Notes :
Voilà un nouveau chapitre !
Note : Glorfindel et les jumeaux parlent sindarin alors j'utilise la version sindarin des noms et des mots.
Glorfindel n'était pas nerveux. Non. Assis sur un siège blanc sentant l'antiseptique, il regardait devant lui et ne bougeait pas. Face à lui dans cette pièce aux peintures si pâles qu'on aurait cru regarder un vêtement trop de fois lavé se trouvait Elrohir – ou Elly Reed en public – avachi sur une chaise lui aussi, portant le même tricot moutarde et pantalon noir que la veille.
Tous deux étaient immobiles et Glorfindel se remémorait sombrement les évènements récents. De nouveau il y avait les morts, de nouveau les détonations résonnaient à ses oreilles et le sang tachait le sol… Puis cette ombre, toujours là. Indubitablement présente et réelle, à la limite de sa perception visuelle…
Devant lui, Elrohir – lui aussi plongé dans les sombres rets de son esprit – restait la tête dans la main, ne quittant du regard le lit d'hôpital à côté de lui que lorsqu'il se voyait obligé de cligner des yeux.
Ses cheveux noirs avaient un aspect broussailleux, son eyeliner, fard à paupière et rouge à lèvres sombre – qu'il avait tenté plusieurs fois de s'appliquer déjà – avaient coulés ou débordés.
« | Elrondion… | » Commença Glorfindel mal à l'aise avant que le concerné ne tourne son attention vers lui, lui retirant tout autre mot qu'il est pu dire.
L'elfe brun le regarda un instant l'air stone, ses yeux gonflés et injectés de sang mais se détourna rapidement pour fixer à nouveau la personne alitée, comme s'il ne pouvait se permettre de la perdre de vue sous peine de la voir se volatiliser.
« ǀ Vous m'avez dit vous-même que son état est stable… ǀ » Résonna le Noldo avec le plus de calme possible pour tenter réconforter son ami. « ǀ Il est fort, il s'en remettra…ǀ »
A ces mots, Elrohir se tourna vivement vers l'elfe blond.
— | Qu'en savez-vous ? | Lâcha-t-il sèchement en lui adressant un regard de ressentiment.
Dire que Laurefindil fut surpris par cette réaction était peu dire. Incertain, il chercha une possible réponse qui apaiserait le semi-elfe mais avant qu'il ne puisse en trouver une, Elrohir reprit la parole.
« | Que savez-vous de la capacité de guérison des peredhil ?! | Reprit-il avec le même venin dans la voix. | Que savez-vous de notre capacité ?! | »
Glorfindel chercha de nouveau quelque chose à dire, qui pourrait apaiser son ami mais ce dernier se mit la tête dans les mains et parla avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, échappant un gémissement frustré.
« | Pardonnez-moi… | » Dit-il en un soupir exsangue, regrettant déjà ce qu'il avait dit. « | Il a perdu beaucoup de sang et s'il ne se réveille pas je… | »
Le fils d'Elrond laissa la fin de sa phrase en suspens mais aucun des deux elfes ne souhaitent la voir se terminer ni encore moins imaginer l'hypothèse qu'elle admettait. L'elfe blond acquiesça, compatissant.
Les deux amis restèrent silencieux suite à ça et Glorfindel aurait sursauté s'il n'avait pas perçu des pas approcher avant que des coups ne soient donnés sur la porte. Elrohir lui, ne réagit que lorsque le bruit survint.
Discrètement, une femme en blouse bleue pénétra alors dans la pièce et Laurefindil l'observa, méfiant.
« Son état n'a pas changé… Dit faiblement le semi-elfe à la nouvelle venue sans pour autant quitter le lit des yeux.
— Très bien, êtes-vous sûr de ne pas vouloir autoriser une transfusion de sang ? Demanda la femme brune l'air un peu irritée. Il pourrait ainsi sortir plus rapidement de l'hôpital et poursuivre les soins chez lui ensuite.
— Non. Dit-il simplement. Lorsqu'il s'éveillera nous partirons.
