Chapitre 10 : Hôpital et poche de sang

Lorsque Bonnie sortit enfin de la douche sous laquelle elle avait passé un temps considérable à réfléchir à sa nouvelle vie, elle entendit une sorte de bourdonnement à l'étage du dessous. Son ouïe ne lui permettait pas encore de distinguer précisément les choses à cette distance. Cependant, lorsqu'un un énorme craquement retentit, Bonnie reconnut instantanément les signes d'un affrontement. A l'évidence, Mikael, qui ne résistait pas à une occasion d'attaquer Klaus lorsque celui-ci était à découvert, était arrivé. Sans prendre le temps de réfléchir, comme par réflexe, Bonnie enfila les premiers vêtements à sa disposition et courut vers l'origine du son.

Une fois l'escalier à moitié descendu, elle se stoppa devant le spectacle qui s'offrait à elle. Caroline était effondrée au pied d'un mur, apparemment assommée, tandis qu'Elijah était accroché à un autre, les pieds à quelques centimètre du sol, un pied de table enfoncé dans chaque épaule. Enzo, quant à lui, gisait sur le sol, la nuque probablement brisé. Cependant, ce qui glaça réellement le sang de Bonnie dans ses veines fut de voir Mikael au centre de la pièce qui regardait ses enfants de haut avec le pieu en chêne blanc à la main. Comment était-ce possible ? Elle avait pensé qu'avant d'attirer leur père, les Originels avait pensé à prendre le pieu. Comment allaient-ils faire maintenant que c'était Mikael qui détenait la seule arme qui pouvait le détruire ?

Le père des Originels posa son regard sur Bonnie, finalement arrivée en bas des escaliers, et celle-ci frissonna. Elle pouvait lire dans ses yeux toute la haine que lui inspiraient les vampires et plus précisément ceux qui s'associaient, bon gré mal gré, aux Originels.

« Pour ton arrogance, Kol. » lâcha Mikael.

Avant même que Bonnie n'ait pu comprendre sa remarque, ce dernier avançait à pleine vitesse vers elle, le pieu en chêne blanc à la main. Une fois à sa portée, elle le vit lever le pieu dans sa direction. La jeune fille restait immobile, paralysée. Son cerveau lui criait de bouger mais la peur, et le manque d'habitude à la nouvelle vitesse dont son corps était capable, l'empêchèrent de bouger. Elle entendit vaguement Kol pousser un juron avant de courir à son tour vers elle.

Soudain, tout devint flou devant Bonnie. Elle se sentit vaguement prise de nausée mais lutta pour reprendre le contrôle.

Lorsque ses sens lui revinrent, la vision qui s'offrait à elle lui arracha un cri. Kol, ou plutôt son dos, de son point de vue, était transpercé par le pieu. L'Originel s'écroula au sol et Bonnie tomba à genoux à côté de lui sous le regard triomphant de Mikael.

« Espèce d'abruti ! » hurla Bonnie, prise de panique, les yeux perlés de larmes. « Si tu meurs, je meurs avec toi, alors quel est l'intérêt de te sacrifier pour moi hein ?! »

La jeune fille ne voulait pas penser aux sentiments que lui faisaient ressentir la mort de Kol en elle-même. Il était plus simple de se concentrer sur les conséquences que cela avait sur elle. Sa mort. Soudain, l'ancienne sorcière vit un détail qui lui fit froncer les sourcils et fit disparaitre ses larmes. Kol avait son sourire en coin typique… Elle le connaissait suffisamment pour savoir que sa propre mort ne l'amuserait pas du tout. Alors pourquoi ?

« Raté… » se moqua l'Originel à l'adresse de son père.

Bonnie leva les yeux vers ce dernier juste à temps pour voir son expression passer de la satisfaction à la confusion puis finalement à la douleur lorsqu'un autre pieu en chêne blanc lui transperça le cœur. Et celui-là devait être le vrai car Mikael parti en fumée, littéralement, dans une odeur de charogne insoutenable. Derrière lui apparut Klaus, le visage figé entre la surprise et la joie d'avoir réussi.

