Chapitre 10 : Folle Furieuse.

Parmis ces pensées plus que confuses, une seule question était très nette dans l'esprit du jeune Gryffondor ; qu'allait –t-il bien dire à toutes ces personnes venues pour l'entendre ?

Il croisa le regard de Molly Weasley qui lui adressa un sourire encourageant, les doigts levés en signe de victoire. Il fut si surpris de ce geste qu'il s'autorisa un sourire. Il savait maintenant ce qu'il allait dire.

« - Bonsoir à tous. Je ne vous le cacherais pas, je n'étais pas très pressé de venir à cette cérémonie. Apres tout, on vient de me récompensé pour avoir tué un homme, suppôt du diable, certes, mais un homme quand même. Je ne vais pas vous faire le couplet habituel de la grande bataille, et des dizaines de personnes mortes, dans chaque camps. Je ne vous raconterais pas tout ceci, parce que je pense que une fois de plus mes propos seront déformés, comme ils l'ont été ces dernières années. Et puis c'est aussi un pied de nez à ceux qui voulaient alimenter leur boite à potins. Je ne suis pas le seul à m'être battu, d'autres ont donné leur vie pour me permettre d'accéder à Voldemort. Inutile de frémir, il est mort, et il ne pourra jamais plus nous faire de mal. Alors aujourd'hui je ne vais faire que régler des comptes et remercier ceux qui le méritent. Je vais commencer par les personnes que j'aime, et qui m'ont soutenu au cour de toutes ces années, ou depuis plu récemment, je parle bien sûr de tout le personnel de Poudlard, ces professeurs fantastiques pour la plupart qui m'ont tout appris. Même si certains m'ont plus pourri la vie qu'autre chose, souvenez vous qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre à connaître quelqu'un. »

Harry, en finissant sa phrase, se tourna vers Severus, qui affichait un sourire invisible pour ceux qui ne le connaissaient pas, mais évident pour ceux qui le connaissaient bien.

« - Je remercie également tous mes camarades de Gryffondor, ainsi que ceux qui ont participé à l'AD, et qui portent aujourd'hui le titre de Soldats de Dumbledore. N'oubliez jamais qu'avant de faire partie de l'Armée de Dumbledore, vous étiez des élèves désireux de se défendre et de défendre ceux qu'ils aimaient face au mal. Merci également à Hermione Granger, et à tous les Weasley, pour leur soutien pendant toutes ces années. Vous êtes ma seule famille. Je n'oublierais jamais l'ensemble de l'Ordre du Phœnix, aussi bien ceux qui sont encore parmis nous que ceux qui ont perdu la vie. Un nom parmis tant d'autres : Albus Dumbledore, souvent vu comme un vieux sorcier fou sénile, alors qu'il était sans doute un sorciers les plus intelligents et les plus puissants que la Terre ait porté.

Et puis, comme vous l'imaginez sans doute, et j'en suis sur, au grand plaisir des journaliste, je remercie une fois de plus Drago Malefoy, pour l'amour que je lui porte et que je sais qu'il me porte. Je l'aime, tout simplement. Je tiens également à évoquer publiquement mon affection pour Severus Rogue, qui bien qu'il ait été mon deuxième cauchemar pendant six ans et le sera pendant encore très longtemps, est aussi l'un de mes soutiens les plus ardents, avec notamment Remus Lupin, qui est comme un membre de ma famille. Et en parlant de famille, j'ai une pensée pour mes parents, qui bien que morts depuis des années, m'ont donné la force de combattre jusqu'au bout . . . L'amour reste le secret, quoi qu'il arrive. C'est par amour pour mon père que Sirius Black a voulu le venger, et s'est retrouvé par une odieuse méprise dans une infâme prison pendant douze ans . . . Au jour d'aujourd'hui, il n'est plus parmis nous, mais la place qu'il occupait dans mon cœur est toujours la même . . .