— C'est probablement la seule chance pour votre frère de rester en vie ! S'exclama finalement l'infirmière avec mépris face à l'inconscience dont faisait preuve l'elfe brun ne semblant pas s'apercevoir de Glorfindel qui – toujours assis sur la chaise – la fixait dangereusement, les mains crispées sur les accoudoirs. Comment pouvez-vous refuser ces soins ?!
— Je n'autoriserais qu'aucun don de sang ne lui soit fait ! » S'écria Elrohir à bout de nerfs, se dressant de toute sa hauteur, intimidant malgré son maquillage coulé et vêtements froissés.
Bouillonnant de colère, la jeune femme lui lança un dernier regard de reproche et dégoût avant de rapidement sortir de la chambre. L'elfe Noldo voulut alors demander à son ami ce que la femme brune avait dit mais un gémissement provenant du lit, le stoppa net dans son élan et les yeux des deux elfes convergèrent comme un seul vers la personne allongée.
Sous l'attention complète du semi-elfe qui lui avait saisit la main et du Noldo qui s'était posté au pied du lit, Elladan s'éveilla lentement de son sommeil.
« | A… Adar… ? | Vint marmonner sa voix endormie.
— | El… | Murmura Elrohir d'une voix soudainement rauque, ébranlé par le premier mot qu'avait prononcé son frère à son réveil.
— | El… | Répéta à son tour l'aîné des jumeaux, un sourire se dessinant sur ses lèvres.
— | Oui mon Frère… réveillez-vous… | Prononça tout bas le gothique tout en lui caressant les doigts de son pouce.
— | Où est-ce qu'on est… ? | Demanda alors avec confusion l'autre jumeau ses paupières papillonnant aveugles. | Qu'est-ce qui s'est passé… ? |
— | Nous sommes à l'hôpital, | lui dit calmement Elrohir, | il y a eu une attaque et vous avez été touché… |
Elladan fronça les sourcils ne comprenant pas de quoi lui parlait Elrohir ni pourquoi il le vouvoyait mais tout à coup les souvenirs de ce qu'il s'était passé lui revinrent. Il tenta alors de se redresser brusquement, observant ses alentours – et remarquant pour la première fois la présence de Glorfindel. Ce dernier lui adressa un petit hochement de tête, soulagé de voir que son ami était réellement conscient.
— | Ont-ils pris mon sang ? | Pressa ensuite le jumeau brun, soudainement pris d'angoisse.
— | Non. | Répondit sa paire d'une voix apaisante.
— | Ont-ils… |
— | Je n'ai pas non plus donné d'autorisation de transmission de sang. | Assura également Elrohir repoussant doucement une des mèches de cheveux emmêlés de son frère vers l'arrière.
— | Une autorisation de transmission de sang... ? | Intervint Laurefindil sans comprendre. | De quoi parlez-vous Elrondion… ? |
Les jumeaux se tournèrent de concert vers le Noldo et le concerné répondit alors.
« | Les progrès dans l'art de la Guérison permettent aujourd'hui d'introduire du sang dans le corps d'une personne dans le besoin. | Expliqua-t-il.
— | Mais Elrohir et moi, | Continua Elladan de comme d'un commun accord, | ne sommes pas compatibles au sang humain, aussi étrange que cela puisse paraître. |
Laurefindil montra sa compréhension d'un petit mouvement de tête puis le cadet des jumeaux prit de nouveau la parole.
— | Lorsque le guérisseur arrivera, nous signerons l'autorisation de sortie et partirons. | Répéta-t-il à l'adresse de son frère qui hocha la tête en signe d'accord.
— | Pourquoi ne pas requérir nous-même sa venue… ? | Proposa Glorfindel et Elladan montra son approbation par un nouveau mouvement de tête.
— | Mais… | Opposa le gothique incertain et réticent.
— | Je veillerai votre frère. | Promis Laurefindil.
— | Comment ?! | S'exclama le sujet de discussion, sidéré. | Je n'ai point besoin qu'on me veille ! |
Elrohir et Glorfindel se regardèrent un instant, ignorant apparemment la protestation de l'aîné des semi-elfe, et le jumeau aux cheveux couleur de jais acquiesça finalement avant de quitter la pièce, non sans avant diriger un dernier regard en direction de son frère.