Dire que Bonnie était sous le choc aurait été un euphémisme. Elle ne comprenait absolument plus rien. Hébétée, elle regarda Kol s'asseoir sur le plancher avant de retirer le pieu de sa poitrine. Dans une grimace, il cracha du sang sur le parquet, sous les grognements de Klaus qui était déjà remis de sa surprise et partait en direction de l'endroit où Caroline était toujours assommée. L'Originel finit par comprendre que Bonnie avait besoin d'une explication.

« Klaus gardait un faux pieu dans le manoir du centre-ville au cas où quelqu'un chercherait à le lui voler. » commença Kol toujours assis en face de Bonnie. « Le vrai, c'est Elijah qui l'avait. On comptait là-dessus pour piéger Mikael. Mais bon, pieu vraiment en chêne blanc ou non, il t'aurait tué avec alors je me suis interposé. En plus, on te doit une faire chandelle. Tu as fait une très bonne distraction pour notre père.»

Bonnie restait bouche-bée. Elle avait désormais assimilée ce qu'il s'était passé. A son grand soulagement, elle n'allait pas mourir. Du moins, pas aujourd'hui. Et c'était déjà ça. Toutefois, Mikael aurait pu les avoir doublés et il aurait pu avoir le vrai pieu tandis qu'Elijah avait le faux. Ce n'aurait pas été une première qu'un plan parfait sur le papier tourne très mal. Kol avait donc réellement pris un risque, même s'il était infime, pour elle. Pour sa survie. Il lui avait déjà sauvée la vie auparavant, pour la chute de l'Autre Côté, pour sa transition. Mais à chaque fois, il avait fait quelque chose de répréhensible en même temps qui avait permis à Bonnie de ne pas trop y penser. Cette fois-ci, c'était différent, il lui avait sauvé la vie sans calculer, sans réfléchir et surtout sans qu'elle puisse lui reprocher quoique ce soit, bien au contraire puisqu'il avait tout de même risquer sa propre vie.

Un drôle de sentiment envahit Bonnie. Une sorte de chaleur qui lui donnait envie de le prendre dans ses bras pour le remercier. La jeune fille chassa cette idée de sa tête et se contenta d'un « merci » chaleureux et d'un sourire que Kol balaya d'un grognement et d'un signe de main désinvolte, sa version du 'de rien'.


Plus tard dans la journée, Bonnie était assise dans un canapé en cuir à lire le grimoire d'Ester alors que Kol jouait au billard un peu plus loin. C'était un livre réellement passionnant et, si elle avait été toujours une sorcière, il était aussi terriblement dangereux. Bonnie le lisait pour s'assurer qu'aucun sortilège de ce livre ne pourrait être utilisé contre eux par Ester. Si elle en trouvait, Klaus lui avait donné l'ordre de les brûler. L'hybride Originel était parti récupérer sa fille et Hayley directement après avoir déposé une Caroline inconsciente dans le lit de la chambre d'ami. Depuis, Enzo, qui s'était réveillé quelque instant après la mort de Mikael, veillait sur elle.

Bonnie jeta un regard sur son nouveau téléphone, en charge, posé sur la table à droite du canapé dans lequel elle se trouvait. Au début, cela lui avait fait un choc de se rendre compte qu'il y avait dans son répertoire plus de numéro des Mikaelson que de ses propres amis. Elle s'était donc fait un devoir d'ajouter ceux d'Elena, de Matt et de Jeremy…

Après la mort de Mikael, l'atmosphère d'urgence qu'elle avait ressentie depuis son arrivée s'était calmée. Ester était toujours un danger, probablement plus grand encore que Mikael, mais il fallait savourer chaque victoire. Et la mort de Mikael, qui s'était passé presque sans dommage, était une victoire. Elle se sentait presque détendue. Un bon livre, un canapé, le silence seulement brisé par le claquement répétitif des boules de billards. Pour la première fois depuis des lustres, Bonnie se sentait au calme. C'est dans ce calme qu'elle avait enfin trouvé le courage d'envoyer un message à Jeremy pour lui demander de ces nouvelles. L'idée de parler de leur relation ne lui avait pas paru judicieuse. Après tout, il était clair que c'était fini, non ? Bonnie ne savait pas si c'était ce qu'avait ressenti Elena en devenant vampire, lorsqu'elle s'est rendue compte qu'elle n'aimait plus Stefan, mais une chose était sûre pour Bonnie, elle n'aimait plus Jeremy. Pas en tant que petit-ami du moins.

