne avait un mal fou à quitter son nouveau compagnon qui ne la lâchait pas des yeux. Leur visage se rapprochèrent doucement quand soudain, un raclement de gorge se fit entendre. Joanne se retourna furieuse vers la personne qui venait de les interrompre et qui n'était autre que :
« Walker ! Qu'est-ce que tu nous veux ? cracha-t-elle.
-Je voulais juste savoir si tu avais apporté les devoirs et annoncé la nouvelle à Eliane ? demanda John, tout en regardant froidement Andrews.
-Non, mais je comptais le faire, répliqua Joanne quelque peu irritée.
-Ah bon ? Quand ? Après avoir bécoté ton… ton ami, dit John avec une grimace de dégoût envers le concerné. »
La rouquine se releva aussi rapidement que l'éclair, les yeux foudroyants et enivrés par la colère qui se dégageait d'elle. Comment osait-il faire ce genre de remarque ? Pour qui se prenait-il à la fin ? Prise d'un accès de rage, Joanne leva sa main qui s'abattit violemment sur la joue de Walker, complètement abasourdi. Elle le prenait pour son punching-ball ou quoi ? C'était la deuxième fois, la deuxième fois, qu'elle osait le gifler ! Il ouvrit grand les yeux devant la scène qui s'offrait à lui : elle pleurait. Silencieusement, Salder versait des larmes qui roulaient sur ses joues rougies par son emportement. Joanne laissa retomber son bras le long de son corps et d'une voix enrouée par l'émotion, elle déclara froidement :
« Mêle-toi de ce qui te regarde Walker ! Je ne suis pas ta petite amie et encore moins ton amie et je ne le serai jamais ! Je n'ai aucun compte à te rendre ! Sors de ma vie, une bonne fois pour toute ! cria-t-elle en sortant à toute vitesse de la salle commune sous les yeux des deux jeunes hommes.
-Joanne, attends ! », s'exclama Andrews.
Il s'apprêta à la rejoindre, mais fut retenu par une main.
Le jeune Stanley se retourna pour voir John l'observer d'un regard noir et glacial. Il avait comme la nette impression qu'il était jaloux de lui, jaloux qu'il puisse être proche de Joanne ! Alors pourquoi avait-il vu tant de haine entre ces deux-là ? C'était à rien n'y comprendre. Peu importe que ce Walker ait des sentiments ou pas envers elle ! Joanne ne l'aimait pas et il l'avait fait pleurer. Il ne se laisserait pas faire, il l'aurait à n'importe quel prix. Andrews s'arracha de la poigne de John tout en le regardant dédaigneusement.
« Si tu t'approches d'elle, siffla John dangereusement, sache que tu t'en mordras les doigts !
-Ah oui, répondit le concerné d'un ton moqueur, je n'ai pas peur de toi. Que comptes-tu faire pour m'empêcher de la séduire ? »
John serra les poings de rage. Il le défiait ouvertement, tout cela n'était qu'un jeu pour lui. Pourquoi se faisait-il autant de souci pour cette fille ? Après tout, elle n'était rien pour lui, même pas une amie comme elle lui avait si bien spécifié. Alors pourquoi se préoccupait-il d'elle ? Pourquoi pensait-il sans cesse à Joanne ? Pourquoi était-il si agressif et en colère quand un homme, autre que lui, l'approchait? Peut-être parce qu'elle était beaucoup plus à ses yeux qu'il ne voulait se l'avouer ! Walker observa longuement celui qui lui faisait face. Il ne le sentait pas ce Stanley, il y avait quelque chose en lui qui le troublait. Il n'était pas sincère avec Joanne, ça se voyait du premier coup d'œil ! Que pouvait-il faire pour l'empêcher de la séduire ? Que pouvait-il faire ? La lumière se fit en lui en une fraction de seconde :
« Je la séduirai avant toi ! déclara-t-il le plus sérieusement du monde. »
Non, il n'avait pas dit ça ! Il n'avait pas pu dire ça ? Non, mais quel idiot il faisait ! Séduire Joanne Salder, sa pire ennemie ! Il devenait fou, il était tombé sur la tête sans aucun doute ! Il fut alors détourné de ses pensées en entendant le rire de Stanley.
« Ah ! Laisse-moi rire, la séduire, aucune chance ! dit-il avec un sourire machiavélique.
-Où vas-tu ? cria John en le voyant partir.