Les deux amis restèrent alors seuls dans la pièce et après un instant, Elladan s'adressa à l'elfe Noldo, hésitant.
— | Comment vous sentez-vous Seigneur Glorfindel ? | Demanda-t-il en le scrutant mesuré. | Vous n'avez pas été blessé n'est-ce pas… ? |
À cette question, Laurefindil leva un sourcil blond incrédule et un brin amusé malgré la situation.
— | Si mon bon sens ne fait pas défaut, vous êtes la personne alitée. | Remarqua-t-il avec un petit sourire. | Je crois donc que c'est à vous que cette question devrait s'adresser. |
— | Je suis allongé dans ce lit après avoir reçu des soins et non pas couché sur un sol froid au milieu de corps inertes, | Dit Elladan d'une voix neutre, ignorant le frisson que ce qu'il venait de décrire provoqua chez son ami. | je pense donc être en droit de m'enquérir de votre santé. |
— | J'étais inquiet, oui. | Révéla Glorfindel minimisant consciemment l'état de panique dans lequel il s'était trouvé avec son ancien élève inerte dans les bras. | Mais heureusement, les guérisseurs humains, une fois arrivés, ont su vous garder en vie jusqu'à votre transport dans cette… Maison de Guérison. | »
Loin d'être satisfait de cette réponse évasive, Elladan voulut poser une autre question à son ami mais il fut interrompu par Elrohir qui entrait dans la pièce le pas énergétique suivit d'un homme en blouse blanche l'air sérieux mais frustré. À leur entrée, Glorfindel pivota sur lui-même, calant immédiatement l'inconnu dans son champ de vision. Immobile, il ne fit pas un geste, il ne prit aucune posture agressive mais ne le quitta pas des yeux.
« Monsieur Adrian Reed ? » Demanda le médecin avant de jeter un coup d'œil à l'elfe blond et se masser la nuque nerveusement.
Il reçut une confirmation du concerné donc il poursuivi.
« Votre frère a exprimé son refus de vous faire une transfusion de sang, » Dit-il alors d'une voix professionnelle d'où pointant tout de même un peu de mécontentement, « êtes-vous en accord avec cette décision ? »
Elladan hocha la tête.
« Êtes-vous conscient des risques auxquels vous vous exposez en refusant ces soins… ? » Continua le docteur sur un ton désapprobateur.
De nouveau il y eut confirmation et le jumeau brun posa alors sa tête sur l'épaule de sa paire, se sentant soudainement épuisé et lourd.
« Très bien. » Céda finalement l'homme à blouse blanche. « Vous devrez tout de même signer une décharge de responsabilité stipulant que vous avez refusé notre aide à un certain point. »
Encore une fois, l'aîné des deux frères exprima silencieusement son consentement et le médecin dirigea alors un long regard préoccupé à Elladan et un autre furtif à Glorfindel – qui ne l'avait toujours pas quitter des yeux – avant de sortir de la pièce.
Les papiers et formalités nécessaires complétés, le médecin quitta encore une fois la chambre et Laurefindil le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il passe la porte. L'Homme revint un instant plus tard avec un fauteuil roulant qu'il avait tout de même préconisé. Avec son aide, le Noldo et le fils d'Elrond purent transférer en toute sécurité le brun comateux et le médecin s'en alla alors définitivement, non sans avant diriger un dernier regard inquiet par-dessus son épaule en direction de Glorfindel. Sortant ensuite dans le couloir, les trois elfes empruntèrent lentement le chemin de la sortie.
Encore sur le trajet, Elladan sembla tout à coup considérer réellement son frère du regard.
« Tu es mal habillé et ton maquillage a coulé. » Remarqua-t-il avec la spontanéité d'une personne se trouvant entre sommeil et éveil.
— Tu dois surement rêver ! Répliqua Elrohir, lui adressant un sourire amusé malgré la fatigue. Je suis toujours dans le vent ! »
Ne se sentant pas la force de rire, Elladan émit un reniflement à la signification incertaine et les elfes continuèrent alors leur cheminement en silence.