Finalement, le téléphone vibra. Un message.

« Quand rentres-tu ? Tu me manques. »

Bonnie fronça les sourcils puis se mordit la lèvre. Elle fixait son téléphone sans savoir quoi écrire. Elle se sentait vraiment coupable…

Avant même qu'il n'ouvre la bouche, Bonnie sut que Kol s'était assis à côté d'elle. Et bien évidemment, il avait lu par-dessus son épaule. La jeune fille se rendit vaguement compte que sa proximité avec Kol ne la gênait plus depuis quelque temps.

« Tu devrais lui dire que tu n'en as plus rien à faire de lui. » conseilla Kol.

Bonnie se tourna vers lui et le fusilla du regard.

« Je n'en ai pas plus rien à faire. »

« Mais tu ne veux plus de lui comme petit ami. »

« Je ne peux pas lui dire ça par message. » se lamenta Bonnie.

A ces mots, Kol s'enfonça dans le dossier du canapé et secoua la tête, incrédule.

« Encore une mode que je ne comprends pas. En quoi est-ce mal de lui dire par message ? Tu as raison mieux vaut le laisser espérer jusqu'à ce que tu le vois… Ou pire ! Que tu lui dise que tu viens le voir, lui faisant croire que tu vas remettre le couvert, pour lui dire à l'arrivée que tu veux le larguer. Enfin je dis ça, je ne dis rien. Moi, voir bébé Gilbert souffrir, ça me va bien. »

Bonnie le fusilla une fois de plus du regard. Elle lui en voulait car il avait raison… Finalement, la jeune fille tapa un long message pour expliquer qu'elle ne prévoyait pas de rentrer dans un futur proche et qu'il valait mieux pour Jeremy qu'il l'oublie, préférant passer sous silence le fait que de toute façon, elle ne ressentait plus rien de romantique pour lui à présent.

Bonnie resta silencieuse après cela. Elle rouvrit le grimoire d'Ester et s'y replongea. Tous ces drames avaient réactivé sa faim…

Lorsque la jeune fille vit enfin Caroline réapparaitre, cette dernière semblait en bonne forme. Elle saisit donc l'occasion qu'elle attendait.

« Caroline, allons faire du shopping. » lâcha Bonnie en marchant vers son amie. Cette dernière comprit après quelques secondes confuses que ce n'était pas vraiment de shopping dont Bonnie avait envie mais bien de sang.

« Bonne idée ! » s'exclama Caroline. « En plus, je n'ai vraiment rien à me mettre ici ! »

Ce n'était pas faux non plus, pensa Bonnie. Peut-être qu'une vraie séance de shopping s'imposait également.

« Allons-y ! » dit Bonnie en débranchant son téléphone pour le glisser dans son sac. Le seul sac qu'elle avait depuis son départ de Mystic Falls.

« Hop hop hop ! Pas si vite mesdemoiselles. » S'interposa Kol en leur bloquant la porte de sortie. « Déjà, avec quoi comptez-vous payer ? Parce qu'on le sait tous, hypnotiser le vendeur, ce n'est bon que pour Rebekah. »

Triomphante, Caroline sortit une carte bleue qui, Bonnie le savait, ne lui appartenait pas. La jeune fille vit du coin de l'œil qu'Enzo venait de descendre les escaliers.

« Contrairement à toi, Klaus a pensé que l'on aurait peut-être besoin de quelque chose. Il a laissé sa carte sur ma table de chevet ! »

« Poule de luxe et fière de l'être. Je suis fier de toi Barbie. » Répliqua Kol pas plus impressionné que ça. « Enfin, si c'est Nik qui paye, je viens. »

« Tu n'as pas le droit ! » contra Caroline, visiblement pas ravie de la nouvelle. Elle et Bonnie échangèrent un regard. Elles avaient voulu aller seule pour pouvoir récupérer des poches de sangs et Caroline savait que son amie ne voulait pas le faire avec Kol. D'où son refus, entre autre, à la présence de ce dernier.

