Chapitre 9 : retour à la case départ, enfin presque …

Les semaines passèrent calmement. Je faisais les tours de garde et vérifiai les barrières. Je passais mon temps libre auprès de Cara et mes trésors. Lissa et Christian venaient nous rendre visite régulièrement. Ils étaient sous le charme de leurs petites bouilles. Même la Reine s'est déplacée une fois et a esquissé un sourire à la vue des triplés le jour de leur anniversaire. Elle devait juste dire quelque chose à Lissa mais tout de même. Elle s'est déplacée jusque chez moi ! Et elle a souri à mes enfants ! SABREZ LE CHAMPAGNE !

Ma mère m'envoyait un mail toutes les semaines, me demandant des nouvelles et, surtout, des photos. Beaucoup de photos ! Euh …. Bonjour. Qui êtes-vous et qu'avez-vous de Janine Hathaway ? Mon père venait régulièrement à la Cour aussi et passait du temps avec nous entre deux affaires aux sombres desseins. Enfin, je suppose sombre. Mon père est Zmey, après tout. En soi, j'en sais rien du tout et je ne veux pas le savoir.

Cela faisait six mois que j'étais devenue gardienne quand je reçus une étrange enveloppe. Mon nom et mon adresse à la Cour était imprimés dessus. Il n'y avait pas d'adresse d'expéditeur et ses timbres étaient russes. Ne connaissant pas grand monde en Russie à part les Belikov, je me demandai qui pouvait bien m'avoir écrit. J'ouvris l'enveloppe et il en sortit un pieu d'argent et une lettre. Je reconnus le pieu d'argent. C'était celui que j'avais trouvé dans cette villa de Novossibirsk. Celui que j'avais utilisé pour … Oh non !

Ma très chère Roza,

Il semblerait que tu aies oublié une autre de mes leçons : ne tourne jamais le dos à ton ennemi avant d'être sur qu'il soit mort. Il faudra que nous revoyons cette leçon à notre prochaine rencontre, c'est-à-dire bientôt.

Je dois par contre te féliciter pour la réussite de tes examens. Je regrette juste de ne pas avoir pu assister à ta performance. Cela dit, avec les ravages que tu as fait en Russie, tu n'as pu que briller.

Tu sais, j'ai pensé à bien des choses en attendant de retrouver ta trace. Ton parfum enivrant, tes cheveux soyeux, la douceur de tes lèvres, … J'ai aussi pensé à la manière dont je te ferai disparaître de ce monde. J'y suis obligé, Roza. Je regrette de devoir en arriver là mais tu ne me laisses pas le choix. Ton attitude ne me laisse pas le choix. Tu as refusé de vivre avec moi pour l'éternité. Je ne peux pas laisser en vie quelqu'un d'aussi dangereux que toi. De plus, même si je t'éveillais de force, tu as maintenant tellement d'ennemis parmi les Strigoi que tu finirais par te faire tuer. Et personne d'autre que moi n'a le droit de te tuer !

Sache que maintenant que je sais où tu es, il te sera impossible de te cacher. Il n'existe pas un endroit au monde où il me serait impossible de te trouver. Je te surveille. Il me suffit d'attendre que tu quittes la sécurité des murs de la Cour et là, je t'accueillerai.

Avec tout mon amour,

Dimitri.

Je le savais ! Je n'avais pas pu bien enfoncer le pieu. J'étais trop mal placée. Tout ce temps à m'entraîner sur des mannequins pour rien ! Pourquoi n'ai-je pas usé de magie pour m'en assurer ? Idiote, idiote, idiote !

Bon tant que je reste à l'intérieurs des protections, tout va bien aller. Il faut que je prévienne les autres qu'il est en vie, qu'ils fassent attention. Il va venir aux USA. Pour moi, il ira jusqu'au bout du monde.

oOo

Ne pouvant pas faire grand-chose qu'attendre – je ne vais pas sortir de si tôt des protections, bien sûr – je m'entraîne, je fais quelques potions aussi, j'étudie la magie et j'aide aussi Lissa dans ses recherches sur l'Esprit, du moins quand je ne suis pas avec les triplés.

Alors le temps passa.

Zina, Vlada et Dimka venaient de fêter leurs deux ans quand on découvrit quelque chose dans de vieux écrits : il était possible de faire revivre les Strigoi. Lissa était surexcitée quand elle avait découvert cela. Elle s'en voulait terriblement de son comportement de l'Académie quand je suis partie. Et elle voulait se racheter. Elle voulait sauver Dimitri pour moi. Elle ne savait pas qu'il était le père. Je ne lui avais pas dit, et je ne le ferais probablement jamais.

La perspective de sauver Dimitri de son état de Strigoi me séduisait beaucoup jusqu'à ce que je vois comment on devait procéder pour y arriver. Hors de question de laisser Lissa à moins de deux kilomètres du moindre Strigoi, en particulier Dimitri ! Alors j'ai rejeté cette perspective et perdis tout espoir de le revoir à mes cotés une nouvelle fois. Mon cœur se brisa à nouveau. Et moi qui n'avais pas pleuré depuis longtemps, je laissai couler mes larmes alors que j'étais à l'abri dans mon lit.

oOo

« Maman ? »

« Oui, Zina ? » Je levai la tête de mon journal. Ils étaient tous les trois devant la commode à regarder une photo.

« C'est qui sur la photo avec toi ? »

Je savais que cela arriverait un jour. C'était d'ailleurs pour ça que j'avais mis la photo. Pour me rappeler mais aussi qu'ils puissent avoir une image à laquelle se rattacher. C'était la seule photo que j'avais de moi en compagnie de Dimitri. C'était au bal de l'équinoxe. Je venais de dire une bêtise, pour ne pas changer, et Dimitri m'avait fait un de ses rares et si beaux sourires que je m'appliquais à chasser. On avait été surpris quand on nous a pris en photo. Mais au moins, maintenant j'avais quelque chose de lui.

Je m'approchai d'eux et les fit venir dans mes bras. Je leur fis un gros câlin et leur embrassa le front à chacun.

« C'est votre père, mes chéris. »

« Notre père ? » répétèrent-ils.

« Mais pourquoi n'est-il pas avec nous ? » demanda Vlada.

« Tu te souviens de ce que maman a dit à propos de son travail ? »

« Oui. » Elle réfléchit un moment. « Tu protèges les Moroi des méchants vampires. »

« C'est cela. Votre père s'est battu avec moi pour protéger les Moroi un peu près un an avant votre naissance. Il s'est fait attraper par un méchant vampire. Et il est devenu l'un d'entre eux. »

Ils me firent alors tous un câlin encore plus gros que le précédent. « Je t'aime, maman, » dirent-ils à l'unisson.

Je souris et les serrai dans mes bras. Je laissai couler une larme de tristesse et de joie en même temps pour mes enfants déjà si intelligents et si compréhensifs. « Je vous aime aussi, mes trésors. »