Épilogue : Et que tout finisse.

Cela n'avait pas été si difficile que cela, en fin de compte, de réussir à ne pas se faire rejeter par les autres, se dit Javotte. Oui, elle et sa mère avaient parlé pendant des heures avec Ella – et il était certain que cette dernière ne leur avait pas encore pardonné ce qui était arrivé à Henry, enfin, ce qui avait faillit lui arriver – mais au moins, elle reconnaissait qu'elles avaient fait toutes deux un pas vers elle.

Et puis le fait est qu'elle était plus qu'heureuse de retrouver Anastasie.

C'était sa sœur à elle aussi, après tout.

Et puis, il y avait autre chose, ou plutôt, quelqu'un d'autre.

Regina.

Renouer avec son ancienne petite-amie avait été plus long que prévu pour Javotte – et elle comprenait aisément pourquoi – mais c'était fait maintenant.

Oh, bien sûr, tout n'était pas encore terminé, que ce soit pour elle, pour sa mère ou pour Gothel.

Et, même si elle était toujours autant en colère contre la sorcière pour ce qu'elle avait pu faire (et elle était aussi en colère contre elle-même, pour ce qu'elle avait fait aux autres, et à elle-même), le fait est qu'elle la comprenait, un peu.

Elle comprenait son désir de vengeance, après tout, elle avait eu le même à une époque, à moindre échelle certes, mais elle savait pertinemment ce que cela faisait.

La colère, la rage, la douleur.

Ça avait fait partie de son quotidien pendant huit ans, et Gothel n'avait rien fait pour changer cela.

Oh, certes, elle haïssait toujours sa mère, ça, ça ne changeait pas, pas après ce qu'elle lui avait fait, mais au moins, elle, elle avait Anastasie, Ella et Regina.

Et elle, elle changeait, elle évoluait, elle se rachetait.

Mais Gothel, elle, elle n'avait personne, en tout cas, elle n'avait pas de famille, elle n'avait qu'une assemblée de sorcières, de sœurs unies par la vengeance.

Javotte pouvait comprendre sa colère contre les humains, après tout, ceux-ci avaient détruit sa famille, sa maison, tout ce qu'elle avait autrefois aimé et chéri.

C'est pour cette raison qu'elle se décida à aller la voir, quelques jours après la fin de la malédiction.

Non pas pour faire en sorte de jubiler face à elle, mais pour discuter.

Elle se demandait encore si, un jour, Gothel arriverait à oublier sa haine.

Le problème était sans doute que les autres (elle y compris) n'oublieraient pas de sitôt leur haine contre elle.

§§§§

« Que fais-tu ici Javotte ?

- Est-ce qu'on peut parler ? »

Seul le silence lui répondit, et la sorcière soupira.

« J'imagine que je ne sortirais pas de sitôt.

- Tu as lancé le Sort Noir. Moi aussi, mais au moins, j'ai essayé de réparer ça. Ma mère m'a dit qu'elle t'avait parlé… Tu as tout les droits d'être en colère, Gothel, mais… peut-être que tu le fais contre les mauvaises personnes.

- Qu'est-ce que ça peut te faire exactement ?

- Ce que je sais, c'est que si personne ne m'avait aidé, je serais à ta place, ou à tes côtés. Par chance, ce n'est pas le cas.

- A quoi ça rime tout ça ? Tu penses que j'ai besoin d'aide ? »

Javotte arbora alors un air sérieux.

« Non. Certainement pas. En tout cas, ce n'est pas toi qui en a le plus besoin. Alice a besoin d'aide, pour réussir à surmonter tout ce que tu lui as fait subir, dans la Forêt Enchantée, ou même ici. Anastasie a besoin d'aide, et moi aussi sans doute. Et peut-être que toi aussi, Gothel. »

La sorcière éclata d'un rire froid et mauvais.

« Absolument pas. »

Javotte haussa les épaules.

« Au moins, j'aurais essayé. »

§§§§

Seattle était plus agréable que la Forêt Enchantée, cela, Robyn devait le reconnaître.

Oui, les aventures, la magie, l'archerie, tout ça, c'était génial. Mais ça voulait aussi dire les sorcières, la magie noire, les malédictions, et tout les risques qui pouvaient en découler.

Et puis, au moins, ici, Alice était là, et non pas dans son cottage, au loin.

Elle eut un sourire heureux et amoureux en voyant sa petite amie se diriger vers elle. Elle travaillait encore au bar de Regina (en attendant que les choses deviennent un peu plus… normales, en quelque sorte. En attendant que les gens se décident sur où ils voulaient aller maintenant que la malédiction était brisée), et ça lui plaisait assez, en fait.

Elle et Alice discutèrent quelques minutes, avant que le sourire que Robyn arborait ne s'efface brusquement, alors qu'elle voyait Javotte entrer dans le bar. Celle-ci se dirigea vers l'archère, et Alice se décida à s'éloigner un petit peu.

Après tout, la jeune femme était celle qui lui avait fait croire qu'elle pourrait guérir son père, et elle avait travaillé avec Gothel, à savoir sa mère, la femme qui l'avait abandonnée, celle qui avait réduit sa vie en morceaux, autrefois.

Autant dire qu'Alice n'était pas très à l'aise en sa présence.

Tout comme Robyn elle-même, en fait.

« Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t-elle à l'ancienne méchante d'un ton sec.

- Je suis venue voir Regina.

- C'est drôle ça, ça ne m'étonne même pas. »

Javotte comprenait parfaitement que l'autre femme ne soit en aucun cas amicale à son égard. En fait, à part Regina, et les membres de sa famille, ainsi que Henry, personne ne l'était réellement.

Elle n'était pas non plus une paria, contrairement à sa mère, qui était encore moins appréciée qu'elle, vue qu'elle avait fait bien pire que sa fille, que ce soit dans la Forêt Enchanté, ou même à Seattle.

Mais les gens avaient quant même du mal avec elle.

Ce qui avait changé par rapport à l'époque de la Forêt Enchanté ?

Hé bien… elle, tout simplement.

Et ses actions, aussi.

Et peut-être était-ce aussi le fait que Gothel avait fini par la trahir, effectivement (oui, elle devait le reconnaître, sans cela, elle n'aurait peut-être pas pu revenir en arrière), ce qui lui avait permit de comprendre à quel point elle s'était trompée.

Et maintenant, tout ou presque était différent, elle devait bien le reconnaître, à nouveau, sans Regina, peut-être qu'elle n'aurait pas réussi à changer.

Lorsque Robyn finit par appeler sa tante, et que celle-ci vint enfin la rejoindre, la sorcière eut un sourire.

« Hé, est-ce que ça va ?

- Oui, oui, bien sûr… J'ai parlé avec Gothel, et elle n'était pas vraiment réceptive, mais au moins, j'ai essayé. Pour être honnête, je me demande toujours si elle peut changer... »

Regina haussa les épaules.

« Très sincèrement, je n'en sais rien. Je l'ai fait, ma sœur l'a fait, Rumple l'a fait, et toi aussi. Alors… peut-être que oui ? Ou pas… J'imagine que nous verrons bien avec le temps, fit-elle en embrassant sa – désormais – actuelle petite amie. »

Et Javotte se dit qu'elle n'avait jamais été aussi heureuse qu'en ce moment.

Et ce, pour une simple raison.

Elle avait changé les choses.