-La rejoindre et la consoler, n'oublie pas que je suis son ami, ce qui n'est pas ton cas, rétorqua-t-il victorieux, en laissant le jeune Walker pantois au milieu de la pièce. »
Il avait raison : comment séduire une fille à qui on avait crié les pires insultes de sa vie ? Celle qu'il avait déjà repoussée une fois et blessée intérieurement. Il avait même réussi à la faire pleurer ce soir. Est-ce qu'Eliane avait raison ? Etait-il trop arrogant et vil avec Salder ? Sûrement qu'oui. Il ne la connaissait pas réellement, il l'avait jugée et jetée comme une moins que rien lors de cette soirée alors qu'elle lui avait avoué ses sentiments. Cela demandait beaucoup de courage et d'amour aussi. John se laissa tomber dans un fauteuil, la tête enfouie dans ses mains. Il avait tout gâché ! Il fallait qu'il en parle avec Eliane. Elle l'éclairerait et l'aiderait à y voir plus clair. Seulement, il allait devoir lui révéler ce qui c'était réellement passé avec Joanne pour qu'ils en viennent à se haïr et à se détester. Merlin, Eliane allait lui passer un de ces sermons ! Mais il le méritait amplement…
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Pendant ce temps-là, dans les appartements du couple Lupin, Nymphadora ne cessait de tourner en rond dans le salon. Elle ne savait pas quoi faire…La jeune femme réfléchissait depuis une bonne heure sur la façon pour lui révéler cet événement. Il allait se braquer, être en colère, lui en vouloir, elle en était certaine. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Elle l'avait piégé, elle avait réussi. Mais à quel prix ? Elle aussi maintenant était au pied de son propre mur qu'elle avait érigé contre le gré de Remus. Merlin, comment allait-elle lui annoncer la nouvelle ? Nymphadora était si heureuse, heureuse d'être enceinte de l'homme qu'elle aimait, mais aussi angoissée. Angoissée face à la réaction de son mari qui serait légitime. Seulement, il était trop tard pour reculer : un petit être grandissait en elle depuis deux semaines maintenant. Deux semaines…Il fallait qu'elle se calme, qu'elle reprenne le contrôle d'elle-même, sinon Remus le ressentirait et verrait son inquiétude. Il fallait qu'elle gagne du temps pour trouver un moyen ou plutôt une façon de lui annoncer la nouvelle sans qu'il s'énerve, ce qui était pratiquement impossible. Merlin, mais dans quel pétrin s'était-elle fourrée ? Est-ce qu'elle regrettait ? Non, non ! Elle voulait cet enfant, elle l'avait tellement voulu, souhaité. Maintenant qu'elle était enceinte, ce n'était pas le moment de douter. Remus n'aurait jamais accepté d'en avoir un. C'était la seule solution. Il lui suffisait juste de prendre son courage à deux mains et de lui dire. Plus facile à dire qu'à faire ! Elle n'était pas une Gryffondor, juste une ancienne Poutsouffle. Cependant elle avait déjà bravé les colères de Remus de nombreuses fois et elle s'en était toujours sortie, alors une de plus ou de moins…Il finirait par approuver son choix, elle en était certaine. Au pire des cas, elle pouvait demander le soutien de Sirius. Mais Nymphadora n'en était pas encore là et au fond de son cœur, elle espérait fortement que son mari le prendrait bien. Elle l'aimait plus que tout au monde et cet enfant était le fruit de leur amour. Un amour incommensurable qui brûlait d'une vive passion. Elle savait que Remus rêvait parfois d'avoir un enfant, mais la peur qu'il hérite de ses gênes le freinait considérablement. Il fallait croire en l'avenir, croire que cet enfant ne serait pas un futur loup-garou.
Un sourire effleura les lèvres de la jeune femme qui laissa une main vagabonder sur son ventre encore bien plat. Elle était heureuse, heureuse d'être mère. Une future maman. Serait-ce un garçon ou une fille ? Quel nom choisiraient-ils ? Elle avait hâte, hâte de connaître les joies, les peines, les prémices de ce que c'était d'être mère. Son sourire se fana bien vite en sentant deux bras puissants s'enrouler autour de sa taille qu'elle reconnut en son mari. Le moment tant redouté allait arriver…Elle sentit la bouche de Remus dans son cou, mordillant sa peau, laissant des baisers humides lui arrachant de nouveau un sourire de bien-être. La sorcière se laissa aller contre lui, profitant encore de ces moments de bonheurs avant que l'orage n'éclate au-dessus de leur tête.
