Titre : L'aube
Raiting : PG-13
Auteur : Potions et Botanique
Fandom : Harry Potter
Pairing : Draco/Neville
Ioánnis Koukou (1831-1900): Ministre de la magie grec (1870-1899) au plus long mandat, il reste connu pour une réforme novatrice des écoles de la magie grecque, un dossier épineux avec le plus haut taux d'écoles magiques par pays du monde.
Ioánnis Koukou (1831-1900): Ministre de la magie grec (1870-1899) au plus long mandat, il reste connu pour une réforme novatrice des écoles de la magie grecque, un dossier épineux avec le plus haut taux d'écoles magiques par pays du monde.
Le réveil n'a pas véritablement été aussi matinal qu'à Taxus Hall. Draco et Neville ont pris le temps de se réveiller l'un contre l'autre, entre baisers et caresses éphémères, car c'est la première fois qu'ils ne doivent pas se présenter à l'inspection au petit-déjeuner .
Ils ont fait un saut à Taxus Hall pour se changer, où ils ont salué Augusta Longbottom, lèvres pincées et regard furieux. Draco refuse obstinément de se sentir coupable d'être arrivé aussi tard à ses yeux. Il est juste heureux d'avoir été dans cette bulle de bonheur avec Neville. Inconsciemment, il se trahit : le regard plus doux, sa main qui se pose bien plus facilement aux creux de ses reins, sans raison valable, si ce n'est le plaisir d'être avec lui...
Le jugement de Lucius et Narcissa est rendu à 13h00. Une demi-heure a été offerte à Draco pour les voir après. La première fois en trois mois, sans chaperon, sans contrainte. Si Narcissa n'a que l'obligation de rester à domicile pendant un an, avec une sortie par semaine pour son fils et une toutes les deux semaines pour son époux, Lucius est condamné pour cinq ans à Azkaban, assorti de quinze ans de déchéance de ses droits civils. Ce qui fait de Draco le chef de famille officiel.
Neville était avec lui quand le jugement a été rendu, se laissant stoïquement broyer la main, mais il n'a pas été autorisé à rentrer avec lui et Draco l'a laissé à regret de l'autre côté de la porte avant d'entrer dans la pièce et de se jeter dans les bras de sa mère. Aucune lettre, aussi quotidienne soit-elle, ne peut remplacer cela.
Leurs condamnations ont été plus que magnanimes et ils en ont tous les trois conscience. Si les magistrats n'avaient pas jugé ces derniers temps des criminels bien plus terribles, Lucius aurait eu droit à plusieurs condamnations à vie et l'horreur de ses ex-collègues a finalement servi à le rendre moins terrible dans les yeux de ses juges.
Relâchant son étreinte sur sa mère, Draco enlace son père tout aussi fort. Avant Neville, il ne l'aurait jamais fait. Avant Neville… Il y avait tant de choses qu'il ne faisait pas avant son actuel petit ami.
Et… Draco a beaucoup réfléchi depuis la fin de son propre procès. Il avait été prêt à renoncer à Neville en cas de condamnation, mais ce jour-là le brun l'avait ramené, libre, comme un cadeau d'anniversaire cela avait cimenté la décision de Draco.
Il refusait de le quitter maintenant. Il avait pris sa décision, en son âme et conscience : il allait demander à Neville de l'épouser. Pas tout de suite, non, sûrement pas, il était encore assez réfléchi pour voir que ce n'était pas le moment, amoureux ou pas, mais… Il n'imaginait plus qu'une vie soit possible sans son petit ami avec lui. Et quelque part, il a la conviction que Neville ressente la même chose, aujourd'hui.
Lucius a quelques secondes d'étonnement, quand son fils le prend dans ses bras comme il l'a fait avec sa mère, avant de répondre. Il a bien changé. Il avait découvert, à l'issue de la bataille que Draco était visiblement suffisamment lié au gamin Longbottom pour que celui-ci se batte pour lui épargner la prison préventive d'ici son procès et s'affiche main dans la main dans la Grande Salle.
Il y a quelque chose dans les yeux de leur fils quand ils leur avaient annoncé tous les deux que Draco résiderait à Taxus Hall, chez les Longbottom. Le même quelque chose que lui avait pour Narcissa, des années plus tôt, après leur mariage. Au moins, avait-il pensé, Draco avait eu le bon goût de le choisir Sang-Pur et du côté des vainqueurs de cette guerre. Il n'y avait presque aucune chance qu'il arrive quoique ce soit à son fils grâce à cela. Dommage, qu'il n'ait pas choisi une femme pour la suite de la lignée Malfoy, néanmoins. Enfin, il pourrait toujours avoir une aventure avec une femme et ramener l'enfant adultérin dans son mariage, ce ne serait pas le premier Sang-pur à faire ça.
