Le grand mensonge
Auteur : Hisope Gulber
Disclaimer : le monde d'Harry Potter appartient à J. K. Rowling
- italique : fourchelangue
Chapitre 10
29 mai 1993, Poudlard
Harry marchait d'un pas vif dans les couloirs de l'école. Il s'était caché sous la cape d'invisibilité pour lire encore un peu plus longtemps, mais il s'était laissé prendre par le sujet et n'avait pas vu Mme Pince sortir et fermer la bibliothèque. Lorsque Harry s'était finalement rendu compte qu'il s'était fait enfermé, le couvre-feu était largement dépassé. Heureusement il savait parfaitement comment ouvrir la porte grâce à ses précédentes excursions nocturnes.
Harry pressa encore le pas. Il ne faisait pas bon se promener seul à Poudlard en plein jour alors la nuit … Hermione avait elle aussi été attaquée au début du mois, cela avait été un coup dur pour Hadrien et Ron. Plus grave encore, cet évènement avait fini de discréditer Dumbledore, qui avait été renvoyé de son poste de directeur. Hagrid avait quand à lui été accusé des attaques à cause d'une vieille histoire similaire et avait été envoyé directement à Azkaban. Harry ne comprenait décidément pas le système judiciaire du ministère. Heureusement, Madame Chourave avait annoncé ce matin même que les plans de mandragore étaient prêts à être utilisé pour fabriquer un remède pour soigner les victimes des attaques du monstre.
Soudain, Harry se figea. Il avait cru entendre des petits bruits, comme … des pas feutrés. Il s'arrêta à l'angle d'une intersection et se fondit contre le mur, immobile. Une ombre grandissait sur le tapis à mesure que la chose avançait vers Harry qui bloqua sa respiration. Quelqu'un passa tout près de lui. Un élève. Une élève. Qui se déplaçait d'une étrange façon, comme si elle était somnambule. Harry laissa la fillette s'éloigner un peu avant de la suivre le plus discrètement possible, à distance raisonnable. Au détour d'un couloir, la lumière projetée par la baguette de la jeune fille éclaira durant un court instant son visage. Harry retient difficilement une exclamation de surprise en reconnaissant l'élève. C'était Ginny, la petite sœur de Ron. Que pouvait-elle bien faire en pleine nuit dans les couloirs de l'école ? Mais ce qui choqua le plus Harry fut l'expression de son visage, ou plutôt son manque d'expression, comme si la jeune Weasley n'était qu'un corps sans vie.
La situation était des plus suspectes. Harry continua à suivre Ginny jusqu'au deuxième étage. Il du rester dans le couloir alors que sa camarade rentrait dans les toilettes. Harry ne voyait rien de ce qui se passait, mais il entendit « ouvre-toi » dans ce qu'il reconnut comme étant du fourchelangue, suivit un bruit de mécanisme se mettant en marche, puis plus rien. Harry attendit à l'affût dans sa cachette pendant plusieurs minutes. Mais rien ne se passa. Le château était désespérément calme et Ginny ne sortait toujours pas des toilettes.
Harry s'aventura prudemment dans la pièce et la balaya du visage. Rien. Personne. Ginny avait disparu. Elle avait sans doute emprunté un passage secret, et Harry avait l'avantage d'en connaître le mot de passe. Il ne lui restait plus qu'à en trouver l'entrée. Harry inspecta soigneusement chaque cabine et chaque mur, tira toutes les chasses d'eau, puis se recentra sur les lavabos et les robinets dont il fit couler l'eau à flot. L'un d'eux ne fonctionnait pas. Harry s'approcha. Il l'examina avec attention et découvrit un serpent représenté sur le côté du robinet.
« Ah enfin, te voilà. … Ouuvrre-toi …. »
A ces mots, le robinet se mit à luire et le lavabo s'abaissa, dévoilant l'entrée secrète. Harry sauta dans l'ouverture et se laissa glisser dans un large tuyau. Il atterrit finalement sur une surface plane qui marquait le début d'un nouveau boyau, plus étroit cette fois-ci. Harry emprunta le passage sinueux pendant quelques minutes qui lui semblèrent des heures avant d'arriver à un endroit ou les ossements de squelettes en tout genre jonchaient le sol. Au milieu de ceux-ci trônait une imposante mue de serpent. A cet instant précis, Harry eu la confirmation que ses soupçons à l'égard du monstre étaient exacts. Les murs du passage semblaient en moins bon état ici. Harry hâta donc ses pas qui le conduisirent finalement devant un mur sur lequel étaient sculptés deux magnifiques serpents aux yeux d'émeraude. Après les avoir admiré, Harry prononça à nouveau le mot de passe en fourchelangue.