Je ne vois rien de plus à rajouter, sinon que c'est maintenant à chacun de nous de faire en sorte que jamais plus un mage noir ne voit le jour. Je ne saurais que vous conseiller d'être ouverts à plus de choses, même si ça peut vous sembler étrange, ou même inférieur. En tête de liste bien sûr, les moldus, qui bien qu'ils auraient beaucoup à apprendre de nous, pourraient nous faire découvrir à tous des horizons encore inexplorés dans le monde de la sorcellerie. Et puis bien sûr, les homosexuels. Vous allez sans doute croire que je plaide ma cause en pauvre homosexuel qui a dut mal à s'assumer, mais en réalité, si vous m'observez un minimum, en sortant des carcans des scoops, vous vous rendrez compte que j'assume ce que je suis, et ce principalement grâce à Drago Malefoy.

Je voudrais également revenir sur un point. Beaucoup d'entre vous doivent penser que maintenant que j'ai fais mon « boulot », tout sera fait pour m'écarter de la vie de ce pays. Et bien je suis au regret d'annoncer aux personnes se sentant concernées par ceci que je compte rester très présent dans le monde magique, et pas seulement pour mes frasques amoureuses.

Merci ».

Voilà. C'était fait. Il se retourna, et se ré-installa aussitôt sur sa chaise, près de Drago, qui lui prit la main sur table et la serra tendrement. Ce qu'au bout de quelques instant qu'il se rendit compte qu'un silence troublant flottait dans la salle, une de ces silences plus bruyants encore que le pire des vacarmes. Un de ces silences où l'on préfèrerait se pelotonner au fond de son lit, au pire en solitaire, au mieux en compagnie de son amoureux . . .

Harry leva la tête, et vit quelques personnes se lever peu à peu, et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, tout le monde était debout et applaudissait à tout rompre.

Il sentit aussitôt les larmes lui monter aux yeux. Et immédiatement, la main de Drago, qui serrait déjà la sienne, l'attira dans son giron. Il enfouit le nez dans le cou du jeune blond, pendant que celui-ci parcourait son front et sa tête de baisers légers comme des plumes . . .

Il s'était contenté d'être le plus sincère possible, de ne dire que ce qu'il ressentait au plus profond de lui, et il avait réussi à émouvoir toutes les personnes présentes dans la salle, personnes dont certaines l'avaient toujours âprement critiqué. Non, c'était sur, il ne regrettait pas d'être venu, mais d'un autre côté il s'en voulait de se montrer si faible. Que faisait-il dans les bras de l'homme qu'il aimait en un tel lieu et un tel moment ? En réalité, c'était précisément sa place : auprès de qui pouvait-il se faire consoler sinon auprès de lui ? Bien sûr il fallait qu'il finisse de s'habituer à son homosexualité, car, bien que très heureux, il n'était pas encore totalement à l'aise quand il voyait des couples « normaux » alors que lui tenait la main d'un autre homme. Il n'avait pas honte, non pas du tout. Bien au contraire, il était même fier de son couple. Il adorait cette dualité des couleurs : blond et brun, pale et bronzé . . . Mais lui qui avait toujours cherché à être comme tout le monde était une fois encore différent . . .

Avant de se redresser, il leva la tête, et ses yeux tombèrent sur ceux de Drago, qui le fixait tendrement. L'espace d'un instant, il leur sembla qu'ils étaient seuls au monde, sans tous ces rois de la mondanité à la recherche d'une poignée de mains intéressante, de tous ces journaliste en quête du moindre scoop, qui finirait sans doute détourné de façon à le faire voir comme un déséquilibré.

Le blond pencha sa tête et posa ses lèvres sur celles de Harry. Le baiser n'alla pas plus loin, ils étaient tout de même dans une salle de réception avec tout le gratin de la noblesse sorcière, et leur geste de tendresse allait sans doute aucun alimenter les légendes pour les siècles à venir. Drago s'écarta de son homme, et se redressa sur sa chaise, toisant la foule en bas de l'estrade, dont certains avaient un air profondément choqué ancré sur le visage. Mais il s'en moquait. Il était heureux, tout simplement.

