Exhibition

Percy arriva chez lui alors que le soleil était déjà couché, les cheveux mouillés de sa séance d'entraînement de natation et fatigué de sa journée de cours. Le brun se laissa tomber dans son lit en poussant un soupire à fendre l'âme qui fit rire doucement sa mère alors qu'elle passait devant sa chambre.

« Tu vas bien ?

— Fatigué, soupira Percy une seconde fois.

— Repose-toi avant le dîner, je prépare des lasagnes.

— Super… »

Le brun se leva avec difficulté pour aller prendre une douche réparatrice qui lui fit le plus grand bien. En caleçon à chercher son pantalon de jogging, Percy sursauta lorsque son téléphone sonna et fronça des sourcils en voyant le nom qui était affiché sur son écran : Annabeth.

« Allô ?

— Ça t'arrive souvent de te trimbaler nu ?

— Hein ? »

Le brun leva la tête vers sa fenêtre et croisa le regard amusé de la blonde qui était accoudée au rebord de sa fenêtre fermée, son téléphone collé à son oreille. Percy rougit en se rendant compte de sa tenu et se dépêcha d'enfiler un pantalon et un sweat sous les rires de la blonde qui résonnait dans le téléphone.

« Je sors de ma douche, j'ai pas fait gaffe.

— Je vais faire comme si je te croyais. On m'a dit que tu avais des tendances à l'exhibition.

— Il faut vraiment que tu arrêtes de parler avec Thalia, soupira Percy.

— Et louper les informations croustillantes ?

— J'ai entendu ce qu'il s'est passé aujourd'hui… coupa Percy en s'allongeant sur son lit.

— Ah.

— Drew…

— Je ne veux pas en parler, coupa Annabeth. »

Percy l'entendit s'allonger à son tour sans plus rien dire. Il écoutait la respiration calme de la jeune fille à quelques mètres de lui, sa propre respiration se calant dessus jusqu'à ce qu'il soit totalement apaisé.

« Toute l'école est au courant, n'est-ce pas ? demanda soudainement Annabeth d'une voix éteinte.

— Oui. Rachel était hors d'elle quand elle l'a apprit. Tu vas bien ?

— Ça va.

— Vraiment ou tu dis ça uniquement pour que je te laisse tranquille ?

— Les gens savent que Drew est une garce, je n'ai pas peur de retourner au lycée ni de l'affronter.

— J'imagine. Et ton bras ?

— Douloureux. Ça va passer.

— Le directeur n'a rien dit je suppose…

— Il l'adore.

— Il adore aussi Clarisse, elle peut aller lui parler tu sais ?

— Je préfère ne pas mêler les autres à ma petite guerre personnelle contre Drew, fit la blonde d'une voix plus posée.

— Je ne savais pas qu'elle avait une dent contre toi… Enfin, c'est tout nouveau, non ?

— Depuis quelques jours. Je crois qu'elle n'a pas apprécié d'être rejetée devant sa petite cour.

— Rejetée ? Je vois pas en quoi le fait que Jason est fuit son rendez-vous te concerne, fit le brun en fronçant les sourcils.

— Ça n'a rien à voir avec Jason, rigola Annabeth.

— Mais alors…

— Percy ! Enfin, au musée !

— Oh. Oooooh ! Mince ! C'est ma faute ? Je suis désolé, j'irai lui parler, je ferais quelque chose ou… dit-il en se levant pour se poster devant sa fenêtre, un air soucieux sur le visage.

— Stop ! le coupa Annabeth en venant lui faire face. »

Les deux adolescents se fixèrent, uniquement séparés par les deux vitres et la ruelle. Percy avala difficilement sa salive en remarquant le bandage autour du poignet de la blonde, qu'elle tenta de cacher sous sa manche pour ne pas l'inquiéter plus.

« Je suis grande, je sais me défendre. Elle m'a juste pris par surprise.

— Elle a écrasé un mégot de cigarette sur ton bras !

— C'est rien, ça fait mal mais je me suis fait bien pire en tentant le skate l'année dernière, sourit Annabeth.

— Je ne veux pas que tu aies mal à cause de moi, chuchota Percy en baissant les yeux. Je suis désolé.

— Percy.

— C'est de ma faute…

— Percy !

— Je suis désolé.

— Ça suffit ! gronda la blonde. C'est de la faute de Drew et uniquement la sienne. Arrête de te flageller, ce n'est rien je te dis.

— Mais…

— Je vais bien. Tout va bien, rassura la jeune fille en fixant Percy d'un regard qu'elle voulait sûre.

— Ok, soupira-t-il. Mais à partir de maintenant je te lâche plus ! décida Percy. Elle ne te fera rien si je suis là, enfin, normalement… Je crois. Bref, je te lâche plus !

— Si tu veux, rit la blonde amusée.

— Tu vas devoir venir avec moi à la piscine alors, parce que j'ai entraînement demain et je ne peux pas ne pas y aller, sourit le brun.

— Celle du lycée ? Elle n'est pas en rénovation ?

— On va dans le complexe sportif à côté, expliqua-t-il. Tu pourras m'attendre dans le bassin chauffé.

— C'est tentant. Demain alors ?

— Après les cours. Je t'attendrais devant ta salle.

— D'accord, souffla la jeune fille en rougissant légèrement. À demain.

— À demain. »

Percy la regarda raccrocher et sortir de sa chambre après un dernier sourire et un dernier regard pour lui. Le cœur battant et les joues rouges, le brun retrouva sa mère dans la cuisine qui finissait de vérifier la cuisson de son plat.

« C'est bientôt près.

— Maman ? demanda le brun en s'asseyant sur une chaise.

— Hum ?

— Comment sait-on si on est amoureux ? »

Sally arrêta net ses gestes et se tourna vers son fils qui avait l'air particulièrement perdu.

« Tu penses l'être ?

— Oui.

— De la voisine, n'est-ce pas ?

— Oui.

— Et ça te rend triste parce que… ? demanda sa mère qui ne savait pas bien si le fait que son fils soit amoureux était une bonne ou une mauvaise nouvelle vu la tête qu'il tirait.

— Je ne suis pas triste… C'est juste… Une fille du lycée s'en prend à Annabeth parce que je passe du temps avec elle.

— Oh.

— Elle l'a blessée aujourd'hui, maman. Physiquement.

— Elle en a parlé à un adulte ? Un professeur ?

— Non. Elle ne veut pas, soupira Percy.

— C'est son droit.

— Elle ne veut pas que je m'en mêle.

— C'est aussi son droit.

— Tu m'aides pas, marmonna le brun.

— Écoutes chéri, commença Sally en s'asseyant près de lui. Annabeth n'a pas l'air d'être le genre de fille qui se laisse marcher sur les pieds. Ne l'infantilise pas. Elle saura gérer la situation et si elle n'y arrive pas, je suis certaine qu'elle aura l'intelligence d'aller voir quelqu'un qui pourra l'aider.

— Mmh… fit le brun pas convaincu pour un sous. »

Sally posa une main sur celle de son fils et lui sourit avec toute la bienveillance qui faisait d'elle la maman préféré de tout le groupe d'amis. Percy sourit en retour et se leva finalement pour mettre un semblant de table afin qu'ils puissent dîner tranquillement. Installés à table, le brun haussa un sourcil lorsque sa mère se racla la gorge et le fixa intensément avec un léger sourire aux lèvres.

« Alors… Comme ça tu es amoureux ?

— Maman ! râla Percy en rougissant. »