Noël s'était déroulé dans une ambiance de prospérité. Nous l'avions fêté en petit comité mes parents et moi. En même temps je crois que si mes grands-parents avaient été présents, il y aurait eu plus que des étincelles. La semaine avait été particulièrement calme. Après le fiasco du chemin de traverse j'avais été assigné à résidence, à mon grand mécontentement. Mon père m'avait gentiment averti je cite ; "Si tu franchis cette barrière je le saurais et crois moi tu t'en souviendras.". Du coup j'avais préféré me tenir à carreaux. Avec un cinglé comme Grindewald dehors ça ne serait pas prudent de se promener à l'extérieur. Je commençais tout de même à devenir fou enfermé chez moi. Avec soulagement j'attends ma grand-mère près du portail, une tête nouvelle à la maison allait me changer les idées. Mon père était allé la chercher, car aujourd'hui c'est son anniversaire. Il en avait profité pour sécuriser le manoir des Jedusor à l'aide de sortilèges. Par acquit de conscience certainement, mais surtout pour protéger sa mère. Celle-ci étant une sorcière vivant avec un moldu, elle serait une cible parfaite pour l'armée de Grindewald.
Un pop retentit et les silhouettes apparaissent. Mon père a dirigé le transplanage comme il l'avait fait cet été avec moi. Ma grand-mère lui tient le bras fermement, mais elle ne s'en sort pas si mal.
-"Tu t'en sors bien, moi en général je m'étale par terre." Dis-je à ma grand-mère en venant à leur encontre.
-"Ou bien il se désartibule." Me taquine mon père.
Je suis irrité, mon père profite toujours de mon accident pour me rabaisser. Je lui assène un petit coup de poing dans les côtes afin de protester.
-"Arrête ne tape pas ton père !" Me gronde Mérope.
-"Il se moque sans arrêt de moi." Je plaide.
Elle se dirige vers l'entrée de notre maison.
Profitant de mon inattention l'homme en profite pour me faire un croche-pied. Et je m'étale dans la neige glaciale. Je suis trempé, j'aurais dû rester sur mes gardes. Avec Tom Jedusor je reçois toujours la monnaie de mon gallion. Son rire moqueur me parvient et je lui balance une boule de neige. Mais sans difficulté il réussit a ensorceler la boule de sorte qu'elle atterrisse en plein dans ma tête. Puis il se dirige à son tour vers l'entrée sans se soucier de moi. Quel est le crétin qui a inventé la loi interdisant au mineur l'usage de la magie...
C'est donc trempé que je rejoins le salon où les adultes sont installés. Je me dirige vers la cheminée pour me sécher. Une chose est certaine mon paternel n'utilisera pas sa baguette pour me sécher. Je décide donc de m'égoutter devant lui, ma façon de lui dire que j'ai le dernier mot. Il m'ignore totalement. Bien sûr ce n'est pas très intelligent parce que j'ai super froid et je grelotte comme jamais.
Ma mère se rend alors compte de ma présence et me regarde avec des yeux scandalisés.
-"Coba ? Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Tu as l'intention d'inonder le salon ?"
-"J'attends de sécher..."
-"Non mais vraiment... Tu peux être stupide des fois."
Mon père aborde désormais un sourire satisfait. Il a réussi à me faire passer pour le fautif. Niveau vicieux je ne fais pas le poids à côté de lui. Glass sort sa baguette magique et me lance un sort afin de me sécher.
Le reste de la journée s'est déroulé sans altercation. Nous sommes le 31 décembre, certains fêteraient la nouvelle année, nous nous fêtons également l'anniversaire de mon père. On dirait toujours que ça l'ennuie, mais ma mère insiste chaque année pour le célébrer.
Nous sommes en plein milieu du repas, ma mère s'est surpassée. Nous n'avons pas d'elfe de maison, je crois que mes parents ne les aiment pas du tout.
-"Alors, qu'as-tu dit à mon père cette fois-ci ? Que tu fêtais le jour de l'an avec tes copines du club de belote ?"Demande mon père.
-"C'est quoi la pelote ?" Je questionne.
L'homme jette un d'œil vers moi, mais il reporte vite son attention vers sa mère.
-"Je fais ce que je veux Tommy, je n'ai pas d'excuse à trouver pour fêter l'anniversaire de mon fils unique." Répond Mérope.