« Roh Barbie, ne soit pas égoïste, ce n'est même pas son argent à proprement parler. En plus, je te rappelle qu'Ester et des loups garous nous veulent toujours morts. »

Caroline soupira mais capitula.

« Enzo, tu viens aussi. Je sens que je vais avoir besoin de quelqu'un pour boire un verre si je dois jouer les baby-sitters. En avant toute ! » s'exclama Kol en sortant.

« La journée shopping tout droit sortie de l'enfer… » marmonna Caroline.


Deux heures plus tard, les quatre compagnons s'étaient tous achetés le minimum pour pouvoir vivre à la Nouvelle Orléans. Sauf Kol qui s'était acheté bien plus que le minimum… Caroline était en train d'essayer une robe d'été hors de prix, dédommagement pour la mauvaise surprise de la petite Hope disait-elle, lorsque Bonnie sentit sa vision se troubler. Elle perdit l'équilibre et dut se tenir à un portant pour ne pas tomber. Kol, qui était à côté d'elle, le remarqua et s'approcha.

« Depuis combien de temps n'as-tu pas bu de sang ? » demanda-t-il avec une inquiétude dans la voix qui continuait de surprendre Bonnie.

« Trop longtemps. » marmonna-t-elle.

Sans attendre, Kol lui pris les sacs qu'elle avait en main et les emmena vers Enzo, lui ordonnant de les ramener avec lui à la résidence des Mikaelson. Ce dernier haussa les épaules, probablement ravi de rester seul avec Caroline.

Après cela, l'Originel rejoignit la jeune vampire et la pris par le poignet, l'entrainant vers la sortie. Bonnie suivit sans se poser de question à part une. Depuis quand avait-elle cessé de se méfier, ne serait-ce qu'un peu, de Kol ?

« Kol » intervint-elle tout de même une fois à l'extérieur. « Je ne suis pas en état de chasser. »

Le simple fait de se trouver au milieu de la foule, de sentir le sang battre dans les veines de tous ces gens et de n'attaquer personne, lui demandait des trésors de concentration et de contrôle. Sans son expérience du contrôle de l'Expression, elle aurait sans doute craqué. Pour l'instant, elle tentait de se contrôler en se concentrant sur Kol. Il continuait de la tirer à travers la foule pour une destination inconnue. La jeune fille faisait de son mieux pour se concentrer sur son dos. Le mouvement de sa veste, de ses cheveux bruns dans la brise de la Nouvelle Orléans. Elle tentait de mémoriser tous les détails pour ne pas perdre le contrôle.

« Je ne suis pas idiot » répliqua l'Originel dans un grognement. « Je t'emmène à l'hôpital. On va récupérer quelques poches de sang. »

Bonnie manqua de trébucher et écarquilla les yeux. L'hôpital ? Elle tenait à peine au milieu de la foule. Comment espérait-il qu'elle se contrôle dans un hôpital ? A l'évidence, il l'avait surestimé. Cependant, Bonnie était bien trop fière. Elle avait gardé ce drôle de réflexe qui était de se montrer forte en toute circonstance face à un vampire. Elle ne dit donc rien et se prépara mentalement à entrer dans un endroit où le sang coulait à flot….

Lorsqu'ils arrivèrent enfin à l'endroit maudit, Bonnie trouvait qu'ils arrivaient à la fois trop tôt et trop tard à son goût. Lorsqu'ils passèrent la porte d'entrée, Bonnie crut que ses jambes allaient la lâcher. Elle sentait ses veines se dessécher en elle et l'hôpital lui faisait l'effet d'un oasis dans le désert pour un homme assoiffé. Cependant, elle ne pouvait pas se jeter dans l'eau comme cet homme l'aurait fait. Des gens mourraient sinon. Et ça, elle s'y refusait. Elle ne craquerait pas.

« Je peux vous aider ? » demanda l'infirmière à l'accueil.

« Le service des dons du sang. » répondit Kol d'un ton un peu sec.