« Tu as passé une bonne journée ? l'entendit-elle murmurer à son oreille d'une voix chargée de désir.
-Oui, tu m'as manqué, énormément manqué. La journée a été trop longue, répondit-elle en se collant davantage à lui. »
Elle sentit alors un sourire apparaître sur le visage de son mari tandis qu'il laissa glisser ses mains de ses épaules jusqu'à ses bras dans une caresse aussi fluide et douce que le vent. Nymphadora frissonna, se mordant la commissure des lèvres dont Remus se saisit sauvagement, passionnément en un baiser brûlant et charnel…Sa langue caressa le contour de sa bouche demandant l'entrée secrète de sa femme qui l'ouvrit sans se faire prier davantage, collant sa poitrine contre le torse de son mari qui grogna. Les mains se firent baladeuses tout comme leur langue qui s'entremêlèrent dans un ballet empli d'émotions et d'amour l'un envers l'autre. Un feu ardent les consumait de l'intérieur, demandant plus encore. Les mains se faufilèrent sous les vêtements tombant un à un sur le sol, tandis que le couple se dirigeait lentement vers la chambre. Les gémissements venaient rompre cette atmosphère qui se faisait de plus en plus torride. Leurs corps se frottaient lascivement, sensuellement, graduellement, sous la passion et le désir qui les prenaient au ventre et dans leur corps tout entier. Remus poussa lentement sa femme sur le lit se situant derrière eux, ses yeux chargés d'envie, d'amour, de soif…Une soif qui s'éteindrait après l'avoir possédé tout entière. Il se laissa glisser sur elle, admirant son corps qu'il aimait, qu'il parsemait de baisers. Ses doigts caressaient lentement ses seins, traçant le contour à travers sa prison de coton dans une véritable torture aussi douce soit-elle pour la jeune femme, qui souleva son bassin à l'encontre de son mari. Rapidement et avec agilité, il retira le soutien-gorge qui valsa sur le sol tandis que sa bouche, sa langue léchaient, mordillaient, suçaient les tétons de Nymphadora qui durcirent sous le plaisir ressenti. Ses mains fines s'emmêlèrent dans les cheveux de Remus, les yeux fermés, la bouche grande ouverte, la tête en arrière. Sa respiration s'accéléra en sentant les doigts acides et brûlants de Moony descendre vers son intimité en une lenteur presque affligeante.
Un sourire mutin vint s'afficher sur le visage du sorcier en voyant sa femme offerte ainsi à lui. Délaissant sa poitrine, il laissa glisser sa langue vers l'orée et la fleur de Nymphadora qui écarta les jambes instinctivement en sentant une main baladeuse remonter le long de sa jambe, vers l'intérieur de ses cuisses. Ses mains accrochèrent les draps blancs quand elle sentit son souffle chaud contre sa peau nue et luisante d'une pellicule de sueur. Ses doigts vinrent faire glisser le morceau de tissu le long de ses jambes finissant au bout du lit. Remus laissa alors un doigt remonter doucement puis entrer en elle, arrachant un gémissement à la jeune femme qui s'en mordit les lèvres. Il taquina légèrement l'entrée de son intimité qui s'humidifiait de plus en plus. Puis, un deuxième et un troisième doigts vinrent en elle, la transportant vers d'autres horizons. Il effectua un mouvement de va-et-vient, les poings de la jeune femme se crispant autour des draps en sentant le plaisir monter en elle. Il retira alors ses doigts pour laisser place à sa langue caressant, léchant, suçant le centre de son sexe qui se contractait de plus en plus. Nymphadora sentit l'orgasme venir qui ne tarda point, explosant en elle comme un volcan en activité…La lave coula tel un miel abondant et savoureux que Remus goûta jusqu'à la dernière goutte. Il remonta embrasser sa femme qui avait toujours les yeux clos, abasourdie par le plaisir qui l'avait consumé de l'intérieur. Reprenant peu à peu ses esprits, alors que son mari déposait dans son cou des baisers papillons, elle inversa rapidement les positions.