Harry resta muet devant la vue qui se dévoila devant lui. La Chambre était de forme rectangulaire et aux dimensions impressionnantes. De chaque coté de l'allée centrale s'élevaient des statues magnifiques de forme serpentine. Au fond de la pièce, juste en face d'Harry se tenait une gigantesque statue aux pieds de laquelle gisait une petite masse sombre. Ginny.
Harry avança avec précaution jusqu'à sa camarade. Il était presque arrivé au corps lorsqu'il marqua une halte. Tout était bien trop simple, il devait y avoir un piège quelques part. Harry parcourut à nouveau la salle des yeux. Sa vue s'arrêta soudain sur une ombre différente qu'il n'avait pas remarquée au premier abord. Se voyant démasqué, l'inconnu qui jusque là avait observé l'avancée d'Harry à travers la Chambre, sortit des ténèbres qui l'environnaient. Harry observa soigneusement le nouveau venu. Il s'agissait d'un jeune homme brun auquel Harry n'aurait pas donné plus de dix-huit ans. Son corps ne semblait pas entièrement solide, Harry pouvait voir à travers lui. Il était grand, élégant, portait un uniforme au blason de serpentard et dont la coupe était un peu différente de celle que la plupart de boutiques proposaient en ce moment. L'inconnu s'avança vers Harry avec grâce et détermination, serrant contre lui un petit livre à la reluire de cuir noir.
Les deux garçons se dévisagèrent pendant quelques minutes, tous deux résignés à laisser l'autre ouvrir la discussion. Le regard de l'inconnu se porta finalement sur le front d'Harry. Le garçon semblait être sur le point de dire quelque chose lorsque ses yeux se fixèrent sur le badge ornant l'uniforme d'Harry. Après plusieurs instants de silence tendu, le jeune homme prit finalement la parole.
« Tu n'est pas celui que j'attendais. Qui es-tu ? »
« Et vous, qui êtes-vous ? »
« Ah je vois, tu veux jouer aux devinettes ? Très bien, tu as de la chance, je suis de bonne humeur. Je n'ai jamais été très patient, mais la notion s'est imposée à moi. J'ai attendu si longtemps, je peux bien retarder l'échéance de quelques minutes. Je ne me suis pas amusé depuis des lustres et je suis sûr que tu pourrais me prodiguer un bon divertissement. » L'apparition commença à encercler sa nouvelle proie sans jamais la quitter du regard.
« Voyons, qui donc pourrais-tu bien être …. Un poufsouffle de seconde année tout au plus, ayant assez de sang-froid pour s'introduire ici … Qui ne tombe pas dans les pommes, ne se précipite pas pour sauver sa camarade du grand méchant loup … Un être complexe … Je suis certain que Ginny ne m'a parlé de personne ressemblant à cette définition. Cela aurait attiré mon attention. A toi tout petit poufsouffle. Que peux-tu dire sur moi ? » demanda l'inconnu en ouvrant les bras et faisant un tour sur lui-même.
« Vous n'êtes pas réel. Tout du moins pas encore », ajouta Harry en portant un regard pensif sur le corps immobile de Ginny. « Vos vêtements laissent à penser que vous étiez à Serpentard et que avez vécu il y a plusieurs décennies. Je crois aussi que vous avez possédé Ginny et que c'est vous à travers elle qui avez commis ou été l'instigateur des attaques. »
« Et bien, il semblerait que les poufsouffles aient remarquablement évolué depuis mon époque » se moqua l'apparition. « Une hypothèse quant à la stratégie que j'ai adopté pour réussir un tel coup de génie ? »
Alors qu'Harry analysait dans son esprit les différentes possibilités, son regard s'arrêta sur le livre que le serpentard serrait contre lui. L'objet était opaque, donc solide et bien réel. Maintenant qu'il y pensait, Harry se rappelait avoir vu Ginny écrire dans cet ouvrage plusieurs fois à la bibliothèque.