« Troisième étage. »

L'Originel reprit le bras du bébé vampire et la guida à travers le hall jusqu'à un ascenseur. Il enfonça le bouton numéro 3. Une fois dans l'ascenseur, Bonnie se libéra de Kol et se laissa aller contre la paroi. Elle avait pensé trouver asile dans l'ascenseur. Un endroit où elle ne sentirait plus le sang environnant. Elle se trompait. Plus ils montaient plus l'odeur devenait forte. Un gémissement presque pitoyable lui échappa lorsqu'ils passèrent devant le premier étage et que les crocs de la jeune fille sortirent de ses gencives.

« Bonnie. » l'avertit Kol en regardant anxieusement vers la porte.

Cette dernière voulut lui dire qu'elle faisait de son mieux pour se contrôler mais sans succès. Elle passa une main sur ses crocs alors qu'un autre gémissement lui échappait. Elle allait se laisser glisser contre la paroi jusqu'au sol, à bout de force, lorsque Kol la rattrapa en passant un bras autour de ses hanches et l'aida à s'appuyer contre lui.

« Merde ! » jura-t-il en bloquant l'ascenseur entre deux étages. « Toi et tes poches de sang. Dès que la faim te prend… Ca n'arriverait pas si tu buvais du sang humain à même la veine. »

« Je ne veux pas tuer. » insista Bonnie, d'une voix plus faible qu'elle ne l'aurait souhaité, en posant sa tête contre l'épaule de l'Originel.

Ce dernier ouvrit la bouche, prêt à relancer le débat, mais il se ravisa et se contenta de soupirer pour se calmer. Ce n'était pas le moment. Bonnie était là, gisant contre son côté gauche, à bout de force, il garderait la leçon pour plus tard. Pour l'instant, l'urgence était de l'aider à se nourrir. Cependant, la probabilité qu'elle arrive à prendre une poche de sang avant d'avoir massacré l'hôpital entier était faible. Autre problème, il n'était plus en campagne. Ici, à la Nouvelle-Orléans, les humains connaissaient l'existence des vampires et le massacre d'un hôpital causerait une guerre. Pour la même raison, Kol ne pouvait pas faire comme à l'hôtel et tuer un humain au hasard. De plus, Bonnie ne serait sûrement pas aussi docile cette fois-ci. Le vampire avait beau chercher des solutions, il n'en voyait qu'une… Et elle ne lui plaisait pas beaucoup. Il n'avait jamais fait ça avant et avait juré ses grands dieux de ne jamais le faire. Si Rebekah l'apprenait, pensa-t-il en soupirant une fois de plus.

Bonnie était vraiment un problème ambulant ! Pour une raison qu'il n'arrivait pas lui-même à comprendre, il n'arrivait pas à se débarrasser d'elle. Pire ! Il aurait pu se contenter de la laisser tuer un humain dans la foule tout à l'heure et fin du problème. Mais non ! Non content d'avoir ce besoin incontrôlable de l'aider, il ne pouvait pas s'empêcher de faire en fonction de son avis. Elle ne voulait pas se nourrir d'humain alors comme un bon crétin, il l'avait emmené jusqu'à l'hôpital et voilà où ils en étaient. Une belle réussite ! Il se sentait vraiment pathétique. Plus jamais il ne se moquerait de Nik lorsqu'il obéirait à Barbie ! Enfin… Si, quand même. Parce que Kol était de mauvaise foi par nature.

Un nouveau gémissement de douleur de Bonnie le ramena à la réalité. Il n'avait pas vraiment le choix. Si quelqu'un l'apprenait … Il le tuerait.

« Bonnie » l'appela-t-il en la plaçant plus dans ses bras que contre son épaule. « Tu dois boire sur moi. »

« Non. » vint la réponse immédiate de l'ancienne sorcière qui, malgré sa tentative, n'arrivait pas à se relever de contre lui.

Kol fut tenté de se vexer d'un refus aussi immédiat. Il lui faisait un honneur et elle réagissait comme s'il s'agissait du sang d'Elijah !

« Tu n'as pas vraiment d'autre option » contra Kol, sidéré de devoir défendre une idée que lui-même n'appréciait pas.

Il sentit les crocs de Bonnie contre le bord de son tee-shirt et eut un sourire en coin. S'il faisait quelque chose de bien, cela ne voulait pas dire qu'il était obligé de jouer fairplay, n'est-ce-pas ? L'Originel se baissa donc légèrement et étreignit réellement Bonnie dont il sentait désormais les crocs contre son cou.