Le soleil brillait et le temps était bon à Bears Den Ranch. Pourtant, les deux maîtres de maison s'étaient enfermés dans la chambre d'Adrian avec le nouvel habitant des lieux, emportant avec eux moult plats cuisinés par le chef, sodas et autres nourritures. Pour leur réunion tenue secrète du personnel du Ranch, les résidents avaient également amené avec eux l'ordinateur portable d'Elly, allant être au centre de leur attention et leurs recherches. Plusieurs fois, les employés de la propriété avaient tenté d'espionner les propriétaires par pure curiosité et goût du ragot mais n'avaient pas réussi et – pendant qu'au rez-de-chaussée les employés extrapolaient sur ce que pouvait bien faire Adrian et Elly Reed en compagnie de cet homme blond – à l'étage une toute autre discussion suivait son cours.
« | Cela fait des semaines que nous cherchons et nous n'avons pas trouvé plus que cette piste ridicule de… monstre terrorisant les plages… | Soupira doucement l'aîné des fils d'Elrond, tandis que le gothique assis en tailleur, lui servait de coussin improvisé et lui passait lentement la main dans les cheveux.
— | Voyons, nous avons seulement dû manquer quelque chose… | Répondit Elrohir avec son meilleur sourire animé, refusant de se laisser influencer par le blues des deux autres elfes. | Reprenons voulez-vous, que savons-nous ? |
— | Les edhil ont dû fuir Dôr Rodyn. | Proposa Glorfindel sentant un désagréable sentiment de mal-être le prendre rien qu'en prononçant ces mots.
— | Si vraiment des edhil sont arrivés en Ennorath, ils peuvent se trouver partout et pas seulement aux | Etats-Unis. Résonna le cadet des jumeaux.
— | Et les sources d'informations ne couvrent pas toutes les occurrences se déroulant dans un pays. | Appuya Elladan.
— | Lorsque vous étiez à | San Francisco, | j'ai suivi les informations de plusieurs | journaux | de différents pays. | Confia ensuite le gothique. | Mais je n'ai rien trouvé concernant nos recherches pour l'instant. |
— | Il est vrai qu'avec les faits du moi dernier nous ne cherchons réellement que depuis quelques semaines, | Concéda l'elfe brun, | mais en vérité nous ne savons pas même où chercher… |
— | Si vous pouviez nous en dire plus sur ce qui s'est passé… Peut-être que nous pourrons trouver quelques pistes… | » Hésita Elrohir mal à l'aise avant de finalement grimacer se rendant compte de l'implication de ce qu'il venait de demander.
L'elfe blond considéra son ami un instant puis prit une inspiration.
« | Nous étions un groupe… En réalité quelques rescapés tentant de survivre... | » Expliqua Laurefindil affichant un pauvre sourire ne trompant aucun des jumeaux. « | Nous avons résisté… Pour les terres que nous connaissons… Il y avait de toutes origines mais surtout des Vanyar voyez-vous… ? Mais tous cela a été vain, nous avons à peine tenu une année… Alors Morgoth et ses Maiar nous ont trouvés et… | »
Ici, Glorfindel marqua une pause, apercevant ensuite les yeux des semi-elfe brillés et s'éclaircir d'espoir.
« | Je n'y ai pas vu vos parents. | » Lâcha-t-il avec regret avant qu'Elrohir – étant apparemment le porte-parole des jumeaux cette fois-ci – ne puisse prononcer un mot.
À cette révélation, les deux frères se figèrent alors, comme glacés, et Elladan alla instinctivement trouver la main de son petit frère pour la serrer. Laurefindil lui-même ressentait de l'inquiétude en repensant au Seigneur Elrond et sa femme espérait vraiment qu'ils soient en vie et en sécurité…
« | Mais cela ne signifie pas qu'ils ne soient pas sains et saufs. | » S'empressa-t-il de rajouter. « | Seigneur Elrond est un guerrier plus que capable de se défendre et je ne pense pas que Dame Celebrian, fille de la Dame de Lórien, puisse être qualifiée d'inoffensive. | »
En partie rassurés par les paroles de leur ami, l'instant de panique des jumeaux sembla passer et Elladan retira sa main de sa paire. Mais Elrohir, maintenant les mains libres, se mit à les tordre nerveusement tandis que le jumeau brun se calait un peu plus contre lui, imperceptiblement.