Le repas se passa très bien. Harry et Drago se tenaient la main sous la table, comme deux adolescents. En vérité, ils ETAIENT adolescents, pensa Drago. Quand vint la fin du repas, les personnes occupant la table d'honneur furent le premiers à prendre le départ. Et c'est à ce moment là que les choses se compliquèrent. Avant même d'entrer dans la hall, la main de Harry dans la sienne, entouré de badauds, journalistes et autres hystériques, Drago eut un mauvais pressentiment.

Je frissonne. C'est très mauvais signe. Je le fis toujours à mon instinct, il ne m'a jamais trompé. Je sers la main de Harry plus fort dans la mienne. Il me répond en serrant ma main plus fort encore. Et quand nous arrivons à la porte, mon cœur rate un battement tellement le choc est lourd. Debout sur la place devant le ministère, presque nue, Ginny Weasley hurle comme une bonne à l'asile. Harry s'arrête net. Je me tourne vers lui, et le regarde avec curiosité.

Merlin il y a quelques mois j'aurai affiché un sourire supérieur, mais aujourd'hui je ne m'en sens pas capable. De toute façon, avait que j'arrive à réagir, Harry se dirige déjà rapidement vers la folle furieuse qui attire à présent le regards sur elle. Je m'approche aussi, sous les regards des badauds curieux.

- Ginny … Qu'est-ce que tu fais ici ? Murmura Harry en s'approchant de la jeune femme.

- Non mais écoutez le ! Pour qui il se prend ? Tu m'as trahie Harry, tu a préféré ce … ce … ce bon à rien ! Et je devrais me taire ? T'as craqué ou quoi ?

- Ginny, on peut partir si tu veux, et en parler au calme, tous les trois.

- Mais je ne veux pas de ta pitié ! Je ne veux pas de ta tendresse ni de ton amitié ! Je veux me venger ! Oui me venger ! Je t'aurais Potter, toi et ce Serpentard à deux balles ! Et je peux te promettre que tu regretteras d'être né !

Harry recula d'un pas, semblant troublé. Mais une lueur eut à peine le temps de traverser son regard qu'il avait déjà repris de l'assurance. Sans bouger, il lui répond, la voix pleine d'une colère à peine contenue, et ses yeux d'émeraude lancent des éclairs :

- Et bien vas-y ! Je t'en pris ! Mais ne t'attends pas à ce que je te pardonne ou à ce que je revienne vers toi, au contraire, je n'aurai aucune pitié à te faire payer au centuple tout ce que tu me feras. Je ne veux plus jamais te voir !

Et il tourna le dos, rapidement, suivis de Drago qui attrapa sa main, et de Severus et Remus.

La rue, très bruyante quelques instants auparavant, fut plongée dans un silence profond, entrecoupé des sanglots rageurs de la jeune rousse, qui s'était effondrée sur le sol. Bientôt, la foule se dispersa, et les gens s'éparpillèrent, ignorant la jeune folle qui continuait à pleurer toutes les larmes de son corps . . .

Au même moment, Square Grimmaurd.

La porte claqua violemment, annonçant tout de suite la couleur de la fin de journée qu'allaient passer Drago, Severus et Remus. Ils entrèrent à la suite de Harry, qui était partit sans même les attendre.

Cela faisait quasiment sept ans que Severus connaissait Harry, et jamais il ne l'avait vu dans un tel état de rage. Quand ils entrèrent dans le salon, le tapis était parsemé d'objets divers, parmis lesquels des livres, des plumes. Sans doute Harry avait-il passé son bras sur la table.

Remus tenta une approche :

- Harry … je t'en pris … calme-toi.

- Ne me donne aucun ordre ! Tu ne sais pas ce que c'est toi d'être ridiculisé par quelqu'un à cause d'une putain de préférence sexuelle. (désolée pour le mot mais bon … comme dirait ma mère les « gros » mots peuvent avoir une bonne utilisation, et il me semble que c'est le cas ici.) Ce n'est pas à toi qu'on reproche d'aimer un fils de mangemort. Ce n'est pas toi qu'une folle furieuse que tu as aimé insulte de tous les noms ! C'est pas toi … C'est pas toi…, hurla Harry avant de s'éffondrer au sol, les épaules secouées de sanglots. Remus se rapprocha, et pris Harry dans ses bras.