« Qu'est-ce-que ? » lâcha-t-elle indignée.

Puis, rapidement, le sang qui battait dans ses veines lui coupa la parole. Kol sentit les mains tremblantes de la jeune fille se détacher de son tee-shirt pour venir se glisser contre son cou. L'une se posa sur la jointure entre son cou et son épaule, sous le col de son tee-shirt, alors que l'autre passa dans ses cheveux. Ses crocs effleurèrent sa carotide dans un soupir. Kol la serra plus fort lorsqu'elle plongea finalement ses crocs dans ses veines. Il laissa son dos se poser contre la paroi de l'ascenseur et fixa le plafond alors qu'il sentait son sang quitter son corps. Il pensa vaguement que Rebekah avait raison, c'était une sensation étrange. Se laissant aller à l'instant, il passa une main dans les cheveux de la petite vampire. Finalement, il fut obligé de les lui tirer pour la faire reculer.

« Bonnie, tu vas m'arracher la tête si tu continues. Et j'aime voir ma tête sur mes épaules. »

La jeune fille se recula péniblement, et encore, à peine assez pour planter ses yeux perdus dans ceux de l'Original. Kol put y lire du dégout envers elle-même, ainsi que de la honte mais aussi autre chose, du désir. Un désir presque animal lié à son état de vampire et à sa soif de sang, Kol le savait, mais elle non. Et cela semblait la terroriser. Ce qui l'amusa. Il lui sourit et passa une main près de ses lèvres pour essuyer le sang frais qui y coulait encore.

« J'en reprends une goutte, tu veux bien ? » plaisanta-t-il. A moitié. Elle avait vraiment bu beaucoup.

La jeune fille le dévisagea d'un air outré mais ne bougea pas. Kol pensa en souriant qu'elle ne s'était sûrement pas encore rendu compte de leur position. Elle dans ses bras, enfin avec un bras autour de sa taille désormais, avec ses deux mains posées sur son torse.

Kol lécha ses doigts et s'amusa du dégout qu'il provoqua chez la vampire. Il décida de la pousser un peu plus.

« Tu sais, je l'avais déjà remarqué l'autre fois mais tu as une manière très sensuelle de boire du sang. Si le porno vampire existait… »

Encore une fois, Bonnie resta bouche bée, immobile. Il voyait la colère dans ses yeux et il aimait ça. Un peu trop à son propre goût. Soudain prit d'une impulsion délirante, Kol se racla la gorge.

« Bonnie, tu me fais confiance ? » demanda-t-il en reposant sa main sur l'autre hanche de la jeune fille.

« Ca dépends pour quoi. »

« Je veux essayer quelque chose. Ferme les yeux. »

Il vit la panique dans les yeux de la jeune fille. Puis la réalisation. Il ne pouvait pas se voir dans un miroir mais il supposait qu'il ne fallait pas être un génie pour comprendre. Cependant, même si Kol avait une fâcheuse tendance à agir d'abord et penser après, il ne ferait rien sans son accord à elle. Pas question qu'il porte le blâme tout seul !

Tout d'abord, il pensa, espéra même !, que Bonnie allait l'envoyer bouler voir même le gifler, s'il se fiait à la lueur dans ses yeux. Cependant, à sa grande surprise, il la vit déglutir puis fermer les yeux. Kol se retint de rire lorsqu'il la vit ainsi, les yeux fermés, dans ses bras, mais droite comme un i et complètement raidi. Finalement, il se releva de contre la paroi de l'ascenseur et commença de se baisser vers la jeune fille. Son esprit lui criait d'arrêter ses idioties mais malheureusement, le sang de Kol avait tendance à se concentrer ailleurs dans ces moments-là. Il posa donc doucement ses lèvres sur celle de la jeune fille, les effleurant à peine pour tester le terrain. Il savait qu'elle était encore capable de le gifler… Il sentit ses doigts fins se refermer en poings contre son torse et prit cela pour un bon signe. Il posa donc ses lèvres sur les siennes avec plus d'insistance et gouta le sang encore vaguement sur sa lèvre inférieur avant de se reculer de quelques millimètres. Il ne ferait rien de plus si elle ne venait pas à lui. Il le disait et le répétait, il pensait déjà que c'était de la folie alors pas question de porter le chapeau !