- Je suis heureux de vous voir, murmure Draco alors qu'ils s'installent tous les trois autour de la table.
- Nous aussi, mon chéri, répond Narcissa sans aucune hésitation.
Le silence retombe, alors que le plus jeune semble chercher comment formuler la suite. Il ne voit pas le regard entre ses deux parents.
- Je suis amoureux de Neville, finit-il par annoncer. J'ai toujours suivi vos demandes, mais… Je ne souhaite pas le faire au prix de ce que nous bâtissons. Est-ce que vous comprenez ?
Sa question est presque une supplique. Aussi dangereux que ses parents pouvent-être aux yeux de la société, ils restent ses parents et il ne peut faire autrement que les aimer.
Narcissa hoche la tête, sachant que ce qui compte à cet instant, c'est aussi la position de Lucius comme chef de famille.
- Nous ne te demanderons pas d'aller contre ta relation avec Neville Longbottom, Draco. Ce n'est pas le choix que nous aurions fait pour toi, mais… Il ne te met pas en danger et au contraire, il semble te rendre heureux.
Pour la première fois depuis longtemps,ils entendent le rire de leur fils.
- Vous n'imaginez pas combien, Père. Il me donne l'envie insensée de déjà l'épouser.
Le sourire de Narcissa se fait plus doux, laissant percevoir combien son fils lui ressemble physiquement.
- Il faut prendre ton temps, Draco, pour t'assurer que ce sera un mariage pour lequel tu te battras. Tu es trop jeune pour t'en rendre compte, mais il y a toujours des tensions et des disputes. Et il faut décider de se battre pour continuer à être des époux et non, deux simples inconnus vivant sous le même toit, lui explique-t-elle, en serrant ses mains dans les siennes.
- Tu es intelligent, mon fils. Il ne te faudra pas deux ans pour arriver à savoir si ce sera un mariage pour lequel tu feras le nécessaire ou non. A ce moment-là, tu devras agir pour ne pas plus le faire attendre ta demande.
Le jeune homme dévisage son père, sous la surprise. Lucius venait ni plus ni moins de lui dire de ne pas attendre la fin de ses cinq ans d'emprisonnement pour se marier avec Neville.
La seule chose qu'il arrive à faire, à cet instant, est de serrer les mains de ses parents aussi fort qu'il peut.
Il a leur bénédiction.
Quand il ressort, une certaine sérénité est présente en lui. Lucius et Narcissa ne s'opposent pas à sa relation avec Neville. Bien au contraire. Ce n'est pas ce qu'ils auraient choisi pour leur fils, mais… Leur fils semble si heureux d'être avec lui. Il pensait au début que Draco avait peut-être fait le choix de la sécurité, qu'il avait peut-être un peu manipulé le fils Longbottom pour être protégé après la guerre. Sauf que ce n'est pas le cas. Leur fils est bel et bien amoureux.
La seule crainte de Lucius, qu'il n'ose partager avec son enfant, est que peut-être Neville finira pas se rendre à l'évidence que Draco n'est peut-être pas ce que ses proches penseront le mieux pour lui et qu'il cédera sous leurs demandes.
Mais pour l'instant, il entend juste le rire habituellement si rare de son fils. Il voit juste ses yeux qui brillent en pensant au jeune homme. Il voit juste son fils heureux.
Alors, Draco est là, attrapant la main de son petit ami, lui offrant un sourire.
Neville respire un peu plus facilement après le jugement. Les Malfoy s'en sortent bien, au vue des chefs d'accusation, surtout vu l'absence de Détraqueurs à Azkaban nouveau modèle. Lucius peut dire merci à Narcissa d'avoir sauvé Harry, cela a probablement joué pour lui éviter trente ans derrière les barreaux.
Et en même temps, il lui faudra bien probablement ces cinq ans à lui-même pour pouvoir regarder uniquement Lucius comme le père de Draco, pas comme la figure de cauchemar du ministère, prêt à tuer ou torturer des adolescents...
Il en est à se demander s'il ne faudrait pas embarquer tout l'AD, Draco en prime, chez le psychomage pour éviter les névroses quand son amant revient. Sans même y penser, ils se sourient.