Elle imposa la même torture à Moony, caressant de ses mains brûlantes sa peau qu'elle dégusta sous toutes les coutures. Sa langue roula autour des tétons de son mari. Il cogna son bassin contre celui de sa femme qui sentit un renflement emprisonné par le tissu…Ses mains tracèrent ses cicatrices et ses muscles qui se contractaient sous l'effet des caresses aussi divines que l'était celle qu'il aimait. Très vite le morceau de tissu que portait Remus valsa auprès de la culotte de sa femme alors qu'il sentit une main s'enrouler autour de son membre dur et gorgé de sang. Un gémissement, un cri vint briser ce silence et emplir toute la pièce. Yeux dans les yeux, le désir brûlait en eux, tel un feu ardent, un feu qui se propageait dans tout leur corps tellement le plaisir était à son plus haut point. Chaque centimètre de leur peau frissonnait, quémandait plus…La bouche de Nymphadora prit son membre entre ses deux lèvres, arrachant un grognement du loup alors que ses mains vinrent rejoindre les cheveux de sa compagne. Sentant qu'il était près des portes du paradis qui allaient s'offrir à lui, elle se retira et glissa sur lui sous la surprise de son mari. Il posa ses mains sur les hanches de sa femme pour mieux la pénétrer, ne faisant plus qu'un dans ce lit, yeux dans les yeux, mains dans les mains, allant doucement, mais sûrement, vers le septième ciel s'ouvrant à eux. Leurs cris se mêlèrent, atteignant l'orgasme. Leurs corps tremblèrent quelques minutes puis se détendirent peu à peu. Il fit rouler sa femme sur le côté, ne se retirant pas d'elle, les jambes entrelacées. Il caressa le visage de Nymphadora qui avait toujours les yeux clos. Il souffla au creux de son oreille :
« Je t'aime. »
Un sourire s'installa sur son visage de la jeune femme, les yeux illuminés et brillants d'un bonheur qui n'était jamais acquis. Au bout de plusieurs minutes, il se retira et se leva pour aller prendre une douche, non sans voler un baiser enflammé à sa femme qui se roula dans les draps blancs, se laissant envahir par cette paix intérieure qui n'allait pas durer…
Remus entra dans la salle de bain, un sourire béat collé sur son visage. Il se regarda dans la glace et secoua la tête devant son air. On aurait cru un adolescent ! Il avait l'impression de retrouver sa jeunesse avec elle. Elle était si belle, si merveilleuse, il ferait n'importe quoi pour elle. Il se dirigea vers la cabine de douche où l'eau glissa sur son corps pratiquement ravagé par les cicatrices dues à sa situation. Si seulement Nymphadora voulait bien comprendre ses motivations de ne pas avoir d'enfant ; il ne voulait pas lui faire subir ça, c'était trop dur, trop cruel…Bien sûr, il y avait aussi des chances que le bébé soit sain, mais il en doutait fortement. Cela retenait pratiquement du miracle. Et même si l'enfant avait des chances de ne pas être un loup-garou, que penserait-il de son père ? Il était dangereux, vieux et peu riche. Il n'avait rien à lui offrir. Il chassa ses idées d'un battement de cils tout en cherchant une serviette qu'il ne trouva pas. Il râla un peu de ne pas avoir pris un drap de bain qu'il alla chercher dans un meuble. Il ouvrit alors grand les yeux en voyant plusieurs fioles cachées au fond du placard derrière le tas de serviettes dans lequel il venait de se servir. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Il prit une fiole et remarqua qu'il s'agissait de la potion de contraception que prenait sa femme. Mais pourquoi étaient-elles pleines ? Normalement, cette potion ne se gardait pas éternellement sinon elle perdait de son efficacité, elle était à boire aussitôt. Ce n'était pas possible, elle n'avait pas fait ça ! Il prit plusieurs fioles dans la main, les regardant minutieusement. Toutes pleines ! Aucune n'avait été prise. Son sang se figea, se glaçant dans ses veines et dans tout son corps. Son cerveau ne semblait plus fonctionner. Jamais elle n'aurait fait ça, elle ne pouvait pas ! Etait-elle folle ? Il alla dans le salon, reprenant ses vêtements qu'il remit rapidement, se préoccupant peu du fait qu'il n'était pas totalement sec. Remus posa les fioles sur la table, la colère montant en lui, serrant les poings de rages. Il releva alors la tête en la voyant sortir de la chambre, un drap autour d'elle.
« Remus ? Qu'est-ce que tu fais, je t'attendais et… »
Les yeux de la jeune femme s'arrêtèrent sur la potion de contraception posée sur la table. Plusieurs bouteilles, pleines…Elle rencontra ses yeux noirs de colère. La jeune femme déglutit passablement. Merlin, ça ne devait pas se passer ainsi. Elle recula d'un léger pas, sentant que la colère de son mari éclater à tout moment.