« Le livre. Vous étiez dans le livre et c'est par son intermédiaire que vous avez pris contact avec Ginny. »
« Bravo petit poufsouffle », applaudit l'être qui semblait peu à peu retrouver sa consistance. « Ce petit carnet que voici est mon journal intime dans lequel j'ai sauvegardé le souvenir de celui que j'étais à seize ans. Cette idiote de Ginny m'a pris pour confident, me confiant tous ses secrets et me fournissant bien malgré elle de l'énergie. Tu es vraiment très perspicace mon petit fourchelangue. »
« Qui vous dit que je suis fourchelangue. J'ai simplement suivi Ginny. »
« Peut-être, mais vois-tu le mur aux serpents se referme instantanément après le passage d'une personne. Il est impossible de pénétrer dans la Chambre sans posséder l'héritage de Salazar Serpentard. Cela me laisse d'ailleurs assez septique. D'après Ginny, je n'ai aucune descendance connue, et pourtant le don t'a été transmis. C'est très curieux … »
Alors que l'inconnu semblait se perdre dans sa réflexion, Harry se figea d'horreur. En grandissant, il avait ressenti le besoin d'en savoir plus sur sa faculté de communiquer avec les serpents. Il voulait savoir pourquoi une telle aptitude était si crainte. Il avait donc fait quelques recherches discrètes et avait découvert que les seuls fourchelangues connus avaient tous été des magiciens plus ou moins malveillants, ce qui avait encouragé la croyance selon laquelle les êtres parlant cette langue étaient des créatures du mal. Harry savait qu'il n'y avait eu qu'un seul fourchelangue autre que lui au XXème siècle, et ce magicien n'était autre que …
« Lord Voldemort. »
L'attention de l'être se recentra à nouveau sur Harry.
« Tu fais honneur à ta maison. Tu as raison, Lord Voldemort est le nom que je me suis choisi. »
Le souvenir se retourna et écrit dans les airs le nom Tom Marvolo Riddle en lettres de feu. Puis les mots se mélangèrent entre eux, faisant apparaître l'inscription I am Lord Voldemort.
« Tu connais mon histoire n'est-ce pas. J'avais espéré que la seule personne pouvant répondre à mes questions sur la raison de mon anéantissement viendrait me rejoindre, mais malheureusement, il semblerait que cela ne sera pas le cas. » Tom s'arrêta et dévisagea Harry. « Ou peut-être bien que si. Il n'y a qu'une seule personne qui pourrait avoir reçu accidentellement ce pouvoir et ce n'est pas toi … à moins que … »
« Que quoi ? » ne pu s'empêcher de demander Harry, intrigué. Tom continuait à le fixer avec une expression de réflexion intense derrière laquelle pointait une touche de méfiance.
« Mais oui, mais oui bien sûr … »
Le souvenir de Lord Voldemort s'approcha lentement d'Harry et frôla son front du bout des doigts.
« Évidemment, je n'arrive pas à croire que personne ne s'en soit aperçu. J'aurais du m'en douter, tu possèdes un tel potentiel … »
Tom éclata soudain d'un rire effrayent qui glaça le sang d'Harry.
« Dumbledore, ce vieux fou ! Il sait vraiment tromper son monde comme personne je le reconnais ! Dis-moi petit frère du Survivant, que ressent-on lorsqu'on vit une existence régie par le mensonge ? »
« Mais de quoi parlez-vous ! » s'exclama Harry qui avait du mal à suivre les élucubrations du souvenir.
« Comment ça ? » reprit Tom faussement innocent. « Dumbledore ne t'a rien dit ? C'est tout lui, pauvre vieillard gâteux ! »
« Je vous interdit de parler de lui ainsi ! Dumbledore est un grand homme ! » s'écria Harry avec conviction.
Alors que Tom allait répliquer, le phénix du directeur apparut dans la Chambre et se posa près d'Harry avec un petit cri d'encouragement.
« Tiens donc, voilà que l'incompétent t'envoie son adorable animal de compagnie pour te protéger. Quelle … efficacité. »
Harry envoya à Tom un regard noir.
« Très bien, si tu y tiens. Nous verrons combien de temps encore il saura garder ta confiance … Si tu sors de cette épreuve vivant bien entendu. Voyons ce que ton pigeon est capable de faire contre le monstre de la Chambre. »
Un long sifflement modulé s'échappa des lèvres de Tom.
Un passage s'ouvrit alors aux pieds de la statue de Salazar. La peur commençait à s'installer en Harry à mesure que les sifflements de la bête se rapprochaient. Le frottement des écailles contre la pierre produisait une litanie lugubre qui angoissait le poufsouffle. Harry ne savait que faire. Lorsqu'il aperçu enfin le museau de la créature, Harry se retourna et partit en courant vers les statues de serpent, espérant gagner du temps pour brider ses sentiments et mettre au point une stratégie. Harry ne pouvait combattre quelque chose qu'il ne pouvait voir, or si son regard croisait celui du basilic, s'en serait fini du poufsouffle.
- Ssalazar, mon maître, que puis-je faire pour vous sssatisfaire ?