- Un déjeuner tardif en forme de pique nique sous les charmilles à Taxus Hall, ça te dit ? Propose-t-il après avoir liés leurs mains. Granny a fait un saut sur l'île de Man pour voir une vieille amie, elle ne rentrera que pour dîner.
Le sourire de Draco se fait un peu plus franc à cette idée.
- Avec plaisir. Juste toi et moi pour ne rien gâcher. Il faudra juste que j'abuse de tes jolies mains pour me passer de la potion contre le soleil. Vas-tu te dévouer ? Murmure-t-il alors qu'ils prennent la cheminette.
Aussitôt sorti de l'âtre, Draco passe la main dans les cheveux de Neville, pour l'attirer contre lui pour l'embrasser.
- Je t'aime. Ils savent et… En quelque sorte, ils nous ont donné leur bénédiction.
Et d'embrasser encore son petit ami, avant d'ajouter :
- Merlin, si tu savais combien tu me rends heureux.
Neville éclate de rire, saisissant son amant par la taille pour le faire tournoyer, sans difficulté tant la masse musculaire est en sa faveur.
- Merlin, si on m'avait dit qu'un jour la bénédiction de tes parents me comblerait d'aise !
Il n'aime pas Lucius, mais alors pas du tout, et ne connaît pas Narcissa, mais ce qui est important pour Draco est important pour lui. Alors il rit, le ploie sous lui pour le couvrir de baisers dans l'exultation du jour, et Draco, tellement sur la défensive avec le reste du monde, le laisse faire, car les rires et les baisers de Neville sont envoûtants, intoxicants et il a confiance en lui. Savoir que quelqu'un ne nous fera aucun mal rend bien des folies plus faciles.
Et sous l'ombre des vieux charmilles, le pique-nique se prolonge en une agréable sieste champêtre, où Draco se réveille en premier, et choisit de laisser Neville dormir. Il sait que la dispute avec sa grand mère a touché l'autre jeune homme, et il a bien besoin de récupérer les insomnies que cela lui donne.
Il passe la main dans les cheveux bruns et s'esquive discrètement, bien décidé à aller se perdre un moment dans la grande bibliothèque.
Dix minutes plus tard, c'est une petite voix aiguë qui réveille Neville pour annoncer que trois sorciers sont dans le hall d'armes et demandent à le voir. Curieux, avec encore sur la joue la marque du pli de la couverture où il appuyait sa tête, un peu d'herbe sur la robe formelle qu'il a enfilé pour le Magenmagot, il pénètre dans la pièce... Pour y trouver Hermione, Harry et Ron. Apparemment, ils sont venus lui remonter le moral, persuadés que Draco s'est envolé dès que possible. C'est plus fort que Neville, il éclate de rire.
C'est avec un volume plus que conséquent sur les croyances celtes -il ne voudrait pas heurter Neville et il fait le nécessaire pour ne pas prendre ce risque- que Draco arrive à proximité de l'entrée. Il entend le rire de Neville, qui ne semble pas pouvoir s'arrêter, et plusieurs autres voix.
Incertain de savoir qui ils sont, Draco approche lentement pour ne pas déranger Neville, avant de voir que ce n'est que le Golden Trio.
Assis face aux trois autres, eux sur la banquette de bois courant le long des murs, Neville sur un fauteuil, il n'y a que le jeune Longbottom pour entrapercevoir Draco dans l'encadrement de la porte donnant sur le couloir du rez-de-chaussée de l'autre aile. Il se lève et fait trois pas vers son amant à qui il tend la main, souriant.
- Mione, Ron, Harry, puis-je vous présenter Draco, qui m'a fait le très grand honneur d'accepter de vivre avec moi ?
Draco tend la main pour attraper celle de Neville, répondant à son sourire.
Il sait l'importance que cela a pour Neville, qu'ils ont pour Neville. Il serre sa main, alors qu'il glisse contre lui, son bouquin contre la taille.
- Bonjour, les salua-t-il.
Il lance un regard interrogateur à Neville. Il sent qu'il y a plus que ce qu'il dit, mais il ne compte pas le forcer à le dire. Leurs doigts s'entremêlent, un pouce de Draco caressant la paume de Neville.
Un sourire aux lèvres, qui n'a rien du sourire moqueur qu'ils connaissaient si bien à Draco. Au contraire, ils pourraient le qualifier de tendre.