« Je peux t'expliquer Remus, écoute-moi…
-T'écouter, siffla-t-il, pour me dire quoi ? Tu as cessé de prendre cette potion depuis un bon mois ? TU ES INSCONCIENTE MA PAROLE ! cria-t-il, faisant sursauter Nymphadora.
-Écoute-moi Remus, tu sais qu'il n'y a 50% de probabilité que le bébé soit un loup-garou. Je suis métamorphomage, il peut hériter de mon don !Il y a un espoir…
-Un espoir ! Un espoir ! Mais lequel Nymphadora ? Imagine que cet enfant devienne un Lycan ! Il souffrira toute sa vie et il aura peu de chance de vivre. Les transformations sont douloureuses, il sera trop jeune, imagine sa souffrance ! Tu es complètement folle ! s'exclama-t-il. Dis-moi que tu n'es pas enceinte ! Dis le moi ! ordonna Remus fou de rage. »
Les larmes coulèrent le long des joues de la jeune femme qui laissa échapper un sanglot mortifié et dit d'une voix tremblante :
« Je suis enceinte Remus, de deux semaines. »
Sa colère était si intense que d'un seul geste la main de Remus balança toutes les fioles de la table qui s'écrasèrent dans un grand fracas sur le sol.
« TU ES STUPIDE ! hurla-t-il. TU AS LAISSER TON SENTIMENT DE VOULOIR ÊTRE MÈRE PRENDRE LE PAS SUR TOI ! N'AS-TU DONC AUCUN CŒUR ? NOTRE FILS OU FILLE SOUFFRIRA ! C'EST PIRE QUE DE DONNER LA MORT ! IL N'A PAS DEMANDÉ À NAÎTRE !
-Tu-tu n'as pas le droit de dire ça ! Je l'aime cet enfant même s'il n'est pas encore né ! Quoi qu'il arrive, quoi qu'il advienne, nous serons là avec lui, nous le soutiendrons ! Tu as peur, peur d'être père, de ne pas pourvoir assumer ton rôle avant tout ! Tu seras un bon père Remus ! Même en étant un loup-garou ! Notre enfant n'en sera pas un !
-Merlin tu es totalement inconsciente ! Même s'il ne devient pas un Lycan, je suis dangereux ! DANGEREUX ! Tu comprends ? Qu'ai-je à lui offrir à cet enfant ?
-Ton amour ! rétorqua Nymphadora en pleurant toutes les larmes de son corps. »
Remus la regarda quelques instants puis se retourna, prenant sa veste pour sortir de l'appartement.
« Tu n'es qu'un lâche ! cria-t-elle ! Un lâche Remus ! Affronte la réalité ! Arrête de t'inventer toutes sortes d'excuses qui ne sont pas vraies ! Reviens Remus, reviens… »
Le concerné s'arrêta dans sa marche, les épaules affaissées, déclenchant un espoir dans le cœur de la jeune femme qui fut vain en le voyant sortit de la pièce, claquant la porte derrière lui. Nymphadora fixa la porte, une porte close par laquelle celui qu'elle aimait venait de partir ou plutôt fuir. Pourquoi ? Pourquoi ? Elle s'écroula à même le sol, les larmes brouillant sa vue qui devint de plus en plus floue. Elle avait besoin de lui. Il était tout ; Remus était sa vie, son oxygène. Qu'allait-elle faire ? Allait-il revenir ? Allait-il la laisser ? Elle tapa du poing sur le sol, laissant évacuer toute sa tristesse. Elle avait mal, mal au plus profond d'elle, il l'avait blessé plus que jamais. Mal de lui…
« Reviens…Reviens…souffla-t-elle le visage ravagé par les larmes. »
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Le lendemain matin, alors que le soleil brillant à l'horizon éclairiat l'infirmerie, la jeune Eliane se réveilla en sursaut dans son lit, regardant tout autour d'elle, comme si une personne allait à tout instant surgir et sauter sur elle. Sa respiration était saccadée et son visage en sueur. Elle passa une main furtive sur son front sur lequel collaient ses cheveux puis se rallongea. Elle enfonça sa tête dans l'oreiller essayant de réguler son souffle. Ces satanés cauchemars qui ne voulaient pas la lâcher d'une semelle, toujours et encore le même…Cette fois-ci, elle avait vraiment cru voir le visage de l'homme qui était seul avec elle cette nuit d'orage. Seulement, elle s'était réveillée au même moment, comme si elle appréhendait de découvrir son visage. Et c'était le cas. Au fond d'elle, elle avait peur, peur de la vérité qui ne tarderait pas à éclater. Eliane soupira profondément tout en se massant les tempes. Elle sentait son mal de tête revenir en force. Peut-être était-ce dû aux souvenirs qui resurgissaient en elle ? Si seulement tout avait pu être différent… Si seulement sa mère n'était pas morte, elle aurait pu comprendre. Mais est-ce que cela aurait été mieux pour autant ? Peut-être pas…
Eliane entendit alors des pas arriver vers l'infirmerie et vu l'allure, la ou les personnes devaient courir. Ses deux amies surgirent en plein milieu de l'infirmerie, le grand sourire aux lèvres, en criant son nom à travers la pièce, ce qui fit surgir Mme Pomfresh, les mains sur les hanches et le regard sévère :
« Nous sommes dans une infirmerie Miss Salder et non dans un salon de thé ! Alors veuillez modérer vos ardeurs !