- Débarrasse-moi de ce garçon ! ordonna Riddle.
Harry venait de se dissimuler derrière une statue lorsque les cris de Fawkes attirèrent son attention. Harry leva la tête et vit le phénix en proie au basilic. En entendant les sifflements de douleur du serpent, Harry comprit que Fawkes venait de crever les yeux du monstre, ce qui rééquilibrait un peu les chances du poufsouffle. Le basilic semblait à présent analyser les odeurs présentes autour de lui. Tout à coup, son corps se raidit visiblement. Il se retourna brusquement vers Riddle.
-Qui es-tu … tu m'as abusé … tu n'es pas mon maître, tu n'es pas Salazzar … ton odeur est différente … qu'as-tu fait de mon maître !
Le basilic plongea en direction du serpentard. Surpris, ce dernier lâcha son journal, fit un bon de côté et se réfugia à son tour derrière la colonnade de serpents.
Harry ne savait plus quoi penser. Apparemment, le jeune Voldemort avait d'une façon ou d'une autre réussi à tromper le basilic en se faisant passer pour Salazar lui-même. Dans l'immédiat, la situation profitait à Harry que les deux monstres semblaient l'ignorer. Harry jeta un coup d'œil au journal oublié puis à Riddle. Le jeune homme se défendait bien en se servant de la baguette de Ginny pour lancer attaque sur attaque en direction du basilic. La forme du serpentard semblait de plus en plus opaque. Le souvenir devenait toujours plus réel à chaque instant.
Avec précaution, Harry sortit de sa cachette et saisit le journal. L'objet devait absolument être détruit, mais comment ? Harry se retourna vers Tom que le reptile avait acculé vers l'entrée de la chambre. Le basilic. Oui, c'était la solution. Fawkes se posa sur l'épaule d'Harry et frotta affectueusement sa tête contre la joue du garçon, lui apportant du réconfort avant de s'envoler à nouveau. Harry respira un grand coup puis se lança.
- Admirable basilic, entend mon appel.
Le serpent aveugle se retourna vers Harry, délaissant quelques instant Riddle qui en profita pour s'échapper du l'angle dans lequel il se trouvait.
- Si tu veux punir l'imposteur qui a osé bafouer ton maître, continua Harry, il te ssuffit de détruire ce journal que je tiens dans la main.
Riddle sembla paniquer et voulu courir en direction d'Harry, mais un claquement de dents bien placé du basilic lui coupa le chemin.
- N'écoute pas ce malveillant poufsouffle, siffla Tom à l'attention du basilic, c'est un menteur qui ne cherche qu'à te duper.
- Les poufsouffles ne sont pourtant pas connus pour leur esprit retord, rétorqua le majestueux serpent qui continua son avancée vers Harry. Pourquoi devrais-je te croire petit poufsouffle ? … Comment savoir si tu ne cherches pas réellement à m'abuser à ton tour ….
- L'impossteur est mon ennemi, répondit Harry. J'ai autant envie que vous de le voir disparaître. A cause de lui, une élève de sang pur est en train de mourir au pied de la statue de votre maître.
- La petite fille rousse devant mon maître ! Une ssorcière au sang pur mourante dans la Chambre Le monstre s'anima dangereusement. Il se retourna vers Riddle qui essayait toujours de rejoindre Harry sans se faire remarquer.
- Sacrilège ! Comment as-tu osé ! Tu vas payer … Le basilic rampa rapidement jusqu'à Harry qui s'empêcha avec difficulté de faire un pas en arrière. Pose l'objet à terre, ennemi de l'imposteur et recule-toi.
Harry s'exécuta précipitamment.
- Non, NON ! hurla Tom alors que le basilic plongeait vers le journal qu'il broya de ses dents aiguisées. Le souvenir poussa un dernier cri d'effroi avant de disparaître. Le basilic recracha l'ouvrage et analysa à nouveau l'air.
- Tu avais raison petit poufsouffle. Il n'est plus là.
Harry se retourna vers Ginny qui reprenait peu à peu des couleurs.
- S'il vous plait, siffla précipitamment Harry, ma camarade va bientôt se réveiller. Il ne faudrait pas qu'elle vous voie, sinon les nouveaux responsables de l'école pourraient prendre de graves mesures et faire fermer l'établissement.
- Je vois … il serai regrettable que l'école soit fermée … mon maître y tient énormément, il ne sera pas content quand il reviendra. Je vais faire le mort…
Alors que le serpent s'allongeait et gardait la pose, Harry sentit un pincement au cœur lorsqu'il prit pleinement mesure de l'affection que portait toujours la créature à son maître.