- Ron, ferme la bouche avant d'avaler un insecte, Ordonne Hermione au bout d'un instant de silence stupéfait.
Les deux tiers les moins malins du Trio semblent au bord de l'apoplexie et Neville finit par avoir pitié d'eux.
- Comme vous pouvez le voir, tout va bien, répond-il avant d'expliquer à Draco. Ils s'inquiétaient des retombées des procès.
A savoir qu'ils pensaient que Draco avait filé dès les sentences tombées et que Neville ne pouvait retenir qu'un amant intéressé par sa réputation de héros de guerre, mais Neville est bien trop charitable et bien trop heureux pour relever ces faits.
Le blond hoche la tête, circonspect. Vu la tête de Weasley, il devine facilement qu'ils pensaient tous les trois qu'il utilisait Neville. A leur décharge, ils sont loin d'être les seuls, un certain nombre de Slytherin les accompagne sur cette analyse.
- C'est très aimable, se contenta de commenter Draco. Je suis certain que votre soutien compte beaucoup pour Neville.
Tourner le couteau dans la plaie et leur mettre sous le nez leurs idées reçues? Jamais. Il n'est pas comme cela...
Draco observe un moment Potter. Il sait qu'il a dit à sa mère qu'il était toujours en vie. Elle le lui a raconté avant qu'il ne rejoigne Neville après la bataille. Il ne peut s'empêcher de se demander pourquoi il a fait ça. Il ne pouvait pas savoir pour Neville et lui ; Et il peine à trouver une autre raison...
Hermione a toujours eu l'esprit vif, heureusement pour eux : elle s'empare donc de la conversation pour demander des nouvelles d'Augusta. Neville en donne aimablement, une version politiquement correcte, et en profite pour glisser un récit imagé, quoique véridique, de la scène qui s'est déroulé dans cette même pièce, le jour où, aux ordres du ministère corrompu, l'Auror Dawlish est venu tenter d'arrêter Augusta pour mettre Neville au pas et forcer Poudlard au calme.
Comme il s'en doutait, le récit amène des sourires détendant, un brin, l'atmosphère : une vieille dame d'un mètre cinquante cinq et soixante dix printemps mettant un Auror pourri au tapis, ça a toujours du succès. Tout au long de son récit, il ne lâche pas la main de Draco, en su et vue de tout le monde.
Franchement, il aurait bien passé l'après midi juste eux deux, mais, bonne éducation chevillée au corps, il demande finalement aux elfes, thé et biscuits.
Draco est là pour durer, autant que les trois autres s'habituent au plus vite ! Et Ron, dont il craint le plus le caractère, aura du mal à exploser dans une maison dont il est l'hôte : Molly élève mieux ses enfants que ça.
Draco écoute le récit de Neville avec un amusement certain. Autant il n'est pas prêt d'oublier leur première dispute avec la vieille dame, autant il peut écouter avec un certain plaisir ses exploits.
Il en profite tout de même pour observer les sorciers face à eux.
Il se demande ce qu'ils pensent de Neville à cet instant. Sont-ils heureux pour lui ou pensent-ils qu'il se fait duper, que l'opération "sauvons l'image des Malfoy" n'est pas finie ?
Pendant ce temps, son amant doit s'avouer un brin d'inquiétude. Il adore ces trois là, il les admire et les respecte, a parfois été un peu envieux, et a longtemps désiré trouver une amitié comme celle qui les a soutenu tout au long des années.
Il a trouvé finalement et l'amitié de Luna et Ginny et l'amour de Draco, mais il en reste un petit quelque chose et il espère très fort que ça ne va pas dégénérer...
C'est finalement Harry qui met les pieds dans le plat.
- Je ne savais pas qu'il y avait des sorciers gays... Est-ce que les parents Malfoy ont bien pris ça ?
Étrangement, vu l'éducation probablement pas très ouverte sur le sujet des Dursley, il a l'air plus inquiet qu'autre chose, inquiet qu'on retrouve un matin Neville assassiné dans son sommeil. Après tout, il sait jusqu'où Narcissa au moins irait pour son fils, à savoir regarder dans les yeux Voldy et lui mentir sans sourciller… Et quoi qu'il pense de Lucius, Harry soupçonne qu'il n'est pas en reste sur son héritier. Draco est un sujet sensible pour les parents Malfoy et avec cet instinct des orphelins, il sait que rien ne les arrêterait pour leur fils.