- Harry … Calme toi … Je sais que tu en veux à Ginny, et tu n'as pas tort, certainement pas. Mais quelque part il faut la comprendre. Avoue quand même que votre relation est non seulement très récente, mais aussi pour le moins surprenant. Tout s'est fait très vite entre vous. Non, je ne te fais pas la leçon, car ma relation avec Sev' est toute aussi étrange pour des personnes extérieurs. Même pour toi ça a du être difficile. Mais depuis des années tu vis ta vie, tu réussis à être heureux, malgré tout ce qui peut être dit à ton sujet. Ce n'est pas maintenant que tu dois relacher tes efforts. Surtout pas maintenant que tu as vaincu, et que la prophétie est accomplie. Aujourd'hui, tu le sais, le ministère fera tout pour te garder à sa portée, car tu es un danger pour eux. Un héros pour les sorciers du pays, voir même du monde, mais un danger pour le gouvernement. Alors ne te laisses pas marcher sur les pieds par cette follefurieuse, au contraire, fais d'elle un exemple pour tous ceux qui voudront s'en prendre à toi.

Remus serra Harry dans ses bras encore quelques instants, et se recula lentement avant de sortir de la pièce, suivit de Severus, laissant le jeune brun aux bons soins de Drago.

Je le prends dans mes bras. C'est la première fois qu'il me serre aussi fort contre lui. Je ne sais pas exactement ce qu'il ressent, mais je trouve que Remus a plutôt bien parlé. Plus je le connais, plus il me surprend, ce lycanthrope. Je suis impressionné.

Harry glisse ses mains dans ma chemise, dans mon dos, mais ne va pas plus loin. Il cherche seulement du réconfort. Une partie de moi trouve répugnante cette fragilité apparente, mais une autre partie de moi est ravie que ce soit précisément lui dans mes bras, et qu'il m'ait choisi moi plutôt qu'un autre. Vous devez penser que je suis egoïste non ? Bah, c'est sans importance.

« - Je suis tellement désolé, Drago. Merlin j'aimerais que tu saches à quel point je suis désolé… » Il tremble. J'embrasse le haut de son crâne. Passe mes mains sous sa chemise.

« - Je ne vois pas de quoi, Harry . . . » Malheureusement je ne peux continuer ma phrase, puisque Minerva McGonagall nous interrompt d'un raclement de gorge.

- Monsieur Potter, nous avons besoin de vous.

Harry se leva, et fit face à la vieille femme fatiguée.

- Et pour quoi faire ? Son ton est dur, son regard plus encore.

- Ginny Weasley va être internée dans la section psychiatrique de l'hopital Ste Mangouste. Et nous avons besoin de votre témoignage. Et je pense qu'il serait plus facile pour les parents de la jeune fille que ce soit vous qui leur explique la situation.

Quand Harry rentra dans la demeure des Black, le silence l'assomma. Il avait passé la pire après midi de sa vie.

Il trouva Drago dans le salon, confortablement installé sur une des fauteuils. Il s'assit sur les genous du blond, et entoura son cou de ses bras. Il passa ses lèvres sur celles du serpentard, puis nicha sa tête au creux de son cou.

- Comment ça c'est passé ? Demanda Drago doucement, son souffle caressant les mèches rebelles de Harry.

- Mal. Très mal. Elle a pleuré. Et j'ai du tout raconter à Molly et Arthur. C'était tellement … horrible. Tout le monde a pleuré. J'avais l'impression d'être le méchant qui détruit la famille. Je m'en veut tellement.

- Tu n'y es pour rien mon amour. Elle t'as fait souffrir, t'as abandonné quand tu avais le plus besoin d'elle. Et puis cet internement va lui permettre d'aller mieux. Non je t'ass…

Drago s'interrompit. Harry le regardait, les yeux ronds, et des larmes faisaient scintiller ses cils.

- Que se passe-t-il ? Demanda Drago

- Tu … tu m'as appelé « Mon amour », murmura Harry.

Drago ne répondit pas. Il se contenta simplement de le serrer dans ses bras et de l'embrasser, en essayant de lui transmettre tout l 'amour qu'il ressentait pour lui.