Il vit les yeux de Bonnie se rouvrir doucement pour planter ses yeux verts dans les siens. Elle semblait à la fois perdue et … frustrée ? pensa-t-il avec amusement. Quoiqu'il en soit, il ne dit rien et resta là où il était. Il vit l'étincelle dans ses yeux. Elle avait compris.

« Va au diable. » murmura-t-elle avant de passer une main dans ses cheveux et l'autre dans son cou et de l'embrasser à son tour.

Le mélange du baiser - donné volontairement par Bonnie, s'il vous plait ! - et du sang désormais présent sur leurs lèvres rendait Kol complètement incapable de penser à autre chose. D'un mouvement rapide, il saisit Bonnie par l'arrière des cuisses et la souleva à sa hauteur avant de la plaquer contre une paroi. Il fut rassurer de voir qu'il n'était pas le seul à perdre les pédales lorsqu'il sentit les jambes de la jeune fille autour du lui. A sa décharge, il n'y avait plus un milligramme de sang dans son cerveau. Tout était ailleurs… Bonnie le sentit contre elle et gémit, ce qui fit grogner Kol avant qu'il ne glisse sa langue contre celle de la jeune fille.

Les limites et les barrières présentes quelques secondes plus tôt n'existait plus. Kol avait conscience qu'il aurait pu être plus doux mais il n'en avait pas envie et Bonnie ne semblait pas s'en plaindre. Au moment où Kol passait une main sous le top de la jeune fille, il pensa vaguement qu'il avait passé le point de non-retour. Il s'était trompé.

D'un seul coup, les portes de l'ascenseur, qui avait redémarré avec la secousse, s'ouvrirent sur une foule bouche bée. Kol tourna la tête pour les dévisager, un sourcil arqué.

« Kol. » supplia Bonnie, rouge de honte, les mains toujours sur ses épaules. « Pose-moi. S'il te plait. »

L'Originel s'exécuta alors qu'un homme dans la foule murmurait un « La jeunesse… » amusé.


A/N : Ah Ah ! Voila enfin le chapitre que beaucoup attendait, je suis sûre ! J'espère que la scène du baiser est réussie :) Je sais, la mort de Mikael est rapide, mais je suis parti de l'idée qu'il ne travaillait pas avec Ester. L'attaque d'Ester sera plus élaborée.

Réponse aux reviews anonymes : (car j'en ai eu plein et faute de nom, je réponds à tous en même temps).

Oui, il y aura probablement d'autres souvenirs de Kol.

Davina est un personnage important dans la fiction (pour un personnage secondaire). Je ne détaille pas les points de vue de tous, comme celui d'Elijah, relégué au seconde plan, car sinon il pourrait ne rien se passer pendant plusieurs chapitres.. De plus la fiction n'est pas sur la relation Hayley/Elijah où je me contenterai de copier The Originals donc si vous voulez voir ça et bien il faut regarder la série lol. Pour ceux qui l'ont vu, relire les moments entre eux serait juste ennuyeux. Bref ! Il n'y a pas, pour l'instant, de POV d'Elijah prévu. Cependant, c'est une idée d'en mettre un pour l'épilogue.

Tyler va revenir. Pas avec les Mikaelson cependant mais oui, il va revenir.

Ester sait pour Caroline. Elle l'a vu au bal donné par les Mikaelson (je suppose). Et celle qui a supposé de l'importance de ce détail a mis le doigt sur la suite des évènements ;) enfin presque !

Pour l'aide de Kol, je ne peux rien dire où je vais me spoiler toute seule mdr

Pour la jalousie de Klaus, j'ai beaucoup peiné à me décider mais lorsque l'on voit, dans la série, son comportement face à Tyler, il est jaloux certes mais pas outre mesure. Je pense que Klaus est tellement persuadé qu'il finira par avoir Caroline qu'il est au delà de la jalousie. Il s'amuse de ses histoires d'amour comme s'il s'agissait des amourettes d'une lycéenne.