-"Évidemment..." Il rechigne.
Un petit silence s'installe. Comme d'habitude il y a toujours un froid lorsqu'on parle de mon grand-père. Mais mon père vivant celui-ci ne mettra jamais les pieds dans sa maison. Moi je n'ai toujours pas eu ma réponse.
-"Maman, c'est quoi la pelote ?"
-"La belote, poussin, je ne sais pas." Elle soupire.
-"C'est un jeu de carte." M'explique Mérope.
-"Un jeu de carte moldu ..." Rétorque Tom.
Il a bien insisté sur le mot moldu, son dégoût est perceptible. On s'aventure sur un sujet dangereux, ma mère tente alors de faire diversion et m'entraîne dans le hall. La situation l'a désespère et elle me dit d'un ton exaspéré.
-"Je vais chercher le gâteau, tu vas prendre ton cadeau."
Je rejoins le salon avec la boîte ramenée du chemin de traverse. Cela avait été difficile de le cacher mais j'avais réussi à tenir la curiosité de ma mère à l'écart. Je prends place et patiente. Mon père souffle ses bougies et déballe ses cadeaux. Aucune émotion n'est visible sur son visage. Toutefois, il remercie ma mère en l'embrassant sur la tempe. Moi je sautille presque sur mon siège tellement j'ai hâte de lui donner le mien. Il hausse les sourcils face à mon comportement. Et je lui tends la boîte.
-"Joyeux anniversaire !" Je lui dis.
Il continue de me regarder soupçonneux, mais je ne laisse rien paraître. Finalement, il ouvre la boîte. Et pour la première fois de la soirée je lis sa surprise sur son visage et le sourire sincère qu'il m'adresse me confirme que ça lui plaît. En revanche, ce n'est pas le cas de ma mère.
-"Encore des serpents ! Coba ! Tu ne crois pas qu'on en ait assez avec Nagini !?"
Ma grand-mère s'est approchée curieuse de découvrir le contenu de la boîte.
-"Ce n'est pas des serpents ! C'est un serpent et pas n'importe lequel c'est un Runespoor !"
J'ai capté son intention, car cette dernière s'approche à son tour pour admirer le serpent. Une espèce très rare qui a pour particularité de posséder trois têtes. Il vient du Burkina Faso et en trouver est difficile voir impossible. Leur position a été rendue incartable, car ils ont mauvaise réputation. Seuls les grands mages noir en ont possédé.
-"Bonjour, mes belles." Siffle mon père.
C'est la tête de droite qui répond, celle qui est dotée de la parole.
-"Encore ... siffleur."
-"Incroyable je pensais ne jamais en voir de ma vie. Savez-vous que chacune des têtes ont leur propre rôle. La tête de gauche décide des déplacements, celle du milieu ne fait pas grand chose à part rêvasser et celle de droite permet de communiquer !"
La nature de ma mère a pris le dessus et sa colère fut vite remplacée par sa curiosité. Je ne serai pas étonné qu'elle décide de faire une thèse sur l'animal. C'est un bras autour des épaules de mon père que j'observe le serpent enroulé autour de son poignet. Lui-même est hypnotisé par la beauté du spécimen.
-"Magnifique." Siffle Mérope.
-"Vous pourriez communiquer dans un langage universel tous les trois ? Afin que je puisse participer." Bougonne ma mère.
-"On ne peut pas avoir une grande conversation avec un serpent Glass, ils ne sont pas extrêmement intelligents..." Lui répond Tom.
-"C'est pour ça que papa t'a choisi par rapport à Nagini, intellectuellement tu as d'avantages de vocabulaires... Aie !"
Ma mère vient de me donner une tape derrière la tête. Mon père rigole à ma plaisanterie.
-"Excusez-moi Glass, c'est juste qu'ils sont tellement rares. Et puis en face d'un serpent on ne se rend pas vraiment compte de notre langage."
-"Je ne doute pas de votre honnêteté Mérope, en revanche pour ce qui est de ces deux-là... Tout est bon pour comploter dans mon dos."
Je n'écoute pas les reproches de ma mère. Car soudain un événement me revient en mémoire. Avec l'épisode du chemin de traverse j'avais complètement oublié la rencontre mystérieuse du bar. Et je demande à ma grand-mère.