-Oui madame, répondit Joanne en baissant les yeux. »
Alors que la sorcière s'en alla satisfaite en hochant la tête, elle sursauta en entendant :
« ELIANE ! C'est super, il y a un bal de noël cette année ! cria Joanne toute excitée.
-Miss Salder ! réprimanda Pom-Pom furieuse.
-Oups, j'avais oublié, dit-elle sous les rires d'Ambre et d'Eliane qui levèrent les yeux vers le ciel. »
Les deux amies s'installèrent aux côtés de la jeune West qui écouta Joanne parler de l'annonce du bal, tout en récitant ce qu'elles allaient devoir acheter. Quelle robe ? Quels bijoux ? Quelle coiffure ? Quel cavalier ? Quel masque ? Autant de questions sans réponse.
« Je trouve ça bien un bal masqué. Ça donne une pointe de féerie et de mystère, la directrice a eu une bonne idée, approuva Ambre. Il y a une sortie à Pré-au-Lard peu de temps avant les vacances de Noël, je suppose que c'est pour nous donner le loisir d'aller acheter ce qui nous manque et ce dont on aura besoin. Tu comptes y aller avec qui Joanne ?
-Je ne sais pas encore, mais je crois avoir une idée. J'ai fait la connaissance d'un garçon hier soir et j'ai beaucoup apprécié sa présence. Je pense y aller avec lui, avoua-t-elle les yeux brillants.
-Qui est-ce ? demanda Eliane curieuse de voir son amie dans cet état dont on aurait pu croire amoureux.
-Andrews Stanley, confia-t-elle, très galant et sympathique. C'est un élève de sixième année et de la même maison que nous.
-Stanley, ça me dit quelque chose, murmura Ambre en fronçant les sourcils.
-Peut-être l'as-tu vu au détour d'un couloir.
-Peut-être, souffla la jeune fille pas très convaincue. Et toi Eliane ?
-Moi ? Je ne sais pas si j'irais au bal…
-QUOI ? s'exclamèrent ses deux amies simultanément. Mais pourquoi ?
-Je n'ai pas de robe de bal et rien qui va avec, et je n'ai pas d'argent. La question est réglée.
-Mais tu peux demander à John, proposa Ambre, je suis certaine qu'il accepterait avec plaisir.
-Il n'est pas question que je fasse la charité pour un bal, répondit Eliane plus durement qu'elle ne l'avait voulu. Désolée.
-Ce n'est pas grave, assura son amie. Au fait, j'ai une lettre pour toi de ton père, ajouta Corvalis en fouillant dans ses poches pour finalement la trouver et la donner à son amie qui avait blanchi à vu d'œil.
-Merci, souffla-t-elle en la prenant, les mains légèrement tremblantes.»
Eliane posa la lettre à côté d'elle, bavardant encore un peu avec ses amies jusqu'à ce qu'elles partent pour leurs cours. La jeune fille baissa son regard sur l'enveloppe blanche qu'elle décacheta en y retirant une feuille où une écriture grossière y était inscrite. Plongée dans la lecture de sa lettre, elle ne vit pas une ombre sortir derrière le paravent, une présence qui s'était trouvée là depuis le début de la conversation avec ses amies. Cette ombre sortit en douceur et sans bruit du lieu, ayant bien en tête les paroles de l'adolescente. Il lui achèterait une robe et tout ce qui allait avec. Elle irait à ce bal, elle irait….
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Lia-Sail.