Réponse aux reviews :

Carabes : Oui, avec un pseudo c'est mieux. C'est bien plus facile de répondre. Kol va mettre le bazar, dans une certaine mesure. Disons qu'il va le mettre autant que Bonnie va le laisser le mettre mdr. Les prochains chapitres sont assez ''sérieux" disons, mais à partir du 16, 17 le grand n'importe quoi de Kol redémarre ;)

Petit ciel : Pour le côté dark, que ce soit de la fiction ou des personnages (Bonnie et Caroline en l'occurrence), désolée, je ne sais pas écrire le ''dark'' pour moi Bonnie et Caroline sont comme je les dépeins jusqu'ici, pour qu'elle change comme cela, il faudrait par exemple la mort d'un être cher... Et ce ne serait que temporaire. Je ne sais pas encore si je vais faire cela ou non. A voir. Toutefois, plus j'écris cette réponse, plus je me dis que c'est une idée ;) Surtout pour Caroline... Ouuuh tu m'as donnée une idée. Je la note mdr.

Elsa : Oui, j'ai bien rit à écrire ce moment parce que c'est vrai que ce sont des habitués de la catastrophe en tout genre. Et pour la publication, j'avais prévu de publier plus tôt car le chapitre 9 était un peu un préparatif pour celui-ci.

Calypso : Pour le coup de l'espion, c'est une idée... Ca pourrait me servir mais dans longtemps car pour le moment tout est planifié jusqu'au chapitre 20-23 environ mdr J'espère que ce chapitre est à la hauteur de tes attentes :)

Clara : Ravie que tu aimes Enzo malgré tout. Que l'on soit Klaroline ou non, c'est quand même plus sympa quand on apprécie tous les personnages principaux d'une fiction.

LoveMikaelson : Alors pour Bonnie et Kol, en gros Bonnie va se retrouver à expliquer à Kol comment on passe dans une relation de couple et c'est assez drôle car elle même n'est pas sûre de vouloir de cela avec Kol. Klaus va être un peu jaloux. Il va surtout, dans quelques chapitres, passer ses nerfs sur Enzo (comme par hasard) qui n'aura rien fait. On verra aussi Klaus avec Hope :) même si ce sera très bref. Comme tu l'as vu, Mikael est out mais le combat contre Ester sera beaucoup plus compliqué et élaboré :)

Marion60 : Les fanfictions à la pause déjeuner. Ca me rappelle moi mdr. Et Kol, contre sa mère, sera, disons... Kol :P Egal à lui même. Mais je pense réussir à surprendre :)

Alina : Pas de Geneviève au programme car euh... je la croyais morte mdr ce n'est pas le cas dans la série, j'ai vérifié mais je ne sais pas pourquoi j'étais sur que si (je le voulais trop je crois ...) Et oui, Enzo était en vadrouille pour trouver des infos, découvrir la ville et se nourrir ;)

LaurieBerry2365 : Non, Hayley ne va pas changer. Je la trouve bien comme cela. La zenitude ''effet bébé'' mdr. Pour l'attaque, tu as ta réponse et je pense que pour le Kennett, tu es servie mdr. Pour Enzo, je suis sadique, je te le fais aimer pour le faire disparaitre xD mais il revient (un peu) bientôt puis s'efface sur un chapitre pour du Klaroline et revient en force vers le chapitre 16 :)

Bonnie : Marcel n'avait pas l'air de savoir dans The Originals... Je crois que ce sont les rédacteurs qui ont zappé ce détail...

Odessa : Enzo est parti manger mdr et trouver des infos. Ils se sont tous échangé les numéros en arrivant à la NO. J'ai fait comme dans la série. Ils ont toujours les numéros de tout le monde mais on ne les voit jamais se les donner mdr. J'espère que ce dixième chapitre t'a plu, je pense que oui ;)

Merci aussi à Kahoko.S, caline, Bonita, fleur bleue et caroline chrie. Merci pour tous vos encouragements, c'est vraiment super ! Dès que je reçois un de vos messages, je me mets à avoir des idées pour la suite et j'écris direct ! C'est fou ça ! Mon cerveau est la voiture et vous êtes l'essence :) Merci beaucoup à tous !

A suivre : Un chapitre dédié à Caroline et à sa relation avec Klaus et Enzo. Moment Klaroline aussi :)