-"Tu connais d'autres personnes qui parlent fourchelang ?"
La femme se raidit et me fixe. Il y a un moment de flottement, mais mon père prend la parole.
-"Pourquoi tu demandes ça ?"
Le visage jovial de mon père n'est plus présent. C'est avec un air dur qu'il attend que je réponde.
-"L'autre jour au chaudron baveur un type bizarre m'a parlé en fourchelang."
-"Qu'est ce qu'il t'a dit ?" Il me demande aussitôt.
-"Euh, je ne me souviens pas précisément, il m'a d'abord dit que j'étais un sale moldu, traite à mon sang, une hérésie, que je lui avais volé je ne sais pas quoi... Puis après il m'a dit en fourchelang je sais qui tu es."
Ma grand-mère scrute mon père avec inquiétude. Les deux adultes semblent les seuls à comprendre quelque chose à mes paroles. Ma mère intervient.
-"Qui est cet homme ? Mérope ? Tom ?"
Tout comme moi, elle s'est rendu compte qu'il y a un problème. Moi qui pensais que c'était juste un fou de plus sur terre.
-"Je croyais qu'il était parti ?" Demande mon père a Mérope.
-"Je le croyais aussi, tu sais bien que si quelqu'un l'aurait aperçu il serait envoyé à Azkaban sans procès."
Un frisson parcours ma nuque. J'ai entendu parler des gardiens de la prison des sorciers, ils me donnent la chair de poule. Glass s'est alertée à la mention d'Azkaban. Ses bras encerclent désormais mon torse d'un geste protecteur.
-"Comment cela Azkaban ? De qui vous parlez ?"
Après un moment de réflexion et l'approbation de son fils, Mérope répond à ma mère.
-"De mon frère... Il a attaqué des Moldus, il avait quitté le pays à ma connaissance. Je ne l'ai pas revu depuis que Tommy a 12 ans. Il est peu probable que ce soit lui."
-"Évidemment que c'est lui ! Il est complètement dégénéré, il a dû me confondre avec Coba. Il te hait depuis que tu t'es mariée avec mon moldu de père." Réplique Tom avec un coup de poing sur la table.
-"Qu'est-il arrivé à ces Moldus ?" Demande ma mère horrifiée.
Moi je ne pose pas la question, si cet homme à le droit à une place à Azkaban je n'ai pas de doute sur le destin de ces Moldus. En revanche, je suis particulièrement choqué par la révélation à laquelle je viens d'assister. J'ai un grand oncle. Je me souviens de l'aspect pouilleux de cet homme et j'éprouve un profond dégoût. Puis arrive la peur. Mon oncle avait tué et aurait aussi bien pu recommencer avec n'importe qui dans ce bar.
-"Je n'ai plus qu'à lancer un avis de recherche sur ce cinglé ! Comme ci je n'avais pas assez de travail en ce moment !"
Mon père est énervé il est désormais debout et fait les cent pas. Ma grand-mère est bouleversée. Ma mère tente de le calmer.
-"Tom, calme toi, ce n'est pas la faute de ta mère, elle ne savait pas."
-"Je crois que tu ne comprends pas très bien Glass, Morfin est un meurtrier, aujourd'hui tu aurais pu très bien enterrer notre fils au lieu de fêter mon anniversaire."
Mon corps se gaine, c'était bien ce que je pensais, mon grand-oncle était bel et bien un psychopathe. Ma mère me serre encore plus fort, j'en ai mal aux côtes.
-"Je vais te raccompagner maman, je dois aller alerter le ministère."
La soirée a donc été écourtée, mon père est allé directement au ministère de la magie pour lancer un avis de recherche. On s'est retrouvé à deux pour nous souhaiter la bonne année. Je crois que ma mère s'est rendu compte que j'avais eu peur. Du coup il m'a distrait en me cultivant sur le Runespoor. Je lui en suis reconnaissant j'avais bien besoin de me changer les idées. Mon père n'est pas rentré cette nuit là, d'après ma mère il a certainement commencé à traquer mon oncle.
Corrigé le 29/12/2015
Disclaimer ; tout l'univers d'Harry Potter appartient à Jk Rowling, seul quelques personnages originaux m'appartiennent.