À la remarque de Potter, Draco ferme les yeux. Malgré cela, on peut deviner un "quel boulet" sur son visage.
- Et pourquoi il n'y en aurait pas ? La magie n'oblige pas à une sexualité unique.
Ne pas lui taper dessus. Neville n'apprécierait pas.
- Nous avons leur bénédiction. Et quand bien même, je suis le chef de famille pour les quinze prochaines années et on ne s'en prendra certainement pas à Neville, finit par trancher Draco un peu sèchement.
Il y a quelque chose de féroce dans son regard de Draco. Molly Weasley n'aurait pas renié ce regard quand elle se battait contre Bellatrix pour sa fille, mais celle à qui il ressemble le plus à cet instant, c'est à Narcissa et son regard clair et limpide, alors qu'elle mentait effrontément à Voldemort. Il serre un peu plus fort la main de Neville. Jamais il ne tolérerait qu'on s'en prenne à lui.
Neville en placerait bien une aussi mais il n'a pas le temps. Si Draco prouve qu'il tient de sa mère pour sa volonté de protéger les êtres chers, Hermione prouve, elle, une fois de plus qu'elle est la passionara de toutes les injustices, les minorités ou plus simplement de tous ceux qui ont un jour été victimes d'ostracisme, quelque soit la forme de celui ci... Comprenez qu'elle se lance dans une interminable tirade sur le genre, la sexualité, la bisexualité, avec un luxe de détails aussi bien médicaux et psychologiques que sociologiques et juridiques, dans les différentes sociétés moldus et les différents milieux sorciers .
Harry semble affolé et perdu, Neville semble perturbé par le luxe de détails et elle semble parti pour durer un temps fort important quand Ron l'interrompt.
- Mione, pitié. Tu fais compliqué quand on peut faire simple.
Il pointe une petite cuillère vengeresse sur Draco.
- Neville est notre pote, brise-lui le coeur et on s'occupera des morceaux que laissera Augusta La Terrible.
Si Draco remercie mentalement Weasley pour interrompre Granger -quand reprend-t-elle sa respiration ?- la suite lui tire un regard navré.
- Vous me faites tellement peur, répondit-il de sa voix la plus morne et la plus monocorde.
A-t-il besoin d'en dire plus pour leur faire comprendre qu'il se moque éperdument de leur menace ? Quoi que…
- Je m'inquièterais bien plus de Neville que de sa grand-mère. Il sait mener ses batailles tout seul, voyez-vous.
Oh, il se doute bien qu'ils ne peuvent pas comprendre, mais si Neville est capable de s'opposer à sa grand-mère et de mener une résistance, il n'a besoin de personne pour se venger d'un petit ami indélicat.
Et étrangement, il est serein sur la question. Il n'est pas près de faire quelque chose qui le range dans cette catégorie.
Le Neville en question grogne.
- Aucun de vous trois n'est sortable... Je suis désolé, Draco, je propose qu'on fréquente tes amis plutôt !
Draco se penche vers lui, avant de répondre :
- Ne t'attends pas à des miracles non plus de mon côté.
Même s'ils ne proféreraient aucune menace. Ils savent trop bien que Narcissa s'en chargerait seule et avec une efficacité très inquiétante.
- Ou alors, propose Neville taquin, on lâche tes amis contre mes amis et on s'enfuit à Montecarlo pendant qu'ils se battent? '
Il a dit ça sur le ton de la plaisanterie mais on sent qu'il se dit : finalement, pourquoi pas ?
Hermione rouvrant la bouche, il finit par prendre les devants malgré tout.
- Cessez de paniquer et d'imaginer des horreurs. Je sais que la tendance à la paranoïa était à la mode, mais c'est fini. Et au milieu de toutes ces horreurs, j'ai eu la chance incroyable de trouver Draco, ou plutôt on pourrait dire que Draco m'a trouvé, et je ferai de mon mieux pour le rendre heureux comme il me rend heureux. Et j'espère que vous aurez la chance d'avoir ce que nous avons, un jour. Alors vous allez faire un effort, et moi je ferai un effort face aux amis de Draco s'ils ne m'aiment pas, et Draco sourira à Granny malgré tout, et même elle, elle apprendra !
Se rend soudain compte qu'il fait un discours, se trouble, se tait, rougit.
- Enfin, voilà.
Draco sourit à Neville et dépose un baiser au creux de sa paume. Baiser qu'il veut discret même si par essence, ce n'est pas gagné. La tête de Ron à ce signe d'intimité est des plus comiques. Cependant il se tait soigneusement, se démontrant un homme différent du début de la guerre.