« | Peut-être y avait-il d'autres groupes… ? | Demanda alors le cadet des fils d'Elrond après un moment.
— | …Nous nous étions réfugiés dans les ruines de Formenos. | Relata lentement le Noldo après un instant de réflexion, son expression lointaine. | Certains d'entre nous étaient choisis pour mener des expéditions pour trouver de quoi se nourrir et survivre mais nous n'avons jamais croisés d'autres groupes d'edhil, seulement des meutes hétérogènes de bêtes désorganisées et… | »
Glorfindel ne termina pas sa phrase et, l'air troublé, finit par secouer la tête.
« | C'est tout de même étrange… | Fit Elrohir perturbé voyant après un moment que son ami, gêné, ne dirait rien de plus. | Pourquoi poursuivre de tels agissements désordonnés… ? |
— | Oui, pourquoi… ? | Interrogea Elladan jetant un regard d'approbation vers son frère avant de se tourner incommodé vers son ami. | Si l'Oppresseur a réellement le contrôle sur les Terres Immortelles comme vous le dîtes, pourquoi vous attaquer si tard… ? | »
Glorfindel afficha un sourire sans humour et haussa les épaules à cette question. Un battement, et finalement, il sembla s'affaisser sur lui-même.
« | Peut-être n'étions-nous plus un nombre assez important pour être source de gêne à ses desseins… | » Répondit-il sombrement.
De longs moments semblèrent alors passer, les trois elfes pris dans leurs réminiscences et inquiétudes avant qu'Elladan ne parle à nouveau.
— | Tous cela ne fait aucun sens pour moi... | Déclara-t-il avec frustration. | Si nous ne faisons rien, les quelques survivants aux armées du Seigneur Noir ne tiendront pas longtemps en Terre du Milieu mais nous ne pouvons pas espérer couvrir toutes leurs venues dans les pays du monde sur ces douze derniers mois… |
— | Ces douze derniers mois… ? | » Répéta Laurefindil sans comprendre.
Puis soudainement, les mots prirent sens en son esprit et il observa alors les jumeaux avec un œil nouveau, comme s'il redécouvrait la présence de ses amis dans la pièce.
— | Depuis la prise des Terres d'Aman une année s'est en effet écoulé, | Dit Glorfindel l'air circonspect. | Mais une année Balian et non Solaire. |
— | Elladan, | Demanda Elrohir se tournant naturellement vers sa paire et l'interrogeant du regard, | à quoi se comparerait une année Balian mon Frère… ? |
— | Comment voulez-vous que je le sache ? | Répondit celui-ci prit au dépourvu par la question.
— | Vous savez tous de cela ! | Répliqua le gothique avec un petit mouvement des épaules.
— | Je ne sais pas tous ! | Contra l'autre jumeau l'air buté.
— | Mais vous maîtrisez le quenya ! | Relança le cadet des jumeaux ne pouvant s'empêcher un sourire en coin malgré la situation.
— | Cela ne signifie pas que… |
— | Si vous espériez couvrir la durée se trouvant entre la prise d'Aman et l'arrivée des edhil sur les Terres du Milieu Elrondionnath, | Révéla l'elfe Noldo l'air contrit et pas qu'un peu décontenancé par les deux frères, | il vous faudrait étendre vos recherches sur quelques dix printemps de ces terres. | »
Un silence ébahi s'établit à cette réponse le découragement se faisant de nouveau fortement sentir une émotion presque palpable. Mais, comme tous étaient plongés dans un mutisme complet, Elrohir parla soudainement, brisant la lourde quiétude qui s'était installée avec un soupir défait.