Soudain, un gémissement le sortit de ses pensées. Ginny venait de reprendre connaissance.
« Harry ? Mais que fais-tu ici ? Où sommes-nous ? Que s'est-il passé ! Je suis tellement désolée, ce n'était pas ma faute, je ne pouvais pas lui résister, il était si- »
« Ginny », coupa Harry en voyant que sa camarade était proche de l'hystérie. « Ne t'inquiète pas, tout est fini. Riddle et le basilic se sont entre-tués. »
Ginny posa un regard effrayé sur la carcasse du serpent. Avant que la jeune fille ne cède encore à la panique, Harry reprit la parole.
« Fawkes va te ramener au château pendant que je vais refermer la Chambre d'accord ? »
N'étant pas en mesure de parler, Ginny se contenta d'hocher machinalement la tête.
« Très bien. Fawkes ! » appela Harry. « Veux-tu bien emmener Ginny à l'infirmerie ? »
Le phénix s'approcha de la jeune fille en signe d'acquiescement. Suivant les instructions d'Harry, Ginny s'accrocha aux plumes de Fawkes, qui l'emporta dans les airs. Lorsqu'ils eurent disparus, Harry se retourna vers le basilic.
- Ils sont partis.
Le basilic s'anima lentement.
- Est-ce que vous allez arriver à vivre correctement sans vos yeux ? demanda prudemment Harry.
- Je connais parfaitement les fondations de cette école et mon odorat pourra me guider. Je devrais pouvoir attendre jusqu'au retour de mon maître… Merci petit poufsouffle de m'avoir aidé à chasser cet imposteur qui voulait souiller le sanctuaire de mon maître … J'ai perdu la vue, mais je m'en réjouis si cela signifie que je ne serai plus jamais abusé par quelque sortilège d'illusion …
- Je dois vous dire quelque chose d'important, commença Harry après quelques instants, indécis. Je … Votre maître ne reviendra pas.
- Je m'en doutais … soupira le noble animal après quelques minutes de silence. Depuis combien de temps …
- Près d'un millénaire.
- Tant de temps s'est donc écoulé ... J'avais perdu espoir puis un jour, il est revenu, il m'a appelé. J'ai voulu y croire … Que vais-je pouvoir faire à présent que je n'ai plus rien à attendre …
- Vous devez rester ici et protéger l'âme de la Chambre. Vous avez presque toujours vécu au sein de l'école depuis sa création. Vous en faites partie.
- Tu es noble petit poufsouffle. Tu as réussi à me convaincre grâce à ta subtilité... Tu ferais un digne élève de Serpentard. Quel est ton nom ?
- Je m'appelle Harry Potter.
- Harry Potter, tu as mérité l'autorisation de te servir de la Chambre des Secrets, avec parcimonie bien entendu … Je ne serais pas contre un peu de compagnie.
- Je suis très honoré de votre proposition et j'aimerais pouvoir visiter plus amplement cet endroit, mais je crains que l'entrée ne soit placée sous haute surveillance pendant un certain temps.
- J'en suis conscient. Il te faudra attendre que les choses se tassent… Dans l'immédiat, je vais te raccompagner. Il existe une seconde sortie qui donne dans la forêt interdite, je vais te la montrer, mais je t'interdis de l'emprunter à moins que la situation ne l'exige. Les bois ne sont pas très sûrs pour un petit humain …
Le basilic accompagna Harry jusqu'à la sortie qui se situait à une centaine de mètres de la lisière de la forêt, sous un bloc de pierre gravé d'un petit serpent dont les contours avaient été estompés par des années de climat pluvieux. Harry courut jusqu'au château sans se retourner, mettant au point dans son esprit la déposition qu'il ferait au directeur : il avait suivi Ginny et trouvé le Chambre par le plus grand des hasard, Riddle et le basilic s'étaient massacrés.
Le directeur avait fait semblant de tout avaler. Il avait continué comme si de rien n'était et avait réussi à convaincre Harry de ne rien dire. Le poufsouffle ne se le fit pas redemander deux fois, trop heureux de rester dans l'ombre protectrice de l'anonymat et de la normalité. Le directeur effaça lui-même les souvenirs de Ginny, prétextant qu'une expérience aussi traumatisante ne pouvait que nuire à l'équilibre de la jeune fille.
McGonagall, Snape et les Weasley essayèrent bien d'arracher la vérité de la bouche de Dumbledore. En vain.
La participation d'Harry dans l'incident ne fut jamais révélée.
L'épisode fut totalement passé sous silence.
A suivre...