En temps normal, il aurait certainement taquiné Neville en lui demandant s'il ne peut pas plutôt rester caché en présence d'Augusta, mais... la remarque est trop intime pour qu'il ne le dise devant eux.
- Quand je disais qu'il sait mener ses batailles seul… Se contente-t-il de commenter, avant d'ajouter faussement résigné. Ce qu'il ne me ferait pas faire.
Sans même se rendre compte que si Neville connaît parfaitement son humour pince sans rire, il n'en est pas forcément de même pour les autres.
Draco a bien remarqué la partie sur Augusta. Et il sait que Neville est toujours blessé par son attitude. Et quoi qu'il en dise, Neville ne mènera plus de bataille seul. Ce sera avec Draco, qu'il le veuille ou non. Et Neville le sait très bien.
Tous, ils ont encore du chemin à parcourir, oui, mais ils tous gagné en maturité.
Le reste de la visite semble une redite d'une guerre froide, mais version anglaise, les scones remplaçant les secrets diplomatiques et Neville dans le rôle des pays non alignés. Personne ne veut porter le premier coup, mais personne n'est ravi non plus, et Neville au milieu prie que la paix tienne. Cela devient plus facile quand le sujet tombe sur la possible reprise du championnat de Quidditch, même si, évidemment, Draco ne trouve rien de mieux que de prédire un échec cuisant pour les Canons !
Quand Harry donne le signal du départ, épuisé sans doute de devoir revoir chaque phrase trois fois dans sa tête avant de la prononcer, personne n'a insulté les ancêtres de personne et tout le monde a fait un effort pour être civil.
Disons que c'est un début.
Draco est soulagé de les voir partir. Et sinon la porte fermée, il enlace son petit ami.
- Désolé, murmure-t-il. Je n'aurais pas dû répondre ainsi, aussi sèchement, juste… L'idée de sous-entendre que mes parents puissent s'en prendre à toi. Je te promet qu'ils ne te feront pas de mal et que je ne laisserai personne le faire, Nev.
Et Draco d'enfouir son visage dans son cou pour y déposer un baiser d'excuse. Bien pâle excuse à ses yeux.
- Draco, ne t'excuse pas, enfin… On se doutait bien que cela amènerait les gens à se poser beaucoup de questions. Et ces trois là ont une histoire bien compliquée avec ton père, ce qui n'arrange rien. Harry ne pardonnera jamais à tous ceux qui étaient là le soir de la mort de son parrain. Il n'avait que lui... Hermione... Hermione les fera marcher droit, tu sais. Cela risque d'être plus long avec Ron, parce qu'il est amoureux et que tu as insulté Hermione autrefois, mais je suis prêt à parier qu'elle les fera se tenir tranquille suffisamment longtemps pour qu'ils finissent par ouvrir les yeux. Elle est intelligente, d'une façon terrifiante, et si elle ne le fait pas pour moi, elle le fera en tant que première brique d'une paix durable inter maison. Et si ça n'arrive pas, s'ils refusent toujours de comprendre tant pis pour eux !
Le choix de Neville est déjà fait: c'est Draco, envers et contre tout. Et contre tous, aussi.
Il relève le visage de son amant et l'embrasse tendrement, méticuleusement, encore et encore et encore, jusqu'à ce que les lèvres rougies aient retrouvé la courbe d'un sourire.
Il est difficile de résister à Neville pour Draco.
Surtout quand il l'embrasse encore et encore, ainsi. Jusqu'à ce que Draco ait la sensation de ne plus pouvoir avoir que le goût des lèvres de Neville sur les siennes.
Il détaille Neville du regard. Ses lèvres sont tout autant rougies des baisers que les siennes.
- Merlin...
La bouche de Draco descend le long de sa mâchoire, avant de déposer de chastes baisers sur sa pommette.
- Toi et moi dans un canapé, ça te dit ?
- Tu as d'excellentes idées…
Et c'est ce qu'ils font, se calfeutrer l'un contre l'autre et échanger promesses, et baisers, laissant l'après midi se perdre entièrement de la plus délicieuse des manières, préoccupés seulement l'un de l'autre et de leur amour, refusant le monde dans cet égoïsme que connaissent tous les amants depuis la nuit des temps.
N'hésitez pas à laisser un commentaire !
A dans deux semaines.