« | Si seulement nous avions quelques pistes… | Fit doucement Elrohir finalement gagné par l'humeur dépressive de ses compères et ne sachant pas vraiment à qui il s'adressait. | Un indice… | »
Un autre moment s'écoula, tous restant silencieux puis, Laurefindil – mettant fin à un terrible débat intérieur – décida de reprendre la parole.
« | Je… | » Commença-t-il mal assuré. « | Je pense en avoir aperçu… | »
Deux paires d'yeux d'un vert identique se tournèrent alors vers lui interrogatives et une autre interruption – stupéfaite cette fois-ci – suivit la déclaration.
— | Vous avez vu un edhel… ? | Voulut s'assurer Elrohir l'air abasourdi et il reçut un hochement de tête affirmatif de la part de son ami blond.
— | En êtes-vous certain… ? | Demanda ensuite Elladan hésitant lui entre surprise et incrédulité.
— | Oui. | Commença par affirmer Laurefindil avant de détourner le regard. | Non… |
— | Je ne comprends pas, | Intervint confus le jumeau aux cheveux noirs, | avez-vous ou n'avez-vous pas vu un edhel… ? |
— | Lorsque le Seigneur Elladan et moi faisions des achats dans ce… bâtiment, j'ai vu une silhouette qui avait le port de l'un de notre peuple, | Répondit le blond l'air un peu déphasé, | et elle m'avait l'air bien vivante… |
— | Bien, | Fit alors le gothique semblant reprendre courage, | nous n'avons qu'à rechercher quelques documentations sur l'attaque du | centre commercial | et peut-être pourrions-nous également interroger quelques journaux ou consulter des professionnels de l'information ainsi… | »
Elrohir interrompit sa tirade lorsqu'il remarqua le regard incertain de Glorfindel puis lui dirigea une interrogation muette.
« | Je l'ai vu mais… elle avait avec elle une de ces armes avec lesquelles les ennemis ont attaqué… | Débuta Laurefindil avec un mélange d'angoisse et de confusion dans la voix. | Et lorsqu'elle l'a activée et que vous avez été atteint je… |
— | Alors cette personne – quelle qu'elle soit – ne peut être un edhel. | Trancha rapidement Elladan l'air subitement pâle.
— | Je suis du même avis. | Conforta sans hésitation Elrohir prenant de nouveau la main de son frère dans la sienne et recommençant à lui caresser les cheveux doucement. | Pourquoi un edhel ferait preuve d'une telle cruauté envers des innocents… ? |
— | Je me pose cette même question Elrondionnath. | Rejoignit Glorfindel en hochant la tête l'air dérouté. | Et l'absurdité de cette possibilité me fait douter de ce que j'ai vu… |
— | Peut-être… | Fit soudainement Elladan ses mots lents et forcés, | que si nous cherchions à comprendre précisément comment se sont déroulés les faits… avec des | vidéos | par exemple, cela nous mettrait sur la piste de la personne que Seigneur Glorfindel a vue… |
— | Il en est hors de question. | Trancha Elrohir avec la rapidité d'une lame fendant l'air. | Je ne vous laisserais pas voir de telles images ! |
— | Il est vrai que rechercher des informations sur l'attaque pourrait nous être utile, | Accorda Glorfindel allant de l'un a l'autre jumeau et choisissant ses mots. | mais je ne pense pas que vous devriez utiliser le fin Palantir pour cela… |
— | Mais qu'avez-vous donc vous deux ? | S'agaça Elladan tout en se redressant pour pouvoir mieux les observer. | Je me sens plus que capable de visionner quelques images. De plus, ceci est le seul moyen que nous ayons pour le moment si nous espérons pouvoir retrouver quelqu'un en vie, alors ne pensez-vous pas que nous devrions le faire… ? | »
Glorfindel considéra son ami brun, se demandant intérieurement si lui-même serait capable de supporter de revoir les morts et les ennemis armés, puis accepta d'un petit mouvement de tête ferme et déterminé. Elladan leva alors les yeux vers son frère, échangeant un long regard entendu avec lui. Elrohir – rigide – opina à son tour. Saisissant ensuite l'ordinateur portable, il le replaça de manière à ce que les trois elfes puissent voir l'écran.
« | Allons-y. | »
